La dernière heure

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14 december 1918
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s.n. 1918, 14 December. La dernière heure. Geraadpleegd op 14 oktober 2019, op https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/nl/pid/n872v2d698/
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La Dernière Heure et La Petite Feuille BUREAUX 9, RUE ST-PIERRE, BRUXELLES Ouverts de 9 à 5 h. Les jours fériés de 9 à midi. Les annonces et réclames sont reçues aux bureaux du journal et à l'Agence Havas, 8, place des Martyrs(rrétage), Bruxelles. j '* g*/"»**si rIBLDS / 2- Ed. MATIN NOS ÉDITIONS A BRUXELLES : 1™ » 6 heurts du soir 2™ dans la nuit - - - lfotM prions Bo< lecteurs de roi II or à oe qu'on leur délivre l'édition <joi doit être en rente normalement à l'heure où lis achètent leur numéro. ■ N° 20 TREIZIÈME ANNÉE SAMEDI 14 DÉCEMBRE 1918 10 CENTIMES TABLEAU DE PARIS Quelques semaines avant la guerre j'étais à Paris. Je viens de revoir la ville triomphale, après plus de quatre ans et demi, qui sont comme un amas confus de nuits grises. Mon esprit confronte les deux impressions. C'est d'elles que je voudrais vous parler aujourd'hui. Je me souviens: La « Season » de 1914 s'était prolongée bien après le Grand Prix, et finissait dans une frénésie de plaisirs. Paris s'étourdissait dans un bruit joyeux de cristaux entrechoqués et d'or qui tintait. Paris soupait, Paris chantait, Paris tanguait. Cependant, au sortir d'un thé-tango, ou d une représentation de ballet russe, la Parisienne courait à un cours de la Croix-Rouge. Pourquoi ? C'est qu'une anxiété inconnue troublait déjà l'âme de Paris. Mais la Ville enivrée, sentant confusément s'allonger vers elle l'ombre d'un destin tragique, redoublait de folies. Paris était beau joueur. Il ne laissait rien paraître sur son visage élégamment composé. Et a voix mystérieuses qui, depuis Agadir, l'avertissaient, il répondait par un mot d'esprit. Paris était la Ville de joie qui s'offrait dans toute sa splendeur papillottante 1 nne foule cosm, p lite et insatiable. Cette même ville,je l'ai revue il y a peu oe jours. Elle était animée et brillante; elle fêtait la venue du roi et de la reine des Belges, elle se livrait tout entière à sa joie. Mais ce n'était plus le Paris d'autrefois.Ce n'était plus la foule nerveuse, tré- Îiidante. C'était un peuple qui avait souf- ert. qui souffrait encore, dans sa chair et dans son esprit, un peuple qui avait fait front devant un ouraçan de feu, un peuple qui avait lutté, qui avait vaincu, et qui, dans la victoire, avait pris conscience de sa force et de sa destinée, et qui en connaissait le prix. Il était composé de soldats, de vieillards, de femmes, d'enfants. Combien d'eux pleuraient un fils, un frère, un enfant 1 Les foyers étaient encore vides. Ceux-là qui auraient dû y prendre place étaient encore à l'armée. Aussi cette foule était-elle grave. Elle Acclamait les héros, mais en se souvenant des absents. Elle ne se répandait plus, comme jadis, sur les boulevards, n'envahissait plus les lieux de plaisirs, ne courait plus au théâtre. Le théâtre est un délassement pour les seuls poilus. Quant au thé-tango, aux palais de patinage, aux restaurants de nuit, aux salons de pâtisseries célèbres, aux cabarets excentriques, ils ont fermé leurs portes. A 11 heures du soir, Paris s'endort. Vous n'entendez plus, la nuit, le sourd bourdonnement des voitures et des autos •ur le pavé de boi3. Ceci est nouveau*, on peut dormir à Paris. Jadis, un magazine à la mode, consacrait une dizaine de pages à la journée d'une Parisienne. Il n'en faudrait plus que deux aujourd'hui. A peine débarqué, vous cherchez des yeux une auto. Vous êtes béni du ciel si vous la trouvez à portée de la voix. Les- chauffeurs sont aux armées et ont emporté leur voiture avec eux. Certes, ' les chauffeuses se sont multipliées, mais elles ne sont point légion. D'ailleurs, les femmes ont trouvé des situations plus stables dans les postes, le télégraphe, les chemins de fer, les banques. Elles tiennent le métro. Très crânes, le bonnet de police sur l'oreille, toujours coquettes et empressées, elles surveillent les voitures, contrôlent les billets, gourmandent les voyageurs. Vous achetez les grands journaux du matin? Ils n'ont plus qu'une feuille. Vous voulez prendre l'apéritif? Il vous est refusé parce que ce n'est point l'heure; vous voulez faire emplette de chocolat ou de quelque autre friandise? Il faut une carte. Il faut une carte pour le pain, il faut une carte pour le sucre, il faut une carte pour le tabac. Pour quoi ne faut-il pas une carte? N'espérez pas satisfaire votre gourmandise dans une pâtisserie à la mode, ©n n'y débite plus les petits gâteaux. Adieu babas, éclairs, religieuses, croquants! Vous n'y trouverez que siTops et boissons rafraîchissantes. Vous rendez visite aux Grands Magasins et vous constatez que tous les articles ont triplé et quadruplé de valeur. Mais vous, qui venez de Bruxelles, vous emporterez avec une joie sauvage une paire de gants qui n'aura coûté que neuf francs et une paire de souliers qui n'en aura c ûté que cinquante. Et la mode? Paris n'a pas abdiqué. Les grands faiseurs inventent, combinent, adaptent. Voici précisément une noce sélect dans un des premiers hôtels de la rue de