Le XXe siècle: journal d'union et d'action catholique

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s.n. 1917, 16 Maart. Le XXe siècle: journal d'union et d'action catholique. Geraadpleegd op 21 oktober 2021, op https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/nl/pid/m32n58dp54/
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23' ANNEE — Série, nouvelle = Nc 85f Le Numéro 10 Centimes (5 Centimes au Front) .VENDREDI 16 MARS ISfî RÉDACTION & ADMINISTRATION i3, rue Jean-Jacques-Rousseau, 33 FA RIS Téléphona : Guteiîberg 139-65 BUREAUX AU HAVRE. 23'", ras de la Bourse - LE HAVRE TÉLÉPHONE : n° 64- BELGE .» LONDON OFFICE : 21, panton street Lelcester Square, S. W. Oirtcleur : FERNAND NEURAY LE XXE SIÈCLE ABONNEMENTS France...®. 2fr.50 par mois • 7 fp.SO pan trlmestra Angleterre. 2sh.6d. par mois » . 7sh,6d partrlmestr» Autres pays 3 fr. — par mois • 9 fr. — par trlmestra PUBLICITÉ S'adress3F à l'AdmiDistratlon fia jobfiiîI ou à l'Office de Londres Les petites annonces sont également reçues à la Saeicté Europccnno do Publicité, 10, rue de la Victoire, Paris» qui en a le monopole pour Paris. ^ Y-iWryV'^ iMlaTg Quotidien belge paraissant au Havre et à Paris ENCORE UNE LECON " Les Belges qui réclamenl h séparation admisislraiive arrivent à la même formule que le chancelier envisageant, lui, la sécurité de l'Empire allemand " écrit de Bruxelles un Autrichien à uij Journal germanophile Continuons à nous instruire au spectacle de la joie de nos ennemis quand ils •espèrent la résurrection de nos querelles linguistiques. La Neue Zurcher Zeitung, journal suisse et germanophile, a publié dans son numéro du 26 février une lettre de Bruxelles bien intéressante. Cette lettre lui avait été adressée par un Autrichien et il faudrait être plus que naïf pour douter un instant que cet Autrichien habitant Bruxelles et écrivant à un journal neutre ne travaille de son mieux au succès de la cause austro-boche. Rien n'est plus édifiant que les fleurs qu'il prodigue aux flamingants activistes et à leur Conseil des Flandres ; rien n'est plus instructif que la sympathie qu'il témoigne à la séparation administrative. Le correspondant de la Ncuc Zurcher Zeitung à pri6 soin de noter que l'idée de la séparation administrative, défendue par les traîtres chers au chancelier, compte encore au nombre de ses protagonistes quelques wallingants publiant à Paris ou ailleurs de petites feuilles où ils prétendent traduire l'opinion des wallons et do la wallonie. A l'égard de cette poignée de séparatistes, l'Autrichien de la Neue Zurcher Zeitung se montre aussi aimable qu'envers les acolytes de M. de Bethmann-Hollweg. C'est que cet Austro-Boche compte à la fois sur les uns et sur les autres pour écar-fceler le pays dont il souhaite l'affaiblissement.« Une chose est certaine, écrit-il, c'est que L'IDÉE DE LA SÉPARATION ADMINISTRATIVE EST L'IDEE DE L'AVENIR. En partant des points de vue politiques les plus divers, on arrive à celte conclusion que Flamands et Wallons sont irréconciliables : leur entente aurait peut-être été possible dans un passé très éloigné, si l'orgueil de la civilisation des Wallons ne les avait pas empêchés de comprendre à temps la justification profonde du mouvement flamand. La pensée nationale flamande apparaît dans cette formule tirée du manifeste du Conseil des Flandres : LE STATU QUO ANTE NE PEUT ETRE RETABLI EN BELGIQUE. Et ainsi, les Flamands, en voulant garder leurs droits en tant que peuple, ARRIVENT A LA MEME FORMULE QUE LE CHANCELIER, ENVISAGEANT,LUI, LA SECURITE DE L'EMPIRE ALLEMAND. » La sécurité de l'empire allemand ; voilà l'aboutissement fatal de la séparation administrative qui diviserait et affaiblirait un peuple que l'ogre germanique n'a pu dévorer lorsqu'il l'a trouvé uni. Mais quel est le Belge qui oserait soutenir quo i'in- < térèt de la nation belge se confond avec la sécurité de l'empire allemand ? Où est le Wallon, où est le Flamand qui oserait dire que c'est