Le XXe siècle: journal d'union et d'action catholique

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11 augustus 1914
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s.n. 1914, 11 Augustus. Le XXe siècle: journal d'union et d'action catholique. Geraadpleegd op 21 mei 2022, op https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/nl/pid/bc3st7gd0v/
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MARDI 11 AOUT 1914 Un L'UNION PANS L'ACTION VINGTIEME ANNEE — N° 223 ABONNEMENTS Pour tout» la Belgique Un an. ...... fr. 9.00 Six mois 4.00 Trois mois ....*■ 2.18 Gr.-Duché do Luxomb. 20.00 Union postala 30.00 Directeur : Fernand NEURAY Edition +++ (6 h. soir) Edition 10 h. soir) Edition (minuit) EDITI ON ¥¥* ANNONCES Annonces ordin., petite ligne . 0«48 Réclames (3* page), la ligne. 1.53 Faits diver» corps . , » 4.00 Faits divers fin. . . » 3.00 Réparations judiciaires *> 3.00 Nécrologies , » » , m 2410 Las annonces sont reçues au bureau du journal 5 centimes le numéro LE XXe SIÈCLE Félicitations | de Souverains à notre Roi Au quartier-général En France comme en Belgique... Notre-Dame des Belges La situation Téléphones 3B46 et 3586 Instani-are oznnia in Christo Rédaction et Administration : 4, impasse de la Fidélité, 4, Bruxelles Mr en 4e page nne carte du théâtre des opérations de la guerre, en Belgique, en France et en Allemagne < Nous avons fait récemment un vcj*age de ngue durée en compagnie d'un officier de serve allemand qui ne pouvait se présenter quelqu'un sans faire claquer ses talons et n titre de Hauptman der Reserve. La conversation a tout naturellement été nenée un jour sur les possibilités d'un con-t franco-allemand et sur le rôle que la Bel-que aurait à jouer dans ce cas. Comme la bière qu'on ne boit plus à Bru-tlles avait donné de l'éloquence et du ba->Ût à ce lourd germain, il a bien voulu nous ire connaît»© à grand renfort de gestes le an du grand état-major allemand. Rien autre. « Vous comprenez bien, nous dit-1, que ce est pas pour le roi de Prusse que l'Allema-e a mis sur pied une aussi formidable ar-ïe en temps de paix. Elle veut exécuter e attaque brusquée sur la Franco avant e la mobilisation soit terminée dans ce ys. Comme les fortifications françaises sont ïs sérieuses, les Allemands passeront par Belgique. Pour que les Belges nous lais-it exécuter tranquillement notre marche ènsive, nous jetterons un corps d'armée c la Meuse, qui s'emparera presque sans np férir des places fortes. Ces dernières notre pouvoir, nous serons en quelques îrs à Paris. » re vois encore mon interlocuteur d'un 3te indolent de la main droite écarter l'arme belge, empocher nos places fortes et mparer de Paris. Malheureusement il n'avait oublié qu'une )se c'est qu'il y a encore des becs de % z en Belgique et de « Kolossaal » encore. ' je jour où nous le reverrons, les mains en ir devant nos baïonnettes, nous pourrons offrir un modèle en miniature. , Le bec de gaz Rencontré dimanche à Bruxelles un aumô- a, nier militaire rentré de Liégie pour quelques flj heures. Lui aussi nous a exprimé la plus 0-j grande admiration pour la vaillance des ° troupes belges. Lui aussi, hclas, nous a af- X( firme l'horreur des procédés des soMats „.( prussiens tirant sur les ambulanciers qui fa s'en vont après la bataille ramasser les blés-ses et achevant ces blessés mêmes avec une j-véritable cruauté. De nombreux prêtres, nous a-t-il dit, accompagnent les troupes. Chacun des forts n' de Namur en a un ou deux et de même cha- gr cun des villages ou des soldats sont en oan- m tonnement. Ils jouissent partout d'unani- ur mes sympathies et l'empressement avec le qi quel on accueille leur ministère est pour eux pa un grand réconfort. — En rentrant hier à la gare du Nord, la nous dit-il, j'ai rencontré un soldat avec se qui je m'étais trouvé ces jours-ci sous le feu 0fi autour du fort de Boncelles. Il m'a deman- su dé, les larmes dans les yeux, la permission co de m'embrasser. _ eu Avec quel cœur je lui ai donné l'accolade j0 à oe brave. Car ils se sont vraiment battus comme des héros ces braves gens ! « Ah ! l'affaire fut chaude et quel spectacle ge horrible que celui-là! J'ai les yeux pleins m< die visions épouvantables et la nuit il me s'e semble parfois entendre ces cris affreux qui montaient là-bas autour du fort tandis ch. qu'au dessus