Ri-yoli. Les invités sont réunis dans le hall. Les robes des jolies femmes sont de plus en plus écourtées; je crois bien qu'elles s'arrêtent aux genoux. Mais elles ne sont plus évasées comme des jupes de patineuses. Elles se recourbent, se referment pudiquement sur les jambes qu'elles entravent de leur soie éclatante. On dirait d'une tulipe renversée, à peine éclose. Des mantelets de fourrure, des capelines, s'entortillent autour des bustes, montent jusqu'au visage, s'arrêtent aux yeux, qui paraissent plus brillants dans l'ombre des riches toisons de fauves. Les chapeaux sont mignons. Les hommes ne sont point en habit. L'habit fut proscrit durant la guerre et l'on citait,comme un événement, sa réapparition à l'occasion de la visite du roi d'Angleterre. D'ailleurs, qui l'eut mis? La population mâle tout entière n'est-elle pas militarisée? Dans les musées, au théâtre, dans les restaurants, aux clubs, dans les rues ce ne sont que soldats et soldats de toutes nations. On leur fait fête, surtout les Américains. Les Américains sont, en ce moment-ci, l'orgueil de Paris. Ils sont invités, choyés, promenés par les plus élégantes Êarisiennes. Il n'y en a que pour eux. t eux, pareils à ae grands enfants, très doux, très bons, se laissent faire en riant. Ils ont conquis tous les cœurs. Et de fait, ils sont sympathiques de par leur simplicité, leur sorte d'ingénuité, leur franchise. Ils ne traînent pas un cortège d'aïeux à leur suite, ils ne s'embarrassent pas de traditions surannées. C'est une humanité nouvelle, libre et pratique. Et comme j'admirais encore ce Paris nouveau, ce Paris au visage grave et viril, un officier vint à moi qui me dit: c C'est vrai, Monsieur, nous ne nous connaissons pas nous-mêmes. On nous avait tant dit que nous étions en décadence! Par politesse nous n'y contredisions pas. Et puis, malgré tout, nous étions, aux yeux du monde, les vaincus. La France, n'osant plus parler, chantait, riait, faisait de l'esprit. Il a fallu la Marne. Nous avons forcé la victoire parce que l'âme de la France était la plus forte. C'est 92. Désormais, la France est rendue à son génie; elle reprend sa mission civilisatrice. » — < Oui, dis-je, vous avez la Marne et vous avez Verdun. — t A Verdun, me répondit-il, nous avona résisté avec de la chair. » DIXMUDE ! HOUTHULST ! De la ville il ne reste rien, de la forêt quelques troncs brisés (De notre envoyé spécial) L'auto stoppe au delà du pont. Il paraît que nous sommes à Dixmude. La carte d'état-major nous l'indique et le commandant Van Truyn nous l'affirme. Il faut donc noua rendre à l'évidence. Toute persuasion n'est pas vaine. .11 nous semble être devant un terrain vague comme il s'en trouve aux abords des grandes villes et où les charretiers Vont déverser les décombres et les immondices. Parmi l'amas de ruines, nous gravissons tant bien que mal, sur l'emplacement de la tour de l'église, un monticule de briques et de moellons d'où l'on domine l'alentour. Hormis l'observatoire allemand et quelques pans de mur de l'hospice, une seule habitation est restée debout, encore que trouée par les obus: c'est une villa en briques rouges. Elle a l'air dépaysée. Ah ! oui, il y a encore là une façade avec ses quatre fenêtres intactes. C'est tout ce qui demeure de cette petite ville de 3.46D habitants. Au bas de la surélévation, d'où nous venons de descendre, une soupente exiguë s'aperçoit sous les éboulis. A la porte, une inscription nous arrête: Burgermesterei Dixmude. Zum Kranken Affen. (Mairie de Dixmude. Au Singe Malade.) Suit le nom d'un pérson-nage de la tétralogie wagnérienne: Kriem-bild.Nous déambulons parmi les monceaux de décombres et nous voici à ce que les Dix-mudois appelaient « la nouvelle promenade ». C'était le mail de la ville, ce n'est S lus qu'un marécage à quelques centaines e mètres des bloclchaus allemands. Dans la direction sud, nous apercevons la butte du château de Woumen sur l'ancienne route d'Ypres. Aux abords, les ruisseaux des polders — les graehten ou les vaarten, comme on les nomme ici — des flaques, de? caillebotis, des débris de passerelles. Quelques paysans à vélo arrivent par une route déblayée, au bord de laquelle un Dix-mudofs vient de construire une cabine en Elanohes où se lisent les mots: t kantine-ier ». A côté, les fondations d'une maison ont été rétablies et déjà une rangée de moellons est posée. Ce sont les premiers indices, très vagues, de la restauration de la Flandre dévastée. Faut-il avoir un cœur chevillé au sol natal pour entreprendre là, sans autre secours que celui do ses bras, la reconstruction d'un foyer. Une interview dans le désert Nous joignons le commissaire de police qui, seul avec notre cantinier, a réinstallé son quartier général en ce désert de ruines.— Vous êtes donc revenu? interrogeons-nous.