L'indépendance belge

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s.n. 1915, 06 Janvrier. L'indépendance belge. Accès à 18 août 2022, à https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/fr/pid/g44hm53h4g/
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L'INDEPENDANCE ANGLETERRE: ONE PENNY. BELGE. CONTINENT : 15 CENTIMES Administration tud°R STREET' ^ LONDRES, MERCREDI 6 JANVIER 1915. eemsteked^at ^h^g.p.a Conservation par le Progrès. VŒUX SOCIALISTES. La faillite de la seconde Internationale ouvrière est l'un des événements les plus marquants et les plus lamentables qui se rattachent à la Grande Guerre. Aussi est-il intéressant de savoir quel est actuellement l'état d'esprit des hommes qui dirigeaient cette Association formidable, sur quoi reposaient de si nobles espérances de paix, de fraternité et d'émancipation ouvrière, et en particulier de ceux qui à nos yeux portent la responsabilité du crac, c'est-à-dire des chefs de la Social-démocratie allemande.Quelques-uns de ceux-ci ont formulé leur pensée en manière de vœux qu'ils ont adressés à des socialistes anglais pour le nouvel an. J'en trouve le texte dans les journaux d'ici. Voici d'abord le message envoyé par Hermann Millier au nom de la Social- démocratie allemande : En cas temps funestes notre sympathie la plus profonde va à tous ceux dont l'effort tend à mettre fin le plus tôt possible à cette lutte meurtrière entre les peuples. Nous espérons, en dépit de .1«-, suspension qu'ont dû subir les relations des fraternels partis socialistes, qu'après la guerre le 6ocialisme international devienda plus efficace et t de cette façon assurera au monde une paix vrai-I mont durable. Assez ! Tel est le seul mot qui nous [ vient aux lèvres en réponse à un aussi [ audacieux factum. Ces gens parlent çomme s'il ne s'était ! rien passé. Ils tiennent le même langage [ qu'autrefois, le langage auquel nous avions fait confiance ! Ils nous disent en-' core aujourd'hui qu'ils veulent " assurer au monde une paix vraiment durable "... Notre pays a été envahi—injustement et ' fcn opposition avec le droit des gens, a déclaré leur chancelier à la tribune du Reichstag— ; un grand nombre de nos compatriotes, de nos camarades, ont été victimes de la part des soldats allemands, de toutes les espèces de crimes auxquelles avaient donné lieu les guerres du passé, : et de quelques autres imaginées et mises au point par la culture et la science ger-| maniques; nos industries ont été ruinées i et les travailleurs belges plongés dans ! une atroce misère ; nous tombant dessus à dix contre un, les misérables nous ont [ volé notre patrie, et ils nous disent : " Maintenant le socialisme international , deviendra plus efficace et de cette façon assurera au monde une paix vraiment j durable !" Xous connaissons la chanson. A nos | oreilles elle est abominable. Vous chan-i tez faux, citoyens. Assez ! Assez ! Niais voici un billet de Liebknecht. Il a voté il y a quelques jours contre les nou- ' veaux crédits sollicités du Reichstag ; pour la guerre. C'est peut-être un ! homme. Hélas ! son billet n'est que d'un Allemand. Il écrit : " Je suis charmé de pouvoir adresser un mes- : de fraternité aux socialistes britanniques en : un temps où les classes dirigeantes d'Allemagne et de Grande-Bretagne essayent par tous les i Moyens en leur pouvoir d'exciter une haine assoiffée de sang entre les deux : P3uples. Mais il m'est pénible d'écrire ces lignes en u*i temps où notre rayonnant espoir de naguère, l'Internationale socialiste, est par terre, anéantie en même temps que mille autres de nos espérances, où même de nombreux socialistes dans les pays belligérants — car l'Allemagne n'est pas une exception — se sont, dans cette guerre qui est inspirée plus qu'aucune autre guerre ne le fut jamais par un esprit de conquête et de rapine, volontairement attelés au char de 1 Impérialisme, et cela juste au moment où la malfaisance du capitalisme devenait plus apparente que jamais.. L'exemple que vous et vos camarades de Russie et de Serbie avez donné au jnonde produira un effet d'émulation partout où es socialistes se sont laissés prendre aux pièges Qu ont tendus les classes dirigeantes pour l'accomplissement de leurs desseins, et je suis sûr que la masse des ouvriers britanniques se ralliera bientôt à I.L.P. (l'Independent Labour Party). Déjà, Parmi les ouvriers allemands, il y a beaucoup plus d opposition à la guerre qu'on ne le suppose