L'opinion wallonne: journal belge, indépendant

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s.n. 1918, 09 Mai. L'opinion wallonne: journal belge, indépendant. Accès à 23 fevrier 2020, à https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/fr/pid/6d5p845264/
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Nous ne reconnaîtrons qu'une Commission dans laquelle le Mouvement Wallon sera représenté. Le ]Vuméro : 1Q centimes * _ N° tij. -—3° Année — JEIJdTTmAj"^ L'OPINION WALLONNE Quotidien de la Belgique française Hebdomadaire nendant les hostilités ECONOMIQUE] - POLITIQUE - LITTERAIRE Raymond COLLEYE, Directeur -AJESOI<iS-T«irB:3VaCE:l»8"X'S : FRANGE : 6 mois 5 fr. — 1 an 8 fr. ETRANGER : — 7 fr. - 1 an 10 fr. Abonnement de propagande : — 20 fr. Bureaux : 9, Rue de Valois, » PARIS (1er) TÈLFPHONF ■ P.FNTRA! AR.7K L'Activisme Wallon L' « OPINION WALLONNE » CONTINU! RA A CONDAMNER TOUTE COMPRI MISSION DU MOUVEMENT WALLO AVEC L'ENNEMI. Nous reproduisons à titre documentaii l'appel des Wallons de Belgique occupé que nous venons de lire dans les journau Hollandais. Cependant, nous continuons à déplon que les Wallons de Belgique occupée aiei cru devoir constituer un mouvement de d jense wallonne sous l'occupation ail mande. Si les Wallons ont le droit absolu et devoir de çpntre-balancer, par leur ortj ■nisalion, les progrès du mouvement II mand, il n'en est pas moins vrai que la : lualion actuelle de la Wallonie n'est qi temporaire et qu& c'est au jour de ta pai dans la Belgique délivrée, que la Uicl des Wallons de Wallonie commencera. Ces Wallons auraient donc dû se km et attendre. COMITE DE DEFENSE DE LA WALLONi Au peuple de la Wallonie, Les soussignés, Wallons probes et 1 bres, pleinement conscients de leur d voir et de leuro responsabilités, Considérant : 1° Oue-les Wallons, dont les âncêtri ont pris une part prépondérante à formation' et à l'organisation de Belgique, ont toujours affirmé lei ferme volonté de maintenir cet Etat ; (CENSURE) Considérant, en outre : (CENSURE) 2" Qu'avant la guerre, la questic des langues et des races dominait vie politique intérieure de la Belgiqi et avait compromis la bonne enten entre ses deux peuples ; 3° Que, pendant l'occupation, d événements importants se sont pr duits en Flandre^ CENSURE 5° Que, par contre, l'entente loya et cordiale des deux races nationale sous le régime de leur égalité politiqu reste dans les vœux de la Wallonie de la Flandre, également convaincu que « L'Union fait la force ». Considérant enfin : 1° Que l'opinion mondiale réclau la question d races et des nationalités, et que 1 Flamands déjà ont compris la nécf sité de tenir compte, à leur profit, cette position de la question ; 2° Que du reste, la séparation adn nistrative actuelle crée une situation fait, dont les Wallons ont le droit et devoir d'évaluer la capitale impe tance ; 3. Que l'attitude prise pendant guenre par le peuple flamand mipo à la Wallonie une tache de défen contre la prédominance flamande ; 4° Qu'en outre, la Wallonie doit s'o poser à toute prétention éventuelle i l'un ou de l'autre belligérant à régi à son avantage les destinées de la 1J trie ; Proclament, en leur nom et au no de tous ceux qui voudront se joind à. eux : 1° Que la Wallonie, en gardant ot tinément le silence durant cette périO' troublée, risque de perdre la force m raie qui lui sera indispensable poi faire entendre sa volonté par la gran> voix de tout son peuple, à l'heure s prême où son avenir se décidera ; 2° Les Wallons doivent, dès à pi sent, se préparer à défendre les intéri de leur race et prendre toutes mesur utiles à la sauvegarde des caractéris ques de leur civilisation ; 3° Il y a lieu de créer, dans ço bi un cc Comité de défense de la Wal! nie », dont les soussignés sont les pi miers adhérents ; 4° Ce comité, comme premier ac rappelle solennellement à la Wallor tout entière l'article 9 des statuts 1 « Assemblée Wallonne », votés à 1 nanimité par cet organisme dans séance constitutive du 20 octobre 191S « L'assembléo déclare sa ferme »\ lonté de maintenir la nationalité belf Persuadée que l'unité belge, basée s la domination d'une race sur l'auti serait impossiblo à conserver et à c fendre, elle affirme que la Belgique peut poursuivie ses destinées que p l'union des deux peuples qui la