— Ma foi, oui, après quatre ans d'absence. Et je suis arrivé au bon moment. Jugez Slutôt: je n'avais plus touché un centime e traitement depuis 19.14; or, il y a quelques jours, M. le ministre Anseele, en tournée dans ces parages, m'a heureusement allongé 1,000 mark qu'il s'est chargé de réclamer plus tard à la commune. C'est de la veine. — Et que pouvez-vous bien faire dans ce désert* — Je suis parvenu, à l'aide de points de repères, à reconstituer la ville dans ma mémoire. Alors, comme, de temps à autre, quelque Dixniudoia s'en revient errer parmi les ruines pour retrouver sa demeure, je me charge de lui indiquer l'emplacement de sa mai&on. J'y parviems presque toujours. Tenez, voyez ce trou creusé parmi les tas de briques et qui découvre un cube d'eau sous la cendrée d'une cave: il y avait là uno cachette remplie d'écus. Nous l'avons exhumée, hier, le propriétaire et moi. — Et vous vivez? — J'ai amené ici des provisions pour quelque temps; je les renouvellerai, grâce à la complaisanee de quelque chauffeur d'auto. Comme nous venons de quitter notre interlocuteur, nous croisons une charrette à chiens, chargée d'un bahut et de sacs. L'homme et la femme qui l'accompagnent ont l'air mélancoliques et souffreteux. Nous leur exprimons notre étonnement de les rencontrer ainsi et ils nous lancent au passage cotte simple phrase: — C'est encore mieux ici qu'ailleurs: Dixmude, on n'a que çà ! La rentrée chevaleresque Jusqu'en novembre. 1914, Dixmude fut défendu par des fusilliers marins français, des Marocains et les troupes belges du colonel Jacques. Notre artillerie y opérait. Le 11 du même mois, l'ennemi entreprit un marmittage continu, un bombardement infernal. Il mit tout en œuvre pour passer. Il n'ignorait pas que les Marocains, quoique soldats d'élite à l'arme blanche, sont souvent effrayés par le bruit du canon. , La violence incroyable de l'action provoqua le dernier spasme de la ville. Il fallut abandonner la position qui ne fut reprise, que le 29 septembre dernier, après un encerclement, par les troupes du général Michel. La rentrée dans la ville fut l'occasion d'un incidont chevaleresque. Le volontaire Maroy avait fait preuve d'un héroïsme incomparable: dix fois, il avait été porté à l'ordre du jour et, en quelques semaines, était passé du grade de sous-lieutenant à celui de capitaine. Maroy avait été tué en patrouille quatre mois environ avant la reprise de Dixmude. En souvenir des hauts faits d'armes qu'il avait accomplis, sa compagnie, qui appartenait à la quatrième division d'armée belge, eut l'honneur de pénétrer la première dans la ville reconquise. Pervyse Nous atteignons, entre chien et loup, i l'heure précise où nos soldats gagnaien' leurs tranchées, le village de Pervyse qu n'est plus, lui aussi, qu un amoncellemen' de pierres et de torchis et où aucun habi tant n'a réapparu. C'est en 1914 surtout que les Belges li vrèrent ici de sanglants combats. Après h passage de l'Yser, à Schoorbakke et à Ter vaese, la région comprise entre Saint-Geor ges et l'est do Suyvekenskerke était à l'en nomi. A mi-chemin de la ligne ferrée Nieu Sort-Dixmude, qui devait servir plus tare e digue protectrice pour les nôtres, il s'a gissait pour nos troupes,, malgré le dénû ment dans lequel elles se trouvaient, aprèi la retraite d'Anvers, avec des canons usé! jusqu'à l'âme, de se terrer là et de barrer à tout prix, la route à l'envahisseur. Des combats de rue eurent lieu dans et quartier de la gare, où nous sommes main tenant, où toute trace d'habitation a disparu.La troisième division belge livra une défense furieuse; elle ne se laissa jamait désemparer, en dépit de la force supérieur* des Teutons: elle ne lâcha pas un pouct de terrain. La situation fut terrible jusqu'à l'inondation, qui vint à la rescousse: les tertref d'un cimetière témoignent des sacrificej nombreux qui furent consentis là par le« nôtres. A travers la brousse glorieuse De La Panne — notre point de ralliement et l'unique localité où nous puissions trouver le gîte et le couvert — nous filons, pai les routes plates des Flandres, vers le tombeau des tanks, la brousse immense dee derniers combats et les reliques d'Ypres. Par Adinkerke, Wulveringhem, Isenber-ghe, Abeele et Gyverinchove, longeant dea baraquements et des terres fertiles, noua rejoignons la route de Furnes à Ypres, que nous abandonnons è Oostvlederen pour prendre la direction de Houthulst. Entre Elsendammer et Oostvlederen, nous dépassons un détachement d'Américains qui marchent en file impeccable et dont les figures « agricoles » tranchent, de loin; sur le kaki des uniformes. Les premières traces d'obus apparaissent à Oostvlederen, puis c'est Reninghe qui est écroulé sous U 'bombardement i l'église a'j s plus que des murs en créneaux et des maisons se sont repliées sous les obus. A partir de là, nous entrons dans un désert immense, d'une navrance infinie. La route, bordée des hauts clayons qui la camouflent, s'el'fondre dès Noordschoote et s'enfonce alors dans le • marécage couvert de roseaux, entrecoupé de haie6 et bouleversé d'entonnoirs. Nous franchissons, à Driegrachten, sur un pont de fortune flanqué d'érosions, le canal do l'Y perlée. Dès lors, l'auto roule, durant des heures, à travers la plaine sauvage où l'on ne rencontre ni habitants ni maisons. Sur les accotements des chemins, des millions d'obus, explosé» ou non, sont répartis par petits tas ou voisinent avec des caisses à munitions. Le spectacle de ce désert de roseaux et de lacunes est empreint d'une mélancolie inoubliable. Tout à eoup, une halte. A droite cle la route, nous escaladons quelques soubassements qui permettent 1 accès d'un tas de décombres: nous sommes sur l'emplacement de l'église de Merc-kem. Sept tombes de fusiliers français surgissent ae l'ancien cimetière. Autour de nous, des poiriers déchiquetés laissent