L'avenir wallon

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28 december 1916
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s.n. 1916, 28 December. L'avenir wallon. Geraadpleegd op 11 december 2019, op https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/nl/pid/d50ft8f679/
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Le Numéro : i 10 centimes Abonnements Un an. . . fr. 5.00 Six mois . . 3.00 Trois mois . . 1.60 Annonces La ligne . . fr. 0.50 L'avenir WALLON Paraît tentes les semaines RÉDACTION ET ADMINISTRATION : 3, Boulevard de la Senne BRUXELLES - LA SÉPARATION ADMINISTRATIVE La séparation administrative n'est pas une chose nouvelle en Belgique. On peut dire que ce régime politique est le plus conforme à l'esprit et aux traditions des habitants. Les anciens Pays-Bas méridionaux constituaient une fédération d'Etats. Le lien qui rattachait les différentes parties du pays était plus serré que cefui qui existe entre les cantons suisses, mais moins étroit que celui qui unit les Etats de l'Amérique du Nord. C'est l'esprit centralisateur de la Révolution française qui brisa cette vieille organisation, abolit .l'autonomie des provinces et fut l'embryon de l'unité belge. Cette unité ne pouvait être basée que sur l'uniformité du langage. C'est pourquoi les premiers gouvernements de la Belgique entreprirent d'extirper le bilinguisme. Mais ils furent débordés par le mouvement flamand, et à mesure que celui-ci prenait plus de force et d'ampleur, le retour à la forme fédérative apparut avec une nécessité de plus en plus inévitable. Il est à remarquer qu'après la chute du régime français en 1815, l'opinion publique en Belgique demandait le rétablissement de l'ancien ordre de choses. 11 y avait alors ici un parti puissant qui réclamait la restauration de la domination autrichienne avec la restitution des privilèges de la noblesse, des Etats et du clergé. Falck, ministre de Hollande à Bruxelles, écrivait à Hoogendorp que ce parti eiaii « celui des grandi stigiituis ayant derrière eux les plus rusés moines et des membres des Etats de feu la Joyeuse-Entrée ». C'^|aient les patriotards de l'époque, les réactionnaires incorrigibles quton trouve dans tous les temps, qui ont des yeux pour ne point voir et qui ne se doutent pas que les événements marchent sans eux. Bientôt se posa la question de l'annexion à la Hollande et la clause secrète du traité de Paris par lequel les Puissances avaient disposé des destinées de la Belgique, fut révélée. De nouveau l'idée d'une confédération se posa tout d'abord. Antoine Barthélémy, membre du corps municipal de Bruxelles, jurisconsulte considéré, dont actuellement encore un boulevard de Bruxelles porte le nom, écrivit une brochure : De la réunion des provinces hollandaises et belgiqu.es. « La plupart des Belges, disait Fauteur, semblent désirer sous un même souverain, deux gouvernements distincts, des intérêts séparés, c'est-à-dire une fédération plutôt qu'une réunion. » Barthélémy avait vu juste. Le royaume des Pays-Bas était un grand et beau royaume qui eût pu défier le temps et les événements pour peu qu'on eut respecté les aspirations parti-culàristes des peuples qui le composaient. Mais le Roi de Hollande entreprit une tâche au-dessus des forces humaines en essayant de réaliser un « amalgame » impossible. Quinze ans après, line révolution violente sépara les deux peuples. Cette révolution aurait pu être évitée si le gouvernement hollandais avait accepté de se rallier au projet d'un lien fédératif qui, de nouveau, venait d'être proposé par les Belges. De Potter, un des chefs principaux du mouvement insurrectionnel, y voyait le seul moyen de salut pour l'Etat. Au début, les révolutionnaires ne voulaient rien au-delà de la séparation administrative. Ils l'avaient assignée comme but à leurs efforts. Mais, comme il arrive toujours, quand les événements se précipitent plus personne n'en est le maître. Voici ce que en 1829, De Potter écrivait au roi de