L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam

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16 november 1914
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s.n. 1914, 16 November. L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam. Geraadpleegd op 13 augustus 2020, op https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/nl/pid/1r6n010n63/
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|èr© Année N°. 24. ÎO Centimes Lundi 16 Novembre 1914 L'ECHO BELGE L'Union fait la Force. Journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam. Belge est notre nom de Famille. Toutes les lettres doivent être adressées au bureau de rédaction: N.Z. VOORBURGWAL 234-240. Téléphone: 2797. > *~ — ■ Rédacteur en Chef: Gustave Jaspaers. f Charles Bernard, Charles Herbiei, Comité de Rédaction : ■: Gustave Peellaert, René Chambry, ; Emile Painparé. Pour les annonces, abonnements et vente au numéro, s'adresser à l'Administration du Journal: IV.Z. VOORBURGWAL, 234-240. Téléphone ; 1775, I La fête duy Roi Albert Voici le texte du télégramme que nous avons reçu de- M. Ingenbleck, secrétaire particulier du Roi, en réponse au télégramme que nous avons envoyé à S. M. à l'occasion de Sa fête : Grand quartier général Beige A la rédaction de l'Echo belge Amsterdam. Le Roi a été très sensible à vos bons voeux et vous en remercie bien vivement. (S) INGENBLECK, secrétaire du Roi. Le franc parler des neutre La Hollande est fière de son gouverne-mont, et» elle a tout, lieu de l'être. Car le gouvernement de la Reine s'acquitte de sa lourde tâche avec une fermeté et en même temps avec une pondération qui lui ont acquis l'estime de ses compatriotes comme do l'étranger. Et le bon exemple donné en haut lieu a été suivi par la nation entière. La mobilisation s'est effectuée san6 accroc et endéans le délai prévu, et la conflagration européenne qui a bouleversé complètement l'existence économique de toutes les classes de la société a trouvé le peuple néerlandais prêt à tous les sacrifices: l'attitude du pays tout comme celle de son gouvernement a été aussi ferme que calme et digne. La presse, elle, ne s'est pas départie de son. rôle d'informatrice sincère et impartiale ; heureux avant tout d'être au moins provisoirement à l'abri des coups, nous comptons fidèlement ceux que les autres se distribuent sans compter, et nous les enregistrons sans prévention pour ou contre l'un ou 1 autre des lutteurs formidables.Nous observons en un mot la plus stricte neutralité, et nous nous évertuons même à dissimuler autant que possible nos sympathies et nos préférences. Tout cela c'est trèsbien et on peut dire que généralement parlant nous débordons de sagesse. Seulement je me demande si notre sagesse et notre désir louable en soi-même de rester neutres, même dans l'appréciation des faits du jour universellement reconnus et constants, ne va pas un peu trop loin, si nous ne péchons pas par excès de retenue. S'abstenir de récriminations violentes contre les acte3 de l'un ou de l'autre des belligérants c'est bien, mais, devons-nous pour cela renoncer à la liberté de dire ce que nous pensons de ce qui arrive et do réprouver franchement ce qui nous apparaît comme contraire aux idées de moralité et de justice? Je ne le pense pas, et je crois au contraire, qu'il y a là pour la presse des pays neutres une tâche à laquelle elle ne doit pas se dérober par la crainte pusillanime d'indisposer un ou même plusieurs des combattants. Tout en observant la mesure et la correction nécessaires dans notre langage, je prétends que nous avons non seulement le droit, mais le devoir de parler, d'apprécier et do critiquer au besoin tel ou tel acte qui nous paraît repréhensible ou blâmable, parce que nous sommes en droit d attendre que notre critique ou notre blâme ne passera pas inaperçu, aussi longtemps que notre appréciation repose strictement sur des faits, et que notre critique est conçue en termes sages et modérés. Les journaux nous ont appris un de ces jours, que le gouvernement allemand de Bruxelles a non seulement puni trbe sévèrement