L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam

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08 augustus 1916
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s.n. 1916, 08 Augustus. L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam. Geraadpleegd op 29 november 2020, op https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/nl/pid/cv4bn9z51g/
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I 2êmo Année IM°. 654 5 cents o 4r%«^r L'ECHO BELGE L'Union fait la Forcer Journal quotidien du malin paraissant en Hollande n_ r j j„ r .:it. Toutes les lettres doivent être adressée! au bureau de rédaction: N. Z. VOOBBURGWAli 234-240, AMSTERDAJ Téléphone: 2797. Rédacteur en Chef: Gustave Jaspaers. ( Charles Bernard, Charles Herbieî, Comité de Rédaction : . René chambry. Emile Painparé. ———■ il . . Pour les annonces, abonnements et vent< au numéro, s'adresser à l'Administration di |ournal:X.Z.Voorburgwal 234-240, Amsterdan Téléphone: 1775. Abonnements: Hollandefl. 1.50 par mois. Etrangers. 2.00 par moi Cas de conscience Des chrétiens timoréà m'ont deman maintes fois si l'on peut haïr l'Allemagi Comment concilier la loi du pardon c injures et de l'amour des ennemis a-\ notre juste et invincible ressentiment c monstrueux attentats dont la Belgique été l'objet? Hier encore je recevais u lettre, où l'on me demandait presque a\ angoisse la solution de ce cas de conscien< Le signataire aurait été mis en demeure confessionnal de déposer ce ressentimei J'ai peine à le croire. Car il s'agit ici choses élémentaires, qu'il ne faut pas êf théologien pour mettre au point. Comi je l'ai écrit à mon honorable correspc dant, il s'est mis évidemment martel tête à propos d'un simple malentendu. Beaucoup de lecteurs catholiques ,,1'Echo Belge" ne m'en sauront pas moi gré, peut-être, cTeclaircir rapidement question, encore que leur bon sens leur fait trouver la solution d'instinct. Il va de soi qu'il faut distinguer nation comme telle d'avec les individus q la composent. Nous pouvons et nous devc détester l'Allemagne, pour le détestai esprit qui l'anime et les crimes que c esprit lui fait commettre sciemment^ et propos délibéré. Mais la charité chrétien nous fait un devoir de pardonner a" individus le mal qu'ils nous ont fait et no font tous les jours. Je m'explique. Si j'avais à ma mei un Allemand dont je n'eusse rien à craindi je ne pourrais lui faire aucun mal. S était dans le besoin, je serais tenu conscience de le secourir dans la mesure mes moyens et de sa propre detresse. devrais lui souhaiter tout le bien dont ne put pas se faire une anne contre noi et prier Dieu de le lui accorder. A^ autrement, ce serait me venger; et vengeance privée, on le sait, n est p chrétienne. Voilà pour l'individu. Quant a la natio nous ne saurions trop la détester, en ta: qu'elle incarne un esprit radicalement an' chrétien. Si cet esprit venait à prévalo: il effacerait du coup vingt siècles de chr tianisme et nous ramènerait au régime la force brutale, dont l'Evangile nous si heureusement affranchis. Il y a là u antinomie, irréductible, dont on peut rép ter le mot célèbre: Ceci tuera cela. D'i côté l'idolâtrie de la force et le rèrae < la violence, de l'autre la religion de la ju tice et le culte de la charité. Je ne m'étendrai pas sur ce sujet. ( serait refaire inutilement et beaucoi moins bien le bel article Evangile et Kh tur de M. Rocheblave, pasteur protestai français. la',,Echo Belge' 1 a reprodu dans s'on no. du 25 juillet. On ne saura trop le relire et le méditer, impossible < mettre l'antithèse en question dans ui plus vive lumière. J'ajouterai seulement . que M. Rocheblave ne s'est pas perm d'ajouter lui-même, c'est qu'il en est toi autrement de l'esprit français. Ce n'est pas un paradoxe de dire av M. Goyau dans son remarquable travail Catholiques Allemands et Catholiqu Français, qu'il y a plus loin d'un trc grand nombre de catholiques allemands i vrai chrétien, que d'une foule d incroyan français. La France, même dans ses egarement disait Léon XIII, garde toujours- quelqi chose de cette générosité chevaleresque q fait comme le fond de son caractère. 