L'avenir wallon

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11 januari 1917
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s.n. 1917, 11 Januari. L'avenir wallon. Geraadpleegd op 14 oktober 2019, op https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/nl/pid/mp4vh5d72x/
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I Le Numéro : 10 centimes Abonnbments Un an. . . fr. 5.00 Six mois . 3.00 Trois mois . . 1.60 Annonces La ligne . . fr. 0.50 LAVENIR WALLEN Paraît tontes les semaines RÉDACTION kt ADMINISTRATION : 3, Boulevard de la Senne BRUXELLES LA SEPARATION ADMINISTRATIVE Tous les Belges conscients des réalités contingentes sont aujourd'hui ralliés à l'idée de la séparation administrative. Ils savent que, dans une Belgique reconstituée, les deux peuples qui la composent ne peuvent plus se contenter d'une unité qui n'a été qu'un men-■ songe et une duperie, mais placeront leur confiance dans un dualisme intégral qui leur permettra de se développer moralement et économiquement côte-à-côte, sans acrimonie et sans discorde. Ce serait d'ailleurs aller à l'en-contre d'un des buts essentiels de la guerre actuelle, que^de continuer à entretenir ici un foyer de ressentiments germano-latins qui, dans une Europe définitivement pacifiée, ne pourrait plus apparaître — selon une parole célèbre — que comme « un anachronisme et un défi ». D'ailleurs, sous vingt formes sournoises, la séparation existait déjà en Belgique. Dans la législation sur l'enseignement moyen, la Flandre était séparée de la Wallonie : il y avait le régime flamand et le régime wallon. En matière d'administration de la justice deux régimes avaient été établis basés sur la même distinction de langue et de race. Au ministère des chemins de fer et à celui des travaux publics fonctionnait un classement séparatif des communes flamandes et des communes wallonnes' qui réglait la préséance des indications dans une langue et dans l'autre. En vérité, nous avions la chose sans le nom, et il n'y avait plus qu'un pas qui nous écartait de la séparation intégrale. Pour réaliser cette séparation, plusieurs formules sont en présence, et ce n'est plus que sur ces modalités que puisse porter désormais la discussion. Ainsi que Destrée l'écrivait au mois de juin 1912 dans le Journal de Charte-roi, l'idée de la séparation a fait en Wallonie « des progrès foudroyants ». Et il ajoutait, dans le même article : « 11 faudrait être aveugle pour ne pas apercevoir, dans chacune des parties du pays, combien ce qui enthousiasme les uns fait horreur aux autres. La Flandre et la Wallonie ont des idéals nettement divergents. Elles comprennent toutes deux en sens contraire l'évolution de leurs destinées. Les mots : ordre, progrès social, justice, prospérité nationale ont une signification contradictoire, selon qu'ils se prononcent dans les provinces du Nord ou dans celles du Sud. » Comme nous l'avons exposé, en revenant à la forme fédérative nous ne ferions que reprendre la suite régulière et logique de nos traditions nationales. Flandre, Hainaut, Bra-bant, Liège formaient jadis autant d'Etats séparés, au point que les habitants d'une province étaient des aubains, c'est-à-dire des étrangers, dans une autre. « Incontestablement, dit M. Emile Buisset, une erreur a été commise en 1830. Imbus des idées d'unité absolue qui avaient prévalu en France après la chute des Girondins, nos constituants n'ont pas compris, même après la leçon que le divorce avec la Hollande venait de leur donner, qu'il était dangereux d'unifier étroitement au point de vue administratif et politique un pays où vivaient deux races parfaitement distinctes par la langue, les mœurs, les façons séculaires de penser. On a méconnu la formation historique de ce peuple double qui, plus que tout autre peut-être, avait joui de la plus franche autonomie régionale et provinciale. Il n'y a jamais eu avant 1830 de nationalité belge telle qu'elle est constituée aujourd'hui. Il y avait des Etats belgiques, soumis envers le Prince à des obligations qui n'étaient pas toujours identiques et possédant une large indépendance les uns