deux agents de police qui 6'étaient livrés à des voies de fait sur des Allemands (en quoi le dit gouvernement n'avait fait qu'user du droit incontestable de répression d'un acte dangereux pour sa sécurité et hautement blâmable chez des représentants de l'ordre qu' étaient les agents de police en question), mais qu'encore en raison de ce délit commis par deux Bruxellois il a infligé à la ville de Bruxelles, c.a.d. à ses habitants qui n'en pouvaient mais, l'amende formidable do 5 millions de • francs. Eh bien, je crois que les neutres ont parfaitement le droit, vx^ire même le devoir, de dire hautement que cette mesure est contraire à tous les principes de droit et d'équité, que les notions les plus élémentaires du droit pénal de tous les Etats qui : s* réclament de la culture occidentale de- i tvront taxer de monstrueuse cette imputation de la responsabilité. Et ce sont les ! représentante officiels d'un peuple qui jusqu'ici se trouvait à la tête de la culture de droit pénal qui se rendent coupables de 115 cette monstruosité ! Et il ne se trouve per-sonne parmi ces Allemands, piocheurs de la ja. doctrine du droit civil et pénal, dont la conscience s'insurge devant cette iniquité hideuse? Non, car la mentalité de ce grand peuple est faussée à ce point, que, comme 11 * l'a fait remarquer encore dernièrement le *8 • ,,Weekblad van het Réélit", une des gloi-res du droit pénal allemand, le professeur von Liszt a trouvé le triste courage de dé->i, fendre en septembre les exigences do l'ultimatum autrichien à la Serbie, alors qu'au — mois d'août il avait taxé ce même ultimatum d'apacryphe parce que contraire à tous . les principes élémentaires de la souveraineté jg des états libres. Et la question des contributions de guerre e garanties par des otages! Les professeurs du droit des gens nous sg apprennent que l'imposition de contribu-rie tions de guerre par l'armée sur territoire n£ ennemi est admise en remplacement des ae' usages barbares d'an tan qui consacraient en le droit de pillage par l'ennemi afin de 311 pourvoir à, ses besoins de ravitaillement. £e Mais personne jusqu'ici n'avait admis ^ l'éncrmité que le vainqueur fût autorisé à e' s'emparer de non-combattants pour les ue fusiller en cas de non-payement de- la con-tribution imposée. Et le plus inadmissible de tout c'est le je cumul que se sont permis les Allemands ie dea contributions de guerre et des réqûisi-gx tiona en nature de denrées. n_ J'estime que la presse neutre est indiquée pour signaler ces abus, pour mettre les choses au point, pour laisser entendre le x langage de la justice et de la vérité. La presse américaine a donné le bon exemple, r suivons-la dans cette voie. Nous devrons parler sans haine, mais aussi sans crainte, en gens qui se sentent forts de dire la j 0 vérité à tout le monde. En agissant de la e sorte nous ferons notre devoir, et peut-être i- notre voix scra-t-elle entendue aussi par ceux qui dans l'ivresse de la victoire ont perdu ■e la notion du droit, et qui se souviendront is que le jour viendra où leurs actes seront si jugés par le Tribunal implacable qui juge i- les rois et les peuples: l'Histoire. ï- Un de leurs généreux poètes l'a dit: ! Lt ,,Grosz ist die Zeit und gowaltig, dooh p -weho, wenn unsere ïïerren I e ,,Reii nicht sind. wic sollen im riesigen ' Kampf wir bîstohen?" | œ (Ha-nerling — Der Konig von Sion). j 's Allemands, est-oe que vos oœurs sont ; is purs ? e VAILLANT. l" avocat à Amsterdam. 4- Propos de Guerre. ij ,,£/mae7i , enjm, a termine sa car-t rière aventureuse. Au fond, les performan- j 0 ces extraordinaires de ce croiseur audacieux - et y sportif' ne manquaient pas d'allure et i 1 tranchaient heureusement sur le système ' , d'attaque sournoise, que les Allemands 3 semblent particulièrement affectionner. r Les diplomates auront beau se rejeter i mutuellement la balle, VAllemagne accuser , VAngleterre des plus ténébreux sseins, et » vice-versa, il est une chose indéniable, qui éclate auto yeux de tous et qui seule, peut-: être, constitue dans le brouillaminis inextricable de l'heure, une vérité