La Flandre libérale

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05 januari 1914
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s.n. 1914, 05 Januari. La Flandre libérale. Geraadpleegd op 21 november 2019, op https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/nl/pid/2804x5625d/
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40* innée — Lundi 5 Janvier 1914 QUOTIDIEN - 10 CENT. H K f nnili ^ lanuicr IQlfd LA FLANDRE LIBÉRALE ABONNEMENTS 1 mol*. i mois. ( mois. 1 m. BELGIQUE : Fr. 2.00 4.00 8.00 16.00 UNION POSTALE : Fr. 3.75 9.00 18.00 36.00 On l'abonni au baréta du Journal et dans tous les bureaux de poste - RÉDACTION, ADMINISTRATION ET IMPRIMERIE GAMD, 3, RUE DU NOUVEAU BOIS, 3, GAND ABONNEMENTS ET ANNONCES : Il •• RÉDACTION -Téléphone 32 || Téléphone 13 ANNON CES Pour la ville et les Flandres, s'adresser an bnreati ta journal. _ Pour le reste du pays et l'étranger, s'adresser & l'Office de Publicité, rue Neuve, 36, à Bruxelles. —— i——— i mi La Saint-Barthélémy et les catholiques % •—*—■ Le Bien public a fini l'année 1913 en reproduisant, en belle place, une étude de la Croix sur "la Saint-Bar-thélemy et les catholiques". Ainsi la conscience bourrelée de certains criminels reste hantée par le souvenir de leur crime. Cette étude de la Croix vaut d'être lue. On n'y trouve assurément lien de bien neuf sur l'effroyable explosion de sanguinaire intolérance du 24 août 1572. Mais elle jette un jour assez vif sur les sentiments qui, aujourd'hui encore, animent les défenseurs de l'Eglise. La Croix, il faut lui rendre cette justice, n'essaie pas de dissimuler que les passions sauvages des exécuteurs de la Saint-Barthélémy dominaient aussi le cœur et l'esprit du pape Pie V. " Il est vrai, écrit-elle, que Pie V " était l'intransigeance religieuse per-" sonnifiée, que son unique souci fut "de faire de la législation inquisito-' ' riale existante une application aussi "rigoureuse que possible, qu'il écrivit "à Catherine de Médicis: "Ce n'est "que par l'extermination entière des " hérétiques, que le Roi pourra rendre " à ce noble royaume l'ancien culte de "la religion catholique", qu'enfin il "blâma énergiqiiement les édits pacificateurs de Charles IX." Tout au plus peut-on noter que s'il approuvait et réclamait l'usage de la force contre les hérétiques, il entendait qu'on fît de la violence un usage régulier et légal. Il préconisa toujours non pas l'assassinat, mais la guerre ouverte (aper-ta op-pugnare, dit-il dans une lettre de 1569 à Catherine de Médicis)' ou encore la poursuite légale homines sc&-leratissimi iustis officiantur suppliciis, ^écrit-il à, Charles IX. Mais cette question de forme parut à certain moment négligeable à l'Eglise, elle ne l'empêcha pas d'applaudir de tout cœur au massacre de la Saint-Barthélemv. Ecoutez la Croix: Il est vrai que l'Eglise — entendez le clergé en France et le Pape à Rome — approuva le massacre du 24 août. A Paris, des prières publiques furent récitées, des processions avec 1© Saint-Sacrement et les saintes reliques parcoururent les rues de la capitale1, le tout en actions d'e grâces. A Rome, des démonstrations analogues eurent lieu. Il y, eut_ plus. " Un jubilé fut annoncé aux fidèle® et fixé pom.r chaque! année au jour de la Saint-Barthélemy pour remercier Dieu (de la victoire de Lépante) et du triomphe de Charles IX. On fit frapper une médaille en souvenir du massacre d'es huguenots. Enfin, Grégoire XIII chargea Vasari de peindre dans une ealle du Vatican les principales scènes de la sanglante journée. \ Ce n'est pas que la Croix veuille atténuer l'horreur du massacre. "Ce ne " fut }x>int seulement les victimes dési-" gnées qui furent frappées, écrit-elle. "On avait soulevé les basses couches "de la population. On les avait lan-" cées. On fut impuissant à les conte-" nir, à lès rappeler. Et les atrocités " que le déchaînement des passions po-' ' pulaires suscite toujours furent com-" mises. Il n'y eut point