L'étoile belge

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19 november 1918
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s.n. 1918, 19 November. L'étoile belge. Geraadpleegd op 23 oktober 2019, op https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/nl/pid/nk3610x77r/
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'Mardi SO novembre 1918 60™ ANNEE. — # S Mardi 19 novembre 1918 I LJ ceaitimaes ïe Numéro L' ÉTOILE BELGE | 0 ceMlMBi'Eea le r^asmaéir© i{ L'AVENIR Il est permis, depuis le dénouement du drame et en attentant la grande journée | historique de la rentrée du Roi, de ;eter un . coup d'œil sur le chemin parcouru depuis | 1830 jusqu'à 1918. < Si l'Europe ne s'opposa pas à la ccnstitu- < tion du royaume de Belgique, ce ne lut point, s'il faut en croire le témoignage des ; contemporains et les révélations do l'Histoire, qu'elle crut à la sot.dité et à. la vitalité du nouveau royaume, (i n a coutume de dire que la Belgique fut une invention diplomatique . Ne pouvant donner nos provinces à aucune des gran'es puissances européennes sans mécontenter toutes les autres, il parut ingénieux do faire de notre pays un Ktat tarnpcn. Cette combinaison diplomatique, née devant le tapis vert des congres, sembla bien fragile et bien artUcielle. Mais le hasard disposa les choses de manière à donner vigueur et solidité à l'improvisation géographique imaginée par Tal-leyrand. Et la sagesse et l'esprit politique de notre premier roi permirent aux provinces wallonnes et aux provinces flamandes de s'unir et de prospérer sous de ; institutions communes, les plus libres do la vieille Europe. Dix-huit ans après la Révolutiou de 1830, l'œuvre en apparence factice du congrès <> 1a la\ait déjà poussé de pro-1 fondes racines dans notre sol, si bien que la tourmente do 1848 passa sur la Belgique sans l'ébranler. En 1870, notre pays eut la chance do ne pas être entra né dans le duel franco-allemand. 11 put continuer, sous l'impulsion de notre deuxième roi, à se développer li-bremenf dans tous les sens. Un essor économique inattendu lui ouvrit de vastes per-spectit es qu'élargit encore 1 œuvre africaine de Léopold II. A ce momeni, le petit royaume de Belgique était devenu adulte et prêt à jouer un rôle dans le monde; mais il faut l'avouer, dût notre amour-propre en souffrir, le inonde ne nous connaissait guère et ne paraissait pas se douter de l'énergie qui sommeillait dans le cœur de notre peuple. Nous-mêmes nous ne nous en doutions pas et il fallut l'agression du 2 août 1914 pour que la Belgique prit conscience de sa force. Le spectacle qu'elle d naa au mon !e était, à'coup sûr, inattendu. Non seulement elle fit son. devoir en résistant à l'agresseur, mais elle lui fit des blessures profondes qui le dénouement )He la tragédie nous l'a prouvé — étaient mortel!. s. Le monde salua d'un long cri d'admiration la défense de Liège et la victoire de l'Yser, Du coup nous étions connus; on ne doutait plus de notre* existence; pendant soi-xant-quinze ans nous avions pu dire : ■ Nous avons vécu « ; aujourd'hui nous pouvons.i ous dire : «nous sommes » ! La Belgique du roi Albert con inue l'œu, vre commencée par la Belgique de L o-pold II et de Léopold ier. Elle a conquis soi avenir. La Belgique sortira de cette guerre grandie moralement parce qu elle n'a pas hésité un instant à remplir le devoir que lui inspiraient les traités internationaux et surtout que lui dictait sa conscience. Le monde entier lui a rendu hommage et elle a le droit d'accueillir cet hommage sans fausse modestie. Non seulement elle a beaucoup souffert, s? non seulement p"" a contribué dans la tii mesure de ses forces au succès de la de cause commune des alliés, niais on peut tr dire qu'elle a élé un des facteurs déter- ilV minants de la victoire hiorale que l'En- ce ' tente avait dès l'abord remportée sur vi les puissances centrales et qui a prépa- m • ré et rendu possible sa victoire maté- m i rielle finale. 