Journal de Gand: politique, industriel, commercial et littéraire

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s.n. 1915, 31 Août. Journal de Gand: politique, industriel, commercial et littéraire. Accès à 21 octobre 2019, à https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/fr/pid/w37kp7z83z/
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JOURNAL DE GAND 1 ABONNEMENTS : BELGIQUE : M Ir. par an ; \ fr. pour six mois ; S fr. pour trois mois Pour l'ctranger, le port en sus liÉDACTION & A DM INISTKATION : 3, B-UE l.:E FLA N REI, 3, G.A.lsi" !. TÉLÉPHONE 6eS AN NONCES : Voir le tarif au bas de la dernière page du journal. LA GUERRE Sur le front occidental Communiqués officiels allemands ; Beriin, 28 août. Le 16 aoui, un de nos | sous-marins, qui se trouvait dans la mer d'Irlande, a détruit par son feu d artillerie la fabrique de benzine située près de Har-riiigton, y compris les dépôts de benzine et jjs fours à coke en dépendant. Les ateliers sautèrent. L'affirmation publiée il y a quelque temps par la presse anglaise que le sous-mar.n a bombardé ies villes ouvertes de Harrington, Parton et Whitehaven, est inexacts. Le même sous-marin a été bombardé à grande distance la 15 août, dans la mer d'Irlande, par un grand vapeur appar-I tenant à la Royal Mail Steam Packet Cy, quoique ie sous-marin ne l'eût pas attaque. 11 est consiaié formellement que le vapeur . marchand a fait usage de son artillerie pour l'attaque ei non pour sa défense. L'Amirauté anglaise a annoncé, ie 27 août, qu'un sous-marin allemand a été com-plèi.ment détruit et coulé devant Ostende par un hydroplane anglais. Le sous-marin a salement éié attaqué par l'hyd.roplane.mais n'a pas été iouché. Il est rentré indemne au port. Berlin, 28 août (midi). Une attaque française effectués avsc des grenades à main contre ie Lingekopf, au nord de Munster, a été repoussée. Sur une;grande partie du front, l'activité de l'artillerie et des aviateurs a été très vive. Des aviateurs ennemis ont jeté sans résultat des bombes sur Ostende, Middelkerks et Bruges. A Miilheim (Bade), trois civils ont été tués par des bombes d'aviateurs . Berlin, 29 août. Midi. Pas d'événements essentiels. Communiqués officiels français Paris, 27 août. — (après-midi). — Dans le secteur au nord d'Arras, la'canonnade a été, au cours de la nuit, moins violenle; elle a été très violente dans la région de Roye et sur les plateaux entre l'Oise et l'Aisne. En Champagne, devant Auberive sur Suippe, une reconnaissance offensive ennemie a été repoussée. En Argonne, on ne signale que des lu'tes de mines. Dans les Vosges, au sud de Sondernach, nous avons rectifié notre front et activé nos installations sur la crête entre Sondernach et Laudersbach. Au cours de !a journée du 26 août, nos avions ont bombardé, en Wcevre, Saint-Baussant et Eessey. EnArgonne, Ovoiry et Cierges ont été également bombardés par nos appareils, à la suite d'une tentative des avions ennemis sur Cler-mont-en-Argonne. Pendant la nuit du 20 au 27, un de nos avions a lancé des obus sur Dornach. Dans la matinée du 27, une escadrille a bombardé Mulheint dans le grand-duché de Bade. Tous nos avions sont rentrés indemnes. Paris, 27 août. — (soir). — Sur un grand nombre de points du front, notre artillerie a dirigé contre les positions ennemies une canonnade. Entre la Somme et l'Oise, des cantonnements de l'ennemi ont été bombardés. L'ennemi a tiré, à longue distance, sur la ville de Compiègne, sept obus qui ont causé quelques «légats. Le village de Blénod, Pont-à-Mousson, Tliann ainsi que Vieux-Thann ont été violemment canonnés par les ennemis. Paris, 28 août. — (après-midi). — Quelques actions d'artillerie au cours de la nuit autour de Souchez et Neuville, ainsi que dans la région de Roye. En