deviner d'anciens jardins. Les fondations ont été englouties dans les cohvul-sions, car il y a eu là les combats désespérés d'une batterie belge contre cinq batteries allemandes. L'héroïsme des nôtres a triomphé dans les mêlées de ce champ de bataille; il a étonné nos alliés et, au nom de, ceux-ci, le général Plumer, les larmes aux veux, est venu à cet endroit, remercier l'armée belge. Un vol de corbeaux plane sur cette terre sacrée, parcourue de ronces artificielles, coupée de tranchées et de remblais, jonchée de rails, de madriers, de piquets, de sacs de terre, hérissée de casemates cintrées, de redoutes et de boue. De Kippe à Hotfthûlst, nous suivons, dans l'axe, la ligne d'attaque de l'infanterie belge — de la T division surtout — ?ui, en une ruée indescriptible, prit la orêt d'Houthulst, après cinq heures do combat. Après plusieurs heures d'auto, nous apercevons les cinq ou six maisons démantibulées qui restent, avec un pan d'église, du hameau de Ionckershove-Nachtegaal. Nous roulons on marge de la forêt d'flouthulst, le « Vrijbosch », comme on la désigne dans ce coin de Flandre fameux poûr ses ker-messeB rouges. Les arbres, sectionnés pour la plupart, à quelques métros sinon presque à ras du sol, forment, de-ci de-là, comme des bosquets d'allumettes. Quelques hêtres estropiés dressent leurs silhouettes. De grapdôs clairièîftfl 'se dessinent, où se trouvait naguère une frondaison abondante.La mitraille et l'obus ont haohé de pauvres chênes pliés eh déiix et des branches qui pendillent. De6 troncs séculaires sont réduits en miettes. Et ta violence du bombardement a été telle que j'aperçois, incrusté profondément dams l'aubier d'un bouleau, un for à cheval projeté par quelque déflagration formidable. Parmi les clairières, des arbres esseulés tendent, comme deS bras do signaux, leurs branches tordues ou amputées. Des lignes téléphoniques relient les blockhaus qu'entourent des tas d'obus. Cette route de Kippe à Houthulst a été baptisée, par l'ennemi,, la « Hartmann-strasse » (rue Hartmann), du nom de l'ar-ohevêque de Cologne, le violent lutteur « fuer Gott, Kaiser und Vaterland ». Houthulst | A Houthulst, toutes les maisons sont en-! dommagées. Dans une dernière soupente, deux soldats se 60H;t installés, faisant la garde. En face de l'église démantelée, un habitant est revenu; il a fait descendre son cheval dans une cave ouverte sur un carrefour et il a mis une paillasse à terre pour se reposer. Mais bi<ftatôt, il a compris qu'il était impossible de séjourner là sans le ravitaillement d'une intendance et, quelque temps après, nous le voyons repartir, dolent, vers on ne ôait quelle région plus hospitalière.Au long d'une route charretière, troué au ventre par un obus, un chien de berger pourrit parmi du sang caillé. Pauvre victime de l'attachement au sol natal. Près de l'église, à côté d'un bâtiment d'ambulance aux murs branlants, un cimetière humide attire les regards; plus de mille tombes allemandes s y alignent du milieu desquelles s'élève uh massif en ciment, monument funéraire qui porte, entre autres, cette inscription : « Niemand hat grossere Liebe denn die dass er sein Leben Iacsst fuer seine Freunde » (Personne n'a de plus grand amour mie celui qui laisse sa vie pour ses amis). Cet apophtegme est signé : la 46* division de réserve. Quelques Belges décédés au feldlazarett voisin ont été également inhumés là à côté d'autres tombes anonymes. Dans la cour de l'ambulance, des abris en béton ont'été construits. Le sol gras marqué de pas de chevaux est jonché d'objets multiples : masques à gaz, fusils, boîtes vides, riz, chicorée, lettres. Des environs de l'église, nous distinguons devant nous, à 1,500 mètres, la crête de Sta-den nui ourle l'horizon. Elle atteint 50 mètres de niveau : leB Allemands, qui y occu- § aient une position favorable, y avaient isposé des mitrailleuses balayant la plaine. Malgré la rafale,notre première division d'infanterie et les carabiniers de Bruxelles enlevèrent la crête jusqu'à Westroosebeke. Ce fut un des épisodes les plus tragiqueo de la bataille des Flandres, et l'un de ceux qui coûtèrent le plus de pertes en vies humaines. C'est sur cette crête de Staden que des teutons furent trouvés enchaînés à leurs mitrailleuses afin de tenir, jusqu'au dernier lambeau de leur chair, cette ligne capitale. E. h. UN SERVICE AÉRIEN ENTRE L'ÉGYPTE ET L'INDE Londres, 12 décembre. — Le général Sal-mond, accompagné du capitaine Smith, est arrivé à Karachi, afin de conférer avec le gouvernement de l'Inde au sujet de l'établissement d'un service aérien entre l'Egypte et l'Inde. La route, commençant au Caire, sera faite par étapes : Damas, Bagdad, Bushire, Bunder-Abbas, Charbah-Ka-raohi. Elle durera 36 heures par la voie aérienne pour une distance de 2,548 lieues. Le général Salmond a continué son voyage vers Delhi où il e6t afrrivé, aujourd'hui, à 15 h. 30. — Reuter. LES SENTIMENTS DES ALSACIENS-LORRAINS Paris, 12 décembre. — Rentrant de Metz et de Strasbourg, où il avait accompagné le président de la République et le président du Conseil, M. Sharp, ambassadeur des Etats-Unis, a dit que les scènes dont il a été témoin ont été une révélation pour lui. Il ajouta: t Ces manifestations constituèrent un spectacle inoubliable. L'enthousiasme spontané de la oopulation dissipa le dernier