Le XXe siècle: journal d'union et d'action catholique

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24 november 1917
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s.n. 1917, 24 November. Le XXe siècle: journal d'union et d'action catholique. Geraadpleegd op 05 juni 2020, op https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/nl/pid/rx9377784r/
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QUATRIEME 'ANNEE. — N° 2027 ï_j© Numéro : 10 oentimes SAMEDI 24 NOVEMBRE 13IY, PARIS 3, Place des Deux-Ecus, 3 Téléphone i Central 33-04 PUBLICITÉ S'adresser à l'Administration du Journal Les petites annonces sont également reçues à la Société Européenne de Publicité, 10, rue de la Victoire, Paris, gui en a le monopole pour Paris. LE XXE SIÈCLE LE HAVRE 28ter, Rue de la Bourse, 281* Téléphone s 64 Belge ABONNEMENTS France 2 fr. 50 par mois — 7 fr. 50 par trimestre Angleterre .. 2 sh. 6 d. par mois — .. 7 sh. 6 d. par trim. Autres pays. 3 fr. par mois — . 9 fr. par trimestre QUOTIDIEN BELGE Directeur : Fernand NEURAY NOTES DE L'YSER Le Jaune et le Bleu C'est, sur la ligne limitrophe d'ur Secteur belge et d'un secteur français, un petit village de douze cabarets... Cai les soldats ne comptent plus par village •de mille âmes ou de deux cents feux, «d'abord parce que l'arrivée d'une brigade décuple, en quelques heures, une ^population, ensuite parce qu'aux feux (roses ils ont rarement le temps et le 'droit de tendre leurs paumes frileuses... Un aviateur qui survolerait le bourg ipourrait voir, à _ travers _ les rues, ■comme des fils lumineux reliant des téléphones sonores, se dérouler, de cabarets en cabarets, des rubans bleus el des rubans kakis, couleur du ciel el couleur du sol —- les longues files mourantes des poilus et des piottes... Quand on fait soi-même partie de ces îfiles, qu'on est soi-même un soldat au crepos, qu'on a la pipe aux dents, la semelle franche, les yeux contents et la igorge sèche, on entre sans hésiter dans les salles hospitalières où luisent les bières blondes et les vins clairs. El iquand on a l'esprit observateur et le cœur fraternel, et qu'on s'est choisi un petit coin tranquille, on peut, comme ■au plus affriolant spectacle, ouvi'ir l'œil et tendre l'oreille... tf ' * A Il y a des couleurs et des bruits, des uniformes et des conversations... Généralement, la couleur bleue parle français... ou tout comme... La couleur kaki est bilingue : si on y reconnaît, çà et là, le savoureux wallon liégeois, le lor-;tam de la Gaume, ou le vieux patois de 'Mons, le plus souvent la couleur kaki parle la langue rude et forte de Conscience...Ce sont là les cas simples. Parfois, il Y .semble que le bleu ait déteint sur le 4\àki, et inversement. Et ce sont alors dos surprises telles que les yeux n'en veulent pas croire les oreilles ! Mais il faut /PiKfrre à évidence : e'-çst bien cet uniforme bleu-de-ciel qui vient de commander un « glasbier » et ce costume kaki qui tape sur la table en réclamant « un coup de pinard ! » Si vous croyez que vos oreilles vous ont trompé, attendez que les consommations soient servies, et vérifiez votre jugement, en vous fondant empiriquement sur le fait qu'ici les Français s'a-(breuvent de bière, et les Belges de vin... La couleur bleue (souvenons-nous de lia, définition de Taine) admire que la (couleur kaki ait parfois une connais-isance vraiment suffisante de la langue ? française. Cet alpin moustachu qui appuie à ma table sa poitrine en triangle isocèle, me fait part de son étonnement. Je suis été à l'hôpital de X... exprès pour y voir jouer Mile Beulemans... On m'a dit que tous les acteurs étaient Belles... Mais, çui qui fait ^Parisien, croyez-vous vraiment qu'il