conq: sent, union basée sur une indépe dance réciproque, et faite d'une e tente loyale et cordiale ». Vive la Wallonie libro dans la Bel; que indépendante ! Arille Carlier, avocat, membre l'assemblée wallonne pour l'arrondis; ment de Charleroi ; Oscar Colsc membre de l'assemblée wallonne po l'arrondissement de Liège ; Alb< Del vaux, chef de division aux m.n tères wallons, Namur ; Fr. Foule membre de lassemblée wallonne po l'arrondissement de Tournai-Ath Pi< re Fraikin, inspecteur de l'snseigi ment, Arlon ; Henri Henquinez, de teur de l'université de Liège ; Geor? Moulinas, avocat à la cour d'appel Bruxelles ; Paul Buscart .homme lettres ; Pierre Van Ongeval, an ci instituteur. Le l"r mars 1918. UNE COMMISSION FLAMANDE CENSURE I- ^ N Le gouvernement 2, de faire ui x concession au mouvemei iwf/7 flamand. Au moment o :/ les Allemands publient d« it / brochures pour essayer c s- faire croire atix neutri e- que la Flandre fut opprimée par notre m nistère (où domina toujours l'élément f; le vorable aux Flamands) ; au moment où ÎN z- Poullet, affirme à l'a l- imée que le programme flamand sera ré i- lisé jusqu'au bout, voici que M. de Br t® queville nomme une commission pour V r, tmle de la question flamande. CENSURE ■e On sait que certains Flamands dema daient depuis longtemps la création ( cette commission ollicielle. La voici con tituée sous la présidence de M. Léon Va der Essen, professeur d'Université. Dans un précédent article nous avons d toute notre méfiance à 1 égard d'un org; nisme où le mouvement flamand serait r présenté par des intellectuels flamand 'S auxquels leur situation officielle interdira ci de s'opposer à la politique traditionnel a du go H1 vernement. Aussi bien les Wallons — qui ne se foi cependant aucune illusion sur la porti des décisions d'une commission qui î peut entrer en contact avec la Flandre o cupée — les Wallons refuseront énergiqu ment de reconnaître au gouvernement droit de faire décider du sort des popul fions flamande et wallonne par cle fonctionnaires parmi lesquels le v ritabÊe mouvement flamand, comme le v ri table mouvement wallon — — ne seraient pas r présentés dans des proportions équitable 'n On nous dit que des Wallons font part de la commission créée par M. de Broqu 16 ville. te Ces "Wallons ont-ils déclaré qu'ils s'in pireraient dans Leurs discussions et daj 33 leurs décisions, du programme des Co r, grès wallons et de l'Assemblée wallonne S'ils n'ont point fait cette déclaration noi ne pouvons ici ïeur reconnaître des po voirs sérieux pour s'occuper du problèri belge au point de vue wallon. D'ailleurs l'es Flamands parlent comn nous, et, se souvenant de la promes qu'ils nous ont faite de ne considérer cor me fondées que les propositions d'une coi mission d'étude flamando-wallonne dai laquelle, notre mouvement serait repi i0 senté, ils viennent de nous communiqu leur sentiment sur l'initiative de M. ■ ' Broqueville. En leur nom, notre coMabor e' teur Pablo nous écrit : et (( On parle un peu partout d'une coi 3S mission pour l'étude de la question d langues, instituée par M. de Broquevill et présidée par M. Van der Essen, chef ( Cabinet du ministre de la reconstilutii BS nationale. es (S-leu-lele r- la CENSURE se o se — P-leer a- m re CENSURE e it Unis et forts, Flamands et Wallons sau ù ront, dès demain, obliger le ministère d( ;s Broqueville à reconnaître £<a puissance e e le -bien-fondé de nos mouvements nationa îs listes et fraternels. i- Vive la Wallonie et la Flandre libre.1 i- dans la Belgique indépendante ! î' LA FLANDRE MARTYRE ^ On signale de Suisse un grand nombre (le brochures éditées notamment par k maison Norz de Bruxelles et dont l'obje est la justification du mouvement activist< flamand. Cette propagande — dont l'origine aile 1. mande est évidente — se fait méthodique [e ment par l'envoi d'exemplaires aux uni s_ versités, aux bibliothèques des villes, air jq diverses écoles industrielles, de même qu'; un grand nombre de destinataires privés, it L'une de ces brochures mérite particu L_ lièreinent de retenir l'attention. Nous ei B_ avons déjà parlé ici même. Elle s'intitule s u__La Flandre martyre )> fpar Claudius Se il verus. Publiée d'abord en flamand à An le vers (1016) elle a été traduite et éditée ei français (1917) par Fabricius. Le but de l'auteur est de démontrer qu ^ les Flamands sont « le peuple le plus pi ie toyaible de'l'Europe occidentale », « un peu [e pie d'ilotes et de coolies [e plus balourd e c_ lo plcus asservi de l'Euro^e- qu i doit peut 0_ être céder le pas aux bourgades chinoise: le ou japonaises. » u L'auteur prétend que c'est là le résulta de l'esprit de partialité qui préside à h distribution de la manne gouvernemen taie, laquelle avantage systématiquemen les Wallons au détriment des Flamands. e_ On sait que ce fut un des arguments de !