Le XXe siècle: journal d'union et d'action catholique

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06 augustus 1915
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s.n. 1915, 06 Augustus. Le XXe siècle: journal d'union et d'action catholique. Geraadpleegd op 18 september 2021, op https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/nl/pid/zk55d8pr46/
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21eANNÉE.— Série nouvelle. — N° 267 Le numéro : 10 Centimes (5 CBE8T1MES AU PE®KfT) Vendredi 6 Août 1915 rédaction ^administration £8tir ne (te !a Botrsa — LE HAYHB Téléphone : Le Havre n" 14,05 Sirectsu? : FERMA SEBRâï Tontes les communications concernait ta rédaction doivent être adressées a8u%rue de la Bourse,Le Havre. LONDON OFFICE: 21 , Pan ton Street (Broadmead Kouse) LE XX SIECLE Quotidien beige paraissant au Havre ABONNEMENTS France 2 fr. 50 par mois. » 7 fr. 50 par trimestre Hors France.. 3 fr. » pan mois. o 9 fr. » par trimastr© Angleterre..,, 2 8h. 6 d. par mois. » «... 7sh.3d. par trlmests»# PUBLICITÉ S'adresser à l'Administrât' jn du journal au Havre ou à Londres Annonces 4° pagos Ofr. 40 la ligne Petltesannonces4* page : Qfr.30Ja ligne Les petites annonces sont également reçues à la Société Européenne do publi-cité, lo, ruede la Victoire, Paris, qui en a le monopole pour Paris. Ea mort d'Ypres J'ai revu Ypres... Ce fut comme une visite à. une morte... L'été dernier,je l'avais laissé© vivante de sa douce vie quiète où les cloches sonnaient la paix monotonie des heures. Ses vieux hôtels patriciens lui donnaient des allures extérieures de douairière, mais ses vieux cabarets aux boiseries enfumées et a.ux cuivres rutilants recelaient son âme véritable -de bourgeoise frondeuse, encline aux rivalités et aux disputes. La politique y avait droit souverain de cité, et elle était bien flamande à ce point de vue, avec la propension de dépenser un sang trop riche en «les palalires critiques. Mais si divisés fussent-ils entr'eux. fous les Yoi'ois communiaient en un même orgueil et une même vénération pour les deux monuments qui, au cœur de la ville, attestaient, avec une magnificence inégalée. une histoire sans pareille. Nulle part, en Belgique, les grandes forces agissantes du Moyen-Age ne survivaient en rme synthèse plus émouvant-.-' et plus harmonieuse; proches les unes de l'autre, les Halles et la collégiale ' formant un seul groupement de majestueuse beauté, unissaient en un poème de pierre,, la grandeur spirituelle à la grandeur civique !... J'ai revu Ypres.., A C'est la plus morne des solitudes planant sur la plus complète des dévastations. Les tours découronnées, les murs déchiquetés de la collégiale et des Halles — gigantesques et tragiques bras de suppliantes dressées vers l'azur — indiquent la grando place; le reste n'est plus qu'un immsenso amas informe de pierres . de plairas et de bois; la symétrie des rues est méconnaissable au point que, dans cette ville qui m'était pourtant familière, j'aurais été incapable de trouver mon chemin sans l'aide de l'aimable et vaillant commandant De-lannoy., que j'avais pour guide. Et nous -wrons longuement dans ce labyrinthe de jlébris, nous efforçant de retrouver telles demeures auxquelles se rattachent pour nous le souvenir d'heures heureuses; et chaque fois c'est une identique et douloureuse impression de ne rien découvrir à quoi accrocher .''image que nous avons gardée dans la mémoire. Ces maisons ne sont plus même des squelettes; ce sont des ossements tèpars. Parfois, sous les briques encore fumantes, nous discernons un morceau de potiche, "a tètjo «3'ume statuette, et inous. emportons-pieusement ces reliques d'existences brutalement abolies auxquelles nous fûmes, en passant, associés ! Puis c'est le navrant pèlerinage à travers le quartier ou peinèrent les humbles et le pitoyable spectacle, pêle-mêle, parmi les ruines émiettées, des ustensiles de ménage, des1 carreaux à dentelles, des portraits, des images pieuses, de tout ce qui fut l'âpre vie et le pauvre rêve de tant de malchanceux qui sont devenus des chemineaux d'exil ! Et, dans oetto nécropsole. quel silence ! Plus un habitant; seuls' quelques soldats anglais veillent sur Ypres défunte et e-i interdisent l'accès. Au