0 qu'est-ce que la générosité chevaleresqu sinon le gracieux épanouissement de vertu évangélique par excellence, la ch C'est ainsi que le chauvinisme frança a pu nous faire sourire parfois, il^ ne noi a jamais révolté, il n'a jamais ete odieu: Les Français peuvent bien se vanter d'êt: la grande nation, ils ne prétendent pi l'imposer aux autres. La liberté, dont i ont doté le monde, n'a pas été propage par le fer et par le feu, elle a fait son ch min toute seule, au lieu que l'Allemagn dans l'hypertrophie de son orgueil, s'attr bue la mission de soumettre par les armi à sa prétendue civilisation le monde qui e a horreur. N'est-il pas incontestable aussi que depu un siècle la France s'est toujours inspire dans ses relations internationales du re pect du droit, tandis que l'Allemagne n; écouté que son ambition, son égoïsme < ses convoitises. De quel côté se trou\ l'esprit chrétien? San$ doute, nous, catholiques, noi n'avons pas toujours eu à nous^ louer c la France. Mais cela n'iai-t-il pas été un pe de notre faute? Et pour ne parle, que d< quarante dernières années, ^ les catholiqu* français ne se sont-ils pas mis en travers di aspirations nationales? Si, au lieu de s'ei gager dans l'aventure du 16 mai, i avaient su une bonne fois se déprendre c leurs chimères de restauration monarch ques; si bonapartistes, légitimistes et orléi nistes avaient bu comprendre le mot aus juste que spirituel de Thiers: Il n'y qu'un trône, mais trois prétendants pot s'y asseoir; la république est donc la fora de gouvernement qui nous divise le moin s'ils avaient eu le bon esprit de se rallie à la république vraiment libérale du gran homme d'Etat que je viéns de nommer, ; du moins ils avaient cédé plus tard au instances de Léon XIIT, qui leur a tar prêuhé le ralliement, le sectarisme dont i ont tant souffert, et la France avec eux, i e! leur aurait-il pas été épargné 1 ' I Quoiqu'il en soit, que voyons-nous cette heure? La France ne nous offre-t-el pas le spectacle d'un réveil religieu intense ? Et n'a-t-il pas suffi que prêtn ie> et religieux fissent héroïquement lei ^es devoir pour qu'un puissant revirement s ec produisit dans l'opinion publique? Ou es voici que de l'aveu de tous l'ajîaisemer a s'annonce à ces signes non équivoques. E ne Allemagne, au contraire, le fanatisir ,ec luthérien n'a pas désarmé. Dernièremei >e encore l'organe du Centre, la Kôln. Volksz dénonçait les menaces ouvertes d'un noi ^ veau Kulturkampf, que les prodiges d ^ patriotisme catholique et ses inconcevable re compromissions même n'ont pas pu cor ne iure]:- n_ Ici se pose assez naturellement la que: Bn tion de savoir comment tant de catholique allemands, et jusqu'à une partie trop grar de de leur clergé, ont pu se laisser gagner ug un esprit aussi diamétralement opposé celui de l'Evangile. C'est là pour les cathc en liques du reste du monde un véritable scar dale qui ne laisse pas de les déconcerter. } ja s'explique cependant sans trop de difficult pour peu qu'on y regarde de près. na Les catholiques allemands et leurs prêtre (jQ participent nécessairement de l'esprit gêné ,e^ ral. Ils ont grandi dans cette atmosphèr d'orgueil où les principes risquent fort 4 ne se fausser à la longue. ' Enseignement pr: ^ maire, moyen et supérieur, tout est au us mains de l'Etat. Catholiques et protestant passent par la même filière, sont coulé •cj dans le même moule. Tous sont égalemen ^ formés ou plutôt déformés par cette lor 'il Sue éducation dont on connaît le leit-motii 3n Mein vaterland muss groszer sein, Deutscl land iiber ailes. Puis il y a le système d je caporalisme. A force de suivre le me il d'ordre on risque beaucoup de l'acceptei ig même dans le domaine sacré. Les cathc liques sont d'autant moins sur leurs gai ja des que l'obéissance et le respect de l'autc ag rité sont de tradition