L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam

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s.n. 1915, 05 Mei. L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam. Geraadpleegd op 30 november 2021, op https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/nl/pid/251fj2b84b/
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icr«s Antiee m 194 s cents u« Centimes^ IV&ercrem S mm «y»ts L'ECHO BELGE L'Un ton fait la Force. «Journal Quotidien du matin paraissant à. Amsterdam Belge est notre nom de Famille. Toutes les lettres doivent être adressées aa bureau de rédaction: N.Z. VOORBUHGVÏAli 234-240 Téléphone : 2797. Rédacteur en Chef: Gustave Jaspaers. I Charles Bernard, Charles Herbiei, Comité de Rédaction: ] Gustave Peellaert, René Chambry, ( Emile Painparé. Pour Ses annonces, abonnements et vente au numéro, s'adresser à l'Administration du journal: N.Z. VOOHBURGWAL 234-240. Téléphone: 1773. Abonnement / En Hollande fl. 1.50 par mois, payable par anticipation < Etranger fl. 2.00 „ ■> Contrastes ^C'était le 1er de mai, écrit Boccace, jour où 6elon lac coutume, Folco Portinari, homme eu grande estime parmi ses concitoyens, avait rassemblé chez lui ses amis avec leurs enfante. Dante alors âgé de neuf ans seulement était du nombre de ses jeunes hôtes. De cette joyeuse troupe enfantine faisait partie la fille de Folco, dont le nom était Bice..." Il m'a toujours plu de relire cette page le jour où le lion populaire a accoutumé de rugir dans la rue. Aimable contraste. D'un coté la colère, la vaine agitation, de l'autre les plus clairs enchantements qui puissent transporter une âme humaine. Et mes souvenirs se reportent vers la Fineta, la forêt ombreuse et profonde que le Dante célèbre dans son enfer, et. dont les pins trempent leurs racines jusque dans l'Adriatique, par delà Ravenne, la ville des Tombeaux. C'est là que pour la première fois le Dante rencontra Béatrice, c'est vers ces rivages que lord Byron, cavalier vagabond, emportait la Guiccioli* dans ses courses sauvages. Terre de poésie, ce n'est pas en ce moment sa poésie qui nous attire. Ainsi au jour où la Grèce des grands Palicares, descendants des héros de Salamine, s'arrachait au joug Turc et que le cri des filles de Chio éventrées par les bachi-bouzouks faisait frémir l'Europe, l'Anglais passionné sut s'arracher aux doubles séductions de l'Italie et de sa maîtresse.Pour finir en héros son immortel ennui. La volupté de l'Italie n'étouffe pas l'héroïsme — chez les étrangers. "Elle ne l'étouffé pas davantage chez certains Italiens comme ces admirables Garibaldi qui ne mettent pas que des mots au service de la liberté opprimée et du droit. Aujourd'hui même, 5 mai, nous verrons si leur généreux enthousiasme parviendra à enflammer le coeur prudent de leurs compatriotes. L'Italie fête l'embarquement des Mille à Quarto (qui eut lieu le 5 mai 1860). "Un marbre étincelant élevé à la place même où eut lieu cet embarquement, plein de tous les espoirs que peut faire naître une pierre sculptée chez des hommes à l'imagination prompte, et un discours de M. Gabriele d'Annunzio imprimeront-ils enfin une direction à l'âme hésitante de l'Italie et Borne tirera-t-elle enfin l'épée pour la défense de la cause latine ? Oui le vieil esprit guelfe l'emporte en cette époque où l'on accuse les papes de sympathies pour les gibelins. Mais il ne s'est encore manifesté qu'en discours. Celui de M. Gabriele d'Annunzio ne sera-t-il qu'un discours de plus ou cette harangue aura-t-eile la valeur d'un acte? On dit qu'il a refusé avec indignation de la soumettre à la censure, le roi et M. Salandra, président du conseil, devant assister à la cérémonie. Ceci est antiprotocolaire, mais le peuple italien supportera-t-il que le chef de la nation et le chef du gouvernement soient absents à une manifestation où bat tout le coeur de l'Italie pour une question de protocole? Et s'ils y assistent, quelle sera leui attitude devant les métaphores du magnifique et tumultueux auteur du ,,Feu"? Sans doute M. de Bulow n'attend pas sans inquiétude l'issue de cette journée d'où peut dépendre la fin de sa mission. Jusqu'où son scepticisme et sa connaissance des tommes jugeront-ils qu'il est bon de laisser une soupape de sûreté