Argonne, notre artillerie a arrêté à plusieurs reprises les tentatives de bombardement des tranchées par l'ennemi. La nuit sans incident sur le reste du front. Nos avions ont, pendant la nuit, bombardé Châtel-en-Argonne. Paris, 28 août. — (soir). — Bombardement intense des tranchées ennemies dans la région de Nieuport, Het Sas et au nord d'Arras, à l'est de la route de Lille. Lutte d'engins de tranchées dans le secteur de Quennevières. Des actions d'artillerie en Argonne, où nos batteries ont arrêté les tentatives de bombardement de l'ennemi à la Fille-Morte, Marie-Tnérèse, Saint-Hubert et Four-de-Paris. Canonnade au bois Le Prêtre, en forêt de Paroy et dans les Vosges (secteurs de Chapelotte et Launois). Sur le front oriental Communiqués officiels allemands Berlin, 28 août. Groupe d'armée du général feldmaréchal von Hinden-burg. Dans les combats au nord-est de bausk et de Schônberg, l'ennemi est culouté. Plus de 2,000 Russes ont élé faits prisonniers, 2 canons et 9 mitrailleuses cap" tarés. Des'poussées en avant ennemies contre des parties de notre front entre Radsivvi-lisicnkri et Swzadcsze ont été repoussées. Au sud-est de Kowno, les troupes du lieutenant général von Eichhorn progressent victorieusement. Entre le Bob et Bialowies-ka-Forst, la poursuite continue. La ville de Narew est occupée. Groupe d'armés d ugénéral feldmaréchal le prince téopold de Bavière: Le groupe d'armée avance dans le B'alowieska-Forst et au delà de la Lesna et de la Prawa, dont la ■ive e:.t au cours inférieur est déjà emportés.Groupe d'armée du général feldmaréchal von Maekensen : La route Kamienice-Li-c wsk-Myszczyco a été franchie dans la coursuite. Entre les fleuves Muchawico et le Prywch, nos troupes chassent devant elle l':nnemi, défait. De la cavalerie, allemande a culbuté hier une division de cavalerie ennemie près de Samary, à la route de Kowel-Kobryn.Sous le commandement du général comte Bodmer, des troupes allemandes et austro-hongroises ont débordé hier les positions russes à la Zlota-Lipa, au nord et au sud de Brczuny. Des contre-attaques de nuit ont éfé repoussées ave edes pertes sanglantes pour l'ennemi. Ce mi*'" tôt, l'adversaire renonça à la résistance après d'autres insuccès, il est poursuivi. Berlin, 29 août. Groupe d'armée du général feldmaréchal von Hindenburg : Au iud-est de Kowno, la résistance opiniâtre de l'ennemi a été brisée. Nos troupes suivent les Russes qui reculent. La région boisée à l'est d'Augustow est franchie. Plus loin, au sud, la ligne du secieur Dombrowo-Grodek-Marowka a été atteinte dans la poursuite (à l'es! de la ville de Narew). Groupe d'armée du général feldmaréchal prince Léopold de Bavière: Le groupe d'armée dans la poursuite à travers le Bialews-ka-Forst s'approche avec son aile droite de Szereszowo. Groupe d'armée du général feldmaréchal von Maekensen: Dans des combats d'ar-nère-gardes, les Russes ont été refoulés jusqu'à la ligne Pcddubno (à la route de Pruz-eana)-Tewli-Kobrin. Nos liaisons s'avançait du sud à travers les pays marécageux ont poursuivi l'ennemi jusque devant Ko-brin. Avec une barbarie qui remplira nos :.oupes et notre peuple d'une profonde horreur, les Russes chassèrent devant nos lignes! afin de masqusr leurs positions, des milliers d'habiiants, leurs propres compatriotes, dont beaucoup de femmes et d'enfants. Involontairement notre feu a fait quelques victimes parmi eux. Théâtre de la guerre du Sud-Est. Les troupes coalisées ont refoulé l'ennemi, défait hier, au. delà de la ligne Pormorzany-Ko-niucky-Pozowo et derrière le secteur de Koropice. Communiqués officiels au riclirc.v W. T. B. Vienne; 27 août. Les ar mées russes battues près de Brest-Litcwsk sent en retraite complète des deux côtés de la route vers Minsk. Les troupes de l'arch:-d.ic