vis-à-vis des autres. » M. François André, président du Conseil provincial du Hainaut, faisait les mêmes constatations : « Le régime de centralisation à outrance, que nous subissons est l'œuvre du despotisme jacobin, démarquée par le despotisme napoléonien; il n'a créé entre nos provinces et nos cités qu'un lien factice, car, au j fond, il répugne également au tempérament des Belges flamands et wallons, urbains e{ ruraux. J'ajouterai qu'il est en contradictioi avec les aspirations de notre époque. » C'est donc à l'ancienne forme des Etats bel giques qu'il faut en revenir aujourd'hui s l'on veut assurer les destinées de notre pays dans une Europe nouvelle, et lui garantir conservation et la sécurité de son indépendance. Mais faut-il ressusciter le morcellemen des autonomies provinciales ainsi qu'il existait sous l'ancien régime, et fractionner les particularismes en se contentant d'élargir les attri butions et les franchises des provinces et de.-communes? Certes, il y a encore, aujourd'hui comme hier, en Flandre comme en Wallonie, des orgueils et des coquetteries de clocher. Anvers et Gand, Liège, Mons et Tournai ont leurs points de vue, leur personnalité tranchée, leur « quant-à-soi », si on peut dire. Mais il faut tenir compte d'un fait qui a son importance. C'est que le régime belge, si néfaste qu'il ait été en ces trent-cinq dernières années, a produit un résultat : il a créé une conscience flamande et une conscience wal lonne, reposant l'une et l'autre sur l'unité de langue. Cette unité de langue, ce ciment qu_ unit et consolide la famille wallonne, comme il rassemble et raffermit d'autre part la famille flamande, il ne faut pas le laisser se perdre. C'est cette unité de langue qui justitV, et explique nos deux « nationalités ». Neuf petites provinces autonomes n'auraient entre elles d'autre lien que celui fort ténu et fort fragile de la nationalité belge. Il faut que la séparation soit l'expression réciproque d'un intérêt flamand et d'un intérêt wallon, ce -qui ne serait pas le cas avec une subdivision trop dispersée. Le retour au fédéralisme d'Etats serait un décalque trop fidèle et périmé de l'ancien régime. La sagesse politique consiste non pas, croyons-nous, à copier les institutions anciennes, mais à les adapter le mieux qu'on peut aux nécessités nouvelles. La conscience wallonne, qui n'existait pas sous l'ancien régime, en est une. C'est elle, avant tout, que nous avons à préserver et à cultiver pour lui permettre de s'épanouir pleinement selon sa nature et son génie. Plus que pour la Flandre, il y a avantage, pour la Wallonie à ce que la notion de région se substitue à celle de province. La Flandre est connue partout. Par l'art, par l'histoire, par la légende son nom a été répandu à foison. Il est bon qu'on sache aussi qu'en face des Flamand^, de leur orgueil et de leur égoïsme, il y a non seulement des Liégeois, des Namurois et des Hennuyers, mais une Wallonie et des Wallons. C'est pourquoi nous inclinons au système de M. Delaite qui est celui de l'autonomie régionale. Le Congrès Wallom de 1912 s'est d'ailr leurs prononcé en faveur « d'une Wallonie séparée de la Flandre en vue de l'extension de son indépendance vis-à-vis du pouvoir central et de la libre expansion "die son activité propre ». Ce système exigera au préalable une rectification des frontières provinciales qui ne suivent pas toujours la ligne de la limite des langues. Dans la Flandre Occidentale et dans le Limbourg on trouve notamment quantité de communes wallonnes qui doivent légitimement faire retour au Hainaut et à la province de Liège. Par contre, au nord du Hainaut, sont encrastées quelques localités purement flamandes qui y rompent l'uniformité de langue et de race, et qu'il serait opportun de restituer aux provinces du Nord, de même que Liège comprend un certain nombre de villages et de hameaux flamands qu'il serait équitable de faire rentrer, par une rectification de frontière, dans le territoire de la province de L'imbourg. Une simple disposition législative suffirait à cet effet. Quant au Bra-bant, la seule de nos provinces qui présente, d'une