L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam

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11 oktober 1915
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s.n. 1915, 11 Oktober. L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam. Geraadpleegd op 22 februari 2020, op https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/nl/pid/qn5z60d586/
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jère Année EJ°. 353 s cents f!Q fcentkmes) lunnai h ocieBre I91S L'ECHO BELGE L'Union fait la Force Journal aMotidieai du jmatin paraissant â AmrastercSam.. Belge est notre nom de Famille. PC ■>«=—■ Ji ■ » niiiii nouai ■ miiiii im iw^i Toutes les lettres doivent être adressées au bureau de rédaction: N. Z. VOORBURGWAL 234-340, AMSTERDAM. Téléphone i 2797. Rédacteur en Cheî ; Gustave Jaspaers. „ , , . ( Charles Bernard, Charles Herbie4, Comité de Rédaction : { „ , , , j René Chantlbry, Emile Painparé. P Pour les annonces, abonnements et vente au numéro, s'adresser à l'Administration du journal:N.Z. Voorburgwal 234-240, Amsterdam Téléphone: 1775. AbGnnementGi Hol!aiïtlea.l.SOparinois. Etrangerfl.2.Q0parmois / Annonces] (5 cents la ligne. Réclames: 30 cents la ligne. Un peu de logique Depuis que le chancelier de l'empire aile mand a- prononcé ces trop fameuses parole . Xous commettons une injustice" il n'y ; pas un cercle, une association, un groupe août quelconque allemand qui n'ait cherclu à expliquer ces paroles, à en dénaturer h sens 'pour en atténuer la portée. la presse officielle s'y est essayée pen dant de longs mois sans le moindre succès mais le centre allemand n'avait pas encon fait connaître son appréciation. M. Erz bercer, député du centre et parlant commi chef de ce parti (Le „Tijd , mercredi 2Î septembre 1915), a bien voulu noua dir< l'impression que les paroles du chancelie: ont produites parmi les siens. Je doute qu< Je comte Hompesch-Rurioh, qui fut dur an de nombreuses années à la tête du parti ca tholique allemand, se soit, s'il était encore de ce monde, exprimé de la même façon : „Tout Allemand sait et reconnaît que h neutralité belge a été violée et le centra ainsi que la partie catholique du peuple allemand ont été bien désplés de ce que l'Allemagne se soit trouvée devant cette nécessite. Mais à ce regret se mêlait le ferme espoir que ce ne serait qu'un mauvais mo mont à passer : on se consolait en pensanl ' queie chancelier avait reconnu d'une façor chevaleresque son injustice et que tous les dégâts matériels et moraux seraient réparés."Le député allemand ne manque pas d« rappeler les liens étroits, d'amitié qui unissaient les deux pays et — n'en déplaise à certains professeurs qui nous traitent d( barbares — il marque son admiration poui les progrès que la Belgique avait faits dans toutes les sphères du domaine i-ntellectue. et moral. Donc une partie de l'Allemagne -z regretté à certain moment l'acte de violence, mais ces regrets étaient-ils sincères el même, s'ils l'étaient, quelle répercussion eussent-ils pu avoir ces sentiments sur les événements futurs dans le cas où là Belgique n'aurait pas suivi sans détour la £2ule ligne de conduite que lui dictaient l'honneur et le devoir? Le prince de Bulow, qui connaît ou devrait connaître l'âme allemande, nous er fournit la réponse : il nous fait connaître le W.uté du coeur germain, la façon dont se manifestent ses bons mouvements par l'or gane de ses députés et le compte que l'or (D tient en haut lieu de commun accorc d'ailleurs avec ceux qui les expriment. ,.C'est que nous, Allemands, dit-il, (La politique allemande, édition Lavauzelle. Paris, page 153) nous sommes, d'une part: un peuple sentimental, plein d'âme, toujours disposé, peut-être trop disposé, à agii par bonté de coeur, contrairement n.ux conseils de la sagesse". Voulez-vous entendra la profession de foi d'un député ,,parlant avec la suffisance de la conviction : En ma qualité de député, j'ai le droit et le devoir d'exprimer les sentiments du peuple allemand; veus, ministre, j'espère que vous prendrez vos précautions pour que vos sentiments ne fassent pas de mal à l'étranger". Il n'est pas possible d'avouer d'une façon | plus cynique un manque plus complet d'honnêteté politique et do conviction personnelle. L'ancien chancelier veut bien nous dire que ses compatriotes sont ,,extraordi-nairement épris qe logique" ; le député du centre doit en être plus entiché r ue person-; ne et cependant il ne comprend pas pourquoi le peuple belge, injustement attaqué par un voisin qui a garanti sa sécurité, se défend et choisit ensuite comme amis ceux qui sont venus pour le défendre. Je trouve cependant cela bien logique, très naturel et très humain ; lui, Allemand, attaqué dans les mêmes conditions, se fût soumis pour ensuite aider ses ennemis à combattre ceux qui auraient répondu à ses cris de détresse ! 