Le soir

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24 november 1918
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s.n. 1918, 24 November. Le soir. Geraadpleegd op 19 oktober 2020, op https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/nl/pid/vm42r3pw1h/
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Sâ4 ANNEE rîasîakcîiaso sa mie^ao;asgsie b©is. édition ào Le numéro provisoirement : l€fc centimes. ]¥• 7 LK SOIR a 6t6 particulièrement frappé par les Allcuiaii Js, qui lui ont enlevé la presque totalité de son matériel. Des 80 bais (1e réquisition qu'il a ou"dcvrait avoir eu sa possession, un seul constate l'enlèvement de près de 50 moteurs électriques; d'autros de 200,000 kilos do papier, qui ont été pria pour être livrés aux journaux censurés. Ko us paraîtrons donc jusqu'à nouvel ordre àvec des moyens de fortune. Nos lecteurs nous excuseront. De* rnaclii-*es, un outillage complet ont été commandés il y a six mois aux Etats-Unis, et nous permettront de paraître bientôt dans des conditions meilleures que celles de 10 U. Los abonnements sont provisoirement suspendus, l'ennemi nou* ayant enlevé nos approvisionnements. Ils seront rétvtblis sous pe«, notre papi*** arrivant à la suite de l'arméo. Nous déduirons eu prix de Pabo:i»ei*ent nouveau la valeur des mois nou servis en 1914 LE SOIR Demandes d'emploi* (tarif réduit) ... 2 petite* ligues. l.0( Toute ligne en plu* 0.4Ç Toutes autres rubriques ou annonces commerciales , 0.6<J Faits Divers (ir* partie) # la ligne, 6.0fl — (2™® partie/ . • . . B . — 5.01 — (3me partie) -.4.0® Sport et Réparations judiciaire* ...» . s.oa Nécrologies 2.*50 Réclames avant les annonces. ... — 2.00 Théâtres et Spectacle* ...... — g]oo Téléph. : Annonces : A 59f — Administ. : A 4738 — Réd. : A 196 et A 3549 Rédaction et Administration : 23, Place de Louvain, Bruxelles. Bîeiix cdiiiosi« : A 51 à 2 h. et S) à 6 h. La ConflanGG en soi-même Nous parlons souvent de «l'école de l'adversité». C'est là un cliché des plus courants. Dans l'adversité, en effet, les sentiments sont comme passés au crible et les grands cœurs distingués des petits; mais fénergie humaine aussi y subit l'épreuve •décisive. C'est dans le malheur surtout que l'hoirie peut manifester toute sa puissance, toute sa valeur. Quand tout semble perdu, c'est l'heure des grandes âmes ! Nous venons, en tant que peuple, d'avoir notre heure critique, et glorieuse. Au sortir de la terrible calamité qui s'était abattue sur elle, la Belgique se trouve grandie moralement, et jamais l'honneur de notre nom ne fut plus pur qu'en ce moment. Mais abstraction faite de cette couronne enviable dont voici notre front est orné, plus d'ur avantage précieux est résulté pour nous de la leçon douloureuse des événements à peine révolus. Et d'abord celui de mieux ïious connaître nous-mêmes. Oui, nous avons pris conscience de ce dont nous sommes capables; nous avons pris conscience de nos forces et haussé notre idéal. * * Il n'est pas de plus heureuse disposition d'esprit.,• pour une nation comme pour un individu, il n'en est pas non plus de plus féconde, que cette confiance en soi-même, grâce à laquelle les raisons de vivre d'une belle vie apparaissent plus claires et les moyens de le faire plus proches et plus faciles. La force magnétique qui résulte d'un tel 'état d'âme et s'exerce à l'égard de la destinée n'est pas moindre que celle du succès. En effet, on l'a justement dit, le succès attire le suGcès, comme l'argent attire l'argent. Pareillement les portes s'ouvrent toutes grandes devant celui qui se fie à lui-même. * «Est-il heureux?» demandait Mazarin, avant d'accorder à quelqu'un quelque charge ou quelque mission. Superstition d'Italien, ou de joueur?... Peut-être. Cependant, ce mot « être heureux » ne faut-il pas l'entendre dans le sens d'avoir à la fois un esprit apte à préparer et à diriger ses entreprises et un caractère assez fort pour maîtriser la fortune au lieu de se soumettre aveuglément h ses caprices? Quoi qu'il en soit, on ne peut nier la force entraînante du succès.' <3 ♦ & Celle que nous confère la confiance en nous-mêmes ne lui est pas inférieure : si toutefois il ne s'agit pas d'une seule et même chose considérée dans sa cause et dans ses effets. Et il va sans dire qu'il ne faut pas confondre cette confiance dont je parle avec une opinion trop avantageuse de soi, qui n'est que présomption vaine. Mais quand nous croyons en nous, en cette puissance inné.) que nous sentons s'agiter en notre poitrine, alors nous sommes capables de devenir vraiment forts et de dominer. Nous pourrons même enchaîner la Fortune, parce que nous serons à même de nous soumettre les causes et les effets, qui sont comme les chanceliers de cette reine capricieuse. Car le secret de la Chance n'est-ce pas, peut-être, la joie féconde dont s'emplit le cœur de ceux qui ont foi en leur génie ? * * * Cette intuition de notre valeur morale, source de pensée et d'action, combien souvent elle nous a fait défaut depuis ce bref sursaut d'énergie qui, en 1830, nous avait fait bonauérir une existence propre!'"La jouissance d'une liberté politique tron longtemps attendue nous avait, grisés, tandis que les facilités toujours croissantes de la vie matérielle endormaient nos forces vives. Nous acceptions de toutes les matns le bien-être; la richesse, les plaisirs. Toujours actifs, certes, laborieux, nous paraissions sans souci d'être nous-mêmes, d'être des créateurs. Où trouverait-on trace de ces vues larges et hardies, de ces desseins audacieux auxquels notre g^nje propre aurait pu donner l'essor? «Petit pays, petits esprits», répétaient parfois quelques-uns d'entre nous aux heures où les écœurait plus particulièrement notre manque d'enthousiasme. N'v a-t-il pas déjà plus d'un demi-siècle