que les protestants à être frappés. C'était être " huguenot que d'avoir de l'argent ou ' ' des charges enviées ou des héritiers "affamés. Ainsi se produisit le massacre de la Saint-Barthélemy, à " Paris." Comment donc en présence de cette orgie de tueries, de ce hideux brigandage, le clergé, le Pape n'eurent-ils pour ces horreurs que des bénédictions? C'est qu'ils ne virent dans 1e massacre des réformés que " le triomphe de l'Eglise Si la Croix avoue ainsi, sans détours, la solidarité morale du cierge catholique avec les haines féroces el abominables1 dont la Saint-Barthélemy vit l'explosion et la victoire, c'esl qu'elle croit avoir tout prêt le moyer d'exonérer l'Eglise de la responsabilité du massacre qu'elle salua avec joie et dont elle profita sans pudeur. Ce moyen est tout simplement ce lui-ci. " Pour juger sainement d'ur "fait, il importe de le replacer dans "les circonstances de temps, d< " mœurs, d'idées, bref au milieu des " passions! où il se produisit... Or "n'admettait point alors la toléranc< " religieuse et sur ce point, les protes lants pensaient tout comme les ca " tholiques. " 'Ainsi ce n'est pas l'Eglise qu'i faut rendre responsable de la Saint Barthélémy, ce sont les mœurs, les idées du temps, qui n'admettaient ni ne -comprenaient la tolérance religieuse.Il y a dans cette explication une part de vérité. C'est bien l'intolérance religieuse qui a été la grande erreur et la grande faute, dont la Saint-Barthélemy n'a été qu'une naturelle et effroyable conséquence. Mais, si, sur ce point, les idées du temps étaient fausses et dangereuses, qui donc les avait enseignées, défendues, qui en avait imprégné toute la société chrétienne, à ce point que les protestants même, sur qui sévissait pourtant une affreuse persécution, n'en avaient su d'abord s'affranchir? Ces idées, c'étaient celles de l'Eglise, qui faisaient corps avec le catholicisme, celles dont à la longue les réformés ont su se libérer, mais qui dominent l'Eglise catholique encore aujourd'hui. C'était la négation de la liberté de conscience, c'était la croyance que l'homme est criminel en pensant autrement que ne le permet l'Eglise et que ce crime mérite tous les sunnli-ces; comme le disait Pie V : " Homines sceleratissimi justis officiantur suppliciis. " Qu'il ne faille pas rendre responsables les hommes à qui on avait inculqué cette doctrine de haine et d'intolérance, nous le voulons bien. Ils se bornaient à appliquer, dans leur rigueur, les idées religieuses qu'on leur avait enseignées et dont ils ne comprenaient pas l'abominable fausseté. C'est sur ces idées mêmes et sur lenr fausseté que pèse entière cette responsabilité ; c'est le catholicisme, c'est sa négation de la liberte religieuse, qui portent devant l'histoire la responsabilité des horreurs de la Saint-Barthé-lemv et de toutes celles qu'a subies la société moderne pour la conquête de la liberté de penser. Les " lëpms MipMlps » Reçu cette lettre : Monsieur le Rédacteur, Dans un article consacré aux « Légen des hagiographiques » du P. Delehaye par le Bien public du 3 janvier, je lis, entre autres choses, ceci : « Si, dans les enquêtes civiles et correc tionnelles, on suivait des règles^ auss strictes que celles tracées par Benoît XIV pour la canonisation d'un saintt et parti culièrement pour la vérification des mira des, il n'y aurait plus guère à craindr» que desi innocents soient jamais victimes d'erreurs judiciaires. » Permettez-moi, Monsieur, de réfuter ei quelques mot3 cette assertion par troj audacieuse. Je signalerai tout d'abord que, d'après le P. Delehaye lui-même, l'ouvrage fa meux, où Benoît XIV a formulé ces rè gles. que le Bien public prêtent faire passer comme quasi-infaillibles, es* « plus remarquable par l'érudition et lf connaissance du droit canon que par lf critique des faits ». (« Encyclopédie bri tannique », article « Canonisation », pa: le P. Delehaye). Je dirai ensuite que le P. Delehaye es bien modéré dans cette