soit Belge? — Oui, assurément... — Eh ben, alors, le gars, il parle censément aussi ben que nous... F m "J « sfe Le bleu et le jaune sont les deux couleurs du monde qui se marient le plus theureusemerit : leur union donne le vert, couleur de l'espérance. Et c'est ;bien l'Espérance, la bonne Espérance vivifiante qui naît de cette réunion des 'Français et des Belges... Eux, ils apportent la gloire immense de la Marne, et celle, toute palpitante encore, de Verdun. Sur leur habit céleste, la victoire semble avoir accroché ses ailes larges... On en entend battre le souffle magique aux plis des capotes ardentes. Nous autres, nous sommes ceux de la première heure, ceux des rouges combats de Liège, alors que l'Univers entier semblait aux écoutes, ceux de Na-raur dont la garnison s'écoula comme une héroïque traînée de sang, par les routes ardues de Sambre-et-Meuse, ceux d'Anvers dont les sorties, comme de violents coups de trique, firent chance* 1er le Boche aux yeux braqués sur Paris... Et les uns et les autres, alors que nous étions noirs et qu'ils étaient rouges, nous sommes ceux du minuscule et terrible Yser où nous avons opposé, à l'épouvantable ruée d'il y a trois ans, l'indestructible muraille de nos poitrines.Il y a trois ans... Retrempons-nous en pensée dans le spectacle d'alors ! Que les pessimistes et les ignorants s'inclinent : nous savons bien, nous, qu'il y & quelque chose de changé... Où nous avions une baïonnette, nous en avons une gerbe, où nous avions un canon, nous avons vingt tonnerres, où nous avions un aéroplane, nous avons des escadrilles. Où nous étions les faibles, nous sommes les forts, où nous étions attaqués, nous attaquons, où nous craignions devoir céder, nous espérons la ' magnifique avance... Kakis et bleus, mes amis, mes frères, vous surtout les kakis dont l'enthousiasme, pendant trois ans, s'englua les pieds dans une faction aussi trafique, aussi glorieuse que la plus violente ba-'' ' taille, un vieil ami qui s'est inconsciemment tourné contre nous, retarde seul ifi jour de la délivrance que le sal hu- LE REGNE DE LENINE ET Cie JE NE LEURBÔNNE PAi PLUS D'UN MOIS déclare le secrétaire de 8!. Kérensky i Stockholm, 22 novembre. M. Soskice, secrétaire particulier de M Kérensky, nous a fait les déclarations su-i . vantes : Quand j'ai quitté Pétrograde vendredi der nier, la situation était très mauvaise et le: Bolcheviks étaient maîtres du pouvoir. L< guerre civile est donc inévitable. Cependant les bolcheviks ne sont soutenus que par de: masses ignorâmes qu'ils ont gagnées par l'as surançe que la victoire maximaliste signifie raii « 'paix immédiate, contrôle de l'industrii par les ouvriers et partage des terres ente paysans» » En ce qui me concerne, je ne leur donm pas plus d'un mois avant leur efl'ondremen définitif. Aval# le coup d'Etat maximahste, il aval été fortement question de créer une arméi de volontaires pour remplacer les troupe; fatiguées et pour continuer sur le front. I: défense de la patrie. Ce projet aurait certai nement réussi si le triomphe de Lénine n< 1 l'avait interrompu, car il existe encore ei Russie un profond et sincère sentiment de 1; défense nationale.