L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam

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s.n. 1915, 05 Mars. L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam. Accès à 19 octobre 2019, à https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/fr/pid/5h7br8nd9f/
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|eK Année N*»71t33» 6 ceftîs (ÎO Centimes} %/f*»Vri««É*ri8 fi» îîii'ss^sr: flCMfiï L'ECHO BELGE L'Union fait la Force. «Journal quotidien du matin paraissant êi Amsterdam, Belge est notre nom de Famille. Toutes les lettres doivent être adressées au bureau de rédaction: \.Z. VOOHBUBGWAL 234—240 Téléphone: 2797. Rédacteur en Chef s Gustave Jaspaers. I Charles Bernard, Charles HerbJeJ, Comité de Rédaction: ; Gustave Peellaert, René Chambrr, ( Emile Painparé. four les annonces, abonnements et vente au numéro, s'adresser à l'Administration du journal: N.Z. VOORBURGWAL 234-240. Téléphone: 1775. Abonnement f [En Hollande '1. 1.50 par mois, payable par anticipation l Etranger fl. 2.00 „ „ Ecce Homo Notre brillant confrère du ,,Daily Express", M. Sidney Dark, vient de publier chez Werner Laurie, à Londres, un petit livre que je voudrais bien que l'on lût partout et que l'on traduisît dan6 toutes les langues des pays civilisés, y compris l'allemand et le turc. C'est un petit livre sur la wuerre. Il est intitulé ,,Thou art the man , te qui veut dire „Tu es l'homme!" ,,Ecce -Homo". L'homme, vous devinez bien qui c'est. Le frontispice du livre nous donne d'ailleurs son image dans un cadre soni- i maire mais adéquat de ruines et d incendie. . Il est botté et casqué, comme la Prusse elle- ; même. A »es pieds déchiré et froissé un ,,scrap of paper", le traité garantissant la neutralité de la Belgique. Et, dominant le paysage sur le fond duquel on voit brûler la cathédrale de Reims, une main formidable, menaçante, révélatrice, accusatrice, est tendue comme un poing vers lui, vers l'Homme. ,,Thou art the mail." J'ai dit que le livre de M. Dark est un petit livre. Il l'est par son aspect modeste et volontiers vulgarisateur; mais c'est un ouvrage considérable par la matière qui 6'y trouve condensée. On a écrit déjà beaucoup de livres sur la guerre. Il y en a eu de toutes les couleurs, de tous les formats et de ; toutes les nuances de l'opinion mondiale, J'en ai, pour ma part, dû lire un grand ( nombre. Le reproche qu'on peut leur faire, à tous, c'est d'être trop riches, trop com- } pacts, trop remplis de leur matière, et, en ( conséquence, un peu obscurs. La cause des alliés est simple comme le bon droit lui-même, qu'elle aéfend et qu'elle fera victo- • rieux. Et c'est cette admirable simplicité, ( cette honnêteté de notre cause qui n'a pu . toujours ressortir assez nettement de tous los livres qu'on a faits jusqu'à présent dans j le but d'expliquer aux' foules les raisons profondes de la guerre. Défaut de composi- ( tion, défaut peut-être de compréhension, défaut en tous cas, inévitable lorsqu'on doit travailler vite et qu'on est trop riche d'arguments, de documents, de preuves. On ne se résigne pas facilement à élaguer, à choisir. Et l'on a tort. M. Dark a très bien compris cela. Son livre est la clarté même, et la simplicité. La question qui divise actuellement toute la terre et où se joue le sort du vieux monde, il l'a fait tenir dans un livre de 90 pages, d'une argumentation serrée, nette, directe comme un coup de poing et acérée comme une épée. C'est parfait. >,Thou art the man" commence par étudier l'évolution de l'Allemagne, ce ,,parvenu de l'Europe", et l'auteur nous y montre, en quelques traits heureusement choisis et si clairement dénonciateurs, les progrès de cette doctrine scélérate de la force et de l'épouvante dans l'Allemagne moderne. Il nous montre Frédéric Nietzsche expliquant aux hommes de 6a génération sa théorie du surhomme et leur révélant sa doctrine de force et de haine. D'après M. Dark, Nietzsche aurait été le vrai prophète