L'indépendance belge

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s.n. 1915, 11 Decembre. L'indépendance belge. Accès à 08 juillet 2020, à https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/fr/pid/rv0cv4cw0z/
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L'INDÉPENDANCE I ROYAUME-UNI : ONE PENNY 1OT Y? Jlî§ JSS JLJ JSS# CONTIENT: 15 CENTIMES (HOLLANDE; 5 CENTS,) I ADMINISTRATION ET REDACTION : TUDOR HOUSE, TUDOR ST., LONDON. I TELEPHONE: CITY 3960. BUREAU A PARIS : c_ 11, PLACE DE LA BOURSE. TELEPH. : 238-75, .+ LONDRES. SAMEDI 11 DECEMBRE 19 ( 3 MOIS, 9 SHILLINGS. ) 5. ABONNEMENTS: 6 MOIS, 17 SHILLINGS, f CONSERVATION PAR LE PROGR I.SOMMAIRE. LA SITUATION : Le débat sur la paix au Reichstag.—L'attitude des socialistes.—Le sort de la Belgique.—La retraite des troupes alliées en Serbie.—Exposé politique de M. Vénizélos.—Les Russes dispersent les gendarmes persans à la solde des Allemands. Guillaume II et l'Autriche.—Ferd. Yan de Vorst. Lettre de_i.au-sanne.—Octave Maus. Dans le train.—Pierre Mille. Billet Parisien. —Jean-Bernard. En Belgique. A la Belgica.—L. H. Etc. LA SITUATION. ^amedi, midi. Les détails complémentaires qui nous parviennent sur les débats au Reichstag mettent plus que jamais en évidence le fait que les députés socialistes allemands, dans leur grande majorité, sont aussi dé pourvus de bonne foi que le gouvernement de fourbes qu'ils ne cessent de soutenir depuis le début de la guerre, et ceux qui ont- cru que les "genossen" allemands finiraient par désavouer la politique d'agression et de rapine du Kaiser et de ses complices doivent reconnaîtra aujourd'hui leur erreur. En effet, c'est en vain qu'on chercherait dans les discours des députés Schei-demann et Landsbei'g, qui sont intervenus dans le débat au nom des socialistes, Un seul mot de blâme pour le gouvernement impérial qui a assumé devant l'Histoire la lourde responsabilité de la plus sanglante guerre que la terre ait connue. Le député Landsberg a osé affirmer que c'est le "souci de la Ivultur allemande menacée qui a groupé toutes les classes et tous les partis de l'Allemagne sous les drapeaux" ! Et son collègue Scheidemann, parlant de la Grande-Bretagne—qui paye si.- chèrement aujourd'hui son pacifisme mitrancier—n'a pas craint de dire que c'est ce pays "qui a commencé la guerre en vue de satisfaire sa passion annexionniste" ! Quand des hommes renseignés comme ■ de sont les socialistes allemands sur les S ^«ées réelles de l'impérialisme et du mi-Dèarisme germaniques cherchent ainsi à accréditer la légende d'une Allemagne pacifique attaquée par des voisins belliqueux, on a le droit de dire qu'ils se font, sciemment les complices du Kaiser et de son gouvernement de parjures. Us s'en font, de plus, les instruments dociles pour l'aider à sortir de l'impasse dans la quelle ils se sont fourvoyés. Maintenant que tout espoir de conquête durable s'évanouit, les socialistes allemands ont été autorisés à parler d'une paix qui doit exclure toute conquête, tout dessein contre l'Allemagne et sa sécurité, et qui devra lui laisser l'Alsace-Lorraine ! Le chancelier dit qu'avant de parler Ides conditions allemandes de la paix, il devrait connaître les nôtres. Discutant les conditions indiquées par M. Asquith dans son récent discours du Guildhall : indépendance des petites nations, particulièrement de la Belgique, et destruction du militarisme prussien, ïe chancelier affirme qu'il n'a rien à dire concernant l'indépendance des petites nations, et qu'il ne peut pas indiquer "quelles garanties le gouvernement- impérial exigera en ce qui