1J est probable que le désaccord qui nous sépare provient de ce que l'idée que nous | attachons au mot logique n'a pas pour nous [ le même sens que pour lui. M. Erzberger revient encore sur les soi-disant conventions anglaises : la preuve matérielle du truquage de ces notes a été faite €t je n'en discuterai pas la valeur, s'il ne me paraissait pas bien étrange que des gens épris de logique puissent attacher tant d'importance à un entretien qui eut lieu entre uu attaché militaire et un fonctionnaire ministériel, conversation qui resta d'ailleurs sans suites. On a fouillé depuis plus d'un an dans toutes nos archives, on a exploré les caves, les greniers de nos ministères, pas un endroit où l'on n'ait poussé ses investigations et, à part ces notes, on n'a jamais pu produire le moindre document officiel confirmant ou même faisant allusion à cette soi-disant convention. Les rapports de nos ministres à l'étranger, que l'on a publiés à grands renforts de coups de grosse caisse, -n'en soufflent mot, nulle part la- moindre indication, jamais le moindre soupçon. Cet acte d'une importance capitale a donc été machiné dans les couloirs dun département ministériel, le pays n'en a rien su, le gouvernement n'en a pas été avise ou a fait l'ignorant, nos ministres à ! étranger n'en ont pas été avertis. * Comme tout ceia est logique, comme tout ^ s'explique d'une façon lumineuse dans UD Pays comme la Belgique où l'on vivait portes et fenêtres ouvertes à l'indiscrétion du moindre passant. Et maintenant, tel le tribun qui monte sur 3 tïéteaus; devant ses commettants assem blés, il pousse le cri fatidique: ,,Electeurs, . I on vous trompe! Belges, votre Roi, votre 1 gouvernement vous ont trahis !" Mais quand j , on trompe, quand on trahit, c'est dans un but déterminé, c'est en vue d'un grand avantage personnel. Les nombreux lecteurs ■ de la presse officielle allemande, tant épris ; de logique et de méthode, qui poussent leurs i investigations au plus profond des choses, - ces lecteurs se sont-ils demandés: Quel in-î térêt pouvaient avoir le Roi et ses ministres î , réunis au palais de Bruxelles, pendant la nuit du 2 au 3 août, à trahir le peuple ■ belge % , Non, toutes ce3 discussions sont oiseuses: î il est un fait certain et vous ne pouvez vous • le pardonner, vous autres, Allemands, vous > vous êtes trompés sur la nature de l'âme 1 belge. Malgré vos nombreux historiens, vous > n'avez su par le passé comprendre le-pré-" sent, ni prévoir l'avenir. Vous n'avez pas * eu l'esprit assez subtil pour saisir le sens > des événements qui ont contribué à la. formation -de la Belgique moderne et vous s n'avez pas approfondi les phénomènes sociaux et les mouvements d'idées dont est - sorti peu à peu sa civilisation actuelle. > Depuis le 2 août 1914, il y a accord parfait entre le Roi, le gouvernement et tous les Belges, qu'ils soient au front, s°us le jouig prussien ou en exil, dans n'importe quelle partie du monde, et c'est en vain que vous chercherez à jeter la discorde dans un peuple qui a marché depuis des sièles à la conquête de ses libertés politiques au cri de 1',,Union fait la force". T. J. A. Il y a un m! 11 octobre 191En Belgique, installation des -pouvoirs ■publies à Ostende; occupation d'Anvers, dont quelques forts résistent encore, par l'ennemi. Batailles et engagements de cavalerie entre Cassel et la Bassée, à Hazebrouck, à Armentières, à Lilley autour d'Arras, etc., etc. Cinq Taubes sur Paris: quatre, morts, quinze blessés, quelques dégâts sur la> toiture de Notre-Dame. Nouvelles défaites des Allemands en Prusse orientale et des Autrichiens en Bos-7vie, près de SarajevoDans la Baltique, une mine allemande coule le croiseur russe Pallada. En