de l'Allemagne moderne. C'est possible. On peut disputer là-dessus et je ne chicanerai pas M. Dark sur ce point. En tous cas Nietzsche a été un de6 avant-coureurs de la Kultur dont nous voyons aujourd'hui les beautés sanglantes. Mais bien olus qte Nietzsche, à mon sens, von Bernhardi semble avoir été le meneur moral de la l'eusse actuelle; et n'est-ce pas lui qui a osé prétendre — au milieu des acclamations des Junker — que ,,la paix n'est pas un but"? * Il est probable cependant qu'avant long- ' temps les Allemands, battus, affamés, honnis et voués à la colère et à la haine d'une Europe qu'ils avaient follement rêvé de sou- ^ mettre, trouveront que, tout de même, la 1 paix est un but, — le leur, notamment! ( Je ne veux pas, par de longs commentai- ( re6, affaiblir la portée du livre de M. Dark. 1 Mais je veux dire encore ceci, qu'il nous ^ donne, ce livre, tout le drame, sans rien négliger d'essentiel, tous les éléments de ce ^ drame formidable auquel nou6 assistons ( avec l'enivrante espérance du prochain < triomphe, — et notamment dans les pa-ges 1 du chapitre intitulé „La route des mensonges". On ne peut plus douter après la 1 lecture de cette analyse froide et serrée des £ documents officiels ; l'on voit clairement 2 sur quelle tête, sur quelle tête unique re- t tombe la responsabilité de l'incomparable 1 malheur. ,,Eoce homo". ,,Thou art the ( man"! Le dernier chapitre de l'ouvrage, ] intitulé ,,La seule fin", est le logique épilogue de ce livre. Et cet épilogue commence ( par ces mots: ,,La seule façon de traiter un ( chien enragé, c'est de l'abattre". Evidem- < ment. C'est encore ce qu'on a trouvé de mieux, et de plus radical. Et c'est ce qui I sera fait, noue en avons chaque jour davan- 1 tage l'inébranlable et réconfortante certitude.Je vous le dis en vérité. Lisez le livre de M. Dark, lecteurs qui lisez l'anglais. Vous y trouverez un admirable résumé de tout ce qui a, ouvertement ou secrètement, précédé la guerre de 1914, Et vous y verrez -aussi avec quelle ténacité, quel vouloir for- ] midablement bandé vers un but unique,l'An- : gleterre, toute l'Angleterre, toute la Grande-Bretagne, tout cet empire inouï où le 6oleil { ne se couche jamais, travaille d'un même ( cceur cuirassé d'espérance et de colère à < l'écrasement et à la ruine de l'ennemi com- ( gtua. On commence seulement | se rendre ( compte du rôle que joue l'Angleterre dans cette guerre, parce qu'on commence seulement à en sentir les bienfaits. Ce rôle est. essentiel, ce rôle est capital, ce rôle est formidable. Et il est hérissé de difficultés ît de dangers. N'importe. ,,Nous avons tiré .'épée à regret, disait M. Asquith au Guild-tiall en novembre dernier, et nous ne la remettrons au fourreau que lorsque notre Dut sera atteint." Depuis cette date, les Alliés 6e sont incomparablement rapprochés le ce but. Ils n'en sont plus très loin et es raisons de le croire, d'en être certains ae nou6 manquent pas. Il est enfantin, joutefoie, d'assigner une date, une époque, me année même à la réalisation du plan les alliés. Tout va bien, mieux même qu'on a'eût pu l'espérer. Et ceux à qui leur opti-nisme nécessaire et raisonnable fait quelquefois défaut, je conseille de lire le livre le M. Sidney Dark. Ile y trouveront les 1 >lus fortes raisons morales de ne plus douter de la victoire, car le bon droit des Alliés y est exposé et expliqué en quelques E-raits qui font balle. Ce livre s'intitule trop modestement un ,,vade-mecum". C'est un .Sursum Corda". Et c'est presque une Bible ! ; Rend Fetbelman. ' «I I l'fl « Ijl ' 'In» ' 1 Le froid par ordte Il y quelque temps, on lisait dans les ] ournaux de ce pays que les Hollandais, îmus par une nouvelle misère belge, venaient < le constituer un „Comité de couvertures". ' Des réquisitions de couvertures, pour des ( aisons qualifiées militaires," avaient con- 1 lamné au froid de nombreuses familles de paysans luxembourgeois. La publicité faite autour de la généreuse