11 serait peut-être exagéré et ! de dire que c'est uniquement pour ven- m ' l'odieuse violation du droit et la for- ™ ' faiture commises par l'Allemagne en )o , e' -ahissant la Belgique neutre que tant Q-. de nations se sont ralliées L la causé de l'Entente, mais il n'est cependant pas « douteux que c'est l'indignation provo- tI * quée dans le monde entier par le crime - de l'Allemagne "ùi a rendu l'opinion di - d'un certain nombre au moins de ces h , pays favorable à l'idée d'une intervention armée à nos côtés. Mais cela ne doit pas nous faire ou- d r blier ce que, de notre côté, nous devons h i- à nos alliés et aux neutres. Si nous som-a mes assurés aujourd'hui, d'obtenir la ré- .? paration — dans la mesure où peuvent être pansées les profondes blessures c ■° que nous avons\ reçues — du mal qui j. i- nous a clé fait, si la population belge g >- demeurée au pays sous la rude botte de j a l'envahisseur n'a pas désespéré de son i; sort et a, d'une façon générale, conser-:e vé l'espoir inébranlable en la victoire fi- t nate, c'est rrûce à l'aide de nos alliés c ie et parce que le peuple belge connaissait > 5_ la résolution irrévocable de ceux-ci de ne pas déposer les armes avant d'avoir réalisé leur but de guerre ; c'est parce 1_ que nous avions confiance dans la vail- j > lance traditionnelle de l'admirable ar- J r- m'ée française, dans la persévérance et la force de volonté des Anglais, dans l'ardeur patriotique des Italiens, dans , l'enthousiasme et le désintéressement ; ;i- de la grande i tion -américaine, dans m le concours efficace de tant de nations r qui ont fait bloc contre l'arrogant et provocateur militarisme prussien. Nous exprimons à toutes nos sincères remcr-a* ciements. n- Et nous les adressons également aux „ neutres qui, pour n'être ".as intervenus ' militairement, nous ont aussi accorde as l'aide morale réconfortante de leurs vi-ur ves sympathies et l'aide matérielle m-:o. dispensable de leurs secours alirnentai-it res. Si, malgré tout ce que nous ayons n» souffert, nous n'avons nas succombé à la famine, nous 1 ; devons à l'Amérique, ir' qui avant son intervention dans la ui <ïUerre, est venue à notre aide dans un l'a élan de solidarité et de générosité réel: lement magnifiques ; à l'Espagne, qui avait collaboré avec les Etats-Unis à 'a" cette œuvre de salut public et 1 a conti-do nuée avec le concours de la Hollande ; à cette dernière nation, nui a en outre accueilli tant de milliers de nos concitoyens, militaires et civils, et a partagé 0l" avec nous des vivres qui lui étaient ce-1 : pendant mesurés : à la Suisse, ou tani >us de nos soldats prisonniers malades ont trouvé un traitement d autant plus e ui-r.fice qu'il était administré avec la ni us 3U' extrême cordialité; aux autres nations °" neutres que l'éloignement seul a empê-ion chées de nous donner une aide matérielle directe. SAINTE GUDULE SAINT MICHEL Saint Michel et Sainte Gudule ! Sainte Gudule et Saint Michel 1 A quoi rêvent, au crépu cu'e, Vos tours qui plon^en, dans le ciel ? A l'ombre do ces tours jumelles Que de disparus ont rêvé ! C'est la vieille ; me de Bruxelles Qui mente vers vous du pavé. Elle s'exhale dans la nue Vers les sommets où vous veillez, Et c'est comme une voix connue Qui vous parle, à qui vous ; arlez. A ouoi rêvent, au crépuscule. Vos tours qui plongent ('ans L ciel ? Vous souvient-il, Sainte < udule ? Vous rappelez-vous, Saint iachel? fo 's vos massives draperies, Agités du même fi issc n, Vous revive : en songeries Le lointain passé brabançon : K' rmesres, 30} euses-" n iées Et proc ssions du Saint ; ang; Cha-i rs d'abbés aux mitres dorées ; Car. sse d'un duc tout puissant: Fleurs sous !