< St politique des Flamands avant la guerr iê que de se prétendre sacrifiés. Mauvaise fa e_ çon de servir une bonne" cause. Les Fia cires et les Flamands n'étaient pas désa s_ vantagés par e gouvernement. Le fait es 1S politiquement et mathématiquement at surde et il suffit de se souvenir des vœu ? raisonnables et animés d'un bel esprit d 1S patriotisme et d'égalité émis par les Wal L1_ Ions pour s'en rendre compte. ie Les Flamands ont une population supé rieurs aux Wa Ions, et par conséquent ie une représentation parlementaire et minis 36 térielle supérieure. q Nous autres,Wallons,avions de sérieuse q. raisons de nous plaindre et nous pour is rions publier nos revendications d'avant é_ guerre si le moment présent n'était pas ; 3r l'union que nous voulons, à tout prix, ol; le tenir et respecter. Nous conseillons vive a_ ment à nos frères flamands d'abandon ner désormais cette malheureuse tactiqu q. qui consiste à jouer aux « opprimés par le es fransquillons ». Avant la guerre, les Fia e mands étaient si sérieusement avantagé lu qu'ils rêvaient déjà d'hégémonie sur 1; )n Wallonie par le truchement du bilinguis me. Les Wallons se sont ressaisis. La légende d'une Flandre martyre s'es accréditée dans les journaux allemands oi i'oh est venu jusqu'à écrire que le gouvei • nement belge n'était composé que de fran cophiles désireux de jeter la Belgique dan les bras de la France ! Un avocat fla mand, membre du Conseil des Flandres Hector Planquaert, de Gand, desservai ainsi la cause du mouvement flamand e" écrivant dans les Dusseldorfer NacKficl ton, le lot mars 1918, que « VAllemagne n peut ni ne veut permettre que Von foui aux pieds 4 millions et demi de Germain et qu'on les abandonne à la pire des déne h on ali salions — la wallonisation ». Des propos tellement faux sont indigne du mouvement flamand dont les chefs n' giiiorent pas que les Wallons, respectueu des droits des peuples, veulent uniquemen préserver ka Wallonie du bilinguisme e sauvegarder les droits de la minorité wa lonne au point de vue économique. RAYMOND COLLEYE te LES ARTISTES WALLONS "e CÉSAR THOMSON u- ■è- Notre illustrie compatriote, le virtuose Cé-,fc sar Thomson, a commencé le cours de violon qu'il a été appelé à" donner au conserva-ps toire de Paris. ti- Le grand artiste qui avait passé, depuis août 1914, trois ans d'inaction relative dans sa villa de Lugano, est ravi de pouvoir de nou-' veau dépenser son activité, cependant que les u- jeunes Belges, amateurs de musique, qui sé-'e journent à Paris, se félicitent de l'aubaine qui les fait bénéficier de l'enseignement d'un tel professeur. ,e> C'est le moment d'évoquer — ne fût-ce que H: pour faire diversion, dans l'espace d'un nio-ie ment, aux misères de la guerre — quelques souvenirs relatifs au maître liégeois. Nous les Ll" tenons d'un de ses amis et collègues du Con-sa servatoire de Bruxelles, le bon violoniste ver-; ; viétois, Nicolas Laoureux, premier violon solo n' de l'orchestre de la Monnaie. A douze ans, en effet, celui-ci avait terminé 'e- ses classes au Conservatoire de Liège. Il en iir avait quinze quand une offre tentante lui fut ■e faite : Un certain baron Vanderbilt qui, dans son château de Lugano, avait pour son plaisir e" personnel, recruté un orchestre et des chœurs ne qui exéi utaient à son intention toutes les œu-ai" vies sympIroniques qu'il lui plaisait, d'entendre, proposa un engagement au petit Liégeois qui accepta sans se faire prier... n* Thomson tenait consciencieusement sa par-n- tie, en qualité de premier violon au dernier pupitre. Quelques mois avaient passé, quand, un beau jour, le violon solo tomba malade. r1" Consternation générale... Le chef d'orchestre, Haselmans, de qui le fils fut professeur de -1(3 harpe au Conservatoire de Paris, était