travailler à la liberté et au progrès des Wallons ou des Flamands que de concourir à la sécurité de l'empire de . *>roie ? Remercions l'Autrichien de la Neue Zurcher Zeitung de nous avoir édifiés une fois de plus sur les sentiments et les espoirs de nos ennemis. Des aveux comme le sien sont propres à graver profondément dans « l'esprit de tous les Belges renseignement ] que leur donne le chancelier du kaiser en ■ accueillant à bras ouverts dans les salons du Reichstag les Belges qui sollicitent de ; lui la séparation administrative... ■ www EN AUSTRALIE ATTAQUES « M. MHS Londres, 15 mars. On mande de Melbourne que le Sénat , a volé, après une discussion orageuse, pair 18 voix contre 13, l'institution d'une commission d'enquête sur des faits de corruption imputés à. M. Hughes par le , sénateur Wataon. V; Le Kaiser s-i-i! interrompa LES DlPORTATiOSS BELilOîE ? Des informations venant die Berlin le prétendfent, mais ce n'est pas la première fois et on. ne saurait trop se défier de dépèches qui pommaient bien m'êtres lancées que pour donner ie change à l'opinion des [pays neutres. Aux dernières nouvelles de Belgique, les détportatiojrfis s'y poursuivaient et obi n'avait, vu revenir que les malheureux incapables de travailler et réduits par les mauvais traitements et les privations à l'était- de ruines humaines. Ce n'est que sous ces réserves formelles qiue nous reproduisons la dépêche suivante : Amsterdam, 15 mars. On mande de Berlin qu'un groupe de per-sonrialités belges de tous les partis a récemmentenvoyé au kaiser une pétition de-mandant de mettre fin aux déportations en masse des ouvriers belges et de les rapatrier.Les signataires de la pétition ont reçu une réponse d'après laquelle le kaiser aurait demandé au gouverneur général et aux autres fonctionnaires de faire une enquête détaillée ; le kaiser prendra ensuite une décision. Entre temps, l'empereur a ordonné que les persqnnes transportées en Allemagne à tort comme sans-travail puissent immédiatement retourner en Belgique, pour autant que cela n'a pas été le cas déjà et que la déportation en Allemagne d'ouvriers belges sans travail cesse jusqu'à nouvel avis. Il sera prudent d'attendre des renseignements de soucie plus sûre, www ECHOS La Chambre de commerce belge du Havre, [3 an s son assemblée générale trimestrielle tenue le samedi 10 mars, a procédé ï la réélection d'une partie de son comité. En raison du nombre croissant des adhérents, il a été décidé de porter le nombre les membres du comité à neuf. Le comité est actuellement composé lomme suit : Président M. Maurice Wilford, armateur et négociant en bois, Tamise ; vice-président : M. René WittebolLe, ingénieur-conseil, Bruxelles ; sécréta ire-trésorier : VI. Victor Robyns de Schneidauer, consul le Monaco, Bruxelles ; secrétaire-adjoint : M. le comte Albert de Meeus, administra-, beutt' de sociétés, Bruxelles ; membres : VI. Jacques Lecomte, négociant en métaux st charbons, Oliarleroi ; M. Alfred Herme, négociant, Bruxelles ; M. Jean Verhulst, négociant en métaux, Hoboken ; M. François Leysen, entrepreneur maritime, Angers ; M. Hector Pletinckx, négociant en né taux, Haren-Bruxelles. La cliambre de Commerce belge du Havre a décide de publier une liste de ses membres qu: est sous presse et paraîtra i-ans quelques jours. Cette liste indiquera, pour chacun des membres, sa profession ît son adresse actuelles en regard de sa profession et adresse en Belgique. Un exemplaire sera envoyé aux intéressés sur demande adressée au secrétaire, Palais le la Bourse, Le Havre. Les peintres belges à l'Etranger On annonce l'organisation à Christiania, l'une exposition des œuvres de quelques )cintres belges séjournant en Hollande, mtre autres Opsoaner, W.-M. Paerels, J. Posenaer, Geu'diens, Dom, Viiérin, Bosiers, Smeets. Mariage On nous prie d'annoncer le mariage de Mlle A.