L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam

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07 augustus 1915
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s.n. 1915, 07 Augustus. L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam. Geraadpleegd op 05 juli 2020, op https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/nl/pid/5h7br8nf3v/
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l*r* Km®*? « cetiis t»o centimes) samedi août S9Î5 L'ECHO BELGE L'Umon fait la Force. •Journal Quotidien du matin paraissant à Amsterdam Belge est notre nom tSe Famille. Toutes les lettres doivent être adressées csu bureau de rédaction: " N>z> VOORBUROWAL 234-240 Téléphone: 2797. Rédacteur en Chef : Gustave Jaspaers. _ , „ ( Charles Bernard, Charles Herblet, Comité de Rédaction: î „ , . . . , ( René Chambry, Emile Painparé. Pour les annonces, abonnements et vente au numéro, s'adresser à l'Administration du Journal: N.Z. VOOBBURGWAL 234-240. Téléphone: 1775. Abonnement [ En Hollande fl. 1.50 par mois, payable par anticipation l Etranger fl. 2.00 ,, ,, Paroles Utiles Je me permets <3® répoudre à l'article ,.Paroles inutiles" où l'auteur s'etonne que b Saint-Père fasse un appel a 1^ »» moment où cette paix ne peut qu etie fa-\ o-rable à l'ennemi. Cette appréciation a certainement peiné et blesse de nombreux lecteurs catholiques. Avec la loyale impartialité dont r.Echo Belge" est coutumier, il ne leur refusera pas la satistaation tl'aecueiiiir les quelques observations qui Ne devons-nous pas faire au Pape 1 honneur de lui prêter assez de sens moral et de jugement pour comprendre, aussi bien que nous, qu'une paix équitable et définitive est, humainement parlant, impossible a cette heure ? Il voit évidemment non moins bien que nous que, si l'Allemagne n'est pas mise dans l'impossibilité de nuire, ce sera a recommencer bientôt et qu'une paix boiteuse eera.it inévitablement suivie du plus nefas-ta surlendemain. Mais il croit aussi et nous tous, catholiques, nous croyons avec lui que là où l'homme est à bout de voie, Dieu sait donner à son heure la solution voulue et, comme nous croyons également à 1 efficacité de la prière, le Pape nous invite a redoubler nos supplications, à faire violence au ciel, pour que cette heure ne tarde plus longtemps à sonner. Nous creyons que rien n'est impossible à Dieu et qu'il se laisse toucher à notre voix. C'est pourquoi nous espe-rons, contre toute espérance humaine, qu il saura bien trouver dans les trésors de son infinie sagesse, pour emprunter le magnifique langage de nos livres saints, le secret d'amener enfin la justice et l'ameur a se rencontrer et à échanger le baiser de paix. C'est< là du mysticisme, nfe direz-vous. Pardon, c'est tout simplement le point de vue chrétien. Et à quel autre point de vue voulez-vous que se place le Pape? Mais ce point de vue est chimérique ! L3, pour le moment, n'est pas la question. La question esfc de savoir si nous, catholiques, et le Pape avec ïîoïîs, nous ne pouvons pas demander la paix sans vouloir pour cela servir les déteeèins de 1 ennemi. Laissez-moi un moment insister là-dessus. Pour apprécier avec équité 1 attitude.^ du Pape, il faut se mettre à fa place, se péné-trer de ses pensées et de ses sentiments, lui emprunter son moi, pour ainsi dire. Si vous le faites, vous ne sauriez pas ne pas reconnaître qu'il avait le devoir de parler et qu'il ne saurait parler autrement qu'il ne parle. _ Donc ses paroles ne sont pas mutiles. Mais il y a plus. Le Pape, le Prince de la P^ix sur la terre, n'est-il pas dans' son rôle quand il adjure de se réconcilier enfin les peuples qui s'entr'égorgent depuis une année ? Mais il parle à ] contretemps, il n'a aucune chance d'être écouté! Un père assistera-t-il les bras croi- , ses à une lutte fratricide de ses enfants? ' Ne se jettera-t-il