< s pas dansants des fêtes F:nta'nes aux ,'ets d'hydromel ; Cai 11 ns pleuvant i'e vos ailes. Sainte Gueule ci Saint Michel I Heures sombres, clameurs, alarmes; Reltrcs roux, soudards I as: nés ; Nuits de deuil sur le Mo ni des Larme Blan s cortl ges ds condamnés ; Bûchers don: la frmée faire© les martyis voués au démen ; Pc r u'sanes sur la G' and'Placo ; Eehafaud du comie d'iiixnont ; Pignons où l'ineendie on 'ule ; Flammes d.'la Maison du oi, Saint Michel <t Sainte Gudule 1 Sous les boulas, de Villeroy I Et 'ours inertes, sans courage ; I.on r sommeil qui semble ét rnel. Quand soudain, par un soir d'oiage, Sainte Gudule et Saint Michel 1 J>!( M, La Brabançonne aux 'runes ailes Essayant son vol irrité ; m Les Nas. au c' assés de Bruxelles; v: L'arc-en-ciel de la Liberté ! es Hélas I L'histoire se répi te : J?' Notre héritage est en danger ; c[] Nous râlons parmi la tomp to Sous la botte de l'étr. nger 1 ^ Ah ! sur vos tiurs couleur de c ndre et Vous qui scrutez du haut d i cil, Le gr.,nd c. emin <;iii vie nt de Flandre, c Sa.nte oudule et saint Michel I P' Quand entendrez-vous dans l'aurore p( Et le vent du lar. e, hennir ce Le clic val aux sr.bcts sonores g Le Celui qui doit rotenir? ) 'r Ce jour-là n' s couleurs bannies m 1 avojwi'onf Votre vieux front ; lu Touti s vos clochos réunies L. l.ans l'azur heureux danseront gi il Et vos deux tours, au rr' ] uscule, )r Plongercnt rou es daus le cioi. t,- Saint Michel et Sainte Cudule I n Sainte Gudule Ot Saint Miehei ! g ALBERT GIRAUD. a c: La journée d'Adolphe MAX BRUXELLES DÉLIVRE La libération (la la capitale a été proclamée solennellement'.imanche, à 10 heures du matin. du liauo '.le l'escalier des Lions, à l'llûtel de ville. Cet.o première cérémonie officie'..o a éto très imurersionnante. il ne foule nombreuse, avait envahi notre magnifique forum. Au bal- : 1 con de la maison eu Koi e. aux l'emHres lies I vieilles maisons de la place se pressaient on mas o .es spectateurs. A 10 heures précises. MM. les échevins Lc-monhier, Steeus. Max Ilallet-, Kmiic Jaciimain et Jean Pladet, M. Vautlûer, sacré: airo communal, suivis des membles ci u conseil com-munal, sont apparus sur la Grand'p.ane. jiré-cédés du jfloiIoux dfapoau des chasseurs volontaire) de ltSO, de drapeaux bel^os et : d'ôiend rds aux couleurs de la Ville. Au., inùt une clamour de joie s'élève do la foule dans laaueile on remarque la presenco d'oliieiers et soldats belges, français ei anglais, tivs entourés. M. l'éel avili Lemonniar s'avaneo au balcon de i'escalior des Lion< ei d'une voix vibrante lit la proclama ion suivante : Bruxellois Au nom do l'Administration communale : do Br; x lies, je porio a la connaissance des ( habitants qne Bruxelles occupé par les Allemands depuis lo JO août ly 14, est. en i In délivré ce jour, dimanche 17 novembre l'Jla j à 11 heures du mat n. Vaincu^ iar les armées glorieuses do la ■ civilisation, les barl ares, aussi vils et I lâches tans la défaite qu'ils-étaient.arro-! gants et brut-.iux d ns la victoire, don ont luir sous la pou. sée des baïonnettes du nos imrépides soldats. Ils s'en tont poursuivis par les malédic-tic ns do notre population, après avoir t n-core accompli ici uans ces derniers j, urs, malgré l'armistice, les actes de pillage et d'assassinat h s plus od:eux. 1 » Coi citoyi n , 110 l'oublions jamais. Quo dans nos écoles en apprenne û nos petits enfants la haine du crime c t do ia ; fourberie en 1 -ur ei sei nant l'histoire