-Ce sentiment est si intens que des légions de volontaires auraient pi être formées, sinon dans un but offensif, di moins dans un but défensif. Elles eussen largement suffi pour retenir l'ennemi sur 1 front. Je pense qu'à la chute des Bolcheviks ui gouvernement socialiste sera formé à l'ex clusion des maximalistes. Je ne puis affirme que Kerensky en fera partie ; il serait pour tant désirable, à çause de ses sentiments e du prestige dont il jouit encore auprès dj l'Entente, qu'il occupe les fonctions de minis tre des affaires étrangères. Interrogé sur le sort de Kérensky, M Soskice a déclaré : J'ignore absolument où se trouve au jour dirai l'ancien dictateur. La dernière fois qui je l'ai vu, c'était le 6 novembre, la veilli niême de la prise du Palais d'Hiver par le: maximalistes. La défaite de Kerensky i Tsarskoie-Selo et à Gatchina est due à i'uàti matum lancé par les cheminots, qui menacé rent de déclarer la grève générale si la ba taille ne cessait immédiatement. C'est à 1; suite de cet ultimatum que Kerensky se pro nonça pour l'ouverture de négociations e pour l'envoi de délégués à Pçtrofrade. . - l-«s ,«he«ui• îea y ferjôBc tion, frapper deux partis, mais seule b cause de Kerensky en fut atteinte car il ni pouvait recevoir 'ses renforts que par voit ferrée. Le répit que cette circonstance^accordf aux bolcheviks leur donna le temps d*acbe miner des réserves qui leur assurèrent un( supériorité considérable lorsque s'engagea 1< combat. LE GENERALISSIME REFUSE DE NE COGIER L'ARMISTICE. — LENINE LE REVOQUE Petrograd-e, 22 novembre. Le généralissime Doukhonino vient d'être révoqué par Lénine pour avoir refuse d'exécuter l'ordre que lui avait donné le gouvernement maximaliste, de négocier un armistice avec l'ennemi. On ignore si lo généralissime se soumettra. Lénine a nommé le colonel Krilenkc généralissime. On signale sur le front que la fraternisa, tion recommence et se développe. - ■ ■■ ■ vtvtw I I UNE NOUVELLE CRISE serait imminente EN ESPAGNE LA SITUATION PARAIT TRES GRAVE Madrid, 23 novembre. — Les journaux, commentant la situation politique, s'accordent à dire que l'on se trouve à la veille d'une nouvelle crise, le cabinet ayant perdu le crédit et la confiance qu'il avait demandés au moment de sa constitution. Le Libéral déclare que des hommes ap-vartenant à toutes les -fractions politiques estiment que de graves événements sont à envisager incessamment. Un haut personnage a déclaré qu'il croyait qu'il serait appelé de nouveau dans quelques jours en consultation au palais.Des conservateurs ont affirmé que M. Dato leur avait fait part de la ferme résolution qu'il avait prise de se retirer de la vie politique si le cabinet actuel obtient un décret de dissolution des Chambres. A la dernière heure de la nuit certains prétendaient que le décret d'amnistie serait publié demain même afin d'éviter la manifestation de dimanche dont tous les organes politiques craignent d'ailleurs les suites qui pourraient être incalculables. Manifestations à Madrid Madrid, 23 novembre. — A la suite de l'ajournement de la réunion des gauches pour insuffisance du local, la foule des manifestants s'est dirigée en protestant vers le centre de la ville chantant la « Marseillaise » ou l'« Internationale ». La police les a dispersés. [La frontière franco-espagnole a été fermée jeudi à minuit.] mide, lo sol spongieux, le sol incons-cient et terrible où s'enlisa le Boche de quatorze, se dessèche sous les pas ardents de nos fantassins et les roues libres de nos canons, et nous bouterons, hors de Belgique et hors de France l'ennemi désormais et franchement héréditaire ! Avant l'hiver ? Après l'hiver ? Patience... ear l'ultime délai ne peut être que la minute divine où chantera le coucou ! Fernand-Hubert CRIMAUTY, LES TROUPES BRITANNIQUES continuent de progresser vers Cambrai . ** De nouvelles opérations entreprises vendredi se développent avec succès ttPiggwiîgi!» ■ ■< ( (Officiel brit.) Après-midi. Nous avons légèrement avancé notre li- ■ ane la nuit dernière au Sud-Est d'Ypres. ' Des raids tentés par l'ennemi pendant la nuit av. Nord-Ouest de Pontruéch, au Nord- ■ Ouest de Saint-Quentin, au Sud-Est de - Neuve-Chapelle ont été repoussée. Des pri- - sonniers sont