appréciation J'affirme que, à l'égard des faitg préten dus miraculeux, le défaut de critique di Benoît XIV est presque inimaginable. Li crédulité de ce pape, un des plus éclaire pourtant qui furent jamais, atteint par fois de3 proportions monstrueuses. El voici un exemple : Parmi les 33 chapitres que Benoît XI> consacre à formuler les critériums de miracles, il y a un chapitre sur les accou chements miraculeux. Le pape y rapporte, avec le plus grani sérieux, la légende suivante comme ui fait avéré. Marguerite, fille de Florent , comte de Hollande, qui vécut dans la se conde moitié du XIII° siècle, tint un jou des propos calomnieux touchant la vert d'une pauvre mendiante, qui avait accou ché de deux jumeaux. Dieu en punit 1 ' princesse en permettant qu'en un seul ac couchement elle mît au monde trois cen soixante enfants. 1 Ne trouvez-vous point qu'un pape, qi | avale toutes crues, sans regimber, et qi | répète candidement, des histoires au si ( énormes, n'est pas tout à fait apte à foi muler des règles sûres touchant la vérif . cation des faits «miraculeux», et que c'es une mauvaise plaisanterie que de nou vanter son sens critique 1 | Veuillez agréer, etc. X. Echos & Nouvelles Contrefaçon Le comité de direction des chemins de fer de l'Etat vient d'être saisi par la direction du contrôle de recettes d'une note préconisant l'étude d'amélioratiops à apporter à la fabrication des timbres en vue d'en éviter la contrefaçon. On se rendra même compte de l'importance acquise par l'affranchissement des colis, au moyen de timbres "chemins de fer" par ce seul détail que, poiur 1913, il s'élève à 18 millions de francs. Le comité a décidé de charger de la question une commission! de spécialistes auxquels seront adjoints si possible M. Evely,, inspecteur à l'administration de télégraphes, et un technicien de la Banque nationale au courant de la fabrication de's billets de banque et des moyens à employer pour en éviter la contrefaçon. *** Lfmti de mariage cl actes de nalmoee Il est, dans la nouvelle loi hypothécaire en • vigueur depuis le 31 décembre dernier, une disposition sur laquelle nous attirons l'attention d'u publie; c'est une disposition de paperasserie, mais, précisément pour cela, elle doit être observée rigoureusement. La voici. Désormais, tout acte notarié relatif à dag propriétés immobilières: donations, ventes, prêts, hypothèques, etc., devra porter les noms, prénoms exacts et complets, date et lieu de naissance des, parties. 'Les notaires ont donc l'obligation de faira produire les livrets de mariage et actes de naissances. Le motif? L'acte de naissance ne se délivré que sur timbre, et cela fait toujours un supplément de recettes pour la caisse de l'Etat, laquelle est tellement à sec que les plus petites rivières y sont les bien venues. Fsjiige d'hiver Un ciel bas, gris cendre, laiteux par endroits, ou- indigo pâle. L'immensité plate, bornée tout au, loin par quelques collines perdues dans le brouillard. Des bouquets d'arbustes rabougris, dépouillés, les fines ramures sé détachant nettement, noir sur blanc, comme des figurines japonaises. De-ci de-là, une chétive cabane ou une ferme, engourdies, frissonnant, se1 recroquevillant.... Une neige épaisse, d'une blancheur aveuglante sous l'éclat attiédi d'un soleil invisible. Vu du haut de la grand'route qui domine la vallée de l'Escaut, aux environs d'Audenarde, le spectacle est hallucinant, sinistre, et néanmoins grandio-j, se. Ce sentiment du néant de l'homme et de ses œuvres vous accable jusqu'à l'épouvante.... C'est à ce moment-ci qire l'on perçoit le réalisme exact, minutieux, et par là-même poignant, de ces paysages d'hiver en Flandre dus à quelques-uns de nos peintres, comme Breughel le Vieux, ! par exemple, et, de nos jours, le,s admirables visions d'un Eugène Laermans et L surtout de l'admirable artiste Valérius De Sadieleer, dont on a pu voir quelques ' toiles magistrales à la section belge: du Palais des Beaux-Arts, à