fort " embarrassé. Les voisins de pupitre de Thorn-5fcî~ son, que souvent les préludes étincelants de leur camarade wallon avaient surpris, attirè-ur rent l'attention du chef. « Cet enfant ? Vous ,.,f n'y pensez pas ! commença Haselmans qui se 1 ravisa toutefois, en disant . « si on essayait l3" tout de même ?.. » et il interpella notre va n, leureux Liégeois : « Dites-moi, jeune homme, uj. pouvez-vows me jouer quelque chose ? » Et Thomson d« répondre avec simplicité : îr" « Le premier concerto de Paganini, si vous ie- voulez... » On le prit au mot, et il s'exécuta >c- avec un brio impeccable. Tout le monde fut ,p, émerveillé : l'obscur nouveau était de beau-coup supérieur au soliste qu'il fallait remplace cer, et auquel il succéda séance tenante, cle Notre virtuose avait dix-huit ans quand l'un i;-) des chefs d'orchestre les plus réputés d'Allemagne, Rilse, l'appela à Rerlin pour y tenir l'emploi de concertmeister. Le voyage pre-ait encore trois jours, en ce temps-là. Thom son s'embarqua et, curieux de voir le paysagt passé une bonne partie du trajet, le nez a' vent, devant la portière. Une "fallacieuse boui rasque emporta son chapeau Quand le trai entra en gare de Berlin, Rilse qui attenda: son concertmeisters, se refusa d'abord à 1 reconnaître dans l'adolescent liirsuite, décoi fé, noir de fumée et faliot.d'apparence, qui s présentait à lui. Plein d'appréhension, il le f jouer à la répétition du lendemain. Lorsqu' eut la révélation du talent du jeune hamni et de son prodigieux mécanisme, l'anxiété s changea en enthousiasme, en un enthouslaj me impatient à ce point que c'est le soir mi nie qu'on voulut faire entendre Thomson. Celui se récria : « Mes bagages ne sont pa arrivés je n'ai pas d'habit ! » — Q'importe lui fut-il répondu et, en empruntant d part et d'autre les vêtements nécessaires, o lui eut vite composé une approximative dt froque de cérémonie. Ainsi équipé, le jeun Liégeok^ parut devant le puiblici berllinois joua et... triompha. Ce fut. une réussite imm< diate, catégorique et formidable. * * Sept ans plus tard, nouvelle étape décisivt et. nouveau déplacement, qui allait être sui\ de beaucoup d'autres. César Thomson, âg de 25 a/ns est nommé professeur au Conseï vatoire de I-iége. Il revient chargé de lai riers dans sa ville, il y joue, il y est frénét quement acclamé. Chacun s'émerveille de c qu'à la pléiade des maîtres exécutants de Wa lonie, s'ajoute un aussi parfait virtuose. So habileté mécanique déconcerte tous ses émi les en technique viiolonistique. Les octave qu'il exécute avec la rapidité des notes sin pies laissent l'auditoire étourdi. Absolumer maître de son instrument, le Paganini lie geois en vient à trouver trop simple le méc* nisme du Paganini italien, dont il tradu l'œuvre avec un brio prestigieux, il le dépass il enricfliit de trouvailles) personnelles 1 technique instrumentale. Opulemment doué, nourri re l'érudition n< cessaire ,à 1 intelligence des grandes œuvre; Il devient un interprète des classiques, < se plaît à remettre en honneur la grand école italienne des Corelli et des Tartini, donne à l'exécution de ces maîtres une pur< té de son, un tact, une compréhension excei tionnels. C'est armé.de la sorte que, sollicit de se produire à l'étranger, il parcourtr a cours de vastes tournées, l'Europe et les deu Amériques, étonnant partout le monde mus cal et récoltant en tous lieux le succès le pin retentissant. Depuis une quinzaine d'années, Césa "Ihomson avait émigré à Bruxelles où il ava été prié de conduire la classe de violon a Conservatoire. Aussi bien, si notre célèbr compatriote possède une technique incom parable, ses dons de professeur ne sont pa moins intéressants et efficaces. 