restés entre nos mains. ; Au Sud-Ouest de Cambrai, aucun chan-' ijement sur notre front, ! Soir. 1 NOUS AVONS CONTINUE AU30UR-t JYUUI LES OPERATIONS CONTRE LES ; POSITIONS ENNEMIES A L'OUEST DE l CAMBRAI. LES DERNIERS RAPPORTS l INDIQUENT QU'ELLES SE DEVELOP-i PENT DE FAÇON SATISFAISANTE. ï I t Une visite sur le terrain de la victoire t Formidable hier, la ligne Hindenburg aujourd'hui... (De notre envoyé spécial) Mardi 20 novembre, j Le télégraphe .nous a apporté les détails î de la victoire foudroyante dont s'enorguedl-; lit aujourd'hui l'armée britannique. Je me i bornerai à vous dire, après l'avoir vue, ce - qu'était devant Cambrai la formidable ligne Hindenburg et le spectacle qu'elle of- [ fre aujourd'hui. La position, réellement formidable, _ se t composait de plusieurs lignes. La position . avancée, couverte d<? réseaux d-ev fils baij'be- - lés, était constituée par une tranchée con-J tinue d'environ deux mètres de profondeur, ! précédée de nombreux avant-postes. A [ quinz.e cents mètres, so trouvait la position . Hindieniburg, composée de deux lignas. Gel-1 les-ci, à peu près parallèles, étaient reliées ! pai- de nombreux boyaux. Ce sont des tranchées très larges, très profondes, et qui, creusées dans un sol crayeux, marquaient ' de larges lignes blanches tout le terrain. Les banquettes de tir se trouvent à un mètre au moins du fond de la tranchée.Quand les banquettes étaient occupées, deux files de soldats pouvaient se -croiser sans difficulté dans la tranchée. De nombreux abris, ne dépassant pa:s le sol et dissimulés avec grand soin aux aviateurs, étaient répartis de tous côtés. L'intérieur de beaucoup de ces aBris 'était bétonné. Certains d'entre eux comprenaient plusieurs chambres et avaient trois étages A deux kilomètres environ en arrière de la position Hindenburg se trouvait une Ji-gnb de soutien où les abris étaient aussi nombreux que dans la position principale. Et derrière cette triple barrière, à quelques kilomètres, une nouvelle position passant par Masniè-res et B-eaurevoir couvrait les abords de Cambrai. En quelques heures, cette forteresse tombait aux mains des troupes britanniques, au prix de pertes très légères. Sur la terrain reconquis Quelques heures après le déclancshement du tir de barragie, pour lequel une notable proportion d'obus fumigènes furent employés, nous pouvions, sans nous exposer au moindre danger, visiter la position Hindenburg. Les Tommies n'y étaient déjà plus. Ils avaient disparu vers l'Est aux trousses des Boches. Un détail pour donner une idée de la rapidité de l'avance. En cours de route, on nous annonce qu'un combat esf en train pour la possession d'un terril constitué par les débris du canal du Nord, en construction au moment de la déclaration de guerre. Nous nous hâtons en auto vers ce point. Quand nous arrivons à proximité, nous n'apercevons plus que les brancardiers qui, aidés de prisonniers allemands, relèvent les derniers blessés. Le silence de l'artillerie ennemie est extraordinaire. Tantôt quelques batteries :d-lemandes ont tiré sur les nôtres; un détachement de cavalerie a eu tôt fait d'arriver sur elles et de sabrer les servants. Maintenant on pourrait compter les coups de l'artillerie boche. Le « No Man's land » porte cependant assez bien do traces d'obus ennemis. La terre fraîchement remuée est ocre — la couche arable est par exception fort épaisse à l'endroit où nous passons — au bord des trous. Parfois elle a des reflets violets. Dans le fond, les poudres brûlées ont mis des teintes noires. De tous ces entonnoirs se dégage une forte odeur de poudre. Les fUs barbelés boches, plus ou moins rouilles, serpentent devant la tranchée. De loin on croirait