vestige de doute qui pouvait exister au sujet des sentiments du peuple alsacien-lorrain envers la France, après un demi-siècle de séparation forcée. Rien ne saurait mieux dépeindre les sentiments manifestée par le peuple que la joie mutuelle exprimée par les membres de la famille réunie, après tuie longue séparation. » — Haras. LES MARK VONT DISPARAITRE VOUS N'Y PERDREZ RIEN Le « Moniteur « du 13 décembre nous ap-prend que le ministre des Finances, vu les articles 4 et 7 de l'arrêté royal du 9 novembre 1918 concernant la circulation monétaire, a arrêté que : Dans les uix jours ouvrables oui suivront l'apposition d une affiche «pédale, tout détenteur do monnaies métallique® ou fiduciaires allemandes sera tauu d'en faire 1® dépôt avec bordereau déclaratif, daté et «igné. Il se présentera à cette fin, muni de sa carte d'identité, soit à la banque Nationale de Belgique ou dans l'une de ses agences, soit dane un établissement financier agréé, soit ohez le roooveur de l'enregistre*ient, soit chez le reoeveur des contributions, soit au bureau des postes. L'echangy dea mark contre de Ja monnaie nationale s'effectuera à raison de 1 fr. par mark, pour autant que le déposant se oonfo.me aux prescriptions du préeent arrêté.li aura lieu, à concurrence de 1,000 mark, au moment du dépôt. Le bordereau déolaratlf des dépôt* exoe-dant 1,000 mark sera formé en double exemplaire, dent l'un, revêtu du visa du dépositaire, sera remis au déposant pour récépissé. Dej formules spéciales seront tenues à la disposition des intéressés dans chacun dos bureaux oi-dessus mentionnés. Pour tout dépôt excédant mille mark, le récépissé qui sera délivré constituera un titre au paiement, sur la base de 1 fr. 25 c. par mark, du solde non échangé, paiement dont le mode sera déterminé ultérieurement. C'» réoépissé sera transnussible par voie d'endossement affranchi du droit de timbre. Le titulaire pourra aussi l'affeeter, soit à l'ouverture d'un dompte de chèques postaux à circulation fermée, soit à l'ouverture d'un compte courant dans un établissement financier.Celui qiri, ayant fait le dépôt prescrit, et> trouvera titans le cas d en effectuer un second au oours du délai do s'x jours, devTa en faire la déclaration au bureau qui aura reçu le Sréoédent dépôt et se munir éventuellement u récépissé constatant ce dépôt. Passé la délai de six Jours, la circulation des monnaias allemandes sora interdite dans la commune où le retrait aura été effectué. lie retrait dee monnaies allemandes ot leur échange contre de la monnaie nationale se fera à l'intervention de la Banque Nationalo do Belgique. oaiRBier de l'Etat. LA SOLVABILITÉ DE L'ALLEMAGNE Londres, 12 décembre. — Discourant à Bristol, M. Lloyd George a annoncé que la commission interalliée, chargée de faire une enquête sur l'étendue et la solvabilité de l'Allemagne relativement aux frais de guerre, n'était pas encore réunie, maie que la commission britannique, qui a déposé nn rapport, croit possible (l'obtenir, de l'Allemagne. la totalité des frais de guerre sans avoir à entretenir longtemps l'armée d'occupation en Allemagne, ni à accepter les importantes consignations de marchandises allemandes. — Reuter. LA FLOTTILLE FRANÇAISE DU RHIN Paris, 13. — Officiel. — La flottille française du Khin, dont les premiers éléments sont en route, comprendra des canonnières et des vedettes placées sous le commandement d'un capitaine de corvette. Elle sera répartie en cinq groupes, commandés chacun par un lieutenant ae vaisseau et, on second, par un enseigne! — Havas. UN LIVRE BLANC DU VATICAN Rome, 11 décembre. — Le <> Messagero » écrit: « La distribution d'un Libre blano du Vatican est imminente. Mais la publioation, contrairement à ce qui fut dit, n'a pas grande importance et ne contient point de révélations de choses ignorées ou telles qu'elles puissent modifier les jugements formulés sur la conduite du Saint-Siège, pendant le conflit européen. »> Le premier volume, qui est sur le point d'être publié, va du mois d'août 1914 à juillet 1918. Il est probable qu'un deuxième volume suivra, destiné peut-être à susciter un peu plus d'intérêt. » Le Livro blano débute par une exhortation adressée par Pie X, le 6 août 1914, aux catholiques du monde entier. » Selon les premières impressions des personnes qui ont pu paroourir le Libre blano, la secrétairerie d'Etat vise, par cette publication, à démontrer que le gouvernement de Benoît XV ne saurait être rendu responsable du Tait qu'aucune protestation ne fut lancée par le Vatican, oontre la violation de la neutralité de la Belgique, le pape actuel étant monté sur le trône pontifical lorsque la violation s'était déjà produite et s'étant trouvé, par conséquent, devant un fait accompli, qui remontait à son prédé* cesseur. » LA SITUATION EN ESTHONIE Stockholm, 10 décembre. — Le ministre des Affaires étrangères d'Esthonie a télégraphié à la délégation 6péoialo esthonion-ne la déclaration officielle suivante : < Hier, nos troupes se 6ont retirées jusqu'à la rivièro Puss, près do la gare d'Ieen-hof. Les Russes étaient protégés par des torpilleurs, sinon nous aurions arrêté leur avance. Aucun soldat allemand ne reste sur le front de Narva. » Sur le front sud, les Allemands ont abandonné Worro suns offrir do résistance. » La situation est sans changement sur le