de nous sifflaient les balles et ga crépitaient les obus. ] — Et vous y retournez? l'a <— Tantôt. lui Les aumôniers à la guerre Il importe de rappeler au public ces sages ^ recommandations de M. Berryer, ministre de l'intérieur : « Il convient de ne pas perdre de vuet que b d'après les lois de la guerre, les actes d'hos- h tiiité, c'est-à-dire la résistance et l'attaque par v les armes contre les soldats ennemis isolés, le l'intervention directe dans les combats ou les v, rencontres, ne sont jahiais permis à ceux qui ne font pas partie ni de l'armée, ni de la garde civique, ni des corps de volontaires, obéissant à un chef et portant un signe distinctif. » L'oubli de ces règles importantes non seu-dément exposerait les individus ou les petits i groupes isolés qui poseraient ces actes d'hos-tilité sans avoir le caractère de belligérant à . une répression sommaire, nais il pourrait ser- ™ vir de prétexte à des représailles atteignant toute la population. » Répétons, d'autre part, cet extrait de la proclamation du lieutenant général Clooten, gouverneur -lilitaire^du Brabant : « Dans les graves circonstances que le pays traverse, j'invite ila population au calme et à la dignité : à l'autorité seule appartient le droit d'agir. Toute personne qui tenterait de se substituer à elle serait arrêtée et jugée, et ie jugement serait appliqué sans délai. » Les lois de la guerre Lundi 3 août,il y a donc juste huit jours, la capitale apprenait à son réveil, avec stupeur, avec colère, avec angoisse aussi, l'insolent ultimatum de la Prusse et la fière réponse de la Belgique. Si l'on nous avait dit alors : « dans huit jours, les Allemands seront accro-chés à Liège, notre armée de campagne ne j sera pas entamée, les Français et les Anglais seront entrés en Belgique», l'aurions-nous cru"? Non. Les plus optimistes n'auraient vu dans de telles paroles que la chanson nécessaire pour exhorter un petit peuple à tout sacrifier plutôt que de perdre l'honneur. Or qu'est-il arrivé"? Tous lesforts de Liège ( tiennent comme le premier jour. Sans les > forbs, Liège ne sert à rien aux Allemands, si ce n'est de théâtre pour leur brutalité, de , champ d'expérience pour leur sauvagerie. J Léman leur a paralysa quatre corps, soit plus * de 120,000 hommes. Leur armée ne passe pas ; < tant que les forts tiendront, elle ne peut pas < passer ; Namur, qui a eu plus de temps pour 1 préparer la défense, résistera plus solide-mont encore. Il n'en fallait pas tant pour j déjouer leur plan, donc pour leur infliger, dès le début de la guerre, un échec grave. Si la garnison des forts de Liège, soutenue par l'héroïque division Léman, a suffi à cette tâdhe, que n'avons-nous pas suget d'espérer de notre armée de campagne, concentree depuis plusieurs jours, intacte, bien commandée, bien entraînée, et animée à la oentième puissance de l'ardeur qui possède aujour- , a'hui tous les Belges? 1 Nous n'écrivons pas cela pour tromper ( notre impatience en jetant sur le papier ues ; actes de foi et d'espérance ou pour rassurer ] l'opinion en l'exaltant. Dieu merci, l'opinion n'a pas besoin d'être rassurée. Particulièrement à Bruxelles, elle est calme et confiante. Qui pourrait voir sans être ému cette population de grincheux et de frondeurs, habituellement rebelle à toutes les consignes, accepter tout aujourd'hui, se plier à tout, . aller au-devant des désirs de toutes les autorités? j Les faits que nous constatons, tout le « monde peut les constater avec nous. Ils sont patents, ils crèvent les yeux. La première semaine de la guerre a été bonne pour nous. Ils croyaient taire en Belgique une simple promenade militaire, ces insolents Prussiens qui nous sommaient de leur livrer passage moyennant quelques' cent mille thalers. Ils croyaient tomber sur la France incomplète- s ment armée, puis gagner Paris après une s facile marche de quelques jours. c Où sont-ils aujourd'hui? Leurs troupes t n'ont pas dépassé Liège. Nous leur avons tué \ plus de vingt-cinq mille hommes. Eux ne nous ont guère tué que des enfants, des femme? et des vieillaids. Morts héroïques, soldats tombés, populations massacrées par ces hordes, vous serez vengés. Dieu, qui a permisi que notre petit peuple arrêtât ces c barbares. Dieu ne leur donnera pas la vie- e toire. De quel cœur la foule l'invoquait, c dimanche, dans les églises pleines! Nous avons vu des incroyants émus jusqu'aux larmes par l'empressement de la foule, sa . piété, son ardeur, le langage viril des prêtres I qui demandaient aux fidèles de prier pour j nos soldats, de prier pour la Patrie. Il n'est pas possible que notre droit succombe, que notre espoir soit trahi. Nous avons fait tout ce qu'il fallait pour vaincre. Nous nous sommes aidés; Dieu nous aidera...