L'indépendance belge

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14 december 1915
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s.n. 1915, 14 December. L'indépendance belge. Geraadpleegd op 21 januari 2020, op https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/nl/pid/6d5p844s42/
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SSèaie aaas*:, No. 295 L'INDÉPENDANCE ROYAUME-UNI: ONE PENNY BELGE. CONTINENT: 15 CENTIMES (HOLLAWDE ; 6 CENTS.) administration et redaction: .. bureau a paris : , tudor hootb, tudor st, london, e.c. ■ '' (311-57'et LONDRES, MARDI 14 DECEMBRE 1915, abonnements-. -,6 mois! h shillings:f Conservation par le Progrès. TELEPHONE: CITY 3960. TEL.EPH.: j 238-75. 11 an, 32 shillings. ' SOMMAIRE. LA SITUATION : Les Alliés évacuent la Macédoine serbe. La main libre accordée aux Alliés dans la région de Salonique. L'attitude nouvelle des Etats-Unis à l'égard de l'Allemagne et de l'Autriche. Terrorisme allemand en Perse. Une poudrière belge saute en faisant un millier de victimes. Les social-démocrates et leurs rameaux d'olivier.—Emile Rover, Lettre du Havre.—Jean Bary. En Belgique. Etc. LA SITUATION. Mardi, midi. La note des Etats-Unis à l'Autriche (relative à l'incident de î' "Ancona," suivant de si près la demande en rappel «les attachés allemands, indique que le gouvernement américain est décidé à he départir, à l'égard des deux empires de l'Europe Centrale, de la politique d'atermoiements suivie jusqu'à présent. Le président Wilson s'est rendu compte, un peu tard; qu'à Berlin et à Vienne la longanimité est interprétée comme une preuve de faiblesse et il se voit acculé à son tour à la politique d'action, la seule dont on puisse attendre des résultats sérieux. Il est à noter que c'est depuis le remplacement de M. Bryan par M. Lansing à la tête du Département d'Etat, que le gouvernement de la République étoilée a adopté le cours nouveau qui a abouti successivement »ux poursuites et à la condamnation de Buenz et de ses acolytes, au rappel des capitaines Boy-Ed et von I'apen, à la dénonciation présidentielle des conspirateurs et incendiaires germaniques, à la centralisation de tous les organismes policiers de l'Union et, enfin, à l'envoi de la note concernant 1' "Ancona," qui sera, S# vie bientôt, croit-on, d'une nouvelle «oie à l'Allemagne relative au "Lusitania." Ce sont là autant de victoires morales remportées par les Alliés sur leurs advenait es, qui ont cru pouvoir commettre impunément des crimes dont le but avoué est de terroriser les foules et de paralyser, par la peur, l'action des gouvernements neutres, témoins et spectateurs du grand drame qui se joue sous leurs yeux. En Perse également nos ennemis ont recours au terrorisme pour nous susciter des difficultés et provoquer des troubles qui sont appelés à avoir une répercussion aux Indes et, en général, dans tout le monde musulman. C'est ainsi qu'une information de Téhéran nous apprend la lécouverte d'un complot ayant pour but l'assassinat du ministre persan de l'intérieur, Firman Firma, un ami de la Russie et de la Grande-Bretagne rappelé en fonctions le mois dernier, après l'intervention vigoureuse de la Russie. L'auteur du complot contre Firman l'irina est un réfugié pro-germain de Kum. On annonce, d'autre part,*de Delhi (Indes anglaises), que l'Aga Farukh Shah, cousin de l'Aga Khan, a été assassiné à Kerman par un Persan, agissant pour compte d'agents allemands. On le voit, les Allemands qui voudraient imposer à tous leur "ku.llur," ne-reculent devant aucun crime, devant aucun forfait pour mettre à exécution leurs projets mégalomanes. Leurs efforts seront vains. L'Allemagne est destinée à s'écrouler dans la honte et le mépris universel, et lorsque l'heure de la reddition des comptes sonnera, elle cherchera inutile-j ment des avocats pour plaider sa misé-; .rable cause. Et ce ne sera pas notre moindre triomphe. Il semble résulter des dernières informations provenant du théâtre serbe | des opérations, que les Alliés ont complètement évacué la Macédoine serbe. La retraite de Doiran et de Ghevgeli s'est opérée avec un minimum de pertes et tous les récits concordent à dire que le général Sarrail s'est acquitté, de main de maître, d'une tâche ingrate et extra-ordinairement périlleuse qui fait le plus grand honneur à ses qualités de tacticien. Rien n'a été abandonné à l'ennemi, dont