concerne la Belgique et quelles bases de puissance il envisage nécessaires pour de telles garanties !" Le chancelier se souvient, sans doute, de l'entretien que son collègue, M. de Jagow, a eu jadis avec M. Cambon, et au cours duquel le ministre allemand des affaires étrangères exposa entre autres, au ministre de France, "que les petits Etats ne pourraient plus mener, dans la transformation qui s'opérait eu Europe au jsrofit des nationalités les plus fortes, l'existence indépendante dont ils avaient joui jusqu'alors et qu'ils étaient destinés à disparaître ou à graviter dans l'orbite des grandes Puissances !" Or, cette théo rie est également celle de l'historien .s Treitschkè, inspirateur cle la politique g mondiale de l'empire germanique. m En ce qui concerne la destruction du î, militarisme prussien, M. de Bethmann- i Hollweg y a répondu en affirmant que :- l'épuisement en hommes est moindre en i- Allemagne qu'il l'est en France et en :t Russie, où la classe 1917 est déjà appelée 1- sous les drapeaux ! Le chancelier feint i- d'ignorer que d'ici "quelques jours la r Grande-Bretagne pourra mettre sur pied •3 son quatrième million de soldats volontaires et que les immenses réserves en >- hommes dont peut encore disposer la i- Russie sont plus que suffisantes pour »- rompre définitivement l'équilibre des 3, forces numériques en faveur des Alliés. 3- Mais il est superflu de suivre plus i- loin nos ennemis dans une discussion ap is pelée à rester stérile. La manœuvre paci- >. fiste à laquelle ils se livrent a pour but :r de calmer l'impatience du peuple aile- ;- mand, qui ne supporte plus le fardeau ;s de 1a. guerre et d'exalter son patriotisme lô en essayant de lui démontrer que si la ie guerre continue c'est la faute aux en ne ï- mis de l'Allemagne, qui veulent l'humi- r- lier. is Le jour où le peuple allemand voudra a sincèrement la paix" il commencera, sans •e doute, par balayer un gouvernemeni pour qui les traités ne sont- que des clrif- ïe fous de papier et- pour qui les pire 2S crimes sont admis comme des moyens de i- combat réguliers. Quelle confiance i'Eu à rope pourrait-elle avoir en des traités ïe portant la signature protestée d'homme: i- d'Etat qui ont reconnu eux-mêmes qu. b, les engagements les plus solennels ne soni [e respectés par eux qu'aussi longtemps ii qu'ils concordent avec leurs intérêts biei: js compris ? i La retraite des troupes alliées en Serbie est confirmée. La liaison entre An i- glais et Français est bien établie, dil 3s un communiqué français, et nous n'a ir vons aucune peine à contenir les Bulgare: i- qui essayent-, sans succès, de mettre obs iô tacle à notre mouvement rétrograde, ir L'occupation de Ghevgueli par deiu divisions bulgares doit être inexacte, si ;r non elle signifierait- que les lignes alliée; il seraient tournées et les communication: avec Salonique sinon coupées du moin: ir gravement menacées- La vérité est qu<: .u des bandes de "komitadjis" que le gou a,- vernement bulgare peut toujours désa e, vouer, tentent de couper le chemin d-t î, fer, mais les Grecs ont pris, nous dit-on ra les mesures que comporte la situation, es On lira avec intérêt l'exjscsé politique sr fait par M. Vénizélos au correspondait du "Times" à Athènes. Ce document 1- fait ressortir combien injustifiable ai: je point de vue constitutionnelle est l'att-i es tude du roi Constantin et combien clairvoyante était la politique préconisée pai e. M. Vénizélos. le En Perse, une colonne russe a'dispersc 3t les gendarmes mutins et leurs acolyte: es qui s'étaient concentrés à proximité d< s, Hamadan et