1914 illustré: revue hebdomadaire illustrée des actualités universelles

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s.n. 1917, 01 Janvrier. 1914 illustré: revue hebdomadaire illustrée des actualités universelles. Accès à 19 juin 2024, à https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/fr/pid/3r0pr7ng49/
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LA SŒUR DE LAIT Assise dans son bureau vitré, au fond du magasin, la belle madame Bayard, en robe noire, en bandeaux bien sages, écrivait posément sur un énorme registre à coins de cuivre, lorsque son mari, revenant de ses courses matinales, s'arrêta sur le seuil pour gourmander ses hommes de peine qui n'en finissaient pas de décharger un haquet du chemin de (er du Nord, arrêté le long du trottoir et apportant, au gros droguiste de la rue Vieille-du-Temple, une douzaine de fûts de glucose. — J'ai une mauvaise nouvelle à l'apprendre, dit madame Bayard en essuyant sa plume dans un petit godet de grenaille de plomb, quand son mari (ut entré dans la cage de verre. Cette pauvre Voisin est morte. — La nourrice de Léon !.. Ah ! la pauvre femme... Et sa petite fille ? — C'est ce qu'il y a de plus triste, mon ami... Une parente de cette pauvre Voisin m'écrit qu'ils sont trop pauvres pour se charger de l'enfant et qu'on sera forcé de l'envoyer à l'hospice... Oh ! ces paysans ! Le droguiste resta un moment silencieux, en grattant sa forte barbe de gros homme blond ; puis, tout à coup, regardant sa femme avec de bons yeux : — Dis donc, Mimi.., C'est la sœur de lait de Léon... Si nous nous en chargions. — J'y pensais, répondit simplement la belle commerçante.— A la bonne heure, s'écria le gros Bayard qui, se souciant peu d'être vu par ses commis et ses garçons de magasin, se pencha vers sa femme et la baisa sur le front, à la bonne heure ! Tu es une brave femme, Mimi ; nous prendrons la petite Norine chez nous et on l'élèvera avec Léon... ça ne nous ruinera pas, va... Et puis je viens de faire un bon coup dans les quinquinas... Nous irons dimanche chercher l'enfant à Argenteuil, n'est-ce pas ? Ce sera un but de promenade. Des braves gens, ces Bayards ! L'honneur de la droguerie ! Leur mariage avait fondu deux maisons longtemps rivales; car Bayard était le "fils" du "Pilon d'Argent", fondé par son trisaïeul en 1756 dans la rue Vieille-du-Temple, et il avait épousé la "demoiselle" de "l'Offrande à Esculape, " de la rue des Lombards, établissement qui datait du premier Empire, ainsi que l'indiquait son enseigne, copie du célèbre tableau de Guérin. Des braves gens ! des très braves gens, et il n'y en a encore beaucoup comme ceux-là, quoi qu'on en dise, dans le vieux commerce parisien, conservateurs des anciennes traditions, rendant le pain bénit à leur paroisse, allant en seconde loge, le dimanche, à l'Opéra-Comique, et ignorant les secrets de la vente à faux poids. C'était le curé des Blancs-Manteaux qui avait ménagé ce mariage avec son confrère de Saint- ► Merry. Le premier avait administré le père Bayard à son lit de mort et s'effrayait de voir un jeune homme de vingt-cinq ans, tout seul, dans une maison aussi lourde que le "Pilon d'Argent", la plus fameuse pour les "ipécacuan-has" ; et le second tenait beaucoup à établir mademoiselle Simonin, à qui il avait fait faire sa première communion et qui avait pour père un des plus importants paroissiens, le vieux Simonin, de 1'"Offrande à Esculape", une célébrité; donc les camphres et les ipécas, deux spécialités excellentes, furent unis par les noeuds du mariage ; il y eut dîner et bal au Grand Véfour ; et depuis dix ans déjà, travaillant tranquillement tous les jours, hiver comme été, dans sa cage de verre, Madame Bayard, avec sa pâleur de belle brune et ses honnêtes bandeaux plats, faisait rêver d'amour tous les jeunes commis du quartier Sainte-Croix-de-la- Bretonnerie. Cependant il y avait eu longtemps un chagrin dans ce bon ménage, un nuage dans ce ciel pur : un héritier s'était fait attendre, et ce ne fut qu'au bout de cinq ans que le petit Léon vint au monde. On devine avec quelle joie il fut accueilli. Ainsi on pourrait écrire un jour, au-dessous du "Pilon-d'Argent", ces mots prestigieux : "Bayard et fils". Seulement, comme l'enfant arrivait au moment du coup de feu des colles de poisson, madame Bayard, dont la présence au magasin était indispensable, ne put pas songer à nourrir ; elle renonça même à prendre une nourrice sur lieu, craignant pour le nouveau-né l'air peu salubre de ce coin du Vieux Paris, et elle se contenta de faire tous les dimanches, avec son mari, le petit voyage d'Argenteuil, pour aller voir son fils chez sa "nounou", la mère Voisin, qui fut accablée, comme on pense, de café, sucre, savon et autres douceurs. Au bout de dix-huit mois, la mère Voisin rendit le bébé dans un état magnifique, et, depuis deux ans, une bonne d'enfant, choisie avec soin, menait l'enfant prendre l'air dans le square de la Tour Saint-Jacques et faisait admirer à ses compagnes les bonnes joues à grosses couleurs et le derrière à fossettes du futur droguiste. Donc, ces honnêtes Bayard, en apprenant la mort de la mère Voisin, ne supportèrent pas l'idée que la petite fille, qui avait été nourrie du même lait que leur fils, fût abandonnée à la charité publique et ils allèrent chercher Norine à Argenteuil... Pauvre petite ! depuis quinze jours que sa mère reposait au cimetière, elle avait été recueillie par un cousin tenant un cabaret à billard et, bien qu'elle n'eut pas encore cinq ans, on l'utilisait déjà à rincer les bocks. Monsieur et madame Bayard la trouvèrent charmante, avec ses grands yeux couleur de ciel en été et ses grosses mèches blondes qui s'échappaient de son méchant bonnet de deuil. Léon, qu'on avait amené avec sa bonne, embrassa sa sœur de lait, et le cousin qui, le matin même, avait donné une paire de soufflets à l'orpheline, coupable de négligence à balayer la salle, s'attendrit devant les Pari er. 1914 ILLUSTRE — N« 136 ca

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Cet article est une édition du titre 1914 illustré: revue hebdomadaire illustrée des actualités universelles appartenant à la catégorie Oorlogspers, parue à Bruxelles du 1914 au 1918.

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