les derniers assauts furent repoussés avec d'énormes pertes. Xous ignorons à l'heure actuelle si le territoire grec a déjà été franchi par le* troupes austro-germano-bulgares, toujours est-il qu'on signale, sur la foi de renseignements plus ou moins dignes de crédit, des concentrations assez importantes (80,000 hommes) d'Allemands et de Bulgares entre Monastir et la frontière grecque. Mais là n'est pas, pour le moment, le danger. Nous ne pourrons vraiment respirer que 'e jour où toutes les troupes alliées se ont revenus à Salonique, où, entretemps, le débarquement de soldats et de matériel se poursuit avec une activité qui doit convaincre les espions ennemis de la ferme résolution des Alliés de ne pas abandonner cette base. Les autorités grecques ont enfin compris qu'il fallait nous elaisser les coudées franches dans cette légion. L'ne partie de la garnison grecque a déjà été retirée et tout indique que le gouvernement d'Athènes est résolu à ne pas nous créer nouvelles difficultés. Le débarquement d'artillerie française de gros calibre indique que les Alliés se préparent pour faire face à toutes les éventualités. En Mésopotamie, la colonne du général Townshend a subi, du 8 au 11 décembre, une série d'assauts de la part des Turcs, qui s'efforcent d'affaiblir le plus possible le corps expédi--tionnaire . britannique avant que les renforts attendus ne lui soient parvenus. Le communiqué britannique annonce que les assaillants'ont subi des pertes très sérieuses et que l'attitude des Arabes est satisfaisante. Les Turcs déclarent occuper des positions qui menacent ia ligne de retraite de la colonne britannique. Sur la frontière égyptienne, du côté de la frontière tripolitaine, une patrouille égyptienne a eu une rencontre avec un groupe d'Arabes hostiles, qui furent dispersés après un engagement au cours duquel 37 Arabes furent tués. On ne sait encore s'il faut voir dans cette escarmouche un simple incident de frontière ou le début d'hostilités de plus grande envergure devant coïncider avec les opérations turco-allemandes contre l'Egypte. Sur le front occidental seule l'artillerie est acLive. On parle vaguement d'un projet d'attaque allemande contre Nieuport, la clé des positions de l'Yser, mais la \igilance de nos troupes et la présence de la tlotte alliée rendent le succès d'une pareille entreprise plus que problématique. Nous avons appris avec douleur l'explosion de la fabrique belge de poudre à Sainte-Honorine (Le Havre), qui a fait un millier de victimes, presque toutes Belges, dont une centaine de tués. LES SOCIAL-DÉMOCRATES et LEURS RAMEAUX D'OLIVIER. Ainsi que le constatait, samedi der-! nier, le collaborateur de "L'Indépendance." qui, avec tant de clarté et de pré-: cision, résume chaque jour "la situa-I l'on," le débat sur la paix au Reichstag î lle nous a rien apporté de neuf, puisqu'il I nt»us a seulement fait apparaître une fois i de plus les social-démocrates comme de S'mples compères du chancelier de Bcth-mann-Hollweg.Certains socialistes des pays alliés . avaient pourtant fondé des espérances | s«r ce débat. Pendant les quinze jours | t,u' l'avaient précédé "L'Humanité," | ^us la signature de "Homo," son cor-lSpondant suisse—le journaliste qui n'»us a peut-être le plus exactement et :e P'Ui objectivement renseigné sur les ' ^ses de la social-démocratie depuis le Cu®meaçement de la guerre—-avait publié de nombreux articles au sujet de l'interpellation annoncée. On sait que les social-démocrates sont divisés ; que dès le 4 août 1914 une minorité de 14 membres sur les 111 députés socialistes que compte le Reichstag s'était prononcée en séance de groupe contre le vote des crédits de guerre ; que ces quatorze se soumirent à la décision de la majorité et que le président du groupe, Haase, qui faisait partie de la minorité, accepta, par esprit de discipline, de lire en séance publique une déclaration contraire à ses sentiments. On sait aussi que l'un des députés socialistes au Reichstag, Karl Liebknecht, s'est depuis lors ressaisi ; que des!circonstances privées l'ayant amené en Belgique à la fin du mois d'août 1914, il se rendit compte de ce qui s'y était passé et que depuis lors, se séparant de son groupe, il refusa de \oter les nouveaux crédits de guerre sollicités par le gouvernement de l'Empire en décembre 1914, en mars et en août 1915. De plus en plus, Liebknecht