Le matin

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s.n. 1914, 17 Juni. Le matin. Geraadpleegd op 19 oktober 2019, op https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/nl/pid/mp4vh5dn1x/
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jggjtaa iiynin Mercredi-1 7 Juin 1914 t- «a- HicflT PAGES - «CIIVQ CMJyTlÎMlEîé 21me Année — N° 168 RÉFACTION 39,VIEILLE- BOURSE, 39 ax.VB;i8M Téléphone "Rédaction : *i! 7 AtooiiAomeiits : l Un an ... , .lr. ÎS.(M) Anvers < Su mois 4» SSO /Trois mois .... 3.SSO lUnan 16. OO Intérieur < Six mois H NO /Trois mois .... K.OO Étranger : France, Angleterre, Allemagne et Union postale, par trimestre, fr. O.OO. — Hollande et Grand-Duché, par trimestre, fr. Ï.OO. l'abonnement se poursuit jusqu'à refus formel. LE MATIN JOURNAL QUOTIDIEN ADMINISTRATION 39,VIEILLE BOURSE, 39 AMVER8 Téléphone Administration : SOI C. de CAUWER, Directeur Amionees : Annonces la petite ligne, fr. O.SO Annonces financières id > S OO Réclamés la ligne, » 1 .KO Faits divers corps id. » 3 OO Chronique sportive id. > 3 OO Faits divers fin id. » $.00 La Ville id. > ÎÏ OO Emissions Prix à convenir. annonces de la France, de l'Angleterre et de l'Amérique sont exclusivement reçues à Bruxelles chez mm. J. Lebegue A C«. ILES MAUVAIS TOURS DE LA STATISTIQUE L'augmentation de la population, dans les diverses provinces, fournit depuis de longues années aux organes catholiques un thème inépuisable. Ils ont l'habitude d'opposer les provinces flamandes aux provinces wallonnes, les provinces cléricales aux provinces anticléricales et de tirer de ces comparaisons des conclusions de moralité. Si la population augmente, dans la partie flamande et cléricale du pays, c-est parce que les habitants de cette partie du pays pratiquent la moralité catholique. Lv Annuaire sanitaire de la Belgique, émanant du service de santé et d'hygiène publique du ministère de l'industrie et du travail, vient de publier le mouvement de la population du pays en 1911 et en 1912 et il -faut bien reconnaître qu'il se produit des modifications dans ce mouvement. D'abord, il faut bien constater un léger fléchissement dans l'augmentation totale de la population du pays vis-à-vis de la dernière période décennale. Au 31 décembre 1911, il y avait en Belgique 7,490,411 habitants. Au 31 décembre 1912, la population atteignait 7,571,387 habitants, soit une augmentation de 80,976 habitants. Cette augmentation représente 1.081 % contre 1.091 % durant la dernière période décennale. Il y a donc, en général, régression et, dans ces conditions, il faut bien admettre que la domination catholique n'est pas un élément essentiel de l'augmentation de la population et du développement de la moralité. Quant à la situation par province, elle est la suivante: La province de Brabant arrive en tête avec 1,522,941 âmes; puis viennent, dans l'ordre, les provinces de Hainaut (1,247,042 habitants),de Flandre orientale (1,134,079), d'Anvers (1,004,909 — c'est la première fois que cette province dépasse le million); de Liège (896,649); de Flandre occidentale (884,777), de Namur (364,319); de Limbourg (254,171) et de Luxembourg (232,500). Si nous comparons ces chiffras à ceux du SI décembre 1911, nous voyons que c'est le Brabant qui enregistre l'augmentation la plus forte (28,525 habitants en plus); se classent ensuite dans l'ordre, les provinces d'Anvers (+ 17,708), de Hainaut (+ 8,730), d? Flandre orientale ( + 8,265), de Flandre occidentale ( + 6,360), de Liège ( + 5,731), de Limbourg ( + 5,001),de Luxembourg ( + 1,186) £t de Namur ( + 870). L'augmentation relative de la population se.chiffre.comme suit: Brabant (1.9 %), Anvers et Limbourg (1.8 %), Flandre orientale (0.8 %), Hainaut (0.75 %), Flandre occidentale et Liège (0.67 %), Luxembourg (0.52 %) et Namur (0.25 i%- •Ce classement fait ressortir des modifications: c'est maintenant le Brabant qui tient la tête au lieu de la province