Italie, le, général Zuppelli devient ministre de la guerre. —" ■ - i n . Aux jeunes Belges Nous 6orames heureux de mettre sous les ■ yeux de nos lecteurs le texte de la circulaire qui est envoyée à tous les jeunes Belges actuellement au pays. Cette circulaire fait le désespoir de von Bissing qui n'en peut découvrir ni les auteurs ni les expéditeurs. Et toutes les villes, tous les village sont touchés par la bonne feuille, rédigée en français et en flamand, et dont nous reproduisons les termes ci-dessous : L'armée belgé^a fêté, il y quelques semaines, l'arrivée de son cent millième volontaire. Depuis lors, le nombre en a encore augmenté et il s'accroît chaque jour. Qu'en pensez-vous, jeunes gens, qu'on 6'étonne encore do rencontrer au pays? Ne croyez-vous pas le momena venu de quitter vos lieux de plaisirs, vos courts de tennis et vos plaines de football pour aller défendre, aux côtés de nos vaillants soldats — dont le courage est célébré par le monde entier —, le dernier lambeau du. territoire de la patrie? Vous me direz qu'il y a la frontière , à passer...... Mauvaise excuse. La frontière n'est pas si bien gardée qu'on ne puisse la fran- j chir ; c'est plus difficile qu'autrefois, je vous ; l'accorde, mais le mérite n'en est que plus ' grand, et puis, il ne manque pa-s de braves gens tout prête à risquer leur vie pour vous aider à ! faire votre devoir. Partez. Vous arriverez encore j à temps. Mais partez donc. Votre présence pro- ; longée parmi nous commence à provoquer un véritable malaise., Ne le sentez-vous pas vous-même à lia façon un peu gênée dont on vous parle, à la manière un peu méprisante dont on vous regarde? Que ferez-vous, où vous cache-rez-vous lorsque vous entendrez, au jour prochain de la victoire, les acclamations enthousiastes accueillir vos camarades rentrant de la bataille? Que répondréz-vous plus tard à vos enfants lorsqu'ils vous demanderont: ,,Ettoi, père, que faisais-tu pendant la grande guerre?" Ne craignez-vous pas que toujours, pendant votre vie entière, ne résonne à vos oreilles ce i mot déshonorant que je ne veux pas prononcer? Allons, un peu de courage. Dans les circonstances actuelles, il faut que chacun fasse large- j ment son Devoir. Il n'en est pas de plus beau pour vous, jeunes Belges, que de défendre votre i Patrie; vous y trouverez la gloire et voussau- I verez votre honneur. Courez aux armes comme vos ancêtres de Liège et de la Flandre. Montrez que vous avez encore leur sang dans vos veines et ne méritez pas qu'on vous lance à la face cette injure: Dégénéré. Rangez-vous, sans tarder, sous notre glorieuse et invincible bannière tricolore ; allez ranimer de vot»e présence ceux qui combattent depuis un an pour ce drapeau et ramenez-le triomphant dans nos villes» et nos villages. Jeunes Belges, votre Patrie a besoin de vous. Brave comme un Belge. Un de nos compatriotes, M. Fernand Hanus, résidant en Angleterre, se jeta tout habillé dans la Tamise et sauva un enfant de douze ans qui allait se noyer. Au tribunal d'enquête, le juge félicita le courageux sauveteur on ces termes: ,,Vous vous êtes bravement comporté, ainsi qu'on pouvait l'attendre d'un homme de votre nation." Ce à quoi notre compatriote répliqua : ,, C'est le jour le plus heureux de ma vie, celui où je m'aperçois pue j'ai rendu service à .un Anglais,.'-^ En Belgique. Au Brofesrst. Voici une anecdote. L'histoire date d'un peu loin—la bataille de Haelen — mais elle n'a, de ce chef, rien perdu de sa saveur. Hans, boutiquier Hessois, devenu sous-officier, avait été commis à la garde de la voie ferrée à X., besogne d'autant plus intéressante que, depuis le jour où cette mission lui avait été confiée, aucun train ne s'était aventuré dans ces parages. Les hommes l'avaient surnommé „der fette Hans", ce qui n'est pas peu dire dans la bouche d'un Allemand. Hans s'était vite rendu compte qu'au front on s'exposait en raison de sa "surface qu'on expose, et à ce point de vue il pouvait sans exagérer s'estimer un homme considérable. Aussi, le front était devenu pour lui un cauchemar terrible. Mais la ,,carotte" qui devait le tirer d'affaire ne se présentait pas. Logé chez l'habitant, il se laissait vivre, mais cette vie béate ne pouvait guère durer; un jour, une idée splendide, éclose parmi les parfums d'un repas