façon caractéristique, le phénomène du bilinguisme, il y aurait lieu, soit d'en faire j un Etat séparé, comme le demande M. Delaite, I soit de le départager suivant la limite des langues. Bruxelles a été classé par le gouvernement belge parmi les communes flamandes en vertu de l'arrêté royal qui considère comme communes flamandes celles où la majorité des habitants déclarent parler le flamand. Il est certain que, pour Bruxelles et les faubourgs limitrophes, les statistiques ont été mal faites, car il est dérisoire de considérer comme « flamand » le jargon mi-partie, ni chair ni poisson, dont le populaire fait usage dans certains quartiers de l'agglomération. Il ne serait pas difficile tde prouver que la plupart des gens qui ont déclaré « se servir le plus usuellement du flamand », accomplissent tous les actes importants de leur vie en français. Peut-être eut-on mieux fait de leur demander : « en quelle langue dites-vous vos prières? » ou « en quelle langue délivrez-vous vos quittances? ». Mais, comme dit le proverbe, le vin est tiré; il faut le boire. Si quelque jour prochain, Bruxelles est incorporé dans la région flamande, elle saura qu'elle n'a qu'à s'en prendre au gouvernement belge, pour lequel d'ailleurs, sous la suggestion de la haute finance, de la noblesse, du clergé et de tout ce qu'un homme politique, en veine d'esprit ce jour-là, a pittoresquement dénommé «le bois mort», la capitale a si bien voté le 2 juin 1912. Malheureusement, tandis que le gouvernement belge classe Bruxelles parmi les communes flamandes, il arrive parfois que les hommes politiques de droite la refoulent de force dans la région opposée quand il s'agit d'opposer, à l'aide d'ingénieuses statistiques, les h landres vertueuses et pudiques a l'immoralité bien connue de la Wallonie. Alors, pour M. Woeste, notamment, Bruxelles devient tout-à-coup ville wallonne, à laquelle il endosse le contingent habituel de naissances illégitimes, de divorces et de turpitudes dé toute espèce que le vice provincial vient dissimuler dans une grande capitale. Mais cela, ce n'est qu'un relent de cette nauséabonde politique dont la guerre actuelle aura fait justice. Celle-là du moins ne revivra plus. Morte la bête, mort le venin f —, ■» ♦ i < Figures de chez nous Albert de Cuyck, évêque de Liège vers 1196 est l'auteur des Libertés et des Privilèges des Liégeois ou, du moins, celui qui leur a accordé le plus de privilèges et de franchises. C'est lui qui leur accorda les privilèges suivants : Les Liégeois ne devaient payer aucune taille, aucun impôt sans leur consentement, ils n'étaient tenus à aucun service militaire que pour la défensive; un serf qui mourait dans la ville de Liège, avait le droit de laisser tout son mobilier à sa femme et à ses enfants, ou à ses autres parents. Un citoyen ne pouvait être arrêté ou détenu sans un mandat des échevins, ni être traduit que devant leur tribunal; s'il était condamné à la peine de mort, ses biens retournaient à sa famille. Le maïeur ni les échevins ne pouvaient entrer dans les maisons des bourgeois de la ville ou dans la banlieue, pour y faire la recherche d'un malfaiteur, qu'avec le consentement du maître de la maison. Ce sont là des libertés inconnues partout ailleurs à cette époque. Elles montrent à quel degré les Liégeois avaient déjà l'amour de la liberté. « La Charte d'Albert de Cuyck est un modèle des plus précieuses libertés accordées à cette époque. » Sébastien Laruelle, tribun, bourgmestre de Liège, élu avec Beckman par les, 32 métiers, pour défendre les privilèges de la cité, menacés par Ferdinand de Bavière. Il fut assassiné le 16 août 1637, dans un banquet auquel l'avait traîtreusement convié le comte de Warfuzée. Ce dernier avait été condamné à mort en effigie, pour avoir dilapidé les finances du roi d'Espagne. Il comptait, en faisant tuer un ami de la France, obtenir les faveurs du prince-évêque étranger. Ce crime abominable déchaîna la coière des I iégeois, oui estimaient profondément Laruelle. Les assassins de celui-ci — des soldats espagnols — furent lynchés par la fotlle. Les Liégeois déposèrent ensuite