que Baudelaire notait ironiquement, comme la vertu belge la plus désirée, cette «conformité», laquelle prend justement en aversion ceux qui se fient à eux-mêmes? On n'en finirait pas' s'il fallait énumérer toutes les occasions dans lesquelles, au cours de notre histoire contemporaine, s'est trahie cette absence de conscience claire et fiôre de ce que nous valons. Mais il n'est pas d'exemple plus frappant, je crois, que lin-différence publique au milieu de laquelle s'élabora l'œuvre colonial^ à laquelle un roi clairvoyant avait voué soi intelligence et ses efforts. A moins que ce ne soit celui de not^g incurie dédaigneuse et coupable en ce qui concernait notre défense nationale. Et, justement, on a pu établir naguère combien a été important le rôle économique de 1 Belgique africaine dans la guerre mondiale; et, pour ce qui est du poids dont notre résistance militaire, si vaillante, si spontanée a pesé dans la balance des combats, il a été considérable, on le sait assez. Ainsi donc les événements nous ont, encore un coup, révélés à nous-mêmes. De loin en loin, une fois par siècle, peut-être, ce phénomène moral se produit : le dieu qui est en nous et que nous avions oublié se manifeste tout à coup. Gardons-nous de le méconnaître. Honorons-le comme il convient pour qu'il élève nos cœurs, éclaire nos desseins, soutienne nos volontés. Jamais, sans doute, à aucune époque encore, nous n'avions eu plus de raisons de vivre d'une vie plus ardente et plus noble Le procès fle liss Cavell par M® Sadi KIRSCHEN Quelques jours après l'exécution de miss Cavell, le comte de Besart demanda à la chambre des Lords si le gouvernement anglais pouvait donner quelques détails sur cette exécution, et s'il ne serait pas possible, par l'intervention des pays neutres, d'empê^ier que se reproduisît ce qu'il appelait « l'une des plus grandes tragédies de la guerre ». Le marquis de Landsdowne déclara dans sa Téponso au comte de Besart: « Pendant les derniers mois, nous avons été constamment ré volté^, par. dbs> faits plus terribles et plus émouvants le uns que les autres, mais je doute qu'aucun incident a> autant ému l'opinion publique dans ce Days que la manière dont cette pauvre femnû fut exécutée — j'oserais dire de sang-froid. » L'émotion on le sait, ne fut pas moindre dans les pays de l'Entente et dans les pays neutres L'01 i lion publique allemande elle-même, si décilée ou'elle se fat montrée depuis le début des hostilités à légitimer les rigueurs les plus ex'rômes ou <1 les absoudre au nom des nécessités du la guerre* s'étonna à la nouvelle du crime accompli; la preuve s'en trouve dans le ton même des explications fournies par l-'1 allemande: elle s'en trouve également daffTle fait que .plus jamais, dans la suite, une femme no fut exécutée sans qu'on prît l'avis dn l'empereur, sans qu'on lui laissât le temps d'adresser ur e requê 3 en gr4ce ou do permettre ii l'intervention des nôires de s'exercer* Airtsi lo cri dp réprobation et de. pitié Que p .«pi la cw»''™rp,</:vorsBlle fut, à propos <!r* iVTÎ! (înienrlu par œa- smnbrra <-t irnpIaoaWes suppôts de. la pierre, et les lit ré-flétoftir, en dépit-lie leur-volonté de ne rie» : \i o II 1, 0 1 11 \l qu'aujourd'hui qu'il nous est permis (le rechercher non plus seulement notre sécurité et notre prospérité, mais encore toute la vérité, toute la beauté, toute La justice. Tous les domaines sont ouverts à nos activités régénérées, conscientes et confiantes; et le monde tourne ves nous ses regards sympathiques. Ne trompons pas son attente. A Bruges, dans une des salles 4e l'antique Ilùtel des sires de la Gruuthuus, qui penche son visage mélancolique sur les eaux lentes de la Reye, on peut lire cette devise : «Plus est en toy». Je voudrais qu'elle pût devenir celle de notre jeunesse, rappelant à chacun, jusqu'au plus humble, qu'il peut et doit, sans cesse s'efforcer de réaliser tout ce qu'il porte en lui, eu puissance, de grand, de noble ou simplement d'humain. PHORMIS. Le Nouveau Gouvernement Le Moniteur a pu paraître ce matin samedi, à son heure régulière ; les Allemands ayant publié jusqu'au dernier jour, dans ses ateliers, leur « Bulletin officiel des lois et arrêtés », tout s'y est retrouvé intact ou à peu près, à part la saleté traditionnelle de tout ce qui Le numéro de ce jour publie les arrêtés concernant les modifications ministérielles* porte la trac; du passage boche. Dant, un premier arrêté, M. Léon Delacroix est nommé ministre des finances. Un deuxième arrêté accepte la démission des membres du cabinet Cooreman. Un troisième crée le ministère de l'agriculture, « auquel sont rattachées toutes les attributions concernant l'agriculture, lesquelles sont détachées du «îinistère de l'agriculture et des travaux publics, qui prerfdra la dénomination de ministère des travaux publics. » Un quatrième arrêté est ainsi conçu : « Les attributions et services concernant le ravitaillement des populations civiles dépendant actuellement des ministères de l'intérieur, des affaires économiques et de l'intendance civile et militaire, sont transférées au ministère de l'industrie et du travail qui prendra la dénomination de ministère de l'industrie, du travail et du ravitaillement. » Cinquième arrêté: « Article 1er. — Le ministère de l'intendance civile et militaire est supprimé.» Art. 2. — Les attributions de ce ministère font retour aux départements ministériels auxquels elles étaient rattachées, avant Nos arrêtés du 17 février 1916, du 4 août 1917 et du 1er janvier 1918, ainsi que par raccord intervenu entre les ministres de la guerre et de l'intendance, le 4 décembre 1917. Les arrêtés suivants désignent les nouveaux ministres: M. Vandervelde, ministre de la justice ; M. Paul Hymans, ministre des affaires étrangères ; M. de