Journal de Gand: politique, industriel, commercial et littéraire

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28 september 1915
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s.n. 1915, 28 September. Journal de Gand: politique, industriel, commercial et littéraire. Geraadpleegd op 26 januari 2021, op https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/nl/pid/fq9q23v94f/
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Mardi 28 septembre IDIi'i Es centimes le numéro 39me année ■ N0 271 JOURNAL DE GAND ABONNEMENTS : BELGIQUE : H fr. par an ; 'S fr. pour six mois ; a fr. pour (rois mois Pour l'étranger, le port en sus RÉDACTION & ADMINISTRATION : CAND 3, RUE DE FLANDRE, 3 — CAND TPI PPHniMF «fi* ANNONCES : Voir le tarif au bas de la dernière page du journal. Avis officiels de l'autorité allemande ARRÊTÉ Toutes les publications qui d'après les lois belges devaient paraître dans le « Moniteur belge » ou dans un de ses suppléments, doivent se faire dorénavant dans le Bulletin officiel des arrêtés pour le rayon de l'étape de la 4"" armée. A. II. Q., le 17 septembre 1915. Der Oberbefelilshaber, tlerzog Albrechl von Wurttemberg LA tlUllfUlK Sur le front occidental ^uitrniiMiqués officiels allemands J Berlin, 26 septembre. Sur tout le front, je la mer jusqu'aux Vosges, le feu ennemi esi devenu de plus en plus fort. Il a atteint son maximum d'intensité à l'est d'Ypres, enlre le canal de la Bassée et Arras, ainsi que dans la Champagne depuis Brosnes jusqu'à l'Argonne. Après une préparation d'ar-lillerie qui a duré cinquante heures, les ai-laques attendues ont commencé. Entre les voies ferrées d'Ypres à Roulers ét d'Ypres à Comines, les Anglais ont marché de l'avant ce matin; leur attaque sur l'aile nord a été déjà repoussée, après un combat corps à corps devant et dans nos positons. Plus loin, ils ont attaqué, au nord-est et au sud-est d'Armentières et au nord du canal de La Bassée en se servant de gaz et de tombes asphyxiants. Le 23 septembre au soir, comme cela a été . connu depuis, les Français sont entrés dans nos tranchées détruites par le feu près de ! Souchez, mais ils en ont été aussitôt rejetés Hier ils ont de nouveau été repoussés à Souchez et des deux côtés de Neuville. En Champagne, près de Brosnes jusqu'à l'Argonne, des attaques françaises eurent lieu, la plupart d'entre elles ont été repoussées. Elles ont été tenues partiellement en échec par te feu de notre artillerie lourde et à quelques pas de nos premiers obstacles se sont partiellement écroulées sous le feu de notre infanterie et de nos mitrailleuses. . Les. masses, .ennemies refluant .en . arrière ont subi des pertes très élevées à raison du feu violent de notre artillerie et de nos mitrailleuses. Sur certains points du front des corps à corps sont encore engagés. Une faible attaque française sur Bezange-la-Grande, au nord de Lunéville, n'a pas eu de résultat. Berlin, 26 septembre. Les combats, comme suite à l'offensive franco-anglaise, préparée depuis des mois, se sont poursuivis sur la plus grande partie du front sans que les assaillants se soient rapprochés d'une manière notable de leur but. A la côte, des navires anglais ont tenté également de participer au combat par leur feu. dirigé surtout contre Zeebrugge; ils n'obtinrent aucun résultat. Les navires se sont retirés après qu'un navire eut été coulé et deux autres endommagés. Dans le secteur d'Ypres l'ennemi subit des pertes considérables; il n'obtint aucun avantage. Les Anglais laissèrent dans nos mains 2 officiers, 100 hommes ainsi que 6 mitrailleuses. Au sud-ouest de Lille, l'adversaire parvint à Loos à refouler une de nos divisions de la ligne de défense la plus avancée dans la deuxième ligne de défense. A cette occasion, nous