parmi eux. Ils son donc exposés à oublier que l'excès en tou n est un~ défaut et que la soumission ne peu jamais aller jusqu'à l'abdication de 1: conscience. r Mais le clergé, lui, comment n'échappe ;g' t-il pas à la contagion? L'Evangile ne l'ap pelle-t-il pas le sel de la terre, qui ne saai a mit irnpwvémenbt s'affadir? La fornïatioi 1Q cléricale ne devrait-elle pas le guérir d' l'infatuation commune et l'immuniser con irj tre ses retours? je Parler ainsi, c'est perdre de vue qu'ei 3. Allemagne l'Eglise n'a pas la liberté d'éle ver ses ministres comme elle l'entend. Le )ô candidats au sacerdoce passent de l'écoL _p primaire officielle au gymnase et du gym l. nase à l'université, aussi bien que les aspi rants à toutes les autres carrières libérales it A l'université, il est vrai, ils habitent ei it commun, assujettis à un règlement spécia le et sous la direction d'un ecclésiastique. Mai te ils jouissent d'assez de liberté et viven :e suffisamment de la vie universitaire pou: is achever de se pénétrer de l'esprit ambiant it A certaines heures ils retrouvent les étu diants des autres facultés dans des cafés dé »c terminés. Ils prennent part aux grande ; réunions estudiantines, aux kommer.s no 25 tamment, ces ardents foyers de chauvinisme »p C'est ainsi qu'ils font toutes leurs étude ,u théoriques, théologie dogmatique,^ Ecritur ts Sainte, droit canon, histoire ecclésiastique etc. Seule la pastorale, c'est-à-dire la théo s, logie morale et tout ce qui regarde directe te ment le ministère des âmes, est réservée ai ii Séminaire, où ils vont enfin se prépare] r, pendant deux ans à la prêtrise, s, Donc, sur douze années d'études, deu2 la à peine se passent sous le régime prescri par le concile de Trente! N'oublions pa» non plus le contact avec l'armée. On sai is que l'apprentissage des fonctions de bran is • cardier, d'ambulancier et d'infirmier y es-long et rigoureux pour tous les séminaris •e tes. Qu'on s'étonne après cela que l'âm< ts allemande ait pu déteindre si fort jusque ls sur bien des ministres d'un Dieu de paix e de justice et d'amour! Mais je reviens à mon sujet. Il n'y i donc rien de plus anti-chrétien que l'espri' - allemand, tel qu'il s'avère chaque joui s davantage. Nous ne saurions trop l'avoi] n en horreur, conformément à ce mot d< Psalmiste au sujet des peuples idolâtres is qui environnaient Israël et menaçaient d< le l'entraîner à leurs détestables pratiques 5- Je les ai haïs autant qu'on peut haïr, Odii a perfecta oderam eos. :t Et, puisque l'Allemagne se fait le véhi e cule de cet esprit, nous pouvons, nous devons souhaiter qu'elle soit abattue et 3 ls contribuer de toutes nos forces. Morte le e bête, mort le venin. u Mais non, la bête ne mourra pas. Elle 3 a la vie dure. Et quoiqu'on fasse pour h ;s réduire, ses forces 11e tarderont pas à lu :s revenir, ni ses griffes à repousser. La soil l- de la revanche, qui n'a cessé autrefois de is travailler l'Allemagne depuis Iéna et sur-e tout après les Lettres de Schelling ai i- Peu-pie Allemand, renaîtra et s'exaspérera 1- plus que jamais. Il n'en sera pas chez elle si comme en France, où, dans certains a milieux, on n'était pas loin de hausser les r épaules à la vue des revanchards. Qu'on se e . rappelle Deroulède, hélas ! ;; La4 Belgique pacifiée et restaurée ne ,r J saura donc trop se mettre en défense, 11: d les Belges, quels qu'ils soient, s'associei 51 d'assez bon coeur aux mesures qui seront x prises dans ce but. Il n'y a pas de charité t qui tienne. Charité bien ordonnée com-s mençe par spi-même. Nous sommes, qu'or lC le remarque bien, dans le cas de légitir défense. Une nation 11e doit pas plus à laisser faire qu'un individu. Si, po e réduire mon agresseur à l'impuissance x me nuire, je dois le mettre à mal, tant j îs | pour lui. Il n'a qu'à s'en prendre à h ir même. Rien de plus légitime que d'oppos ,e la force à la force et une vigilance assidi i, à de sourdes et ténébreuses menées. No ,t devrons, en particulier, travailler