l'Exposition. , Que nous somme® loin, devant ces " campagnes hallucinées ", de 1' "Hiver mondain" comme l'appela le mièvre Georges Rodenbach! I Les citadins trouvent qu'il ne gèle ja-; niais assez fort, parce qu'ils adorent pa-b tiner. II? sont fous de ce qu'ils_ appellent "les beaux froids". Mais ils ignoreront toujours la beauté, la majesté sévère de la neige et de l'hiver, eux. qui n'en con- ■ naissent que le dégel et la boue. j. La coiffure dei leus-sffleleri 5 Les sous-officiers de toutes les armes et de tous les services sont autorisés à 1 porter, en tenue de sortie, un képi du 3 même modèle que celui des adjudants. Toutefois, la tresse plate en or, placée ! sur. la couture qui joint le turban au bandeau, est remplacée par une sou-tache en laine de la couleur distinctivc T de l'uniforme. * Lettres ie Hoovel in Nos grands-parents se souviennent de! 1 lettres qu'on leur faisait écrire de façor > très solennelle, à l'occasion du nouvel an Bien des drames étaient amenés par le! r fautes que les mains enfantines laissaient échapper dans le maniement de la plume, 1 de l'encre, du "vélin", de la "poudr< * d'or". a, C'était les restes d'un protocole qui remontant à, l'antiquité par les scribes di l moyen âge, fut fixé aux XVIIe et XVIII* siècles. On noua disait alors: "11 fau' écrire les lettres proprement, sans aucun* ii effaceure, sur du fin papier, doré et mus ix qué si l'on veut, et avec de belles ima ges... Cachetez vos lettre® soit avec de 1; soye et cire d'Espagne, soit autrement Mais quand on sie sert de soye, il fau l" qu'elle soit de couleur convenable à celu t qui écrit, et noire si on est en deuil." _ s Comme cela est loin du méchant papie des écritures de machine... Il est vra qu'il y a les dactylographes, bien souven jolies, mais dont ia beauté ne profite pa à celui qui reçoit la lettre. Lei originel in elnima Le physicien belge Plateau en fut probablement le précurseur lorsqu'il construisit son instrument le zootrope ou phéna-kistisoope.En 1685, l'ingénieur Raynaud combina i un- appareil de principe similaire destiné à la projection: le praxinçseope. , Marey et son collaborateur Démeny, au cours de leurs études sur la chrono-photograpîiie, furent amenés à substituer dans Te zootrope et le praxinoscope les images photographiques à celles que la main dessinait. En 1805, Edison mit au jour un appareil à bande pellicùlaire, représentant un mouvement d'un certain laps de temps. Les frères Lumière enfin, à force de recherches et de perfectionnements, fi- 1 reiit entrer la cinématographie dans le domaine pratique. flarry Fragsen La mort tragique d'Harry Fragson a causé d'autant plus d'émotion que le chanteur savait plaire à tous ceux qui l'approchaient. Les'journaux ont parlé d'une façon touchante de l'affection qu il avait inspiréé à son concierge ; cependant, cette amitié avait commencé par un. mial-tén'du." M. Fragson, dit au début le concierge, quand vous rentrez le soir vous criez votre nom trop haut". Le lendemain l'artiste murmure à peine une syllabe inintelligible : "Monsieur, lui dit le portier, vouis dites votre nom trop bas." " Vous êtes difficile, repart l'artiste, désormais jei vous le chanterai." Et tous les' soirs, il improvisait un air nouveau sur ces, mêmes paroles : "Jé souis Hérry Fragsonn qui demand' le cordon!"... Jusqu'à ce que le concierge eût pris le parti de rire. Cette plaisanterie froide, cette charge longuement méditée qui s'alliait à un humour naturel, provenait peut-être chez Fragson de son origine, qu'il définissait "une provenance anglo-montmartroise". Il avait débuté, en effet, comme tout le monde, sur la Butte, dans une petite "boîte", aujourd'hui disparue comme toutes les autres. Un spir, le pianiste, non' payé, partit au début de la représentation. "11 faut sauver la, recette", dit Fragson en sa mettant aui piano. Bien qu'il fût alors un fort médiocre exécutant, tout alla bien au début, mais quand vint son. tour de