nitiative du comité hollandais n'a pas été ( lu goût des Allemands et voici que la léga- ^ ;ion d'Allemangne à La Haye intervient pour déclarer simplement quo son appel à a charité est . . . sans fondement. Ecoutez pourquoi. Sans doute parce jui le comité a été mal informé et qu'aucun Allemand n'a privé un paysan de sa couverture? Nullement: Parce que c'est La misère que empêche les villageois de renouveler leurs couvertures usées? Point d'avantage. Voici textuellement le motif que fait publier par la presse le ministre d'Allemagne [„Nieuwe Rotterdamsche Courant" du 1er mars 1915): „D3S réquisitions démesurées de „couvertures n'ont pas eu lieu, notamment „il est inexact qu'il n'aurait été laissé „qu'une couverture par famille. Au contraire „on a tenu soigneusement compte de tous .,les griefs présentés par les communes intéressées".Eh quoi! voilà de la bouche allemande elle-même, l'aveu sans artifice que les réquisitions de couvertures ont eu lieu, qu'elles ont été opérées dans nombre de îommunes et que des plaintes ont surgi ; ce lui est simplement contesté c'est que les réquisitions aient été démesurées. Les bons ipôtres ! Les villages en question n'étant ni producteurs ni commerçants en couver-bures, les réquisitions ont forcément dû porter Bur les couvertures en usage dans [es habitations. Or, s'il est un objet que ['on possède en nombre strictement nécessaire, ce sont bien les couvertures! Pour iu linge, passe encore ; on en a de rechange, nais des couvertures ! Ce ne sont pas les paysans qui possèdent des chambres d'amis n occupées qui auraient permis de pourvoir les soldats du kaiser. Non, toute •équisition quelconque de couvertures, aite dans la campagne en plein hiver, loit réellement y provoquer la souffrance lu froid qui a ému nos amis de Hollande. N'est ce pas odieux? Ce n'est pas tout. Savourez cette fin de a communication allemande: „Pour autant que par suite d'incendie, un manque de lonvertures s'est fait sentir dans la provinoe lu Luxembourg, le comité de secours dans jette province et dans le Grand Duché de juxembourg y ont pourvu". Voilà deux autres aveux à retenir : lo 1 lies réquisitions de couvertures ont eu lieu : lans une province déjà ravagée par lesin-endies (on ne dit pas qui a allumé ces ■ ncendies, mais chacun complétera ce lapsus). 2o. Dans le Luxemburg CDmms ailleurs as Allemsnds ont appliqué leur admirable < ystème d'exploitation de la charité, après ; voir dépouillé la population civile, ils invient les âmes charitables à remplacer l'indis-ïensable qu'ils ont enlevé et ensuite ils < lemanaent cyniquement de quoi l'on se ; )laint. Conclusion : Mr. von Muller ministre £ l'Allemagne à La Haye vient d'en dire trop... ; :e qui n'est jamais prudent surtout pour un ; liplomate. Bureau d'information beige* ! Démenti. ,,Het Vaderland'' du 3" mars a annoncé ( a création d'un bureau d'information e Delge, en disant : _ „Ce bureau qui est placé sous la direc- { )ion de Mr. Anthoni Struys, est chargé de ( a publication des nouvelles venant de < lource officielle belge, etc." : Nous ignorons complètement l'existence i l'un bureau dirigé par Mr. Struys. Quoiqu'il en soit, nous sommes autorisés à < iéclarer que les autorités belges n'ont 1 lonné à ce bureau aucun appui ni aucun ] aractère officiel «. i En Belgique. A iBruxelies. Dans un de ses récents numéro, la ,,Kol-nische Volkszeitung" publie une correspondance concernant l'action allemande à Bruxelles. L'auteur traite de pessimistes les personnes qui ont cru que les événements de la guerre avaient compromis à tout jamais les oeuvres créées par les Allemands en Belgique et notamment à Bruxelles. L'école allemande qui a été saccagée par la population de Bruxelles aux premiers jours d'août, a été rouverte par les soins de son directeur. Avant la guerre, elle comptait 500 élèves; aujourd'hui 75 inscriptions ont déjà été reçues; pour la fin février, on compte sur 100 élèves, dont des enfants belges. Nous