Joseph-Ferdinand ont traversé hier la \ iMs en flammes de Kamienice-Litowsk, à la Le?na. Les forces allemandes poursuivent, d'e is et sud, dans la direction ds Kobryn. Pris de Kowel, près de W'adimir-Wolynsk il en Galicie Orientale, rien de neuf. Vienne, 28 août. Nos armées de l'Est Galicie ont débordé hier sur plusieurs poinis, le front russe établi depuis plusieurs Lemaines à la Zlota-Lipa. Elles combatient ici sur les champs d'honneur des premières grandes batailles qui se sont déroulées au . commencement de la guerre, à l'est et au sud-est de Lemberg et qui ont leur anniver-sn're pour la .première fois ces jours-ci. Aussi bien à l'est de Przemyslany qu'à i'ejest de Podhajec et de Monasterzyska, nous avons pénétré dans les lignes ennemies.Entre Golargary et Brzezany les positions russes ont élé prises sur une étendue de 30 kiiom. Les régiments austro-hongrois attaquèrent entre Gologary et Dunajow et les Irouoes austro-allemandes près de Brzezany. L'ennemi, défait, abandonna 20 officiers et 6000 prisonniers. II tenta vainement de reprendre les positions perdues par des contre-attaques. Il dut finalement évacuer le charnu de bataille et commença ce matin tôt la retraite sur tout le front. A l'est de Wladimir-Wolvnsky il y a eu également des combats de «rande envergure. L'armée du général d'artillerie von Puhalle refoula l'ennemi dans la direction de Luzk et a commencé la poursuite. Au nord des marais de Prioiel, nos alliés s'approchent de la'ville de Kobryn. Les forces austro-hongroises combattant orès de Kaminsz-I.i-fowsk ont chassé l'ennemi de ses positons au nord et à l'est de cette ville. Communiqué officiel russe W. T. B. St-Pétersbourg, 27 août. — Communiqué du grand Etat-major. Dans la région de Riga, aucun changement. Au sud-ouest de Friedrichstadt, dans la région de Schônberg et Radziwilischki, l'ennemi ayant reçu des renforts a repris l'offensive le 24 et le 25. Une bataille acharrée s'y poursuit. Près de Dûnaburg, dans la région depur. Oniksch'i à la Swenta, nous avons repoussé l'ennemi. Près de Wilna, nos troupes ont arrêté le 24 et 25 l'ennemi aux positions devant Jewie; maintenant elles se retirent, peu à peu, le long des deux rives de la Wilija. Au Njemen moyen et au front entre le cours supérieur du Bohr et le Pripet nos troupes se retirent, conformément aux ordres reçus, dans la direction de l'est. L'ennemi n'exerce de pression sur elles qu'à quelques endroits; il avait concentré, le 25, ses efforts sur Bialostok contre les routes qui conduisent vers l'est sur le front Bielsk-Kleschtescheli. Pas de changement important ailleurs. Sur 3e front itaio-autrsehien Communiqués officiels autrichiens W. T. B. Vienne 27 août. Sur le front italien, il n'y a eu des combats de quelque importance, hier, que près de Flisch. A cet endroit nos troupes ont repoussé une attaque ennemie contre leurs positions dans la vallée. Vienne 28 août. — Au front du territoire de la côte, l'ennemi tenta d'attaquer cette nuit et au lever du jour sur plusieurs points, mais il fut repoussé partout, notamment à l'est de Polazzo et San Martino sur le haut plateau de Doberdo, ensuite à nos positions de hauteur au nord de la tête de pont de Tolmein. Dans la région de FIHsch, le combat continue. Au Tyrol, les j Italiens s'avancent vers nos positions au nord de la vallée de la Lugana. Communiqué officiel italien W. T. B. Rome 26 août. — Dans la vallée de la Suguna, nos troupes ont avancé leurs positions vers l'ouest, sur la ligne allant du monte Civaron à la rivière Maso, des deux côtés de la rivière, jusqu'au monte Armuntera et au monte Salubio. L'ennemi n'a pu empêcher notre avance. Dans la vallée de Seebach, notre artillerie a ouvert le feu contre un camp dissimulé dans une petite vallée, sur la rive gauche du