loin résonne le canon; de temps en temps un sifflotement de fusée passe dans le ciel, suivi du bruit sourd d'un effondrement; le commandant Delannov tend l'oreille, et négligemment, les mains dans les poches, dit : « Aucun danger ! » Mais à un détour de rue, un militaire accourt et fait énergiquement signe do reculer; les obus, en effet, se succèdent et se rapprochent; les Allemands s'acharnent sur ce cadavre !... Nous nous éloignons d'Ypres morte -d'Ypres oui n'est plus que pierres qui saignent. pierres qui pleurent, [pierres qui crient vengeance !... * « Défiant les obus, un prêtre et une dame pénètrent chaque jour dans Ypres. Le prêtre c'est l'abbé Delaere, curé de Saint-Pierre; la dame, c'est la comtesse van den Steen de Jehay, la délicieuse écrivain de « Profils de gosses »; l'abbé Delaere, a.u plus total mépris du danger, fut jusqu'au bout près de ses ouailles la'voix qui réconforte et le geste qui soutient. La comtesse van den Steen eutt elle, la rare joie de vivre sa littérature; sa tendresse pour les « gosses » a été comblée, puisqu'il lui fut donné sous 1e bombardement1, d'emporter les petites épaves d'Ypres et de les réunir, à Wisque, dans un asile où son inlassable dévouement a pour complice la plus délicieuse nature. Après avoir sauvé les êtres, le bon abbé et la bonne dame s'attachent à retrouver les choses que les habitants d'Ypres, dans la panique, ont abandonnées sous les décombres ou cachées dans les caves; ils ont | déjà ainsi fait un surprenant butin qui ranima bien des courages et vint en aide à bien des dénûments... Ces jours derniers Pourtant une grave divergenee s'éleva entre ces deux, aventureux explorateurs de ruines : le curé avait réquisitionné la comtesse pour une- expédition nouvelle dont il lui avait laissé ignorer le but; arrivés à Ypres. tandis que les obus esquissaient au-dessus d'eux leur sinistre trajectoire, la comtesse demanda -à son compagnon : « Eh 1 bien, monsieur le curé : où allons-nous ? « Le-curé, un p«u embarrassé, répondit qu'il s'agissait de chercher les pots de beurre qu'une ménagère avait enfouis chez elle. Cette fois, la comtesse éclata : « Des pots de beurre ! Mais votre vie, monsieur le curé, et la mienne valent tout de même plus,qu'un pot do beurre ! » Le curé eut un désarmant sourire : « Dieu nous protégera », murmura-t-il... Et une heure plus tard les pots de beurre de la paur vresse étaient véhiculés sur la route de Po-perin&hè sous la garde de M. l'abbé Delaere, curé do Saint-Pierre, et de la comtesse v.ui den Steen de Jehay... Aimable trait, petite fleur éclose sur le désastre, et qui fleurit de grâce exquise et d'adorable simplicité, un héroïsme où rivalisent, le stoïcisme et la charité, et q*e le roi Albert a souligné en épinglant sur dieux poitrines de braves la. croix de son Ordre. Firiniii VAN DEN BOSCH. Ces Alliés et la Belgique -Comme M. Pomcaré, le Roi d'Angleterre exprime à notre pays son inébranlable amitié A l'occasion die ramaiiversaire de l'odieux ultimatum adressé à la Belgique par l'AHe-miagfce, les Alliés* ont) tenu à manifester leur inébrainSaible amitié à l'égard d» notre pays, Nous avons dît que, par une attention particulièrement' diMScale, M. Poincaré est venu en. peo-sonne porter au Roi l'expression- des sentiments de la France. De son côté, S. M. le roi d'Angleterre a esuvoyé au roi Albert Ils télégramme suivant ; « A Sa Majesté le Roi des Belges, au, Grand Quartier Général, »> A l'anniversaire du jour oh mon pays fut forcé dé prendre les armes contre la puissance qui prêtera la guerre à une conférence et, de la; façon la plus flagrante, viola ses obligations résultant des traités, fa désire vous exprimer ma ferme conviction que nos efforts unis conduiront à une victorieuse issue, et vous assurer de ma, coopération absolue et de la détermination de moi-même et de, mon pays, en union avec vos vaillantes troupes, de continuer la guerre jusqu'à ce qu'elle puisse être terminée ii notre satisfaction et que-, la pmte' puisse être assurée. » George, R. I. » S. M. La Roi a répondu ■; « A Sa Majesté le Roi d'Angleterre, Londres, » Je vous exprime ma- vice gratitude pour le télégramme, .que vous m'avez envoyé, et mon inébranlable conviction que les efforts des armées