généralement." Vraiment! "L'Allemagne n'est pas une exception !" C'est elle qui a préparé 'a guerre; Liebknecht l'a lui-même proclamé dans sa déclaration à l'appui de son vote contre les crédits. C'est elle qui 1 a \oulu la guerre; les documents diplomatiques que la France, l'Angleterre et la Belgique ont publiés le prouvent surabondamment. C'est elle qui a attaque. C'est elle qui, contrairement au droit des gens, et contrairement aux engagements de la Prusse, a violé la neutralité de la Belgique. Mais le citoyen Liebknecht préfère ne pas y songer et nous faire la leçon : Beaucoup de socialistes se sont attelés : a'J char de l'impérialisme." Il aurait < fallu, par exemple, que les socialistes belges fissent valoir simplement auprès des brutes qui ont martyrisé leur pays, qu'ils étaient des pacifistes! Granc merci du conseil. Nous le suivrons è l'égard des Allemands, quand ceux-ci auront eux-mêmes adopté les idées de Liebknecht autrement qu'en paroles. . Dj; son côté, Rosa Luxemburg s écrit : Sous les coups meurtriers des groupes impé rialistes, la classe ouvrière internationale, si ré oemment encore notre orgueil et notre espoir, t honteusement failli, et honteusement entre toutes la section allemande qui était appelée à l'honneui de marcher à la tête de l'armée mondiale de Tra vail. Il est nécessaire d'exprimer cette amèr< vérité, non pour pousser à une résignation et ur désespoir puérils, mais, au contraire, pour tirei des erreurs commises dans le passé et des faits actuels, de profitables leçons pour l'avenir. .Déj£ après peu de mois de guerre, le poison " jin goïste " qui avait intoxiqué les classes labo rieuses d'Allemagne, a oessé d'agir, et bien qu'il* aient été abandonnés par leurs leaders à oettx grande heure historique, les travailleurs revien nent au bon sens, et chaque jour s'accroît le nom bre de oeux qui rougissent de honte et de colèr< à la pensée de ce qui se passe maintenant." Cela va mieux. Ici la pensée est nette. Cette citoyenne d'Allemagne ne peul croire que la classe ouvrière de son pays soit la seule coupable. Soit ! Nous n'en demandons pas tant à l'illustre militante. Mais du moins elle proclame sans ambages que la section allemande de l'Internationale, entre toutes, a honteusement failli. Inclinons-nous devant cette franchise et ce courage moral auquel l'effort de toute la représentation masculine de la social-démocratie au Reichstag n'a pas su atteind-e. Et je revois au meeting du cirque à Bruxellès, le mercredi qui a précédé la guerre, la frêle femme qui porte ce nom glorieux de Rosa Luxemburg. Jean Jaurès était assis près d'elle. Il voulait qu'elle parlât. Il l'y encourageait de son bon sourire. Avec galanterie, il insistait. Dans son merveilleux discours, le dernier qu'il prononça, il lui rendit hommage, rappelant qu'elle avait souffert beaucoup déjà pour ses idées. Et le public fit à Rosa Luxemburg une émouvante ovation. Aujourd'hui encore la démocratie socialiste de tous les pays pourrait l'ovationner, cette vaillante ! Dans le naufrage de l'Internationale, elle seule peut-être est sauve. Voici pourtant une déclaration de Franz Mehring, à laquelle il faut également applaudir : t( Ce qui se passe maintenant, est pareil à c< qui se produisit durant les premières années qu: suivirent l'établissement de la Loi d'Exception quand, de même qu'aujourd'hui, les leaders per dirent la tête, mais que dans le rang l'on se res saisit bientôt en adoptant oe mot d'ordre: " Ave< les leaders, s'ils veulent nous conduire; sans les leaders, s'ils restent inactifs ; malgré les leaders s'ils résistent." Déjà cet esprit fermente puissam ment dans tous les grands centres du parti er Allemagne — à Berlin, à Hambourg, à Leipzig, È Stuttgart — et le jour n'est pas loin où le retoui à la paix et aux principes inébranlables de l'Inter nationale sera réclamé par la classe ouvrière d'Al lemagne, non seulement en phrases creuses, mai: avec la foroe véhémente d'une volonté qu'ui demi-siècle de batailles a faite d'acier." Nous sommes d'accord avec vous, citoyen, pour le souhaiter ardemment. Enfin, je trouve dans le " Daily Citizen" la pensée d'Arthur Henderson, le leader du Labour Party, exprimée sous forme d'interview. Le journaliste lui demande : — Pensez-vous que la guerre aura pour résul tat de brouiller pour toujours les démocrates dei pays qui sont en guerre les-uns contre les autres' Et Henderson répond : — A mon avis, il ne pourrait rien arriver de plui