voir, démesurément agrandies, d'internjiniables colonnes île fourmis rousses, telles qu'on en rencontre dans les régions tropicales. Des prisonniers, rangés -par quatre, se dirigent vers l'arrière; ils n'ont vraiment pas bonne mine. Le terrain est excellent. Il est relativement, rlur et entièrement recouvert de graminées. C'est un champ de bataille « modèle août 1914 ». Il n'a rien de l'aspect chaotique des champs de bataille de là Somme et des Flandres. Les tranchées allemandes elles-mêmes sont à peine écornées. Sans les quelques cadavres de Bo-.ch.es. au sang rouge , encore qui gisent L'artillerie ennemie a montré une grande activité pendant la journée dans la région de Passcliendaele. Le 22, le mauvais temps a continué à rendre les vols impossibles sauf à très faible hauteur. Nos aéroplanzs ont fait p'reuvè, de grande activité en attaquant les troupes et convois ennemis à la bombe et à la mitrailleuse dans les. environs de Cambrai. Un certain nombre de combats ont eu lieu contre les avions ennemis volant bcs. Trois d'entre eux ont été abattus et deux autres sont tombés désemparés. Un bt lion d'observation ennemi a également ét<- descendu en flammes. Cinq de nos avions ne sont pas rentrés. Lire en Dernière Heure : j LA SITUATION MILITAIRE j I au fond, on ne pourrait croire qu'une at- ( taque vient d'avoir lieu. Du charroi franchit déjà les tranchées de la ligne Hindenburg qui--ont été com- j olées, ( Il y a cinq heures, les Bochçs étaient ici j dans la plus complète quiétude. Mainte- ] 'tant leu-r canon, même rue porte plus jus- ; qu'ici. Quelques heures d'audace, de déci- i sion et de courage ont fait cela. ] La cavalerie à l'œuvre Mercredi 2,1 novembre. ( Nous sommes retournés cet après-midi ' voir l'avance victorieuse.Nous trouvons des ; détachements de cavalerie campés bien au £ delà de la ligne Hindenburg. Les chevaux 1 sont sellés. On entend peu notre canon et ' à peine le canon ennemi. Les mitrailleuses l( par contre crépitent avec rage. ( Soudain nous voyons les cavaliers sauter ! en selle, se ranger, puis partir au pas vers 1 le front. 11 y a parmi eux des Hindous, au profil de -médaille, et qui ne faisant qu'un <vfiVi'I'Our monture, oi-tirent les regards par la souplesse avec laquelle ils montent à cheval. Un couip de sifflet; tout ce monde vpart au trot et disparaît bientôt derrière la crête, là-bas vers Masnièrçs, où les mitrailleuses claquent avec acharnement. Des autos de la Croix-Rouge circulent sur les routes, le long desquelles un petit train Decauville court paisiblement. Des tanks remorquant sur un traîneau an stock d'essence et de munitions, se meuvent vers le front. L'un d'eux franchit un chemin creux, tout près de nous. L'avant du monstrueux engin s'abaisse d'un mouvement semblable à celui, que fait un chameau qui s'agenouille. Sans effort apparent, la machine de guerre sort du fossé. Elle continue sagement sa route, faisant si peu de bruit que les chevaux qu'elle croise ne s'en effrayent pas. Quelques avions tiennent l'air, malgré la pluie, mais ils volent à 30 ou 40 mètres tout ati plus. Des pièces lourdes, obusiers et canons longs, viennent s'installer à proximité des lignes que le généralissime allemand baptisa de son nom. Hier les batteries de campagne ne se permettaient pas — tout au moins dans la matinée — semblable luxe. Les artilleurs installent leurs batteries. Ils font un lit de cailloux o.u de briques très dur pour les roues et creusent un fossé c-n quart de cercle pour la bêche. Au " moyen de prolonges — solides cables de chanvrie — ils mancevrent ces lourdes pièces comme des jouets. On décapubhonne maintenant la gueule des canons et les appareils de hausse. Des officiers téléphonent, d'autres