alliées conduiront à une paix fondée sur le triomphe de la justice. » S'étant d'avance sacrifiée pour sauvegarder son honneur et rester fidèle aux trailés qui consacraient son existence autonome et l'équilibre même de l'Europe, la Belgique continuera de faire son devoir jus' qu'au bout, en dépit des souffrances et des deuils dont elle a été accablée. » Votre nouveau témoignage de sympathie me touche profondément, et j'ai à cœur, de vous donner l'assurance de mon attachement dévoué. )) 'Albert. ». HOMMAGES MÉRITÉS Le conseil municipal du Havre, réuni mercredi soir en séance publique, a entendu lecture -d'un rapport fort intéressant de M. le maire Morgan*! sua' la vio municipale pendant l'année écoulée. De ce rapport, nous détachons un passage où M. Morgaaid rend un hommage mérité à l'hospitalité havraise : n Nos concitoyens n'ont pas fait preuve seulement d'un esprit public digne d'éloges, îls ont encore manifesté a l'égard de tous ceux que la guerre a plus directement éprouvés, des sentiments d'étroite solidarité qui, plus encore que de coutume, doivent animer en oe moment tous les bons -citoyens.L'accueil qu'ils ont réservé aux membres du gouvernement belge, lorsque celui-ci a Choisi notre Cité pour y ipouirsuivrc la 1A--clie sacrée de lia. libération, de îa Belgique, le dévouement des nombreuses infirmières qui prodiguent leurs «oins aux blessés dans nos formations isamitaires, 'la, fratcraeillo assistance que tous ont donnée aux réfugiés qui, depuis un an bientôt, n'onit cessé d'affluer en notre ville, témoigneront des mobiles sentiments de lia population havraise. » Au cours de la même séance, M. Jenne-quin a communiqué au conseil la lettre suivante adressée par M. d'e Broqueville au maire du Havre : « Monsieur ]fe Maire, » Le conseil municipal du Havre, qui ne laisse passer aucune occasion de témoigner son affectueuse sympathie à la Belgique, a bien voulu s'associer à la commémoration de l'anniversaire dé la proclamation de notre indépendance nationale. » Je ne saurais assez vous dire, monsieur le maire, la reconnaissance du gouvernement belge pour l'accueil fraternel que nos nationaux ont reçu dans votre belle ville et dont ils garderont l'impérissable souvenir. » Je ne manquerai pas die transmettre à S. M. le roi tes vœux de la municipalité havraise.» Je saisis avec joie cette occasion, M. le maire, poiu-r vous renouveler l'expression personnelle de mes sentiments de sympathie,n Le ministre de la guerre, Signé ; BROQUEVILLE. » Les Belges en France. LES ENFANTS DE L'YSER à VIRO.FLAV M. Clément, maire de Virotflay, a eu ia généreuse pensée d'organiser, dans sa riante commune, une journée des Enfants de l'Yser. Dimanche, d'aimables jeunes filles ont vtnda, toute la journée, des fleurs ara profil des petits réfugiés belges et à la fin de l'après-midi, les habitants ont visité l'établissement de la Bûchette, mis graeieusemenl à la disposition du Comité par Mlle Bo-ur-gét.M. Clément, dans une allocution char mante et pleine de çœur, a remercié ses concitoyens de tout oe qu'ils ont fait pouii les enfants de l'Yser et a rendu hommage au dévouement et à la générosité de la Comtesse do Sénionne et de la Comtess-î de la Bégassière, qui ont bien voulu prendra à, leur charge 1 entretien de ces enfants Toute cette pNite s»te s'est passée an mi lieu du plus vif et du plus charmant en-tliousia ime. Pour rlf sbîfr S luttrtt^îf stialc socialiste PROCHAINE REUNION D'UN CONGRES SCMISMATIQUE C'est encore le besoin pour les empires centraux de conclure rapidement une paix blancho qui se traduit dans les efforts accomplis en ce moment pour reconstituer l'Internationale démembrée par 1 adhésion des « kamarades » allemands à l'agression contre la France et à la violation de la Belgique. En avril dernier déjà les socialistes italiens chargèrent un dès leurs, M. Morgari, député de Turin, d'obtenir du bureau international socialiste la convocation d'un congrès qui permettrait aux « neutres » d'offrir aux «camarades des pays belligérants» le rameau d'olivier. M. Morgari alla, à cet effet, à Paris et à Londres, et. y acqmt la persuasion que M. Vanderveldo n'avait jamais approuvé l'initiative et que le parti socialiste français lie voulait même pas en entendre parler. Le <( Temps » annonce qu'en présence de cette situation (et les socialistes italiens ayant perdu dépuis le 23 mai « leur qualité de militants » d'un pays neutre), on a décidé de réunir, dans un congrès schismati-que, tous ceux qui, en dépit du bureau central, veulent dès maintenant reprendre l'action internationale « Une) conférence! préparatoire, écrit-il (n° du 5 août), a eu lieu à cet effet tout récemment en Suisse Elle nous met en mesure de spécifier quelles seront les adhésions au congrès prochain. Les partis italien, (suies», roumain et bulgare Seront les seuls officiellement représentés. Il sera impossible (quoi qu'on fasse) d'obtenir e concours des Hollandais et des Scandinaves. Quelques' représentants des empires russe et polonais à l'étranger, ainsi que quelques Serbes, se joindront à ce noyau, ainsi d'ailleurs que des représentants du Labour Party minorité du socialisme anglais. L'intérêt de 1a. réunion sera déterminé surtout par ce fait qu'en l'absence des partis- socialistes français et belge, en revanche la. minorité allemande sera re-présejnfléa (Quelle action exjercefc'a-t-eiUe ? Quel vote devra-t-elle accepter ou pourra-t-elle obtenir ? » Détail' intéressant : 'on assure que deux eocia(Ij,st;es français, les citoyens Longuet et Ruelle, participeraient Ci ce caucus... j Un désaveu aux écer^ eïés j d'Utrecht L' « Echo belge » du- 30 juillet public une vigoureuse protestation de M. Antoine Mas-sai't, secrétaire du Cercle des étudiants belges d'Utrecht. Faute de place, nous ne pouvons reproduire intégralement cet intéressant document ; M. Massart, en annonçant que lui et vingt-quatre de ses amis (21 Flamands et 3 Wallons), ont rompu complètement avec le Cercle, fait connaître que les coupables ne sont qu'une poignée, trois tout au plus, qui, loin d'avoir derrière eux tout un peuple de flamingants, ne sont même pas suivis pal' l'immense majorité de leurs camarades du Cercle. » Ils exposent en public, écrit M. Massart, leur admiration pour les Allemands, ils menacent leurs compatriotes de chantage, ils nous calomnient... Par leur conduite, ils auront mérité la grau, de croix de fer et l'o«lre de grand officier de la trahison... » L'auteur exprime en outre h le dégoût et o la désapprobation des bons Flamands i) pour cette sinistre comédie. » L' « Echo belge » du même jour publie en outre une lettre de M. l'avocat Meyers, écrite dans le même -sens. Les flamingants du Nederlandseh Verbond, dit-il en substance, sont en tout et pour tout mie douzaine de brouillions, et leurs menées ont la. désapprobation totale de toiis les autres étudiants belges d.'litirecht : or, ces étudiants, qui sont au nombre d'environ soixante-dix, sont près-que tous Flamands. DERNIERE HEURE Gosinifiê officiel français Paris, le 5 août, U h. 40. EN ARTOIS, autour de Souche:-, combats de grenades et de pétards. Canonnade assez intense au cours de la nuit. Actions d'artillerie assez vives à TRACY-l.E-VAL ET AUTOUR DE VA1LLY (vallée de l'Aisne). EN ARGONNE, nuit agitée : fusillade, jets de bombes de tranchée à tranchée avec intervention d'artillerie à diverses reprises. SUR LES HAUTS-DE-MEUSE, au Bots Haut, une tentative d'attaque allemande a été facileme-nt enrayée. DANS LES VOSGES, bombardement continu très violent de nos tranchées du, Lingekopf. Dans la soirée du l, les Allemands ont prononcé uiie attaqua très violente, malgré Uiquelle nous avons conservé toutes nos positions, à l'exception de quelques éléments de tranchées sur la crête du Lirujr. ? Londres, 5 août. — Suivant une information d'Amsterdam, le kaiser aurait révoqué le général von Bissing. »0K — MORT I)X\ GÉNÉRAL ALLEMAND Amsterdam, 5 aoiût. — Les journaux de Berlin annoncent que l'on a enterré hier le général-major von Bûlow. — »0(c — IA DECISION ET LA CONFIANCE DE LA GIÏ/XNDE-BRETAGNE Londres, 5 août.