malheureux, mais je crois que quand les hostilité: auront oessé, la compréhension de la nécessité ab solue d'une unité d'action induira les leaders di peuple en une confraternité même plus grande qu'avant la guerre. Les intérêts des classes labo rieuses sont aussi semblables dans le monde en tier que le sont les forces qui barrent le chemin de l'émancipation économique et sociale, et rien n< saurait justifier la division des travailleurs en deu: camps hostiles. Telle est bien la pensée socialiste sur laquelle était basée l'Internationale ouvrière. Et peut-être rien ne po.urrait-i arriver de plus malheureux pour les travailleurs que la division de leurs forces devant le capitalisme ennemi. Eh bien, si, citoyen Henderson, quelque chose de plus malheureux peut arriver. . que dis-je? Quelque chose d'infiniment plus malheureux est arrivé aux travailleurs de la Belgique. Ils sont actuellement sous la domination allemande. Des milliers et des milliers de leurs camarades ont été tues à l'armée. D'autres milliers ont été assassinés lâchement sans qu'ils fussent à même de se > défendre, car vous savez comment ont s été traitées nos populations civiles, < , Beaucoup de femmes et d'enfants du < 1 peuple ont été maltraités. Quantité de < i familles belges sont actuellement sans i i foyer. Presque tous nos ouvriers, syndi-: qués ou non, affiliés ou non à l'Interna- i tionale socialiste, sont sans ouvrage. Les uns connaissent les tristesses de 1 l'exil, malgré toutes les attentions dont ils sont entourés dans votre pays. Les ' autres, restés chez eux, vivent dans la , crainte de nouvelles violences et d'une ■ , aggravation de leur détresse. < Tout cela, citoyen Henderson, est , plus affreux encore, et plus général sur-i tout, que les maux qu'engendre le capi-r talisme. Et tout cela est l'œuvre d'une L armée qui comptait dans ses rangs de - nombreux soi-disant socialistes. Et tout ' cela n'a donné lieu, sauf les deux ou , trois cas particuliers dont je viens de - parler, à aucune espèce de protestation ' publique de la part de ceux avec qui vous pensez que nous fraterniserons après la guerre. Mais leur trahison, et des monceaux . de cadavres, et des incendies de villes ! entières, et des trains remplis de ce qu'ils nous ont pris, nous séparent d'eux. Les ouvriers allemands ont les 1 mêmes intérêts que ceux de nos pays à . nous? Les ouvriers allemands et leurs 1 militants ont cru surtout qu'ils avaient , le même intérêt que les banquiers de , Francfort, les hobereaux prussiens ou la famille Hohenzollern, à nous dominer et à nous dépouiller. Bientôt ils vont èl mer peut-être qu'ils i se sont trompés et que rien n'est vrai que l'Internationale ouvrière. . [ Mais la parole d'un Allemand n'est . plus rien. Ce sont des actes qu'il nous faudra pour que nous puissions considé-t rer que les Allemands de demain ne doivent pas être tenus pour responsables des crimes des Allemands d'hier et d'aujourd'hui.Qu'ils abattent la bête hideuse du militarisme prussien. Un effort platonique, des discours, i des votes de minorité ne peuvent plus avoir pour nous aucune signification. Et voici que nous aboutissons à notre " Delenda Carthago. " Non seulement pour la Belgique, mais aussi pour la paix du monde et pour l'Internationale ouvrière, sus à l'Empire d'Allemagne ! ■ EMILE ROYER. P. S. : Comme je n'occupe aucune situation dans l'Internationale et que je J > suis, hélas ! sans communications avec 1 mes électeurs, je rappelle que mes écrits 1 n'engagent absolument que moi. E. R. ; L'ALLEMAGNE ET LES TRAITES. i En présence de la réprobation uni-r verselle qu'ont suscitée ses violations J . des traités, l'Allemagne cherche des pré- 1 3 textes pour expliquer et justifier celle-ci. i 1 La violation de la neutralité de la ■ Belgique se justifierait par le fait que 1 nous aurions auparavant renoncé à cette ' neutralité en concluant une alliance avec i ■ l'Angleterre. ] ; La violation des lois de la guerre i bombardement des villes ouvertes, massacres de non-combattants, dévastation des monuments et des bibliothèques, etc.) trouverait son excuse dans la cir-3 constance que certaines puissances en-' gagées dans la présente guerre (Serbie, Monténégro, Turquie) n'ont pas ratifié ; la convention de La Haye de 1907. 