avons, naturellement, subi des pertes considérables en matériel de toute espèce construit entre les positions. La contre-attaque en cours progresse avec succès.Nous avons évacué volontairement les ruines qui restaient du village de Souchez. De nombreuses autres attaques sur ce front furent nettement repoussées en beaucoup d'endroits avec des pertes des plus lourdes pour l'adversaire. A cette occasion se distingua suriout le 39-« régiment de la landwehr qui dut aussi tenir tête au choc principal au mois de mai au nord de Neuville. Nous avons fait ici plus de 1,200 prisonniers, y compris un commandant de brigade anglais et plusieurs officiers; 10 mitrailleuses furent conquises.Egalement, entre Reims et les Argonnes, au nord de Perihes, après un bombardement ininterrompu de presque 70 heures, une division allemande a dû évacuer sa position la plus avancée et occuper la deuxième position située de 2 à 3 kilom. en arrière. Au surplus, également ici toutes les tentatives de débordement échouèrent. Le combat fut particulièrement opiniâtre autour de Mourmelbn-le-Grand et tout près, à l'ouest des Argonnes. Ici l'assaillant subit aussi des pertes des plus sérieuses par nos braves troupes. De la landwehr de. l'Allemagne du Nord et de la Hesse combattirent avec distinction. Plus de 3,750 Français, y compris 39 cfficiers, furent faits prisonniers. Au combat aérien nos aviateurs eurent de bc.ns résultais. Un aviateur de combat a abattu un avion anglais à l'ouest de Cambrai. Au sud de Metz, le lieutenant Boelke, qui s'était élevé pour un vol d'essai, descendit _tn aéroplane du type Voisin. Le sous-officier Boehm, qui était monté pour chasser une escadrille française composée de trois aéroplanes qui voulut entreprendre une attaque contre Fribourg. abattit deux aéroplanes; le troisième échappa. Communiqués officiels français Paris, 25 septembre (après-midi). Une lutte d'artillerie s'est poursuivie au cours de la nuit. Dans la région d'Arras nos batteries ont sérieusement endommagé, sur plusieurs poins, les organisations ennemies. Bombardement intense et réciproque dans la région de Roye et dans celle de Quennevières. En Champagne l'ennemi a encore dirigé des tirs d'cbus suffocants sur nos positions au nord de Saint-Hilaire, de Souain, de Perthes et de Beauséjour. Notre artillerie a répondu par un bombardement énergique des tranchées, fortins et cantonnements ennemis. En Àr-gonne nous avons cancnné les lignes ennemies sur un grand nombre de points. Lutte à coups de bombes et de grenades à Vau-quois. En Lorraine, deux attaques ennemies ont été tentées l'une sur un poste d'écoute à l'ouest de Manhone,l'autre sur nos tranchées au nord de Bures ; toutes deux appuyées par une violente canonnade avec emploi d'obus lacrymogènes ont été repoussées par les feux de notre artillerie et infanterie. Quelques combats rapprochés à coucs de fusils et de pétards sur les hauteurs du Linge. Paris, 25 septembre (soir). — L'ennemi a bombardé aujourd'hui nos tranchées près du village et du château de Boesinghe. Nos batteries ont très éncgiquement riposté. En Arloic, même activité de l'artillerie de pa-t et d'autre. Le feu de nos pièces lourdes a déterminé l'ex-n'osion d'un dépôt de muniliors. près de Thélus. Quelques obus de gros calibre ont été lancés sur Arras. Enlre Somme et Oise, vers Canny-sur-Matz et Beuvraignes, nous avons çanonné les posi'ions ennemies et détruit en plusieurs points de la ligne des abris de mitrailleuses. Sur le front de l'Aisne et en Champagne très violent bombardement réciproque. Entre Meuse et Moselle, nos tirs ont atteint des rassemblements ennemis à Nonsart et à Pannes et démoli un blockhaus dans le secteur de Reme-nauville. Canonnade assez active en Lorraine où nous avons sérieusement endommagé les