de 1 l'occupation allemande en Belgique. Bruxellois, ! Comme le clame notre chant national, ! après quatre années d'esclavage, lo Beltie " sort en'..n du tombeau. ' ' ' î I » Nous réssûS&itons à la liberté-Nous respirons. Nous sommes enfin libres. ® Réjouissons-nous. Fêtons l'admirable victoire de nos vaillantes armées. Montrons-nous dignes des grandes et glorieuses destin es que l'avenir réserve à notre cher pays. Vive la Belgique 1 Vive le Roi ! La lecture est fréquemment interrompue par les acclamations (ie la fouie sur laquelle passe un sou aie réconfortant. Lorsque M. l'ôchevin Lemnnnier fait allusion aux actes do pillage ot d'assassinat commis après la signature do l'armistice le publie m; nifeïte sa colère et sa haine par des ■■ hou, i:ou » énergiques. On crie «Vive la Belgique» au pas âge « ...le Belge sort en n du tombeau" 1 comme on acclame l'armée lorsque M. Lemon-nier évoque la vaillance de nos intrépides sol-i dats. On sent quo c'est, la fin d'un horrible cauche-] mar et les séntimen' s de notre lierté nationale ■ se manifestent dans un indescriptible entliou-! siasme. i A la fin rie la cérémonie la foule rrie avec le représentant du pouvoir communal : « Vivo lo i Koi -, tandis quo le drapeau national apparait ! à ia façade do l'iiotel de ville et que les cloches ■ à toute volée sonnent la'Déiivrance... L'Harmonie communale joue la « Braban-' tonne », puis la « .Marseillaise ». le « God savo : Qlie Kine ». les hymnes nationaux des alliés. On acclame encore, on lève les chapeaux. Aux fenêtres on agité les mouchoirs. Quel émouvant prclu'.io aux fêtes de demain... Mais voici que les principales sociétés cho-j raies do Bruxelles entonnent; sous la direction de José De ..ier, la <• Brabançonne », dont les mâles accen s provoquent un nouvel et indes-crip ibie entlioùs.asme. M. l'échevin Lemonni°r repiond la parole pour annoncer que le collège éei.evinal et le 1 conseil communal vont so rendre à la place dos M «w pour y saluer la mémoire des valeureux soldats morts pour la Patrie. Le; so iétés chorales à ce moment chantent u Vers l'Avenir» ot c'est au milieu d'acclamations ininterrompue ■ que lo cortège se . forme pour aller au monument commemo- A la place des Martyrs Sous l'effloresrence spontanéo des drapeaux en brusquement surgis ensemble aux fenêtres, la ce placo des Martyrs, avec .-es jardinets tapissés de verdure, son monument symbolique, ses pignons d'ancien style, apparait sous le ciel gris de novenil.ro toute pimpante et commis ba éclairée d'une lumière intense quo semblent projeter les claires et fraiches et joyeuses cou-lett s des innombrables drapeaux qui la déco- la retit. se Déj:\ la foule énorme ot dense emplit les trottoirs et les escaliers de la crypte ; a toutes sa les fenêtres ot jusque sur ^es tous, se pressent p, des curieux. 11 est dix hein es et demie environ lors-qu'êclatein dans le lointain do la rue Sailli-Mi- di cliel les échos do la « Cantate de Van Arte-veltle » jouée par l'Harmonie.communale qui gf fcatulo la marche du cortège officiel foi mô à i la Urand'Place et qui s'en vient déposer dans . la cryp.o, an nom île la ville de Bruxelles.-ni e superbe couronne « aux vaillants combat- s.' . tant.-, «. di Ce cortège que précède lo vieux drapeau des combattait:* de L3U est e c rié itu groupe des b ? soldats alliés auxquels la foule fait de- ova- 1(' ; tions de.irantes. agitant mouchoirs et chapeaux, 'èpoumonnant en cris de joie, en ac- n-clama.ions interminables. p Demi ro, encadré de drapeaux belges et do banni, res aux couleurs rie la ville, vienne .t ies autorités communales que conduit M. l'échevin Lemonnior, puis, derrière, la foule compacte, vivante, fiévreuse ec vibrante en „ laquelle on sent passer le ouille d'une joie qui t] a besoin uo s'épancher, do jaillir cas poitrines, r une joie trop longtemps contenue et qui tout „ a coup renoue liero éclate irrésisùu,ornent et !