— Courage et confiance Un bel article du comte de Mun sur la rentrée des Français en Alsace Le comte de Mun célèbre dans l'«Echo de Paris » la prise de Mulhouse, avec tout l'enthousiasme d'un, officier de 1870. Il se demande quels lendemains aura cette première victoire. « Il est vrai, dit-il, soyons sages et gardons la mesure. Tout de même, il est permis, sans abuser, de contempler le spectacle imprévu offert à nos regards. Et d'abord, ne parlons plus de 1870! Rien, dans ce que nous voyons, n'y ressemble. L'ordre de mobilisation générale date de huit jours. Il y a quarante ans, on en était là le 22 juillet. J'étais à Metz : nous allions partir pour la frontière. Autour de nous, c'était l'universelle désorganisation dans les ordres, daais l'administration, dans les mouvements. L'Empereur arrivait, pâle, défait, portant la défaite sur son visage tragique. Les régiments défilaient devant lui, chantant la Marseillaise, hier proscrite, aujourd'hui commandée, pour évoquer l'es aïeux de 92. Mais, déjà, le trouble était dans les cœurs, l'inquiétude dans les âmes. Et pourtant, quintze jours plus tard, quand vint le g août, tel fut, malgré tout, l'élan de cette armée magnifique, qu'il n'eût fallu, pour que Wœrtn et 1( orbach fussent des victoires, que l'initiative de Failly et la volonté de Bazainie. Aujourd'hui, tout s'accomplit avec une admirable méthode. Au huitième jour de la mobilisation, pas un accident n'en est venu troubler la marche. Toute la machine so meut régulièrement, et, déjà, sur la frontière belge, comme sur celle d'Alsace, l'offensive commence. Pourquoi douterions-nous?Oe n'est pas assez. En 1870, à pareil moment, aucun plan d'ensemble ne reliait '.es corps d'armée, épars de Thionville à Strass-bourg. Devant nous, au contraire, l'ennemi s'avançait, conduit par l'impulsion réfléchie d'un commandement sûr de sa volonté. Rien n'arrêtait sa marche, et l'Europe assistait, déjà gagnée au vainqueur attendu, au prélude de notre humiliation. Aujourd'hui, quel revirement! Le plan de. l'Allemagne, longuement préparé dans les secrets de 1 état-major, est, du premier coup, bouletversé. Il avait annoncé l'attaque foudroyante. Elle n'est plus possible. Il hésite à passer la frontière, et c'est nous qui. la franchissons. Il avait cru, par l'immense conversion de son aile droite, déborder notre gauche, et, presque sans coup férir, nous rencontrer entre Mézières et Ste-nay, pour y célébrer un second Sedan. L'héroïsme d'un petit peuple, sauveur des nations, a déjoué son effort, et l'a contraint de suspendre devant Liège sa première offensive. . Comme il avait cru à la neutralité de la Belgique, il avait cru à celle die; l'Angleterre, peut-être à son amitié. Il l'avait tentée par des offres insultantes et puériles. Il l'avait trompée en niant sa complicité avec l'Autriche, publiquement dévoilée. ^ Et l Angleterre, soulevée, sera demain, près de nous et près des Belges, sur la terre de Belgique.Là, il faudra que l'Allemagne se heurte h la résistance des nations. Ainsi, tout lui fait défaut, la diplomatie et l'art militaire. Encore un coup, pourquoi douterions-nous? 1914 et... 1870 Les renseignements publiés ci-dessous nous sont communiqués par le grand état-major de l'armée belge ou par le ministère de la guerre, et sont par conséqueiit OFFICIELS.DIMANCHE, 6 HEURES SOIR. La situation des troupes allemandes ne s'est guère modifiée depuis hier en Belgique. Il y a lieu de signaler pourtant le recul complet de leurs détachements avancés de cavalerie sous la poussée irrésistible de nombreuses troupes françaises qui, dans les journées d'hier et d'aujourd'hui ont débarrassé de tout ennemi une partie considérable du territoire Belge située au Sud de la Meuse. Aucun engagement sérieux ne s'est produit aujourd'hui. L'offensive allemande est entièrement arrêtée. Aucune action sérieuse ne se produira donc avant que les forces principales françaises