organisations ennemies sur le Ramabois et le Ve-zoux, ainsi que dans les Vosges, dans la région du Linge et du Braunkopf, mais ni des perles de vies, ni des dégâts de matériel. Sur le front oriental Communiqués officiels allemands Berlin, 2fi septembre. — Groupe d'armée du général feldmaréclial von Hindenburg. — Les attaques russes au sud-ouest de Lennewaden, ainsi que près de Wilejka et de Rabun, onl été repoussées. Nos attaques sur le front sud de Soly continuent. Les Russes opposent encore de la résistance à notre poussée sur la ligne générale Smorgon-W incline w — ouest de Saberesina — Djeljatitsclii (au confluent de la Beresina el du Niémen). Un aviateur russe a été descendu par un aviateur allemand près de Friedrichstadt. Groupe d'année du général feldmaréclial le prince Léopold de Bavière. .— Au nord de Koralisclii, les Russes se défendent avec acharnement. Nos troupes ont pris d'assaut la ville de Negniswitsclii, au nord-est de Nowogrodek, et onl repoussé plusieurs fortes contre-attaques de l'ennemi. A l'est et au nord de Baronowitschi, notre attaque sur la rive occidentale de laScliara progresse. Nous avons fait quelques centaines de prisonniers. A l'ouest de Medwjeditsclii et au sud de Lipsk, la Schara a élé atteinte. La situation des années du général feldmaréclial von Mackènsen, et sur le théâtre de la guerre sud-est, est inchangée. Berlin 2C septembre..:— Groupe d'armée du général feldmaréc'nal von Hindenburg. A l'est de Wilejka, des attaques russes ont de nouveau été repoussées. A l'ouest de Wilejka on se bat. Sur le front enlre Smorgon et Wischnow, nous avons pénétré sur plusieurs. points dans les positions ennemies. Le combat continue encore. Au nord-e*t de Saberesina, notre attaque refoula les Russes au delà de la Beserina. Plus loin, au sud, à Djeljalidschi el Ljublscha, le Njemen est atteint. 900 prisonniers ont été faits et 2 mitrailleuses capturées. Groupe d'armée du général feldmaréclial prince Léopold de Bavière. L'adversaire est repoussé plus loin encore ; 550 prisonniers ont été amenés. Groupe d'armée du général feldmaréclial von Mackensen. La situation est inchangée. Sur le théâtre de la guerre de sud-est, chez les troupes allemandes rien d'important ne s'est passé. Communiqués officiels autrichiens W. T. B. Vienne, 24 septembre. Au nord-est il n'y a eu guère de changement, hier. Tandis qu'il faisait calme en Galicie Orientale, il y eut de violents combats dans les environs de Nowo-Aleksiniec el à l'Ikwa inférieur. Dans le premier de ces secteurs, soutenus par une forte action d'artillerie, les Russes atiaquèrent nos lignes sur une profondeur de onze rangs. Ils furent refoulés partout avec grosses pertes, tandis que nos iroupes passant à la contre-attaque, leur enlevaient encore une position élevée. Une batterie russe fut détruite par le feu de notre artilleriè .Près de Rydomi, sur un champ de baiaiîle relativement peu étendu nous capturâmes 11 officiers et 300 soldats. Dans la région au nord-ouest de Kolki, au Styr, notre cavalerie a refoulé l'ennemi de quelques localités. Les forces austro-hongroises en combat en Liihuanie ont encore gagné "du terrain en poursuivant l'ennemi. Vienne, 25 septembre. — La situation au nord-est est inchangée. En Galicie orientale, rien d'important ne s'est produit. Les ennemis ont de nouveau prononcé contre notre front de Volhynie une série d'attaques très violentes qui arrivèrent sur quelques points jusque dans nos tranchées, mais qui furent repoussées partout avec des perles sanglantes. Les Russes subirent de fortes pertes. Le nombre de prisonniers amenés hier à la ligne de l'Ikwa a atteint 20 officiers et 4000 hommes. La cavalerie austro-autrichienne opérant dans le territoire boisé el marécageux au Styr inférieur, a encore arraché