Broqueville, ministre de l'intérieur ; M. Harmignie, ministre des sciences et arts ; M. Albert Ruzette, 'ministre de l'agriculture ; M. Edouard Anseele. ministre des travaux publics : M. Joseph Wauters, ministre de l'inrfnsMe du travail et du ravitaillement : M. Jules Benkin, ministre des chemins de fer, marine, nostes et télégraphe ; M. Louis Franck, ministre des colonies ; M. Fulgence Mas'son, ministre de la défense nationale ; M. Henri Jaspar, ministre des affaires économiques. Les nouveaux ministres d'Etat MM. Henry Carton de Wiart, Paul Segers, Aloïs Van de Vyvere, Ernest Solvay, Michel Levie, Adolphe Max, Emile .Franqui et Paul Van Hoegaerden sont nommés ministres d'Etat. M. Cooremnn g-antf-corîîon « Voulant reconnaître les services rendus par M. Gérard Cooveman, ministre d'Etat », le Ho. vient de conférer le Grand Cordon de l'ordre de Léopold à l'ancien président de la Chambre. PETITE GAZETTE La présidence de la Cha r.br3 Un groupe nombreux de droitiers ot de gauchers so disposent à offrir la présidence de la Chambre à M. Henry Carton de Wiart, un de nos nouveaux ministres d'Etat. • MM. Bertrand et ThéoJor seraient appelé» à deux des vice-présidences. Dans le Corps diplomatique. Le marquis Carignani, ministre d'Italie, et M. Djurara. ministre de Roumanie, nous prient de dire qu'ils ont été empêchés, par une panno d'auto, d'arriver à temps, hier, pour assister à la séance royale dej Chambres réunies. M. Vandervelde ministre des cultes. Une des choses curieuses dues à l'Union sacrée : C'est M. Yaudervelde qui a désormais les cuites dans ses attributions. .Notre a Premier ». En vertu d'une décision prise en conseil, M. Delacroix, qui a été chargé de former le Cabinet, prendra ie litre de « premier ministre n. Le cabinet du « Pren ier ». M. Delacroix a prié le chevalier Ernst, chef do cabinet du département de la justice depuis de longues années, d'occuper les fonctions de chef de cabinet du « premier ministre ». Nous manquerions à la vérité si nous ne disions que M. Delacroix a eu la main heureuse, en l'occurrence. Petit-fils et fils de jurisconsultes émi-nents, M. Ernst est une des personnalités les plus distinguées — disons môme u.ie « autorité » — du département de la justice. L'institut royal d3 Messi:ies. Sur la proposition de M. Carton de Wiart, l'Institut royal de Messines, actuellement établi en France, sera établi provisoirement — un provisoire qui pourra durer quelque temps, tant Messines a été « cochonné » par les Allemands — au camp d'internement d'Adinkerke. écouter. Et l'on peut dire avec assurance que, malgré ce que dirent leurs journaux, si le coup eût été à refaire, ils ne l'eussent point refait. Il y a déjà toute « une littérature » sur l'affaire Cavell ; on a écrit d'innombrables volumes, les journaux et les revues ont publié des oentaines d'articles, la presse des Etats-Unis a créé un Miss Cavell'sman ; à chaque instant encore des « révélations » se font jour, de nouvelles discussions s'engagent; on glane des interviews, en recueille les souvenirs les plus indirects. On apporte des impressions rétrospectives de deuxième ou de vingtième main. Et, dans ce fatras d'informations, s'avèrent des contradictions étranges des disparates marquants ou l'erreur et — il faut le dire — la mauvaise foi, le disputent quelquefois à l'ignorance. Le rupport fait par la légation d'Amérique no relate pu- les fans tels qu'ils se sont réellement déroulés îl l'audience. Des accusations vraiment stupides so sont fait jour cà ei là et je serai forcé de rencontrer plus loin quelques allégations assez sottes que des journaux étrangers formulèrent à mon sujet et auxquelles je répondis lorsqu'elles se produisirent dans la mesure où je les connus, et t'i il m'était permis de les relever (1). Si l'on veut bien songer à ceci : qu'en dehors des juges et de l'auditeur, seuls cinq avocats furent admis aux débats, on comprendra que, me trouvant au nombre de ces cinq avocats, je considère comme un devoir de fourni)- à la vérité historiqu une relation documentée du procès et des incidents qui l'ont accompagné. J'annorte la contribution o de ce que mes yeux ont vu », je l'apporte en toute loyauté, avec le v , .ni'iutieux de l'exactitude, car j'ai la pleine conscience de l'importance objective de cette contribution. * 1 (1) Voir aommcîlco. TJnconssil d'Etat _déi Il est dès à présent acquis que, parmi les tfiches tio assurées par le nouveau ministère, figure la créa- cet tion d'un conseil d'Etat. l0 X ans la magistrature ga Il est certain que le projet de loi relatif à la ûe réduction du nombre des magistrats sera soumis à la prochaine législat ure. I.? ravitaillement national j M, Wauters a pris, dès ce matin samedi, pos- ^, session du nouveau département du ravitaillement. 11 a installé ses bureaux, en ce qui concerne cette partie spéciale de ses attributions, à l'Hôtel do co France, rue Royale. Les bureaux de l'industrie et de du travail restent établis rue Lambermont. m; Nos d^puté3 et sénateurs, es Au cours de cette guerre, vingt membres de la Chambre ont passé de vie à trépas, — £n dix catho'iques, quatre socialistes, cinq libéraux et un démocrate-chrétien, à savoir : MM. Bôval, suppléants MM. Renard; },c Hoycis — Hou tari; Davignon, — Rutten ; de Lalieux,— Terlindenj , Heynen, — Braffort; Nerincx, — Fieullien ; Schollaert, — Caéluwaertsj Verhaegen,— Pussenier; la Bastien, — Dental; te Caeluwaert,— V.Ernest; Je Cavrot, — Souplet; Em. Royer, — Defaux; de F. Delvaux, — Vekemans; UI L.Huysmans, — Robyn; ))f G. Lorand, — Rahlenbeek; VanDamme, — Van Canteren ; Warocqué, — Vilain; , M. Pierre Daens a comme suppléant l'akti-viste Planoqua<ert, fugitif. Il faudra donc ja une nouvelle élection à Alost, comme à Rou-lers, où MM. Delbeke et Van Merris sont dé-oédés ainsi que leurs suppléants. V£ Au Sénat, treize membres ont disparu au ^ cours de la guerre; ce sont : ^ MM. Jules Van den Peereboom et Meyers, sé-nateurs provinciaux; sa MM. Mesens, suppléants MM. Orban de Xivry; or Gatreau, — Behaeghel; qi Leclef, — baron Cogels; er de Raraaix, Vercruysse; 0' Briarfc, — De Meesteri 'il de Nève, ■— Schellekens; '*£ Van Naemen, — Ctjde Borgeyck: ru Raepsaet, — V-^de Ghellinck; ie de Savoye, — V**Vilain Xlill ; Stiénon du Pré, — De Bruycker ; Wernr de Mérode, Thiébaut; ~ Fraeys de Vreubeke, Landas; Vanderkelen >— Swinnen: /» Vandewalle, - - Callens; Piret-Goblet. — D.von; Edm. Steurs, «— Croquet; >, Neaman, Demerbes. Hos ni n stères. Sc ' La mise en train des nouveaux départements ministériels ne sera guère chose facile. Dans les lo- rr eaux, tout est dans un état abominable. 