— Sir E. Carson, au cours du discours qu'il a prononcé à l'Opera-Homse, a parlé en faveur du service obligatoire en Angleterre. M. Banar Law a déclaré également qu'au moment des pourparlers de paix, les gouvernements des "colonies seront admis & donner 'leur avis. Parlant de l'avenir, il a ajouté que « la ] route peut être longue, mais il n'y a pas de I doute sur l'issue de cette lutte : celte issue ! est la victoire. LA SITUATION MILITAIRE Jeudi, 5 août, midi. Pour sauver apparemment la réputation \ militaire du kronprinz, l'ennemi s'est appliqué et s'applique encore à parier en termes ; laudittifs de ses entreprises en Argonnc. A l'en croire, de grondes batailles se seraient livrées dans ces régions oraluleuses et boisées qui furent naguère les n Thermopyles de la France » et les pertes y auraient été considérables. C'est bien possible. Mais oe qui est certain, c'est que l'armée dû kron-prin7 a toujours son quartier général à Mon-faucon, qu'elle n'a pas atteint la voie ferrée Ch41-.us-Verdun et que le front s'est à peine modifié dans le secteur de Marie-Thérèse, du Four-de-Paris et de Binarville. C'est donc l'échec du dessein de l'adversaire ù quoi les Français peuvent opposer leurs succès indiscutés à la Fonteneue et en Haute-Alsace. Los Russes continuent à nous déconcerter; ils ont laissé annoncer, il y a huit jours déjà, leur .prochain abandon du saillant de Varsovie et leur intention n'est pas douteuse. Les voilà, cependant -qui résistent dans ce saillant avec une telle opiniâtreté qu'ils donnent l'impression d'y vouloir tenir coûte que coûte. Il parait bien qu'ils ne 30nt, pas inférieurs en nombre à leurs ennemis coalisés ; il ne leur manquerait que des canon^, des obus et des cartouches. Aussi, ces soldats héroïques appliquent-ils à la lettre l'énergique conseil du général Souvarof : «-Tire peu,-mais bien. Lance ta baïonnette avec force... La balle est folle, la baïonnette est une luronne ! » Et la (t luronne », maniée par des bras vigoureux, fait de sanglantes trouées dans les masses ennemies. La baïonnette luronne a pour compagne, dans ces carp-s-à-coi"ps, la lance épique des Cosaques, dont d'irrésistibles charges illustrent les combats de la Narew et do la Vistule. Encore que les Russes tiennent aux avancées de Varsovie et semblent bien avoir figé momentanément les forces ennemies qui ont franchi la Vistule à la faveur des futaies de Matzievitzé, la situation s'aggrave des progrès des Allemands sur la nve gauche de la Narew, au nord du saillant polonais. Le péril a du môme être 4-el de "tfoir les deux branches de fétau, au nord et au. sud, se resserrer, que les Russes, dans un imjnense effort, sont partis en contre-offensive sur la Wioprz et ont culbuté des corps de "l'armée du maréchal von Mackensen cpii reculent en désordre. Ce co-un de boutoir dégage le flanc russe et nermet de poursuivre -niétho-diqu nient les opérations complexes de l'évacuation et du repli vers la Pologne orientale. Dans ces luttes acharnées, les Austro-Allemands subissent, des partes effroyables : au nord de Lublin, dit-on, ils perdirent 40,000 hommes esi deux jours, et, ce qui est certain, c'est que Koenigsberg, où sont, transportés les blessés de la Narew, n'est plus qu'un hôpital. Paul Crokaert t» — ... . ■■■ ^1 ■ ■ "L ' les trwtles i jta if 1 (teM GRÈVE DES MINEURS DE MGNS. — DES MAGASINS PILLÉS A CHARLEEGI. — SANGLANTES RÉPRESSIONS. Le « Maasbode » du 31 juillet, signale, de ; source bien renseignée, que. des troubles sérieux ont eu lieu dans Je Borinage et à Cliarleroi. Les mineurs de Mous sont en grève, et >1 ! y a eu des troubles sévèrement réprimés par les Allemands : deux soldats et sept ouvriers ont été tués ; il y a plusieurs bles- j sés. Les soldats allemands gardant les mi- ! nés menacées. A Charleroi, les troubles ont été provo- ! qués par la cherté des vivres. Des magasins f urent mis à sac. Les troupes aBeman- ] des ont chargé : il y a eu dix manifestants : tués et quarante blessés. Quatre bataillons de landsturm sont allés j renforcer les troupes d'occupation de Mons, j et deux ont été dirigés, sur Charleroi. Dans | toute la région l'excitation £st très vive. Nous n'avons pu obtenir confirmation die j cts informations, que nous reproduisons ! sous toutes réserves. ISS QtaBQfTS DE LUTTES V^V.YVV.T j ENCORE QUELQUES DETAILS Vaiderlœndi ttanè sur l'es imcddenits d'e Ltaftre des détails qui complètent ceux que i nous avons déjà publiés. Le 25 mai, les Allemands imposèrent à I l'administration communale de Lutlre la publication {l'une affidie invitant les ouvriers de l'arsenal de l'Etat à reprendre le ; travail le lundi suivant : les