■ moine en longs cris vers le ciel, emplit les | laies, mo ré; orcu.e, se prolonge dans toutes ies 0 artères. , Et voici que M. Lemonnior parvient à gravir i £ le degrés oui emplirent le monument et' aii i haut desquels sont rangés les porteurs des t drapeaux uOj écoles, lit iorsque ie silence peat 1 e vfln s'établir, il prononce d'uno voix vibranto itto allocution : Aujourd'hui, jour fameux, jour heureux 2 la délivrance, nos pensées reconnais-mtes vont aux glorieux héros tombés oui1 la Patrie. Ils sont morts les yeux tournés vers ce imbeau d'étoile tricolore, pour lequel le Dldat vit et meurt. C'est pour ce drapeau qu'ils ont fait le itcrifice de leur vie pleine d'avenir et d'es-erances.Gloire il eux ! Nous qui les entourions de notre ten-resse, nous avons le droit do les pleurer 1 >Lt cependant, à notre légitime douleur, e mêle ceite pen ée consolante quo le sa-rifice de leur vie n'a as été vain. C'est grâce à eux qite la Belgique-a été auvéo, grâce a leur héroïsme que la causc e la 1 berté des peuples a triomphé, i, uo leurs familles endeuillées veuillen ien recevoir l'expression émue des condo rances de la nation. Qu'une auréole de gloire entoure la mé noire sacrée de ces iiéros morts pour 1< 'atrie. V :ve le Roi ! Vive la Boigiciuo ! Ce discours est salué d'uno longue ovation Puis les porteurs uo drapeaux accompa filent dans la crypte les édiles qui"vonty dé mser la couronne, tandis qu'éclate une « ûra lançonue » quo ia loule accompagne et re u eriil puis chante la « Marseillaise » et « Ver 'Aveni.i », que toutes les mains se lèvent. qu< ous les mouch irs sont a ites à bouttle bra ît que do nouveiies e interminables acclama ions re en issent, tandis quo la foule peu eu, très lentement pour.ant, s'écoule pa ioutes les rues voisines pour regagner ie con ire i.e la ville où l'animation granuit U'instan ;n in.tant A l'EJtThTŒ'r F1F7 1/11 ïï F? A' A ILa & A O1  â*ss~* tu? v L Une ma.nires.tatian patriotique inou.btsa-»!e a marqué la réception solcanoile de M. .lax par le conseil communal de Bruxelles. Cette réception a eu lieu dimanche eprès-n;di, dans la Salle Gothique de l'hôtel do rXo. Dès avant deux heures, la vaste saile :st ga.rn;e d'un très nombreux public, ,et es invités de marque continuent d'affl'ucir. Je sont notamment le,s hqjargmestres des lommunes de l'agglomération, auxquels la iremiére rangée de chaises a été réservée,-it de nombreux officiers anglais; canadien s ït améJ'ieatns, tous en uniforme lehaki; ils prennent place derrière un das côtés de .'estrade du fond. L'estrade porte une rangée de fauteuils pour les membres du collège, des chaises pour les consoillers. Deux drapeaux ia décorent : l'un aux couleurs nationales, l'autre aux couleurs de la ville. lichevins et conseillers communaux entrant à deux heures et demie précises. Parmi les premiers, se trouve M. van Vollen-lioven, ministre des Pays-Bas. M. Maurice Lomonr.i.er, qui préside, propose de déléguer MM- Brabandt, Vandenbossche et De Liremaeclter pour introduire M. Max. Ces messieurs reviennent au bout d'une minute et la voix retentissante d'un huissier annonce : « Le Bourgmestre 1 » C'est le signal d'une longue ovation. M. Max, encore en costume de voyage, a tes traits fatigués. Mais sa physionom: est èciairée d'uo joyeux sourire et. c'est avec effusion qu'il répond à l'accolade que lui donne le premier cclievun. Colui-ci prend bienlùt kr parole en ces termes : Discours, do M. Lemormicr Bion cher bourgmestre, , Je suis incapable de