11 n'y a vraiment nulle part une.place que l'on puisse oc- di cuper décemment. Nos minis.res, pour la plupart, ont installé pro-visoirement leurs cabinets dans leurs demeures a privée s. Nous n'étonnerons personne en ajoutant que la I commission d'enquêtes sur les atteintes du Droit 1 des gens sera incessamment reconstituée, alin do i a procéder a un examen dos dégâts commis dans les d ' v0 ' ^ • i ;i T. i « Le Roi chez M. Erhest Soîvay. e* Vers 6 heures, vendredi soir, le Roi s'est ( i rendu chez M. Ernest Solvay, en compagnie li de M. Delacroix, chef du cabinet. 11 avait d< tenu à remercier personnellenient i'émin ;nt philanthrope, dont on ne saurait assez, louer Si l'action généreuse au cours de ces quatre x années de guerre. ^ cc Une adresse du V/inernsfon^s au Roi. t Le comité du Willemsfonds, que préside notre conLère M. Julius Hoste, vient de faire ta r .m mettre . i Roi ladres e suivante : u Le « Willemsfonds » de Bruxelles a chargé les soussignés d'exprimer à Sa Majesté, à l'occasion de son entrée triomphale dans la capi- n taie, les sentiments d'admiration et d'attache- cJ ment qui animent tous les Belges. << Sous la direction éclairée de notre Souve- ll( rain, notre pays se prépare à un nouvel ave- V( nir. oui sera scellé par l'union intime de tous -ses fils. aj La réédification de la Belfffmie trouvera réu-n:s, dans une enfante fraternelle, Flamands et Wallons, en vue d'assuror à la natrie commu-ne dos destinées nouvelles dans le domaine intellectuel et social. N03 héros, a: Par une attention délicate et que chacun appréciera, quatre fa* t, u ls avaient été pin- J-' cés à la Chambre, à droito du bureau pré- 0 sidentiel, pour la séance royale, c'est-à-dire 11 à droite du Roi. t1 Ils étaient • destinés nu cardinal Mercier, 'c au général Léman, à MM. Adolphe Max et Ernest Solvay, qui s'y trouvaient cO'e à côte. J- La dernière offen Ive. a Le Roi, dans le discours du Trône, décrit ainsi ce dernier effort de l'armée be'ge : n Le 28 septemFiro, à l'aube, tendant toute s n <'nersrio, 11 e!le bondit à l'assaut des lignes euiienJes. <t, d'un i-ul mais irrésistible et sublime élan, conque t la crête des 'e Flandres, qui avait Jus<ju'a!ors dé:io les attaques de3 trouve > les plus valeuroutes. t' Un de nos amis, qui eut le privilège* d'assister 's< comme officier à cette attaque, nous disait : q « L'armée s'y prépara avec un véritable senti g ment religieux du devoir. Chacun se déte/miua h donner tout ce qu'il pouvait, absolument tout. O i {. ne savait pas quel serait le résultat, mais on était ^ On a appelé cette affaire, l'affaire Cavell, bien j< que l'auditeuir militaire l'eut introduite sous t le titre : « Affaire Philippe Bauoq et consorts», c\ du nom d'un architecte bruxellois qui, colla- 8 borateur dévoue de l'héroïne anglaisa, fut lu- Cl sillé en même temps qu'elle, et dont l'attitude avant, pendant et après le procès, fut égale- n ment digne d'admiration. Le nombre des in-culpés fut de trente-cinq. Etait comprise dans (> les poursuites, une deuxième Anglaise, Mme h veuve Ada Bodart, née Deherty, devenue Belge e par son mariage, à charge de laquelle l'audi- p ' teur militaire requit également la peine de c mort et à qui une condamnation à 15 ans de travaux forcés évita le terrible honneur de p livrer son nom à l'histoire. r< Je me souviendrai toujours des heures tra- h giques de ce procès, qu'un auditeur militaire r. nouvellement arrivé du front, PT Stœber, me-na tambour nattant, et dans laquelle il requit n en un tour de main neuf peines de mort. Je ferai plus loin le portrait de < t auditeur militaire, qu'on semble avoir fait venir expressément de la ligne de feu. Jusqu'à l'affaire Cavell, b on n'avait fusnlé personne, sauf les malheu- fl reux Franck et Baclçelmans, dont il sera parlé dans un autre chapitre. Les auditeurs avaient n bien requis la peine de mort, mais la défense, a surexcitée et sentant ses moyens doublés par 8 la menace, avait trouvé des accents inattendus « pour sauver la vie des accusés. n M04 Alexandre Braun, Dorff, Bralïort et moi " défendions les co-a": .usés de miss Cavell. M® fie l1 Saedeleer fils fut autorisé à assister aux débats, v pn qualité de secrétaire de son beau-père f M6 Braun. Il prit, comme mol, le plus de notes 11 qu'il put Deux avocats se trouvaient parmi - mnilpés : M®* Demousticr et Albert Libiez, du barreau de Mons. Leurs confrères étaient r v ; ii tus nombreux de cette ville avec l'espoir o d'être admis à l'audience, mais cet espotr fut J1 déçu. k Thomas Braun $vait été prié, sitôt après t :idé aux suprêmes sacrifices. Il se fit une sélec-a complète des bons éléments, laissant de côté quelques soldats faibles qui disparaissent dans premier trou d'obus dès que l'olficier ne les re-'do plus.On partit à la mort. Ou perdit beaucoup grudés. Ce fut une offensive d'officiers et de ns soldai». »» Humour populaire, «populo» bruxellois trouve parfois >yen d'exprimer sa verve satirique d'une l'nière vraiment