pas entre eux, au risque f de se voir repousser? Et n'est-ce pas le J (moment pour le Pape de se répéter avec 1 1?apôtre saint-Paul : ..Prêche la parole, in- 1 sut© à temps et à contretemps, menace, < exhorte"? Si, de chainte de^ n'être pas en- * tendu, le Pape 6e taisait à cette heure, l'histoire lui reprocherait un jour d'avoir failli a sa mission, non moins que celui dont iil est le vicaire et qui est venu apporter la [paix au monde. "Une foi3 encore, ses paroles ne sont donc f inutiles ': I Me permettez-vous d'ajouter quelques -mets au sujet des sentiments personnels ,de Benoît XV? Ce serait se tromper lourde- * ment, ce serait oublier tous ses antécédents, * que de le croire hostile à la France. Léon 1 XIII revit en lui. Si le droit de veto n'avait ^ pas été révoqué définitivement par Pie X, l'ostracisme autrichien aurait frappé le cardinal délia Chiesa, au dernier Conclave, 1 comme il avait frappé le cardinal Rampolla au Conclave précédent. N'avait-il pas été le fidèle collaborateur' de Rampolla, en qualité dosons-secrétaire d'Etat? A l'avènement de Pie X, il a refusé de rester à la Curie pour Ce pas s'associer à la nouvelle orientation 1' <le la politique romaine. Elevé à son tour à ** la Papauté, il choisit immédiatement pour c secrétaire d'Etat lô cardinal Ferrata, dont 1 les attaches françaises étaient notoires. "Une c ûiort prématurée frappe le cardinal Ferrata. 1 Par qui est-il remplacé aussitôt? Par le cardinal Gasparri, qui avait longtemps ensei- c gné à Paris, à l'Université catholique,et qui, 1 étant pas encore mêlé à ^la politique, se I plaisait à dire qu'il avait laissé son coeur c France. Ce n'est au surplus un mystère '> pour personne à Rome que Benoît XV s'est ^ donné pour première tâche, lors de son avè- c Wment, de renouer avec la France. Encore Cardinal, il avait dit plusieurs fois dans l'in- I wmité que s'il n'attendait rien de l'étroit e sectarisme du Bloc il attendait beaucoii^ du g jTand sens politique de MM. Poincaré, S oriand et Barthou. Croyants ou non, ajou- 1< ^ait-il, ils ne sont pas sectaires et ils sont p ,roP clairvoyants pour ne pas s'apercevoir |u il y va de l'intérêt même de la France t] ô rétablir nos relations diplomatiques. Son tf ■lair afftné lui faisait pressentir ce que M. p tlannoteaux a si franchement et si haute- e< aent ^déclaré depuis lors. Aussi suis-ie c ien sur de n'etre pas loin de la vérité en d Usant! que rien ne pouvait plus contrarier vues du Pape que la version dénaturée et n vestie d® l'audience accordée à M. La- fcapie de. la liberté". M. Latrie, catholi- fc • " qué comme la ,,Liberté" elle-même, a été un de ces maladroits amis, dont on dit avec tant de raison que mieux vaut un sage ennemi. A force de vouloir montrer le Pape mal" informé, pour mieux convaincre la France de la nécessité de se faire représenter auprès de lui, il a soulevé violemment contre le Saint-Siège l'opinion publique en France et fait ainsi le jeu des sectaires intransigeants aveugles, qui, pas plus qu'autrefois, Bismarck, ne veulent aller à Canossa. Quant à l'attitude actuelle de Benoît XV, est-il donc si difficile de comprendre que le Père commun des fidèles doit éviter à tout prix de paraître prendre parti. Tâche ardue! Que de fois déjà l'a-t-on de part et d'autre accusé de partialité! Il 'marche sur des oharbons ardents. Comment ne craindrait-il pas de se brûler? Il doit être d'autant plus sur ses gardes, que les menaces d'un nouveau Kulturkampf grondent sourdement en Allemagne. Au lieu qu'en France tout semble être à l'apaisement, en Allemagne, où quoiqu'on y dise on sent venir la défaite, les catholiques redoutent d'en avoir à payer les frais. Déjà le cardinal archevêque de Vienne a jeté le cri d'alarme, C'est ce qui explique le chauvinisme des catholiques allemands plus outré parfois que le chauvinisme protestant