ouvriers n'avaient rien à craindre, l'autorité communale les couvrirait vis-à-vis du gouvernement belge, etc. "Bien entendu, le 27 mai, aucun ouvrier j ne se présenta à l'arsenal. Alors des soldats armés s'en furent trouver six contremaîtres et agents de surveillance, leur donnant ordre personnellement de se rendre au travail tous les jours. Le lendemain mardi, des soldats sont allés chercher des ouvriers pour les conduire au travail ; ceux-ci refusant de se mettre à la besogne, on les plaça dans des wagons. Cette scène se renouvela tous les jours de la semaine ; le samedi il y avait 45 hommes dans les wagons : on les conduisit en Allemagne. La semaine suivante, les Allemands imaginèrent de faine venir le directeur des at li«r.-, M. Kesselcr, qui -était alors prisonni ir à Charteroi ; ils l'obligèrent à faire un petit discours aiux ouvrière pour les exhortai' à reprendre le travail. Peine inutile 1 Le? emprisonnements recommencèrent : au bout de celte seconde semaine, il y avait 266 déportés. Ils sont revenus à Lultre vers le 10 juillet ; les Allemands les avaient ramenés à condition qu'ils reprissent le travail, fa.ute i de quoi ils reprendraient le chemin de l'Allemagne, où fis avaient souffert énormémentLes choses en dont là... Actuellement-, 350 civils allemands t-ra-vaiîléht à l'arsenal. La commune es' occupée par 210 soldats. : Les dfaté&s du cardinal Mersierayseles Allemands racontés par lui-même Son récit confirme point par point ceux que nous avons publiés La « Croix » publie dans son numéro du 5 août liai nouveau document relatif à la conduite des Allemands envers le cardinal Mercier. « Celui-ci, dit la « Croix j>£ a raconté les incidents dans une sorte de causerie faite le 19 janvier aux élèves du Grand Séminaire de M'alines. Ses paroles ont été notées au fur et à! mesure par des auditeurs; le compte rendu ainsi composé a été, m'as-sure-t-on, soumis ensuite au cardinal. On ne peut donc douter, bien qu'elle n'ait rien d'officiel, de sa parfaite exactitude. » Nous sommes en mesure de la confirmer. Le récit qu'on va lire des incidents qui ont suivi la publication de la lettre pastora e de Noël, concorde, en effet, en tous points avec la relation que nous avons-nous-mêmes publiée dans notre numéro du 25 janvier et slont les éléments nous venaient de la meilleure source. Nous reproduisons l'article de la « Croix » pour l'intérêt qu'il y ' a à voij* ces incidents fameux racontls par le cardinal Mercier lui-même. Avant d'en reprendre le récit, notons, d'après la « Croix », un autre incident (pii s'est passé au début du mois de décembre Le général von Bissing étant venu en Belgique remplacer comme gouverneur gé. néral le maréchal von der Goltz avait jugé bon de se faire introduire auprès du car dinal Mercier par le cardinal von Hartmann. L'archevêque} de Cologne écrivit à son collègue une lettre où il lui recommandait le général von Bissing « homme loyal, protestant pratiquant, désireux d'atténuer les plaies de la Belgique ». Le cardinal Mercier avait (précisément quelque chose à demander' au chef de l'administration allemande : la mise en liberté des prêtres et des instituteurs encore détenus en Allemagne. Il voulait aussi intercéder en faveur du comte Jean de Meroda, grand-maréchal de la Cour, et de la comtesse, retenus prisonniers dans leur hôte! à Bruxelles depuis quelques jours. Le cardinal fit donc visite au général von Bissing et reçut satisfaction. D'autres points du récit comme de celui-ci, il ressort que le cardinal mit grand soin à ne jamais faire aux Allemands une visite « vide », une visite qui aurait pu paraître de pure courtoisie protocolaire, chaqu i visite avait directement un mobile d'intérêt religieux. Le cardinal Mercier accuse le chancelier allemand de mensonge monstrueux. Le cardinal méditait déjà à ce moment cette lettre pastorale qui devait être si peu agréable aux Allemands. Il tenait d'autant plus à ce que le gouverneur, dans sa bienveillance, ne so fit pas illusion sur ses sentiments à l'égard de l'occupant et ne fût pas ainsi amené plus tard à le suspecter d'avoir été « faux ». Il trouva un, moyen de « mettre les points sur les i », comme il dit lui-même : il écrivit, vers le 20 décembre. une lettre au cardinal