11 exerce u véritable magnétisme. i Ainsi, César Thomson contribue fortemer et brillamment à répandre au loin la renon niée de notre art national. Sa classe est un pépinière de virtuoses. Les meileurs sujet ues conservatoires locaux reçoivent une sul ventkm qui leur-permet d'aller se perfectior ner au Conservatoire de Bruxelles. Ce sor des élèves lorsqu'ils entrent dans la classe d Thomson ; quand ils en sortent, après deu ans, après un an parfois, ce sont des virtux ses qui vont à leur tour prouver dans les pa> . lointains, la valeur depuis longtemps consj crée de l'école liégeoise du violon. Cette école liégeoise, elle triompha part culièrement dans la ville natale de Thomsioi il y a quelque trente ans, le soir où furer » inaugurés les nouveaux locaux du Conserv. toire Les fervents de la musique se rappe lent encore avec émotion l'extraordinaire qui tuor qui réunit, ce'jour-là, sur l'estrade, Cése Thomson, Eugène Ysaye, Ovide Musin et Ma ; sick, quatre maîtres applaudis dans les deu , mondes, quatre Liégeois, quatre îllustratiior [ inoubliables. Thomson, depuis lotis, ae produisit rare ment à Liège. Il y revint toutefois au prii temps de 1914, pour apporter l'éclat de so talent, à la glorification filiale d'un autn maître liégeois de l'enseignement du violoi - Hubert Léonard, qui a laissé au Conservî ; toire de Paris le souvenir d'un parfait pr< i fesseur. La mémoire de Léonard fait fêtée Liège et dans son village natal de Bellair par les soins de la Fédération des'Amis c l'Art wallon, et ses œuvres furent interpr 1 té es on duo avec un ait magistral par Césr : Thoansori et par l'excellent virtuose hutoi Renard. Ce fut, quelques semaines ayant : - cataclysme, une sereine et charmante man i festation de piété artistique. La guerre surprit César Thomson dans : . calme de ses vacances, au bord de ce le Lugano où le maître aime à retrouver, q-uan il lui est permis de ise reposer, ses meilleure . impressions de jeunesse. Oïl imagine ais ' ment combien; cet artiste nerveux, exubérai trépidant, fécond en idées et en paroles, di s v'' i César THOMSON » — y souffrir de ne pouvoir se prodiguer auta. , qu'il l'eût voulu. Fumeur impénitent, cor 1 bien il dut massacrer de gros cigares poi 1 tromper son inactivité ! II y a quelques moi - apprenant qu'un de ses amis, virtuose r - puté, s'employait en jouant du violon, poi 5 tuer le temps, dans un music-hall, il eut ui réflexion amère : « Il est bien heureux, lui, s'occupe... » ; Le grand artiste oubliait qu'il a, depuis 1 début de la guerre, illustré de son talent < 1 nombreux concerts ioù, dans maintes vill - d'Italie, de France et de Suisse, il a, avec e concours d'orateurs éminents, contribué procurer aux œuvres de guerre des Alliés 1 ' plus fructueuses recettes. Mais, pour i Thomson, le vrai contentement c'est d'être i travail sans répit. Notre gouvernement, heureusement, vie s de rendre le maître liégeois à son activi professorale en l'invitant à continuer ; K classe dans les locaux que le Conservatoi i de Paiis met à sa disposition. C'est ui . grande joie pour le professeur et une chan 1 inespérée pour les jeunes musiciens belg - qui résident en France. La grande épreir n'empéc lie pas la terre de tourner. Quand sanglant orage aura fait place aux cons lants sourires du nouvel azur, nous seroi » ravis de constater que l'art national, co damné à une longue éclipse, n'a en réali point cessé de fleurir dans l'ombre, et qu i est prêt à nous donner, avec un éclat raviv - la diversion et le réconfort qui hfiteror i après les tourments de l'horrible cauchema i la convalescence du monde. Charles Delchevalerie. c >— l ILS Y VIENNENT !. s M. Poullet, a écrit un article, il y a quelques s q maines, dans lequel il s'occupe de la que i tion des langues en Belgique (Le Livre » :- Soldat belge, 1918). Notre ministre d e Sciences ei des Arts s'adresse à nos poih ^ en termes très prudents, mais très j'ai aussi, et il a dit fort bien, en somme, toi ce qu'il pouvait dire. Enfin, un niinisti belge - - le premier — a compris qu'il éta absurde de nier systématiquement question des races en Belgique. 11 nous e J agréable de penser que M. Poullet est Wc (. Ion ; son attitude, sympathique à nos r vendications et à celles des Flamands, fei - réfléchir, souhaitons-le, les derniers part - sans d'une- chimérique fusion des peupl p ceux-ci doivent, au contraire, garder toi ' leurs caractères particuliers et se dévelo; per parallèlement dans le cadre de la Be s gique nouvelle. [- Nous donnerons la semaine prochaine c t larges extraits de l'article extrêmement i téressant de M. Poullet ; ils indiquent ui - évolution considérable dans le sens *rl t idées que nous nous acharnons à défend e ici, depuis deux ans, et qui finiront-bie: 1 un jour, par triompher. Mais nous esp , ions que M. Poullet, prochainement, i i manquera pas dje-se déclarer partisan d ,t fédéralisme, sans quoi