n'avons pas l'intention de discuter si, comme le dit le correspondant de la ,,Kolnische Volkszeitung", la présence actuelle de 75 élèves à l'école allemande, alors qu'elle en comptait 500 autrefois, est pour les Allemands une ,,constatation consolante et qui permet les plus grands espoirs." Nous ne discuterons pas davantage s'il se trouvera encore des Belges dépourvus de tout sentiment national au pont qu'ils enverront encore leurs enfants à l'école allemande.Mais nous protestons contre l'allégation du correspondant du journal catholique de Cologne que ,,l'école allemande a été saccagée par la population de Bruxelles aux premiers jours d'août." L'école allemande n'a pas été saccagée. Le journaliste ment et il sait qu'il ment. Un mensonge de plus obérera à peine sa conscience déjà trop chargée de vilenies de toute espèce. * * * Le général allemand von Bissing, qui remplit les éphémères fonctions de „ gouverneur" de la Belgique, a confie à un jour-; naliste hongrois ses impressions sur le peuple i belge. Nous en détachons ce passage cueilli • dans la ,,Gazette de l'Allemagne du Nord": ,,Entre les Belges et les Allemands existe . une grande différence de caractère. : ,,Les Belges aiment leur pays et travail-5 lent volontiers, bien qu'ils ne possèdent pas : l'énergie allemande. Mais ce qui surprend . chez eux, c'est leur étourderie (?). Ils sont 3 rebelles aux ordres comme des enfants mal ; élevés. Il est encore un autre cas dans 5 lêquel ils se conduisent comme des enfants, j c'est lorsqu'ils croient — et ils l'espèrent . toujours, contre toute évidence — que les alliés viendront à leur aide. } ,,Enfin, on peut citer ce dernier exemple: , le bruit ayant couru que les Allemands en pratiquant la vaccination préventive des ! enfants voulaient en réalité les empoisonner, , de nombreux maîtres et parents ont fait ! sortir ces enfants des écoles. ,,Croient-ils que les Allemands soient assez stupides pour supprimer leurs futures ' recrues?" Futures recrues? Le général est bien j obligé de chercher dans le Rêve des conso- , lations à la Réalité... * * * Aux Halles des Producteurs, la coopéra-i tive de vente des viticulteurs, horticulteurs > et maraîchers, il est question de ne plus ou-! vrir les locaux que deux fois par semaine, • les envois de raisin qui con6tituent le gros ! des ventes à cette époque de l'année étant , tellement réduit», étant donné l'impossibi-, lité d'en exporter directement des centres de ! production. Cette situation est due au fait qu'une grande partie de la récolte tardive fut coupée''dès l'annonce de l'invasion. Ce i qui resta fut conduit de façon à mûrir pen-; dant les premiers mois d'hiver. Cette sup-i pression de jours de vente serait unique ! dans l'histoire des Halles de Producteurs. » Le gros article en ce moment est la chi-i corée de Bruxelles, dont la production e6t à peu près normale. Cette culture débute en effet dès le mois de mai, et lorsque la guerre éclata de grandes quantités de raci-■ nés étaient disponibles dont le6 maraîchers i ont, malgré tout, cherché à tirer profit. Seule parmi les clients étrangers, la Hol-i lande reçoit ses envois usuels. Tout le reste est jeté sur le marèhé de Bruxelles. Le prix y est généralement de 16 à 17 fr. les 100 kilos. Le charbon, qui fit longtemps défaut, commence à arriver. Les Allemands l'amènent par chemin de fer. Le prix à la mine n'a pas varié, mais les frais de transport : sont doublés. A Hoeylaert. on paie 59 fr. au lieu de 27 ! Décidément ces gens font argent de tout! Ce' qu'il faut admirer chez une partie de la population, c'est la sérénité avec laquelle elle tâche de refaire 6a vie économique. Il n'y a pas de forceries de novembre, le charbon n'étant pas encore disponible alors, mais dès la mi-décembre nombre de producteurs ont allumé les feux de leurs serres. Ils savent que les pires événements peuvent surgir, que leurs serres peuvent être détruites au cours de la retraite et qu'en tout