à l'âme italienne, toujours remplie d'orages, et que, tant que ces gens discourent, ils ne se battent pas? Peut-être le lendemain le petit marchandage diplomatique recommencera-t-il avec tout ce qu'il comporte d'astuce, de ruse et de piètre habileté. Ni le bruit de la plage sonore où s'élève le monument des Mille, ni le vent de l'éloquence lyrique de M. Gabriele d'Annunzio ne balayeront cette fétidité et cette bassesse... Curieuse mentalité que celle de ce peuple eu partie double, et qui n'a invente de rhétorique si belle que pour donner un exutoire à tout ce qu'il a en lui de noble et de généreux — pour s'en laisser bercer toujours et ne s'y Wiier prendre jamais 1 Charles Hraard. Propos de Guerre. Robert Couroubie. C'est Te nom d'un héros, d'un héros de vingt ans. C'était mon ami, et le fils adoré de mes vieux amis. Il vient de tomber sur l'Yser, avec tant d'autres qui étaient comme lui la fierté de leur pays et de leurs parents. Retenez le nom de llobert Cou-rouble. C'est le nom d'un héros. On ne dira 'jamais assez ce que la jeunesse bclr/e a réalisé dans la guerre qui est faite à ce pays de vaillants. On ne chantera jamais assez dignement Vhéroïsme incomparable, Ventrain, le désir de vaincre qui anime d'un souffle enflammé tous çés jeunes gens, que l'exemple de leur Roi et le sentiment d'une immense injustice infligée à leur pays a rendu redoutables aux plus forts et a assoiffés de vengeance.... llobert Couroubie était un enfant d-'une grande douceur. Je l'ai connu tout jeune encore, beaucoup plus jeune qu'il n'était à son dernier mutin. La vie lui avait été particulièrement bonne, et, chose étrange, il avait mérité ses faveurs. C'était un modèle, non pas. le type de l'enfant-sage, de l'enfant soumis et sans moelle dans la troupe de qui se recrutent les nullités innombrables. que nous croisons chaque jour. C'était un caractère< C'était un enfant% tendre, modeste et bon. Il était l'idole de ses parents, de ses amis, de tous ceux qui l'ont connu, même superficiellement. Il avait un coeur généreux et charmant, et le plus beau courage qu'on vit jamais. J'ai vu bien des lettres de lui, écrites du front. l'Jlles étaient courtes, militaires, remplies de feu, de joie, et. palpitantes d'un immense espoir, d'une bienheureuse certitude de victoire. Ce jeune homme, qui avait fait à Bruxelles des études d'un éclat exceptionnel, qui s'était destiné au barreau, et qui y aurait tracé un sillon profond et personnel, ce jeune homme qui avait passé des nuits studieuses sur des livres et des codes, se changea sans effort en un soldat, et quel soldat! Il faisait son service militaire lorsque la guerre éclata. Je me rappelle l'avoir vu, la dernière fois à Bruxelles en juin dernier, dans son bel uniforme. Comme nous avions ri ensemble. Car ce studieux adorait rire. Il avait vingt ans, •/?.'est-ce-pas?.... Il fut à Liège, à Haelen, à Malines, à Anvers, sur l'Yser, partout où l'armée belge s'est couverte d'une gloire immortelle dont Robert avait sa large part. Il y a deux mois, il s'en fut à Gaillon où il passa son examen de sous-lieutenant. Puis il revint au front, enthousiasmé à l'idée de se battre encore pour la plus belle des causes. Il- m'écrivait alors: ,,Au revoir à Bruxelles. Moi, je passerai via l'Yser, mais nous nous reverrons tout de. même là-bas..." J'ai reçu cette jxiuvre et charmante lettre le lendemain de sa mort, le même jour que l'annonce de sa mort Pauvre et cher Robert! Je pense avec une fraternelle tendresse à vous, qui êtes mort comme vous aviez vécu, d'une mort simple, belle, silencieuse, incomparable. Hélas! Vous étiez si jeune, pour mourir ainsi! Je sais bien que vous aviez fait le sacrifice de cette vie qui était pour vos parents l'unique raison de vivre. Et voilà que vous n'êtes plus. Une balle allemande, et c'en est fait de ce charmant, de ce brave garçon, et de tout ce que sa vie lui promettait encore de délectable et d'heureux! C'est trop dur vraiment. C'est trop cruel! Mais nous ne vous oublierons pas. Votre souvenir restera en nous vivant, et grandiose comme votre mort. Nous ne finirons jamais de vous pleurer et nous ne finirons jamais de vous donner en exemple à nos enfants et aux enfants de nos enfants. Adieu, mon cher enfant> René Feibelman