Hollande : « ... Dès ce jour, nous reprenons notre inté-pendance que nous n'avons point eu l'intention de vous aliéner gratuitement. Réglez vos opinions, vos écoles, comme vous le trouverez (convenable, et laissez-nous la liberté des nôtres, gardez vos mœurs, vos habitudes, Votre langue, •et laissez-nous notre langue, nos habitudes, nos nr jrs; faites des lois exclusivement dans l'ii ;érêt de votre commerce, nous en îerons da..i ee.ui de notre agriculture et de notre iitt'usîTie... Gouverner, admfrwstre7:, réglemen tez chez vous auiant que bon vous semblera, nous essaierons chez nous de conserver k plus possible de liberté à chacun, confiant plu>. souvent le soin de l'ordre public au bon sens et à l'intérêt du plus grand nombre qu'à l'éternelle intervention d'une autorité vétilleuse et tracassière, retournez dans vos foyers, et créez-y des places pour cette foule innombrable d'entre vous qui est toujours prête à s'atteler au char du pouvoir, pourvu que le pouvoir le nourisse grassement à son râtelier... Ainsi finira cet é<at de choses pénible, contre nature, de deux moitiés de corps social, dont l'un doit nécessairement opprimer l'autre... » N'étant plus confondus dans un supplice commun devenu insupportable,^ nous serons plus que jamais alliés pour notre défense comme nafion. » Voilà, Sire, ce que les Belges voudraient ne jamais devoir" dire à leurs concitoyens ;u Nord, mais ce qu'ils leur diraient sans hésiter si des ministres imprudents continuaient à provoquer ce langage sévère. » En même temps, De Potter formulait un projet de séparation administrative qui aurait pu, dans l'esprit de son auteur, préserver 'a dislocation violente et définitive de l'ancien royaume des Pays-Bas, en restituant à chacune de ses parties son autonomie et sa liberté. Le Ralliement du 19 février 1913 a rappelé ce projet qui était oublié, en insistant ir l'identité des cir^consi<incG.s çt Iî r tirer parti de la leçon des événements pour prévenir des maux infiniment plus graves. Voici le texte de ce Projet de pacte fédéral entre les Belges et les Hollandais : * * * A •. Désignation spéciale des contractants. — D'une part, les provinces de Brabant Septentrional, Gueldre, Hollande, Zélande, Utrecht, Frise, Overyssel, Groningue et Drenthe, sous le nom de Batavie, Provinces Bataves, ou Provinces du Nord. D'une autre part, les provinces de Brabant Méridional, Limbourg, Liège, Flandre Orientale, Flandre Occidentale, Hainaut, Namur, Anvers et Luxembourg, sous le nom de Belgique, Provinces Beiges ou Provinces du Midi. 2. Liberté des 'peuples. — Chacun des "deux Etats fédérés exerce sa souveraineté. C'est-à-dire qu'il maintient ou change ses lois selon sa Constitution, en se conformant néanmoins au présent pacte reconnu comme loi fondamentale suprême des deux Etats susdits.3. Gouvernement. — Il n'y a qu'un chef du pouvoir exécutif pour les deux Etats fédérés. Le roi des Pays-Bas sera représenté dans celui des deux Etats où il ne résidera point, par un gouverneur-général ou vice-roi, à sa nomination. La liste civile sera exclusivement à charge de l'Etat où le roi aura fixé sa résidence. Le traitement du gouverneur-général ou vice-roi sera à charge de l'Etat gouverné par lui. 4. Fraternité des peuples. — Toute barrière de douane est anéantie entre les deux Etats. 5. Les droits politiques s'acquièrent d'un Etat à l'autre, par le seul fait d'un an 3e domicile après la déclaration de l'intention. 6. Les propriétés scientifiques, littéraires et artistiques de l'un des jdeux peuples sont essentiellement protégées par l'autre. 7. Egalité des 'peuples. — Chaque législature nomme cinq députés pensionnaires. Ils sont salariés par l'Etat qu'ils représentent. Le collège des jdix pensionnaires prend le titre de Congrès fédéral. La première nomination au Congrès est pour trois ans sans renouvellement. Au bout de trois ans, il y a annuellement un membre sortant et rééligible par Etat. Le premier membre sortant est le plus jeune, et ainsi de suite, jusqu'à ce que la rotation soit établie. 