plantureux et qui avait germé avec une telle ardeur qu'elle en troubla sa digestion, le réveilla en sursaut de son petit somme ; il courut la communiquer aux „Kamarad" de son peloton, aus$i braves que lui, et, lorsqu'il eût fini de parler, les hommes lui distribuèrent de grosses claques dans le dos pour lui prouver leur admiration d'un plan aussi Kolossal. La nuit vint, et les habitants ne se doutaient guère de la ,,bedide varce" que leur ménageait l'imagination de Hans. Les quelques coups de feu qui furent tirés pendant la nuit, le long de la voie ferrée, ne les • troublèrent pas du tout, depuis qu'ils avaient l'habitude de la fusillade. Le lendemain, grand émoi dans le village : un attentat avait été commis pendant la nuit contre la voie ferrée ; un rail avait été placé en travers de la voie; deux habitants avaient été surpris en flagrant délit et avaient été arrêtés, ainsi que tous les jeunes gens da village. Hans, qui cachait mal un sourire diabolique dan3 son double menton, courait de tous côtés, criant et gesticulant, et partit enfin achever le rapport commencé la veille et dénonçant l'attentat dans ses moindres détails. Les enquêteurs arrivent, inspectent le rail— un rail rebuté par l'administration; ' on le pèse: 950 kilos; dix soldats parvinrent à peine à le mouvoir. On regarde Hans, qui sent la sueur froide lui couler le long de la nuque. Mais, comme il avait bien déjeuné, il garda sa présence d'esprit, et, montrant du doigt le fossé qui longeait la voie : J'ai parlé de deux hommes, dit-il, mais écoutez le croassement des grenouilles qui pullulent dans ce fossé : ce sont elles qui nous ont empêché d'entendre le bruit que faisaient les autres criminels, et partant nous n'avons pu les arrêter ! Les enquêteurs approuvent, n'étant pas très exigeants: on découvrit aussitôt une vingtaine de coupables; la commune paya la forte amende et fut condamnée à détruire toutes les grenouilles dans toutes les mares le long du chemin de fer. L'histoire aurait pu se terminer là, si Hans n'avait pas été forcé de partir pour le front, malgré tout. Et sans doute entend-il, à présent, le croassement des grenouilles de plus près qu'il ne l'aurait souhaité, * * * Comme c'était prévu, le battage des céréales donne un résultat médiocre. Le rendement en froment et en seigle est inférieur à celui de l'année dernière; de plus, le grain est de médiocre qualité, la carie ayant exercé dp grands ravages dans les froments. La qualité de la farine s'en ressentira. Pour les avoines, le déficit est plus considérable: elles sont légères et une assez notable partie a germé. L'orge, battue depuis longtemps, est petite, de qualité assez bonne pour la brasserie; mais, à propos de cette céréale, une chose très bizarre a été décidée par l'auto-. rité boche. Le cultivateur peut retenir la quantité nécessaire pour ensemencer en vue de la récolte prochaine, mais il ne peut en garder que pour le même nombre d'hectares que celui qu'il avait cette année. Celui .qui n'a pas récolté d'escourgeon ne peut en acheter pour ensemencer en automne. Le voilà donc dans l'impossibilité de récolter de l'orge l'année prochaine! Que devient dans ce cas l'assolement d'une exploitation? Croit-on qulun cultivateur puisse ainsi changer sans inconvénient la rotation dans sa culture? Ne sait-on pas que la science agronomique n'est pas un vain mot et que, dans une exploitation bien dirigée, le cultivateur règle son assolement pour toute la durée de son bail? Tout est prévu par lui de longue date ■ et ce n'est pas du jour au lendemain qu'il peut varier l'alternance de ses cultures. Enfin, ne pourrait-on pas prendre des mesures afin que les terres qui étaient, depuis deux ans au moins, destinées à porter de l'escourgeon en 1916 puissent en être ensemencées? Il y a urgence, l'époque des semailles étant arrivée. * * * Nos compatriotes n'utilisent les chemins do fer que lorsqu'ils no peuvent pas faire autrement. Entre Louvain et Bruxelles, par exemple, on ne voyage que par tramway et vicinal, et la ligne de chemin de fer entre Bruxelles et Louvain n'est fréquentée que par les Allemands. Beaucoup do personnes ne sê servent que du vicinal pour aller jusqu'à Liège. Mais il n'en est pas de même des lignes Bruxelles-Anvers et Bruxelles-Gand qui sont encore, faute