s'est dégagé de la vague d'impérialisme qui. au 4 août, a déferlé sur la social-démocratie allemande, jetant à bas, en même temps que les chefs de celle-ci, l'Internationale ouvrière elle-même. 11 est maintenant assez libre d'esprit que pour avoir posé au chancelier une série de questions, dont la suivante : "Le gouvernement est-il enfin disposé à soumettre au Reichstag et au peuple allemand les documents et tous autres renseignements officiels ou semi-officiels concernant les origines immédiates de la guerre mondiale, et à constituer immédiatement une commission d'enquête parlementaire qui aurait, isous le contrôle de l'opinion publique, à examiner les responsabilités et à punir les coupables?" , D'après la "Frankfurter Zeitung," le groupe parlementaire social-démocrate s'est désolidarisé avec indignation d'avec l'auteur de cette impertinente question, — à laquelle il ne sera, bien entendu, donné aucune réponse. Cependant, il parait que Karl Lieb-knecht est loin d'être un isolé dans son parti. Un des leaders du socialisme international, citoyen d'un pays neutre, particulièrement bien placé pour connaître la vérité, m'affirmait il y a quelques jours que 1a foule des socialistes allemands est en majorité avec Liebknecht ou tout au moins avec Haase, Bernstein et Kautsky. Car ces trois derniers, qui sont, certes, parmi les hommes les plus considérables de la social-démocratie, semblent aussi, depuis plusieurs mois, revenir à des conceptions permettant à d'aucuns d'entrevoir un replâtrage de l'Internationale dans un prochain avenir.Que. la minorité actuelle de la sycialr démocratie allemande devienne majorité, qu'elle reconnaisse enfin la signification de la Grande Guerre, qui est une lutte pour la liberté des peuples contre l'autocratie, et elle aura vite fait de résoudre elle-même la question posée par Liebknecht au chancelier, et de se trouver en fait du même côté de la barricade que les autres démocraties d'Europe. Ce jour-là, le grand coupable, celui que son orgueil a conduit à faire le malheur de l'Europe pour devenir le maître du monde, sera puni. Et ce jour-là aussi nous n'aurons plus à craindre les entreprises de réaction auxquelles on pourrait avoir l'impudence de songer autre part qu'en Allemagne. "Je crois, me disait l'ami qui me donnait sur l'état d'esprit de la social-démocratie allemande, le renseignement susdit, que si les dispositions pacifistes de la minorité social-démocrate rencontraient parmi les socialistes des nations alliées, un accueil plus chaud, leur tâche serait grandement facilitée ; ils pourraient ramener à eux plus aisément et plus vite la masse du peuple allemand." Mais au mois d'août dernier, l'on nous avait fait prévoir déjà que Karl Liebknecht ne serait plus seul à voter les crédits de guerre. Hélas ! On s'arrangea pour que lui-même fût absent au moment du vote. Et quand il rentra en séance et voulut protester, sa voix fut couverte de buées et (^exclamations ironiques ! Pourtant, 1' "Humanité" du 8 décembre, après nous avoir raconté que la minorité du groupe social-démocrate au Reichstag voulait "demander au gouvernement d'engager des pourparlers de paix immédiats sur la base du renoncement à toute annexion par les Etats belligérants," que cette motion au sein du groupe avait réuni 43 voix contre 50, mais qu'ensuite il avait été décidé à la majorité des deux tiers des voix que cette thèse ne pourrait être développée en séance publique, imprimait en caractères gras : "Que vu maintenant faire l'opposition?" L'organe des socialistes français faisait entendre que les social-démocrates allemands de la minorité pourraient bien ne pas se soumettre plus longtemps à la consigne du silence. Et 1' "Humanité" du lendemain 9 décembre, jour où devait se produire l'interpellation, faisant confiance même à la majorité social-démocrate, qualifiait de "suspicion infamante" l'hypothèse émise par la ' ' Vos sise he Zeitung," pour rassurer sa clientèle bourgeoise, que "le groupe social-démocrate ne désirait peut-être pas (de la part du chancelier) une réponse claire." Elle a eu lieu, l'interpellation. Et la réponse du chancelier n'a pas été claire. Concernant la restauration de la Belgique, il a parlé de garanties à exiger, et de certaines " bases de puissances nécessaires pour de telles garanties," sans ajouter aucune précision, Et les ora teurs de la