8. Le Congrès fédéral décide souverainement ? la majorité des voix et sans qu'il y en ait aucune prépondérante, tout ce qui est relatif à la communauté en général. Et spécialement : 1° Le contingent armé de chaque peuple, destiné à la défense commune; 2° Les droits à placer sur les importations dans le royaume des Pays-Bas, en se basant, autant que faire se peut, sur le principe de la libre concurrence. 9. Si l'unanimité de l'une des députations demande la séparation. La législature de l'Etat impétrant sera renouvelée.Celle-ci discutera la séparation au moins six mois avant de nommer une nouvelle représentation au Congrès fédéral. Et si après six mois d'une seconde discussion au sein du Congrès, la nouvelle représentation est encore unanime pour réitérer la même 'demande. La séparation se trouvera .accomplie, par la simple notification de cette unanimité. 10. Le présent pacte ifondamental pourra être changé aux conditions suivantes : 1°® L'unanimité du Congrès pour demander des changements toujours parfaitement déterminés;2° La dissolution des deux législatures ; 3° La nomination d'un nouveau Congrès fédéral ; 4° L'acceptation unanime par ce Congrès des changements proposés par le Congrès précédent. 11. Ce qui concerne la dette de l'ancienne communauté éteinte, les colonies et la marine, sera réglé par le Congrès fédéral à la majorité absolue des voix, après au moins une année de discussion. Le Congrès constatera également la situation financière de chacun des deux Etats au moment du rétablissement de la communauté nouvelle sous la forme fédérative. 12. Conditions réglementaires. — Le Congrès fédéral reste en permanence. Les discussions sont essentiellement publiques.Les membres signent leurs votes. Le président est sommé à la majorité absolue "des voix. Il porte le nom de grand pensionnaire. En cas de partage des voix, il y a deux grands pensionnaires, alternant par séance l'exercice de la présidence. 13. Le Congrès fédéral siégera une année dans l'un des Etats, et une année dans l'autre. La première résidence sera désignée par le sort. 14. Pour le reste, le Congrès fédéral fait lui-même son propre règlement. 15. Sanction. —I Le présent pacte sera sanctionné par l'acceptation des deux législatures. Fait, etc. $ * * Lorsque la révolution belge fut un fait accompli et qu'il fallut choisir une forme de gouvernement pour le nouvel Etat, l'idée fédérative retrouva des partisans nombreux et éloquents. Gendebien obtint de ses collègues du gouvernement provisoire le mandat d'aller à Paris défendre un projet de fédération dés provinces belgiques. Un journal, Y Emancipation, qui s'éditait à Bruxelles, menait vigoureusement campagne en faveur d'un régime calqué sur les institutions suisses. Mais les vents étaient à la centralisation. Les vieux particularismes paraissaient avoir abdiqué pour toujours. Flamands et Wallons semblaient avoir scellé un pacte d'amitié éternelle. Une querelle de langues et de races n'entrait plus, pensait-on, dans le champ des réalités probables, ,ni mêmes possibles. Le rouleau belge qui commençait à fonctionner, allait tout nivel-ler et fusionner. Peut-être en eût-il été ainsi si les dirigeants de la politique belge avaient fait montre d'esprit de suite et de décision. Mais les Flamands sont d'éternels indisciplinés. Ils ont l'humeur farouche, bourrue et grincheuse. Ce n'est pas pour rien que, sous tous les régimes, ils ont mérité lt surnom de muiters (mutins). C'est cet esprit brouillon et malfaisant de sa race que J. F. Willems constatait lui-même en s'écriant douloureusement : «Nous faisons toujours contraste!». Figures de chez nous La Couronne de Wallonie, par J. Destrée. La Wallonie ne fut jamais étrangère à la civilisation générale de l'Europe centrale. Il n'y a que des ignorants qui puissent en parler avec dédain. Toutefois, reconnaissons-le, dès qu'il s'agit de promautés artistiques, la gloire flamande apparaît rayonnante. Les expositions