à l'ennemi quelques localités tenacement défendues. En Lillnianie, nos troupes ont poussé jusque dans la région de Kraszyn. Communiqué officiel russe W. T. B. Si-Péterbourg, 25 septembre. Un aviateur allemand a jeté des bombes sur Schlok. Pris sous notre feu, il atterit précipitamment derrière les tranchées allemandes. Au cours d'un combat près du village Sniling, le long du cours d'eau Eckau, dans les environs de la gare de Groszeckau, les Allemands ont reculé. Un combat acharné s'est déroulé près du village Kanlen, dans la région de la gare de Neugat. Le village passa de l'une main à l'autre. Dans le secteur de Diinabourg, situation inchangée. Au cours d'un engagement à la baïonnette, près de la ferme Steinsec, à l'ouest du lac Sventen, nous avons fait une centaine de prisonniers et capturé une mitrailleuse.Dans la région de Smelina, il y a eu également un corps à corps violent près de No-wc-Alexandrowsk.Une élévation changea six fois de possesseur. Dans la région de Smorgon, sur le front au sud-est de Wilna à l'est de Lida, il y eut partout des batailles souvent acharnées. Sur la rive droite de Molezodz, un affluent de gauche du Niémen, il v eut des actions importantes aux passages au-dessus de son cours supérieur et à proximité du canal Oginski : elles aboutirent fréquemment à des engagements à la bayonnette. Dans la région au N.-O. de Dubn.o, nos troupes se sont emparées malgré les efforts de l'ennemi en vue d'arrêter notre offensive par ses contre-attaques, du village Woznica, sur la rive gauche de l'Ikwa. Dans la région du village Dvoretz, au sud-ouest de la ville Kremeniec, nos troupes ent pris une hauteur. Au nord de Zaleczezyki nous avons délogé l'ennemi des villages Wotwolince et Hinkowce. Notre cavalerie continua l'action et pénétra dans le village Prusy.au sud-ouest de Tlusze. Sur le front italo-autrichien Communiqués officiels autricL:;:-- W. T. B. Vienne, 24 septembre. Au front occidenial du Tyrol nos canons de campagne ont délogé des alpins ennemis du pic Albiolo, au nord du Col Tonale. Sur le haut plateau de Vielgereuth, nous avons repoussé une attaque de quelques compagnies italiennes sur le Durer (nord-ouest du Con-sfon). Environ un millier d'Italiens s'étant mis en route contre nos positions sur le versant est du Monte Piano, furent contraints à rebrousser chemin par notre artillerie. A la frontière de Carinthie, une tentative d'attaque ennemie sur la crête Cellon (à l'est du Col Plccken), a échoué. Au front du littoral il n'y eut hier que des duels d'artillerie. La siiuaticn générale est inchangée. Vienne, 25 septembre, — Au front de l'ouest du Tyol, notre artillerie a également ouvert son feu maintenant dans la région d'Ortie. Un détachement ennemi, qui s'était avancé dans la vallée Cedeli, a pris la fuite jusqu'à San Calarnai; un «autre a été chassé de sa position à l'ouest de la cime de KOnig; à l'est de la vallée supérieure de Daone, nos troupes ont débarrassé la Cima La-tola de l'adversaire; au front des Dolomines, une attaque contre notre position au Col de Bosi a échoué; les Alpins qui avaient entrepris volontairement cette opération, subirent de fortes pertes. Dans le territoire de frontière de la Carinthie. et de la côte, rien d'important ne s'est passé. A l'ouest de Ronchi, un ballon captif italien a explosé. Communiqué officiel italien W. T. B. Roms, 25 septembre. Sur le haut plateau au N.-O. d'Arsiero, nos troupes se sont emparées de la forte position sur le A'ionle Coston. Par une manœuvre enveloppante bien exécutée, nous avions déjà réussi à encercler presque toute la position. Les 17. 