Le matin

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25 februari 1914
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s.n. 1914, 25 Februari. Le matin. Geraadpleegd op 23 oktober 2019, op https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/nl/pid/g73707xt3r/
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nflarcredl 25 Février 1914 HUIT PAGES — CIMCjCEMTIMES 21-'" Annés N° 56 RÉDACTION 39 VIEILLE BOURSE, 39 ASIVBR8 Téléphone Rédaction : »1^ ajjonnemcats : ^ Six mois " i ' lAsws ».«. 3SO [Un an K-ilMEBR Six mois . .... /Trois mois .... tfmivfer • France, Angleterre, Allemagne et Union I tond-Duché, par trimestre, fr. T.OO, Laboimemeiit se poursuit jusqu'à refus formel. LE MATIN JOURNAL QUOTIDIEN ADMINISTRATION 39,VIEILLE BOURSE, 3£ AKfVEaS Téléphone Administration : ®ôl. C. de CAUWER, Directeur âJiiionces : Annonces la petite ligne, {r. 0.30 Annonces financières id » 1 OO Réclames la ligne, > E. .îîf» Faits divers corps id. a S £M> Chronique sportive id. j 3 O<0 Faits divers fin id, » S.OO La Ville id. > Zï - OO Emissions Prix à convenir. Les annonces de la France, de l'Angleterre et de l'Amérique sont exclusivement reçues a Bruxelles chez MM. J. Lebegue 4 (X Pour l'arnée torque I A cette époque, dans Paris, le général ■Bonaparte s'ennuyait ferme et, comme on Et vulgairement, comme il disait plus tard ■lui-même à Duroc, tirait le diable par là Imieue. Disponible et suspect, sans influence Iei sans commandement, il émargeait seule-p®t comme attaché au service topographi-Ipe du département de la guerre et se dé-■àttait en de sordides crises pécuniaires. [ t'était le temps où il empruntait volontiers ■deux écus à Talma et recherchait les invi-■tations à dîner. Le bruit s'étant répandu Iqiie le sultan de Gonstantinople demandait I au Directoire une mission militaire pour la ■réorganisation de ses armées, il y vit une ftiaace de fortune et sollicita l'autorisation ifémigrer. ■ La formation du service de l'artillerie, écri- ■ nit-il, qui influe si puissamment dans notre ■ Oelique moderne sur le gain des batailles, est Krtout la partie où la France excelle et où les fcres sont le plus arriérés. Le sultan a plusieurs fois demandé des officiers d'artillerie ■tteffectivement nous en avons acheminé plu-■sieurs ; mais ils ne sont ni assez nombreux, ni ■hez instruits pour former un résultat qui Baisse être considéré comme de quelque con-■pquence. Le général Bonaparte, qui depuis sa Hfeunesse est dans l'artillerie, qu'il a comman-Hie au siège de Toulon et pendant deux cam-Bignes à l'armée d'Italie, s'offre pour passer ■ Turquie avec une mission du gouvernement. ■[Barras n'avait pas encore statué quand ■s événements de vendémiaire valurent à Bonaparte le commandement de l'armée de Bans. Supposez le succès de cette démarche ^■tcalculez-en la répercussion sur l'histoire. Ht face du monde était changée. Au lieu de ■apoléon empereur, nous avions Bouna-■kerdi pacha. Au lieu de conquérir l'Europe, ■le petit Corse aux cheveux plats s'en allait ■poursuivre à Constantinople la tradition Hutaceuse des premiers éducateurs des ■ïrmées ottomanes, tradition fondée avant ■ta par tant d'officiers français, reprise ■aprèîlmpar tant de Français jusqu'à l'ins-■taf où les Allemands en héritèrent la char-■r k capitaine von Moltke en 1836, le gé-KaMcr en 1882, von der Goltz et ■tfumbkow à partir de 1885, le général Li-•an von Sanders aujourd'hui. Et il y eut Kfiisemblàblement, sasi^illé son génie, usé ■> peine. L'organisation des forces turques ■F des missions étrangères se heurte en et a_des. obstacles qui n'ont pas encore ■"ut a fait disparu. K" r^e la loi religieuse interdi-K. .tr-„?.urcs d'accepter les directions ■ ret,len! elle préférait les voir obéir BoiwVr?