Hartmann et il pria le gouverneur général de transmettre n'étant pas lui-même en cominu-! nication directe avec l'Allemagne. Voici ce quo l'auteur de la lettre nous apprend au' sujet de celle-ci : « Dans cette lettre-, je pouvais parler plus ouvertement, étant donné que je m'adressais à un confrère dans le sacerdoce et le Sacré-Collège. Je remerciai le cardinal de tout oe qu'il avait fait pour obtenir la libération des prêtres prisonniers. Je lui dis que j'étais en rapports courtois avec le gouverneur,qu'il m'avait été présenté, bien que, étant donné qu'il èst l'envoyé d'une nation ennemie ot que moi je suis le représentant de la religion en Belgique, nos rapports ne peuvent être que ceux de pays ennemi à pays ennemi. De plus, j'avais lu quelques jours auparavant le discours prononcé le 6 décembre par le chancelier de l'empire, M. von Beth-mann-Holwêg, discours dans lequel celui-ci s élève contre u les injustices flagrantes, dtitol, commises à l'étranger contre nos compatriotes laissés sans défense. Seulement l'histoire apprendra que l'on ne touche pas impunément à un seul cheveu de la tète d'un Allemand ». Je vous avoue que j'avais bondi d'indignation en lisant cela. « Ah ! me disais-je, pauvres agneaux laissés sans défense dans un pays ennemi I » J'eus bien soin d'indiquer ces passages au cardinal von Hartmann, et je lui dis que ces paroles, en tant qu'elles visaient la Belgique constituaient un « mensonge monstrueux » : ce sont les deux mots que j'ai employés. Je transmis donc cette lettre au gouverneur' von Bissing, y ajoutant vrai^ autre lettre pour lui, dans laquelle je lui demandais de vouloir faire envoyer nia lettre au cardinal von Hartmann, mais d'en prendre d'abord connaissance. Je me dis de cette façon, ■'] saura ce que je pense ». Quelques jours se passèrent, et sur ces entrefaites parut la fameuse lettre pastoral du cardinal. La lettre pastorale fut lue dans quelquss paroisses de Bruxelles le 1" janvier!; à Sainte-Gudule, on en distribua aussi des exemplaires à la sortie du salut de l'après-midi. C'est ainsi que les Allemands en eurent connaissance. Tout ce qui suit est le récit du cardinal lui-même tel que le reproduit la « Croix ». La lettre pastorale. — Perquisitions dans les presbytères et chez l'imprimeur. -Première descente chez le cardinal. -ci Trop tard ! Dans la nuit du l" au 1 janvier —• raconte Mgr Mercier, — les autos allemandes parcoururent 'à grand tapage toutes les routes du diocèse; les soldats escaladent les presbytères, arrachent de force la lettre des mains des curés ou essayent vainement de se la faire remettre. La même nuit vers 2 heures, un détective pénètre chez l'imprimeur, M De9sain (Imprimeur de l'archevêché à Malines),qui, avec un flegme d'Anglais, descend en robe de chambre et en pantoufles, Le détective lui montra ses deux poings tendus, donna un coup de sifflet; aussitôt cinq officiers p.v Turent et la maison fut entqurée immédia tement par 40 ou 00 soldats. L'impritnoria fut visitée et 15 à 20,000 exemoiaires de la lettre pastorale furent saisis. Francis De& sain qui avait déjà souvent lu la lettre s'offrit à leur expliquer qu'elle ne contenait rien de compromettant; ils l'écoutè-rent. mais lui déclarèrent néanmoins qu il était fait priso.mi.er et devait les accompa^ gner. Il fut arrêté durant quatre jours ei> on lui infligea une amende de 500 marks pour avoir méconnu la censure allemande. Vers 6 heures du matin, je me -préparais à (liro la messe quand on vint m'averth; qu'il y avait au parloir trois officiers allemands. Je descendis et trouvai, en effet, ces messieurs. Le porte-parole parlait très bien le fran« çais. Il avait été ministre plénipotentiaire à Paris. Après un long préambule, que je passe, ils me parlent do ma lettre pastorale pav laquelle. djsenMls, j'excitais les jiopulof tions. Ils me ctent une phrase de ma lettre : ■< Vous no lui (au gouvernement général allemand) devez, dans l'intime de votre àme, ni estime, ni attachement, m obéissance. » Je leur dis ; « Messieurs, il y a un dicton français ainsi conçu : « Donnez-moi deux lignes d'un auteui', et je le ferai pendre.» Eh bieni ! c'est ce que vous faites. 3a ne veux pas que vous déchiquetiez ma lettre, il faut kt-prendre tout entière, et alora vous verrez que je n'excite pas la population.