qui s'efforçaient de provo ts quer un soulèvement au i^rofit de no: la ennemi?! >e Les journaux parisiens annoncent que s, l'Italie débarque d'importants contiu ît gents de troupes à Vallona en vue d< ss faire face à une invasion bulgare de l'Ai to hanie et de protéger l'armée serbe qu: o- bat en retraite vers l'Adriatique. GUILLAUME II ET L'AUTRICHE. Des rumeurs de friction entre le ministère autrichien et le cabinet de Berlin furent suivies d'un voyage du Kaiser à Vienne. Trois ministres autrichiens y ont laissé leur portefeuille et ont été remplacés par des créatures de Berlin. Le l'ait souligne admirablement les paroles de sir Edve ard Grey au Parlement anglais. L'Autriche a cessé d'exister comme Etat indépendant, elle gravite dans l'orbite de l'Allemagne, elle n'a plus de volonté, ni de pensée, son cerveau est à Berlin. Depuis longtemps on soupçonne Guillaume II de vouloir réunir sous son sceptre le pays du beau Danube bleu. Cette annexion est dans la logique des choses. L'unité nationale germanique ne sera complète que lorsque les Allemands seront tous unis dans un même Etat. Le poète Arndt n'a-t-il pas chanté que "toute terre où résonne la langue allemande est allemandè"? Déjà en 1873, l'archiduc autrichien Jean Salvator, plus clairvoyant que le chef de la dynastie, écrivait: "En dépit de toutes les protestations d'amitié nous devons voir avec une entière clarté que les efforts d'expansion de notre voisin l'empire prussien allemand menacent l'intégrité de la monarchie... Un jour nos voisins auront envie des belles terres du pays du Danube et l'Allemagne aura besoin d'étendre ses frontières vers l'Orient."La politique traditionnelle de la Prusse a été d'écarter l'Autriche de l'Allemagne parce que la splendeur, des Habsbourg éclipsait alors celle des Hohenzollern et que l'unité nationale aurait ravalé la Prusse au rôle de la Bavière et de la Saxe dans l'empire allemand actuel. Mais aujourd'hui le roi de Prusse est l'empereur* allemand, le soleil levant a fait pâlir les vieux astres, et déjà avant la guerre Guillaume II avait la prééminence sur son allié. Il y a ttne quinzaine d'années, le pangermanisme, cette avant-garde de l'impérialisme teuton, avait jeté son dévolu sur l'Autriche. L'Aildeutsche Verband, , qui a pour but de poursuivre à l'intérieur comme à l'extérieur des frontières l'union de toutes les races allemandes, organisa chez le voisin du sud une propagande acharnée en faveur de l'union avec l'Allemagne. 11 était singulièrement •ien f o _ ° aide par la haine qui, chaque jour, se f-iue dessinait plus ardente entre les Alle-, mands d'Autriche et les différentes natio-L<a nalités opprimées par eux. Il n'y a, en lm' effet, que dix millions d'Allemands dans c'ue les 28 millions qui constituent la popula-6n tion de te Cisl.ithanie, mais ces dix mil-fn lions d'Allemand.-, prétendent imposer e.iee leur langue, dicter la loi, remplir tous les 3U^ emplois administratifs et militaires. Ils . sont gonflés de cet orgueil de race qui caractérise 3'Ailemand contemporain et m'entendent point être mis sur le même en pied que des Tchèques, des Polonais ou des Wel'che's. 10,11 Le pangermanisme en Autriche eut a„es bientôt son p-r, *•, ses journaux, ses re-es- présentants au Parlement. ■ s Guillaume II eut pour lui des mots aP d'encouragL rr~.