mm m I h consul modèle. Le gouvernement belge vient de charger notre ministre à Stockholm de s'informer au sujet des agissements de M. Roberg, consul de Belgique à Stockholm. Le dit M. Roberg, le président de la firme d'armateurs Brosteom à Goteberg, était en même temps qui consul belge membre de la commission do l'industrie et des risques de guerre. Or, le gouvernement suédois vient de j démettre M. Roberg de ces dernières fonc- ; tions. Les journaux danois sont unanimes à dire que le motif de cette disgrâce doit être attribué à uue déclaration de M. Ro- , berg à un journal au sujet de l'affaire du ; navire ,,England", pris par les Allemands, j M. Robert, alors que le gouvernement sué- I dois s'efforçait de faire libérer le bâtiment, émettait l'avis que les Alleimands avaient bien agi en saisissant ce navire ! Ajoutons que ,,notre" consul s'était déjà signalé à l'attention publique, il y a quel-! que temps, ,,d'une manière peu flatteuse", dit notre confrère le ,,Social Demokrater" de Stockholm, ,,en déclarant, lors de l'organisation de la souscription en faveur des Belges nécessiteux, que cette souscription j n'était pas nécessaire, et ce, nonobstant 1 qu'il fut consul de Belgique." Souhaitons que le rapport de notre ministre à Stockholm permette de régler bien vite la situation de cet étrange consul. L',.Echo Belge" a d'ailleùrs dénoncé ce singulier représentant des intérêts belges, ! —■ voici bientôt deux moisr En Belgique. A OraaxeSSes. Nous lisons dans l',,Algemeen Handels-blacl" d'Amsterdam l'article suivant qu< lui adresse son correspondant de Bruxelles: Par arrête du 26 avril, paru le 29 dans le ,,Gesetz und Ordnungsblatt",le gouverneur général allemand a tait une démarche importante qui pourrait avoir une influence considérable sur la monopolisation des produits de l'industrie charbonnière. D'après cet arrêté, en effet, une centrale charbonnière qui aura son siège à Anvers a été instituée en Belgique. • Cet organisme sera chargé de distribuer le coke, les briquettes, — bref toutes leg productions des usines à coke. La j3Kol€n< Centrale" se trouve sous le contrôle de l'administration civile, rattachée au gouvernement général. Tous 1os producteurs seront obligés de remettre leur stocks à cette Cen-i traie qui se chargera de les vendre. Cette vente sera soumise à un règlement que le gouverneur général doit encore ratifier. Nous ne pouvons encore en parler en détail. Mais cependant une commission sera prélevée par la Centrale, commission que les producteurs devront payer. Elle sera minime disent les Allemands. Il va également de soi que tous les contrats conclus avant la guerre sont annulés, à moins que, ces achats ne concernent une livraison urgente, dont la preuve devra, évidemment, être faite. Tant pis pour l'acheteur ! Celui qui ne passera pas par la ,,Kolen Centrale" sera puni d'une amende de 10.000 francs maximum. C'est von Bissing qui décidera de l'importance de celle-ci. On pourra saisir les marchandises vendues. Au cas où la valeur ne pourrait pas être fixée exactement, on s'en tiendra à une valeur appro-ximativé. Cet arrêté entre immédiatement en vigueur. Dans*les milieux charbonniers, à Bruxelles, cet arrêté a provoqué une agitation fort vive. Tous, les commisionnaires et les négociants sont particulièrement in-qujçts et craignent, beaucoup pour leurs affaires. Ce matin, j'ai pu interviewer quelques intéressés qui savaient, depuis plusieurs semaines, qu'il y avait anguille sous roche, irais ils ne s'attendaient pas cependant à ce que cet arrêté fut promulgué si vite, lia se ]>erdent en conjectures sur le but de cet arrêté. Tous lès représentants des charbonnages se sont réunis à Bruxelles. Deux versions circulent. La première est que le gouvernement allemand a prié deux personnalités du pays charbonnier wallon de transmettre toute leur production au gouvernement allemand, oe qu'ils auraient refusé. Ils auraient même préféré cesser leurs affaires et payer leur personnel de leur poche que de satisfaire à une telle exigence. • La sèconde version est la suivante; un syndicat allemand aurait acheté beaucoup de charbons en Belgique dans le but de les expédier en Allemagne où les charbons sont en hausse par suite du manque de main-d'oeuv