rétrospectives de ces dernières années, les Primitifs à Bruges, le XVIIe siècle à Bruxelles ont encore accentué cette opinion. Il semble que la Flandre seule puisse s'énorgueillir et que la Wallonie n'ait qu'à se taire, admirative et confuse. C'est là une irritante erreur, plus irritante encore au moment actuel où la querelle des races et des langues s'avive. Il n'est pas vrai que les Wallons n'aient pas le droit d'être fiers aussi de leur passé. Il importe au contraire de leur donner conscience de la splendeur de celui-ci et de ne rien leur céler des possibilités de leurs énergies. On a pu autrefois dénommer, non sans raison, maîtres du contrepoint néerlandais, peintres de l'école flamande, des artistes nés dans nos provinces, parce que ces mots : Flandres, Flamands, Néerlandais avaient un sens plus large qu'aujourr d'hui et comprenaient les Wallons. Mais, depuis une trentaine d'années, le sens de ces quaîificatifs s'est rétréci au profit des provinces du nord. Nous avons donc le droit et le devoir de réagir et de montrer que dans tous les domaines de la production esthétique, les Wallons n'ont jamais cessé de participer, souvent avec éclat, à la culture générale du pays. Cette vérité historique, nid homme averti ne la contestera. Mais elle est ignorée du grand public. Elle est ignorée surtout en -Wallonie. Et il est salutaire qu'elle y soit connue. Nous n'avons pas été des barbares dans le passé. Nous ne voulons pas être des barbares dans le présent. Le Hainaut atteste des énergies industrielles de premier ordre, mais il peut montrer plus que céTa. Produire du charbon, du verre et de l'acier, c'est bien; lutter sur les marchés du monde par l'activité inlassée de ses ouvriers et la subtilité savante de ses ingénieurs, c'est bien encore; mais il est des degrés plus haut dans l'échelle des activités humaines; la course au bénéfice peut; engendrer des prodiges, mais il faut, pour qu'elle compte dans l'histoire, qu'un peu d'idéalisme en ennoblisse les matérialités, que le goût l'affine et qu'un élan vers la beauté la transporte et l'entraîne. Il n'est point d'époque fameuse, en la suite des temps, de contrée heureuse, en la suite des terres, qui ne se couronne de manifestations d'art. La Wallonie robuste, œuvrant près de ses fourneaux, semblait une ouvrière vaillante, n'ayant pas le droit, et n'osant pas même y songer, de marcher aux côtés des reines. Sa couronne, elle était éparse par le monde; des débris en étaient, sous les étiquettes étrangères, cachés dans les musées et dans les bibliothèques, d'autres, oubliés et dédaignés, étaient perdus dans la poussière des chemins, des sacristies, des monastères. En voici quelques gemmes et quelques fleurons : Hugo d'Oignies, André Beauneveu, Roger de le Pasture (flamandisé sous le nom de Vander Weyden), Gossart de Maubeuge, Prévost de Mons, Patinir, Henri de Bouvignes (Bles), Bellegambe, Lambert Lombard, Lucidel, Jacques Du Brœucq, Del Cour, Delvaux, Wat-teau, Pater, Navez, Gallait, Fourmois, Wiertz, Rops, Boulanger, 'Hennèbicq, Bourlard, etc. Dites, n'est-ce point magnifique? Beauneveu, Watteau et Pater sont de Valen-ciennes, nous dira-t-on? D'accord, mais Valen-ciennes, si proche de Mons, n'était-elle point-la seconde ville de Pancien comté de Hainaut? Dans cette liste, incomplète, indiquée sommairement, il y a des noms glorieux. Ne sont-ce point merveilles que les œuv.res d'Hugo d'Oignies? Dans le premier quart du XIIIe siècle, le moine orfèvre a réalisé ces prodiges de goût, d'invention, de technique. Le rôle d'André Beauneveu, au siècle suivant, ne fut pas moins considérable que celui d'Hugo cPOignie*, On a dit déjà Pinfluenc» 1r0 Année. — N° -8. Rédacteur en eh';f : p. »'hannau Du 28 Décembre 1946 au 3 Janvier 1917.

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Dit item is een uitgave in de reeks L'avenir wallon behorende tot de categorie Oorlogspers. Uitgegeven in Bruxelles van 1916 tot 1918.

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