18 et 22 septembre, des colonnes ennemies tentèrent par de violentes attaques de contenir noire poussée ■ mais ces attaques ■ se brisèrent contre l'opiniâtre attitude de nos iroupes. Hier, la position est tombée en nos mains. La garnison tenta de se soustraire à notre étreinte par petits groupes et par divers chemins. Au Karst, le soir du 23, l'ennemi a entrepris une attaque contre le bois Ferro di Ca-vallo, récemment conquis par nos troupes. Après un violent combat, il dut renoncer à "a tentative. Un avion ennemi a jeté trois bombes sur Tonnezzo, sans qu'il y ait eu perte de vies humaines ou dégâts matériels. En Allemagne L'emprunt de g-ueire W. T. B. Berlin, 24 septembre. Officiel : D'après les résultats connus jusqu'à présent, le troisième emprunt de guerre a atteint le chiffre de 12 millards 30 millions de mark. Quelques petits résultats partiels manquent encore. En Bulgarie La mobilisation L'ambassade bulgare à Londres fait savoir que la mobilisation en Bulgarie signifie que le pays veut conserver la neutralité, mais uqe neutralité armée. En Grèce Mobilisation Frontière Hollandaise, 24 septembre. L'ambassadeur de la Grèce à Londres vient de recevoir information que la Grèce mo-bil se ; vingt classes sont rappelées. Une entente économique franco-italienne Une conférence groupant des économistes et des politiciens s'est réunie la semaine dernière à la Villa d'Esté, à Côme, dans le but d'examiner sur quels points il serait possible de créer entre fa France et l'Italie une convention économique. La France était représentée à cette conférence par MM. Barlhou, Pichon, Hanotaux. Trouillot et Levy. Les délégués italiens étaient, outre divers présidents de Chambres de Commerce, MM. Luzatti Ferraris, Rato-ni, Rubini, et l'agronome bien connu Rai-neri.Le programme de la conférence, présenté par M. Luzatti, est destiné à servir de contre-poids à celui de la conférence austro-allemande qui travaille à Berlin en faveur d'une entente économique générale entre l'Allemagne et l'Autriche-Hongrie. Il fut décidé d'élaborer un projet de création d'un Comité central des banques d'émission des puissances de l'Entente, afin de stabiliser le cours du change. Feuilleton du ]i>urnal de Garni 104 Le Comte DE MONTE-CRISTO PAR ALEXANDRE DUMAS Sur l'escalier on rencontra une belle jeune fille de seize à dix-sept ans, qui regarda l'étranger avec inquiétude. ' Coclès ne remarqua point cette expression de visage, qui cependant parut n'avoir point échappé à l'étranger. M. Morrel est à son cabinet, n'est-ce pas. mademoiselle Julie? demanda le caissier.Oui, du moins je le crois, dit la jeune fille en hésitant ; voyez d'abord, Coclès, et si mon père y est, annoncez Monsieur. M'annoncer serait inutile, Mademoiselle, répondit l'Anglais, M. Morrel ne connaît pas mon nom. Ce brave homme n'a qu'à,dire seulement que je suis le premier commis de MM. Thomson et French de Rome, avec lesquels la maison de monsieur votre père est en relations. La jeune fille pâlit et continua de descendre, tandis que Coclès et l'étranger continuaient de monter. Elle entra dans le bureau où se tenait Emmanuel, et Coclès, à l'aide d'une clef dont il était possesseur, et qui annonçait ses grandes entrées près du maître, ouvrit une porte placée dans l'angle du palier du deuxième étage, introduisit l'étranger dans une antichambre, ouvrit une seconde porte qu'il referma derrière lui, et après avoir laissé seul un instant l'envoyé de la maison Thomson et French, reparut en lui faisant signe qu'il pouvait entrer. L'Anglais entra ; il trouva M. Morrel assis devant une table, pâlissant devant les colonnes effrayantes du registre où était inscrit son passif. En voyant l'étranger, M. Morrel ferma le registre, se leva et avança un siège; puis, lorsqu'il eût vu l'étranger s'asseoir, il s'assit lui-même*- • , >n, Quatorze années avaient bien changé le digne négociant, qui, âgé de trente-six ans au commencement de cette