lui-même. Ils cherchent à se faire pardonner d'être catholiques. Comment le Pasteur suprême ne tremblerait-il' pas à la pensée de contribuer, si peu que ce fût, à faire de l'Eglise d'Allemagne le bouc émissaire chargé par le luthéranisme prussien des iniquités d'Israël ? Sachons donc rendre justice au Pape, lui tenir compte de la délicatesse infinie de sa position et y regarder à deux fois avant do l'accuser de ne pas tenir la balance égale ! Che. Heynssens. Il y a un an! 7 août Le Portugal déclare sa fidé lité à l'amitié britannique. Un .décret du président de là République confère la Légion d'honneur à ï-a. ville de Liège. Publication viif Livre* orange en Russie■ En trée des troupes françaises en- Alsace, à Altkirch. En Angleterre, lord Kitchener est nommé ministre de la guerre. '■■g?' « Rapprochement édifiant. C'est la ,,Gazette de Lausanne" qui l'a 'ait dans son numéro du 11 juillet:. EN 1915 Comme elles étaient entrées à Bruxelles, ! nopinément, sans la permission du Roi des Belges et de son peuple, les troupes de l'em-Dereur s'emparèrent des édifices officiels et HLvrirent les archives du ministère de la guerre. Elles y trouvèrent des documents 'qui eur servirent à faire' croire au peuple aile-nand que la Belgique avait lié partie avec \ es ennemis de l'empire et que, par consé- , [lient, elle n'avait qu'à s'en prendre à elle-aême de la violence qui lui était faite, con- , •rairement aux traités. \ ... >.. ... ... ... ..» ij, . EN 1756 ' Au début de la Guerre de sept ans, le roi ( e Prusse, allié de l'Angleterre, vit se coali-er contre lui la France, l'Autriche et la Russie. ( Frédéric II soupçonnait la Saxe d'être i uyi entrée dan^" la coalition et, afin de £ 'en empêcher et en même temps d'atteindre ( es Autrichiens, il' entra brusquement dans \ e royaume de Saxe avec son armée. ] L'historien allemand Schlosser, dans son , ,Histoire Universelle (Weltgeschichte 1854, -, \ XVI)", écrit à ce propos: j ,,L'armée française n'était p-.s encore { rête. Les Autrichiens, non plus, n'étaient j as en état de commencer la guerre. Les j uissances coalisées contre la Prusse auraient ] •robablement dû consacrer un temps encore r >ng aux préparatifs de la guerre, si Frédé- j îc II n'avait pas deviné ce qui se tramait ( ontre lui et s'il n'était pas entré subite- } ient, le 29 août 1756, en Saxe, avec trois , olonnes de son armée préparée dans le si-încé.Lorsque Frédéric entra en Saxe, Briihl se f irigea avec l'armée saxonne, qu'il avait c îissé fondre jusqu'à 17.000 hommes, sur >irna, à la frontière de Bohême, où il oc- s upa "bien une position solide, mais où il -c manquait de tout. La cour de Saxe l'y sui- j it, à l'exception, de la reine et des prin- c esses. s Ls 9 septembre, les Prussiens entrèrent à c >resde. Immédiatement ils pénétrèrent par 1 ffraction dans les archives secrètes, mal- j ré la résistance personnelle de la reine de & axe, afifi de s emparer des originaux des 1 ittres dont Frédéric avait obtenu des copies d ar Menzel. Les documents ainsi saisis ne démon- é •aient d'aucune façon, il est vrai, la pré-mdue alliance de la Saxe avec les autres uissances pour l'anéantissement de la Prus- >. Ils ne pouvaient., par conséquent, en au- b me manière, justifier la brusque attaque r u roi de Prusse. s Celle-ci reposait plutôt sur le droit de là si écessité (Nothiweh r). " r Ici se termine la citation de l'historien al- p En Belgique. v A Bruxelles. Dès le 2 août, au matin, on a pu lire l'avis suivant sur les inurs de la \gjle: A vis. Je préviens la population de l'agglomération bruxelloise que, le 4 août, toute démonstration, y compris le pavoisement des maisons et le port d'insignes en vue de manifester, est strictement défendue. Tous les rassemblements seront dispersés sans ménagement par la force armée. En outre, j'ordonne que, le 4 août, tous les