nettement > établie, éblouissante: les Allemands font là guerre sous le masque, au moyen, d'expédients, sans doute subtils, mais ténébreux ; les alliés, au contraire, la font à visière découverte, en toute loyauté. Avez-vous entendu dire qu'un dirigeable 1 ou avion français, anglais, russe, soit allé, de nuit, semer la mort et l'effroi sur \ une ville endormie, tuant d'innocentes vie- ■ tivies et faisant crouler des hôpitaux; a-t-on trouvé des fondations bétonnées sur le ter- * ritoire allemand; nos espions y pullulent-Us en nombre incroyable? Non, n'est-ce pas... i Des régiments français — ou anglais i ou russes — se sont-ils jamais affublés de défroques ennemies pour porter la confusion dans les rangs de l'adversaire? Dans cette 1 £ guerre, en vérité, les Allemands auront T tout déguisé: leurs intentions, leurs soldats e et jusqu'à leurs navires de guerre, car I cet ,,Emden" valeureux n'avait-il pas 1 réussi à ajouter une cheminée à son grée- ^ ment, pour mieux échapper aux ennemis { lancés à fa poursuite .G. P* \ En Belgique. A Ara ver s. Lorsqu'au début de l'occupation d'Anvers les b'olaats allemands essayèrent en vain d< construire un pont sur l'Escaut, une équipi nos dockers fut chargée du transport des ma driers. Ils travaillèrent en conscience depuis rt heures du matin, mais à 9 lieures et demie-heure où d'habitude ils prennent quinze minu tes de repos, ils laissèrent là leur ix»>agne, ex-primant leur intention d'aller ,,sehoven". Cek ne fut pas du goût de la sentinelle qui surveil lait leur travail et qui appela à la rescousse ui sergent plein, de morgue. Mennaces d'arresta tiou, menaces de mort, rien n'entama la doue* obstination des dockers qui maintinrent leui droit au repos, habituel. De guerre lasse, le sergent-, rageur, quitta la place, sous l'oeil nar-quois des dockers, paisiblement occupés à s« réconforter. * * * Rencontré un gros négoicant d'Anvers qu: ne dérageait pas. On lui a pris 350 sacs de café et en échange on lui a donné un bon que malgré des démarches répétées à la Kom-mandantur il n'est pas parvenu à se faire payer, * * * Un de nos amis hollandais a eu. un entretien avec un grand personnage civil allemand délégué par son gouvernement à Anvers. Au cours de ces entretien qui roula sur la guerre et les possibilités de la terminer bientôt le haut personnage dit ceci qui est significatif : Mais, trouvez-moi donc une formule i de paix ! Ouest-ce que cela vouelrait dire? • • • Les ..propagateurs" de la Kultur allemande ne sont, pas — nous en savons quelque chose en Belgique — de purs esprits. Voici donc un petit détail des réquisitions qu'ils ont faites, une fois pour toutes, en signant l'accord de • reddition de la ville d'Anvers, qui se trouve ainsi simplement saignée à blanc. La ville d'Anvers doit soigner, on le sait pour le logement et la nourriture des officiers et soldats qui l'occupent. Les chiffres fixés, au rébut furent de 17,000 hommes et 120 officiers. Les hommes ont notablement diminué depuis, mais il se trouve qu© le nombre des officiers a augmenté et atteint à présent un millier environ.... Anvers loge les soldats dans les casernes. Les officiers sont logés dans les premiers hôtels de la ville — et no se refusent rien. Leurs soldats non plus d'ailleurs, ainsi qu'on en va juger par ces quelques chiffres. Anvers eloit fournir, chaque jour et par tête.... d'Allemand: 750 grammes de pain, soit 12.750 KG. ; 500 gr. de viande fraîche ou salée, soit 8.500 KG. ; 2C0 gr. de lard du viande fuméo, soit 3.400 KG. ; 200 gr. d© conserve de viande, soit 3.400 KG. ; 125 gr. d'orge, avoine ou riz, soit 2.