-M. Capisanie et do l'adjudant F. de Fierpont, célébré le mardi 13 courant à Sainte-Adresse, dans la plus stricte intimité.Etaient, témoins M. Berryer, ministre de 'intérieur, et M. G. de Muret, consul du Portugal son oncle, M. F. de Bellefroid [J'Andoumont, attaché à l'armée britanni-jue, et le lieutenant R. Hankar, du R. A. L. (Communiqué). vwwv — Une dépêche de Berlin annonce le départ lu roi de Wurtemberg pour le front occiden-al. Les Basses sont entrais h KEBWfifiCHflH Londres, 14 mars. On vient de recevoir la nouvelle dt la prise de Kermanchah. IKermanehah, chef-lieu de la province dr Kurdistan, 52.000 habitants, ville fortifiée, se trouve, à vol d'oiseaus à 130 kilomètres d< Hamadan et à 270 de Bagdad.] VWWV : LES MMIlIi IE PETIMâl On prévoit des directions nouvelles dans les sffair»s économiques et politiques Pour rares qu'elles sont, les nouvelles de Russie n'en sont pas moins sérieuses. L'agitation est vive à Petrograd Certains événements sur lesquels on a peu do détails laissent prévoir que la Douma ne cesse point de s'intéresser à la situation économique et politique. Il semblé qu'on soit à la veille d'événements importants qui pourraient amener d'Heureuses modifications à la direction des affaires et qui — la personne du souverain n'étant pas eft cause — apporteraient à l'opinion publique des garanties et de légitimes satisfactions. WWW LeralaMeoMois L'ennemi n'a pss toujours le lempj Ai faire sauter ses abris Londres, 15 maris. — Selon le correspondant du « Times » au front britannique, tout semble indiquer que l'ennemi a dû éacuer en toute hâte la crête du bois Lou-part.Le correspondant ajoute q.ue dans un grand nombre d'abris on a. troutvé defc bouteilles de Champagne et d'autres vins, des bouteiles d'eau minimale et des cigares. Mais les Anglais ont des raisons de se défier de ces provisions et ils se gardent bien d'y toucher. LES ANGLAIS RECONSTRUISENT RAPIDEMENT ROUTES ET VOIES FERRÉES Londres, 15 mars. — Un sipectocle étonnant de cette lutte, c'est la rapidité avec laquelle des groupes de travailleurs britanniques rétablissent les voies de communication sur les talons de l'ennemi qui recule. On peut voir les routes et les chemins de fer progresser en terrain marécageux. La rapidité avec laquelle nous avons été amenés à faire avancer nos canons et à maintenir le ravitaillement et les munitions, doit avoir déconcerté les Allemands. www L'EÛHEG DU BLOCUS fiLLEMû Au cours de la semaine qui a fini le 11 mars à minuit, il est entré dans les ports franais 707 jjateaux, non compris les bateaux de pêche et le cabotage local. Sur ce nombre 2 ont été torpillés par des sous-marins. Do son côté, l'amirauté anglaise publie la statistique suivants s'appliquant à la même période : 1.985 arrivées et 1.959 départs. Ont été coulés 17 bateaux marchands ot 3 bateaux pêcheurs britanniques. 16 attaques ont eu lieu sans succès. un. navire annoncé comme coulé la semaine <iem.ièire a été remorqué au port. WWW — Les élections dtu conseil municitpal de Copenhague ont fait remporter aux socialistes une importante victoire. Possédant maintenant trente mandats, contre 17 conservateurs, 6 radicaux et 2 indépendants, le parti socialiste forme la majorité absoJue de rassemblée, qui se compose de cinquante-cinq membres. ; Diiieit! les Eeîk trait»! les fripe: Une protestation de i'archevêqu de Cambrai contre les excès de l'occupation allemande Mjgr l'évêque de Limoges vient de pi ! blier la protestation adressée le 20 octobi dernier au général commandant d'étape à Cambrai, par l'archevêque de cette villi sous le titre : <« Quelques considératior sur le traitement imposé aux habitanl des pays occupés en France^ » Mgr Chollet examine successivement k irdivers articles des conventions de La Hary qui ont été l'objet de violations systémat ques de la part des autorités allemande* .