chant, l'artiste n'avait personne pour l'accompagner. Il se tourna simplement à demi vers le public, se posa de trois quarts, et annonça: "La chanson dui pianiste". Là salle amusée lui fit un succès. Et c'est ainsi que fut créé le genre Fragson. *** Citait Itrnsrd, garçia pharmacien On a parlé, au, Collège de France, dies débuts; de Claude Bernard comme garçon pharmacien. Ajoutons que son patron établi dans le faubourg de Vaise, à Lyon, y vendait à une clientèle populaire une panacée jadis longtemps célèbre : la tniriaque1. Et Claude Bernard devait la préparer selon la formule d'Andromachus d'e Venise- qui est la suivante : " Trochisques de squilles, 48 drachmes. " Trochisques de vipère. Hédrichoï, poivre long, opium ; de chacun, 24 drachmes.'" Iris de Florence, roses rougea, suc de réglisse, semence de bunias, scordium, opobalsamum, cannelle, trochisques d'agaric; de chacun 12 drachmes. " Myrrhe, spienard, dictame de crête, racine de quinte feuilles, gingembre, cos-tus; rhapontic, narrube blanc, stœchas arabique, jonc odorant, semence de persil de Macédoine, calamint d'e montagne, casse odorante, safran, poivre blanc, poivre noir, troglotides, oliban, térébenthine de Chio ; de chacun 6 drachmes. Arôme en grappe, racines de gentiane, acarus vrai, ■ meu, athamantique, valériane, nard celtique chamœpitys, sommités d'hypéricum, semences d'am-mi, thlaspi, anis, fenouil, seseli d'e Marseille, petit cardamome, feuille indienne, sommités de bouliot de montagne, cha-meestris, opobalamum, suc d'hypocystes e't du vrai acacia, gomme arabique, storax calamité, terre de Lemnos, chalucdteis vrais, sagapenums ; de chacun 2 dracn-mes." Du meilleur miel cuit et écrémé, 1 trois fois le poids d'e tous les ingrédients secs. 1 Du vieux vin de Canarie, autant qu'il sera nécessaire pour mêler et dissoudre la totalité. " Claude Bernard devait doser, triturer, mêler tous ces produits; le pharmacien 'L dépendant y apportait quelques varian-, tes: à chaque trimestre, il faisait Finven-^ taire de son1 magasin, et lorsqu'il trou-' vait un pirodkiit éventé, il le remettait à ' Claude Bernard en disant : "Ce sera pour le thiriaque! " On comprend que le savant ait par la 1 suite préféré la méthode expérimentale. i ♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦ r L'annonce est l'intermédiaire le plus i naturel, le plus modeste, le plus écono-k mique entre la production et la consommation. L'art populaire et les S cartes du jour de l'an S —* jj Exaspéré par la quantité de petits cartons qui encombrent tous les jours ?a boîte aux lettres, et auxquels il est ^ obligé de répondre en envoyailt d'au- t ;res petits cartons, un des mes amis ^ ;'écrie, plein d'une fureur comique: < 'Si encore, ils étaient jolis!'-' Puis, j. 3'emballant sur cette idée, le voilà qui regrette la mode des cartes gravées lue l'on s'envoyait autrefois, à l'oc- ^ :asion du joui" de l'an. c Et, en effet, les collectionneurs en j Mit de charmantes. A la fin du XVIIIe siècle, bien des artistes renommés ne î dédaignèrent pas d'encadrer de compositions ingénieuses le nom des per. sonnes qui voulaient se rappeler à la mémoire de leurs contemporains. En général, ces cartes étaient mises en vente par séries, et l'on inscrivait son nom à la main dans le cartouche laissé blanc que l'artisrte encadrait d'attributs rappelant leurs goûts ou leur situation. C'est ainsi que je me souviens d'avoir vu une carte de visite, où la veuve d'un général s'était fait représenter en jeune Grecque éplorée devant un monument que décoraient l'épée, le casque et le bouclier du défunt. Un certain M. de Wertenstein, d'humeur romanesque et vagabonde, avait fait inscrire son nom sur une nierre perdue dans des ruines, où un voyageur le découvrit. Le graveur Bartsch le faisait représenter par un caniche et François Casanova, le peintre d'-batailles, faisait porter modestement le sien par un âne. Tout cela est joliment imaginé, délicieusement gravé, et il serait