socialfdémocratie ont trouvé cela très bien ! Toutefois, des incidents se sont produits au cours de la séance du Reichstag, sur lesquels nous ne sommes point encore éclairés ; la censure a empêché les journaux allemands d'en faire mention. Haase a parlé et nous ne savons, au juste, ce qu'il a dit. Il paraît aussi qu'il y a eu, le soir, dans les rues de Berlin, une grande démonstration pour la Paix. Mais, le 28 juillet 1914, il y eut, dans toute l'Allemagne, des meetings en faveur de la paix et l'on nous manda qu'au total un demi-million de citoyens y avaient pris part. Ne nous hâtons pas non plus de reconstruire une internationale sur le mirage des velléités qu'auraient certains social-démocrates de revenir aux principes de justice et de fraternité. Nous sommes payés pour nous défier de leur logomachie. Pour que nous prêtions quelque attention à leurs propos, il faudra qu'ils parlent net. Qu'ils disent s'ils sont avec Liebknecht qui veut qu'on cherche et qu'on punisse les coupables, ou s'ils sont avec la majorité du groupe social-démocrate, dont l'un des porte-parole, Herr Dr Landsberg, sans soulever d'ailleurs aucune autre protestation que celle de Liebknecht, s'est ainsi exprimé : " En principe, le chancelier est disposé à une paix honorable, mais il demande des caranties contre de frivoles attaques. Cela, nous le demandons aussi. La continuation de la guerre jusqu'à l'epuisement de tous les belligérants n'est pas de nature à empêcher une nouvelle guerre. La politique allemande exige que des précautions soient prises pour que certains espoirs, tel que celui de reprendre un jour l'Alsace-Lorraine, soient anéantis. Toute tentative d'amputer l'Empire germanique rencontrera toujours le peuple allemand uni pour sa défense.®' C'est là-dessus que le débat s'est terminé. Les social-démocrates allemands prétendent donc toujours que leur pays a été attaqué. Voilà le mensonge à quoi nous devrons continuer de reconnaître le plus fourbe des ennemis. Qu'espérer de ceux qui ne renoncent point à jouer cette comédie? Pour qu'ils nous rendent notre patrie, contre laquelle ils étaient sans grief, et dont ils ont violé le territoire au mépris du droit des gens-et de la plus vulgaire honnêteté, ils veulent être garantis—et ifs refusent de dire comment—contre de nouvelles attaques!! Leur grimace pacifiste pourrait affaiblir l'esprit de résistance des peuples alliés, s'ils parvenaient à la leur faire prendre au sérieux. C'est dans cet esprit qu'ils interpellent le chancelier, avec qui, de toute évidence, ils sont de mèche ! Que pourraient être, en ce qui nous concerne, les garanties dont ils parlent, sinon la servitude? Et que sont les rameaux d'olivier qu'ils nous tendent avec un hideux sourire, sinon des verges pour nous battre ? EMILE ROYER, Député de Tournai-Ath. LETTRE DU VATICAN. Le dernier consistoire. Rome, 8 décembre. Le Sacré Collège qui était réduit à 54 cardinaux vient d'être augmenté de six dans le consistoire tenu le 6 décembre. Il reste toujours 10 chapeaux vacants, ce qui consolera les aspirants à la pourpre oubliés dans cette promotion et spécialement les prélats de la curie romaine qui se croyaient appelés à entrer dans le grand conseil de l'Eglise. Ils espèrent maintenant que cette promotion très restreinte sous bien des rapports obligera Benoît XV à faire bientôt des créations nouvelles et qu'alors on ne pourra plus les oublier aussi complètement. L'annonce d'un consistoire avec création de cardinaux avait été d'abord accueillie avec un certain scepticisme. On était généralement convaincu que Benoît XV attendrait la fin de la guerre pour faire sa première promotion. Il faut croire que le Pape s'est enfin convaincu que ses appels réitérés à la paix n'ont pas su annoncer le cours des événements et que les hostilités ne sont pas sur le point de prendre fin. On ne saurait dire à quel mouvement Benoît XV a cédé en pommant les nouveaux cardinaux, car .il n'a pas l'habitude de rendre compte de sesiûctes et de ses intentions. On peut seulement constater que dans celte promotion sont compris plusieurs vieillards vénérables par leur âge. En effet, Cagliero compte 78 ans, Tonti en a 71, Frûhwii.rth 70. Ceux-là, on ne ■pouvait guère les , faire attendre plus longtemps. Le cardinal Tonti. Le cardinal Jules Tonti est un Romain. Né en 1844, il fut d'abord professeur de théologie au Collège de la