trouver les mots pour caractériser la joie et l'allégresse des Bruxellois en apprenant le retour 1 d'exil de leur grand bourgmestre. ; Oui, mon,cher Max, de leur «grand ! bourgmestre », c'est ainsi que vous qualifie ia population, fière t orgueilleuse ; de son premier magistrat, parce qu'elle ' a compris, parce qu'elle a surtout sen-■ li, avec toute son âme ardente et impré-" gnée de patriotisme, nue vous êtes la plus haute "personnification de la bra- - voure et du courage civiques; parce - que vous lui avez montré comment les - magistrats communaux belges devaient - résister à l'ennemi. (Acclamations). 11 est une journée à la l'ois triste et fameuse, celle du 20 août 1914, qui ne 3 s'effacera jamais de la mémoire de ia " population bruxelloise. Ce jour, Bruxel- - les fut envahi par les troupes alleman-" des. Vous avez marché, ceint de votre écharpe, à la rencontre de l'ennemi et, ' bientôt, dans une longue conférence qui ' eut lieu à la caserne de la pince Daiilv, 1 vous avez dû discuter avec lo criminel envahisseur, les conditions' tle l'occupation ele Bruxelles. Au nombre de ces conditions, il s'en trouvait une dont le public, autant que je le sache, n'a guère eu connaissance ou qu'il a oubliée. Les Allemands exigeaient la livraison de cent notables en qualité d'otages. A cette demande, vous avez opposé un refus tellement ferme et tellement irrévocable, que les Barba-. res n'ont nas osé insister. (Applaud.) t Au moment de vous séparer d'eux, vous avez su prouver, par un geste énergique, que la plus irréprochable courtoisie se concilie avec ie refus de 3 toucher la main de ceux qui avaient déjà 3 commis en Belgique do ces crimes atroces qui font pâlir l'humanité. (Acclam.' - Vous donniez ainsi l'exemple de la dits gnité que tout citoyen belge devait mon-> trer devant l'ennemi. » Quelques jours après, vous avez op-:- posé ce fier démenti à la fourberie aile-L" mande : « Le Gouverneur allemand de la ville 0 de Liège, lieutenant-général von Ko t- levve, a fait afficher l'avis suivant : « Aux habitants de la ville de Liège, a » Le.bourgmestre de Bruxelles a fai it » savoir au commandant allemand qu >s » le gouvernement français a déclaré ai » gouvernement belge l'impossibilité d » l'assister offensivement en aucun s° » manière, vu qu'il se voit lui-mêm x » forcé % la défensive. » x~ » J'oppose ù cette affirmation le dé « menti le plus formel-°n » (signé) ADOLPHE MAX. » 3s (Acclamations, longs applaudisse s' ments). ie Le 16 septembre, l'odieux et bruit ié gouverneur allemand de Bruxelles, 1 :;e général baron von Luttwitz — dont 1 a" nom exécré doit passer à la postêrilt annonçait, par voie d'affiche, à la ne pulatiori, qu'il considérait le drapea se belge flottant encore à nos fenêtrei o- comme une provocation pour les troupt allemandes et :!\en ordonnait l'enlèvi ment- Le jour même, vous avez riposté cette insulte par cette protestation ind gnêe, "ui restera la plus courageus 'et la plus hère protestation d'un magi trat communal : « Chers concitovens,. » Un avis affiché aujourd'hui noi Ito apnrend eue le drapeau belge arboi aux façades de nos demeures, est co: L,x sidéré comme une provocation pour b trouoes allemandes. IUS » Le feld-maréchal von 'der Golt dans sa proclamation du 2 septembr le disait .pourtant « ne demander a pe sonne de renier ses sentiments patri le tiques ». Nous ne pouvions donc pr es- voir que l'affirmation de ces séntimen serait tenue ^our une offense. » L'affiche qui nous le révèle a ét înT je le reconnais, rédigée en termes mes >r ! rés et avec le souci de ménager nos su sa ceptibilités. » Elle n'en blessera pas moins, d'u oté manière profonde, 1 ardente et fière p iso pulation de Bruxelles. » Je