- iLes éducateurs étrangers Ban i '!?>, ur foi et prendre le tur-fc'lP î 1-0rd ua gentilhomme limou-■I» servitim de. Bonneval, un moment Elan dp fJtîr friche, et qui ébauche un ■'C'est anppe, ?®at}ons pour Gonstantinople. E» hon~rr.i! !i 6 ^aron de Tott' gentilhom-■■etattache à l'ambassade de Fran Bpreminr nre P^.^oiseul. Il passe pour le B' Voltaire » 0Ur de l artillerio turque mtlou6 son eff°rt- Wtotwfo?.-® -Chef d escadron Obert, BU d'aonlt HrnceTsT du Sénie et d'une ^Btooure ro moment le duc de Pe lever « m rç° ,mandat de Louis XVI EH diseinliné ,trouPes qui sera ar- I* troupes de fr® COmme îes meilleu-Bttonjan* t« r, P,e' P°ur Présenter aux IW S^le de la dis«pline mMi-Bsai»eslSlSnc0| laquelle les ad-fcrs succès»- bllm? p°rte ont dû tous K'ie des év^.'m ?roje.t abandonné par ■P'rectoire nlii</+' iS reVoluïi°nnaires. Le ■nople un amh^c J exPédie à Constanti-^Rtaire, le !r essentiellement mi- ■ne "oipiS; 4 Aub?rt-Dubayet, avec ■?rt* de huit• r®Siment d'artillerie ■,,llï soixante onvrSrS ? de cent hommes, ■aisss. Une ranid IS fonderies fran-■0lw le PrSljNumération suffira à fcs dissions miîi<? Presclue constant lbl Menant l-"lrfS en Turcluie: ^ gé-■®rnPiète; geho,):. • Première division K!ent'a défend dfr or8anise définitive- m'a capitaif. nont ntinoPle au Point B1®' les nipnapp ,,reP°usser victorieuse-fc^'ssions se siLw116* -scadre anglaise. Louis-Ph;L- ccédent jusqu au moment Wt>1 eu W^ppelle: celle du colonel K intervenir t t USSltôt' dès i836- on Kla{luencf, ÛnZ avec de Moltke. fcagne de g * recule_ après la BSes «ont varier J,es nnssions fran- fc,le caPitame d-Hn ^ i Se succèdcnt, Mt]M et le comminrf1 Pt°U.' le capitaine K a 1882- Alo^ t ^de Lal°bbe, de ■N allemande sôHPara la Première ■eaP0urnW , sérieusement organisée- Bw oîS: K un fonctinnn supérieur de chaque ■ttaire. nnaire d administration avaient rê" ■ BCOttlPlète. Nous Pn h lmpuissance pres-B^fapDPlanf • n donnerons un exem-fefu®KUn Chef de mission fl-an- ■S inf JdSftWP0® avoir, par ■ (Ctl8 de» n -, ans le matériel d'ir ElVtobscènePdont itPr°rC' animal im~ ^ &ux mih 'x Coran interdit 1p PfODhètp m ■nnaires militaires gSte mais- Pour cela seul W chreuçns, ,on leur retirait toute autorité. Toutes leurs démarches étaient suspectes, tous leurs efforts entravés par des firmans ridicules. Quand von der Goltz, pour se rendre compte des connaissances techniques de certains chefs ottomans, s'avisa de procéder à une manœu-, . de cadres, il avait désigné pour ces exercices un terrain voisin d'Yildiz. Abdul-Hamid s'imagina qu'une sédition militaire allait l'enlever et le chef de la mission allemande reçut aussitôt l'ordre de se retirer, avec défense d'assembler troupes ou cadres dans l'avenir sans instructions expresses. Par firman impérial, on ne distribuait point de cartouches aux régiments. Un mouvement d'esprit libéral s'étant dessiné à l'école militaire de Pancaldi, on avait retiré aux élèves les culasses mobiles de leurs fusils. Les dispositions excellentes prises par von der Goltz pour le recrutement — service obligatoire pour les musulmans, refonte des corps de seconde ligne, modification à l'organisation des grandes unités — ne pouvaient donner tout leur rendement que sous le contrôle de leur inspirateur. Le chef de la mission allemande fut constamment écarté des états-majors. En somme les missionnaires allemands en Turquie n'ont exercé d'action que sur le matériel