\ -r- i clairs que la dis-crétion diplonii. A .o lui permettait d'en !?ut proférer. Mais à bon entendeur demi-1 e" mot suffit. eau Au centième anniversaire du maréchal "1T)e de Moltke, il dit dans un toast à son I ja état-major : "Mon but suprême est d é-ln®' carter tout ce qui sépare le grand peuple mu~ allemand." A maintes occasions, ii se i déclarait l'empereur des Ger.mâins, fei-Kt! a gnant d'oublier que le vaincu de Sadowa 'an® comptait dix millions de sujets de race ,e", germanique. Un jour, il parut dans une '-lu. assemblée publique de grand apparat, rUt' porteur d'un bâton de feld-marécha.1 aux y couleurs de l'a- "'rnne Confédération ; 'î germanique, qui comprenait l'Autriche. u Le pangermanisme commit la faute de r ie^ compliquer |le mouvement nationaliste „C'UT d'une dissidence religieuse. Le cri de .i von Rom " qui retentit a V ienne suscite un élan de loyalisme clérical qui 31011 raffermit le trône " des Habsbourg. L'attitude énergique de l'archiduc b.Èr~ François-Ferdinand fit avorter les pro-y, jets d'union des Allemands d'Autriche C,1 et de l'empire allemand, et Guillaume II II a dut diriger ailleurs ses convoitises. Il se a,r6° concilia les sympathies de l'héritier ^ de UfJ François Joseph, devint son fidele ami et ; prépara avec lui la guerre européenne eu.x qui devait combler leurs rêves d ambi-• l1, tion réciproques et que l'attentat de aee= ggrajevo ne fit que faciliter. 1°il® Les défaillances de l'Autriche, deux 0nl® fois battue par la petite armée serbe, ^U£> l'écrasante défaite de Lembérg, la con-ïou" quête de la Galicie, l'invasion russe esa~ remontant les passes des Carpathcs, la prise de Przemysl ont fourni à l'empé-"on' reur allemand i'occasion inespérée de K mettre la main sur l'empire allié et de mettre à exécution un projet longtemps tant f caresse. len Les armées autrichiennes sont açtuel-au lement commandées par des généraux a" allemands, elles sont encadrées d'offi-air" ciers allemands, elles sont mélangés de ?ar troupes allemandes, elles obéissent à . l'état-major allemand. Cette fusion mi-el 'f litaire à été sanctionnée par la victoire ; 7 , elle a refoulé les armées russes, rec-on-5 quisla Galicie, écrasé la Serbie. Comment ovo- François-Joseph pourrait-il résister à la n0's volonté toute puissante de Guillaume II ? Il n'a plus d'armée qui obéisse à ses or-cluc dres, si ce n'est peut-être celle qui fait face au front italien et qui, à son tour, -'c devra bientôt implorer le secours alle-" mand. I111 Cette mainmise militaire fut accompagnée de la mainmise politique. Voye2 5=5 le conflit austro-italien. C'est le prince Evon Bùlow qui discute avec le gouverne-. ment de Rome les concessions à faire par l'Autriche. U fait bon marché des possessions italiennes des Habsbourg, a"c~ " car, avec ses amis, on ne fait point de cérémonies." Trieste est la pierre bien d'achoppement. Ce port est en effet con-e le voité depuis longtemps par l'Allemagne, épit C'est la jx)rte ouverte sur la Méditerons ranée et le Levant. Tous les pangerrria-que nist.es, l'historien Lagarde en tête, ont >isin insisté sur l'importance de cette place, cent indispensable à la Germanie de leurs jour rêves. 11 n'a par été possible à Guil-rres laume 11 de se résoudre à la cession de uira Trieste à l'Italie. Neutralisation de l'O- Trieste, soit; la neutralité ne gêne pas beaucoup les gouvernants de Berlin, asse qui, le cap de la guerre passé, trouve-gne raient bien moyen de s'installer dans !c >urg grand port de l'Adriatique. ii et Directeur de la diplomatie autri-; la chienne, maître de l'armée austro-hon-e la groise, Guillaume II vient de faire un Jais nouveau cas dans la voie de l'absorption " 1 AN. 32 SHIL m- de la monarchie des Habsbourg. Ce ait lui qui nomme les ministres des financ la et de l'intérieur. La pieuvre alleman ice vient de jeter de nouveaux tentacul sur le corps de son