cas la vente est très problématique, néanmoins ils se remettent stoïquement à la besogne. Puissent leurs efforts ne pas être vains ! Certains horticulteurs se sont vus obligés de licencier une partie de leur personnel, les recettes étant insuffisantes pour le payer. En général, cependant, des efforts sont faits pour Je garder, l'horticulture aux environs de Bruxelles ayant un fort caractère d'industrie familiale, mais les salaires ont été réduits de 20 à 25 %. * * * On a raconté à Bruxelles, comme partout ' ailleurs, que les coupons de la rente belge, ne seraient plus payés aux kuichets des banques parisiennes. C'est faux. Ces coupons sont payables, mais il est évident que les porteurs d'inscriptions au Grand Livre de la Dette publique ne peuvent encaisser, à Paris, leurs coupons, les livres d'inscriptions étant restés à Bruxelles. * * * Le monument Ferrer est remisé à la gare du Nord. On a coupé les jambes à la statue. * * * Les postiers ont repris leur service. Il y a deux distributions chaque jour. A A SB vers. Une des clauses du traité de Contich, stipulant les conditions de la reddition d'Anvers, dit que les propriétés privées seront respectées, que vu l'absence de la population, les portes resteraient fermées et que les fenêtres ne devaient pas être éclairées. Or, aujourd'hui, que voyons-nous? Les Allemands parlent de vendre. les biens meubles ou immeubles de ceux qui n'ont pas réintégré leur domicile. Dèsjflors le traité de Contich, signé par von Bosseler d'une part, d'autre part par 1',,homme au chapeau de soie" comme disent les Allemands, n'est aussi qu'an chiffon de papier! Depuis l'histoire des gardes civiques, nous nous en doutions bien un peu! * * * Des affiches annonçant des victoires allemandes près d'Augustovo ayant été détériorées à Anvers, l'administration communale a été frappée d'une amende de 50.000 frs. et l'on a informé la population anversoise qu'au cas où ce fait se reproduirait les habitants des maisons voisines des affiches lacérées seraient rendus responsables du délit et condamnés à de fortes amendes. D'autre part, les enfants des écoles se moquent constamment des Allemands dont quelques-uns ont vraiment une silhouette qui prête à rire. La race n'est pas belle, ma foi! Mais, les Allemands, furieux, ont prévenu M. de Vos qu'il aurait à compter avec eux si les gamineries ne cessaient pas. Aussitôt, le bon Jan de Vos de signer un avis rédigé en ces termes: Nos concitoyens uniront volontiers leurs efforts à ceux de l'autorité communale, de la police et du corps professoral, pour prévenir que l'un de ces jours tout le monde ne soit rendu responsable des actes irréfléchis des écoliers. Il n'est pas inutile peut-être de rappeler à cetfe (occasion au public une recommandation qui lui a été antérieurement faite, celle notamment de ne pas assister aux parades, concerts et exercices des troupes allemandes. Il arriva fréquemment, en ces circonstances, qu'un cri déplacé soit poussé ou qu'un signe de désapprobation soit fait, en raison desquels, dans la confusion des attroupements, des curieux innocents sont rendus coupables des actions des autres. La consigne reste donc de s'éloigner des endroits dangereux. Que la population anversoise conserve jusqu'au bout l'attitude calme et digne qui l'a caractérisée depuis le début de la guerre." A Liège. Les magistrats de la cour d'appel et du tribunal de première instance n'avaient pas encore signé l'engagement exigé par le gouvernement allemand. Les vues étaient très divergentes, mais la majorité, croyant traduire la pensée du ministre de la justice, pensèrent qu'ils pouvaient accepter de signer, sans déchoir dans la considération de leurs compatriotes. Ainsi fut fait par un grand nombre de magistrats. * * * Lorsque la ville de Liège, dès septembre, émi de la monnaie papier, remboursable le 28 février 1915, nul ne songeait que la situation put se prolonger au'delà de cette date. Aussi l'administration va-t-elle