magasins ainsi que les cafés, Restaurants, tavernes, théâtres, cinémas et autres établissements du même genre soient fermés à partir de 8 heures du soir (heure allemande). A{)rès 9 heures du soir (heure allemande), seules les personnes ayant une autorisation spéciale et écrite émanant d'une autorité allemande pourront séjourner et circuler dans la rue. Les contrevenants seront punis, soit d'une peine d'emprisonnement de cinq ans au plus et d'une amende pouvant aller jusqu'à 10.000 marcs, soit d'une de ces deux peines à l'exclusion de l'autre. Les magasins et établissements précités qui, démonstrativement, fermeront p'endant la journée du 4 août, resteront fermés pendant une période de temps assez iongue. Bruxelles, le 1er août 1915. Der Gouverneur von Brussel, von Kraewel, Generalleutenant. Ce qu'il y a d'étonnant à cette affiche, ; 3 est. qu'elle porte la signature de von Kraewel. Après son incartade tumultueuse avec fou Bissing, von Kraewel, lorsqu'il alla se plaindre à Berlin, obtint-il gain de cause et l'a-t-on réintégré dans ses fonctions ? Il semblerait. Peut-être est-ce dans cette querelle ' d'allemands qu'il faut chercher la raison iu départ prochain de von Bissing. < Aussi étrange que cela paraisse, von Kraewel aurait-il triomphé de son vieil en-lemi auprès du ministre prussien de la guerre et de l'empereur lui-même? ■ A Berlin, on prétend que von Bissing aurait demandé à être relevé de ses fonc- • tiona, parce qu'il 6e sentait très fatigué .et < que la vie en Belgique lui pesait. Ça se com- ] prend un peu... Cette version paraît d'autant plus véridique que la proclamation sur le patriotisme portée à la connaissance j les Belges par le gouverneur général temporaire lui-même montrait celui-ci parfaite-nent désabusé. On y lisait: ,,Quelle que soit a destinée que l'avenir réserve à la Belgique", et un peu' plus loin: ,,J'accomplis na mission difficile", etc.... C'est une pro- ^ jlamation ,,pour prendre congé", chuclio- j ba-tnon aussitôt à Bruxelles. Il semble, en effet, que le général-colonel ioive s'en aller "bientôt et peut-être ' îst-ce .en prévision de son départ que lo gouvernement"impérial de Berlin a jugé utile le maintenir von Kraewel au poste de gou-"erneur militaire. D'ici quelques jours, il peut se produire de 1 jrànds changements. Ce n'est pas la pre- j nière fois qu'à Berlin on brûle ce qu'on a c idoré. Il suffit de rappeler qu'un général [ >oche fut cassé le surlendemain du jour où j a croix de fer lui était remise : les deux lécrets avaient été signés en même temps ! i Un fait est acquis : tant que von Bissing ç estera à la tête du pays, il sera impossible le maintenir à Bruxelles un gouverneur mi- s itaire qui ait conscience de ses droits et de j es prérogatives. Les rapports sont toujours lifficiles avec le vieux général-colonel qu'un -jng séjour, parmi une population nettement îostile, a considérablement énervé. Nous t )ouvons affirmer que le rappel possible de { ron Bissing continue à préoccuper les bu-eaux de la Leipz-igerstrasse, où les candida- f lires de généraux, trop vieux pour com-oander sur un champ de bataille, font l'ob-et de longs rapports. On a demandé à von Sissing lui-même quel était, à son avis, le aeilleur fonctionnaire-guerrier qui put le emplacsr. Ajoutons que c'est l'empereur c [ui doit nommer, sur la proposition du mi- o îistre prussien de la guerre, le nouveau ouvernéur général en Belgique., s Une vérification générale du lait a été r aite à Bruxelles sur le territoire de la Ire livision. s Dès 5 heures du "matin, un jour de cette emaine, une brigade d'agents a été postée p ,ux différentes entrées et dans les artères q principales de la ville. Touô les laitiers ren- ontrés ont été conduits au commissariat é vec leurs crachés. Le lait de l'une des- cru- d hes, pris© au hasard fa été vérifié par M. officier de