de mieux, employées par un assez grand nombre do Belges. A Il résulte d'informations parvenues au Havre et que publie le ,,XXe Siècla" que le loyalisme des ouvriers gantois est admirable.Toutes les fabriques de Gand—vous ne l'ignorez pas—ont refusé de travailler pour le compte des Allemands. Quand je dis toutes, je fais erreur, car l'usine de Lousberg (M. Jean de Iiemptinne) et la ^Louisiane" (M. Fernand de Smet de Naeyer) fabriquent, hélas ! des toiles destinées à la confection des sacs. A ces deux exceptions près on peut dire que l'industrie tout entière oppose aux Allemands la force d'inertie. L'autorité militaire, comme il.fallait s'y attendre, s'est irritée de cette résistance et elle a tenté, mais vainement jusqu'ici, de la briser. Les industriels ont été couvoqués, il y a trois semaines, pour fournir des explications. On leur a demandé pour quolle raison les ouvriers s'étaient mis en grève. L'échevin Anseele, qui accompagnait la délégation en sa qualité d'administrateur du „Vooruit", a répondu que les ouvriers avaient deux raisons de se croiser les bras: la première était qu'on voulait leur faire confectionner de la toile destinée à la fabrication des sacs; la seconde, que les Allemands leur imposaient une surveillance dont ils ne voulaient à aucun prix. Les ouvriers de Gand, ajouta-t-il, refusent de se livrer à un travail pour compte d'un ennemi que leurs pères et leurs frères combattent dans les tranchées du front. L'intendant -allemand von Seidlitz, qui recevait cette déclaration, s'étant permis de trouver ses raisons ridicules, le député Anseele lui répliqua que cette attitude n'était pas plus ridicule que celle des soldats allemands combattant pour leur patrie. L'entretien se termina cependant par la promesse formelle de l'officier allemand qu'on ne fabriquerait plus de toile pour les sacs et que la surveillance serait supprimée. Cependant les ouvriers ne se déclarèrent pas satisfaits{ Ils insistèrent pour avoir eux-mêmes une entrevue avec les représentants de l'autorité militaire. Cette entrevue fut accordée sous réserve de l'approbation du chef d'étape. Celui-ci s'étant incliné, les délégués des ouvriers déclarèrent qu'ils reprendraient l'outil à la condition que l'autorité leur fît deux concessions nouvelles. Actuellement, les usines gantoises ne sont: autorisées à travailler que vingt-quatre heures par semaine à l'exception de celles qui fonctionnent pour le compte des Boches. Les ouvriers estimèrent cette différence de traitement inadmissible et demandèrent que toutes les usines fussent mises sur le mêiîie pied. Vingt-quatre heures par semaine pour tout le monde. D'autre part, ils firent comprendre que l'autorité allemande n'obtiendrait rien d'eux si elle ne renonçait pas à contraindre les ouvrières à coudre des sacs pour l'armée teutonne. Ces exigences furent accueillies avec hauteur. Les Boches, dans leur pa3's, sont si peu habitués à rencontrer de la résistance, que l'exposé de ce programme de revendications leur fit perdre tout sang-froid. La conversation se poursuivit sur- un ton plus échauffé. Après avoir déclaré qu'il ne pouvait accorder ces concessions avant d'en avoir référé à Berlin, l'officier prussien eut des paroles de menaces: — Prenez garde ! conseilla-t-il, nous pourrions bien vous supprimer les secours du fonds de chômage. — A votre aise, répondirent les ouvriers avec dignité. Mais vous n'obtiendrez de nous rien de plus. S'il le faut, nous crèverons de faim... Il fut convenu finalement que le chef d'étape se mettrait en rapport avec Berlin et qu'en attendant la décision de l'autorité supérieure les ouvriers rentreraient à l'atelier. On prévoyait pour la réponse un délai de dix jours. Ce délai est largement écoulé et la réponse se fait toujours attendre. Aussi les ouvriers commencent-ils à s'impatienter. Si elle tarde trop, la cessation du travail est certaine à très bref délai. Le négociateur allemand a bien averti les ouvriers cyniquement que ,,Son Excellence" le général commandant l'étape se réservait de recourir aux mesures les plus sévères pour empêcher les travailleurs de faire grève, autant en emporte le vent. Les ouvriers flamands, qui ont gardé dans le sang toute l'ardeur des anciens communiers, n'en feront qu'à leur guise. A Lofeeren Nous