devoir promulguer un nouveau cours forcé pour ces papiers. A Mons. Deux sociétés viennent de se fonder à Mons, la première pour l'exploitation de chemins de fer dans le Borinage, la seconde pour l'assurance des risques de guerre. A Charieroi. L'industrie est à peu près paralysée dans toute la région. La métallurgie et la verrerie souffrent beaucoup, tandis que la vente de la houille devient de plus en plus restreinte. Dernièrement, cinq cents wagons de charbon ont été bloqués, durant des semaines, entre Charleroi et Bruxelles Le ravitaillement, organisé par l'administration communale, marche très bien. A côté des rations distribuées gratuitement, on peut se procurer, pour 40 centimes, un dîner composé d'un excellent potage et d'un plat de viande. A Louvain Le professeur Doutrepont, de l'université de Louvain, a fait mardi son premier cours au Collège de France, sur la littérature belge, ses origines, et l'influence de la littérature française sur les produc-i tions belges. r Son succès a été très vif. Â WatermaehBoitsfort. Le 20 août, dans la matinée, de nombreuses troupes allemandes sont passées par la commune sans y commettre aucun dégât. Durant les trois premiers mois de l'occupation, une garnison de 500 hommes environ vint s'y fixer. Ce nombre tomba ensuite à 200 et, en ce moment, la garde des viaducs et des voies ferrées est assurée par 75 soldats de la Landsturm, casernés à Etterbeek. Est-il besoin de dire que les caves des maisons dont les habitants avaient fui sont vidées depuis longtemps? * * * Le conseil communal, — ayant à sa tête M. M. J.-H. Delleur, bourgmestre, G. Benoidt et E. Keym, échevins, — est resté à son poste et s'acquitte parfaitement de sa mission. Le bourgmestre de Watermael-Boitsfort a été désigné à titre de délégué auprès de l'autorité allemande pour les villages de La Hulpe, Hoeylaert et Overyssche. La police bourgeoise est faite par 60 personnes rétribuées. L'hospice des vieillards, édifié récemment sur le plateau des Trois Tilleuls, est ouvert depuis novembre; il en est de même des écoles communales. M. le comte de Cicogna représente la commune au comité de secours et d'alimentation établi dans l'agglomération bruxelloise. Une distribution de soupe et de pain est faite tous les jours aux'chômeurs et aux indigents; chaque ration comporte un demi-litre d'excellent potage et 200 grammes de pain et ne coûte que 5 centimes. Cette somme est payée par le Comité de chômage ou le Bureau de Bienfaisance. Il est distribué 25.000 rations par semaine. * * * Les trams qui relient la commune à Bruxelles roulent régulièrement depuis trois mois. Par contre, aucun train ne fait arrêt à Watermael ni à Boitsfort. Il ne passe guere que des convois de blessés qui avancent avec une lenteur désespérante. Signalons une fois de plus que les Allemands n'entendent rien au service de nos chemins de fer? Il y a quelques semaines, une locomotive a pris en écharpe un convoi de troupes, à l'intersection des lignes de Watermael et de Tervueren. Résultat: 4 tués et 20 blessés. • « • Les Allemands ont creusé quelques tranchées sur les hauteurs de Tercoigne, à proximité du hangar pour dirigeables d'Etter-beek. Celui-ci est défendu contre les avions alliés par des mitrailleuses placées sur le château d'eau voisin. Non loin de là, une large fosse a été creusée. Le secret le plus absolu devait être gardé sur la destination de cet ouvrage et défense formelle fut faite de s'en approcher. Nul n'ignore cependant que nos ennemis ont l'intention d'installer à cet endroit un gazomètre sous-terrain. Voilà une jolie cible pour nos aéroplanes! • * » Watermael-Boitsfort est la seule commune de moins de 10.000 habitants dont la garde-civique soit entrée en campagne au début du mois d'août pour être licenciée à Bruges le 13 octobre dernier. Aaa iPasrs Weancuaiu M. Levoz est ff. de bourgmestre à Spri-mont. Au moment des récoltes, un fermier de la localité, à qui on avait enlevé les chevaux