( C'est maintenant un fait établi par l'e> périence de deux années, écrit le préJa bien des rigueurs de la guerre, qui ai; raient pu être évitées aux habitants de pays occupés, ont pesé lourdement sur eu> des articles obscurs ont été appliques dan un sens moins humanitaire ; des situa tions non prévues, ont été abandonnées l'arbitraire. » Mgr Chollet énumère successivement le diverses sortes de sévices dont les habi tants ont été victimes dans leurs personne et dans leurs biens, et il ajoute : Les journaux allemands se plaignent qu. la France cultive chez ses fils la haine d l'ennemi. Qu'on permette ce langage à ui ministre de la paix, ouvrier de la fraternit entre les hommes et entre les peuples : il es bien à craindre que cette haine ne soit beau coup trop cultivée de ce côté-ci de la lign» de feu par les m es uies administratives aux quelles nous sommes soumis, et qu'elle n. vive malheureusement beaucoup plus long temps, et pJus acerbe, dans l'âme des pay occupés. L'archevêque de Cambrai proteste, ea termes mesurés, mais avec force, contir tous ces attentats et il termine en énonçan les difficultés qui ont été apportées ; Texércice de sa mission épiscopale : La liberté n'existe pas pour l'archevêque d< Cambrai. Il n'a pas même celle de corresi>on dne avec le Souverain Pontife puisque, cler nièrement, une note qu'il adressait au Vati can sur un objet que le gouvernement irnpé ri.al allemand a maintes fois reconnu commi appartenant aux attributions pontificales lu a été refusée. Ceci l'amène à faire une nouvelle remar que : les traités signés à la Haye portent 1; signature de la plupart des gouvernement: du monde. Ce sont des engagements mutuel pris entre les signataires ; et tous ceux-cf qu'ils soient en guerre ou non, ont intérêt i les voir respecter. Ils ont dès lors le droi de recevoir des recours et d'élever la voix quand les traités souscrits par eux n'ont pa été observés. C'est ce qu'ont pensé les. représentants d< nos intérêts civils. A plusieurs reprises, ih ont voulu porter leurs doléances devant le; amlmssadeuTS de gouvernements signataire^ de la convention de La Haye. Leurs lettre: n'ont pas été transmises. Il ne leur a pas ét< permis d'arriver jusqu'aux seuls défenseur naturels et juridiques de leurs droits mécon nus. Et Mgr Chollet conclut : Ces pages ont été écrites sous le regard d< Dieu. Leur auteur n'y a apporté qu'une pas sion, celle de la Vérité, de la Justice, dans h calme de la pensée et de la modération di langage. Il a confiance que l'autorité aile mande voudra leur prêter attention et pi en dre toutes ses mesures pour rétablir dan; nos pays occupés « l'ordre et la vie publics » cet ordre et cette vie qui résident non dan: la mine ou la stagnation, mais dans la con servation et dans la libre marche des orga nismes sociaux. Nul ne lira sans émotion cette protesta tion où l'archevêque de Cambrai défen< les droits de la vérité et de la justice ave< tant de courage et de dignité. www — Des nouvelles de Bombay annoncent qu< l'emprunt de guerre aux Indes anglaises pro met un gros succès. M. Surupchand Hukum ohand, grand négociant indigène, a souscri à lu.i seul 15 millions de francs. — On dément officiellement de Rotmie h nouvelle, répandue par la presse ennemie que le ouûrassé italien Giulio-Cesare aurai coulé; saboté par son équipage. — L'assemblée provinciale de la Parues crientaile a voté une notion dlemtanicîiant le re cul des frontières allemandes veas l'Est, ai ,méipris des promesses faites àla Pologne e à la Litlïuanie. il GOMMENT FDT TORPILLÉ , !ec3r3o»iricai<i"^oipa" NOUVELLES PRÉCISIONS p Londres, 15 mars. Voici des précisions sur le coulage du vapeur américain Algonquin : ce navire allait de New-York à Londres, avec un chargement de vivres. Il était absolu-ment sans armes. Le sous-mairin alle-e mand ouvrit le feu sans avertissement ; s il tira vingt obus ; quatre portèrent. >, Aussitôt, des marins allemands monlà-b renl à bord et amenèrent le pavillon s américain. Le capitaine donna, l'ordre à l'équipage de descendre dans les canots, ® quoique le sous-marin continuât à tirer. £ Le feu ne cessa que lorsque les barques se furent éloignées du navire. Un matelot de VAlgonquin a déclaré , que, pendant que le grand staemer cou-"■ lait, l'équip'age du sous-marin se moqua ® des matelots américains. Ce bâtiment, ^ qui portait deux canons, était le U-39. WWW : L'AIE [lES IWIlS } Le Belge et le Boche i à l'épreuve de la guerre 4 t M. Maurice Maeterlinck a. écrit en tête du. r Vigaro de jeucûi um bel article sur la révé-j lation que la guerre nous a donnée de l'ûme 1 véritable des peuples. 