— En tout cas, déclarent-ils, il faudra comparaître devant S. Exc. le gouverneur! général pour rendre compte de cetto lettre., — Bien, répondis-je; seulement, déniai» je suis empêché; je dois aller à Anvers pré. sider une cérémonie religieuse.Mals, après, demain, lundi, si vous voulez... — Non, non, répliquent-ils, aujourd'hui^ aujourd'hui même... Nous retournons immédiatement à Bruxelles prendre les ordres du gouverneur, et nous reviendrons vous dire à quelle heure vous devrez voua présenter chez Son Excellence. » Sur ce, ils se levèrent. Mais tandis qu'ia étaient debout dans l'embrasure de la fenêtre (je les y vois encore), le porto parole! me demanda si ma lettre était déià répandue.Oh ! oui, dis-jo, elle est déjà dans lecJ mains du curé dans toutes les paroisses. Ils eurent alors tous trois un cri du cceun que je n'oublierai jamais de la vie : « Noua arrivons trop tard I » — Mais, me dirent-ils ensuite,vous devea cependant reconnaître que vous avez méM connu la censure ? — Quelle censura ? Mais la censure allemands ? ? 9 — Mais oui ! On a affiché partout quai rien ne pouvait s'imprimer sans avoir passé par la censure de l'autorité allemande. — Messieurs, répondis-je, j'ignore cettéi censure. Jo ne cours pas au coin des rues pour lire les affiches ! Si- tout cela étaifi sérieux, vous auriez bien pu m'en envoyée! notification Défense au cardinal de sortir de l'arche, vêché. — Un mémoire de vor« Bissing. — Il exige une réponse sur l'heure. — Le cardinal gardé à vue. Ils partirent pour demander au gouverneur à quelle heure je devais me jréseniei*fl Ils ne revinrent pas ce sameuî. Mais dimanche 3 janvier au matin, e reçus un télégramme me défendant de me rendra à Anvers pour le salut que j'y devais chanter. Lo dimanche soir, on vint pour s'assurer si u Son Eminence était bien resté® à Malittes pendant la journée ». Le lendemain lundi, vers 8 heures du matin, arrive un capitaine avec une lettre (ua véritable mémoire, six feuilles papier ministre) du gouverneur von Bissing, dates u 31 décembre-3 janvier ». Cette lettre était; écrito en caractères allemands. Je dis au capitaine : « Je lis difficilement) cette écriture; ne pourriez-vous me recopier cela en caractères latins, cela me faciliterait la lectu.e. » Il fait droit à, ma demande Duis me déolaie qu'il a reçu ordre de ne partir que muni de ma réponse. — Mais, lui dis-je, vous comprenez bien que l'on ne répond pas ainsi au pied levé à un document do six pages. — J'ai mes ordres, répond-il, et je dois rester. — Mais enfin, un homme intelligent in+ terprète, les ordres qu'il a reçus ! — Mais non, je dois attendre... — Mais, fais-je alors, mo prenen-vous pour un bandit Pensez-vous quo jo vais m'enfuir ? — Non pas ça, évidemment... Mais «u fin... Il n'y avait rien à faire. Je dis alors à mon interlocuteur, tnotez qu'il était déjà, 10 heures : — Téléphonez au gouverneur et demaai-dez-lui de pouvoir revenir ce soir vers 9 heures prendre la réponse. Il va téléphoner et revient me notifier qu'il reçoit ordre de restai'. Jo lui dis alors que je ne pouvais pas l'inviter à déjeuner, mais que je le ferais inviter par mon secrétaire. (1) Je ma retirai oour lire le mémoire du gouverneur et y, répondre. Les griefs articulés dans le mémoire centre le cardinal. — Mesures de rigueur. « La réponse du prélat. Trois points y étaient traités : I"r point- — Dans un passage de la le& tre, daitée du 3 décembre, donc avant qu il eût connaissance de ma lettre pastoralo, M. von Bissing se disait vraiment déçu; il avait espéré entretenir avec moi d'excellents .rapports, mais il se voyait forcé 'a (1) Note du « XX" Siècle » — Il y a îcS une équivoque que nous croyons pouvoir dissiper. Lo cardinal n'a pas fait inviten l'officier allemand par son secrétaire; il a' chargé son secrétaire de veiller à, ce quo cet homme qui allait passer toute la journée à l'archevêché ne mourût pas de faims»

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Dit item is een uitgave in de reeks Le XXe siècle: journal d'union et d'action catholique behorende tot de categorie Katholieke pers. Uitgegeven in Bruxelles van 1895 tot 1940.

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