toutes ses déclar e tion s seraient vaines et manqueraient < 1 sincérité. CENSURE Cari O. Goebel. a ~ W Yl.l.OXS ! K L'OPINION WALLONNE, organe du mouv ment wallon et de l'entente franco-belge s Défend le soldat et l'exilé. Indique la solution de la question des la r* gues et des races. t Groupe les Wallons en France et à l'étra 1 ger. 2 Organise l'après-guerre. Défend les intérêts économiques et fina s ciers belges. L'ENTENTE FRANCO-BELGE l- s ï oc Fvnnmic n/ivfic/vnc iîo 1 )- —« m ■ l- Lt e A l'heure actuelle, tous les gouvernants x s'occupent de donner à l'industrie natio-nale une forme nouvelle et adaptée aux L_ conditions lutures de la vie sociale et économique.i. Personne encore n'est à même de pré-t, voir, en toute assurance, les fondements it de l'organisation sociale d'après-guerre. Cette organisation complexe, qui naîtra, l" d'une part, des conditions de paix, et, d'au: L" tre part, du mouvement d'idées qui ani-mera la société européenne, ne peut, dès x maintenant, être décrite dans un système s dont les données ne pourraient être que des hypothèses. Quoi qu'il en soit, dès maintenant, cer-taines mesures préparatoires doivent être envisagées, mesures qui formeront la tran-j sition enti\e le bouleversement actuel des choses, et l'ordre, premier facteur d'une ). résurrection possible. à Sans nous faire l'écho de théories géné-î. raies qui, hélas ! conviennent trop à notre re tempérament tourné vers les abstractions 3" et les séductions d'une politique teintée ;T de sensibilité, nous nous proposons d'aller g au plus pressé, c'est-à-dire à la satisfac-i- tion des besoins immédiats d'une classe ouvrière qui manquera de tout, et d'une e bourgeoisie, qui, de jour en jour, après c avoir été le soutien le plus sûr des nations modernes, et en avoir fait la grandeur, -,s tendra à disparaître par suite des multi- pies charges qui l'accableront, it Laissons aux historiens ce problème, trop large et trop touffu pour pouvoir être examiné dans le cadre étroit et précis que Îiious nous sommes imposé. L'harmonie entre les classes sociales existantes, la disparition de l'une des plus brillantes d'entre elles, les conséquences qui en découleront pour la société, lés modalités générales de i la vie économique d'après-guerre, ne se-i|| ront point notre premier souci. Dès au-1 jourd'hui, les architectes songent à rebâ-^ tir les v il les détruites. Ils les conçoivent | larges, aérées. Il appartient aux gouver | liants, architectes de la vie sociale et éco-I nomique future, de.se tracer un program-i me d'action et de réalisation immédiate, | largement ouvert à tous les courants 1 d'idées neuves. Toutes nos préoccupations doivent aller i aux territoires du Nord de la France et de ? la Belgique envahie, qui, par la nature du g sol, leur situation géographique et une g destinée historique commune forment un U tout indivisible. La richesse en minerai et Ien charbon du Nord d>e la France et des bassins de Charleroi, de Liège, et de la Canipine ; la similitude des industries, l'unité du système fluvial de ces contrées ; en un mot, tous les travaux conçus pour l'extraction, le transport et l'emploi de leurs richesses naturelles, nous amènent à croire que les efforts des Gouvernements fran-çais et belge devraient être unis, ne pas être dissociés dans une infinité d'organismes privés. laissés sans direction, et, en quelque sorte abandonnés à leur initiative personnelle. ir Quelles seront les mesures transitoires s, à adopter ? La protection des intérêts français enga-,e gés dans les charbonnages du Nord et dans il les charbonnages belges, doit être assumée par un même organisme. Ie 11 serait désirable que cet organisme cen-Je tialisateur naquît de la courtoisie prési-jp dant aux relations entre la France et la a Belgique. La mise en commun des moyens 3s de transport, devant assumer la distribu-n tion des objets de première nécessité, de m l'outillage, des matières premières, et, dans une certaine mesure, des crédits exis-tants, de l'organisation technique et de ;a la main-d'œuvre, créerait un rapproche-r€ ment basé sur des raisons d'intérêt, qui ie seront toujours les meilleures raisons de >e coordination politique. -s La France est, avant tout, un pays d'i-Je dées. La place qu'elle tient dans le monde |f lui vient de sa