et belges ne passent simultanément à l'offensive pour déloger l'envahisseur.Lundi, 11 heures du matin. Statu quo. Les troupes alliées avancent méthodiquement. Le plan d'ensemble des deux armées ennemies se dessine et l'on doit s'attendre d'ici à quelques jours à une rencontre générale. Pour ce qui concerne l'armée belge, les conditions paraissent bonnes et répondent entièrement aux prévisions de l'état-major. On a de bonnes nouvelles de Liège. Le département de la guerre a reçu d'un commandant de fort un rapport très complet donnant les meilleurs renseignements sur l'état des forts et la santé des hommes. La population liégeoise est calme. Le public ne doit pas s'alarmer s'il apprend qu'une poignée de uhlans est apparue à tel ou tel endroit ainsi que le bruit en a couru dimanche pour les environs de Bruxelles. Ce sont ordinairement des cavaliers perdus et qui se rendent à la première sommation. Il y en a ainsi de tous les côtés. Leur présence ne signifie donc rien au point de vue stratégique. Que la population ne se laisse pas davantage «mouvoir par l'annonce d'un raid de cavalerie. Les abords de la capitale sont très bien gardés a ce point de vue. Le bruit a couru qu'un major des grena-.diers a été arrêté. C'est un bruit aussi odieux que mensonger. En Belgique, c'est toujours dans nos églises que l'on peut surprendre l'âme la plus secrète et la plus haute de la Patrie. Maintenant, dans ces jours terribles et sublimes que nous traversons, il en est ainsi plus que jamais. On ne peut entrer dans une église sans y trouver des fidèles en prières. Au matin, le banc de communion est envahi à toutes les premières messes, aussi bien par des hommes, des soldats nombreux, que par des femmes ou des enfants. Après la grand'-messe du dimanche, sitôt l'« Amen » des orgues à la Bénédiction, éclate l'harmonie puissante de la «Brabançonne». Et comme il est encore souvent des communiants aux grand-messes de 9 heures, le Dieu du Ciel se donne à ceux qui défendent ou conservent par le travail sa bénédiction sur le sol de la Patrie, pendant que tonne le glorieux chant belge. C'est une minute unique de.la vie patriale. Déjà la glorieuse mort militaire a envoyé vers Dieu bon nombre de nos défenseurs. L'Eglise les suit de ses prières ferventes. Ce lundi matin, à 7 heures, dans l'église royale de Notre-Dame de Laeken, fut célégré le premier « Requiem » pour les martyrs de la Patrie, les victimes de la plus injuste agression. Les communions furent nombreuses, presque autant que l'assistance. Il faut faire honneur de cette patriotique et généreuse initiative à la fille d'un lieutenant-colonel qui fut un de nos glorieux volontaires de 1830. Une quête couvrira les frais du «Requiem» célébré désormais tous les lundis, à l'église royale de Laeken. pour les victimes de notre première guerre de défense nationale. ** * Mais si heureuse et si glorieuse que soit la mort du soldat, c'est le droit des mères, des parents», des enfants, de demander à Dieu de leur conserver encore la vie des êtres chers. Ces prières si légitimes, si sacrées, emplissent, nous l'avons dit, tous nos temples, et recherchent avec préférence ceux consacrés à la Vierge, Mère douloureuse, consolatrice des affligés, divine protectrice de la Belgique. Un drapeau national, au plus haut de la tour de Notre-Dame de la Chapelle, convie les mères à venir pleurer devant cette image de Notre-Dame de la Solitude, évoquant la détresse de Marie après la mort du Sauveur. A Sainte-Gudule, la foule vient s'agenouiller tout le long du jour devant Notre-Dame de la Délivrance... La chapelle, tout ardente de cierges, de Notre-Dame de Bon-Succès, à l'église du Finistère, relevée en ces derniers temps par un zèle pastoral inlassable, semble, de son nom, promettre à la plus juste des causes le bon succès des armes belges. Pour l'antique église du centre historique de Bruxelles, la paroisse de Saint-Nicolas, on y a exposé au milieu de la nef, des le commencement de la crise, l'imago de Notre-Dame de la Paix. On le sait, dès le xli® siècle, nos pères avaient consacré dans cette église une image sous oe titre leur promettant une paix que le péril des temps leur rendait plus nécessaire et désirable encore. Une étude patronnée par la Société Archéologique et due à la science du curé actuel de îa paroisse, rappelait, il