Propagande, puis employé à la Congrégation des Affaires Ecclésiastiques Extraordinaires. Léon XIII le chargea d'une mission en Angleterre pour aplanir certaines difficultés avec le Vénézuéla, plus tard il fut auditeur de la nonciature à Paris, ensuite à Lisbonne. Nommé archevêque titulaire en 1893, il fut accrédité comme délégué apostolique auprès des républiques de Haïti, Vénézuéla et Saint-Domingue, et devint même archevêque de Port-au-Prince. En 1902 il fut nommé nonce au Brési} ou entre autres il présida le tribunal d'arbitrage institué pour 1a délimitation des frontières brésiliennes. De là il passa à la nonciature de Lisbonne ou il assista aux événements tragiques de la révolution portugaise. La séparation de l'Eglise et de l'Etat et la rupture diplomatique avec le Saint-Siège ayant été proclamés, Tonti fut obligé de quitter le Portugal. Il se réfugia d'abord en Espagne, puis se fixa à Rome en attendant le chapeau que naturellement le gouvernement du Portugal n'avait pas demandé pour lui. Le cardinal Cagliero. Jean Cagliero a eu une carrière bien plus curieuse. Né en 1838 à Castelnuovo d'Asti, près de Turin, il fut un des premiers gamins recueillis par Don Bosco dans son hospice où il réunissait les eii- fants du peuple pour les soustraire à la rue et pour leur donner l'éducation religieuse. Le jeune Cagliero se montra intelligent et le fondateur des Salé sien s le reçut dans sa congrégation naissante, en fit un prêtre et l'envoya en Patagonie pour y ouvrir des maisons de la société. Cagliero-fut missionnaire ardent et zélé1 et en 1884 Léon XIII l'élut évêque titulaire et le nomma vicaire apostolique de la Patagonie, où il étendit l'influence des Salésiens par la fondation d'uni grand nombre d'établissements, et peu à peu fit entrer ses confrères dans l'A. -gentine, dans le Brésil, l'Uruguay et le Paraguay. En 1904, Pic X transforma l'évêque missionnaire en diplomate et le nomma délégué apostolique accrédité près des républiques de Costarica, Honduras et Nicaragua. Après, tant d'années d'activité, il avait droit au repos. En le rappelant en Italie, Benoît XV" a voulu lui donner la pourpre romaine. Les Salésiens en sont tout fiers, c'est le premier cardinal de la congrégation, et ils lui ont fait une auréole de légendes. En-tr'autres, Don Bosco aurait autrefois prédit au jeune Cagliero qu'il irait loin! dans la carrière ecclésiastique et prophétisé ainsi le cardinalat. Cagliero, comme Tonti, résidera en curie romaine, mais ni l'un ni l'autre ne pourront déployer une grande activité dans le gouvernement central de l'Eglise.Le cardinal Friihwirth. Le cardinal André Friihwirth est Autrichien de naissance. Il est né en 1845 à Sainte-Anne d'Aigen, près de Sekau, entra dans l'Ordre des Dominicains où peu à peu il passa par toutes les charges, jusqu'à devenir ministre général de son Ordre. Pie X l'employa comme visiteur apostolique spécialement pour réformer certaines grandes abbayes d'Autriche où les religieux s'étaient trop relâchés et menaient une vie princière. En 1907, Friihwirth fut consacré archevêque et nommé nonce à Munich. C'était une innovation, car jusqu'ici les portes diplomatiques du Saint-Siège était presqu'exclusivement réservés aux prélats italiens. Fruhvvirth, allemand, accrédité près d'une cour allemande ; fut très favorablement accueilli en Bavière et il put exercer une grande influence dans toute l'Allemagne. C'est grâce à ses conseils que le défunt Pape accorda aux Allemands bien des privilèges et des exemptions, retira sa fameuse encyclique, sur Saint-Charles Borromée qui froissait les protestants allemands, dispensa les professeurs de prêter le serment antimoderniste, fit déclarer que le décret sur les mariages n'était pas à observer en Allemagne, etc. Le nonce allemand n'était pas seulement persona grata à Munich, mais encore à Berlin et à Vienne. Benoît XV en créant cardinal le nonce de Munich a fait une importante concession aux Allemands. La nonciature de Munich, comme celle de Bruxelles, était considérée comme nonciature de deuxième classe. Par conséquent, avant d'être promus au cardinalat, les nonces

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Dit item is een uitgave in de reeks L'indépendance belge behorende tot de categorie Liberale pers. Uitgegeven in Bruxelles van 1843 tot 1940.

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