de co n cert, tous tant que nous sommes, à éleve e entre l'Allemagne et nous, cette cloisc t étanche qui seule pourra nous défend: ,, contre une nouvelle infiltration de sa par l- N'oublions jamais ce que la première u failli nous coûter ! :s Et ce n'est pas là seulement un.droi l- je le répète, le droit de légitime défenst c'est un devoir, le devoir de défendre patrie, devoir sacré que nous, chrétien s nous ne saurions avoir assez à coeur c L. remplir. En conscience nous sommes te m à envers la patrie comme envers la famill à II y a la piété patriotique- aussi bien qi la piété filiale. Nous ne pouvons pas pli - assister les bras croisés aux entreprises c 1 l'ennemi contre la Belgique, que voir cl 1 é oeil indifférent maltraiter notre père c 'ie notre mère. Ce serait une fausse religi se que de négliger, sous n'importe quel p ir texte, les vertus naturelles. Dieu n'esl ie pas l'auteur de la nature aussi bien q »is cle la grâce? Et le Christ lui-même n'a-1 i- pas aimé sa patrie ? Du haut de la me 2i* tagne qui domine Jérusalem, ne lui a-i 1e pas, les larmes aux yeux, donné l'alar: is contre le péril romain? 1- Je conclus que si, par impossible, r, prêtre d'un pays neutre, se faisant fort m son ministère sacré, prétendait nous impos :e une autre direction, il n'y aurait qu'à ) t. répondre avec Saint-Paul: Quand un an a du ciel me tiendrait votre langage, je 1 tournerais le dos. t, Et qu'on ne s'étonne pas de m'entend parler avec cette énergie! Saint-Franç< ta de Sales, ce nouveau Jean l'Evangélisi s, qu'on a pu appeler l'apôtre de l'amour, le disait-il pas: C'est charité de crier au lois quand il menace la bergerie? s. Et Pascal, ce grand chrétien, n'écrivait Le pas à son tour: Il n'y a tel amour du pi is chain que la poursuite outrancière le l'injustice? n Chanoine Heynssens, 'u En Belgique. e s Le Régime de la Terreur s t II y a plusieurs semaines, nous nous somm fait l'écho des incidents provoqués au Limbou par un espion allemand déguisé en moine oui fit coffrer à leur descente du train t facteur des postes de Reckheim, sa jeune femu 1 et son beau-frère. t La terreur continue à régner dans cette 1 ', calité paraît-il. Les Boclies ont torturé la femu du facteur au point qu'elle on est morte. I garde du chemin de fer vicinal, nommé Jec -Segers, vient d'être mis sous les verrous et , n'y a pas bien longtemps quo trois autres h , bitants de Reckheim prenaient le dhemin < l'Allemagne, menottes aux poignets. " A Liège, les Boches ont de nouveau fusil un patriote belge. A Bruxelles (De notre correspondant particulier.) Les Allemands 'réglementent tout ce qi peut-être réglementé. C'est une sorte c maladie incurable. Il est vrai que, sous couvert de réglementation, ils réquisitioi nent, s'emparent de nos secrets comme: ciaux et surtout de nos marchandises, c nos vivres, de nos provisions, qui prenner le chemin de l'Allemagne où la faim fa crier les promoteurs du ,,frissche frolict Krieg". Ainsi, du commerce de la chicoré par exemple, dont je veux vous entreten: aujourd'hui. La consommation, comme voi savez, en est grande et les moyens de ! procurer cette marchandise étant de pli en plus difficiles les prix devenaient de joi en jour plus élevés. Le kilo — qui vala jadis quelques ceiltimes — se vendait 7; puis 90 centimes, enfin 1.25 franc. L demande devenant de plus en plus forte mesure que le prix de3 cafés augmentait, a point de devenir inabordable, certains rm gasins en achetèrent de forts stocks Acheter en temps utile c'est prévoir, e tout bon commerçant met en pratique < principe. Or, un beau matin, les aute rites boches sortirent un arrêté qui déclara le commerce de la chicorée réglementé < annoncèrent la création d'une centrale pot la chicorée, à l'instar de ce qui existait poi le café, les pommes de terre et tous li articles qui sont nécessaires à notre vi< L'arrêté n'était pas entré d'un jour en v gueur que les Allemands vinrent perquis tionner chez l&s négociants dénoncés p c quelques ir