3 Extrayons-en ce que dit l'écrivain belge de . notre pays après a\ôir salué l'àme française : 5 J'en pourrais dire autant d'un autre peuple que je connais bien, puisqu'il habi- i te le sol ou je suis né. Les Belges non î pius, teies que nous les montrait la vie t dè tous les jours, ne semblaient pas nous i promettre une grande àme. Ils nous paraissaient bornés, étroits ,assez vulgaires, mesquinement honnêtes, sans idéal, sans 1 pensées généreuses, uniquement préoccu- - pés de leur petit bien-être matériel, de - leutrs petites querelles sans horizon ; et • pourtant, loisicpe sonna pour eux la même r heure du devoir, plus menaçante, plus formidable que celles des autres peuples, parce que qu'elles les précédait toutes dans i un effroyable mystère ; ayant tout à ga-; gner et rien à perdre, fors l'honneur, s'ils > se montraient infidèles à la parole donnée, • dès le premier appel de leur conscience, j: réveillée dans un cup de foudre, sans hésitation^ sans un regard sur ce qu'ils al- î laient affronter et subir, d'un élan unanime et irrésistible ,ils étonnèrent l'univers - par un chix qu'aucun peuple n'avait fait ' et sauvèrent le monde tout en sachant ! qu'eux-mêmes ne pouvaient pas être sau-î vés ; ce qui est bien le plus beau sacrifice î que les héros et les martyrs, qui sem-5 blaient jusqu'à ce joutr les professionnels • du sublime, puissent accomplir sur cette terre. D'autre part, à ceux d'entre nous qui , avaient eu l'occasion de fréquenter des Allemands, avaient séjournés en Allema- > gne et croyaient en connaître les mœurs t et la littérature, il paraissait incontestable - que le Bavarois, le Saxon, le Hanovr.ien, l'habitant des bords du Rhin, malgré cer- ' taines fautes d'éducation plutôt q,ue de j caractère,. qui nous choquaient un peu, possédaient des qualités, notamment une bonhomie, un sérieux, une application au travail, une constance, une résignation, . une simplicité familiale, un sentiment du I devoir, une fa^on d'accepter consciensieu-; senient la vie que nous avions toujours ignorés ou que nous achevions de perdre. Aussi, en déJpit des avertissements de . l'histoire, fûmes-nous frappés die stupeur et d'abord incrédules au récit des pre-î rnières atrocités* non pas accidentelles, ; comme en toute guerre, mais vouTues, pré-t méditées, systématiques et allègrement perpétrées par tout un peuiple qui se mettait délibérément, avec une sorte d'orgueil 1 sadique, au ban de l'humanité et se trans-? formait tout à coup en une horde de démons plus redoutable et plus dévastatrice que toutes celles que l'enfer avait jusqu'à ? présent vomies sur notre planète. — www n — Le change sur Berlin est tombé hier t en Sonisse à 79 fr. 50 ; les cent couronnes aui-trichienes sont tombées a 50 francs. ■rame—aMB—paa—BB——artfc LES PROFESSEURS freiericq et Pireiae EN CAPTIVITÉ Le gouvernement allemand pour se disculper, les accuse de machinations germanophobes Un radiogramme allemand essaie de dis' culper l'Allemagne de la nouvelle mesura de rigueur prise à l'égard des illustres his< toriens belges, Henri X>irenne et Paul Fre-dericq.en prétendant qu'ils ont abusé de la confiance des autorités allemandes pour se livrer, à Iéna, à de nouvelles machinations germanophobes. Cette imputation dirigée contre deux prisoimiers que l'on prive do tous moyens de se défendre sera sévèrement jugée. Les deux professeurs belges sont animés d'un ardent patriotisme, mais ils sont universellement connus comme des hommes d'honneur incapables d'une forfaiture. Comment, d'ailleurs, leur aurait-il été possible de se