générosité, de sa grâce, de ls ses élégances, de son luxe. n. La Belgique, avec son port mondial d'An-té vers, son organisation usinière, sa capa-il cité de travail, a des qualités d'un autre é, ordre, niais qui, unies à celles de la France, peuvent être la base d'un système h économique du plus haut prix pour les deux pays associés. La centralisation des moyens de trans-— port entre les mains d'une commission franco-belge entraînerait, dès la. conclusion cle.la paix, la solution de tous les autres problèmes. Or, en considérant, d'aibord le problème, '* par son côté maritime, nous croyons pouvoir affirmer que si, du côté français, la constitution d'une flotte de commerce puis-R" santé fut la grande préoccupation, de tous s les hommes d'Etat qui se sont succédé au u pouvoir depuis 1914, il n'en a pas été ain-si, à ce jour, du côté belge. Quelques mou-vements sporadiques se sont dessinés, mais j ces mouvements étaient bien plus des mou-] vements d'hommes d'affaires, qui ne se /j rendaient pas à des raisons exclusivement , d'Etat, et qui servaient surtout des inté-^ rêts privés. Faute de prévoyance paralysé, il est vrai par des circons-~ tances difficiles, la Belgique dépendra, de-•' main, des armements alliés et neutres. Or, " ces armements, submergés par lés exigen-^ ces du pavillon qu'ils représentent, pour-^ ront très difficilement se montrer géné-l_ reux. e Sur quoi compter ou ne pas compter ? n- En passant en revue les différentes me-ie sures prises en Amérique, sous la pression îs de M. Hurley, président du S bip ping re Board, M. Franklin, président de la //?-ternational Mercantile Marine Corpora-ê- tion, et M. Farrèî, président de la Vntted ie States Steel Corporation, nous croyons sa-u voir que l'aide américaine, par la force des l~ choses, sera très mesurée à la Belgique. Ie- Là flotte -des Etats-Unis, construite sous le contrôle de l'Etat, ne pourra être vendue ,louée, affrétée à des armateurs améri-= cains qu'après une période allant jusqu'à cinq ans après la guerre, sous l'obligation e. de transporter 50 0/0 du commerce extérieur des Etats-Unis, avant de pouvoir satisfaire les besoins d'une autre nation al-n- liée, quelque sympathique que soit sa situation.n" En Angleterre, en Italie, au Japon, en Norvège, en Allemagne, sous la pression n gouvernementale, les mesures les plus énergiques sont mises en œuvre pour la MV C. MKItMllVV I constitution, dans les délais les plus rapides, d'une flotte marchande puissante. En adoptant la politique « laisser faire, laisser passer », la Belgique court le péril d être exckie du monopole maritime interallié, péril dont les conséquences rejailliraient directement sur nos pays du Nord, et, indirectement, sur les intérêts métallurgiques français de la région de Lille, Boubaix et Douai, dont la vitalité dépend de celle des industries métallui-giques du Centre. Ceci dit, une question aussi importante que celle du tonnage est celle du régime douanier.. Une frontière conventionnelle, qui, jusqu'ici, ne répondait qu'a des calculs diplomatiques ne pourra-t-elle, dans un avenir prochain, disperser un élan qui doit rester entier ? Ne sera-t-elle pas néfaste ? Anvers, machine d'expansion par excellence, lie saurait être coupé de son hin-terlanà industriel. Pour éviter ce désastre, il conviendrait que la préparation d'un régime douanier franco-belge fît l'objet d'échanges de vue entre les gouvernements intéressés et les Chambres de commerce, les ligues économiques et autres organismes connaissant les besoins réels des deux pays et pouvant, dans la solution du problème d'Anvers, apporter un esprit pratique et conciliateur. Les systèmes douaniers, élaborés par les théoriciens ministériels, ne seront jamais qu'un algèbre compliqué d'exposés écartant les responsabilités, tandis qu'une consultation loyale d'un comité franco-belge, composé d'industriels et commerçants notables, mettrait fin à cette ère de tâtonnements et d'expériences qui doit faire place à une ère d'activité et de réalisation. Cette consultation étoufferait aussi les velléités de quelques hommes d'affaires qui, par leur iïijlucn/ce personnelle, afin d'éluder tes dilJicultés de transport que personne n'a, de manière pertinente, eu la femie volonté de résoudre, jusqu'à présent, cherchent à s'ouwir, pour la