pour les besoins de l'armée, demanda à M. Levoz de lui en procurer un autre pour rentrer la récolte qu'il faisait au profit de la commune. M. Levoz réquisitionna un cheval détenu chez un particulier. Celui-cî refusa de livrer la bête. M. Levoz ouvrit l'écurie, prit le cheval et le passa au fermier. Le particulier déposa plainte contre M. Levoz pour... violation de domicile et abus de pouvoirs ! Le tribunal a acquitté M. Levoz et a rendu hommage au bon sens et à la fermeté dont celui-ci avait fait preuve en l'occurrence . # * # Récemment, un notable civil allemand demeurant à Herstal a été victime d'une sauvage agression, un peu avant d'arriver chez lui, en un endroit désert des bords du canal. Il fut renversé et frappé cruellement à la tête. Celle-ci était en bouillie quand on le releva. L'état du notable est plutôt alarmant. On l'accusait dans la population d'avoir fait de la dénonciation contre certains Herstaliens. On croit donc qu'on se trouve en présence d'une vengeance. La police locale a ouvert une instruction. * * * Les jours derniers, l'administration communale a fait distribuer aux enfants des écoles gardiennes de Herstal les objets de St, Nicolas envoyés par les enfants américains. C'étaient de jolis jouets divers, du pain d'épices, des oranges, etc. Tout cela (est-il besoin de le dire) a été fort bien accueilli. Beaucoup de ces objets portaient Tendresse des petits envoyeurs. Le directeur des écoles a eu l'heureuse idée de faire adresser à chacun de ceux-ci,, en guise de remerciements, une jolie carte postale illustrée portant l'une ou l'autre vue de Herstal. IÇi i Q-O-^P-cim —- La levee du moratorium Les banquiers liégeois ont adressé la note suivante au gouverneur von Blissing au sujet de la levée possible du moratoire. Le gouverneur-général les avait d'ailleurs pressenti à ce sujet : Les soussignés, banquiers de Liège, informés des études et des *?nquêtes qui 6ô poursuivent au sujet de la levée du moratorium existant en Belgique, ont pensé qu'à raison de leurs relation étroites avec les industriels et commerçants de la province de Liège, ils avaient le devoir d'étudier le problème posé, d'examiner si une soluti on est possible, et éventuellement quelles mesures devraient être prises pour la rendre possible. Pour que les obligés puissent payttr leurs dettes, ils doivent ou r»3Courir aux ressources qu'ils peuvent encore avoir, ou gagner de l'argent ën reprenant leur industrie ou leur commerce. Il convient donc d'examiner quelle est la situation de la Province de Liège, qui est d'ailleurs la même pour toute la région industrielle, et on peut dire pour la très grande partie du pays. Depuis six mois toute industrie est arrêtée. A part les commerces se rattachant à l'alimentation et à la subsistance, aucun commerce ne se pratique plus. Il ne pourrait du wsste, en être autrement; la province de Liège a toute sa vie économique basée sur l'industrie ; c'est ' celle-ci qui, par s«2s consommations, ses ventes ses multiples opérations qui en dépendent, par les salaires et les traitements qu'elle paye, con-stitu»3 la base on peut dire de tous les commerces de la province; elle procure à la masse de la population les revenus qui lui permettent de payer ê»?s consommations pour l'alimentation et tous les autres besoins d'un peuple civilisé. On peut considérer comme actives les usines qui continuant à travailler deux à quatre jours par semaine ; elles le font ou prix de grand sacrifice pour procurer à leur population ouvrière les salaires indispensables à- sa subsistance; beaucoup d'usines préféreraient allouer des secours à leurs ouvriers; cela leur coûterait beaucoup moms que le travail intermittent, très onéreux pour elles qu'elles procurent à leurs ouvriers ; mais sinsi on évite dans une forte mesure l'oisiveté si déprimante et si mauvaise conseillère. Il n'»?n pourrait d'alleurs pas être autrement la Belgique exporte environ 70 pour cent do sa production ; elle