livrer à des machinations germanophobes, vivant environnés d'ennemis en un régime de liberté surveillée, au centre de l'Allemagne ? Le radio allemand a l'audace de parler de la mansuétude dont on a usé à leur égard. La vérité est que l'Allemagne a traité les deux savants avec une brutalité indigne. Arrêtés le 18 mars 1916, pour avoir refusé de favoriser la pseud o -f laniandi s a* tion de l'Université de Gand, kue leur enseignement illustrait, ils furent déportés sans jugement. On ne leur laissa pas Iç temps de faire leurs adieux à leurs familles ni de se préparer à un long internement. On les enferma isolément dans des camps divers. Pirenne fut enfermé d'abord au camp d'officiers de Grefold, puis au camp d'internés civils de Holzminden baraquement 73, c'est-à-dire à 80 kilomètres de la ville universitaire la plus rapprochée et cela au moment même où le bureau Wolff télégraphiait mensorigèrement qu'on améliorait leur sort et qu'on leur donnait toutes facilités pour la continuation de leurs travaux. Frédéricq fut enfermé au camp d'officierb de Guersloh. Il fallut le soulèvement d'opinion de l'élite intellectuelle des pays neutres, particulièrement la Hollande, le Danemark, l'Espagne et les Etats-Unis, et l'intervention de hautes influences pour que l'Allemagne se décidât, à contre-cœur, au mois d'août 1916, après cinq mois, à mettre fin à cette captivité rigoureuse et à autoriser la réunion des deux amis à Iéna„ On était d'ailleurs résolu à saisir la première occasion pour interrompre le cours de cette prétendue mansuétude. Comme la fidélité à la patrie belge est maintenant érigée en délit contre les Belges, et particulièrement contre les habitants de la Flandre, l'Allemagne n'aura pas eu de peine, à trouver le préteite qu'elle cherchait. On remarquera que la mise en'pénitence des deux professeurs patriotes coïncide avec la réclame de presse faite autour de la démarche à Berlin d'une poignée de traîtres recrutés parmi les activistes flamingants et dont la presse illustrée allemande vient de publier les photographies en groupe, accompagnés de l'officier allemand qui leur sert d'imprésario. Cette coïncidence a la valeur d'un symbole.WWW —— 1 » LES ITALIENS REPOUSSENT une attaque autrichienne Rome, 15 Mars. — (Officiel) A la source de Gismon (Brenta), dans lâ nuit du 13 au 14, une tentative d'irruption ennemie, contre nos lignes sur lo. seconde cime -du toi Bricon, a été promptemeivt repoussée.Pendant la journée du 14, tout le long du front .activité de l'artillerie et de petite groupes d'infanterie, plus intense sur le Carso, où une de nos patrouilles a poussé jusqu'aux lignes ennemies et en a rapiport^ du matériel . • ■■ - wvwv ■ ■ ■ ■ ■ — Les journaux hollandais disent que M. Schroeder, directeur du « Telegraaf », pourra faire appel de l'arrêt de la Cour qui vient de le condamner à 3 mois de prison pour son arti/cie contre le Kaiser. Feuilleton du XX0 Siècle, N° 11. .»■■■ . ... ■ ■ .1 .1,.- | LES BELGES en Afrique allemande (Suite) Le canon est un Krupp datant de 1900. Les projectiles qu'il a tirés avaient été fabriqués à Karlsruhe en 1915. Ils avaient donc été apportés en Afrique depuis la guerre. Ils provenaient sans doute (lu bateau qui est parvenu à forcer le blocus anglais de la côte est-africaine en avril dernier, et a débarqué des armes et des munitions à Lindi, un port très au Sud, tout près de la frontière portugaise. La marche vers Itaga La brigade Nord reprend sa marche vers Tabora. Tout Je long de la route, il y a des escarmouches avec des arrière-gardes allemandes.A chaque étape on voit des cantonnements protégés par des tranchées, des aba-tis d'arbres, des défenses accessoires en broussailles épineuses. Les camps allemands se distinguent par les ruines calcinées des huttes d'Européens et de& maga- I sins de vivres incendiés, par des tshungu, des calebasses, des récipients de toute es-! pèce abandonnés, par des débris de cha-I j-iots brûlés, par des squelettes de