de guerre des Turcs. A part les fournitures de fusils et de canons, de caissons et de munitions, ils ont été réduits dans Gonstantinople à une œuvre purement théorique et cette considération est pour limiter leur responsabilité dans les désastres de la guerre balkanique. Le nouveau régime parait offrir aux efforts du général Liman von &and:rs des conditions plus favôrables. Sa mission intervient directement dans le commandement et dans la préparation de la guerre. Lui-môme est placé à la tête du premier corps d'armée dont le quartier-général est à Gonstantinople et qui répond ainsi de la sécurité de l'Etat dans la capitale. Un officier allemand occupe les fonctions de sous-chef d'état-major au ministère de la gue.-3. Les trente-deux officiers de la mission commandent des régiments, des brigades ou des divisions dans le premier corps d'armée, — c'est-à-dire, que pour la première; fois depuis que l'armée turque s'adresse à des missions étrangères, nôus allons voir en Turquie une mission militaire à peu près délivrée de toute entravé et libre de s'exercer, de faire sa preuve. Aucun des prédécesseurs du général von Sanders n'avait eu carte blanche et on peut dire que c'est vraiment sous sa direction que l'organisation de l'armée turque va commencer. Camille Liaume CHRONIQUE PARISIENNE (Correspondance particulière du Malin.) Monsieur Maurice-Pollsas-Rostand. — "Le Bourgeois aux champs". — "Le Diable à quatre". — "Philotis". "Je n' trompe pas mon mari". Paris, 23 février. Ce fut une soirée brillante que celle donnée, jeudi, par M. et Mme Fernand Prat, en leur hôtel de Neuilly, autrement dit le Pavillon des Muses, qu'occupait, il y a peu de temps, le précieux comte Robert de Montesquiou. Au Gotha et au Tout-Paris convoqués, on offrit "Pelléas et Mélisande", et l'attraction ne fut pas uniquement dans l'audition de l'œuvre si touchante et si belle de M. Maurice Maeterlinck, mais plutôt dans l'exhibition d'un autre Maurice, du plus jeune, du plus snob, du plus ébourifant des Maurices, nous voulons dire de M. Maurice Rostand. Ah ! quel inattendu Pelléas nous avons eu par lui ! La salle, cette salle où tout le monde s'honorait de se connaître, exultait et, pour un peu, le frère (puisque le fils du père) de Chan-teeler eût été porté sur le pavois. Cependant il fut mauvais, franchement mauvais; il n'était point Pelléas, mais bien Maurice Rostand, ce jeune phénomène que tous les salons s'arrachent, qui ne s'échappe des bras amoureux de sa maman que pour s'y réfugier, la comédie jouée, et à qui son papa a abandonné la conquête de Paris pour le droit d'ôtre seul dans son domaine de Cambo, loin des cabotins qui ne sont pas tous sur les planches. L'Opéra-Comique va représenter "La Marchande d'allumettes", de Maurice et de sa maman, et Edmond Rostand ne sera pas là. Cette absence défraie la chronique. Plus les siens se lancent dans le monde, plus l'auteur de "Cyrano" se terre dans ses Pyrénées, et c'est peut-être quand on va le retrouver là-bas que l'envie lui vient de voir du pays. Etrange famille, qui pratique l'art de vivre ensemble séparément ! Maurice Rostand, comme la Jeune Captive, n'en est qu'au printemps! Lui aussi veut voir la moisson, la moisson des bravos, la moisson des sourires. Vieilles dames et fraîches beautés se numérotent pour lui être présentées. Ce monde à l'envers plait au jeune dieu. Comme on embellit les idoles, il orne sa personne. L'artificiel est son domaine. Poète, il parle la langue de l'Olympe; peintre, il étale sa palette sur son visage ; fils d'Apollon et d'Erato, il est venu