uchards comme détenant d< approvisionnements importants. On saisit droite et à gauche des quantités importai tes et, pour infraction au nouveau règle , ment, les commerçants déclarés fautifs di rent encore témoigner une vive reconnai i sance aux Allemands qui voulaient bie i leur payer la marchandise saisie au pri • fixé par la centrale, en se contentant d'Hr • petite retenue de 20 pour cent ! î Le cas de ceux qui s'étaient empressé , de faire une honnête déclaration n'éta : pas meilleur, — il s'en faut. A preuve ^ X., qui s'était strictement conformé au > termes de l'arrêté et avait déclaré à u gramme près le stock qu'il détenait. Pe ■ après, il reçut la visite d'un inspecter ; boche. — Vous avez déclaré posséder autant d , kilos de chicorée. Est-ce exact ^ — Parfaitement, fit le négociant. i — Bien. Nous viendrons les enleve , ' demain. La surprise du marchand devenait de 1 stupéfaction et elle ne tarda pas à se me 1 ' langer de la colère qu'on devine. Le lendemain, tout le stock fut enlev et conduit à le. centrale. On remit à notr ami, avec beaucoup de politesse — il fau l'avouer —, un petit papier qui était u bon de réception. Et l'employe boche part: en assurant que la maison serait prochaine 1 ment avisée du prix qu'on lui paierait. 3V3 X. attendit patiemment. Il croyait ne pli rien voir venir quand, un beau matin, 1 ,,réquisitionneur" arriva. — Nous sommes vraiment trop honnête , en affaires, nou3, Allemands, commença-t-i Imaginez que nous prenions purement e simplement v : : ,:t relirai dise, qu'aurie; vous à dire? Mais nous la payons. Et la] gement. Tenez, voici le bon à toucher. Le négociant mit ses lunettes et lut a\ ^ la consternation que vous imaginez que .g kilo de chicorée lui serait payé à raison et 55 centimes. n ' — Mais je l'ai payé moi-même 1 ie franc, au prix de gros, s'écria-t-il. — Pas d'histoires, n'est-ce pas? Vo ^ n'avez pas à réclamer. Du reste, c'e3t to ie jours comme ça avec ces Belges. Nous soi ^ mes trop bons et trop honnêtes, voyez-voi il Et il partit. M. X. n'en revenait pas. x- avait payé le kilo de chicorée un franc le les Boches lui en donnaient 55 centim€ Perte nette de quarante-cinq centimes p lé kilo et on lui en avait enlevé plusiei; milliers ! Il voulut réclamer, reprendre son bie montrer la malhonnêteté de la maneyeuv allemande. C'est tout juste si on ne le je pas en prison. . Ne>mbreux sont ceux qui ont été air 11 volés. Certaines maisons ont pe'rdu de 6 sorte de 2 à 300.000 francs... e Mais ce n'est pas tout. M. von Bissi] ayant fait saisir toutes les cosses de chic rée, nos fabriques ont dû fermer leurs pc ? tes. C'est ce qu'il appelle protéger l'indi trie belge. Ces cosses, il les envoie a jourd'hui en Hollande où elles sont trava lées à un prix raisonnable. Et il nous 1 ^ revend ensuite avec un gros bénéfice. Voilà ce qu'on ignore probablement ■ lS Hollande. Je me devais de vous l'écrir >e C'est un scandale, une malhonnêteté sa ^ pareils. Un particulier qui agirait de •j. sorte serait mis à'la porte de la Bours - comme un être méprisable avec lequel < a' s'interdit de frayer. Mais les Boches pe vent se permettre ces manoeuvres. Ils so u les occupants, n'est-œ pas? 1 * * * Nous apprenons que le député libéral Devè vient d'être cité à l'ordre du jour do l'ara pour sa conduite courageuse à Steen^traete, * * * On mande le décès de Charles Guillaun , rédacteur au ,,Peuple", bien connu dans rçrilieux socialistes par les chansons qu'il sign r Jaçques Gueux. ■r II arait épousé une fille de César De Paej ïs C'était un compagnon droit et loyal, dont î. disparition sera vivement regrettée. i- A Anvers [r La nouvelle nous parvient de la mor£ f Mme Marie Matthijssens, que ses c-omposiîk a musicales, toujours originales et délicat l" avaient fait connaître très favorablement d£ le monde musical belge. Notre concitoyenne l- : succombé à Londres des suites d'une attaq j- d'apoplexie. n i Mie laisse un grand nombre de mélodi x j écrites la plupart sur les poésies