d'Anvers et il faut bien reconnaître que le Hainaut, bien que wallon, occupe une bonne place entre les deux Flandres et que, à ce compte, la très catholique Flandre occidentale serait moins morale que le très anticlérical Hainaut. C'est quelque peu gênant pour la thèse cléricale. Aussi, que font les organes catholiques?C'est bien simple. Ils font un calcul à la Loriquet; nous citons textuellement: « Brabant mis à part, les provinces flamandes donnent une augmentation moyenne de 1.27 p.c., tandis que les 4 provinces Wallonnes ne donnent qu'une augmentation moyenne de 0.55 p.c. » Admirons! Nos confrères catholiques additionnent les moyennes et divisent par quatre. Ils font comme le particulier qui a Signé 20 francs sur un article de 1,000 francs et 100 francs sur un article de 200 francs. 2 p.c. d'une part, dit-il, et 50 p.c. de l'autre, cela fait une moyenne de 26 p.c. de bénéfice. Nous qui ne comptons pas comme les organes catholiques, nous trouvons que cela flit au total 10 p.c. En calculant exactement, comme il faut faire, c'est-à-dire en comparant les populations, nous trouvons, pour les provinces flamandes, 3,307,936 habitants en 1912 contre 3,270,602 en 1911, soit une augmentation de 114 p.c. Pour les provinces wallonnes, cette comparaison donne 2,740,510 habitants en 1912 contre 2,723,993 en 1911, soit une augmenta-tl°n de 0.60 p.c. Bien que la comparaison soit encore en aveur des provinces flamandes, cela n'est l>as tout à fait la même chose. Ce moyen de majorer l'augmentation de la Population en faveur des provinces flamandes n'est déjà pas fort honnête. Mais pourquoi nos confrères catholiques ■ont-ils abstraction du Brabant qui a bien S0l> importance? Pourquoi se gardent-ils, cctte fois-ci, d'insister sur leur couplet fa-^ori? c'est dans les provinces catholiques W l'augmentation de la population est la P'us sensible; c'est aussi dans ces provinces Vje la morale de l'Eglise est florissante; la ! lotion des provinces anticléricales, au de vue de l'augmentation de la popu-r„ °n est une conséquence du développent de la morale laïque? Pourquoi ils ne brodent plus sur ce thème? Mais parce qu il n'est plus vrai par suite de l'avance prise par le Brabant et par le Hainaut. Les trois provinces anticléricales: Brabant, Hainaut et Liège ont une population de 3,666,632 habitant? en 1912, contre 3,613,646 en 1911. L'augmentation est de 1.18 p.c. Les six provinces cléricales ont une population de 3,905,355 habitants en 1912 contre 3,865,965 en 1911. L'augmentation est de 1.02 p.c. C'est donc notre tour de prétendre que la morale laïque est une cause de développement de la population et que le meilleur moyen d'augmenter celle-ci est de soustraire le pays à la domination cléricale. La statistique, cette fois, joue un mauvais tour aux cléricaux. Même en falsifiant les chiffres à l'aide d'un joli système de moyennes complètement inexact, ils n'arrivent plus à démontrer leur proposition habituelle.Cela nous console un peu d'être dépassés par le Brabant. Et puis la prbvince d'Anvers reprendra la, première place quand les cléricaux y seront renversés. Cela devient une question de moralité publique.Numa CHRONIQUE PARISIENNE (Correspondance particulière du Matin.; Bataille de fleurs. — Les sourds-muets et le cinéma. «L'otage». — Les vendredis aux « Artistes Français », Paris, 15 juin. La galanterie, qui semblerait morte en France si 1 on n'avait d'yeux et d'oreilles que pour le perpetuel tohu-bohu de la Chambre des députes, s est plu à quelques manifestations charmantes ces derniers temps. >i4,0rs*?ue Ies. cerveaux occupés de politique s ecnaufiaient à considérer le grabuge gran-dissant, se calmaient, renaissaient à l'espérance pendant les trois journées d'un ministère qui plaisait au cœur des sages, recommençaient à boijillir à l'annonce de £a nouvelle crise et se maintenaient dans ffet. éïat en cherchant à comprendre pourquoi tant de médiocres