police Voisier, assisté d'un pré- p osé du Bureau de l'hygiène. De tout lait d uspect il est saisi deux échantillons, dont p un dûment scellé est remis au propriétaire e la cruche. e Sur 106 échantillons vérifiés douze ont d té saisis comme suspects. u Il y a progrès... li * * * r Les dimanches, les pèlerinages aux tom- I es des soldats morts pour la patrie et qui à ^posent au cimetière d'Ixelles sont très xi vis. La pelouse où ils sont inhumés est d tuée du côté nord du cimetière. On y ar- é ive par l'allée numéro 2 partant du rond- I oint cù reposent les anciens mandataires d pm m un aux.: La pelouse des .soldats .forme un triangle bordé d'arbustes et d'arbres; au milieu un monument en marbre serti de pylône portant une couronne et une palme en bronze sous lesquels on lit, en lettres du même métal: ,,A nos braves morts pour la patri$/V 90 victimes y sont déjà inhumées dont 49 Belges, 36 Français et 5 Anglais; presque tous ont succombé à l'hôpital militaire de l'avenue de la Couronne. Les tombes disparaissent sous les fleurs; sur chaque tombe on a planté une petite croix en bois, peinte aux couleurs de la nation du défunt avec un médaillon qui indique le nom de son régiment. D'autres braves, qui ont succombé sur les champs de bataille, reposent "dans des-ica-yeaux de famille, entre autre, feu M. le capitaine commandant Moékel, du 1er régiment de carabiniers, et M. Anspach, engagé volontaire. Dans un caveau d'attente repose la dépouille du capitaine commandant Stuckens, des grenadiers. A Anvers. Les derniers raids aériens ont rendu les Allemands très inquiets. Ils redoutent principalement une attaque sur la ville. La sur-veilljance de .jour et de nuit est devenue très ninutieuse. L'approche des forts.est déferia due dans un rayon de plusieurs kilomètres*;1 Ils craignent l'espionnage au plus haut point. Le soir, il est impossible de sortir de la ville. L'entrée en ville est à nouveau ^gardée par des sentinelles vigilantes. Les passeports sont exigés. On les réclame même lux écoliers. Les Allemands1 ont dépensé de grands efforts pour se fortifier dans le camp d'Angers. Les travaux d'approche sont des modèles de défense. Tout un système de voies errées relie les forts entre eux. Ils redouent que des raids d'aéroplanes alliés — les aviateurs deviennent de plus en plus auda-:ieux — ne viennent détruire le travail opi- liâtre de plusieurs mois-* * * Iles Allemands eurent une surprise peu tgréable lorsqu'ils firent le (^ontërôle, la se-naine dernière, des jeunes gens anversois igés de 18 à 25 ans. Trois mille d'entre eux-ci manquaient à l'appel.... Ils'avaient nis la frontière entre eux et les Boches.... * * * "■ ™1 La proclamation du freiherr von Boden-îausen relative au 4 août n'a pas été main-enue les jours suivants. De sorte que les nagasins et les cafés peuvent rester ouverts iprès 8 heures du soir. * * * Les prix des vivres augmentent sensible-nent à peu près chaque semaine. Le nom->re de chômeurs s'accroît. Quant aux séjours qui leur sont attribués, ils diminuent >rogressivement. On appréhende ici de voir irriver l'hiver. A CîîilSs/-. La commune de Gilly, près de Charleroi, egorge de Boches; ceux-ci appartiennent, tour la plupart, à la landsturm; ils passent le longues heures au cabaret où, d'ailleurs, ls ne sont pas toujours trop bien accueillis lar la population civile. Dernièrement, un de ces Teutons, qui 'oulait jouer les malins, pénètre dans un staminet de la Grand'Place. Il se dirige ers un bossu, très connu pour l'habileté de es réparties qui jouait aux cartes et, lui aressant sa proéminence, dit : — Che n'afais chamais remarqué gue fotre losse était zi crante. — Moi, riposte le bossu, je remarque, sans e voir et sans me retourner, que tu es un mbécile. — Il ne vaut bas te fager. Je te baie un , erre. — J'accepte. (Le bossu vide d'un trait). — Engore un ? — Je te crois.. — Un droizième? — Parfaitement; je suis certain, d'ailleurs, ue je boirai plus de verres que tu ne m'en ffriras. A quelques jours de là, comme le land-turm passait sous les fenêtres du bossu, elui-ci lui envoya sus le contenu d'un écipient qui n'était pas tout à fait inodore. — Che fais fous ténoncer à mes jefs! 