pittoresque. \insi, au coin de la rue des Quatre-Fils-mond, quelques loustics du quartier ent :ifectionné un fantoche à la ressemblance l'ex-Kaiser : suspendu à un poteau et lintenu horizontalement par des cordes, il ; revêtu de la tunique gris de fer, du tradi-nnel casque à pointe et couvert des insi-es des « bochevistçs »• Dans le dos on lui a fiché une hélice rudi-întaire, et le poteau, qui indique par une che «Frontière de Hollande», porte cet citeau lapidaire : «Nouvel aérohélice zon-il. Gas très pauvre, 1,500 kilom. à l'heure. » [1 est des humoristes qui n'eussent pas >uvé mieux I La journée Adelphe Max. La médaille qui sera vendue au cours de «journée Adolphe Max» est due au sculp-ar Godefroid Devreese, et, une fois de plus, maître-médailleur s'est surpassé. A l'avers, la tête d'Adolphe Max, superbe ressemblance et de caractère; au reVers, i coq (le Courage), tenant en son bec une lance (la Justice), dressé sur une miche pain (la Charité). Les frères Fonson l'ont éditée avec leur .bituel souci d'art. C'est une belle médaille. Chacun voudra posséder. Des souliers s. v. p. Des centaines de prisonniers anglais arri-n/t journellement à pied des camps alle-lands. La plupart n'ont plus que des sou-rs informes, déchirées, laissant entrer l'eau la boue; les chaussettes n'existent plus qu'à itat de souvenirs, et bien des pieds sont en ngl Tous ces malheureux prisonniers qui t souffert, et souffrent encore, n'aspirent l'à retourner en Angleterre, mais ils doivent icore marcher jusqu'à Gand. On les nourrit, i les habille, mais il n'y a plus ni souliers-chaussettes à leur .donner. Aussi c'est avec connaissance que le Comité de secours, 17, edu Chêne, à Bruxelles (local de l'Alliance), cevrait souliers, bas et chaussettes. L'Union nationale î. Vandervelde prend possession du Ministère de la Justice M. Carton de Wiart a présenté, ce matin, . Emile Vandervelde, le nouveau titulaire du •rteieuille delà Justice, aux fonctionnaires de ce partement. E ancien ministre et le nouveau ont pris la pale et rien n'attestera mieux la volonté de tous unir les bonnes volontés pour la reconstitution i pays que le contexte de leurs discours. Jo souhaite la bienvenue à mon ami Vandervelde, a t tout d'abord M. Henry Carton de Wiart. Lorsqu'il y sept a ni j'ai pria Ja direction ds ce ministère j'avais sentiment très profond de i'énormité ( e la tâche qui lait m'incomber. J'avais l'imprei ion qu'elle exigeait la lerm:té et de la mansuétude. Et les mo.vens me iraient quelque j.^u perplexe. Mais j ai trouvé près des fonctionnaires du Bépartr-,u,_une collaboration à laque! e jo ne saurais ass z .iu i. un ujag . Ajtiiâ* i l .,u«cuiu'ii étaû iei. eirïO ; eiu je m'en porw garant, plus que jus.iiiée. Je les rémer-e uevant \oiis et qu'il nie soi; permis aussi de les féli-.er d'avoir contribué comme iis l'ont fait au maintien ; la dignité nationale. Parmi eux, il y a eu des martyrs, des morts, de» bles-s, de3 prisonniers qui ont beaucoup souffert. J ai 1 assurance,mon cher Van .ei velde que tous aurez cœur île récompenser ceux qui se sont i,ien conduits, mine vous saurez avoir la lermeté nécessaire pour ux qui aurai - .it fauté. - M. Carton de Wiart énumère les projets impor-nts élaborés avec la collaboration do ses fonction-lires et il ajoute : Vc us avez, mon cher ami, une expérience des homes et d< s chos-js, une sciinJe de ia sociologie que lacim connaît. Vous avez collaboré essentiellement à. i nie.su ei contre l'alcoolisme qui seront le plus g . and nim ur dii gouvernement du Havre. J:ai co.i.'lanoe que m; ferez iii de 1a bonne beso0ni. liai:* la nu sure modeste où je le pourrais tout mon )pui, toute ma s; mpa.me seront acquis à vos efforts. M. Carton de Wiart, ayant pr. senté nominativo-ent les lo ciionna res au nouveau ministre. M. Vandervelde prend la parole en ces termes : Autant que mon ami Carton do Wiart, je ressens, en s .m.nit ia redou.aole charge qui vient de m'étre con-e, coinbi n cild est lourde. D'autant l-Ius lourde que je ' vous apj or te (ju une volonté îerme de réformes, qui i, en nu nu cm >s, une Lonne volonté, fti mes études ïviale», ni mon expérience professionnelle ne me prépaient ce rôle que j'aurai à remplir. Sf je succi de à • ■s prcdecesbeurs, j aurai peine à les remplacer, e ait. ut de « an. is, Le je une, Jules Renkin, Léon l >e Lants-■ re, Carton de Wiart.. Mais je puis compter sur l'aim-î de mon prédécesseur, et je compte aussi sur son con->urs.Des ré-formes. B'iraposent qui apporteront des change-ont j \i,au\ à l'organisation uel^ justice, à la réorga-sa io.i judi -iairo etdela bieniaisance notamment. Xsous 6lions nous mettre à la tâche tout de suite avec désir de bien faire. Won cher (..a: ton, ti nous ét:ons des adversaires poli-i)ue jusqu'ici, nous avons toujours été des amis per-'f.tiea.isous nous trouvons associés aujourd'hui à une cause i nous « si cher j entre tcu.i : ia rénovation de 1a Bel-:que. Je compte sur vous. Après quelques parole de M. De Rode secré-ire-gém roi du département, M. Vandervelde a r s aiifis.tôt posse.:,ion de son cabinet. arrestation de miss Cavell, de lui prêter son encours, mais, à la suite d'un înciueut d au-icnce rapporté dans un précédent chapitre, il était vu interdire, par l'auditeur Mev/es, l'ac-is du prétoire des tribunaux de campagne. M1' i homas Braun, d'accord avec mon émi-erit confrère de la cour de cassation, M0 Eug. anssens, me pria, le 7 septembre TJ15, de me :iarger de la défense do miss Cavell, j'en i formai aussitôt celle-ci, et lui demandai si le m'acceptait comme son défenseur, mais la olice dut intercepter ma lettre ou la sienne, ir je ne reçus jamais de réponse. J'essayai de me renseigner sur l'affaire. J'ap-ris qu'il ne s'agissait que d'une accusation de Hautement, et je fus rassuré : en