reste du front ». -• Haras. A LA RENCONTRE DE M. WILSON Paris, 13. — MM. Pichon et Georges Leygues sont partis, à 22 heures, pour Brest, allant recevoir M. Wilson, au nom du gouvernement français. M. Sharp, ambassadeur des Etats-Unis à Paris, A1M. les généruux Per-shing et Blins, MM. Tardieu, Franklin, Bouillon et l'amiral Le bon sont partis par le même train. On mande de Londres que l'escadre do combat américaine, compronant le vaisseau de combat « Wyoming -, portant pavillon de l'amiral Sims. deux divisions de vaisseaux de combat, et une division de destroyers, est so. tie de Portland, allant à la rencontre du navire « George Washington n. — Router. POUR PROLONGER L'ARMISTICE Paris, 12 décembre. — C'est le 12 décembre, à midi, que se sont ouvertes, à Trêves, les négociations relatives à la piolongatior de l'armistice. On écrit, à ce sujet, que le délai fixé pai la convention du 11 novembre expire le 17 décembre, et c'est à poine 6i, à cette date, les chefs des gouvernements alliés auront pris contact avec le président Wilson. Aussi rapidement que ces négociations soient menées, de longuos semaines nous séparent de la signature même des préliminaires de paix, par suite des délibérations des quatre grandes puissances, puis de la consultation générale des alliés et, enfin, de la mise en demeure adressée aux vaincus. Force est donc d'envisager la situation qui va se présenter après le 17 décembre. Les délégués de l'Allemagne sont les mêmes que ceux qui sont venus à Rethondes. Erzberger reste le chef de la mission avec le comte Obern-dorff et le général von Winterteld, commte membres. — Havas. LES ALLIES A KIEL Kiel, 12 décombre. — Le vaisseau de ligne anglais * Hercules », ayant à bord la commission navale de l'Entente, est arrivé, dans la soirée, à Kiel, accompagné de deux ooûtre-tprpilleurs, — Bayas* GUILLAUME DÉMÉNAGERAIT IL NE DEVIENT PAS FOU IL SE RAPPROCHERAIT DE L'ALLEMAGNE Londres, 12 décembre. — Le « Morning Post » dit que certaines indications font croire que Guillaume II va quitter Ame-rongen pour se rendre dans la petite localité hollandaise de Wageningen, située au sud-ouest d'Arnhem, au nord du Rhin et à quelques kilomètres seulement de la frontière allemande non occupée par les Alliés. QUAND LE DIABLE DEVIENT VIEUX IL SE FAIT ERMITE Londres, 12 décembre. — Le « Daily Telegraph » donne des détails sur la vie de l'ex-kaiser à Amerongen. Le monarque détrôné est nerveux et semble très accablé. Il s'entoure d'une énorme quantité de livres pieux, parmi lesquels la « Bible » et les « Psaumes ». Son bureau en est littéralement chargé. Cette lecture pieuse serait bien faite pour surprendre si l'on ne savait que l'ex-kaiser fut à la fois un mystique et un mystificateur. Guillaume II ne borne d'ailleurs pas sa lecture aux textes sacrés: il reçoit tous les jours de nombreux journaux d'Allemagne et de l'Entente. Il marque à l'encre rouge les articles qui l'intéressent le plus et tout particulièrement ceux relatifs aux prochaines élections anglaises. LE RETOUR DES DÉPUTÉS Le retour des députés de province s'est effectué assez péniblement, faute de moyens de transport. Ceux de Liège n'ont quitté Bruxelles que jeudi dans l'après-midi et ceux de Gand, jeudi dans la soirée. D'autres étaient encore à Bruxelles vendredi, attendant, en vain, les véhicules, à traction rapide, qui devaient les ramener dans leur arrondissement. C'est que les autos sont de plus en plus rares; plus que jamais, ils sont utilisés pour les besoins de l'armée et pour les nécessités des ravitaillements. Il y a bien les chemjns de fer. Mais, Messieurs les députés trouvent qu'ils manquent de sécurité et que leur marche est trop lente. Et, cependant, l'auto, dont certains disposent, ne vaut guère mieux. A ce propos, un député de la province de Liège nous faisait entendre de légitimes doléances.— Mercredi, nous dit-il, nous devions nous trouver au Parlement pour une réunion fixée à 10 heures du matin. Pour pouvoir arriver à temps, nous avons dû quitter nos maisons à « 3 h. 45 du matin », pour aller rejoindre l'auto de la Croix-Rc\uge, d'ailleurs très peu confortable, qui devait nous amener à Bruxelles. Le trajet a été très dur, pénible même; car tous les députés ne sont pas de la première jeunesse; il y a parmi nous des septuagénaires qui n'ont pas été sans souffrir du trajet, par ces temps humides et froids. » D'autres députés n'ont pu quitter Bruxelles que vendredi dans l'après-midi. Mais cette situation va cesser, le gouvernement faisant des démarches pour procurer à nos honorables les moyens nécessaires à leur transport à Bruxelles et à leur retour en province. ILS SE GAUSSAIENT ILS SE MORFONDENT Comme on le sait, la visite du président de la R publique à Strasbourg s'est terminée dans une apothéose. Après la réception par la municipalité, M. Poin-oaré s'est rendu à la cathédrale de la ville qui eut à souffrir du bombardement prussien en 1870. Cet imposant édifice, un des joyaux de l'art gothique — bien qu'on retrouve dans ses parties des traces de style roman — est surmonté d'une unique flèche qui s'élève à 142 mètres au-dessus du sol et fut longtemps La gravure représente une sentinelle de garde sur la tour de la cathédrale de Strasbourg, où flotte le drapeau germanique. Le soldat, la pipe à la main, inspecte l'horizon