'écria le Teuton en brandissant son poing. Il pénétra dans le cabaret le plus proche our s'y „tézinvecter", suivant le mot u'il employa. Plusieurs personnes l'avaient suivi, touffant leurs rires à la vue lamentable e l'Allemand. Brusquement, un 'individu vêtu d'un im-erméable, le chef recouvert d'une casquette e voyage, les mains chargées de valises, énétra dans l'établissement. C'était le bossu qui, pour donner le change t jouir pleinement de son oeuvre, s'était éguisé en touriste. Mais les choses prirent ne vilaine tournure. Une heure plus tard, i police boche le recherchait. Il avait heu- ; ausement pris le large. Traduit devant la 1 [ommandantur, il«fut condamné par défaut dix ans de prison et à mille marks d'amende. Mais il „roule toujours sa bosse" et, en épit de son ,,signe particulier", comme crivent les signalements, il a pu gagner la [ollande, d'où il envoie d'enerffiques uieds e nez aux Boches. y i , ——> A Poperinghe. Samedi 24 et dimanche 25 juillet, des obus de 150 sont encore tombés sur Pope-ringhe et la campagne environnante. Un obus a atteint l'hôpital, comme il fallait s'y attendre; deux autres ont abîmé le toit de la gendarmerie et des maisons contiguës. Personne n'a été atteint. A Vlamertinghe, presque toutes les maisons sont endommagées par le bombardement.L'administration communale continue à gérer avec soin et avec ponctualité les intérêts de la ville. Le conseil communal a tenu lundi 19 juillet une réunion . publique en l'hôtel de ville qui, très heureusement, n'a pas encore été atteint par les projectiles allemands. U a arrêté les budgets de la ville, des hospices, du bureau de bienfaisance et de l'école primaire. Une délibération a été prise pour protester contre l'application trop rigoureuse des dispositions de l'arrêté royal du 15 mai 1915 sur la délivrance des permis de séjour et pour inviter les ministres de l'intérieur et de la guerre à donner à la commission de gendarmerie et de police des instructions afin que l'application de l'arrêté royal précité se fasse dorénavant dans un sens plus large. Le conscil communal a décidé d'envoyer une lettre de remerciments à MM. Empain, Brunet et Boccon-Gibod, de Paris, pour les soins si délicats prodigués avec tant de bienveillance et de générosité aux vieilles per- ; sonnes et orphelines recueillies dans l'hospice de Saint-Michel de Poperinghe, actuellement transféré à Sèvres. L'administration communale a également adressé, par l'organe du conseil communal, l'expression de sa sympathie et de sa reconnaissance à M. le colonel Trembloy, commandant la gendarmerie territoriale, qui par son zèle et son dévouement, a contribué si puissamment à alléger la responsabilité et les charges de l'administration. Oarss les Flarasires. On apprend que les Allemands viennent de faire construire, dans les Flandres, des baraquemente par centaines pour y loger des troupes pendant F automne et l'hiver. » * • En Flandre, comme partout ailleurs en territoire occupé, les Allemands, avaient fait défense de célébrer le 21 juillet. Une circulaire imprimée clandestinement sur du papier à nos trois couleurs fut distribuée dans toutes les villes et dans de nombreux villages des deux Flandres. On y lisait: ,,11 y a dix ans, à pareille date, nous fêtions splendidement le 75e anniversaire de notre indépendance nationale. Unanimes dans notre fierté nationale, en jetant un regard sur motre passé, unanimes dans notre sentiment de confiance en l'avenir, nous célébrions tous ce grand événement. ,,Aujourd'hui