parmi les hommes pour les stupéfier, parmi les femmes pour les faire souf-îrir. Il est beau, il se croit du génie, il doute de tout sauf de lui-même, et sa science de la persuasion va si loin qu'en ces jours de carnaval il ne nous étonne plus. « * * Puisque, guidés par M. Maurice Rostand, nous sommes entrés dans le temple du théâtre, restons-y. Le menu qui nous est offert est varié. A la sauce lyrique, ou dramatique, ou comique, nous avons eu des plats superflus, d'autres de résistance. Parmi ces derniers, la pièce de M. Brieux, "le Bourgeois aux champs", mérite notre attention. Elle est copieuse, longue là digérer; mais, M, Brièux, dédaignant d'amu ser son public, préfère le faire penser. Il faut admettre $ue les mêmes auteurs ne peuvent avoir de l'esprit et des idées, et que, dans la balance littéraire, luttent les poids légers et les poids lourds. Co-catrix, vers la cinquantaine, en a assez d'être avocat. Tel Cincinnatus, il se découvre un goût immodéré pour les travaux sylvestres. Il achète des traités d'agronomie et un domaine dans le Loiret, celui-ci pour expérimenter ceux-là, et "vice versa". Toutefois, Cocatrix, homme grave, ne sera pas que cultivateur de denrées, l'âme des paysans, comme leur terre, a besoin d'amélioration. Notre bourgeois est socialiste, les hommes sont ses frères et, pour mieux prouver qu'il n'entend pas les cataloguer, il engage, pour diriger son exploitation, un certain Maillard, électricien récemment sorti de prison. A l'instar de George Sand, Cocatrix aime serrer les mains sanctifiées par le travail. Il le prouve surtout au premier acte, qui se passe à Paris, sans paysans-ouvriers. Cocatrix, avocat d'hier, se prend lui-même à sa parole. Il commencera à déchanter au deuxième acte, quand il est aux champs. Toujours doctrinaire, il veut apprendre à ses ouvriers comment on traite la terre. Il récite ses lectures, et il n'en faut pas davantage pour que les paysans le jugent tout à fait crétin. Et puis, ce moralisateur, venu de la ville pour leur prêcher les vertus sociales, la sobriété et les droits du citoyen, les agace. Ne va-t-il pas jusqu'à leur supprimer l'alcool pour les abreuver d'une boisson reconstituante et antiseptique à base d'acide formique et de coca! Il y aurait eu là, pour M. Brieux, une excellente occasion de glisser une publicité pour le vin Mariani, mais notre académicien ne condescend pas à ces petitçs réclames et, quand Mariani lui envoie quelques bouteilles, il lui offre sa photographie et se croit quitte. Revenons à nos moutons.La révolution gronde dans le domaine. Un voisin, le comte Bouchin, surveille le mouvement, se réservant d'acquérir à bas prix la propriété quand l'anarchie l'aura rendue impossible, non seulement à Cocatrix, mais encore à Mme et à Mlle Cocatrix qui pleurent le Paris perdu. Cette dernière parvient pourtant à trouver une consolation dans l'amitié de Maillard, qui n'est pas une canaille et n'a été condamné que pour coups et blessures au cours d'une grève. Ceci, vu les idées de l'agronome-avocat, en ferait un héros si le penchant qui va entraîner la fille vers l'électricien ne devait déshonorer la famille. On croit alors que Cocatrix va tout rompre et tout envoyer promener. Ouat! il s'est fait l'esclave de ses idées et de ses ambitions; il songe à se présenter au Conseil général et, pour faciliter sa campagne et mieux prouver son amour pour le peuple, il donne, au milieu" d'un la'iuà fraternel, son héritière à l'ouvrier.A cette pièce qui, voulant trop prouver ne prouve rien, et où il est difficile de démêler les idées