d'un air ironique et confiant et s'exclame, les yeux tournés vers la France: « Quel beau point de vue! Venez-y voir, mais tâchez de bien vous tenir. » Deux Jniois environ se -sont écoulés. Et les Français sont venus et ils s'y tiennent bien, sur la tour où se tenait i considérée comme la plus haute tour du monde. A son sommet flotte aujourd'hui le drapeau français. Sans doute, les Allemands doivent-ils, de l'autre côté du Rhin, contempler, non sans ouelque dépit, les couleurs de la République. En septembre dernier, encore, ils croyaient que jamais Strasbourg et Metz ne verraient dans leurs murs les soldats français et ils le clamaient très haut dans leurs revues illustrées où, en des dessins caricaturaux, leur morgue brutale et leur insolence grotesque se mêlaient à la lourdeur proverbiale de leur esprit. A ce sujet, la gravure que nous publions aujourd'hui est particulièrement caractéristique et suggestive. Elle est extraite du n* 217 de l'illustré allemand « Ulk », édition hebdomadaire du « Berliner Tageblatt », et daté du... 27 septembre 1918. (Nous ne pourrions trop insister sur In idate.)^ le soldat railleur qui depuis lors... a peut-être cassé sa pipe. Quant au drapeau allemand, il a été remplacé par les claires couleurs de la République. Il est bien regrettable que le pauvre Michel n'ait plus été de garde au haut de la cathédrale, lorsque Poincaré et Clé-menceau firent leur entrée dans Strasbourg aux sons des clairons et des tambours, salués par les étourdissantes acclamations d'une foule en délire. Une fois de plus, il aurait pu répéter, avcc cette ironie « kolossale » qui caractérise la lourdeur germanique: « Quel beau point de vue! » Il a raté un beau specficle, qui aurait pu illustrer un nou/eau numéro de l'« Ulk », mais l'« Ulk » a. sans dout^, vécu et les lettrés all°xn^nds se disent en soupirant: c Où sont les neiges d'an-tan! 9. LA QUESTION DE LA FRONTIÈRE H0LLAND0BELGE CE QU'ON EN PENSE AUX PAYS-BAS Amsterdam, 18 décembre. — (De notre correspondant particulier. — Après la sensation causée en Hollande par l'attitude agressive de certains milieux belges, l'article de « La Dernière Heure », sur la question des frontières a produit une impression plus favorable. La majorité du peuple hollandais est belgophile, mais une indignation profonde a été causée par les récentes spéculations. Cependant, des propositions faites dans un esprit d'amitié, comme-celles de « La Der-niere Heure » sont accueillies avec bienveillance.I>e correspondant spécial du « Telegraaf » constate que la population en Flandre zé-landaise, malgré ses sentiments probelges, répudie les demandes annexionnistes, tout comme la population limbourgeoise. Des manifestations patriotiques se produisent dans les deux provinces. Le consul belge à Maestricht, comte de Villegas de Saint-Pierre, a déclaré au correspondant du « Tetegraaf » regretter certains petits incidents qui se sont produits à la frontière entre Hollandais et Belges. Le consul ne croit pas q<ue c'étaient dos éléments sérieux, mais plutôt des contrebandiers.Le consul a dit aussi que certains journaux très germanophiles contribuent à envenimer la situation. « Mais je peux constater, a-t-il ajouté, que les habitants do la frontière n'ont rien à reprocher aux habitants de Maestricht, qui ont mis tout en œuvre pour alléger les maux de milliers de Français et de Belges. Je suis convaincu que les journaux hollandais et belges peuvent grandement contribuer à éclairer le public mal renseigné. » Au Parlement hollandais La Baye, 12 décembre. — À la seconde Chambre, au oours de la discussion générale du budget, M. Terlaan (socialiste), dit, qu'à son avis, il n'était pas néoessaire de résoudre la question belge par la forop dc-s armes. mais bien par la voie du I>roit vterri'.. tional. Il espère que lo gouvernement n entreprendra auoune démarche à ce .ujèt sr-jus oensulter la Chambre. M. Nolens (catholique) proteste au nor, de la population limboargeoise oontre les ea lomnies parues dans la presse étran ,'ère à l'adresee de cette population et contre les menées annexionnistes de cette preese. 99 n.c. au moins de la population du Limbourgr repoussent, aveo indignation, l'idée de voir remplacer le pavillon néerlandais par un autre queloonque. L'orateur espère que le gouvernement fera preqve de vigilance et qu il démentira, aussitôt que possible et de fapon énergique, les faux brulta oirculant au sujet dé cette affaire.M. Vondervoort-VanfJT (protestant orthodoxe), estime que les déclarations faites par Van Groenendael en ce qui ooncerne l'accusation de menées annexionnistes sont insuffisantes. Il insiste pour que ''on fasse des déclarations plus détaillées. AI. Treub (démocrate^, estime que l'annexion d'une partie du pays constituerait un vol, mais il serait injuste de reprocher aux gouvernements alliée d'avoir ce dessein. IL Visser Van Yzendoorn (libéral^, s'osso cie aux paroles que M. Marchant a prononcées. hier, concernant les projets annexion nistos de la Belgique. Nous ne devons pas nons laisser voler Impunément. I/o ministre de l'Intérieur annonoe quo d<» notes ont été reçues des couvernements associés au sujet du passage des troupes allemandes Ces notee seront publiées nltérieure-meçt, ainsi que les réponses que le gouvernement y a faites. Les bruits relatifs à la