effet, jusque t, les tribunaux ne s'étaient pas montrés d'une gueur excesf.ve pour ce délit, réservant tou-ss leurs sévérités pour les affaires d'espiou-age (1). x: * u Enfin, nous pensions tous que jamais ce tri-unal de sçluats ne verserait le 6ang d'une ;mrne. Notre illd^ion durait encore après la pre-îière audience • lorsqu'à l'issue de celle-ci, qui vait été tout entière occupée p;ir les interro-aloircs et les dépositions, nous conférâmes utre avocats sur les moyens de défense et que ous escomptâmes le réquisitoire, nous fûmes 'Kinimpnt d'avis que miss Cavell ne serait as condamnée à plus de cinq ans Je me sou-ions que nous nous séparâmes assez satis-tils, parce que nous étions convaincus qu'il 'y aurait pas do peine capitale. (1) A la vérité, il s'était troiiT^ un auditeur poui jqnôrir ls peine do mort contre Baudewyns, maii îlul-ci avouait qu'il avait fait passer huit centi ;unes goria ou Hollande et. encore, lo oonèeil d< uorro avaim introduit lui-même un recours ei r que io Gouverneur général prit eo considéra oo. Une visile au Tliéûire du Parc el au Cercle artistique Depuis quatre ans, le Parc et les bâtiments des ministères formaient un îlot dont les Allemands gardaient soigneusement les abords. Quelle noire cuisine entretenaient-ils en cet endroit? Quel étrange sabbat y menaient-ils? Mystère. Nous nous doutions qu'il y avait là des « Soldatenheime », des cantines; nous savions que le Cercle artistique était transformé en lieu de réunions pour militaires; que l'on jouait au théâtre du Parc des pièces du répertoire allemand. Nous avons eu la curiosité de voir l'endroit où ces choses s'étaient passées et les traces qui en restaient. Guidé par M. Reding, nous avons pénétré dans le théâtre du Parc, non sans quelque appréhension. Dieu, qu'allons-nous rencontrer? Nous voici d'abord dans le foyer des acteurs. Nous nous étions effrayé à tort : il n'y a rien, il n'y a plus de meubles, à moins que nous ne désignions sous ce terme une table boiteuse et un canapé dont le tissu montre la corde. Au mur, un écriteau indique l'heure des répétitions. A lt) heures, «Zum weiss Rœssl»; à 4 heures, «Emilia Gallotti», et, plus bas encore, un seul mot significatif, «Ausl», annonçant le départ, la fuite. Nou3 montons sjy la scène. Le plancher est sale. Tout est sale. La saleté est la caractéristique des endroits où les Allemands ont pénétré, quand ils n'ont rien détruit. La salle nous apparaît encore belle. Seuls les fauteuils sont un peu fânés. Les loges d'avant-scène ont été dépouillées de leurs tentures. Les trois loges de face du premier rang ont été transformées en une seule loge, qui était celle du gouverneur. Nous quittons la salle et nous gagnons, par un escalier de service, le bureau direc- j torial. Quel tableau l Tout y est d'une saleté repoussante. Sur la ta'ble nous remarquons les reliefs d'un repas; sur une assiette", des , morceaux de hareng; dans une autre, des débris de légumes marinent dans une sauce innommable. D'autres pièces sont encombrées de vieux papiers, accumulés en tas et mêlés à des ordures de tout genre. Nous parcourons successivement les loges des ar- • listes, jadis éb^^tès et mises à neuf à la veille Hicme de la guerre. Là encore une malpropreté sordide. Sur les armoires blanches traînent des pots à pommade et à maquillage; tout est taché et souillé. Nous demandons à M. Reding, le directeur du théâtre du Parc, ce qu'il pense de cet état de choses, Nous le croyions consterné. Nous le voyons sourire. Il y a moyen de réparer, et promptement. Si la Ville veut lui prêter son aide, il ne désespère pas de rouvrir le théâtre vers le Nouvel An. Un nettoyage énergique, quelques couches de couleur, cela suffira. Les chaudières qui assurent le chauffage sont intactes. C'est là la grande affaire. Puis, il y a encore la question des décoi'3. Il n'y en a plus : ils ont été brûlés, déchirés. On en fera de nouveaux au fur et à mesure des créations Le théâtre possédera ainsi un matériel tout neuf. M. Reding a pleine confiance. Il songe déjà aux engagements qu'il conclura. Il compte sur une interprète sympathique entre toutes, MUo De Cléry, la fille du baryton de la Monnaie, qui a joué sur les théâtres du front et a obtenu un succès enthousiaste. Nous sortons du théâtre et nous entrons au Cercle nrii^t'.iiùe. La n alprofirtiê allemande a passé là ot laissé des traces Plus répugnantes si possible. La petite salle d'exposition fait penser à une cuisine sordide ou, plutôt, au «buen retiro», caractéristique ■des brasseries munichoîses. Près du grand orgue on avait installé une cantine. Le plan, cher est rongé par la moisissure et l'humidité. Des cafards s'agitent sur les murs et sur le parquet. Partout un désordre indescriptible. On se croirait dans un magasin d'accessoires plutôt que dans un endroit qui fut avant la guerre le lieu élégant de réunion de la bourgeoisie et des artistes bruxellois. Nous abrégeons cette desoription.decrainte de nous répéter, La malpropreté, une malpropreté répugnante, se rencontre à chaaue pas. Là aussi il faudra nettoyer à grandes eaux et passer à la couleur fraîche. Cela fait, on pourra songer à rouvrir le Cercle, et on l'espère pour un temps plutôt prochain, la seconde quinzaine du mois «3e décembre. • ^ -rr .n ■ ■■■ L'entrée des troupes anglaises à Charleroi (De notre correspondant particulier) Les troupes anglaises ont fait leur entrée mercredi, à midi, à Charleroi, au milieu d'une foule enlhousiaste. Le délilé des régiments de la 4° division du VI0 corps d'armée, commandée par lo général llawlinson, a été superbe. 