sont soudain au pouvoir, alors que la confiance n'est pas au sein des patriotes et que, sans se chamailler comme aux jours angoissants de certaines grandes Affaires plus ou moins heureusement terminées, on pleurniche en famille, la galanterie, phénix renaissant de ses cendres, agite ses ailes parfumées.Vendredi soir, à la Gaîté-Lyrique, on jeta des fleurs à Mme Herleroy qui chantait Phryné et, un peu plus vêtue que l'héroïne légendaire, n'en fut pas moins admirée de son aréopage. L'auteur de l'opéra, Camille I Saint-Saëns, était dans la salle. Ramassant les fleurs tombées sur la scène, l'artiste les lança dans la loge du maître, à son* tour ce dernier les réexpédia à son interprète; celle-ci recommença le petit jeu et, pendant quelques minutes, ce fut, sur l'orchestre, une pluie de pétales. Entre M. Edmond Rostand et Mme Sarah Bernhardt, on se battit, l'autre semaine, à coups de billets doux. M. Edmond Rostand ayant cédé à une entreprise cinématographique le droit de «tourner» l'Aiglon, Mme Sarah Bernhardt, propriétaire de la pièce, se rebiffa et, après avoir supplié son cher poète, sinon de rendre l'argent aux acheteurs du film, au moins de changer le titre de son œuvre, lui envoya, par l'intermédiaire de son avoué, de ce papier teinté au bleu vénéneux du timbre. Que croyez-vous que fit le poète ? Qu'il rompît ses engagements cinématographiques? Il fit mieux : il envoya quelques fleurs épisto-laires à la tragédienne, affirma qu'il se couperait plutôt la main que de constituer un avocat contre Mme Sarah Bernhardt et, après avoir déclaré que ce qu'elle veut est toujours bien, proposa de lui abandonner ses droits à venir dans l'exploitation du film. Digne, l'illustre tragédienne glana, elle aussi, des fleurs de rhétorique pour refuser le présent d'Artaxerxès-Rostand. L'auteur de VÂtglon avait baisé ses doigts « entre lesquels une assignation garde la grâce d'un lys », elle consent à ne plus envoyer de lys bleus mais tient à rester lésée. Par ailleurs ce sont encore combats mixtes et courtois d'où les femmes sortent couronnées de roses et de lauriers. Le si juste hommage rendu à Mme Selma Lagerhof, qui honore désormais l'Académie suédoise, a incité notre jury de la Bourse nationale de voya-\ge. à élire cette année Mme Cécile Périn, auteur de La Pelouse, de Vivre, des Pas Légers, des Variations d'un cœur pensif. Mme Cécile Périn est un poète d'une rare délicatesse. Par la mélancolie, la grâce de sa pensée elle s'apparente à la touchante Des-bordes-Valmore. De cette dernière, elle a encore cette discrétion dans l'aveu, cette pudeur exquise que l'on trouve de moins en moins chez les auteurs féminins d'aujourd'hui. Femme de poète, Mme Cécile Périn donne, près de son mari, l'image d'un bonheur souriant, et l'amour dont elle entoure sa petite fillç augmente encore son charme. J'aime à me répéter certaines strophes de Mme Cécile Périn; celle-ci, par exemple : Je rêvais d'imprimer en toi mon rêve ardent. Au miroir de tes yeux je voulais que la flamme De ma vie éclatât plus pure, et que si grand Fût mon amour qu'il imprégnât toute ton , [âme... J'ai plongé mo regard en tes yeux clairs [d'enfant... Et tu les a fermés, pensive, sur ton âme. Une femme de lettres épouse tendre, mère admirable, une femme de lettres qui passe, pure, à peine hautaine, ne mérite-t-elle pas | de nous consoler des atitres; des assoiffées [ de réclame qui chantent leur corps et leurs amants ? • * * Tout à l'heure, en parlant de l'Aiglon et de son adaptation cinématographique, je pen sais à cette circulaire distribuée par une mai son d'édition de films où il est recommandé à « MM. les artistes de tenir devant l'ap pareil un langage approprié à l'action, avec prière de ne pas introduire de mots grossiers ou choquants, les sourd-muets se trouvan souvent les meilleurs clients des salles d« cinéma. » Il paraît que ce conseil n'est pas superflt et qu'il est grand temps d'enrayer