y a deux ans, comment Notre-Dame de la Paix fut mêlée à toute l'histoire de Bruxelles et du Brabant. C'estpour elle, qu'alors que nos provinces saluaient enfin l'aurore d'une paix tant désirée, notre historique Grand'Place voyait écrire en lettres d'or l'invocation historique^ répétée à l'autel de la Vierge de Saint-Nicolas : A peste, famé et bello, libéra nos Maria Pacis. Aujourd'hui, il n'est rien de si émouvant qu'une visite a l'église de Saint-Nicolas. Elle est du matin au soir, toujours remplie de femmes en adorations, la plupart suivant le conseil sublime de Bossuet : « Versez devant Dieu des larmes avec des prières. » Elles prient, elles pleurent, songeant à ceux qu'elles aiment et qui combattent; leur douleur, devant Dieu, pesant en faveur de la patrie, non moins que le sang et les armes des combattants.Dieu, déjà, les a en partie exaucées. Déjà nous avons affirmé notre droit à l'indépendance de façon qu'on ne puisse plus nous le contester et qu'on admire l'héroïsme belge dans le monde entier. Déjà c'est nous, nous seuls, qui avons arrêté pendant le temps décisif, le temps qu'il fallait, l'incorrigible en nemi de la paix. Ces résultats sont acquis et nous demeurerons toujours. Ils nous donnent droit de songer déjà aux devoirs de notre reconnaissance envers le ciel. Malgré tous les pillages, nos temples sont pleins encore des témoignages de 1a reconnaissance de nos aïeux. Ôe sont des lam pes, des chandeliers précieux, des cœurs, des couronnes d'or, exprimant la reconnaissance des villes et des provinces. Songeons, déjà, en dehors des lentes et difficultueuses initiatives officielles, à ce que les fidèles de Belgique feront pour exprimer leur reconnaissance à Marie, après l'agression de l'empire protestant. Il semble qu'ils voudront qu'un ex-voto soit offert à une église bruxelloise, sans doute celle de Notre-Dame de la Paix, et à ce pèlerinage de Hal qui défendit toujours le Brabant contre l'invasion ennemie.. *** Pour mieux prier et mieux espérer, ra.p-pelons-nous que qetfce terre belge, envahie par l'ennemi hérétique, refusant précisément l'honneur dû à la Mère de Dieu, se trouve partout marquée au signe de ses sanctuaires, de ©es pèlerinages. Notre-Dame de Chèvre-mont et Notre-Dame de Foy, près Dînant, viennent de bénir nos premières armées. A Vautre bout du pays, Notre-Dame de Lc.rn-bartzyde, de >Iariakerke, des Dunes protègent le Littoral. Nos villes : Grand, Bruges, Couirtrai, Hasselt, Liège, Namur, Mons, Tournai groupent des sanctuaires de la Vierge; OoStacker, Haï et Montaigusont nés peut-om dire cS'une église» fameuse die 1a Vierge. Notre capitale s'honore die sept sanctuaires fameux; notre métropole anversoise, notre « rédaiit national » appartient à Marie. Unie bombe n'y saurait tomber sans, dans les_ rues, atteindre une die ces innombrables images dont nous alLions si joyeusement célébrer dimanche Le centenaire. La cathédrale dresse sur 'a pfoine belge un cierge votif# incomparablement ouvragé pour Sainte-Marie. Comment celle que l'Esprit divin déclare plus terrible _ qu'une a-nmée prête au combat ne défendrait Elle pas une terre qui est à Elie? E. J. Le temps qu'il faite! celui qu'il fera Le vent est faible d'entre sud-est et sud-ouest sur nos contrées, où la température est comprise entre 17°5 et 24°5. Prévisions i:-Vent S., faible; beau. L'engagement franco-belge est démenti UN JOURNAL SAIS! Nous avions raison de douter de l'outhen-icité de la nouvelle publiée par les journaux le Namur et d'après laquelle les Allemands auraient eu 20,000 tués' qu blessés dans un ombat livré par les troupes franco-belges ,ux environs de Liège. Cette information est lénuée de tout fondement. Un journal bruxellois qui l'avait reproduite timanche sans réserves aucune a été saisi >ar le parquet. v »<>« On sait avec quel magnifique élan les vo-ontaires se sont présentés dans les différents provinces aux bureau de la place pour se nettre au service du pays. Leur nombre ac->uellement est de 40,000 qui vont être formés ;n dix brigades de deux régiments de 2,000 îommes. Les volontaires seront instruits sous a direction du lieutenant général Guiette nspecteur général de l'infanterie. Vu le nombre des demandes le département le la guerre se voit dans l'obligation de demander aux nouveaux engagés de se munir le vêtements, linge