Î25 KG. ; petits pois, fèves, farine 520 gr.. soit 4.250 KG. ; 150 gr. de légtfmes conservés, soit 2.5-50 KG. ; 1500 gr. de pommes de terre, soit 25.150 KG. : du sel, 25 gr. par homme; 25 gr. de café + 25 gr. de café torréfié et 30 gr. de café non torréfié (ce dernier pour expédier en Allemagne, vra^emblabe-ment) ; 17 gr. de sucre, soit 400 KG. et du thé à raison de 3 gr. par homme. C'est coquet, on le voit. Mais les articles do cantncs sont plus soignés encore. C'est ainsi que les ' Allemands ont fixé le chiffre des bouteilles de vin (blanc ou rougo) que l'on doit leur fournir chaque jour, à 8.500! (huit mille cinq oents). En outre, les troupes d'occupation doivent recevoir dhaque jour : 85,000 cigares ; 255,000 cigarettes; 1700 KG. de tabac; 2125 KG. de fromage, ceci sans préjudice du beurre, saindoux et cacao qui doit être livré, ainsi que le fourrage (pour les chevaux celui-là ) calculé pour 3.500 bètes. Il faut: 21,000 KG. d'avoine; 8,700 KG. de foin: 6125 KG. de paille et 10,500 KG. do paille hachée. Ce n'est pas tout, hélas! La malheureuse métropolo commero'alo belge paie chaejue jour pour 45,000 frs. de solde aux troupes ennemies. Et les débours que la sitéuation actuelle lui impose quotidiennement varient — bon onr (si l'on peut ainsi dire) mauvais jour — lo 100 à 120.000 ' francs. Pendant que l'ennemi se goberge ele la sorte, (a population ,,se serre le ventre" à telle enseigne que l'on redoute de voir la arine et !e sol manquer d'ici peu do temps — quelque* jours au plus. On voit que pour vivre momentanément dans nn calme relatif, la population inveroise ne s'en trouve pas moins dans une situation très pénible. On peut voir aussi que — en délions du pillage et de* rapines — l'organisation de la mine de notre malheureux et cher pays a été n'en préparée. * * * Il s'est constitué au sein ele la ,,Chambre arbitrale du Bâtiment et de la Propriété :oncière", établie à Anvers depuis 1910, un Comité composé d'architectes, entrepreneurs >t géomètres, qui se sont imposé la tâche de j procéder gratuitement à l'évaluation des Jégâts occasionnés aux propriétés par les •écents événements de guerre. Les demandes d'expertise peuvent être , ai tes par écrit ou verbalement au secrétariat de la Chambre syndicale des Entrepre- ' leurs, rue Breydel, 12, à Anvers, où,le ! 3ureau siège tous les jours ouvrables de 10 t 12 heures (heure belge). Les membres du bureau sont : MM. Gérard ~)e Ridder, Architecte-Géomètre ; Aimé ïeabain, Entrepreneur-expert ; Henri Del- 'aux, Architeerte-Géomètre. j * * * La pre>clamaticn du 8 novembre porte ur la circulation des automobiles, la police [es rues et le port des armes. C'est l'exacte é pétition de ce qui fut affiché le 31 octobre t que nous avons publié. A chaque jour sa >roclamation. Mais comme les sujets de ►romulguer de nouvelles ordonnances ne se >résentent pas toutes les 24 heures on éimprime simplement celles qui ont déjà té portées à la connaissance du public. . * -2 * I Dang la lettre d'un capitaine de la Land-■vvehr, reproduite par le ,,Lokal-Anxeiger", ! îious lisons que des troupes allemandes, ; logées dans une école moyenne pour jeunes filles — naturellement abandonnée par les élèves et institutrices — font de leur mieux pour laisser aux jeunes filles, lorsqu'elles reprendront possession du local, un excellent souvenir. ' On a notamment donné ' l'ordre de i^especter la salle d'histoire naturelle, où, parmi divers objets utiles à l'en-. seignement, figurent un singe, un perre>quet, et une tortue empaillés. Et-, sur la porte de cette salle, un loustic a écrit le ta stem en t fameux: ,,Schonen; gùte leute!" * * * A Merxeni, un petit incendie s'est déclaré dans un train de marchandises qui transportait du folirrage. Les pompjfrs s'en rendirent maîtres très rapidement. t 4 * * La ,,Kommandantur" dé Merxem porte le nom de Kaiserliçhe Festnngsprovianeieerings-àmt. „Ouf!"- * * * Les ..Antworpsche Tijdingen" pour lesquels MM. Raphaël Verhulst et l'avocat Wéylèr, conseiller communal, se sont prodigués, prévenant ainsi 1e vif désir des Allemands — (il est bon qu'on connaisto le nom de les tondatçKT») -1— a, de plus en plus, la mésestime des Anver-éois. Il n'est plus personne qui l'appelle de son nom. En parlant de cette feuille., on dit ..Het Blad va ri den Duitsch" ou ,,Het Antwerpsch Leugenblad". Nous n'inventons rien et lc*> deux acoolytes qui président à sa destinée eloi-vent -voir, à l'état <les recettes, en »juclie e&timo le public les tient! A Lié^e. Environ 3600 blessés allemands ont été transférés à Liège, venant tous do la Flandre Occidentale. Des