les licen ces verbales des interprètes qui, aux moments les plus pathétiques de leurs rôles, st lancent des répliques peu en rapport avec 1e situation. I On sait que l'argot des coulisses ne le cède en rien à celui des barrières, et que les prm ces et reines de théâtre font volontiers con currence aux dames de la Halle pour le franc parler, le rideau baissé. Dans leur loge qu'ils retrouvent une âme do concierge, celc est sans importance, mais, sur l'écran, les mots, pour ceux qui les traduisent d'après le; mouvements des lèvres, vont plus loin. Donc, les sourds-muets se sont plaints, e1 nous les en félicitons. Que ne se plaignent-ils aussi, eux qui, sourds, s'effarouchent des écarts du langage photographié, et,muets, soni parvenus à se faire entendre, de l'évolution déplorable de ce cinéma, invention étonnante qui pourrait aider à l'enséignem'ent des foules et tend au contraire à les abêtir. A Paris, dans les quartiers populeux, les vues d'actualité, les scènes si curieuses de la vie exotique des hommes, de la vie laborieuse des animaux, les grandes chasses, les excur sions hasardeuses et sublimes, comme ce filrr de la mission Scott qui, au théâtre Réjane obtient un succès si justifié, deviennent de plus en plus rares. Les souvenirs vivants de voyages, de combats, ont fait place à trop de Dames aux Camélias sans paroles, à trop de Misérables sans littérature.On prend les chefs-d'œuvre de notre théâtre, on les ampute de ce qui en faisait des chefs-d'œuvre, on les réduit à de ridicules faits-divers et l'on per suade au peuple qu'il connaît Hugo, Balzac: Dumas, Rostand et autres dieux ou demi-dieux après avoir vu d'aphones marionnettes costumées selon les indications des bouquins. Assurément, le théâtre de bas mélos et de piètres vaudevilles ne valait pas cher; le cinéma qui continue leur tradition vaut encore moins. Les moralistes modernes, qui sont bien forcés\de s'occuper de ces petites questions, savent d ou vi'ttît ie mal. ' Le théâtre, de 'plus en plus cher, n'est plus abordable pour les petites bourses; alors, les jeux du cirque étant malheureusement démodés, on se contente de ceux de l'écran. Il faut bien se distraire, se donner, de temps en temps, pour quelques sous de luxe d'illusion, et puis les entreprises de cinéma installent leurs boutiques partout, leurs affiches accrochent les regards et, après tout, entrer là vaut mieux que d'aller au café. Tout de môme, tout de même, si des théâtres s'ouvraient donnant de bonnes pièces jouées par "es troupes jeunes, sans grands frais et aussi bon marché que les cinémas, peut-être l'ouvrier parisien, qui n'est pas sans instruction, qui est curieux par nature et spirituel par entraînement, peut-être cet ouvrier-là prendrait-il, petit à petit, le goût de la vérité et de la beauté. . * . Bien sûr, on ne lui donnerait pas tout de suite l'Otage de M. Paul Claudel, que l'Œuvre joua trois fois l'autre semaine et que le théâtre du Vieux-Colombier a repris pour quelques jours. L'intelligence populaire a encore du chemin à parcourir avant de goûter la halte presque religieuse d'un tel spectacle. M. Paul Claudel, consul général de France à Hambourg, pour se reposer des soucis de son poste et se consoler d'établir des statistiques sur les denrées et les tarifs de douane, ne se laisse pas aller à son inspiration lyrique pour complaire au vulgaire. Il écrit des pages superbes et ne prend aucune peine pour "les répandre. Peut-être ne croyait-il pas à la gloire, qui est venue à lui sans qu'il la sollicite, et peut-être s'étonne-t-il d'apprendre que ses premières œuvres prennent chaque jour une valeur marchande plus grande. Son succès, par cela même, est de bonne qualité, li ne craint pas le temps et peut prévoir l'éternité. Mais la valeur très précieuse de la prose de M. Paul Claudel rend difficile l'exposition de ses idées, et je m'excuse de raconter l'Otage qui met en scène le pape prisonnier de