crient des ordres dans un porte-voix. Quelques minutes après, le tir commence. Des mules aux oreilles mobiles, qui passent chargées d'obus pour les canons de campagne, relèvent brusquement la tête en entendant le coup. Elles sont tellement habituées à ce concert que pas' une ne bronché ou ne raccourcit le pas. Maintenant toutes les pièces lourdes à ] proximité de l'endroit où nous sommes tonnent à la fois. La bataille se poursuit. L'avance continue. A. MATAGNE. m FRONT FRANÇAIS 14 heures. L'artillerie est restée active dans les secteurs de Cerny et de Juvincourt. c Dans cette région, nos feux ont enrayé une attaque ennemie sur la gauche des positions que nous avons conquises le 21. Nos patrouilles, opérant vers l'Ailette, ont ramené des prisonniers et infligé des pertes à l'ennemi. Au nord-ouest de Reims et en Champagne, des coups de main sur nos petits pos- ? tes n'ont obtenu aucun résultat. j 23 heures. I Activité des deux artilleries dans la ré- s (lion de Juvincourt et en Haute-Alsace, dans les secteurs de Seppois et de Lar- j gitzen. t; Des tentatives d'attaques ennemies sur C nos petits postes vers Berméricourt (Nord- ? Ouest de Reims), à l'Est de Maisons-de- Jr Champagne et au pied des Côtes de Meuse, n n'ont vas réussi. p Deux avions allemands ont été abattus j dans la journée du 22 : l'un à la, suite n d'un combat avec un de nos pilotes, l'autre Q var nos tirs de mitrailleuses. j< - -VW/VW--"-^ " ' """ ' Q LIRE EN 2a PAGE : " Retours de fortune : les ministres de la révolution russe en prison ; p Pour l'unl<4 d» pommandement jU LA GUERRE VUE DE LONDRES te l'unité de direction Correspondance particulière du XXe Siècle) Londres, le 20 novembre 1917. La journée d'hier a été décisive. Lloyd George sort plus fort qu'il ne le fut jamais l'un© passe d'armes dans laquelle ses adversaires avaient rêvé de l'abattre. Il imerge tout puissant d'une crise qu'il avait ui-fnême. volontairement et salutairemenit, raverte. Aussi bien, c'est autre chose qu'une joute uratoire qui s'est disputée hier, et ce fut là a faiblesse de ceux qui comptaient renverser le tribun gallois. L'interpellation de d. Asquitih a paru tiède et terne. Le vieux •outier parlementaire, manifestement, tâ-ait le terrain et ne le trouvait pas sûr. Il i semblé,^ hier, inférieur à ses qualités. Ce tant plutôt, en réalité, celles-ci crui n'attei-enaient pas au diapason des événements. Les faits dominent tout : la guerre lon-ïuc, la tragédie italienne, les coups de nassue portés par le bras ennemi qu'anima me seule volonté. Il n'y avait qu'à les lais-;er paiier, — et faire entendre en même emps la grande voix de notre grande al-iée, l'Amérique, nous criant par dessus 'océan ce programme : unité. Ces voix-là :ouvrent les phrases les plus savamment tlaborées. r ^ tk «t Lloyd George a donc eu la partie belle >our répondre à ses détracteurs. Le renforcement de l'unité de direction s'impose ac-uellement, et M. Asquith s'était affaibli ui-même en le combattant. 11 avait ajouté i ses arguments de fond quelques arguments de forme, destinés plutôt à toucher 'amour-propre que le raisonnement de rassemblée.Cette seconde tentative fut aussi vaine me la première : Lloyd George, d'avance, 'avait, déjouée en se déclarant d'aocord ivec M. Asquith, comme il l'avait fait la temaine précédente en commentant îes dé-isions de Rapallo : pas de généralissime ; >as même de Consei suprême exécutif ; uni-iiiement un Conseil suprême délibérant, :haque chef d'état-major agissant sous sa >ropre responsabilité et n'ayant de compte i recuire qu'à son propre gouvernement.. f «« i * * Je vous disais dans mon lejftier. arti-:1e : « S'il ën est ainsi, tant pis - » Et j'a-outais que ce