de M. Brieux et de comprendre dans quel but il a écrit ces trois actes, M. Antoine a prêté les meilleurs artistes de sa troupe; MM. Vilbert, Cocatrix un peu êpileptique, Hervé, superbe ouvrier électricien, Chambreuil, gentilhomme roublard qui guette la ruine du voisin; Mmes Andrée Méry et Peuget. -~_6u ^ » » Au Châtelet, la tradition est immuable: des décors, encore des décors. Le "Diable à quatre", de MM. Victor Darlay et Henry de Gorsse, se passe aux Etats-Unis (la vie dans le Far West, un voyage par cuirassé anglais, un meeting politique chez les nègres, la soirée d'un milliardaire, etc., etc., le tout corsé de couplets, de chevaux présentés en liberté et de péripéties nombreuses).Pour l'argument, voici: Gérard Launay est tombé amoureux de Betzy Drack, la fille du roi des saucisses. Elle l'aime aussi et pourtant n'arrive pas à le persuader qu'un jeune homme sans fortune peut demander sa main sans être accusé des plus vilains instincts. Cette délicatesse de Launay est bien acceptée d'un horrible usurier, Pouillard, qui, pour rentrer dans son argent, voudrait caser un certain baron de la Huchette. Les projets de Pouillard sont anéantis, les uns après les autres, par Huguette, la sœur de Gérard, jeune personne ingénieuse et espiègle que l'on surnomma le Diable-à-quatre. C'est elle, on le devine, qui arrivera à persuader à son frère que les mariages d'argent n'ont rien d'odieux quand l'amour les accompagne. Et, pour que la pièce se termine encore mieux et que l'heureuse malice d'Huguette soit récompensée, il se trouvera un frère de Betzy pour s'éprendre de sa gaîté et la vouloir pour épouse. Le Diable-à-quatre, c'est Mlle Renée Baltha, qui a mérité nos multiples applaudissements. Citons aussi, avant les soixante-quatorze danseuses, les boxeurs, les duellistes et tant d'autres artistes fantaisistes et comiques, Mme de Landresse, MM. Henry-Hourry, Henri Julien et Hamilton. L'Opéra vient d'ajouter à son répertoire un très beau ballet: "Philotis, danseuse de Co-rinthe". Sur un livret de M. Gabriel Bernard, M. Philippe Gaubert a écrit la plus pure, la plus évocatrice des partitions. Dans des décors précieux et dans les flots d'harmonie distribués par l'orchestre, nous assistons à la douleur amoureuse de Philotis qui s'est éprise de Ly-cas, le joueur de lyre. Ignorant du bonheur qui le guette, où est Lycas? Philotis l'ignore et soupire. Elle est indifférente à la fête donnée chez elle; elle se lamente, quand une musique lointaine parvient jusqu'à elle. Elle sursaute. C'est bien, en effet, Lycas, mais il n'est pas seul; Thétis, la joueuse de flûte, l'accompagne. Un soupçon pénible traverse le cœur de Philotis; toutefois elle invite les musiciens à se mêler à ses invités, à prendre part à l'orgie somptueuse qu'elle a commandée pour guérir sa tristesse. Thétis boit, danse et perd la tête; Philotis juge le moment venu de Séduire Lycas; mais la jalousie rend tout à coup la raison à Thétis qui entraîne son amant et laisse Philotis pleurer sa peine. Au deuxième acte, nous voilà à Delphes, devant de temple d'Apollon. La pythie célèbre y mime ses prédictions et Thétis, qui la consulte, apprend que son amour est menacé. Elle jure de se venger de Philotis, qui vient à nouveau danser devant Lycas, et elle s'apprête à la poignarder quand Apollon s'anime. C'est lui qui ordonnera à Thétis d'épargner sa rivale et ramènera Philotis à la sagesse en lui apprenant [qu'une danseuse aussi célèbre qu'elle se doit à la gloire et non point au désir d'un musicien ambulant. Sur ce thème, la musique délicate de M. Philippe