3 " L'Allemagne essaie vainement de j donner le change. Elle ferait mieux de 5 se renfermer dans l'attitude plus franche - qu'a prise le Chancelier de l'Empire j ^ lorsqu'annonçant au Reichstag l'entrée , I des troupes allemandes dans le territoire ' e belge, il a reconnu que ce fait constituait ; une violation du droit international, et n'en a donné d'autre justification que ' ' l'intérêt de l'Allemagne : Nécessité ne ] ' connaît pas de loi, déclarait-il. C'est en effet là la pure doctrine de ' nos ennemis. Et pour le démontrer, ] nous ne pouvons mieux faire que de j ' citer un passage d'un ouvrage faisant ' autorité en la matière (International ' ' Law par L. Oppenheim, II., 2e édition) : ' 69. Dès que les usages de la guerre sont de- 1 venus lois soit par la coutume, soit par traité, 1 I (A suivre page 2.) I, MENSONGES! MENSONGES! ~»-4 Il est déplorable de devoir employer des termes aussi vifs mais, dans le circonstances actuelles, ce sont les seuls qui soient applicables aux déclarations des diplomates allemands. En voici une preuve nouvelle : C'est la lettre suivante, adressée par M. Romberg, ministre d'Allemagne, à la " Gazette de Lausanne": Berne, 24 décembre 1914. Monsieur, Dans le numéro du 9 novembre 1914 de votre estimé journal, vous avez publié sous le titre " Pillards " une dépêche de l'Agence ïïavas, de Paris, d'après laquelle les soldats allemands ont pillé systématiquement partout où ils passèrent ea France et en Belgique, que même des trains spéciaux ont emporté vers l'Allemagne un butin important. Et comme preuve l'agence Havas cite le passage d'une lettre, adressée par un habitant de Gettenau (Hesse) en date du 8 octobre, à un soldat cantonné à Sainte-Croix-aux-Mines. Les autorités de Gettenau qui ont fait une enquête à ce sujet, ont trouvé une femme qui en effet a envoyé une lettre à son mari (mort entre temps), dans laquelle elle lui demande de lui envoyer comme souvenir une de oes petits marmites que les woldats français portent sur eux, parce que d'autres femmes en avaient reçu «le pareilles. Mais elle n'avait jamais demandé de la vaisselle de table. Une autre femme interrogée a déclaré qu'en effet son mari lui avait envoyé une petite marmite de soldat, qu'il avait trouvée dans un champ et en outre une casquette d'un chasseur alpin français qu'il avait reçue d'un gendarme en échange d'un pain. D'autres femmes ont fait des déclarations semblables. Voilà donc à quoi se réduisent ces soi-disant " trains de butin " envoyés en Allemagne. Je suis loin de vouloir justifier les soldats allemands qui se sont appropriés ces petits souvenirs pour leurs familles, comme du reste le font aussi des soldats français en enlevant aux prisonniers de guerre allemands leur casquettes ou leurs casques. Je crois pourtant devoir vous prier de prendre note de cette rectification, vu qu'on a voulu accuser les soldats allemands de pillage systématique, même avec l'approbation de leurs chefs! Pour prouver qu'il s'agit ici d'un- v.ntable calomnie, je n'ai qu'à vous citer les paragraphes 7 et 161 du code pénal militaire allemand, d'après lesquels toute appropriation illégale d'une pièce de butin ou d'une pièce trouvée dans le territoire étranger occupé par les troupes allemandes est punie de prison et même dans certains cas de travaux forcés. Agréez, Monsieur, l'assurance de ma parfait# considération, ROMBEKG, ministre d'Allemagne. N'est-ce pas là un document extraordinaire?Les faits de vols, rapines, crimes, viols, sont établis de façon nette par de nombreux témoignages, et par les faits. Les communiqués officiels allemands ont excusé ces actes de pillage en affirmant que s'ils avaient été commis, c'est parce que des Belges civils avaient tiré sur les troupes envahissant le pays. C'était là " l'excuse" basée sur le mensonge, car il est établi que les AUemands ont fusillé en masse les habitants de communes où un coup de feu avait été tiré, on ne sait par qui—et parfois par les soldats allemands ivres. Et, aujourd'hui, après avoir essayé de tromper l'opinion internationale en émettant la fausse excuse en question, voici que la diplomatie allemande se met à nier nettement d'autres faits qui sont établis... Et les mensonges diplomatiques se succèdent ainsi depuis le début de la guerre—le premier de ces mensonges, le plus grave et le plus grossier, ayant été que la Belgique s'était entendue avec les autres puissances alliées contre l'Allemagne...Mensonges ! Mensonges ! Cela aura été la caractéristique de la diplomatie allemande durant cette guerre. L'ARRESTATION DU CARDINAL MERCIER. Une action abominable ajoutée à d'autres actions abominables—et à une série de