torrent. Sur l'Isonzo supérieur, nos détachements d'alpins ont pris quelques tranchées ennemies établies sur les rochers des versants sud du monte Rambon ; nous avons fait environ 30 prisonniers, parmi lesquels un officier, et nous avons pris 2 mitrailleuses et une quantité de munitions. Sur le Karst, l'ennemi a mis en position de nombreuses nouvelles batteries, qui ont ouvert un feu continu sur tout le front; néanmoins, nos travaux d'approche se poursuivent sans interruption. Hier, nous avons occupé, sur l'aile gauche de nos lignes, de nouvelles tranchées. Aux Dardanelles Communiqué officiel turc Constaminople, 29 août. — L'ennemi attaqua le 27 août, après des préparatifs d'artillerie, de terre et de mer, dans la région d'Anaforta, notre aile droite près de Kiretschtepe et notre centre au sud de Asmanders-Pskakdere. Il fut refoulé aux deux endroits sans atteindre aucun résultat et avec des pertes considérables. Près de Kiretschtepe, nous avons détruit un bataillon ennemi. L'ennemi attaqua trois fois notre centre: nous l'avons refoulé chaque fois avec des pertes considérables. Nos batteries ont touché à plusieurs reprises un croiseur ennemi et un navire-transport. Près d'Ari-Burnu, sur l'aile droite, il y a eu, à plusieurs reprises,des lancements de bombes dans la nuit du 27 août. Notre artillerie a endommagé un navire transport et un remorqueur. Près de Sedd ul-Bahr, feu d'artillerie et d'infanterie habituel. Intervention italienne à Smyrne?- Londres, 28 août. -— Une dépêche de Rome dit qu'à la suite de conférences qui eurent lieu entre plusieurs membres du gouvernement italien et les représentants de la Triple-Entente, il aurait été décidé que l'intervention militaire italienne contre la Turquie se ferait en Asie Mineure. Les Alliés auraient proposé tout d'abord à l'Italie de débarquer des troupes nombreuses aux Dardanelles. Cette proposition n'aurait pas été bien accueillie par le gouvernement de Rome qui, à raison de ses intérêts considérables en Asie Mineure,préférerait tenter un débarquement près de Smyrne, par exemple, où la colonie italienne est particulièrement nombreuse. De ce fait, l'action des Anglais et des Français se trouverait s'mplifiée, attendu que la Turquie se verrait obligée de détacher des troupes de Gallipo'i el du rivage asiatique des Dardanelles pour les concentrer à Smyrne. £n mer Coin niunit» né officiel français Paris, 29 août» — Le commandant en chef de la flotte française a déclaré le blocus, le '22 août, des côtes d'Asie Mineure et de la Syrie, de l'île de Samos jusqu'à la frontière égyptienne, entre 37.18' latitude Nord et 27 2° longitude Est jusqu'au 31.20° latitude Nord et 34.30" longitude Est. Le blocus est entré en vigueur le 20 août. Il fut immédiatement communiqué aux autorités locales de la zone bloquée. En France A la Chambre des députés Après une déclaration de M. ViViani, suivie d'une courte discussion, la Chambre a adopté, par 539 voix contre 1, les crédits pour les soiis-secrétariats au ministère de la guerre. La Chambre a renoncé à tenir une séance secrète et s'est ajournée au 16 septembre prochain. En Hollande Etat, de sièg'e Les zones maritimes et fluviales déclarées en état de siège par Parrê'é royal du 21 courant comprennent la partie nord du Vlieland Ter-schelling, Ameland et Schiermounikoog, ainsi que les eaux au sud des îles et la côte Frise-Groningue.L'état de siège a pour but de permettre la fermeture de la Zuiderzee par le nord. En Roumanie La « Kœlnische Zeitung », dit que par décision du ministre de la guerre, les dispensés ajournés de 1908 à 1915, ainsi que les dispensés de 1909 à 1916, qui après nouvel examen ont été jugés aptes au service, viennent d'être appelés sous les drapeaux pour recevoir l'instruction militaire. 