Gaubert se déroule. Nous en oublions Parsifal, c'est toute la grâce de Massenet qui ressuscite, et Mlles Zambelli, Urban, Barbier, M. Aveline ont été d'autant plus acclamés que les fidèles de notre Académie nationale de musique n'étaient pas fâchés qu'on les reposât du génie de Wagner, auquel ils ont été trop soumis ces derniers temps. » * • Encore une pièce, pour en finir avec le sujet théâtral. L'Athénée tient un triomphe. "Je n'trompe pas mon mari", de MM. Georges Fey-deau et René Peter, est bien la pièce que nous souhaitions pour nous remettre des nouvelles criminelles et financières que nous apportent les journaux du matin. C'est du vaudeville, et du meilleur; les situations y sont embrouillées, ce sont les innocents qui reçoivent les claques et, au dernier acte, nous voyons un lit avec une dame dedans. Disons vite pourquoi l'honnête Mme Plan-tarède en vint à partager l'oreiller de cet effronté de Saint-Franquet. Dès le début de la pièce nous le savons amoureux d'elle, et même amoureux cramponnant. Hélas, Mme Planta-rède ne trompe pas son mari, elle l'affirme, le répète, et Saint-Franquet la croirait si, de la voir toujours flanquée d'un chevalier servant, Des Saugettes, ne lui donnait soudain l'idée que Des Saugettes, plus malin que lui, accapare le cœur de la femme aimée. Fou furieux, il somme Des Saugettes d'enlever de sa boutonnière une fleur que Mme Plantarède arborait, quelques minutes plus tôt, à son corsage ; il le menace de 'e gifler s'il n'obéit sur-le-champ, et finalement lui envoie le soufflet promis, ce qui occasionne cette réponse de Des Saugettes, toujours plus hébété: "J'allais l'ôter !" Ce scandale, cette altercation nuisent aux intérêts de Saint-Franquet. Mme Plantarède ne peut plus le souffrir et ne le lui envoie pas dire. Désemparé, Saint-Franquet pleurera sur la poitrine d'une demi-mondaine, la jeune Bichon. Au second acte la consolatrice est élue à la dignité de maîtresse en titre. Elle loge chez Saint-Franquet, et nous contemplons là un de ces excellents faux ménages où l'on se dispute sans cesse pour s'imaginer que l'on s'aime encore. Des Saugettes, devenu le meilleur ami du maître de céans, sert de tampon à leurs discordes, il enregistre les coup's le sourire aux lèvres et, dans le but de concilier les énergu-mènes, commet les gaffes les plus irréparables. Il en commettra d'autres quand Mme Plantarède découvrira que son mari a -Une maîtresse. Cette maîtresse sera précisément Bichon, et Mme Plantarède, qui pratique la peine du talion, arrive avec sa chemise de nuit chez Saint-Franquet, deux minutes après qu'il s'est fiancé avec une Américaine excentrique, Miss Doty, laquelle est venue chez lui lui demander sa main, comme cela, à l'américaine 1 Saint-Franquet essaie d'abord de ne pas compliquer sa vie et tente de ramener à la sagesse Mme Plantarède, mais l'occasion, le lit tendre, cette intimité avec la femme tant aimée hier encore... Au dernier acte, ils Sont couchés. Des Saugettes, qui n'a point prévu cet incident, pénètre dans la chambre; ses impairs continuent et tout se compliquerait par une autre arrivée, celle de Plantarède escorté de Bichon, si cette bonne fille de Bichon ne sauvait tout le monde en prêchant une morale à elle. Par ses aperçus personnels sur la fidélité, Bichon jettera Plantarède aux pieds de sa femme, rendra Saint-Franquet à sa fiancée qui, par hasard, entre, elle aussi, dans la chambre, et répondra, à ceux qui la plaindront de perdre volontairement ses deux protecteurs, qu'une femme de sa trempe n'est jamais embarrassée. Cette comédie