démission du ministre des Affaires étrangère» sont entièrement dénuée de fondement Le gouvernement apprécie fortement 1-a collaboration de M. Van Karnebeek. — Reuter. POLITIQUE ET RELIGION Arrivera-t-on à ne plus confondra ces deux domaines bien distincts? A la faveur de l'union sacrés Il faudrait le tenter,,. Une malencontreuse dlstraotion d'un de nos oorrecteurs nous a fait imprimer, dans «ne préoédente édition, que « des deux méthodes cléricales, la plus Juste nous paraît la meilleure ». Noue avions éorit la plus franche. Î Tolérer toutes les religions, re*. . - pecter toutes les croyances sin-11 cères à condition que celles-ci n'empiètent pas sur les droits de l'Etat et sur la liberté de conscience des citoyens, constituent l'essence même de la libre pensée. Si ces deux conaitions étaient comprises par tous, la question religieuse n'exia» terait guère, et l'on peut dire que les familles et la société s'en trouveraient fort bien. Dans les pays anglo-saxons, le fait fut admis une fois pour toutes et la quee-tion de religion ne pèse plus sur les affaires publiques que de son poids normal peut-on dire au même titre que d'autres. Chez nous, elle ne fut jamais complfc. tement reconnue. Il y eut toujours vne tendance de la majorité des croyants c&j tholiques à abuser de la puissance de' leur nombre. C'était vrai sous Joseph II, et ce le fut aussi, tout spécialement, pendant les quarante années qui ont précédé la catastrophe de 1914. Une liaison dangereuse Le clergé de l'Eglise catholique en Belgique, contrairement à ce qu'il fait en d'autres pays, notamment aux Etats-Unis, avait identifié sa cause avec celle du conservatisme le plus obtus. Mais, donnant donnant, la résistance au progrès s'appuyait sur le clergé, et celui-ci confiait la garde de ses privilèges à la réaction. D'où guerre scolaire, résistanoe au suffrage universel, atteinte à la liberté d'association, ingérence des prôtres dans toutes les affaires publiques, et, pax dessus tout, opposition au service personnel qui risquait de troubler le recrutement du clergé en mettant en question les immunités ecclésiastiques. Le résultat de cet abandon du spirituel pour le temporel, de la religion pour La politique,'fut inévitablement d'éveiller lee méfiances des non croyants, de les lèse* dans leurs intérêts et de transporter la lutte politique sur le terrain religieux. La religion n'y gagnait rien. La discu»-sion de toutes les questions s'obscurcissait du voile des préoccupations confessionnelles, qui apparaissaient à toutes les occasions d'affermir les armes matérielles dans les mains d'un clergé d'agente électoraux. Plus le clergé était arrogant, plus l'anticléricalisme s'exacerbait. Où allion* nous de ce train? Les croyants tolérants Il y a, évidemment, parmi les catholiques de bons esprits qui ne sont ni des énergumènes, ni des fourbes, mais des croyants sincères. Ceux-là comprennent très bien le tort que la politique a fait à la religion. Ils savent combien le niveau mental et moral des prêtres a baissé dans cette aventure. La fréquentation des meetings et des étables des boeren-bonden n'ont pas rehaussé leur mentalité ni leur prestige, et les soins de la culture morale de leurs ouailles n'ont pu que perdre à ces cumuls. La belle autorité de l'homme, le digne représentant des belles vertus religieuses, l'amour du prochain, le pardon des offenses ne se voyaient p'us guère sous les soutanes, et plus d'un, déçu, s'est éloigné de l'Eglise parce qu'il ne la retrouvait pas. L'appat aux hypocrites En revanche, que d'hypocrites assoiffés de faveurs, ces pratiques du prêtre n'ont-elles pas attiré devant les autelé et les sacrements? Beaucoup de croyants désirent ausai pouvoir être démocrates, socialistes ou libéraux sans risquer d'être excommuniés par le Saint-Père ou agonisés de sottises par le curé de leur village. Dana d'autres pays, la religion catholique n'est pas incompatible avec ces opinions. Cela est-il possible tant que l'Eglise conserve une organisation aristocratique et se fait dispensatrice des faveurs politiques? ..ous ne le crovons pas. L'intolérance politique de la part des prêtres est devenue, dans bien des cas, plus violente que l'intolérance religieuse. On vous pardonne de manquer à la messe, mais non de voter selon votre conviction. Affaire de conscience Mais nous comprenons fort bien les sentiments de ces fervents catholiques. La religion est affaire de conscience, étrangère à la politique comme à la science, et ce ne sont pas les libres penseurs qui l'y mêleraient. Pour être tolérants, ceux-ci n'ont qu'à appliquer leurs principes. Mais on leur impose des conditions de lutte où l'application de ces principes équivaut au suicide. L'anticléricalisme est proportionnel au cléricalisme. On rendrait un service inappréciable au pays si l'on pouvait écarter des arènes publiques les discussions religieuses. L'union sacrée a là un beau champ d'action. Mais y a-t-il encore dans le parti catholique un Montalembert ou un Lacor-daire assez autorisé et assez énergique pour chapitrer nos curés et mater noa jésuite» l

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Dit item is een uitgave in de reeks La dernière heure behorende tot de categorie Liberale pers. Uitgegeven in Bruxelles .

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