histoire, était sur le point d'atteindre la cinquantaine : ses cheveux avaient blanchi .son front s'était creusé sous des rides soucieuses, enfin son regard, autrefois si ferme et si arrêté,était devenu vague et irrésolu, et semblait toujours craindre d'être forcé de s'arrêter ou sur une idée ou sur un homme. L'Anglais le regarda avec un sentiment de curiosité évidemment mêlé d'intérêt. Monsieur, dit Morrel, dont cet exarnén semblait redoubler le malaise, vous avez désiré me parler? Oui, Monsieur. Vous savez de quelle part je viens, n'est-ce pas? De la part de la maison Thomson et French, à ce que m'a dit mon caissier du moins. Il vous a dit la vérité, Monsieur. La maison Thomson et French avait dans le courant de ce mois et du mois prochain trois ou quatre cent mille francs à payer en France, et connaissant votre rigoureuse exactitude, elle a réuni tout le papier qu'elle a pu trouver portant cette signature, et m'a chargé, au fur et à mesure que ces papiers écherraient, d'en toucher les fonds chez vous et de faire emploi de ces fonds. Morrel poussa un profond soupir', et passa la main sur son front couvert de sueur. Ainsi,Monsieur, demanda Morrel, vous avez des traites signées par moi? < Oui, Monsieur, pour une somme assez considérable. i Pour quelle somme? demanda Morrc d'une voix qu'il tâchait de rendre assurée Mais voici d'abord, dit l'Anglais en ti rant une liasse de sa poche, un transport d deux cent mille francs fait à notre maiso: par M. de Boville, l'inspecteur des prisons Reconnaissez-vous devoir cette somme à M de Boville? Oui, Monsieur, c'est un placement qu' a fait chez moi, à quatre et demi du cenl voici bientôt cinq ans. Et que vous devez rembourser... Moitié le 15 de ce mois-ci, moitié le 1 du mois prochain. C'est cela; puis voici trente-deux mill cinq cents francs, fin courant: ce sont de traites signées de vous et passéee à notre or dre par des tiers-porteurs. Je les reconnais, dit Morrel, à qui 1 rouge de la honte montait à la figure en son géant que pour la première fois de sa vie i ne pourrait peut-être pas faire honneur à s signature ; est-ce tout? Non, Monsieur, j'ai encore pour la fi du mois prochain ces valeurs-ci, que nou ont passées la maison Pascal et la maiso: Wild et Turner de Marseille, cinquante-cin mille francs à peu près: en tout deux cer quatre-vingt-sept mille cinq cents francs. Ce que souffrait le m.ilhe.ireux Morrc 1 pendant cette énumération est impossible à décrire. Deux centre quatre-vingt-sept mille e cinq cents francs! répéta-t-il machinalement, i Oui, Monsieur, répondit l'Anglais. Or, contnua-t-il après un moment de silen-• ce, je ne vous cacherai pas monsieur Morrel, que, tout en faisant la part de votre pro-1 bité sans-reproches jusqu'à présent, le bruit public de Marseille est que vous n'êtes pas en état de faire face à vos affaires. A cette ouverture presque brutale, Morrel 3 pâlit affreusement. Monsieur, dit-il, jusqu'à présent, et il e y a plus de vingt-quatre ans que j'ai reçu la s maison des mains de mon père qui lui-même - l'avait gérée trente-cinq ans, jusqu'à présent pas un billet signé Morrel et fils n'a été pré-e senté à la caisse sans être payé. Oui, je sais cela, répondit l'Anglais; I mais d'homme d'honneur à homme d'hon-i neur, parlez franchement, Monsieur paye-rez-vous ceux-ci avec la même exactitude? i Morfèl tressaillit e tregarda celui qui lui s parlait ainsi avec plus d'assurance qu'il ne i l'avait encore fait. 1 t ( A siiïvrp)'! I . I

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Dit item is een uitgave in de reeks Journal de Gand: politique, industriel, commercial et littéraire behorende tot de categorie Liberale pers. Uitgegeven in Gand van 1856 tot 1923.

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