d'écrivai belges, et plusieurs opéra-comiques qui vire j les feux de la rampe, a» Théâtre Royal d'A vers notamment, s l A Malines £ La fête nationale a été célébrée, ici aus n 1 avec une patriotique ardeur qui se tradui: u par des chants. On entendit même ,,] r Brabançonne" et ,,La Marseillaise" cha tées à pleins poumons dans les rues de e ville. Ce fait s'est produit rue Conscien et douze des manifestants qui répétaie l'hymne de Rouget de l'Isle ont été aus r tôt arrêtés et jetés en prison. Le Kommandant décida sans retard q a la ville serait punie et il édicta les mesur i- suivantes: 1. A partir du lundi 31 juillet et ji é qu'au 13 août la fermeture des cafés < e fixée à 10 heures. Les habitants 11e peuve t quitter leur demeure entre 10 heures e a soir.et 5 h. du matin. ^ . t 2. Exception est faite pour: les médecir - les accoucheuses et les agents de police 1 .. service de nuit. s 3. Egalement pour les prêtres deva e secourir des malades. 4. Les personnës arrivant par le train < s 10 heures recevront à !a gare un ceTtific . pour se rendre à leur demeure par le pl t court chemin. , 5. Toute infraction sera sévèrement puni -j # * * on Du 27 juin au 15 juillet il a été envo^ ré- 18,033,850 kilos de pommes des enviroi i-il de Malines vers l'intérieur du pays. De < ue fait les cultivateurs — qui ne sont pas d .-il tout à plaindre — ont encaissé 4 millions c m- francs. .il Au Pays Wallon On voit parfois passer, sur la ligne d er Givet à Liège, en une nuit, quarante traii hôpitaux remplis de blessés tomb gC devant Verdun. Les voies ferrées du Ha uj naut sont encombrées de trains militaire Au dépôt de Charloroi, plus de 6000 civi re travaillent. Ils doivent s'occuper de l'ei tretien des lignes de chemin de fer et de ■e ponts. ' * * * ne 2p La gare de Mons a été bombardée pE des •a.viateuns français la semaine dernièr -il * * * o- Les soldats Boches sont presque tous a ie front. Des civils les remplacent dans 1< ateliers, dépôts, etc. Ils accompagner même des convois de munitions vers ! front et, comme signe distinctif, porter I une bande de couleur sur le bras. Ceux q-essaient d'attirer l'attention des Belges si os que cette situation1 a d'anti-patriotiqi sont aussitôt expédiés en Allemagne. # # a Les charbonnage des environs de CharL roi travaillent plus que ceux du Borinag< ec * * * le La plupart des blessés tombés à la Samn de sont envoyés en Allemagne, mais il en e: aussi que l'on soigne à Tournai et à Ni in mur. «• * * us Les champs de bataille des environs e: u_ Charleroi ou de Mons ' ont été ensemencé n_ mais les tombes des héros alliés tombés à ce [S- endroit sont strictement respectées. Près c II Charleroi, on a réuni les cadavres dans 1< cimetières. A Couillet, un monument leur s l même été élevé, en attendant un homrna^ ar plus solennel et définitif. * * * Aux dernières nouvelles, on apprend qi jour et nuit il passe des trains militaires ^ Mons. Le transport des matériaux ei énorme. Les trains de blessés ne circulei que la nuit. Pendant les deux première lja semaines de juillet, il est passé à Mons pli de blessés que pendant les douze derniei mois. 0 La population est calme et confiante • prête l'oreille au formidable tonnerre qi s_ vient du front. Les Allemands travailler aux anciennes lignes de fortifications. il- . * * * qq Une des villas du parc de Cointe appartiei à M. Delannoy, officier belge qui est au fron Au début de la guerre, elle avait déjà reç ïn la visite des voleurs. Depuis lors, un deuxièn vol y a été perpétré. Or, pour la troisièn 113 fois, des malandrins se sont introduits dai la l'immeuble et y ont dérobé des vêtements, d< e, clinges en cuivre, etc. m u- nt Aux frontières Entre le Sas-de-Gand et Uzend-ijke, L ^ maisons ont dû être évacuée». Des Boche jeunes et vieux, en ont pris aussitôt po; session. Ils amenèrent des lits, des ohevar et du bétail. Et voici qui est, à tout ! ie moins, bizarre. Il est défendu à ces Ail J, mands de parler aux habitants des local lit tés