n'était ' qu'un commence-nent, que l'idée était en marche, que nous iboutirions forcément, d'ici peu, à la cen-ralisation indispensable Un second pas a été fait hier. « Conseil liéli'bérant » a déclaré Lloyd George. Mais 1 a aiouté : « Il ne deviendra exécutif que i les circonstances l'exigent ». Soyez assurés qu'elles l'exigeront. Et lies exigeront bien plus : la désignation lu généralissime interallié. C'est d'une évidence aussi claire que la îécessité de vaincre. Mais, encore une fois, Lloyd George a éussi à amorcer une réforme nécessaire, ans froisser le sentiment national britan-tique,susceptible à un degré que nous nous ■epresentons difficilement, et réfractaire t toute idée d'obligation. Il a fallu deux ans, ici, pour obtenir le ecrutement obligatoire ; et plusieurs étapes ont dû être franchies avant d'y arri-er. Vous connaissez pourtant les résultats aagnifiques qu'il a donnés. Nous sommes déjà en vue de la seconde tape, dans notre marche vers l'unité de ontrôle. Il est permis de supposer que peu • le mois s'écoiuieront avant que nous tou-j hions au but. GUTT. Un nouveau préfet de police A PARIS Un nouveau directeur de la Sûreté générale Au cours d'un conseil des ministres tenu vendredi à l'Elysée, M. Pams, ministre de l'Intérieur, a soumis à la signature du président de la République un décret aux termes duquel M. Hudelo, préfet de police, est nommé préfet de la Loire-Inférieure, en remplacement de M. Hyérard, mis en dis-poniblilité sur sa demande pour raisons da M. Baux, préfet de l'Oise, est nommé préfet de police. Par un autre décret, M. Maringer, conseiller d'Etat en service ordinaire, est nommé directeur de la Sûreté générale au ministère de l'Intérieur, en remplacement de M. Bouju, nommé préfet de Maine-et-Loire. M. Fabre, préfet de Maine-et-Loire, est nommé préfet de l'Oise, en remplaceraient de M. Raux. L'Intransigeant écrit à ce propos : « On remarquera qu'il ne s'agit pas, .pour Les deux fonctionnaires parisiens déplacés, de disgrâce proprement dite. Le gouvernement "a estimé que, si des circonstances qu'il est loisible de prévoir, mettent en demeure MM. Hudelo et Bouju d'apporter leur témoignage dans les différentes ^affaires en cours, il est infiniment préférable qu'ils ne s'y présentent pas comme fonctionnaires de l'administration centrale et comme occupant encore la direction des services sur lesquels ils peuvent être appelés à s'expliquer. » Ce changement permet en même temps au gouvernement de choisir les hommes nouveaux, énergiques et sûrs, dont il a besoin pour exécuter le programme que les Chambres viennent d'appuyer. » L'IIUIIT ffîUlE de la Hollande Le gouvernement anglais ne lolère aucun adoucissement Londres. 22 novembre. Plusieurs maisons hollandaises ont demandé à des maisons anglaises de transmettre leurs télégrammes en promettajit qu'elles ne chercheraient pas à tourner l'embargo mis par le gouvernement britannique.Le gouvernement britannique avertit les intéressés que des complaisances de c© genre les exposeraient à voir leur corres-poi'dance Soumise désormais à l'examen de la censure. (Radio ) wvwt — ■— AU FRONT BELGE En ces deux derniers jours, notre artillerie a effectué quelques neutralisations, harcèlements et représailles intenses en riposte à des tirs, similaires de l'artillerie ennemie. L'activité réciproque a été plus marquée vers Dixmude et surtout vers Merckem. Dans la matinée du 22, une forte reconnaissance ennemie, qui cherchait à opérer contre un poste vaancé de la région de Merckem, a été dispersée par nos barrages i'artiUerie et de mitrailleuses. f POUR LA RESTAURATION DE LA BELGIQUE ON PROGRAMME de reconstruction politique et sociale •ncore quelques pages intéressantes du discours de M. de Broqueville A7os lecteurs liront certainement avec intérêt les pages suivan les extraites du beau discours que M. de Broqueville se proposait de prononcer dimanche dernier à Vassemblée du Trocadéro. On y trouvera traitées avec une grande largeur de vues et. un sain réalisme quelques-unes des questions principales dont la solution s'imposera à la Belgique libérée. s\ j ^^lo miûv.r»û ot . /"ICk vAnnit» nnû rln/>ttmûntafinn cvt /»rvm. .. . W l J >% Mil infini ciUiUUJ «v/i.aiiiij.i.1/ •«.