allié. in- La situation rappelle celle de Xapoléi m- 1er au regard du vieux roi d'Espagr olu son fidèle ami, ayant sacrifié pour lui id, flotte à Trafalgar, subissait toutes 1 ;ur volontés du Corse, jusqu'au jour où 'u- prit fantaisie à celui-ci de le détroni es, Guillaume II attendra-t-il l'ouverture tv- la succession d'Autriche ? La constit ion tion fédérale de l'empire allemand p< ent met des combinaisons qui laissent su se sister des trônes, tout en créant la su lie- tion. Il n'y a que le titre d'empere :io- qui soit gênant. Pourquoi un roi d'A en triche, un roi de Hongrie ne pourraiei ins ds faire partie de l'empire du Cent! aussi bien qu'un roi de Saxe ou de E ail. vière ? Les Allemands d'Autricl ser comme les Magyars de Hongrie, n'oi .ULilNli-S. 'est leur pays respectif, d'un appui exténei ices puissant pour continuer leur domin; nda tion ? Le fier Hongrois, qui se révolta îles contre la suprématie autrichienne, a cepte avec grâce le joug du Kaiser, éon Se serait-ce pas noblement venger •ne, mémoire de l'archiduc assassiné, cp i sa d'investir son fils aîné, pour lequel les avait dû renoncer à regret à ses droi i il de succession au trône, de la glorieu ïe. couronne de Saint-Etienne ? Et 1 de jeune archiduc, héritier sans prestii itu- de François-Joseph, ne scra-t-il p; Dcr- heureux de devenir roi d'Autriche et < ;ub- Bohême? S'il régimbe, n'y a-t-il p' ujé- de cadet de la maison de Hohenzollci 'cur qui fera aussi bonne figure que lui à u" Cour de Vienne ? S'il reste une lueur de raison au viet François-Joseph, il doit se demander ,j10 pour sa maison la défaite ne vaut p: jnt- mieux que la victoire. inrw fpr n va m DR vnrcsr LETTER DE LAUSANNE u La îête du Roi. it La fête du Roi a été célébrée a ■- Lausanne avec éclat. Le 14 novembre, une assistance nombreuse emplit le s temple de Saint-François pour entendre >- un fort beau concert donné au profit des a œuvres de bienfaisance belg'es fondées en i- Suisse, et auquel l'anniversaire de notre Souverain servait de prétexte. Depuis il quinze jours, des affiches tricolores pa-n voisaient les murs de -la ville, les vitrines - des magasins et jusqu'aux voitures des e tramways, associées à celles qui, dès la e fin d'octobre, annonçaient de toutes parts i- l'Exposition d'Art moderne belge—au-a tre manifestation nationale qui rénoon-;e tra, de même que le concert, la sympa-e thie unanime. Jamais on ne \it le noir, t, le jaune et le rouge cerner tant de pla-x cards, évoquer avec une pareille profu-n sion l'héroïque symbole de ".otre -indc- pendance et de notre loyauté. le. A elles seules, ces myriades d'affi--c. cires constituaient une manifestation 'e. patriotique qui réchauffa le cœur des exilés et accrut, s'il est possible, l'ami-.lié qui unit étroitement aux Belges le 5- peuple vaudois. 10 Le concert, d'une tenue grave, fut digne de la fête qui en était l'occasion. ie Des solistes de choix : Mme Béchard-Léchauid, admirable mezzo dramatique, îe formée à la Schola Cantorum, M. Louis ie de la Cruz (qui refuse désormais de voir accoler à son nom celui de Frôiich, de ie consonance trop germanique à son gré, l'organiste Denéréaz, des violoniste !c belge Delflasse, interprétèrent un programme d'œuvres belges et suisses IX dans lequel on avait fait une large part e> à César Franck. Pour finir, l'excellent -1" Chœur d'hommes de Lausanne, l'une des ,e associations de chanteurs les plus ré-'a putées de la Suisse, après avoir exécu-t:" té plusieurs œuvres dte compositeurs rôle mands, chanta avec un magnifique en-le semble " Vers l'Avenir " de F. A. Ge-35 vaert. Et ce moment