l'empereur.M. Paul Claudel suppose ceci: le pape s'est évadé du palais impérial et réfugié chez une châtelaine française. Un préfet, ancien domestique du château, connaît cette retraite et en profite pour se livrer à un odieux chantage; il laissera le Saint-Père regagner ses Etats, mais à la condition que la châtelaine l'accepte, lui, pour son époux, hévoltée d'abord, celle-ci écouté un simple desservant de village qui lui prêche la grandeur d'un tel sacrifice. Elle accepte le marché. De ce préfet, farouche arriviste, d'un cousin royaliste de la châtelaine, de la châtelaine elle-même, M. Paul Claudel a fait des personnages synthétiques. Leurs discussions religieuses, politiques, philosophiques créent la force d'une œuvré qui a encore un autre mérite: celui de nous avoir montré une situation émouvante, jusqu'ici inconnue au théâtre. ■K- * * Après beaucoup de tergiversations, le Salon des Artistes Français vient de décerner sa ■ médaille d'honneur à M. Edgar Maxence. Pour ne pas déroger à la règle habituelle, il y a des peintres mécontents. Pourquoi ne pas avoir donné cette fameuse médaille à Machin ou Chose, et, si Machin ou Chose l'avait eue, pourquoi ne l'aurait-on pas donnée à M. Ma-xenee, qui a du talent, toujours le même d'ailleurs, mais enfin un talent bien sObre, bien sage, bien « artistes français ». i En vérité, depuis le jour du vernissage, on espé'rà d'un côté, on redouta de l'autre cette distinction. Ah ! les quatre à six furent ani més, ces derniers vendredis ! Et je vous prie de croire que les langues se délient quand il s'agit de débiner un confrère ou de lécher les pieds d'un maître I Les exposants du Salon des Artistes Français ont, depuis l'origine de leur association, choisi le jour de VénUs pour se rencontrer de-" vant leurs nymphes jambonniques et leurs académies de marbre, de plâtre, de terre-cuite, " de pastel, d'huile et de mine de plomb. De la sculpture à la peinture, on jabote, on in-; trigue, on se casse des encensoirs sur le nez, ' on se déchire dans le dos. Les jeunes s'agi ! tent pour être présentés aux vieux. On court à travers les groupes, on se cogne aux socles, 1 on grimpe l'escalier à la recherche d'un pon-' tife, en guise de pots-de-vin on s'offre des tasses de thé. Du brouhaha général on perçoit ! des lambeaux de phrases : « On dit qu'un tel ■ aura une seconde médaille. Quelle plaisanterie ! Et à moi, est-ce qu'on ne me fichera pas une mention ? » Les enfants à l'école soni plus raisonnables puisqu'ils pensent à s'amu-' ser. Les artistes ne jouent plus, ou du moins ; ne jouent pas quand i's sont chez eux, en ce Grand Palais qu'ils savent si bien transformer en grand bazar. 1 Et leurs compagnes aussi sont là, quelques- I unes très belles, d'autres pitoyables. On est jeune, on est pauvre, on prend un modèle à tout faire, et comme on est bon garçon et qu'on n'oublie pas la misère subie ensemble, II on l'épouse pour l'en dédommager. Ces dames, de leur côté, papotent. Elles se font l'écho des opinions de leurs maris, elles parlent un langage d'atelier où les mots « belle 1 ligne, dessin solide, joli ton, embu, palette sale, belle pâte,- patine » reviennent en leit-1 motiv. Ah ! quel singulier tableau de la vie, ces : vendredis au Salon ! Les profanes ont cru pénétrer dans l'Olympe; ils en repartent in quiets sur la mentalité des gens coudoyés, qui sont cependant de braves, d'honnêtes gens, : troublés seulement par leur avenir. Jeanne Landre. LES FAiTS DU JOUR L'ENTREVUE DE CONSTANTZA Le tsar est reparti dimanche soir de Cons-tantza où il était arrivé dans la matinée. Mais la visite qu'il a faite au roi de Roumanie, pour n'avoir duré que quelques heures, n'aura pas moins été singulièrement, .plus importante que ne le sont d'ordinaire les rencontres do ce genre dont un protocole courant a fixé la durée ordinaire à trois jours. On l'a bien vu par les toasts que nous avons publiés hier et dont le caractère