trains entiers de blessés ont traversé notre ville, se dirigeant sur l'Allemagne. Us se suivient quasiment sans interruption. Des prisonniers français, capturés dans la région d'Armentières ont également traversé la 'ville. Us étaient au nombre de 550, pour la plupart des zouaves et des marins. On a vu axissi passer — avec quelle douleur! — 112 blessés belges, relevés et fait prisonniers à Dixmude. * * * Les Allemands qui, jusqu'ici, ont travaille sans relâche à remettre les forts en état, semblent avoir réussi, sauf pour l'un d'eux qui est absolument aplati. Çe sont dos oJ?us de 42 s'abatant en pluie serrée sur ses soupoles qui le mirent en cet état. Bien entendu, les forts que les Allemands ont réussi à rebâtir, n'auront plus la même force défensive que lorsque nos hommes les occupaient. Ce n'est jamais que de l'a peu près. Cette ; guerre a, du reste, prouvé à l'évidence que la : cuirasse ne résistait plus aux engins destructeurs. Et les alliés ont do l'artillerie lourde - dont les effets terrifiants furent expérimentés | déjà contre les défenses accessoires protégeant ; les tranchées allemandes : béton armé, sacs de j sable, etc. Le fil de fer barbelé complète la , défense des intervalles à Liège et des tran-• chées s'enivrent do tous côtés. » La place est, de la sorte, assee solide pour ' supporter l'impétueux assaut des alliés. Un ; officier do la landwehr, ancien ingénieur d'une | usine des environs de Lic-.ge, nous affirmait, i que les forts et l'artillerie dont ils étaient : garnis pouvaient donner toute satisfaction, ; mais qu'il faudrait au moins 80,000 fantassins t pour défendre les intervalles, dont les fronts sont excessivement vastes, si l'on voulait faire échec aux alliés et les tenir on haleine durant plusieurs semaines. Or, ce n'est un secret pour personne que l'infanterie de forteresse, qui doit soutenir les combats d'artillerie manque ici et qu'il faudra, le cas échéant, prélever des hommes dos garnisons de Metz et do Strasbourg, si l'Allemagne veut faire payer cher le siège des forts liégeois. Mais c'est toujours un mauvais calcul de distraire d'une place forte des hommes qui y ont une fonction eléterminée. D'autant que s'ils sont tués, c'est affaiblir dangereusement des villes fortifiées dont l'heure viendra d'être atteintes par les obus français. Et tout ça no laisse pas que de rendre pensif les hommes ele guerre, qui foulent présentement, le pavé liégeois. Là Ville est morne et calme. Il n'y à rien d'intéressant qui puisse, aujourd'hui, vous être signalé. A Verviers. La ,,Frankfurter Zeitung" eîonne le texte d'une pétition, qui a été adressée à la Reiohs-bank par plusieurs banques berlinoises. Nous en traduisont les passages suivants, afin quo nos lecteurs puissent voir jusepi'où va le cynisme de nos ennemis. ,,Lo cours des billets de banque belges se y,tient fort au-dessus de la parité, malgré le ,,cours forcé fixé par le gouvernement à Bruxelles, et bien que la Reichsbank se soit chargée /.d'en faire la négociation. Il en résulte un ,,trts grand-dommage pour la fortune publique ,.allemande. La demande constante de billets ,,belges provient prèsqu'exclusivement des ,,achats que nous faisons de laines belges à ,,Verviers, et pour le paiement desquelles les ,,vendeurs exigent du papier belge. ,,Nos négociants en laines assurent que 1e ,,cours fixé est sans effet pour ce genre ..d'opérations, il en résulte que les acheteurs .allemands sont obligés pour effectuer leurs ,règlements de payer une prime pour des bil-,.lets de banque d'un pays presque complètement conquis ( ?) et de la non-valeur desquels ,,ils sont assurés. Cela est d'autant plus récoltant que c'est finalement l'administration militaire qui en subit les conséquences, car /.ces laines belges sont elestinées aux fourni-..tnres pour notre armée. Il est grand temps ..nue la Reichsbank prenne dos mesures et ,.fasse en sorte epio les marchands belges soient ..forcés d'accepter des billets allemands. Do.ns ,,un pays conquis, commr l'est la Belgique, ,.nous dvon* m main le je voir de fixer la ,,basc monétaire qui. tmwj