recevons des détails supplémentaires /sur la ville de Lokeren, qui démontrent une *fois de plus qiid les Allemands traitent la Belgique en pays conquis et ce en dépit de toutes conventions. La commune de Lokeren est depuis ce jour 8 octobre entièrement isolée du monde, plus personne ne peut encore y entrer ou sortir, le marché hebdomadaire ne peut plus être tenu et aucune marchandise ne peut de même y entrer ou sortir, ce jusqu'à nouvel ordre. Voici les raisons de cette mesure draconienne : Il y a une huitaine, les Allemands ont fait savoir à l'administration communales de Lokeren qu'ils réquisitionnaient et qu'elle avait à mettre à leur disposition une cinquantaine d'artisans (comprenant des maçons-charpentiers, aide maçons, plombiers, etc.) qui allaient être dirigés sur la commune de Lichtervelde soi-disant pour y commencer la réconstruction des maisons détruites mais en fait pour y construire des habitations pouvant servir de quartier aux troupes allemandes. ' L'administration communale devant s'ilicliner devant cet ordre mais n'osant désigner les artisans a fait réunir tous ceux do la commune et a fait tirer au sort pour voir ceux qui devaient aller. Ce qui a eu lieu, mais les - ouvriers désignés par le sort n'ont pas voulu partir, d'aucuns se sont enfuis, d'autres sont restés et, dans l'après dîner, la population ouvrière est allée manifester devant la Kom-mandantur. Les Allemands ont persisté clans leur réquisition, ont arrêté les ouvriers désignés par le sort et qui se trouvaient dans la commune ; pour ceux qui s'étaient enfuis, ils ont fait arrêter à leur place leurs'femmes et enfants, ce jusqu'à ce que ces ouvriers soient revenus. Ensuite ils ont ordonné que Lokeren soit isolé, ce jusqu'à ce que la commune ait fourni le nombre d'artisans requis. Voici donc les faits tels qu'ils se sont présentés et l'isolement qui a commencé à partir de ce jour. Notez que les mêmes réquisitions ont été faites à d'autres communes et l'on s'y attend naturellement aux mêmes suites, aucun ouvrier ne voulant obéir que contraint par la ■ force. A Lessines. L'autorité allemande avait conseillé aux maîtres carriers de Lessines de faire reprendre 1 le travail, insistant sur le fait qu'on avait besoin de pavés pour des travaux d'intérêt public. Mais les patrons et les ouvriers savaient la signification de cette façon de mise en demeure. Le ballast, provenant de la taille des • pierres, devait être employé par l'autorité allemande pour les travaux de bétonnage des tranchées en Flandre. On discuta beaucoup dans les milieux lessinois le désir des Allemands et l'on refusa énergiquement, unanimement, . t de travailler. Bravo! Aussitôt qu'ils eurent connaissance do ce fait, messieurs les Boches ordonnèrent des perquisitions. Les ,,mouches" découvrirent chez certains patrons des listes d'ouvriers qui touchaient des indemnités de chômage. Il n'en fallut pas plus, à ceux qui ont de la liberté et de la justice des idées si spéciales et telles que nous nous refusons à les admettre, pour ordonner l'arrestation do plusieurs personnalités lessinoises. Uno façon de tribunal militaire, sans vouloir admettre le bon droit des accusés, prononça les condamnations < suivantes : M. Lepoivre, bourgmestre de Les- 3 sines, 4 mois de prison, M. J. L. Lenoir, maître do carrières, 5 années, L. Van Langenhove, E. ' Motte, J. Brassart Respectivement une année 1 Je prison. Six contremaîtres ont été condam- ! nés à 6 mois chacun et 160 ouvriers à six semaines.De tels procédés sont indignes. Ils vont, une fois dé plus, à l'encontre des Conventions de La Haye. Qu'est-ce que la justice dans ce cas i* Une parodie, un simulacre. Non seulement les carriers lessinois ne pouvaient pas être contraints à travailler pour l'armée allemande, i mais ils ne pouvaient même pas être astreints ^ à aucun travail. Ce sont des citoyens libres. S'ils touchent des indemnités de chômage, cel- 1 les-ci ne sortent pas de la poche des Allemands, bien entendu. Et ces gens qui nous dénient ] tous les droits, voire les plus élémentaires, se ^ permettent de juger et de condamner les 3 nôtres? Quel dégoût ne soulèvent-ils pas au coeur des honnêtes gensl Et quelle haine tenace 1 ils sont occupés à accumuler! ©aras le® Fferaîasrois i Soldats de Mettet morts au champ d'hon- J