11 a duré plus d'une heure et demie. Une réception a eu lieu après à l'Hôtel de Ville, où M. le bourgmestre Devreux a salué les vainqueurs et rendu hommage à tous les alliés. Le général Rawlinson a remercié au nom des troupes britanniques, et a félicité la vaillante armée belge. Le major Van Tielt, des carabiniers, a répondu à ce discours. Au lunch, auquel assistaient tous les oliciers do l'état-major, ainsi qu'un officier français, on a bu au si à la France ot l'orchestre a exécuté les hymnes nat onaux des pays alliés. Oa s'est ensuite répandu on ville où la musique de la garde anglaise a donné un concert. Nous devions être épouvantés le lendemain... Ajoutons que celte affaire Cavell, avec ses trente-cinq accusés, était la première grande affaire, le premier « beau cas » qui s'offrait à la police. Elle avait fohdé beaucoup d'espoir sur et procès, elle l'avait si bien entouré de mystère, qu'elle n'en laissa rien transpirer jusqu'à l'audience. C'est tout juste si on ne chicana pas sur r otre présence au banc de la défense, alors que, jusque là, on nous y avait admis sans difficulté. Le policier Pinlvhof, qui se faisait appeler « M. le juge Henry », fit carrière à la suite de celte ©Maire, et le gouvernement le décora. Jo n'avais pas à me plaindre particulièrement de ne pas avoir vu Miss Cavell avant l'audience, et d'avoir été laissé dans l'ignorance totale du dossier : c'était la règle, mais je dois noter que contrai rement aux usages, on m'interdit d'adresser la parole à ma cliente non seulement pendant les débats, mais encore après la clôture de ceux-ci. * * * C'est dans la salle des séances du Sénat que se tint la première audience du procès, le 7 octobre 1915. la deuxième dans la salle des Députés, le Sénat étant déjà retenu depuis longtemps, ce jour-là, pour une conférence: l'auditeur Stœber avait voulu ce théâtral décor pour la mise en scène de la tragédie où il faisait de sensationnels débuts. Qu'on se figure le vàsté hémicycle du Sénat où tout Invite au recueillement, où les tapis de haute laine assourdissent les pas, la solennité des fresques encadrées d'or, et les lambris de bols précl«u«B, les emblèmes de la souveraineté de la nation conquise, ou bien le prestige d'une salle historique, comme celle de la Chambre des représentants, ençorp frémissante Les conditions fis l'armistice Voici le texte complet des conditions de l'armistice, signé le 11 novembre, à 5 heures du matin, par les délégués allemands et les repré-< sentants des Alliés : A. SUE LE FRONT D'OCCIDENT I. Cessation des hostilités, sur terre et dans les airt six heures après la signature do l'armistice. II. Evacuation immédiate dee pays envahis : Belgfc Que, Franco, Luxembourg, ainsi que l'iA.lsace-Loi> raine, réglée de manière à, être réalisée dans un dé» lai de quinze jours à dater do la signature de l'arv mistice. Les troupes allemandes qui n'auront pas évacué les territoires prévus dans les délais fixés seront faite* prisonnières de guerre. L'occupation par l'ensemble des troupes alliées et des Etats-Unis suivra, dans ces pays la marche d« 1 évacuation. Tous les mouvements d'évacuation ou d'ocoupation: sont réglés par la note-annexe n" 1, arrêtée au moment de la signature de l'armistice. III. Rapatriement, commençant immédiatement et devant être terminé dans un délai de quinze jours, de tous les habitants des pays énumérés ci-dossus (y compris les otages et les prévenus ou condamnés). IV. Abandon par les armées allemandes du mate* nel de guerre suivant, en bon état: 5.000 oanons (dont 2,500 lourds et 2,500 de campagne»; 25.000 mitrailleuses; 3,000 minenwerfers; 1.700 avions de chasse et de bombardement Ln premier lieu tous les D 7 et touB les avions de bombardement de nuit, à livrer sur place aux trou» pes des alliés et des Etats-Unis dans les conditions de détail fixées par la note-annexe n' 1, arrêtée au moment de la signature de l'armistice. V. Evacuation des pays de la rivo gauche du Rhin par les armées allemandes. Les pays do la rive gauche du Rhin seront administres par les autorités locales, sous le contrôle de» troupes d'occupation des Alliés ot les Etats-Unis Les troupes des Alliés et des Etats-Unis assure' ront 1 occupation de oes pays par des garnisons toi nant les principaux points de passage du Rhin (Mayenoe, Coblentz, Cologne), avec, en ces points, des têtes de pont de 30 kilomètres de rayon sur la rive droite — et des garnisons tonant également des points stratégiques de la région. Une zone neutre sera réservée sur la rive droite du Rhin ontre le fleuvo et une ligne tracée parallfc lement. aux têtes de pont et au fleuve, et à 10 kilo» motres de distance depuis la frontière de Hollandf jusqu'à la frontière do la Suisse. L'évacuation par l'ennemi des pays du Rhin (rive gauche et rive droite) sera réglée do façon à êtr« réalisée dans un délai de seize nouveaux jours 6oit trente et un jours après la signature de l'armistice. Tous les mouvements d'évacuation ou d'occupation seront réglés par la note annexe n* 1, arrêtée au moment de la signature de l'armistice. VI. Dans tous les territoires évacués ^ toute évacuation des habitant . .r.~^iîTnvrTTI' sera apporté aucun ^ sonne ou ?> I. ^ — -«ramage ou préjudice à la per» Pr0prlé^,?.e' habitant». Personne m .-.a, fouï3uivi pour délits do participation L des ruesures de euerre anténearea à. la signature da 1 armistice. Il ne sera fait aucune destruction d'aucune sorte. Les installations militaires de toHte nature seront livrées^ intactes; de même les approvisionnement» militaires, vivres, munitions, équipements, qui n'aui rôfit pas été emportés dans les délais d'évacuation fixés. Les dépôts de vivres de toute nature, pour la popu. place1 01 e" détail, eto., devront être laissés mï£ n ne sera pris aucune mesure générale ou d'ordns officiel ayant pour conséquence une dépréciation de, établissements industriels ou une réduction dam leur personnel. VII. Les voios et moyens de communication de. toute nature, voies ferrées, voies navigables, route» ponts, télégraphe, téléphone, ne devront être l'obje* d aucune détérioration. ' .,+Tv X le !