évidemment fort agréable de recevoir chaque année, en manière de cartes de visite, de jolies images qui seraient de véritables œuvres d'art. Cette mode, par surcroît, donnerait du travail à nos.graveurs. Travaillons donc à la rétablir. . — Ouais ! Mais s'imagine-t-on que toutes les cartes de visite d'il y a cent ans étaient des œuvres d'art. Et s'imagine-t-on surtout que si la mode se rétablissait des cartes de visite illustrées, toutes celles que nous recevrions seraient des œuvres d'art? Les caries i postales, dont on fait aujourd'hui une si abondante consommation, ne sont pas faites pour nous rassurer. Presque toutes celles qui ne représentent pas des vues de villes ou de simples paysages sont horribles, et quand elles ne sont pas horribles, elles ne se vendent 1 pas. C'est que le goût, malgré tout ce que l'on fait, et malgré tout ce que l'on a fait pour le répandre, est demeuré très rare. Le goût, cela ne s'enseigne pas en vingt leçons. C'est le produit d'une longue culture. Les peuples ont du goût quand ils sont civilises depuis très longtemps ; les individus — si l'on excepte quelques artistes merveilleusement doués, — quand ils ont été élevés dans un milieu où l'on avait du goût, ou quand, à force d'intelligence, de souplesse et d'instruction, ils se sont formé le goût par une lente discipline. Mais -M. Tout-le-monde, quand il ne suit pas le goût imposé, le goût banal, quand il veut être personnel, va d'instinct vers ce qui est le plus laid. C'est pourquoi, dans les choses courantes, la meilleure esthétique, c'est la banalité. Il serait délicieux de recevoir des petits cartons illustrés par KhnopfE — qui en envoie parfois à de rares privilégiés — par Rassenfosse, par Danse, par Lynen, par Heins. Mais, pour deux ou trois jolies vignettes qu'on recevrait, quelle avalanche de fleurs stylisées, de nymphes en costumes anglo-grecs, ou de petits soleils couchants dessinés par des jeunes filles du monde "pleines de talent" : à quel étalage de prétentions saugrenues n'assisterait-on pas? S'il faut absolument que mes contemporains se i appellent à mon souvenir à l'occasion du jour de l'an, j'aime autant que ce soit le plus simplement possible. . Si l'on mettait les cartes de visite illustrées à la mode, ce serait une manifestation nouvelle de cette manie que nous avons d'introduire "de l'esthétique" là où elle n'a que faire. Les intentions sont excellentes ; quelle charmante idée, par ^ exemple, de créer autour des petits écoliers un véritable milieu d'art par la décoration rationnelle de la classe ! Quel^ programme vraiment élevé et généreux que celui de former le goût populaire ! Seulement, les braves gens qui se sont attelés à ce beau programme sont en général imbus de ce style dit modenie qui en est encore à se chercher, qui a produit, à côté de choses charmantes, de véritables horreurs. Malheureuse- -• " », ! ■ ' .1 .. lent, les choses charmantes, œuvres ! 'artistes exceptionnels, sont en géné- ] al fort chères. Or, quand il s'agit de j écorer les écoles, il faut aller au bon I îarché. Aussi, ce à quoi on est arrivé 1 ans l'illustration des livres classiques | t dans toute l'imagerie scolaire en | énéral, et même dans l'ornementation i es classes,'est-il le plus souvent mons- | ru'eux. De même, les mobiliers "esthé- 1 iqués" à bon marché et la céramique | 'art nouveau" que l'on trouve au | nzar. Autre exemple : il est évident que la ,1 mblicité illustrée peut donner lieu à | le véritables œuvres d'art, telles les af-iches de Chéret, de Nicholson, de jl ['assiéra Mais, sous prétexte d'origi- ■,;] ;alité, d'invention,'on est arrivé au- | ourd'hui à d'inconcevables fantaisies. | si les affiches de Cassiers pour le pa- | luebot Ostende-Douvres sont vraiment i 'xcellentes, que dire de certaines ré- 1 :lames illustrées consacrées à notre | ittoral ? A voir tant d'allégories bizar- | ■es, tant de stylisations saugrenues, I m en vient à ne plus aimer que ce qui | ist le plus