fut le plus pathétique du concert, car, d'un mouvement s-pon-tané, saris s'être donné le mot, les que.1-:i" que douze cents auditeurs qui remplis-le saient la nef et les galeries du vaste a temple se levèrent respectueusement et ll" écoutèrent debout les trois strophes de ? ! l'hymine dont le refrain résume nos cs-a~ pérances et nos vœux : Réunion de la colonie belge. ;? Le lendemain, dimanche, les réfugiés r- belges hospitalisés à Lausanne par le it Comité cle Secours offraient à la prési-r< dente et aux membres de celui-ci, dans e- la salle du Casino-théâtre, une fête musicale et littéraire qui rassembla un <au-[i- ditoire extrêmement nombreux et, par sa cordialité et la fusion des éléments -e divers de la colonie belgevde Lausanne, e„ resserra entre Suisses et Belges des re liens C|ue la guerre a noués. Fête ss émouvante par les paroles qui y furent prononcées et par l'interprétation de la nt " Brabançonne " que chanta d'une voix rc chaude et vibrante Mme Léon Martinet, q. l'assemblée reprenant en chœur le re-e. frain. r. Le programme offrit plus d'une aima-a. ble surprise, — celle, entre autres, d'un nt poème dédié au Roi par Mme Widmer-e> Cursat, présidente du Comité central de Secours aux réfugiés belges, et lu par U_ l'auteur aux acclamations de la foule. ;]c Celle, aussi, d'une allocution de Mme je Octave Maus, évoquant avec émotion as les impressions profoudes dont les colins vois périodiques de réfugiés arrivant à e- Lausanne de leur réception au siège du !c Comité d'hospitalisation peuplèrent les cœurs compatissants. En un langage élevé et sobre, AI. n- Charles Dejongh, ancien bâtonnier de in l'Ordre des avocats, précisa la signifi->ii tion de la cérémonie. S'adressant tour 3^X 3: W W.* in n AV. à tour aux membres du Comité suiss^. de Secours, puis à nos compatriotes, il leur dit : - Discours de M. Dejongh. "Madame la Présidente, Mesdames, Messieurs,Réunis pour fêter le Koi Albert, mes cher s compatriotes m'ont donné la douce mission de vous exprimer, tout d'abord et une fois de piuj-, leur profonde gratitude. Ils souffraient!.. Vous êtes venus à eux guidés par les sentiments humains les plus nobles, la bonté, le dévouement', la pitié. Ils souffraient!.. Vous avez tendu à leur dé-tiecse vos mains fraternelles; vou3 avez donné . donné l'or d© vos cœurs et l'or de vos trésors. Ils souffraient!.. Tout oe que vous pouviez faire pour adoucir leur douleur, vous l'avez fait, avec une simplicité, une délicatesse infinies., j'allais dire avec tendresse. Depuis plus d'un an vous les avez matériellement et moralement soutenus.. Votre sollicitude s'est accentuée avec le temps et leur reconnaissance a grandi avec elle. C'étaient des étrangers, portés sur vos rive? I>ar une mer démontée Et voici qu'aujourd'hui, sur votre sol hospitalier, ils ont trouvé une seconde patrie, ils ont trouvé plus que des bien-, faiteurs, il ont trouvé des amis. Aussi le lien qui les attache à vous ne se rom-pra-t-il jamais.. Aussi leur reconnaissance se perpétuera-t-elle d'âge en âge... Car, lorsqu'ils seront retournés là-bas dans la patrie reconquise et libérée, ils diront à tous qu'ils ont rencontré en Suisse ceux qui mettent en pratique le précepte sublime de Jésus.. Aimez vous les uns les autres? Et puis, il y a tant d'affinités entre no3 petits pays. L'une des plus marquantes est qu'ils se sont , constitués l'un et l'autre à force de courage, ' d'énergie et de persévérance. Pour conquérir l'indépendance et la liberté, vos ancêtres comme les nôtres ont versé leur sang. Fit c'est pourquoi la Suisse est une comme ia Belg'que, maigiê