convient pour le uCommçTûC de qjqsS* Comment trouvez-vous le bouillon? Ces me: sieurs n'ont cependant à s'en prendre qu' eux-mêmes ; il leur eut été bien facile d'évité l;t hausse de notre papier-^nonnaie. Moderne Georges Dandin, c'est eux qui l'ont vouh En violant, notre neutralité, en déclarant 1 guerre à l'Europe presqu'entiore, ils ont jet la perturbation sur tous les marchés! S'ils e subissent- les conséquences, ce n'est que justice En tout cas, si la Reichsbank fait adopte la mesure préconisée par la pétition, nous vou Ions espérer que les industriels verviétoi auront à coeur de ne pas se plier à cette nou velle exigence de l'envahisseur, et qu'ils refu seront de continuer à traiter avec les cominer çants allemands. A Gand. Le gant de 1er allemand pèse lour su Gand, où le nouveau commandant von Mar teufel terrorise les habitants. Moins de cen gardés civiques ont répondu à son appel pou servir do police. Des exemplaires du ,,Times" et du „Dail; Mail" ayant été introduits à Gand, oel-excita. l'ire des Allemands. Les officiers racontent aux Gantois qu Lord Kitchener ment en affirmant que l'ai niée anglaise a en ce moment 1.250.000 hom mes à l'entraînement. De gandes réquisition de pain et de farin sont faites pour les troupes. * * * A Mont St. Amand, Ledeberg, <-yte., les com missions de secours distribuent chaque jour 1 pain et la soupe aux familles nécessiteuses Celles-ci sont très nombreiises, du fait que ce quartiers sont principalement habités par de ouvriers. En Campine. Des proclamations ont été affichées dan: eîifférents villages des campines anversois< et lim'bourgeoise, défendant aux jeune-gens de nationalité belge de s'éloigner i plus de 5 kilomètres de leurs demeures. Le: Allemands craignent , visiblement que 1» jeunes gens, en mesure de répondre à l'appel de leur gouvernement, aillent grossi] les rangs d'une armée dont ils redoutent 1< courage et l'ardeur au combat. On remarque assez fréquemment de* changements de garnisons dans les villageî campinois. Aux uhlans — qu'on ne voil plus nulle part, — ont 6uccédé le6 soldats d'infanterie qui, à leur tour, ont été. remplacés par des marins et des hommes de la landwehr. Il y a, dans une certaine localité", une collection de pères de famille bavarois qui ont tous dépassé la cinquantaine ! Il est vrai d'ajouter que leur position en ce pays n'est point dangereuse et que l'existence de francs-tireurs est une légende destinée à.'procéder à quelques énergiques répressions. Parmi Ira ouvriers, la misà-re commence à peser lourdement. Il n'y a guère que les paysans qui peuvent vivre du produit des quelques vaches qu'on leur a laissées. Les crigariers, assez nombreux du côté de Brée notamment, ont pu fournir quelques journées de travail. Le prédécesseur du général Keim, dont nous avons annoncé la nomination, avait réquisitionné de droite et de gauche près d'un demi-million do"cigares. Ils devaient être livrés gratis, bien entendu. Mais ie nouveau gouverneur, lors de la tournée d'inspection qu'il entreprit dans la campine limbourgooise, apprit avec un vif déplaisir que des réquisitions continuelles étaient faites, sans bourse délier, et que les habitants souffraient visiblement, eux qui avaient à peine de quoi se nourrir, d'entretenir les fantaisies de quelques-uns. Il y a aussitôt mis bon ordre. Dorénavant, on donnera, aux fournisseurs oe qui leur est dû: Bonne mesure. Les Ruines de lieiort. A mesure que notre automobile avance, le bruit'de la canonnade s'accentue. Bientôt nous n'allons plus que difficilement: la route pavée est coupée do trous en forme d'entonnoirs, trace des obus lancés par les Allemands en ces derniers jours. Les champs, à droite et à gauche, sont ravinés par ces trous, dont quelques uns ont plus d'un mètre de profondeur et trois à quatre mètres de diamètre. Des soldats creusent des fosses pour les chevaux morts, qui gisent çà et là, tout gonflés. L'automobile s'arrête au bord d'un ^entonnoir" particulièrement spacieux. Nous devons la laisser derrière un buisson et continuer à pied notre route. Un pont qui enjambait le canal