restauration de leur outillage des débouchés (CENSURE) Nous tenons a signaler cette diplomatie d'aflaires, restée, jusqu'ici, secrète, étant aussi peu désintéressée qu'avouable. Les gouvernements ont pour premier de-voiir d être des professeurs d'énergie,acharnes à servir l'intérêt général. Nous croyons défendre la cause commune en signalant les dangers d'une -position d'Eittente dont la durée ne sert que des calculs privés. Nous n'ignorons point que s'il y a eu des fautes çonnnises, souvent réparées depuis (par exemple le cas des milliers de locomotives se rouillant dans les campagnes du Nord), la responsabilité en incomba souvent à un concours d'événements qu'il était difficile de prévoir. Parmi les voies diverses qui s'ouvraient de toutes parts, il fallait choisir. Toutes paraissaient périlleuses ; le mérite et la difficulté étaient de choisir la bonne. L'avenir seul pourra nous dire si l'on sut preniïre la bonne. Nous en serions plus convaincus si, de l'effort accompli, résultait déjà la coordination des valeurs, l'endiguement des oligarchies, la conception des droits du travail, la création d'une législation nouvelle qui fasse, entre les différentes classes sociales, égales par le sang, une union qui soit une union, pour que chacun, dans l'État épuisé, se sente un organe vivant sa vie, et vivant la vie sociale. Rebâtir, faire œuvre de résurrection, exige un équilibre, un jugement, une rapidité dans l'exécution qu'un petit nombre d'hommes qui assume la lourde responsabilité des destinées d'une nation, ne peut réaliser, surtout quand il est livré à lui-même et encore embarrassé d'anciennes formules politiques et administratives qui ont fait leur temps. La Belgique aurait eu avantage, depuis des mois et des mois à se manifester, sur le sol français, par un vaste groupement de compétences belges, exilées, travaillant en unité d'action avec le gouvernement. Gaston Pomba. Du journal : Le Monde Industriel. _l -L je_ l. x\— LE RÉVEIL RUSSE ll y a drs traces d'un réveil russe. Le songe bolcheviste, brutalement secoué à Brest-Litovsk, semble se dissiper. Trotsky, dit-on,reconnaît que,sur notre terre où il y a une Allemagne militarisée jusqu'aux moelles, la force armée n'est pas inutile à qui veut vivre dans l'honneur et dans la liberté. 11 préparerait une résistance et voilà qui, sans l'absoudre du crime effroyable d'avoir éparpillé les troupes encore imposantes de la République, lui vaudra les circonstances atténuantes. Les Ukrainiens eux-mêmes paraissent revenir de l'aberration ignominieuse qui les jeta dans les bras de l'Allemagne, à l'aurore même de leur liberté. Pourront-ils se dégager de i'étreinte à laquelle pour voit, le général von Eichhom, délégué de la tyrannie étrangère ? Ils sont mille fois coupables. Ils ont trahi la Révolution russe, trahi la malheureuse Roumanie qui voulait résister, trahi la démocratie universelle qui souriait à leur émancipation. On leur pardonnera cependant parce qu'ils étaient jeunes et que tout de même leur bêtise de croire en l'Allemagne libératrice fut, dans son ampleur, irrésistible ! Dans l'Ouest, nos soldats saignent le Boche. Il est naturel que dans l'Est, les peuples prosternés se relèvent. La guerre n'est qu'une balance de forces combati-ves : qtçund l'Allemagne ne pourra plus jeter dans le plateau oriental ses régiments, que nous décimons par ici, on verra les peuples de Russie se redresser. Tout le reste, déclarations, protestations, lamen talions, est littérature. Les Allemands n'ignorent pas ce côté réaliste de la grande question. Qui sait ? L'offensive de Flandre et de Picardie est peut-être arrêtée parce que des signes de révolte ont apparu dans le ciel slave. Immense Russie, terre de souffrance et de bonté, nous ne voulons pas désespérer de toi ! Tu connais enfin dans son impudeur le Boche brutal et concupiscent. Il n'est pas trop tard pour te reprendre à sa convoitise. En automne sonnera l'hallali de la bête féroce. Y aura-t-ïl une jeunesse russe parmi le^s grands chasseurs de la victoire y Borguères.

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Cet article est une édition du titre L'opinion wallonne: journal belge, indépendant appartenant à la catégorie Oorlogspers, parue à Paris du 1916 au 1919.

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