voisines. Us doivent rester enferm toute la journée dans les maisons. Lorsqr •e. l'escadre d'avions alliés, qui avait bomba *a dé Gand, survola le village, certains rega: dèrent par les fenêtres, mais-ik reçurei ordre de rentrer la tête immédiatement. * * * de Les seigles, les froments et les avoin ns ayant atteint leur croissance complèt je, les autorités allemandes chargées de <ns surveillance de la frontière hollandais a en Belgique occupée,» ont jugé néoessai: ue de prendre des mesures spéciales poi découvrir les personnes qui se cachent dai 3S> les champs, dans l'espoir de passer en Hc ns lande au moment propice. Ils ont construit d< nt petits postes d'observation surélevés, où l'e n- accèdo par quelques marches ; ils sont distan les uns , des autres, de 40 à 45 mètres. Dai chacun d'eux une sentinelle, le fusil oharg observe les mouvements des blés et signale 1< moindres ondulations suspectes. La nuit, d< si, soldats en grand nombre, secondés par d< (it projecteurs qui fouillent tous les recoins de ja campagne, multiplient les patrouilles. Afin < ne pas manquer leur homme, les Allemands 1 , servent de fusils de chasse. Enfin, pour rendra les évasions de Belgiqi ce plus malaisées encore, toutes les maisons' < la région frontière ont été évacuées et soi n- occupées par des troupes allemandes. — — 11e 1 Officiers belges à la Campagn s d'Algérie en 1840. s> A la Chiffa. m Au comimencernent de l'année 1840, une a nt mée française, sous les ordres du maréchi Valée, accompagnée des ducs d'Orléans et d'Aï 1 maie, fils du roi Louis-Philippe, partait € Algérie pour combattre l'émir Abd-ol-Kader. Quelques officiers belges, les uns fatigués e ns l'inaction, les autres amoureux d'aventures, s< licitèrent l'autorisation de rejoindre l'arar e. d'Afrinue. Il y avait le major honoraire Gillai le capitaine NalinnOj, les sous-lieutenants 'X.c 'é de Vin et Blanc, ainsi que les sous-lieutenants is Dupré, Bormans et Nypels ; à leur tête se trou->0 v-ait Félix Lahure, major au régiment des eui-u des, qui s'était battu dans les Indes néerlandaises, puis avait pris du service en Belgique pendant la guerre de l'Indépendance. Il restait seul d'une famille montoise de quatre frères; l'aîné, chef d'esoadron aux cuirassiers d'Erlon, avait trouvé la mort à Waterloo, dans la fameuse charge du Chemin creux j le second, capitaine de hussards dans e l'armée hollandaise, avait péri d'un coup dç IS lance dans une charge à Java en 1826; le der-îs n'ier) capitaine de lanciers, avait été tué en •_ duel à Malines, en 1834. Les Belges arrivèrent à Alger dans les pre-' miers jours d'avril. Lahure fut attaché à 3 l'état-major du duc d'Orléans, qui ex>mmandait L" la première division. On répartit les autres s dans différents corps de l'armée d'Afrique, à Oran et à Constantine. Abd-el-Kader avait proclamé la guerre sainte j. et ordonné la levée en masse de tous les croy- I ants, et, sans plus tarder, il était entré en campagne. Déjà, grâce à son inlassable activité, les Arabes avaient repris les positions u qu'ils avaient dû abandonner dans les provm->s ces de Tittery et d'Alger. Leurs cavaliers com-mençaient à se montrer aux portes d'Alger. 0 L'émir disposait d'une quinzaine de mille ^ hommes comprenant ses soldats réguliers et de nombreux détachements de Kabyles auxquels II il avait confié la garde des gorges de l'Atlas. r U était puissamment secondé par Sidi Barek, . Le kalifat de Miliana, dont les six mille cavaliers aguerris coupaient les ejommunications et harcelaient les postes français. Le maréchal avait réparti son armée en trois divisions: La première, commandée par le duc d'Orléans, auprès de qui son jeune frère allait faire ses premières armes; la deuxième, com-mandée par le général de Rumigny, et la troi-^ sième, par le général de Dampierre. Il concentra ses troupes 6ur la route d'Alger 1 à Blidah, dans l'intention de chasser l'ennemi des bords de la Chiffa et de l'Oucd-Jer, débloquer le port de Cherchell, franchir l'Atlas e et prendre les villes de Médéa et de Miliana. 