bicyclettes. Pour marcher plus vite, l'adversai-ne devait se débarrasser de tous impedimenta.Le 12 septembre au soir, le colonel Mo-îitor, le lieutenant-coloncl Huyghe et le major Bataille arrivent en vue des collines d'Itaga avec le 8° bataillon (commandant Pirot), Je 9° bataillon (commandant Ilérion), le 11° bataillon (commandant I.o-ckcn), le 12° bataillon (major Gilly), deux batteries d'artillerie et deux compagnies appartenant au 5° bataillon (major De Brouwer) et au 13° bataillon (commandant Larsen). Les troupes ont avancé pendant deux jours à marches forcées, car on sait que la brigade sud est engagée à l'Ouest de Tabora. Elles ont beaucoup souffert de la soif dans une région où l'eau est rare et mauvaise. Le ravitaillement en nourriture est difficile dans la savane boisée, dans la steppe épineuse. Cependant il faut opérer une forte pression sur l'ennemi pour alléger d'autant la résistance qu'il oppose à nos colonnes venant du Tanganika. L'ennemi occupe à droite et à gauche de la route Wuansa-Tabora sur les collines 7-ocheuses qui forment à Tabora une enceinte naturelle, des positions très fortes. La clef semble en être la colline Itaga, à notre droite, entre la route et la mission du même nom. Le colonel Molitor décide de l'attaquer de front (12e bataillon et une compagnie du 13°) et de flanc, tandis qu'une démonstration sera faite (11° bataillon et la batterie Jadot) contre la colline Mala-galaA gue les Allemands occupent de l'au tre. côté de la route, à notre gauche, et près de laquelle ils ont mis en batterie deux canons de 105. L'opération est préparée par un mouvement tournant derrière la colline Malende, opposée à la colline Itaga, et qui amènera le 8° bataillon, le 9° bataillon, une compagnie du 10e bataillon (capitaine Denève) et la batterie Clvnans a hauteur de la mission d'Itaga. Cette marche à couvert prend la journée du 13 septembre. Les troupes y résistent, malgré leurs fatigues antérieures. Attaque et contre - attaque Dans la nuit du 13 au 14 septembre, l'attaque est déclenchée. Nos troupes se lancent en avant avec l'enthousiasme qui est leur caractéristique quand il s'agit de courir sus à l'adversaire, un enthousiasme qui leur fait oublier les randonnées des jours précédents et les privations subies en cours de route. L'ennemi résiste avec acharnement. 11 dispose de gros canons, d'artillerie moyenne, de mitrailleuses nombreuses. Quantité d'Européens encadrent ses askaris indigènes. 11 dispose de munitions abondantes. 11 tonne. 11 fait un feu d'enfer. Cependant nous établissons notre supériorité et, sous la.protection de la batterie Clynans, installée à mille mètres de la colline Itaga, le bataillon Pirot escalade la pente raide de cet amas de roches et l'occupe. Nous nous emparons de trois canons de 37 et de deux mitrailleuses. Mais Itaga n'est que la première crête d'une série de collines se développant dans la direction Nord-Sud et les Allemands poursuivent leujr -ésistance ejn 'arrière, ' 'i"'HT ' T1M Hf—EM~*TJ,L'" tek facilités par ce que Itaga est dominé là ... Le bataillon Hérion s'engage à l'a. drote avec la compagnie Denève à l'ext me droite. Il est pris en flanc et de fc par des renforts venant de la direction Tabora. Uu sauvetage héroïque Le capitaine Denève, que j'ai rencontré à l'hôpital de Tabora, m'a raconté < épisode de la bataille : — J'avais occupé une colline qui trouvait en plein dans la position al mande. Il y avait un feu terrible. L'eni mi nous envoyait, des rafales. Ils disposi de trois mitrailleuses. Elles furent renf. Oées par deux autres. Les balles ri< chiaient dans les rochers. L'artillerie no assourdissait. Des sous-officiers ven d'Europe me disaient qu'ils n'avaient ; mais assisté à rien de pareil. J'ai demari du renfort. Le lieutenant Garnir m'ame deux pelotons... Les hommes étaient adr râbles. J'avais été blessé à la jambe droi mais les soldats n'en avaient rien vu; blessure n'avait pas d'importance. J'ai < blessé une deuxième