achète en dehors la très forte partie des matriès et produits qu'elle met en oevre. Or, il n'est pas possible de se procurer des matières premiers ; les transports sont suspendus; s'il en est quelques-uns qui ont été rétablis,, et combien peu il représente sur l'ensemble, aucune garantie n'est donnée quant à leur régularité et a leur durée. Peut-on dans de pareilles conditions penser • à remettre un^> usine en activé, ce q ui entraine souvent les dépenses très considérables? Mais il ne suflit pas pour travailler d'avoir les matriès premières; il faut encore pouvoir correspondre rapidement aVec les divers organismes dont le concours peut devenir tout à fait nécessaire pour consultations avec Ses clients ou leurs agents sur les conditions à remplir par les fabricants pour réparations, foumitu-res d'objets divers en remplacement de ceux usés ou accidentellement détériorés, ètc. La poste, le télégraphe, le téléphone à cette fin jouent aujourd'hui un rôle considérable et sans «3ux tout au moins sans un service postal fréquent, régulier, sans des communications par chemins de fer nombreuses et rapides n'exigeant pas une absense de trois jours pour élucider une question de iminime inportance, il est presque impossible de travailler. Il faudrait donc, pour produire, non seulement le rétablissement bien plus complet^ et bi»3n plus fréquent des moyens de communication, chemins de fer, postes, télégraphe, mais il faudrait encore l'assurance qu'une fois ce rétablissement fait, il sera maintenu. Les exigences de la guerre le permettent-elles? Seule, l'autorité militaire peut répondre. Il semble pourtant évident, même pour les non-initiés, que l'autorité militaire ne saurait donner des assurances formelles, la Belgique étant encerclée de toutes parts dans la zone des hostilités. Mais il ne suffit pas de produits; il faut vendre; jamais un industriel, dans la situation actuelle, ne voudra travailler pour mettre des produits en magasin. Non seulement il s'exposerait à ne pouvoir écouler ceux-ci à la reprise des affaires parce qu'ils ne seront pas ceux demandés à ce moment, niais surtout, et c'est la raison capitale, il no voudra pas transformer le peu de disponibilités qui lui restent en valeurs inertes; du même coup, il compromettrait gravement sa situation pour l'époque de la reprise des affaires, et se mettrait dans l'impossibilité de contdnner à ses ouvriers et à son personnel les secours qu'il leur répartit pour les préserver de la famine. Il faut donc, si l'on produit, que l'on soit assuré de vendre. Nous l'avons dit en temps normal la Belgique exporte environ 70 par cent de sa production; les pays balkaniques, la Turquie, l'Egypte comptent parmi ?es débouchés importants ; de ce côté, rien à faire; rien non plus avec les pays ibelligrantes: il ne reste donc que la Chine, les républiques de l'Amérique, surtout celles du Sud. Ces dernières et la Chine sortent d'une crise intense; on peut dire plus exactement qu'elles sont encore en pleine crise. Où dono ces pays, dont les ventes à l'étranger sont presque arrêtées, trouveraient-ils des capitaux pour entreprendre des travaux et commander, les produits nécessaire^ à leur exécution P Eussent-ils même des commandes à placer qu'il serait indispensable que des relations postales et .télégraphiques satis-faisantes puissent Rétablir entro les usines belges et ces pays. Il faudrait enfin que les transports de Belgique jusqu'aux ports d'exportation et dp ceux-ci par mer, jusqu'aux acheteurs, fussent possibles et pas trop onéreux. Que nous sommes loin de tout rela. ! L'énoncé suocinct quo nous (venons do faire suffit à montre^ qu'il y. a un ^ensemble de difficultés

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Cet article est une édition du titre L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam appartenant à la catégorie Oorlogspers, parue à Amsterdam du 1914 au 1918.

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