3j Le 27 avril, l'armée, sortant de Blida, passa ,t la Chiffa. Dans la vaste plaine de la Métidja, e aussi loin que la vue pouvait porter, on aper-cevait des^ burnous blancs dans les hautes herbes, tandis que l'acier des cimeterres étinoe-a lait au soleil levant. Le spectacle était crante diose. Après l'avoir contemplé quelques instants, le duc d'Orléans dit aux officiers qui l'accompagnaient : f —Nous allons nettoyer cette plaine. a Puis, s'adressant a son frère: ^ — Aumale, à toi l'honneur. Elance-toi avec it tes chasseurs d'Afrique. Vous, Lahure, accom-»s 1 pa^nez-le et faites comme à l'armée des Indes. ls I Lahure sentit son coeur se dilater de plai-.s sir ; il se re trouvait dans son élément : Soldat, il ne 6'était plus 'battu depuis des années; ca-valier, il n'aivait plus goûté depuis longtemps . les voluptés de la dharge. Il se raidit, debout 11 sur ses étiriers, se secoua coanme un oiseau qui .t s'ébroue avant de prendre son vol et lança 6on cheval'. Et les chasseurs d'Afrique au dolrnan couleur de ciel partirent au galop, poussant devant eux les premiers essaims d'Arabes qui [ tourbillonnaient dans la lande, les empêchant de^ so jeter sur les flancs de ila colonne du prince royal. 10 Cette magnifique chevauclhée se poursuivit 0 sur ' une longueur de trois lieues. Bientôt, la mêlee devint intense. On se battait sur un ,s plateau élevé, bordé par la Oliiffa dans laquelle il tombait à pic ; la rivière capricieuse y dessinait de nombreux méandres. La tactique des Arabes était de se laisser poursuivre par un cavalier isolé ou par un petit groupe. Les chasseurs qui s'aventuraient dans une do 53 ces boucles étaient aussitôt cernés et, s'ils ne parvenaient pas à se faire jour pour rallier aussitôt l'escadron, il ne leur restait, pour x éviter d'être massacrés, qu'à se précipiter du * haut de la falaise dans les eaux inconnues de la rivière. ?" Lahure, avec le jeune duc d'Animale, dans 1- un igiroiement de burnous blancs, de croupes îs et de têtes de chevaux, de dolmans bleus, do e cimeterres .et de sabres, s'en donnait à coeur r_ joie, lorsque, tout à coup, les Arabes qui se trouvaient devant eux se dérobèrent. , Là, dans une de ces courbes dangereuses, quelques soldats venaient de sauter dans la rivière, tandis que leur officier, le comte de Ménareto, ' persistait à vouloir tenir itôte à 2s l'ennemi. Soudain on le vit chanceler sur sa g, selle, mortellement atteint. Déjà les terribles |a cavaliers numides se précipitaient pour s'em-parer de lui et lui trancher le chef, quand •© Lahure, quittant le prince, piqua des deux et ir fonça. On s'arrêta pour suivre la projection ls do ce bolide. Pan! Paf! zim! Il fauchait les j_ Arabes à la velée. Sous ses genoux puissants, ,g son cheval 6e cabrait et bondissait sur l'adver-saire; les burnous blancs s'empourpraient -s dans des culbutes ou des fuites éperdues. Le ls hardi Wallon perça le groupe des hommes du é désert, formidable comme un bucenitaure, et vS les tailla en pièces. De sa main gauche, il par-;s vint à saisir le corps de Ménareto, tandis qu'il jS fendait le crâne do celui qui le lui disputait. a II plaça son malheureux camarade en travers [e de sa monture .et, tout en continuant à salbrer, ;o revint vers le duc dJ Auma-le aux acclamations des dhasseurs d'Afrique! ie (,,Le Courrier de l'Armée.") [c (A suivre.) Maurice des Ombiaux. — ■ crv , Si y s un an * S août 1915. — Les Anglais s'emparent de 1200 yards de tranchées à Hoogc, font 127 prisonniers et captv/rent 2 mitrailleuses. Les Busses remportent un succès dans le secteur de Riga où ils font quelques centaines de prisonniers. nBnnH^m l- fira fe Sj fl "g g

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Dit item is een uitgave in de reeks L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam behorende tot de categorie Oorlogspers. Uitgegeven in Amsterdam van 1914 tot 1918.

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