demande à cette population 3,nt donner un nouvel exemple du sang-fre et de la grandeur d âme dont c-lle • fourni déjà tant dû preuves en c ia jours douloureux. » Acceptons provisoirement le sac fice qui nous est imposé, retirons n drapeaux pour éviter des conflits, et j on. tendons patiemment l'heure de la ck pa- yrance ». (Bravos. Applaud.) Ira". Quelle fierté, quel réconfort pour r re- concitoyens quand ils lurent cette C1's gne protestation -rismurs de ia vil L'envahisseur avait imposé à i'agg ma- rnération bruxelloise, outre d'énorn 11 11 réquisitions de vivres, une contributii :en- de guerre de 50 millions, payable i ant médiatement. Par votre résistai; obstinée, vous avez obtenu que le pa ment se ferait par versements écheh nés au moyen de bons communaux, mis immédiatement aux Allemands i pouvaient les négocier en banque. Les Allemands, grâce à votre énerf s'engageaient à ne plus faire de réqu tions de vivres que contre paiem que comptant. Quelques jours après, an i pris de ses engagements formels — i ^ vait-on pas dit, ù Berlin, quo les en gements ne sont que des chiffons de pic-r ? (Rires) — le gouverneur allemc faisait opérer par ses troupes, des quisitions sans en effectuer le paieme lots La riposte ne se fit pas attendi ;sse Vous décidiez que les bons de cai our eommunauS ne' seraient pas payps 30 septembre. Le lendemain, 2G sept< and i)rei ie gouverneur allemand vous m lua" dait pour savoir si vous étiez l'aut de la lettre avertissant les banques d rôter le paiement des bons, pré- Dans votre réponse affirmative 3 la nette, 'vous avez rappelé au gouvern bra- ses engagements. iree L'Allemand ni - , contesta et, priâ~d ■ les de ces accès de rage qu'éprouve gém .ient lement le malhonnête homme p. devant un homme loyal comme v P , êtes, il vous a déclaré que vous é p 'j® suspendu de vos fonctions et que v ,vCi_ seriez intenté dans uns forteresse n'an- Allemagne. (Huées.) otpe L'orateur rappelle ensuite les dimar 1 des échevins, qui ne furent autorisés i oui roVOIr M.. Wax durant quelques instc liliv, 'e 20 saptembro 1911-,avant son départ ; line! l'exil, puis son -long calvaire dans les tenesses ou prôsons de Namur, Glatz,Ceîlet^ Berim et Gosiai-. Pendant votre exil, continue M. Len; monnier, la population a subi les vioj lences physiques et morales les plu$ ! atroces. Les caisses publiques et privées onf été mises au pillage sous forme de con-: tributions, d'amendes et do formidable^ pénalités. Bfcs condamnations à mort, ' aux travaux forcés et à l'emprisonnement ont frappé une foule de nos meilleurs concitoyens. La police, qui a fait preuve d'un patriotisme indomptable,; n'a pas été épargnée. Et cependant, tous les moyens de ter< reur mis en œuvre par l'occupant n'ont pu abattre un instant l'énergie de lai population bruxelloise, qui a constant* ment résisté à l'ennemi, et, telle est lai santé morale de nos concitoyens, qu'aux heures les plus sombres de ces quatre anniees de souffrances et d'espérances ; déçues,la plaisanterie bruxelloise s'exer-. çant aux dépens du lourd esprit teuton,; n'a jias perdu un instant ses droits. Àu milieu de ce déchaînement de viol-1 ' lances, les administrations communales, J inspirées par votre exemple, ont été des' i centres de résistance. ous pouvez être ; légitimement fier, mon cher Bourgmes-; 3 tre, du conseil communal que vous pré-.! sidez. (Ap/plaudissementis.) Les membres de votre collège, auxtj quels se sont joints, pendant l'exil de Jacamain et le mien, nos collègues Bos-- quet, Brabandt et Bauwens, le conseil1 communal tout entier, ont été admi-i .] rables. (Applaudissements.) e Un public hommage doit être rendu' e au dévouement inlassable du personnel :, do l'administration communale et, spéi i- cialement, à notre éminent secrétaire,; u Maurice Vauthier, dont lo jugement clair, les avis juridiques et la plume ex-. f perte ont été d'un si précieux concours I pour le collège. (Très bieit.) j_ Pendant ces quatre années d'occupé ;e tion ennemie, le conseil a montré une j. union absolue ; ici, pendant ces quatrai années, plus de partis, un conseil communal uni dans lés mêmes sentiments. 