les différences de race3 et de langues de ses nabi-tants. Et c'est pourquoi la Suisse et la Belgique sont sœurs par les analogies de leurs passé. ; Et, par une coïncidence heureuse, tandis que nous fêtons notre roi, vous célébrez la victoire du Morgarten qui, le 15 novembre 1315, assurait l'indépendance et la liberté de votre jeune con-; fédération, née quelques années auparavant du pacte du 1er août 1291, et lui épargnait la domination autrichienne. La victoire du Morgarten a sauvé la jeune république. Et cet événement heureux, vous le fêtez avec joie comme nous fêtons notre roi! •Mes chers compatriotes. Je viens de dire, avec joie : Est-ce bien le mot ? N'est-ce pa3 un sentiment plus profond que i» joie que nous avons au cœur en ce moment, qu'ont au cœur tous les Belges dispersés dans le monde, et ceux qui se trouvent sur la terre occupée, et ceux qui sont ailleurs, exilés en Hollande, en Angleterre, en France, comme nous le sommes en Suisse?.. Oui, ce que nous ressentons c'est le besoin - d'être ensemble, de notts réunir, de nous parler, . avec effusion, de la vénération que nous éprouvons pour celui qui a conduit la Belgique dans le droit chemin, pour celui qui a tout sacrifié à l'honneur, au Droit, à la civilisation du monde. En 1831, nous avons promis à l'Europe de défendre notre neutralité. - Notre roi n'a pas voulu que la promesse des Belges fût protestée. - Un peuple honnête, comme un honnête homme, - n'a qu'une parole. Cette parole, le roi et nous, - nous l'avons tenue. Il a fait son devoir, ils ncu.s a dirigés dans l'accomplissement du nôtre. Aussi, quel que soit le parti auquel nous appartenons. quelles que soient -nos opinions sur la - forme la meilleure du gouvernement des peuples, que nous soyons flamands ou v,-allons, noua 3 sommes aujourd'hui des Belges, unis autour du ? drapeau, autour de celui qui l'a levé si haut, ; autour du Roi Albert! ^ Si nous souffrons, malgré toutes les bonté'» dont je parlais tantôt, si nous souffrons de notre t exil, si nous souffrons d'avoir perdu tant de 1 jeunes hommes sur les champs de bataille, . d'avoir vu disparaître à jamais les monuments v qui nous rappelaient la vie de nos glorieuse? j communes, nous avons le réconfort d'une cons- - cience haute et l'exaltation, d'où sortent les belles œuvres et les grandes actions. Cette conscience, cette exaltation, le Roi " Albert les symbolise. 1 11 èît son peuple et son peuple est lui. "Un pour tous, tous pour un." Ecoutez maintenant ce que dit du héros Mau- - rice Maeterlinck, précurseur de ce que dira L' l'histoire. "De tous les héros de cette énorme guerre qui survivront dans la mémoire des hommes l'un d^a ^ plus purs, l'un de ceux que l'on ne saura jaiitaia l comment assez aimer sera certainement le Je^nc et grand roi le ma petite patrie. "Il fut vraiment, à -l'heure décisive,' l'hommfl 1 providentiel, celui qu'attendaient tous les -l cœurs! Il sut incarner en beauté soudaine ht ^ volonté profonde de son peuple. H fut tout d. coup toute la Beigiqucrcvélée à elle-même et aux autres. Il eut cette admirable chance de prendre et de donner confiance dans l'instant le pîu* tragique et Je plus troublé où les meilleures consciences perdent leur assurance. S'il n'avait pas été là, lps chose3, sans nul doute, ne se tus-L* oas passées de la même [açm, et l'histoire 86èm© année* ai v AAn

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Cet article est une édition du titre L'indépendance belge appartenant à la catégorie Oorlogspers, parue à Londres du 1914 au 1918.

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