la voix du canon se fait entendre dans les plaines flamandes. Les cloches ne sonnent plus notre joie, mais le deuil des braves qui sont morts pour la Patrie. ,,Mais les malheurs de notre Patrie n'ont pas diminué en nous l'amour pour le sol de nos pères. ,,Le 21 juillet demeure un jour de réminiscence consolante ; en songeant avec fierté au passé de la Belgique, nous prions dans toute l'ardeur de notre âme Celui qui tient en main le sort des peuples : ,,— Seigneur, c'est Ta main qui nous a envoyé l'épreuve; c'est de Ta main que nous invoquons en ce jour la paix salutaire, ptfur la tranquillité et la prospérité de notre chère Patrie." Les Allemands recherchent activement l'auteur et l'éditeur de ce manifeste. • Atusc frontières. Les ouvriers belges qui travaillant dans certaines localités frontières 'hollandaises, telles que le Sas-de-Gahd, recevaient jusqu'ici des autorités allemandes l'autorisation de se rendre une fois par semaine en Belgique, généralement du dimanche au lundi matin. Cette autorisation est, à présent, suspendue. Les hommes âgés de 16 à 40 ans ne peuvent plus passer la frontière dans aucun cas. * * * Près du fort 'de Bouchaatschen, un nommé A. Bonté s'e6t heurté^au fil électrique. Il est gravement atteint aux mains, à la poitrine et au genou. a «-«p— iuelps souvenirs... Voici un article de souvenirs, écrit „1' Echo de Paris". Il paraît dans „la Roumanie", de Bucarest, sous la signature de M. Take Tonesco. Le titre du journal et la signature ie l'écrivain nous sont garants que nous a'allons rien y lire de désobligeant — au contraire. Par ailleurs ces souvenirs nous apportent quelques détails de politique étrangère que le public ignore certainement. Ce sont quasiment des documents. Nous dlons donc les reproduire sans commentaires. Les souvenirs de M. Take Jonesco datent le l'époque où il était au pouvoir emdécem-bre 1912. C'était le moment des négociations kurco-balkaniques. M. Take Jonesco se rendit alors à Londres où il comptait offrir aux Bulgares — ce qui à cette date voulait dire la Ligue balkanique — l'appui de la RourçiajiiQ et s'il le taUgit jjon encoure militaire pour forcer la Turquie à céder sur la question d'Andrinople. L'idée d'une guerre avec la Bulgarie et, partant, avec tous les Balkaniques, nos amis séculaires, me répugnait profondément, écrit M. Jonesco en manière de préambule. Une pareille guerre pouvait entraîner la conflagration européenne, dans laquelle nous nous serions trouvés à côté de l'Autriche-Hongrie, et cette perspective m'était tout à fait odieuse. J'y voyais l'enterrement-de tout notre avenir, de tout notre idéal. J'espérais encore que les Bulgares se rendraient compte de la situation et s'empresseraient d'accepter mes suggestions. S'ils l'avaient fait, la paix avec la Turquie aurait été signée dans les premiers jours de janvier 1913, la seconde guerre balkanique n'aurait probablement jamais eu lieu et la guerre générale aurait été retardée qui sait pour combien de dizaines d'années. Quel qu'eûtïété mon espoir pour une entente avec la Bulgarie, je me rendais compte, cependant, qu'il était possible qu'elle échouât et, partant, que j'aurais besoin de l'appui bienveillant des grandes puissances. C'est pour cela que, avant mon départ de Bucarest, j'avais annoncé ma visite à M, Poincaré, alors président du conseil. M. Take Jonesco arriva à .Paris le 31 décembre 1912 au soir. U fut reçu à la présidence le 1er janvier 1913 à huit heures et demie du matin. A Paris, c'est une heure absurde, remarque M. Jonesco; mais il devait partir pour Londres dans l'après-midi et M. Poincaré devait se rendre le matin à l'Elysée pour les visites de nouvel an. Dès qu'il fut devant le président du conseil, M. Jonesco lui demanda l'appui de la France. Ici je cite textuellement : Il me fit les plus chaleureuses protestations