le corps de leur bourgmestre dans un tombeau de l'ancienne église de Sait-Martin-en-Ile. Après la Révolution, cette église devint la propriété d'un commerçant, qui la transforma en grange... Il découvrit un jour le corps du héros. On était en régime hollandais. Le gouvernement craignant de réveiller les sentiments francophiles de la cité, étouffa le projet qui était né de donner une sépulture digne au corps du bourgmestre martyr. Le corps fut, dans la suite, discrètement déposé dans les combles du palais des princes-évêques, qui devinrent peu après le musée archéologique de la ville. Il y resta un certain nombre d'années, et un jour un professeur d'université vint enlever le corps qu'il transporta chez lui, où il enleva la tête pour se livrer sur elle à 8es expériences ! Personne ne s'en inquiéta. Un jour, il envoya le corps décapité au cimetière, où on le refusa. Le corps revint chez le savant, qui l'envoya au musée archéologique (Musée Curtius), où il se 'trouve encore. Seulement, comme cette épave lamentable et émouvante a été, au cours de ses avatars, dépouillée de ses habits, le conservateur lui a réservé une pièce close. Quant à la tête disparue, tout ce qu'on sait, c'est qu'elle est passée dans la collection d'un bruxellois. Y a-t-il rien de plus déplorable que le sort réservé au corps d'un de nos héros les plus aimés? Quant à son collègue Beckman, il mourut en 163i, empoisonné, dit-on. * * * Plaçons ici la vaillante figure de Henri de Dînant, tribun populaire. La démocratie trouve en lui un chef remarquable, qui sut profiter avec habileté, des dissensions en faveur du peuple. Il parvint à* organiser une fédération populaire entre les villes de Dinant, St-Trond; Huy et Thuin. L'accord s'étant rétabli entre le Patriarcal et le Clergé, Henri fut chassé (1255). Rentré deux ans plus tard, il ne tarda pas à reconnaître l'inutilité de ses efforts et alla mourir en exil à la Cour de Marguerite de Flandre. Il fut surnommé « le tribun wallon ». Il était noble d'origine, mais il aimait le peuple. Il organisa militairement les milices de Liège. Il soutint les nobles dans leurs luttes contre Henri de Gueldre, prince autoritaire et débauché. Il fut un cles premiers bourgmestres de Liège. Il fut le principal auteur de la révolution politique qui, en 1253, rendit au peuple le droit de nommer ses magistrats. L'évêque Henri de Gueldre voulant obtenir des échevins xu^e levée de milice poui; envoyer au secours de Jean d'Avesnes, comte de Flandre, Henri de Dinant s'y opposa, alléguant « que ce n'était pas pour des intérêts étrangérs que les Liégeois étaient tenus à prendre les armes, mais pour la défense du pays et le soutien des droits de l'église et de l'évêque ». Persécuté, proscrit par l'aristocratie, il se réfugia auprès de Marguerite de Constanti-nople, comtesse de Flandre, où il mourut. Ami sincère des libertés du peuple, Henri de Dinant les défendit courageusement et mérita de son vivant le titre glorieux de « père de la patrie ». {Fleurs de Wallonie.) La politique annexioniste Léopold II fut un grand noi, un grand «roi d'affaires ». Le malheur pour la Belgique est que ce grand roi fut le sien. A la tête d'un vaste empire, il aurait étonné le monde par ses initiatives audacieuses et ses vues grandioses. Pour la Belgique, frêle et délicate monture, c'était un cavalier un peu lourd. Bonnement, il lui cassa les reins. Tout enfant, il avait déjà une volonté de fer. Léopold Ier, dans sa correspondance avec la reine Victoria, en trace ce portrait rapide : « Il est très original, très malin. Je l'appelle 2me Année. —- N° 10. aédacteur e» tief : p. b'hannau Du H au 17 Janvier 1917. —mr-.■ —mmÊÊÊÊmatÊmmiÊÊÊimimmmÊiÊKmÊÊtÊiÊÊÊ»aÊÊÊÊÊÊÊitmKÊÊiiHÊÊHtÊ^mimÊmÊÊÊimÊÊmtÊÊÊÊÊÊÊmÊÊiÊÊÊtiÊÊmÊÊÊiifmÊmiÊÊÊiÊÊÊÊÊÊÊmÊÊÊÊiiÊÊÊÊmÊiÊiÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊiÊÊÊmÊmiÊKÊÊÊÊÊmÊmÊÊÊÊÊÊiam

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Dit item is een uitgave in de reeks L'avenir wallon behorende tot de categorie Oorlogspers. Uitgegeven in Bruxelles van 1916 tot 1918.

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