et chaussures nécessaires jendant la période d'instruction. Ils seront ntégralement et largement indemnisés. L'industrie privée consent dans la plus large nesure à assurer, concurremment avec les îtablissements militaires la préparation des ;enues nécessaires. >— quarante mille volontaires ïOli-r- L'HOSPITALITE HOLLANDAISE ' 3'SXERCE LARGEMENT A L'EGARD DES RÉFUGIÉS ' ] Le correspondant à Maestricht de 1' « Alge- i neen Handclsblad », écrit : « L'aide apportée )ar Maestricht aux blessés et aux fuyards est : .'entablement admirable. Le comte d'Eysden , i mis son château à la disposition des paysans, ! les femmes et des enfants qui viennent en nasse de la Belgique. Les directions des hôtels t Aigle Noir » et « Empereur » ont mis leurs ocaux à la disposition de la Croix-Rouge. Le jrince Henri a envoyé 400 lits de fer... » La plupart des blessés, parmi lesquels )lusieurs Belges, se portent bien.Un seul d'en-re eux avait de la fièvre. Un blessé, qui a es poumons percés de part en part et qui pa-aissait condamné, se remet admirablement. » Dans la salle de gysmnastique, je vois de ongues tables improvisées, où hommes, fem- 1 nés et enfants se bourrent de pain, de fro- ( nage, de viande et de café chaud. Aux enfants, <c >n distribue des couques et du chocolat. Dans ' 3 cour, des paniers à linge remplis de tartines . étendent les fuyards qui arrivent successive- c nen,t et qui y puisent avec joie. c » J'apprends à l'instant que l'ancien minis-re Regout vient également de mettre sa de- t neure à la disposition de la Croix-Rouge. » l En Hollande Von Emmerich décoré Parmi les nouvelles, que le « Wolffbureau » communiquaient le 7 août se trouvait celle-ci: « Un aide de camp de l'Empereur a annoncé à la population berlinoise que les forts de Liège avaient été pris à huit heures du matin et que le général von .^nmich avait L-eçu, pour ce haut fait d'armes, l'ordre militaire '« Pour le Mérite ». Il faudra que von Emmich rende la décoration, car il s'en faut que les forts de Liège soient pris. Les Allemands continuent à se bercer d'illusions. Le réveil sera dur. Les forts et leur garnison qui s'est montrée si vaillante sont intacts. Pas un homme n'a souffert. Tous résisteront jusqu'au bout. Une dépêche de Rome dit que le Pape vient d'adresser aux catholiques du monde un appel à la prière : « En d'aussi graves circonstances, Nous sentons et Nous comprenons bien que ce que demandent de Nous notre amour paternel et Notre ministère apostolique, c'est que Nous élevions les esprits à Celui de qui seul peut venir le secours, au Ohrist, prince de la paix et médiateur tout puissant des hommes près de Dieu. Nous exhortons donc les catholiques du monde entier à recourir avec confiance au trône des grâces et des miséricordes. » • WïifW Le Pape et la guerre La médaillé militaire de France au roi des Belges L© commandant Duparge, de la légation •ançaise, vient d'être chargé par Le gouv.er-ement de la République de .remettre au roi ibert la médaille militaire, la plus haute ^compense qu'on puisse remettre à un gé-éral chef d'armée. I0UVELLE DËPECHE DU ROI ALBERT AU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE Au télégramme que le président de la Répu-lique lui avait adressé pour lui faire part de décision du gouvernement conféranit à la lie de Liège la croix de la Légion d'honneur, roi des Belges a répondu par la dépêche sui-mte : Louvain, 7 août. M. Raymond Poincaré, président > République française, Paris. Je vous prie de transmettre au gouveœne-tent de la République lies remerciements e la ville de Liège. Liège, le pays et l'armée tout entière con-nueront à faine vaillamment ieuir devoàr. ALBERT. ——— i -iOI—* Le Roi a reçu de Sa Majesté l'Empereur de lussie le télégramme suivant s 23 heures. Télégramme de Peterhof 19 h. 33. Sa Majesté le Roi des Belges, Bruxelles. Avec un sentiment de sincère admiration )our la vaillante armée belge, je prie Votre Majesté de croire à ma cordiale sympathie >t de recevoir mes meilleurs vœux de succès lans cette lutte héroïque pour l'indépen-lance de son pays. (Signé) NICOLAS. Sa Majesté a répondu 5a Majesté l'Empereur de toutes les Russies, Saint-P étersbourg. Au nom de l'armée et de la nation belges, e remercie de tout coeur Votre Majecté des entiments d'admiration qu'Elle m'exprime ;t des vœux qu'Elle forme pour