11 en est de même des hommes des services auxiliaires, placés dans les régiments de Bucharest. Chronique Gantoise CONSEIL communal. — Séance secrète du lundt 39 août, à 5 1/2 heures de l'après-midi. Suite de l'ordre du jour : Cours d'eau n° 12; rôle de répartition des frais. Ecoles communales; personnel ; demandes de places. Ecoles communales; personnel; mesure disciplinaire. Ecoles payantes ; professeur de langues modernes ; nomination. INFORMAT IONS communales. Service au nettoiement public. Prise en location de deux parcelles de terre, appartenant au Bureau de LSientaisance, sises dans les prairies ae l roneniennes. Rapport de M. l'échevin Heynderyckx. 'Messieurs. La Ville à remblayé, au moyen des produits de la ferme des boues, les terrains dont elle disposait rue du Filet. Elle doit aviser au moyen de se procurer un autre lieu de déversement au faubourg de Bruges. il n'est pas possible, en effet, de conduire les balayures des quartiers du Rabot et de la porte de Bruges jusqu'aux Neermeerschen ; cela entraînerait une dépense pour transport d'environ fr. 10,000 l'an. Nous nous sommes mis en rapport avec l'Administration du Bureau de Bienfaisance, qui possède, dans les prairies de Tronchien-nes, des terres basses qui gagneraient beaucoup à être remblayées. Voici ies bases sur lesquelles nous nous sommes provisoirement mis d'accord. Le Bureau de Bienfaisance donnerait en location à la Ville, pou- un terme de six années et ce à partir du 1er janvier 1916, deux parcelles, section K, n'" 861 et 862 du cadastre, contenant I h., 41 ares, 50 cent., et l h., 28 ares, 10 cent., ensemble 2 h., 69 ares 60 cent. La Ville aurait le droit de surélever ces ierrains de un mètre. Le loyer serait de fr. 700 l'an, plus les . contributions et les frais de l'acte. La Ville devrait payer en outre, à titre de Feuilleton du Journal (le Gand 80 Le Comte DE Monte-Cristo PAR ALEXANDRE DUMAS Edmond dévorait des yeux cette masse de rochers qui passait par toutes les couleurs crépusculaires, depuis le rose vif jusqu'au bleu foncé; de temps en temps des bouffées ardentes lui montaient au visage; son front s'empourprait, un nuage pourpre passait devant sss yeux. Jamais joueur dont toute la fortune est en N n'eut, sur un coup de dés, les angoisses que ressentait Edmond dans ses paroxysmes d'espérance. La nuit vint ; à dix heures du soir on aborda; la Jeune-Amélie était la première au rendez-vous. Dantès, malgré son empire ordinaire sur lui-même, ne put se contenir ; il sauta le pre-m'er sur le rivage; s'il l'eût oséj comme Brutus, il eût baisé la terre. Il faisait nuit close; mais à onze heures la lune se leva du milieu de la mer dont elle argenta chaque frémissement ; puis ses rayons. à mesura qu'elle se leva, commencèrent à se jouer, en blanches cascades de lumières, sur les roches entassées de cet autre Pélion. L'île était familière à l'équipage de la Jeune-Amélie ; c'était une de ses stations ordinaires. Quant à Dantès, il l'avait reconnue à chacun de ses voyages dans le Levant, mais jamais il n'y était descendu. Il interrogea Jacopo. Où allons-nous passer la nuit ? deman-da-t-il.Mais à bor-d de la tartane, répondit le marin. Ne serions-nous pas mieux dans les grottes ? Dans quelles grottes ? Mais dans les grottes de l'île. - Je ne connais pas de grottes, dit Jacopo.Un sueur froide passa sur le front de Dantès. Il n'y a pas de grottes à Monte-Cristo? demanda-t-il. Non. Dantès demeura un instant étourdi ; puis il i songea que ces grottes pouvaient avoir été comblées depuis par un accident quelconque, ou même bouchées, pour plus grandes précautions, par le cardinal Spada. Le tout, dans ce cas, était donc de retrouver cette ouverture perdue. Il était inutile de la chercher pendant la nuit. Dantès remit donc l'investigation au