1S patriotiques pour faire face à l'ennemi., ■é II a fait preuve de bravoure, d'éner- i- gie, d'esprit d'initiative ; il a réconforte ïS et soutenu la population ; il a organisai des œuvres d'alimentation et de solida* z, ritét qui étonneront le monde quand oui, e> en fera l'histoire. f" L'administration communale a co®*} ?" stamment été soutenue par les ministre^ , protecteurs d'Espagne et de Hollande^ tS (applaudissements), par la Commission' i for Relief in Belg'ium.et par l'admirable .,1 Comité National, qui ont sauvé la Bel-s- g'ÎQ.'U© des liorreurs do la faim. .(^P* plaudissements.) . .„ ie Mon cher Bourgmestre, je vous ai f ai«^ Q- c;ubir une longue allocution, ; jo dois; m'en excuser ; après une si longue sé-(]e paration, j'avais tant do choses à youd ,id dire encore que je ne vous ai pas dites, a Le conseil communal, pendant ces es quatre années douloureuses a payé son! tribut à la mort. Elle a frappé sans dis-; ri- tinCtion d'âge ou de constitution phy" os sique nos chers collègues DassonVille,-lt- Maes, Ya'ndersmissen, Desmedt _oo li- Moons. Nous adressons à leur mémoire un souvenir profondément ému. os Maintenant, mon cher président, Je ii- Vous invite à reprendre ce siège qui était !e- déjà un poste d'honneur et qu'en digne Io" descendant des fiers magistrats de Brun; ies x ailes, vous avez encore illustré. on une nouvelle ovation salue la fin de csi m- discours. M. Lemont^er laiit hommage à ce M- -Max d«s deux originaux des affiches jp_ dont îl rappelait tantôt le texte et s écrie • Vive notre, grand bourgmestre! Vive Maxl (Lougu-es acclamations. ) îui Un lettre du ministre d'Mpagn® ■ie. M. Lemoniîàeir doiioie lecture d'une lettré du marquis de Var,neteinu auprès\ " \ Roi et qui regrette ne pouvoir assister à. lal sèancéi mais souhaite à M. Max la bien* venue la plus cordiale. 1 Au nom de son collègue Brand Whi'tiocK 5^- au suen, le marquis d-e ViiLlalobair îai» pa- p:rtôs-an/t au bourgmestre du Icvre portant ,nd les signatures de tous ceux qui ont demaiv* ré- d6 sa libération., f: Discours do MM. Steeas et Bosquet SS0 M. l'échevin Steen.s, qui siège depuis 37 le ans au conseil communal, rappelle à son lin- tour l'épisode du iJU août llJ14, lorsque le an- général ennemi tondit la main à M. Max, r,,,r qui la relusa, puis les actes de fermeté de aiotre grand bourgmestre et sa croeltt odyssôe dans les prisons allemandes. M- Max lut interné jusqu'au 10 oetebn et dans la prison de Namn-r, jusqu'au 25 no-sur v-embre l'J15 dans la forteresse de Glatx jusqu'au lui octobre Î91G dans la forteiMsm 'un de Ceiies-Schioss; juseiu'au 21) janvier 191! ira- dans une. prison cellulaire de Berlin. Nou 'acJ veau séjour à Ce.Ue-Schloss jusqu'au 28 lié ons vrier et retour i la prison militaire de Ber im jusqu'au 30 ootobre, date à laquelle t est envoyé à Uosslar. ous M. Bosquet, en quailité de doyen de soi on groupe, exprime la joie et le bonheur de lt I population bruxelloise. Lorsque autrefois :lvw dit-il en 'terminant, sur les bancs de l'école iju'is j'apprenais l'histoire de Belgique, ce que ji mts, relisais avec le plus de plaisir, c'était le jour passages relatant la vie et les actes d© l'or- grands communiors d'antan., No.us savon

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