est assaisonnée à l'esprit le plus fin et le plus follement comique. Les artistes s'amusent et le public les imite, la salle et la scène paraissent électrisées. M. Lucien Rosemberg est un Saint-Franquet inimitable et M. Paul Ardot prête sa fantaisie à des Saugettes. Mmes Lacile Nobert (Mme Plantarède), Betty Daussmond (Bichon) et Alice Norv (Miss Doty) rivalisent de talent, de charme et d'entrain. L'excèç des nouveautés théâtrales de cette j semaine accapare la place dont je dispose ici. Je le regrette, et m'en excuse auprès de mes indulgents lecteurs. Puissent les cieux et les succès de nos directeurs de spectacles me permettre d'aborder d'autres sujets lundi prochain. Jeanne Landre LES FAITS DU JOUR LES SYNDSCATS GHRETÈENS EN ALLEWïfiQNE L'Osservcitore romano publie un résumé fort étendu de la lettre que les évêques prussiens 'les provinces rhénanes, assemblés à Cologne sous la présidence de Mgr de Hartmann, viennent d'adresser aux curés de leurs diocèses respectifs.On se rappelle que, par l'Encyclique Singu-lan quadam (24 septembre 1912), le Saint-Siège, tout en déclarant sa préférence pour les syndicats exclusivement catholiques, avait toléré dans certaines régions et sous certaines conditions la présence des ouvriers catholiques dans les syndicats chrétiens interconfessionnels. On pouvait dès lors considérer cette grave controverse comme officiellement close et le danger d'une scission parmi les catholiques d'Allemagne comme définitivement conjuré. Cependant, entre la tendance de Cologne, libérale, et la tendance de Berlin, intransigeante, les divergences s'accentuèrent: les modérés ne cessèrent point de s'abriter derrière la déclaration formelle du Saint-Siège; les intransigeants, qui ont trouvé à Rome auprès de quelques personnalités influentes un appui très efficace, continuèrent leurs attaques contre les organisations interconfessionnelles et contre les chefs du parti de Cologne. Le triomphe des intransigeants parut un moment assuré par la démarche énergique, presque violente, du cardinal Ivopp, prince-évêque de Brcslau. L'évê-que de Paderborn, Mgr Schulte,ayant commenté dans un mandement les prescriptions de ['encyclique pontificale relatives aux syndicats mixtes, le'cardinal Kopp adressa au comte Op-persdorff, de Berlin, une lettre ouverte, qui contenait des critiques très vives et des reproches oeu justifiés envers Mgr Schulte. Le comte Dppersdorff s'empressa de publier la lettre du cardinal dans son journal Klarheit und Wahr-helt en la faisant suivre de commentaires extrêmement blessants pour l'évêque de Paderborn et pour les catholiques partisans de la tendance de Cologne. Dans les hautes sphères du Vatican, l'intervention du cardinal Ivopp fut jugée intempestive, et, soit sur la protestation de Mgr Schulte, soit sur les instances du gouvernement prussien, qui a tout intérêt à ce que les syndicats mixtes ne soient point condamnés par l'autorité romaine, on chercha à atténuer les effets de cette malencontreuse démarche. Le cardi-aal Kopp s'y prêta tout le premier et, dans une aouvelle lettre, rendit hommage au zèle apostolique de l'évêque de Paderborn, et reconnut le parfait attachement de ce prélat aux directions du Saint-Siège. La lettre collective adressée le 16 février par les évêques prussiens à leur clergé est encore destinée à remettre les choses au point et à rétablir l'accord entre les 3eux tendances qui divisent les catholiques i'AHemagne. Les évêques affirment une fois de plus que les questions sociales, étant intimement jointes aux questions morales et religieuses, intéressent