d'amitié pour la Roumanie; il me promit tout son concours; mais, me dit-il, „mon action est naturellement limitée par le fait que la Bulgarie se, trouve dans les rapports les plus cordiaux avec notre alliée, tandis que vous, grâce à votre convention militaire avec l'Austro-Allemagne, vous seriez dans le camp de nos ennemis si jamais la guerre venait à éclater. Vous savez bien, ajouta-t-il, — et il était on ne peut plus sincère — que nous ne voulons pas la guerre, et que nous faisons toui pour l'éviter. Mais si nos adversaires nous forçaient à la guerre, il ne nous serait pas indifférent de savoir que vos 300,000 baïonnettes se trouvent dans le camp de nos ennemis". Le traité entre la Roumanie et la Tri-plice devait rester secret. L'homme d'Etat roumain prétendit donc qu'il n'en connaissait rien. Mais est-il vraiment un traité secret? M. Poincaré, lui, en connaissait tout : Le président clu conseil 'français, qui savait bien à quoi s'en tenir, me demanda alors si je pouvais lui donner l'assurance que, en cas de guerre, — une guerre qui, certes, ne serait jamais provoquée par la France, — il pouvait, espérer que la Franco et ses alliées ne trouveraient paa l'açmée roumaine devant elles. Personnellement, il y avait des années et des années que je ne croyais pas que les Dorobantz® pussent jamais se battre à côté des Honveds; mais le 1er janvier 1913 il m'eût été. impossible de faire une affirmation catégorique au nom de la Roumanie. Je me. contentai de dire à M. Poincaré que je ne pouvais pas lui donner»iine réponse, mais que, si j'étais à sa place, j'accorderais à la Roumanie tout le concours compatible avec mes alliances et mes obligation», «t je laisserais à l'avenir de me prouver ei j'avais agi sagement. M. Take Jonesco revint ea Franc® — neuf mois après. Il retourna ches H. Poincaré, qui, de la présidence du conseil, avait été élevé à de plus hautes destinées. C'était le 9 septembre. M. Jonesco pouvait alors répondre à l'interrogation que lui avait posée, lors de sa première vivito, le ministre français. — Vous m'avez posé, le 1er janviiff, une question à laquelle je n'ai pu répondre alors, dit ce jour-là M. Jonesco. J e vous apporte aujourd'hui la réponse. Si la guerre venait à éclater — et j'espère bien qu'une pareille calamité sera épargnée à l'humanité, — vous ne trouveriez pas l'armée roumain® dans le camp de vos ennemis. ■— Est-ce que vous avez dénoncé la traité d'alliance? me demanda-t-il. —Je ne sais rien au sujet d'aucun traité. Ce que je sais, c'est que l'armée roumaine ne se trouvera pas dans le camp de vos ennemis. De cela je suis absolument certain. Et si je ne savais pas que, tout comme moi, vous croyez à la paix et faites tout pour la conserver, je vous dirais que les événements me donneront raison. Espérons qu'ils n'auront jamais l'occasion de le faire. — Mais êtes-vous sûr de rester longtemps au pouvoir ? — Loin de là. Dans deux mois, je n'y serai plus. N'importe. Ce queje vous affirme est indépendant des personnes qui seront au gouvernement. Après ce qui s'est pass# cet été personne ne pourrait faire marcher la Roumanie contre sa volonté et les exigences de son honneur et de sa destinée. Ces souvenirs g^ont curieux à l:re parce qu'ils sont déjà de l'histoire lointaine et contemporaine à la fois. M. Jonesco les écrit avec netteté et leur donne le meilleur ton. Il ne tient plus aujourd'hui le? rênes du pouvoir, mais il lui reste l'agrément du souvenir: Je me souviens... Je me «ouviens, Et c'est le meilleur de mes bie^s... disait le poète en songeant, jl est à

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Dit item is een uitgave in de reeks L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam behorende tot de categorie Oorlogspers. Uitgegeven in Amsterdam van 1914 tot 1918.

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