lendemain. D'ailleurs, un signal arboré à une demi-lieue en msr, et auquel la Jeune-Amélie répondit aussitôt par un signal'pareil, indiqua que le moment était venu de se mettre à la besogne. Le bâtiment retardataire rassuré par le signal qui devait faire connaître au dernier arrivé qu'il y avait toute sécurité à s'aboucher, apparut bientôt blanc et silencieux comme un fantôme, et vint jete- l'ancre à une encablure du rivage. Aussitôt le transport commença.. Dantès songeait, tout en travaillant, au hourra de joie que d'un seul mot il pourrait provoquer parmi tous ces hommes s'il disait fout haut l'incessante pensée qui bourdonnait tout bas à son oreille et à son cœur. Mais, tout au contraire de révéler le magnifique secret, il craignait d'en avoir déjà trop dit et d'avoir, par ses allées et ses venues, ses demandes répétées, ses observations minutieuses et sa préoccupation continuelle éveillé les soupçons. Heureusement, pour cette circonstance du moins, que chez lui un i passé bien douloureux réllétait sur son visage une tristesse indélébile, et que les lueurs de gaieté entrevues sous ce nuage n'étaient réellement que des éclairs. Personne ne se doutait donc de rien, et lorsque le lendemain, en prenant un fusil, du plomb et de la poudre, Dantès manifesta le désir d'aller tuer quelqu'une de ces nombreuses chèvres sauvages que l'on voyait sauter de rocher en rocher, on n'attribua ce;te excursion de Dantès qu'à l'amour de la chasse ou au désir de la solitude. Il n'y eut que Jacopo qui insista pour le suivre. Dantès ne voulut pas s'y opposer, craignant par cette répugnance à être accompagné d'inspirer quelques soupçons. Mais à peine eut-il fait un quart de lieue, qu'ayant trouvé l'occasion de tirer et de tuer un chevreau, il envoya Jacopo le porter à ses compagnons, les invitant à le faire cuire et à lui donner, lorsqu'il serait cuit, le signal d'en manger sa part en tiran (un coup de fusil ; quelques fruits secs et un fiasco de vin de Monte-Pu'-ciano devaient compléter l'ordonnance du repas. Dantès continua son chemin en se refour- , nant de temps en temps. Arrivé au sommet d'une roche, il vit à mille pieds au-dessous de lui ses compagnons que venait de rejoindre Jacopo, et qui s'occupaient déjà active- t ment des apprêts du déjeuner, augmenté, grâce à l'adresse d'Edmond, d'une pièce capitale.Edmond les regarda un instant avec ce sou-ire doux et triste de l'homme supérieur.Dans deux heures, dit-il, ces gens-là repartiront, riches de cinquante piastres, pour aller, en risquant leur vie, essayer d'en gagner cinquante autres ; puis reviendront, riches de six cents livres, dilapider ce trésor dans une ville quelconque, avec la fierté des sultans et la confiance des nababs. Aujourd'hui l'espérance fait que je méprise leur richesse, qui me parait la plus profonde misère ; demain la déception fera peut-être que je serai forcé de regarder cette profonde misère comme le suprême bonheur... Oh! non, s'écria Edmond, cela ne sera pas; le savant, l'infaillible Faria ne se serait point trompé sur cette seule chose. D'ailleurs autant vaudrait mourir que de continuer de mener cette vie misérable et inférieure. Ainsi Dantès qui, il y a trois mois, n'aspirait qu'à la liberté, n'avait déjà plus assez de la liberté et aspirait à la richesse; la faute , n'en était pas à Dantès, mais à Dieu, qui, en bornant la puissance de l'homme, lui a fait des désirs infinis! (A suivre). — ; Er centimes le numéro Mardi îîl août 191/» 59me année - N° 24:)

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Cet article est une édition du titre Journal de Gand: politique, industriel, commercial et littéraire appartenant à la catégorie Liberale pers, parue à Gand du 1856 au 1923.

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