nettement politique tranche avec les simples compliments et les témoignages de cordialité des manifestations oratoires de ce genre. Les journaux de Pétersbourg, nous disent les dépêches, consacrent de longs comptes rendus à l'entrevue de Constantza, dont ils relè vent l'importance en constatant les termes cordiaux des toasts. La Gazette de la Bourse dit: La nouvelle orientation de la politique de la Roumanie dont l'opinion publique a su résister aux influences du dehors qui tendaient a égarer la Roumanie dans la. recherche de sa direction politique, est juste et naturelle. Le Novoïé Vrémia croit crue cette entrevue a dû préoccuper les hôtes de Konopischt, Guillaume II et François-Ferdinand: le journal prévoit que de nouveaux armements en seront le résultat. A Vienne, les journaux s'efforcent naturellement d'atténuer la portée des deux toasts. La Neue Freie Presse estime que les paroles du tsar sont la critique de la politique passée de la Roumanie, un essai de pression sur le roi Charles et une indication pour l'avenir. Le journal conclut qu'aucune alliance ne sortira de l'entrevue de Constantza, mais que la politique étrangère de la Roumanie, jusqu'ici si claire et consciente, deviendra toujours plus difficile. A Berlin, même tendance qu'à Vienne; on fait surtout ressortir que le roi de Roumanie a été plus réservé que le tsar. Mais tout en insistant sur le fait que rien du côté roumain, n'in-dique qu'on a rompu déjà entièrement avec les voies anciennes, les journaux reconnaissent que la Roumanie semble vraiment vouloir en préparer de nouvelles. Le Berliner Tageblatt dit: Il semble, pour le moment, que les Russes iouent encore le rôle de soupirants, mais la Roumanie ne paraît pas irréductiblement hostile à l'idée de se laisser conquérir. D'après la Tsegliclie Rundschau, les toasts témoignent d'une cordialité inaccoutumée, propre à confirmer, dans leur opinion, ceux qui voient dans la rencontre un fait politique très important et peu agréable à la .Triplice. La Germania dit: Il est' indubitable que les deux gouvernements ont en ce moment des rapports très intimes et ne feront rien de nuisible aux intérêts l'un de l'autre; mais cette amitié sera-t-elle de longue durée? Les Berliner Neueste Nachrichten disent que, dans les toasts, il n'est question ni d'alliance, ni d'entente, mais que, pqur parler franc, la Roumanie n'est plus maintenant tout entière du côté de la Triplice et se réserve en tous cas une route ouverte vers Pétersbourg. C'est bien | cela. [ Fox. Etranger Les orages en France LES TRAVAUX DE DEBLAIEMENT A PARIS. — IL Y AURAIT 20 MORTS. PARIS, 16. — Les travaux de déblaiement des exéavations qui se sont produites boulevard Haussmann, place Saint-Augustin et place Saint-Philippe-du-Roule ont continué toute la nuit. Le ministre de l'intérieur et les préfets de police et de la Seine sont toujours sur les lieux. A 3 heures 15, on a retiré un deuxième cadavre, celui d'une femme sur laquelle on a trouvé un fer à cheval, un chapelet et diverses médailles religieuses. A 4 heures, un troisième cadavre est retiré place Saint-Philippe-du-Roule, puis peu après un quatrième cadavre est retiré et un cinquième est aperçu. Au total 6 cadavres ont été retirés des diverses excavations. Il est impossible d'évaluer le nombre des morts encore ensevelis. Cependant, selon l'Eclair, il y aurait 20 morts. Les rescapés déclarent avoir vu plusieurs personnes tomber en même temps. Ils ne peuvent pas en évaluer le nombre. M. Delanney déclare au Journal qu'on attribue les éboulements à une circulation trop intense. La ville de Paris est devenue trop étroite pour la population. Le seul remède est l'exploitation des fortifications pour dégorger le centre. M. Rienvenu, ingénieur en chef du Métropolitain, déclare au Matin, qu'il attribue les éboulements à un éclatement d'égoûts surchargés par les eaux d'orage. Les fouilles constantes nécessitées par la construction