n'a plus que ses culées : les blocs sont écroulés et forment au-dessus de l'eau de petites pyramides. Nous suivons le chemin de ha-lage. Trois cents mètres plus loin, nous atteignons la ligne du chemin de fer qui traverse le canal. La masure du garde-barrière, au mur do laquelle grimpent encore des liserons, est occupée par des soldats belges; leurs mitrailleuses gardent le pont. Des flaques d'eau, des. étangs, quelques bandes de terre humide, tel est le sol à elroite et à gauohe du talus du chemin de fer que nous suivons. Les rails sont rompus par endroits, l'acier est tordu comme fil de fer. Un pré s'étend à droite. Nous dévalons du talus, et,, pataugeant dans /'herbe et la terre humide, nous gagnons les premières maisons de la ville, ou du moins de ce qui en reste. Je n'ai vu encore les ravages de la guerre que dans les champs, avec quelques fermes isolées, écroulées, ou fumantes. Voici une ville détruite. C'est horrible. Les toits effondrés, les murs abattus laissent voir les vestiges de la vie paisible11 qui était vécue là. L'église est un monument tragique. Plus de clocher, plus de nef, plus de toiture; il ne reste que des parties d'arceaux, des morceaux do oolonnes. Un. pilier, rompu, la voûte el'une chapelle est restée aux trois quarts entière et demeure là, surplombant le ?ide. JJpus enfonçons jusqu'aux [- genoux dans les débris et les gravats. Des a chandeliers, des lambeaux de fer forgé, des r ornements sacrés sont parmi ces décombres, s tout poudreux. Un bas-relief représentant une • scène du calvaire est presque intact. En face, ^ les personnages d'un médaillon sculpté sont e mutilés. Et au-dessus de tout cela, le ciel gris, a Nous allons par les rues. Autour des ^entonnoirs", les pavés se sont soulevés réguliè-r rement, en cercles concentriques, sous la poussée de l'explosion. Déjà des soldat» travaillent s à réparer ces chemins. Nous pénétrons dans - les maisons dont il reste encore l'étage infé-■» rieur. Dans une salle à manger au plancher - Ouvert, le dressoir euppe>rte encore des plats d'étain, une cafetière. Dans un saion, voici une biblothèque avec ses Ih'res reliés en vert et en rouge ; des vases à fleurs sqnt «ur la cheminée, le lustre, avec son globe de verre r rose, est encore accroché à une poutre du plafond ; mais toute une paroi de la pièce «, disparu et une armoire est renversée aans les r décombres accumulés sur la exhaussée. La- place n'a plus que quolques façades <3© 7 ses maisons. Un immeuble, tout neuf, assca 1 vaste, semble n'avoir eu que ses vitres d© brisées. Tout autour, c'est un écroulement de - pierres, de poutres et de plâtras. Un vieux monument, sorte de chapelle, n'a plus de toit; mais les murs ont résisté et cela fait comme nne immense boîte dans laquelle on aurait 3 fourré pêle-mêle des débris. Une rue partait de la plaoe dans la direction opposée au canal. Ce n'est plus une rue, c'est une vallée - ele décombres: du faite des pans de murs, à ? droite et à gaucho, les ruines forment çleux pentes qui se rejoignent au centre de la voie; 5 c'est comme le lit seo d'un torrent où l'on s verrait des lambeaux de tapisserie et des morceaux de meubles. La tour des Templiers, énorme fut carré, aux pierres noircies, a tenu bem. Elle règne Lur cette dévastation, trapue et laide. Des aéroplanes français passent dans le oiél. Nous ne les avions pas aperçus ; mais des slirapnells éclatant au-dessus de nos têtes les signalent à notre attention. Quelques soldats veillent dans la ville; un sous-officier est chargé de la police. Tout pillard serait pris; mais nous sommes les seuls visiteurs. Aux confins do la ville, nous entendons une fusillade ; patrouille française contre patrouille allemanele. Sous un porche est installé le poste d'ambulance. On amène un homme sur une civière. Il est livide, Le major l'examine. ,<Couvrez-moi la tête", dit le blessé. Un infirmier met un pan do couverture sur son front: ,,Mais tu vas étouffer! — Y aura toujours assez d'air pour meri !" Et il ferme les yeux. Nous gravissons un escalier en colimaçon, obscur et humide. Arrivés au sommet do