neur : Pétris Ernest; Jadot Franz, neveu de 1 Lemaire, fils de l'ancien instituteur ; Rigaux \ Ze^obe et Pont Georges, époux Velgem-Meu- ] rat. { Maisons incendiées: Ferme Daucot et Thi- J baut, Gérard et Mathieu Lambert; Parmentier ( Gustave; Lebrun Emile; Justin Binon, coupeur do M. Attout; Lucien Attout; Chauvaus Victor ; Pitot Stanislas ; Wilmot Arthur ; Bo- < dart Arthur; Crépin Jules; Crépin Xavier; Ni uni n Philibert. s Prisonniers civils : Henri Gilles, à Soltau, ( depuis 25 août, en essayant de rentrer au vil- ^ la,ge ; Donot J., à Soltau pour braconnage, de- c puis 1er février. Les autres sont rentrés. £ Chronique. — Ravitaillement très régulier. Chômeurs et nécessiteux bien secourus. Envi- ^ ron 500 absents, réfugiés en France. Vie régu- " lière. Moissons pleines d'espérance. * * * 3 Soldats prisonniers de la commune de Denée : j — Delvaux Firmin, à Soltau ; Godfrin Jules, -à Soltau ; Morgot Alex, à Grosses Moor ; Bo-dart Emile, à Soltau; Paulet Jules, à Soltau; r Vincent Charles, à Konigsnoor Soltau. Soldat réformé. — Arthur Minet. Ravitaillement est bon. Il y a encore 70 personnes absentes. Collectes pour envoyer des vivres aux prisonniers en Allemagne rapportent a 600 francs. Peu de chômeurs, employés du reste aux travaux communaux.On a des nouvel- ^ les à peu près de tout le monde. M. de Dorlodot sera reconnaissant à ceux qui voudront bien lui faire parvenir l'adresse actuelle et précise des militaires dont voici les g noms : ç Probat Adolphe, 12e lig. fort. c. trav. ; Mo- rj reau Camille, 3e lig., 4/3, matr. 49675; Georges Oscar, serg. 4/1; Godfrind Jos., serg. 13e lig., 1/3; Dawagne Constant, 1er. chass. à pied, vol.; Salmon Arthur, 13e lig. 2/2, mitr. y24849; r Delcourt Achille, bat. d'adm. hôpit. Fecamp; r Hubot Eugène, le3 ligne 2/2; Mine Joseph, serg. 9e lig. 1/1: Liégeois Joseph, serg. 12e v lig. 2/4, mat. 57150; Guilmin Alexandre, 3e ^ comp. trav. bat. du génie; Monistte Léon. 6e art. 108e. batt. ; Gaux Jules, 13e lig. 2/1; Mi- j net Arthur, 1er lig. 1/4. c Il n'y a pas eu de civils fusillés à Denée en août 1914. T On peut se procurer les noms de quelques per- ^ sonnes décédées à Denée depuis le commencement de la guerre en s'adressant à M. de Dor-; lodot, 4, Priorv Gardons, à Folkestone. Les f personnes qui feront cette demande sont priées _ d'indiquer lpur adresse exacte en Belcique. ^ Les militaires de Denée sont invités à don- , lier de leurs nouvelles à M. de Dorlodot. Bans Se MssAtts&vti. c L'activité est très grande dans tous les char- t bonnages du Hainaut, où l'extraction pro- ^ , gresse de jour en jour par suite d'une main- 11 d'œuvro plus développée. Beaucoup d'ouvriers chômeurs de la grosse métallurgie, plutôt que de rester inoccupés, se sont faits embaucher dans les fosses, où les salaires s'améliorent sensiblement.De même, les rivages du Centre, du Borinago et du bassin carolorégien sont fort animés. Ja mais on n'a vu autant do bateaux do gros ton nage dans nos canaux et dans la Sambre, o des remorqueurs à vapeur traînent à la queu. leu-leu do longues kyrielles d'embarcatior chargées de houille à destination de l'intérieu du pays et des pays neutres qui font d'énorme commandes. Aux railways, même entraînement, mais le matériel manque ©t les voies n -sont pas libres... C'est donc encore une fo; par la faute do l'administration allemande que fout ne marche pas mieux. Mais la situation actuelle des charbonnages est bonne. Le département des cokes est moins vivant, i beaucoup près. Et cependant quelques trains ont été chargés cette semaine. Dans l'intérêt le cette industrie, il est à souhaiter que les stocks qui garnissent les vastes terrains des fabriques soient écoulés avant l'hiver. Dans l'industrie do la pierre, à mesure que l'hiver approohe, les affaires tendent à baisser, iant pour l'exportation que pour l'importation. En verrerie, le ohômage est presque complet :ette semaine encore, sauf aux- gobeleteries de Manages et de Jumet. Calme dans la fabrication de la poterie de ;rès, de la faïencerie et des carrelages céramiques. Los usines établies dans les régions de Ohimay, La Louvière, Haine-Saint-Pierre, Bouffioulx ©t Saint-Ghislain ne travaillent *uère que pour ieùrs propres magasins en vue d'être prêtes à servir la clientèle aussitôt que e