du Métropolitain rendent plus friables les terrains soutenant la maçonnerie des égouts et facilitent ainsi leur éclatement. Le Matin dit que, selon les pluviomètres, il est tombé, entre 17 heures 15 et 17 heures 50, cinquante millimètres d'eau, soit 50 litres par mètre carré, soit pour Paris 3,900,000 mètres cubes. Le total de la pluie tombéj dans la journée à Paris atteint le chiffre, sans précédent, de 73 millimètres. De nombreux accidents sont signalés en banlieue, à la suite de l'orage. Selon l'Homme Libre, la foudre tomba sur l'église de Villeneuve-Saint-Georges tuant quatre personnes. A 3 1/2 heures du matin, une nouvel'e excavation s'est produite rue de la Boëtie. Il n'y a pas d'accident de personnes. LES MEFAITS DE LA FOUDRE. — 2 MORTS. PARIS, 16. — Hier soir, vers 4 heures, la foudre est tombée sur un bâtiment en construction appartenant à la Compagnie P. L. M., à' Choisy-le-Roi, et dans lequel s'étaiént abrités une vingtaine de maçons. Deux d'entre eux ont été tués sur le coup; 8 de leurs camarades ont été assez grièvement blessés. La foudre est tombée aussi sur un bateau de la Compagnie Parisienne qui passait à la hauteur du pont de l'Aima. Le fluide a renversé plusieurs personnes qui n'ont eu aucun mal. La foudre est tombée également place de l'Aima et sur son passage a brûlé au visage 5 ouvriers qui, après pansement, ont pu être reconduits à leur domicile. Leur état n'est pas grave. La situation en Orient A DURAZZO. — L'ATTAQUE DE LUNDI DURAZZO, 15. — C'est ce matin, à 3 1/4 heures, que les insurgés ont attaqué la ville sur toute la ligne. Le colonel Thomson organisa immédiatement la défense et envoya aux retranchements les gardes et les Mallrsores. Il fit ouvrir le feu par les canons. Les matelots italiens débarquèrent immédiatement pour assurer la défense de la légation et pour élever des barricades autour du palais du prince.A 8 heures, les insurgés furent repoussés grâce au feu très bien réglé des canons. On rapporte que le nombre des blessés recueillis par les défenseurs atteint une centaine et celui des morts une vingtaine. On estime que les pertes des insurgés sont importantes.DURAZZO, 15. — A 10 heures du soir les rebelles ont été battus sur toute la ligne. Ils ont subi des pertes considérables. LA BATAILLE A REPRIS MARDI VIENNE, 16. — D'après des dépêches particulières que les journaux reçoivent de Duraz-. zo, le combat a recommencé à 4 heures du matin, par des coups de canon qui furent suivis d'une fusillade nourrie. A LA CHAMBRE HOLLANDAISE 'LA HAYE, 16. — M. de Savornin Lohman, au nom du président, rend hommage à la mémoire du colonel Thomson, qui est mort en héros et dont la mort est une grande perte pour notre pays. Le président du conseil des ministres s'associe à ces paroles et dit que la mort du colonel Thomson fait honorer le nom néerlandais dans le monde entier. On apprend de bonne source que le gouvernement fera transporter en Hollande la dépouille mortelle du colonel Thomson. ULTIMATUM GREC A LA TURQUIE? ATHENES, 16. — Le Patris dit: «Il resté encore à remplir quelques formalités consacrées par les usages internationaux et que tout pays civilisé doit observer avant d'entreprendre la guerre.» Le journal dit encore que si la réponse de la Porte n'arrive pas dans la journée, M. Panas quittera Constantinople demain. La politique anglaise A LA CHAMBRE DES COMMUNES LONDRES, 15. — La Chambre des Communes a voté pour la seconde fois, en troisième lecture, le bill abolissant le privilège dont ; jouissaient certains électeurs d'émettre plu-j sieurs votes dans une même élection. Quand j la Chambre des Communes l'aura voté une j troisième fois, en troisième lecture, le bill

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Dit item is een uitgave in de reeks Le matin behorende tot de categorie Liberale pers. Uitgegeven in Anvers van 1894 tot 1974.

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