1914 illustré: revue hebdomadaire illustrée des actualités universelles

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s.n. 1915, 01 Janvrier. 1914 illustré: revue hebdomadaire illustrée des actualités universelles. Accès à 10 juillet 2020, à https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/fr/pid/z892806320/
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L'Héroïque Bonté i Doucement étendu §ur une chaise longue, la tête appuyée sur des coussins, Pierre Launay jouissait avec dclice des premières bonnes heures de sa convalescence. Encore quelques jours de repos, et il serait tout à fait valide, il pourrait aller à Paris pour ses affaires et rentrer le soir clans sa petite maison cle Nanterre. L'alerte avait été rude; pendant vingt-quatre heures, il s'était vu à deux doigts de la mort; mais il s'était cramponné à la vie, d'une volonté formidable, pour lui, d'abord, car il aimait son existence cle travail, et aussi pour sa femme et ses deux enfants. Que deviendraient-ils s'il mourait ?... Jamais, encore, il ne s'était posé cette question. Riche, il l'était sans l'être. Les douze ou quinze mille francs qu'il gagnait bon an mal an s'en allaient dans la dépense courante. S'il disparaissait, sa veuve trouverait à peine le billet de mille qui lui permettrait de vivoter pendant quelques mois. Que devien-drait-elle après, sans parents, avec deux orphelins ?... Cette vision lui fit froid dans l'âme et son cœur se contracta péniblement. — Allons, pensa-t-il, je perds la tète et je me donne des émotions inutiles... Le médecin pourtant me les défend... Me voici guéri et je vivrai... Lentement, il se souleva et s'approcha de la fenêtre. René, un blondinet de cinq ans, et Marie, son aînée de quinze mois, jouaient dans le sable. Autour d'eux, les feuilles mortes, chassées par le vent, couraient dans les allées avec un crissement de satin. Un clair soleil d'automne, déclinant à l'horizon, dorait la maigre futaie du jardinet. L'heure était douce entre toutes; elle incitait aux rêves; suggérait l'espoir des lendemains heureux. Tandis qu'il suivait d'un regard amusé ses enfants, Pierre aperçut sa femme surgissant parmi les plates-bandes, telle une grande fleur vivante, toute blanche et toute blonde. Fine, élancée, la taille haute dans sa robe empire. Suzanne cueillait des fleurs qu'elle tendait une à une à leur ami Raymond Delatre qui, venu pour prendre des nouvelles, devait diner avec eux. Certes, ce n'était pas la première fois que Pierre les voyait marcher côte à côte. Mais jamais, comme en cette minute, il ne les avait sentis s'harmonisant si complètement l'un avec l'autre. Cette impression fut si vive, qu'il eut la sensation d'être l'étranger, celui dont on attend le départ, pour échanger des paroles plus intimes. Or, tandis que Suzanne s'attentionnait réellement ;'i sa besogne, Raymond paraissait nerveux, trépidant, la pensée ailleurs, requise par des suggestions puissantes. Sa tête immobile — car Pierre le voyait cle dos •— sem-blait indiquer la fixité d'un regard perdu dans le vague ou hypnotisé sur un point trop précis. Et voilà que, brusquement, il fit face, au tournant du sentier. Alors Pierre vil, ses yeux, des yeux d'amour, des yeux rayonnants de passion, des yeux lumineux de désir, des yeux dont le regard se posait comme une caresse sur l'a nuque de Suzanne, avec la certitude que nul ne pouvait le voir. — Il aime ma femme Je m'en doutais un peu mais, cette fois, j'en ai la certitude. Et Pierre se sentit glisser vers des détresses nouvelles, des souffrances moins précises que ses douleurs cardiaques, mais plus affolantes, plus torturantes. ► i A 11 Dès qu'il l'ut mieux, Pierre Launay se rendit à Paris., chez le docteur Cardonnel, un ancien camarade du volontariat, qui le soignait concurremment avec son médecin de Nanterre. — Eh bien ! mon vieux, te voici tiré d'affaire.... ci complètement rétabli... — Le crois-tu sincèrement ? — Mais oui... A nos âges, une maladie du cœur n'est jamais mortelle. — Jamais ? — Mettons : rarement. — Ecoute, il faut que lu me dises la vérilé... tu m'entends, toute la vérité... et cela, quelle qu'elle soit... — Tu plaisantes, voyons. — Je ne plaisante pas et c'est au contraire très sérieux... Je suis venu te voir exprès pour cela... Ce n'est pas. seulement au médecin que je m'adresse, c'est à l'ami, au vieux camarade de régiment,. —- Mais, je te répète, tu es tiré d'affaire... et si tu suis ponctuellement un régime, tu peux vivre longtemps.— Non, tu me dis là des phrases banales, des phrases que tu sers à tous tes malades pour les illusionner. Mais moi, je veux savoir la vérité, j'ai besoin de la savoir, tu m'entends. — La vérilé médicale ! Je n'y crois pas moi- même ! — Ecoute, j'ai quarante ans... Depuis quinze ans, je fais de bonnes affaires, je vis largement mais, comme tant d'autres, me sentant jeune, fort, heureux, j'ai manqué de prévoyance. Je ne songeais pas à la mort. Que je meure demain, ma femme et mes deux enfants seront dans la misère Voilà pourquoi je te supplie de me dire la vérité afin de prendre mes précautions— Diable ! Tu ne m'avais pas dit cela Comment, tu n'as rien mis cle côté ? — Non... Tu vois, ton visage change d'expression... Tu peux tout me dire, va, je n'ai pas peur de la mort. — D'abord, mon cher, il n'y a pas de certitude Ce ne sont jamais que des probabilités, qu'une force inconnue peut toujours déjouer Il est incontestable que ton cas est grave.... une nouvelle crise analogue à celle que tu viens d'avoir et, dame ! — Autrement dit, je suis fichu. — Je n'ai pas dit cela le dis seulement que ton cas est grave très grave, si tu veux mais enfin, il n'y a rien de désespéré Il va sans dire que si tu veux prendre des précautions pour assurer l'avenir de la femme et de tes enfants, tu dois le faire. — Merci, j'ai compris. III Quand Pierre Launay se retrouva sur le trottoir, il n'entendit pas les bruits de la rue — roulemenl des autos, cornes des tramways, rumeurs des piétons — tant son attention était requise par des pensées intérieures. Les paroles de son ami Cardonnel l'avaient fixé; il ne doutait point qu'il ne fût condamné à une mort prochaine. Certes, il lui était dur, à la force de l'âge, en plein bonheur, cle sombrer au néant. Mais, au cours de sa récente crise, il avait, frôlé de si près la mort qu'il s'était résigné à cette fatalité. Aussi, maintenant qu'elle ne lui apparaissait plus immédiate, maintenant qu'un oM 1914 ILLUSTRÉ * N» 45 »

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Cet article est une édition du titre 1914 illustré: revue hebdomadaire illustrée des actualités universelles appartenant à la catégorie Oorlogspers, parue à Bruxelles du 1914 au 1918.

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