le succès le notre juste cause. Je suis profondément ouché de la cordiale sympathie que Votre vlajesté me témoigne et je la prie de croire i ma gratutide et à mon attachement. ALBERT. Le roi d'Angleterre a, d'autre part, adressé lu Roi le télégramme suivant : Londres 7 h. 15. The King, Brussel. I heartly congratulate you upon the splen-lid way m "which your army is defending iheir country and specialy for the gallantly lisplead against tne repeted attaquy on Liège you must indeed been pthroud of your Drave troupes. GEORGES R. I. Notre Souverain a répondu en ces termes : >Sa Majesté le Roix Londres. Deeply touched of your warm congratula-ions, I thank you of ail my hearth and ex->ress you the sincère gratitude of the bel-fian army and nation. ALBERT. Traduisons ces deux dépêches : Londres, 7 h. 15. Le Roi, Bruxelles. Je vous félicite cordialement de la voie p^ondide dans laquelle votre armée défend on pays et spécialement pour la résistance j hevàleresque opposée aux attaques répé-ées contre Liège. Vous devez être fier de os braves troupes. GEORGES R. î. (Sa Majesté-le Rot, Londres. Profondément touché de vos chaudes féli-itations, je vous remercie de tout mon cœur t je vous exprime la sincère reconnaissance le l'armée et de la nation belges. ALBERT. Nous ne pouvons pas dire où il est; nous ne dirons pas s'il est établi dans une ville ou dans un village. Au cas où les Allemands ne le sauraient pas ,ils n'ont pas besoin de l'apprendre. Pour approcher du quartier-général oomme pour se rendre par chemin de fer ou par route à l'endroit où il se trouve, il faut exhiber, deux ou trois douzaine de fois, des papiers bien en règle. Gendarmes, soldats, voire officiers examinent attentivement les laissez-passer et scrutent la physionomie de leur porteur. Enfin, on passe. Le quartier général est établi sur une place. Les militaires eux-mêmes n'y ont accès qu'en donnant le mot d'ordre, tout bas, à l'oreille des fonctionnaires. Au bout de la place, des rangées d'automobiles : torpédos, limousines, voitures de course. Les unes, couvertes de poussière grise, ont couru les routes, portant des* ordres, rapportant des renseignements. D'autres sont remplies de bidons d'essence et d'huile ou de pneus entassés sur les coussins luxueux. En plein soleil, des compagnies de lignards ont formé les faisceaux aux baïonnettes brillantes. Les soldats sont assis ou couchés par petits groupes. Il règne dans ce coin >*ne impression de repos lourd que doit troubler la moindre alerte. Près du quartier sont arrêtées les voitures de la télégraphié et de la téléphonie de campagne. Un cordon de sentinelles les entoure.Sur la place, éparpillés, de petits groupes d'officiers. Uniformes français, anglais et belges sont mêlés. Nos aviateurs, avec leur pistolet-carabine à crosse démontable en sautoir, sont très entourés. Des « pékins » causent avec des officiers. Ce sont les correspondants de guerre. On s'exprime^ dans une sorte de sabir à l'usage des confrères anglais. On prend des notes fort incolores et inoffensives, car les officiers sont discrets. On comprend ça. Aussi fait-on mine de trouver captivantes des informations parfois totalement dénuées d'intérêt. Au coin d'une rue, près de la placej des officiers, jouissant d'un moment de répit, se sont installés à la terrasse d'un cabaret et prennent des rafraîchissements variés avec une béatitude profonde. Parfois un planton accourt, dit quelques mots à l'un d'eux ou lui remet un pli. L'officier se lève et s'en va au quartier-général. Par moments aussi accourt, une auto poussiéreuse ; un officier en descend et pénètre à l'état-major. On ne se retourne guère, et les généraux) eux-mêmes,en ce moment-ci, passent presque inaperçus. On ne s'émeut que quand arrive l'automobile royale. Et alors c'est, avec le respect, une ardente sympathie. Car il est vraiment le chef, notre Roi. On le voit partout et on le sent calme, /-nerg^que, atterri, à tout. Il n'est pas un soldat, pas un officier qui puisse se dire qu'il fait plus complètement son devoir que notre généralissime, et c'est pour tous un singulier réconfort. L'activité, l'organisation, la méthode et le calme régnent d'ailleurs partout. Le cerveau comme le cœur de notre armée est vigoureux et sain. le péril national réconcilie ions les partis On assiste à Paris au spectacle