fois à la cuiisse droi Je suis tombé.. Il y a eu un soupçon de fl< tement : « le capitaine est touché ! » J'ét; bientôt debout et je reprenais mes co: mandements au sifflet. On continua à battre comme avant. Le combat faisait i ge. J'étais menacé d'enveloppement. F; ;lait-i)l se laisser prendre ou se laisser nw •sacrer sans utilité ? Non. Il fallait se t gager par échelons. Le premier détael ment parvient à passer. Je suis avec second, Pou# Je troisième, un sergent de qui j'avais toute confiance, multiplie les salves. Les Allemands, qui eux-mêmes ile font une déipense folle de munitions, rê- croient à une offensive prochaine et ne ce s'aperçoivent pas de ce qui se passe. Le de d&rnier échelon s'est dégagé... « Je me trairue tant bien que mal avec les miens. Je perds beaucoup de sang. A certain moment, je n'en puis plus ! Je me couche au fond d'un sillon dans un chamjp à de manioc et j'attends que des brancar-:et diers viennent m'enlever. Les balles sifflent de toutes parts. Je sud s touché au £e pied gauche ^'un projectile explosif qui Iq. me fait une horrible blessure et qui me i€. réduit les os en esquilles... « Le sous-officier Hennaut, qui se trou-)r_ vait déjà dans la zone dangereuse, averti 0. de ce que j'étais resté en route, revient us sur ses pas et, quoique blessé lui-même us deux fois à la lace, me rejoint dans mon a_ sillon. dé <( Les Allemands, aux jumelles, ont dû na voir qu'il y avait là des blancs. Ils se met-ii- tent en devoir de les achever. Il pleut des Le, balle sautour de nous. Elles font floc ! la floc ! dans le labouré. Elles nous rasent î(é le bout du nez, le lobe de l'oreille. Hennaut te. se met en mesure de bapdetr ma plaie et >t- d'opérer une ligature pour arrêter l'effu-is sion du sang. Puis, de ses mains, il creusa n- la terre et établit un petit remblai pour se me protéger la tête. Cela fait, il vient se a- coucher à côté de moi. Les balles conti-il- muent à pleuvoir. ts- « Combien de temips cela dura-t-il ? Je lé- n'en sais rien. Nous avions l'impression ie- que les Allemands voulaient notre mort, le Nous ne bougions plus. Nous attendions... en Ils doivent avoir cru que c'en était fait de nous, car fusaSls et mitrailleuses prirent un autre objectif. Hennaut me dit /u'à cent mètres de là nous serions à l'abri. Mais comment y arriver ? J'avais perdu énormément de sang. Mes forces étaient épuisées. Essayons tout de même. Hennaut s'est couché sur le ventre. Je me suis étendu sur son dos. Nous nous traînons dans les sillons. Ainsi nous parcourons une quarantaine de mètres. Au prix de quels efforts ? Je ne puis vous l'expliquer.. Vou£ vous l'imaginerez sans doute... « Les Allemands nous ont aperçus. La rafale reprend de plus belle. Décidément nous n'y échapperons pas. Nous resterons couchés derrière une touffe d'herbes dont la motte de terre nous protégera.. Combien? de temps ?... La fusillade cesse... Pourquoi ?... « Là-bas s'avance un détachement de brancardiers. En tête est porté un dra.peau de la Croix-Rouge au haut d'une longue perche. Les Allemands — pour une fois — respectent le symbole de la Convention da Genève. Le sous-officier infirmier Van Fle-teren, un brave, arrive jusqu'à nous. II nous fait emporter... Voilà... Le capitaine Denève dans sa modestie, oublie de dire qu'il a été cité à l'ordre du jour (( pour l'entrain et le courage dont il a fait preuve : 1° en maintenant pendant plusieurs heures sa troupe sous une fusil- i lade vive et un feu violent et précis de mitrailleuses ; 2° grièvement blessé et souffrant cruellement, n'a consenti à se laisser évacuer qu'après avoir assuré lui-même le mouvement de repli de sa compar gnie. » (A suivre.) Ernest HENRION*

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Dit item is een uitgave in de reeks Le XXe siècle: journal d'union et d'action catholique behorende tot de categorie Katholieke pers. Uitgegeven in Bruxelles van 1895 tot 1940.

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