«.« o btenu cette, sécurité contre l'etranger qui est a, condition même de tout progrès et de toute éforme intérieure, nous pourrons seulement lesurer l'énormité de la tâche que nous de-ons accomplir pour rebâtir, sur des bases nébranlables, une Belgique heureuse et pros-ère. 11 nous faudra reparer les ruines de es trois années, reconstituer tout notre outil-î-ge public et privé, venir en aide aux clas-es laborieuses, reprendre l'œuvre législative aterrompuié, entreprendre dans nos vieilles rovirces un travail d'ensemble qui n'est pas ans analogie avec celui des grands coloni- Personne assurément ne s'attendra à ce que 3 formule en ce moment un programme dé-lillé de l'action gouvernementale de demain, le programme, qui s'étendra à toutes' les phères de l'activité humaine, ni» pourra être tabli que d'accord avec les représentants de dus les intérêts en cause, qui sont actuelle-, îent bâillonnés en pays envahi. La première ensée du gouvernement. dès_ que la. ligne e feu aura cessé de nous séparer de nos validants, sera de faire appel à tous ceux ui sous lo jouig de l'ennemi auront mérité i confiance publique, afin d'agir en consul-ition étroite avec ceux qui possèdent la compétence et l'autorité. Nou-s échangerons Rituellement les fruits de. nos réflexions et e. notre expérience. A présent le rôle du gou-ernement. est surtout d'entamer des études réparatoires, d'examiner les solutions diver-xi g'At.ttf il fwta* m iowr choisir» plète. Les départements ministériels se consa-crent avec activité à cette besogne et la création du ministère des affaires économique! montre combien ïe gouvernement est soucieux d'aboutir. Quand l'heure sera venu# d'agir, on verra qu« nous ne craignons ni lec hommes nouveaux ni les idées ou les méthodes nouvelles. Je suis heureux de pouvoir annoncer que le gouvernement a décidé l'envoi en Amérique d'une mission d'hommes avertis et dévoués qui procédera à l'étude des méthodes les plus perfectionnées de travail. L'utilisation intelligente de la main-d'œuvre a fait; aux Etats-Unis d'extraordinaires progrès. Si nous voulons regagner le temps perdu, nous devons nous mettre en mesure de profiter d'emblée de tous les progrès et éclairer à la l'ois employeurs et employés, qui ont un intérêt identique à la renaissance de l'industrie, sur tout ce qui peut augmenter la production et abaisser le prix de revient de nos produits en effectuant des économies sur un autre chapitre que celui des salaires. L'œuvre de la redbnstruction — car c'est bien une reconstruction de l'édifice ébranlé qui sera nécessaire — exigera d'abord l'ordre dans le pays. Le gouvernement, messieurs, n'y faillira, pas ; ii compte pour l'aider sur la'sagesse de nos populations, sur le concours des Hommes de bonne volonté, sur la collaboration éclairée des >rganisations professionnelles. Le passage d'un régime d'oppression à im de liberté n'est pas sans

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Dit item is een uitgave in de reeks Le XXe siècle: journal d'union et d'action catholique behorende tot de categorie Katholieke pers. Uitgegeven in Bruxelles van 1895 tot 1940.

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