crime... La faute du Cardinal Mercier? Avoir exprimé sa pensée, sans passer par la censure des envahisseurs ! Exprimer sa pensée librement ! Voilà ce que les Allemands ne peuvent pas admettre—car c'est là une liberté en contradiction avec tous les principes chers au militarisme. On l'a bien vu durant ces derniers mois—et les articles que nous publions aujourd'hui encore prouvent que les dirigeants du militarisme allemands ne connaissent, en fait de liberté d'opinions patriotiques, qu'une seule liberté : la " liberté du mensonge "—destinée à tromper les populations germaines médusées... Le cardinal Mercier avait donc librement exprimé sa pensée — et engagé les Belges restés en Belgique à rester fidèles à leur Roi, à leurs institutions, et à ne pas se préoccuper des ordres de l'envahisseur... C'était là de bons conseils patriotiques. Mais le cardinal Mercier avait conservé — de même que le pape Benoît XV, dont le télégramme au Kaiser le prouve—de grandes illusions: il a cru, avec candeur, que le gouvernement de Guillaume II, et Guillaume II lui-même, sont animés de sentiments respectables ; il a cru, et le pape Benoît XV également, que le gouverneur allemand, sn Belgique n'oserait jamais inquiéter un représentant direct de Sa Sainteté et que la liberté d'opinions existerait au moins pour celui-ci...Et puis, il a compté également, comme le disait le Pape dans son télégramme, sur les "sentiments chrétiens" du Kaiser... Hélas! cette illusion ne peut persister que pour autant qu'on puisse croire que les sentiments chrétiens sont de nature à s'allier avec ceux qui ont permis de commettre des crimes de toute espèce... Une fois de plus, à ce propos, on peut remarquer que l'esprit diplomatique qui a présidé aux échanges de vues entre le Pape et le Kaiser, à propos des prisonniers de guerre, ne fut pas très clairvoyant — et, héias ! on peut remarquer aussi qu'en matière diplomatique le fait n'est pas très rare— Bref, le cardinal Mercier s'est trompé lorsqu'il a cru qu'il pourrait, impunément, exprimer sa pensée dans la Belgique envahie... Son arrestation sera-t-elle maintenue? Nous ne le croyons pas. L'effet que cette action abominable va produire sur l'opinion dans les pays neutres va probablement apporter une modification aux dispositions du Kaiser à l'égard du prélat... Attendons! Mais, en attendant, qu'on nous permette de souligner le côté moral des graves questions que soulève l'arrestation du cardinal Mercier—un côté moral qui intéresse individuellement tous les Belges : c'est que la liberté de penser étant définitivement supprimée en Belgique, on ne peut décidément pas comprendre ceux qui, consciemment, affirment que la vie morale puisse encore exister sur le territoire occupé—et qui font un reproche à certains d'avoir quitté ce territoire, où ils ne pouvaient être qu'inutiles aux intérêts belges (sinon utiles aux intérêts allemands) et constituer une charge au point de vue matériel. DES PROPAGANDISTES... Partout, dans les pays neutres, la diplomatie allemande a envoyé des propagandistes pour défendre sa cause. On pourrait qualifier ces personnages de " propagandistes de l'erreur"—mais le qualificatif serait infiniment trop doux pour des gens qui, systématiquement, travestissent la vérité... Pendant que ces gens " travaillent " l'opinion internationale—et, notammem, font croire aux puissances neutres que tous les crimes commis en Belgique sont de pure imagination—que font nos compatriotes? Nous avons signalé que diverses personnalités politiques belges ont été porter la bonne parole dans cer- K- tains pays. Mais leur nombre a été très limité. Ne serait-il nécessaire de rendre cette propagande plus active? N'y aurait-il pas avantage à ce que le gouvernement fasse quelques sacrifices matériels pour activer la vie intellectuelle belge—notamment en Roumanie, en Ita. lie, aux Etats-Unis, en Suisse... La préoccupation politique devrait être écartée avec soin de cette question—autant dans le choix des personnalités que dans les questions à traiter devant les étrangers. Nous croyons qu'il y aurait une grande œuvre patriotique à accomplir en agissant vite—et en ne limitant pas trop le nombre des orateurs nécessaires. ■ S6eme année. No. 350.

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Cet article est une édition du titre L'indépendance belge appartenant à la catégorie Oorlogspers, parue à Londres du 1914 au 1918.

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