dont les Belges ont donné l'exemple dès la première 'heure de la crise que nous vivons. Là-bas comme cnez nous, toute la nation *.e dresse dans un élan d'unité admirable qui réconcilie tous les partis qui se combattaient hier. M. Georges Clemenceau dépeint, dans un bel article de l'aiHomme Libre», l'âme et la vaillance de la race qui révèle, le danger venu, ses plus nobles qualités î « De l'obscure mêlée des partis, écrit-il, le Français de cette heure a jailli, d'une pièce, plus grand et plus fort, silencieux, souriant, avec des yeux chargés d'énergies invincibles, yui crient que l'histoire de France ne peut pas s'arrêter. Les femmes l'ont vu partir et n'ont pas pleuré. Les petits enfants sont devenus graves. L'adolescence devance l'appel, ceux que l'âge trahit sauront être au danger. C'est l'heure mystérieuse où quelque chose se fait en nous, qui rejette au loin toutes scories pour faire place à la grande coulée du métal, que ni fer, ni diamant, ne sauront entamer. Et lorsqu'un jour, après des épreuves surhumaines, toutes ces âmes, fatiguées d'héroïsme, se rencontreront sous la grande voûte bleue d'une patrie renouvelée, il faudra que, de tant de cœurs qui furent ennemis, se refasse une âme de France, où les dissentiments qui sont la condition de la vie se rejoindront, solidement ancrés en un fond d'unanime solidarité si étroite que rien ne puisse l'ébranler. Une plus belle patrie au sortir du creuset. » Mêmes nouvelles de tous les points du pays. Partout la mobilisation se fait dans un ordre admirable, dont il faut féliciter le ministre de la guerre et particulièrement le général Joffre, qui l'a préparée. Il nous vient de cette forte organisation, d'une méthode si sûre, un réconfort pour aujourd'hui, une espérance pour demain. » M. Maurice Barrés, lui aussi, célèbre, dans 1' «Echo de Paris»,l'union étroite de son pays et il en montre un symbole dans une réunion tenue vendredi à la Sorbonne. Il s'agissait d'organiser les secours et on voyait là, parmi des personnalités de tous les partis, ivlgr Odelin, délégué de l'archevêque de Paris, coudoyer M. Jouhaux, secrétaire de la C. G. T. a J'ai vu dans ma vie bien des assemblées délibérer, écrit M. Barrés. Elles étaient toujours divisées en partis. C'est, je crois, la première fois que je vois des gens chercher la vérité en commun. Il y a là, en même temps que des chefs de groupements policiques, les pré-•identr -ck*e plas grands corj>s de l'administra- î-'ii. On "^eut penser qualle précision solide apportent dans la discussion des homms tels que le premier président de la Cour de cassa-don, le premier président de la Cour des comptes, le syndic des agents de change. Mais ce qui est unique, inoubliable, c'est la profondeur et le sérieux de l'émotion où baigne tout ce débat. Les hommes qui sont réunis ici ont conscience que la présence de ceux qui hier étaient leurs adversaires est des plus utiles. On se sait d'autant plus gré qu'on était plus éloigné. Chacun de nous comprend que ce comité ne peut valoir que s'il est tel que chaque Français y trouve l'homme dans lequel il a le plus confiance. Chacun cherche à prouver sa bonne volonté en offrant ses moyens d'action, et surtout en ne repoussant pas ceux du voisin. --—Je tiens à votre disposition un local tout agencé, dit M. Hanotaux. — Et nous, dit l'«Action française», nous vous proposons tout un personnel. Les socialistes approuvent qu'on leur adjoigne, dans un des sous-comités, un jeune prêtre de l'archevêché. — Ah ! des jeunes prêtres, dit Mgr Odelin, nous n'en avons plus. Ils sont tous à l'armée. ... Cette réconciliation absolue, tout évidente dans la salle de la Sorbonne, et puis cette arrivée à Mulhouse, quelle résurrection de la France! En chassant ses divisions et en refoulant son vainqueur, elle s'est deux fois régénérée. La France est rentrée en France. Nous ne l'avions jamais perdue de vue, mais c'était une figure aérienne qui planait au-dessus de nos têtes, à portée de notre regard, loin de notre embrassement. Elle nous animait, elle nous échappait. Nous en _ parlions sans en jouir. Entre tous les Français, les barrières du passé sont rompues, comme ces poteaux-frontières que les Alsaciens, disent les dépêches, viennent de jeter bas. t N'est-ce pas comme chez nous?

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