l'édifice, nous trouvons des soldats en observation, couchés. A la vue des officiers que j'accompagne, ils se lèvent instinctivement pour saluer. ..Ne bougez pas!" crie quelqu'un. Trop tard! J'entends les zzzza d'un obus... ,,Nous sommes repérés!" dit le chef. Je me replonge dans l'ouverture de l'escalier d'où je venais de surgir. En m'accroupissant, je tourne la tête de côté et je vois nettement 1e projectile sifflant descendre sur nous. Un silence. L'obus a passé. Pas d'explosion. Il a dû tomber dans la terre, au pied de la maison. sans éclater. On respire. Tout cela n'a duré qu'une ou deux secondes. A la vue 3e l'obus, je n'ai pas eu d'autre sentiment que celui de l'enfant maraudeur qui, surpris, s» sauve en narguant le garde champêtre. On riait du reste autour de moi. Je redescendis l'escalier tortueux. ,,Venea donc voir, m® cri a-t-on ; venez, c'est épatant I" L'amour-propre ranime les défaillants : je remontai. A l'approche du soir, le ciel était moins clair. La plaine flamande s'étendait devant nems, vaporeuse, grisâtre. Les canaux, les étangs, toute 1 eau où baigne cette terre ! grasse reflétaient la lumière. Les flocons de fumée des slirapnells flottaient çà et là. La canonnade roulait, mais les pièces allemandes, dissimulées, ne laissaient pas voir leur haleine rougeoyante. Los nôtre», tout près de nous* invisibles aussi, crachaient leur mitraille, ponctuellement. A trois kilomètres, s'élevait le clocher de Ramskapello au milieu des maisons déjà' noyées dans l'ombre. Plus lexin, sur la ligne d'horizon, un village brûlait, torche aux flammes rouges. Une toute petite étoile brillait au-dessus de ce paysage morne et émouvant. Un officier l'examinait à la jumelle. H paraît quo ces premières étoiles du soir deviennent parfois éc.arlates... Lucifer, ange du mal ot de la chimie, a mille ruses... Pourtant l'étoile resta pure. Nous quittions la ville. Un de mes compagnons narrait les histoires de la ville: „Ils cherchaient à installer une batterie à... Je les ai tellement embêtés qu'ils ont dû repartir. Ah! qu'ils devaient être furieux!... J'observais du toit d'une maison. Tout à coup, ça tombe au-dessous de moi. Voila la maison qui se balance et 1e toit qui, au lieu de crever, se gonfle!.. Ah! c'était rigolo!... ,,Et cet artilleur, un officier de réserve, riait sincèrement. A la porte d'une petite villa, un ouvrier aux cheveux grisonnants travaille-, il remplace les fenêtres arrachées par des planches de sapin. Il scie et martèle avec diligence. Devant la maison, s'allonge un jardinet tout fleuri de bégonias. Je lui demande la permission de cueillir une fleur. Il élit oui d'un air étonné. Nous causons. Il a le rude accent flamand." — Depuis quand etes-vous revenu dans la ville ? — Je ne suis pas parti. — VoUs êtes resté ici nenelant le bombardement? — Bien sûr. —' Qu'avez-vous vu? — Ohl j'étais dans la cave!... La nuit, quand je sortais, on ne voyait rien." Il reprend un tâche placidement. Nous suivons le talus du chemin de fer pour regagner le pont. Les soldats belges sont ton jours à leur poste, avec leurs mitrailleuses et leurs chiens. La brume s'épaissit. Dans l'ombre naissante, des troupes belges passent. La nuit sera ,,chaude" sans doute. Les soldats von* tranquillement, fumant la pipe ou morde"' leur pain. Sur leurs traits, nulle inquiétu-1 Ils savent cependant qu'ils ne sont pas en vovés là pour dormir... Nous retrouvons l'auto derrière le buisson Les r>hares allumés, nous partons, cahoté bousculés, sur In route raboteuse. Le paysn est vague. Les choses et les gens apparaissent et disparaissent comme des fantômes.- Quar..--la voiture est arrêtée par une patrouille, nous vovons sur le talus bordant lé canal des hommes dormant, lo fusil au bras. Et le canon tonne toujours derrière ne.'** (T>11 ..Tempj".) JEAN LEFRANà

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Dit item is een uitgave in de reeks L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam behorende tot de categorie Oorlogspers. Uitgegeven in Amsterdam van 1914 tot 1918.

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