>ersoni?p! civil et militaire actuellemonf utilisé y sera maintenu. "sera, livré aux Puissances associées : 5.000 machines montées et 150.000 wagons en boi état do roulement et pourvus do tous rechanges e agrès nécessaires dans des délais dont le détail esf-fixé a 1 annexe n" 2 et dont le total no devra pas d/ passer trente et un jours. également livré 5.000 camions automob*Y èn bon etat: dans un délai de trente-six jon^s. de fer d'Alsaoe-Lorralno. dans un délai do trente et un jours, seront livrés ^otéa de à°co réseau3°nn ma^riel affectés organiquement En outre, le matériel nécessaire à l'es^oitatlon dans les pays de la rive gauche du Rhin sWa laissé sur place. Tons les approvisionnement*: en charbon ">t mat,iè« Vf» ? J..1™ ' "n da de i'griaîIsfiA \ ct « * : 'i'?!*. seront 1 r sur plr^o t n'pprf* jalonnements seront entretenus par l'Allemagne co qui concerne l'exploitation do voies dn comm^Jr cation des pays de la rive gauche du Rhin. Tous les chalands enlevés aux alliés leur pottwa rendus, la note annexe n* 2 règle le détail de Jj mesures. vin. Le commandement sera tenu de signCSr.-^ dans un délai de quarante-huit heures ap^-ès la si tnre de 1 armistice, toutes les mines ou dispositifs t retard agencés sur les territoires évacués par troupes allemandes et d'en faciliter les recherchas et la destruction. Il signalera également toutes les dispositions sai sibles qui auraient pu être prises (tels qu'crapolajaL nement ou pollution de sources et puits, etc.). « Le tout sous peine de représailles. » IX. Le droit de réquisition sera exercé par les ar-mées des Alliés et des Etats-Unis dans tous les ter-ntoires occupés, sauf règlement de comptes avec qui-de-droit. L'entretien des troupes d'occupation des pays du Rhin, non compris l'Alsace-Lorraine, sera à la charge du gouvernement allemand. X. Rapatriement immédiat, sans réciprocité, dans des conditions de détail à. régler, de tous les prisonniers de guerre, y compris les prévenus et condamnés des Alliés et des Etats-Unis. Les Puissances alliées et les Etats-Unis pourront en disposer comme bon leur semblera. Cette condition annule les conventions antérieures au sujet de l'échange des prisonniers do guerre, y compris celle de juillet 1918, en cours de ratification. Toutefois, le rapatriement des prisonniers de guerre allemands internés en Hollande et en Suisse continuera comme précédemment. Lo rapatriement des prisonniers allemands sera réglé il la conclusion des pDéliminaires de paix. XL ~ Les malades et blessés inévacuables laissés sur les territoires évacués par les armées allemandes, seront soignés par du personnel allemand, qui sera laissé sur place avec le matériel nécessaire. B. DISPOSITIONS RELATIVES AUX FRONTIERES ORIENTALES DE LALLEMAGNE. XII- — Toutes les troupes allemandes qui et trouvent actuellement dans les territoires qui faisaient partie avant la guerre de l'Autriche-Hongrie, de la Roumanie, de la Turquie doivent rentrer immédiatement dans les frontières de l'Allemagne telles qu'elles étaient au lor août 1914. Toutes les troupes allomandes qui se trouvent actuellement dans les territoires qui faisaient partis avant la guerre de la Russie devront également ren« trer dans les frontières de l'Allemagne, definie» comme ci-dessus, dès que les Alliés jugeront le inm ment venHi, compte tenu de la situation intérieurs de ces territoires. Xin. — Mise en train immédiate do l'évacuation par les troupes allemandes et du rappel do tous lea instructeurs prisonniers et agents civils et militaire! allemands so trouvant sur les territoires de la Russil (dans leurs limites du 1er août 1914). XV. — Renonciation au traité de Bucarest et dt Hrest-Litowsk ot traités complémentaires. XVI. — Les Alliés auront libre accès aux territoire» évacués par les Allemands, sur les frontières orien- de la fièvre patriotique qui transporta toute la législature à cette suprême séance du 4 août 1914, où le Roi annonça que l'étranger venait de franchir la frontière et proclama d'une voix vibrante qu'un peuple qui défend sa liberté no peut mourir... ; qu'on se figure dans ces sanctuaires des lois, les officiers allemands en grand uniforme, s'ériçeant en tribunal pour juger des Beiges et des amis des Belges qui avaient obéi à la parole royale ; les trente-cinq prévenus, la plupart des gens du peuple, étonnés par ce décor, se casant dans les fauteuils des législateurs, surpris de se reconnais tre, car beaucoup ignoraient qu'ils étaient impliqués dans une même affaire, les soldat* impassibles qui se piaulent ça et là poiir les surveiller avec leur raideur d'automate for» més par la discipline, les avocats attendant nerveusement au banc de la défense l'ouven ture des débats, aussi avides que les accusé# de savoir ce qui va sortir du dossier redouta» ble que manie l'auditeur ; cet auditeur enfin/ bel homme, beau garçon, grand, mince, fringant, très soigné, visant à l'élégance, haut etf couleur, lissant sa longue ot forte moustache* les dents blanches, les cheveux partagés sur lf" nuque par une raie impeccable, comme s'ij sortait des mains d'un coiffeur de Munich, pour un bal militaire. Qu'on se figure cet ap pareil impressionnant, cette affirmation ostèn/ tatoire de la toute-puissance du vainqueur, el l'on comprendra que, suivant l'expression d'u* des avocats, les yeux de Miss Cavell, habUuél à là paix blanche des nurseries et des sallei d'hôpital, et plus récemment à la grise solitu de de la prison cellulaire, clignotaient comm< ceux de ces martyrs voués aux bêtes qui, brug quement sortis des ténèbres, demeuraien éblouis en plein soleU de l'arène t (A svfvtfj

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