simple. Devant certaines affiches des che- i nins de fer, on regrette le simple pla- i ;ard imprimé d'autrefois ; devant _ les 1 ;artes de visite illustrées, on en vien- | Irait bien vite à trouver admirables ;i es petits cartons gravés qui nous excè- | lent aujourd'hui. Populariser 1 art, le il 'épandre partout où on peut le repajn- | Ire le faire pénétrer dans toutes les | nanifestations de 1a- vie, ce serait une I Buvre admirable, c'est un reve qui a | mssionné quelques-uns des plus hauts ,j ;sprits de notre temps. Mais il est J jien difficile à'réaliser, et tandis qu on , j'y efforce, il ne faut pas oublier que i uiand on veut populariser, il ne faut ; :ias pour cela vulgariser — rendre vul- I ?aUe L. DUMONT.WILDÉN. _>-*«•-< ——=— * | BEVUE DE Li PRESSE —1 Les discours du Roi M. Vulgence 21 as son, dàjoùté, dans la 1 Chronique : Fort bien ! Qu'on modifie et qu'on per- i 'ecticjnne l'instrument, puisqu il est éta- 4 ali que celui qu'on a forge n a pas rendu | les services, qu'on en attendait. Mais | au'on se garde bien de toucher aux garanties du décret de Berlin, que M Wiener rappelait si opportunément au bénat, ians la séance du 23 décembre, et dont | il semble que, par certams cotes au | n oins on voudrait s affranchit. Ces g -anties seront d'autant plus précieuses qu'on veut constituer sur place un pou- jj roir plus considérable, pouvoir qui sera i nécessairement concentré dans les mams | i'un seul homme. I Tant vaudra l'homme, tant vaudra le | système. „ i Que serait-il exactement, ce système l | Le Roi n'a pas précisé davantage ; il s est , borné à annoncer un projet de loi qui | s'inspirera de la pratique des réalites. Si la résolution est bonne et louable en | soi, mettons-nous en garde contre l'appli- j cation. Il s'est produit au sujet des mesu- | res à prendre au Congo des opinions qui | ne tendent à rien moins qu'à procurer aux ,j missions une situation privilégiée, à leur | donner une autonomie et une puissance | rivales de l'autorité civile. Nous tenons les missions pour respecta- I bles dans leurs œuvres, mais on ne peut | admettre qu'elles s'arrogent une puissan- !,, ce destructive de la tutelle de l'Etat. Point de restriction, ni d'entrave non; plus, à la liberté de conscience. | La presse officieuse n'hésite pas à dé- ,| clarer «que la guerre déclarée_aux mis- | » sions par la franc-maçonnerie, et en j » particulier la création de loges maçon- ? » niques au Congo, sont des crimes con- :J i> tre la civilisation, contre la colonie, con- j -> tre la patrie même ! » J Nous ne parlerons pas de cette légende de la guerre faite aux missions ; il en a ,! été fait justice ; mais les cléricaux appré- | cient trop ses avantages pour l'abandon- i< ner. Mais nous signalons à tous les par- j tisans de la liberté de conscience l'entre- | prise qu'on poursuit. Assurément, dire que c'est un crime de s'affilier à une loge i maçonnique, c'est affirmer qu'il faut in- ' terdire pareille abomination et châtier ceux, qui s'y livrent ! Si le projet de revision de la charte coloniale portait la marque de cette fureur d'intolérance, s'il touchait à une parcelle de la liberté de conscience, si, enfin, par quelque moyen détourné, on cherchait à assouvir la haine de ceux qui poursuivent au Congo la politique sectaire qu'on ap- | plique en Belgique, le devoir serait de j résister à une entreprise qui, bien loin de consolider la colonie, ne tendrait à rien moins que de la compromettre et de la livrer à toutes les convoitises. Quelques autres appréciations. Le Journal de Bruxelles : " Le discours du Roi, les question» qu'il soumet, à propos du Congo, aux préoccupations de l'opinion auront fata- I lement. leur contre-coup sur la discussion

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Dit item is een uitgave in de reeks La Flandre libérale behorende tot de categorie Culturele bladen. Uitgegeven in Gand van 1874 tot 1974.

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