moment sera venu. Les fonderies, les hauts fourneaux, comme es aciéries, manquent do minerais, et le chômage est de ce fait complet. L'industrie des bois de construction, on le conçoit, chôme forcément. Seuls, les bois, àe chauffage, de soutènement pour mines et do sabots sont l'objet de grandes demandes. ■ . - i lu Ëariin k lin! M. Funk-Brentano consacre à Mme Carton le Wiart, dans le ,,Gaulois", un article dont îous extrayons ce qui suit : Toute la vie de Mme Carton de Wiart a été xmsâcrée au bien : une vie féconde et active ît qui a répandu son inlassable bonté sur les léshorités. Je pense aux abeilles de mon jardin, t leurs beaux rayons dorés : mille et mille pc-ites cellules blanches, et chacune d'elles pleine, oute pleine jusqu'au bord, du suc merveilleux, ^'est la vie de Mme Carton de Wiart faite de nilliers et de milliers de minutes dont chacu-îe a été remplie entièrement, d'une manière •xquise, par sa bonté active, par sa vertu dili ;ente, par son dévouement au bien et aux mal-îeureux.Un des reprocl^s que lui ont adressés le-, eîtres allemands qui composaient le singulie, iribunal installé par eux à Bruxelles fut un )assage d'une lettre trouvée dans ses tiroirs. Cn ces heures de détresse, uno soeur de clia-'ité l'appelait ,,la mère de tous les Belges". Elle fut arrachée de chez elle et jetee dans es geôles du kaiser pour le double crime que •oici : Mme Carton de Wiart avait, fait recopier i la machine et distribuer autour d'elle lv nagnifique discours prononcé par son. mari sur es marches de l'Hôtel de Ville de Paris; oi •uis une lettre destinée à la Kommandantiu ivait été déposée chez elle par un postier teu-on_ auquel les, fumées du faro ou du lambic avaient donné une distraction inopportune, et iline Carton de Wiart avait froidement mis :ette lettre au panier. Les séances du tribunal allemand do Bruxel-es! Il faudrait"ici la plume de Jules Moineau ►u celle de Courteline. L'accusée refusa de prendre un avocat pour a défense : c'eût été reconnaître, dans una ortaino mesure, la singulière juridiction de-ant laquelle des généraux, parés des trites de uCs ou do comtes, imaginaient de la faire com-araître.Le tribunal avait relevé, dans un carnet do otes rédigées par l'accusée, cette pensée do 'alleyrand : .,11 est facile de militariser un civil; il est mpossiblo do civiliser ua militaire''. Et ces messieurs d'y voir immédiatement, et 3 plus naturellement du monde, une insulte l'armée de Guillaume II. — Et d'abord, questionne le président, u'est-ce que c'est ce Talleyrand? .— Un ministre. .— Ahl un ministre?... quel ministre? ~ Un ministre français. — Ainsi, madame, vous avouez vos relations vec le gouvernement français? Sur cette constatation triomphal®, le prési-ent poursuivait: •— Un ministre! et de quel département? — Des affaires étrangères. — Madame, vous cherchez à nous en impo« ?r!... Le ministre des affaires étrangères fran-ais se nommo Delcassé, il ne sé nomme pas 'alleyrand. — C'était un ministre du roi de France. — Du roi de France, madame!... Voua loquez-vous de la justice de Sa Majesté ïmpé-iale? La France n'a pas de roi, elle est ea. épublique ! Un autre chef d'accusation, d'une égale gra-ité, se trouva dans les prénoms que M. et Ime Carton de Wiart avaient donnés à leurs ept enfants ; chacun de ces derniers, suivant usage, a plusieurs prénoms, parmi lesquels sux do Marie-Ghislain 6ont communs à tous. — Pourquoi, madame, avez-vous donne à os garçons et à vos filles, indistinctement, es noms de filles et des noms de garçons? — Mais, monsieur, j'étais Belge, je le suis ncore; je n'avais pas à consulter le gouver-ement allemand pur les prénoms qu'il mo laisait de donner à mes enfants. Evidemment, devant do pareilles constata-ions, il ne pouvait plus être question que de i condamnation la plus sévère. L'important était, en faisant partir Mme laiton do Wiart, d'enlever de Belgique la pro-?station simple et sublime, toujours vivante, idomptable ,indomptée, qu'elle representait au lilieu $es siens.

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Dit item is een uitgave in de reeks L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam behorende tot de categorie Oorlogspers. Uitgegeven in Amsterdam van 1914 tot 1918.

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