au premier chef l'Eglise catholique. Il appartient donc à l'autorité ecclésiastique, c'est-à-dire au Pape et aux évêques, de régler l'attitude des catholiques vis-à-vis des questions sociales. Les évêques rappellent ensuite l'encyclique Singulari quadam et les prescriptions qu'elle contient touchant la participation des catholiques aux différents syndicats. Les évêques doivent recommander particulièrement aux fidèles les syndicats catholiques ;ma.is, dans les régions où de tels syndicats n'existent point, les ouvriers catholiques peuvent faire partie des syndicats Chrétiens, que le Saint-Siège, "par un égard bienveillant à la situation locale et générale, a tolérés et permis". La lettre de l'épiscopat prussien se termine par un appel à l'obéissance et à la concorde, adressé à tous les catholiques. Les évêques expriment leur pleine confiance et leur ferms espoir que les ouvriers catholiques suivront docilement les directions recommandées par leurs pasteurs ; en obéissant aux évêques, c'est au Pape lui-même qu'ils obéiront. Car le souverain-pontife ne cesse point de répéter: "Quiconque est fidèle à son évêque est fidèle à moi-même."Fox rwn ■mm m 1 flT*—r ■ " 1 La politique française LA GREVE DES MBNEURS DECAZEVILLE, 24. — Une nouvelle réunion, de grévistes a eu lieu ce matin. La continuation de la grève a été votée. GRANSAC, 24. — Le chômage est général ce matin dans tout le bassin houiller de l'Aveyron. Tout est calme. CARMAUX, 24. — Aujourd'hui le chômage est complet. Le calme est absolu. La politique anglaise LES EXPULSES DE L'AFRIQUE DU SUD LONDRES, 24. •—• Le vapeur "Eugeni", sur lequel se trouvent les 9 mineurs travaillistes du Sud-Africain, est arrivé ce matin, à 7 h. 30, à Gravesend. Une délégation du parti travailliste anglais s'est approchée du vapeur dans une embarcation et a souhaité la bienvenue aux exilés sud-africains. Elle a demandé aux mineurs de venir dans leur embarcation, mais ces derniers ont refusé de quitter le vapeur. La situation en Orient LES PESTES SERBES BELGRADE, 24. — Le ministre de la guerre a communiqué à la Skoupchtina les chiffres suivants sur les pertes de l'armée serbe durant les deux dernières guerres: Guerre serbo-turque: 5,000 morts et 18,000 blessés. Guerre serbo-bulgare: 7,000 à 8,000 morts et 30,000 blessés. 2,500 soldats sont morts des suites de leurs blessures, 11,000 à 12,000 de maladie, 4,300 du choléra. Parmi Ces derniers il y en a 4,000 pour la guerre serbo-bulgare. ARTICLE OFFSCÎEUX SERBE CONTRE LA BULGARiE BELGRADE, 24. — L'officieuse "Samoupra-va" écrit au sujet de la situation politique actuelle dans les Balkans : " La Bulgarie, dans sa situation actuelle, prend une attitude menaçante. Elle tend à obtenir par ses menaces ce qu'elle n'a pu prendre par la force brutale. L'attitude de la Bulgarie et de la Turquie, avec la pointe de l'épée dirigée contre la Serbie, la Grèce, le Monténégro, la Roumanie, menace la paix dans les Balkans et cause de la méfiance en Europe. La conséqence de cette méfiance commence déjà à s'apercevoir. La Serbie, la Grèce, le Monténégro, la Roumanie feront valoir une fois de plus leurs droits légitimes dans le cas de nouvelles complications venant de la Bulgarie ou de la Turquie. Ils chercheront et trouveront toutes les mesures nécessaires afin d'écarter à l'avenir toutes le?

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Dit item is een uitgave in de reeks Le matin behorende tot de categorie Liberale pers. Uitgegeven in Anvers van 1894 tot 1974.

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