L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam

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s.n. 1915, 12 Mai. L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam. Accès à 07 juillet 2020, à https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/fr/pid/cf9j38mj1n/
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jéfe Année N®. SOI _ i i ■ i 11 m S cents CIO centimes) Mercredi 12 mal 19151 L'ECHO BELGE L'Union fait la Force. Journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam Belge est notre nom de Famille. Toutes les lettrées doivent être adressées ao bureau de rédaction: N.Z. VOOHBURGWAL 234-240 Téléphone: 2797. Rédacteur en Chef : Gustave Jaspaers. ( Charles Bernard, Charles Herblei, Comité de Rédaction: ! Gustave Peellaert, René Chambry, ( Emile Painparé. four nés annonces, aoonnemenis ei vente au numéro, s'adresser à l'Administration du journal: N.Z. VOORBURGWAL 234-240. Téléphone: 1775. Abonnement ( En Hollande fl. 1.50 par mois, payable par anticipation t Etranger il. 2.00 „ „ Important «ès lies Alliés Les Français font 2.400 prisonniers et capturent 10 canons et 50 mitrailleuses. (Communiqué officiel français). PARIS, 10 mai. Au nord d'Arras, nous avons conservé tout le terrain occupé hier, malgré les nombreuses contre-attaques de l'ennemi. En différents endroits nous avons même progressé, principalement entre Ca-rejcy et Souciiez. Aujourd'hui,, à 3 heures de l'après-midi, lu nombre de prisonniers s'était élevé à 3000. Pirmi ces prisonniers il y a 1 colonel et 40 autres officiers. Aujourd'hui et hier nous avons capturé 10 canons et 50 mitrailleuses. Des attaques allemandes contre Berry-au-Bao et dans le Bois Le Prêtre ont été re-poussées._ -— i m—' - 'B ~ 1 " Se Grotius à Machiavel Au début de la guerre il se trouvait ] encore des publicistes et dés professeurs j pour s'indigner au nom du droit des gens. ; Hélas! voilà beau temps qu'on n'en parle plus. C'est comme l'une ou l'autre de ces malheureuses femmes des pays envahis et qui sont mortes à force d'avoir été violées. Le droit dea gens a trépassé un peu de la mênrt) façon et nous-mêmes nous n'en parlerions plus s'il ne se trouvait des cuistres allemands pour exécuter la danse du scalp sur son cercueil ! Car on accordera tout au mcius ceci à l'Allemagne,, c'est qu'en faisant ce qu elle fait, elle n'use pas de ceitte hypocrisie dont on a dit qu'elle était un hommage que le vice "ranci a.\a vertu. Ecoutez ce que dit von Treitsohke. Je résume: ,,ll existe deux théories: l'une dont on peut dire que son représentant principal est Machiavel et d'après quoi l'Etat est la force, sans plus,,et fait ce qui lui plaît.... Vis-à-vis se trouve la conception libérale et moralisatrice qui n'est pas moins fausse. Elle considère l'Etat comme un brave garçon qu'on peigne et lave à loisir, qu'on envoie à l'école et à qui on tire les oreille pour qu'il soit bien sage. Ce doctrinarisme ne vaut rien. L'école historique seule est dans le vrai. Il faut considérer l'Etat comme une puissance physique qui tend naturellement à attirer tout ce dont elle a besoin. Il est naturellement expansionniste. Dans des pays comme la Belgique et la Hollande qui, pour le plus grand malheur de la science du droit des gens, ont été si longtemps la patrie du droit des gens, et cela parce qu'ils ont toujours peur d'être attaqués, il se forme une conception sentimentale de ce droit par quoi l'on s'habitue à formuler dea exigences au nom de l'humanité, exigences qui sont en contradiction avec la puissance de l'Etat et, partant, dépourvues de bases naturelles et sottes." Pauvres Belges que nous sommes, qu'est-ce donc qu'on nous a appris à l'école! Je vois toujours feu M. Olin (il avait été ministre, je crois, et enseignait le droit naturel à l'Université de Bruxelles) en balançant le bras le long de sa ohaire, d'une veix un peu, blanche mais bien martelée, commencer son cours en lançant avec emphase: ,,Grotius, père du droit des gens".... Grotius le grand Hollandais qui le premier dégagea la philosophie de ce droit international encore sporadique mais visible et palpable à travers toute l'histoire de l'humanité. Ce Grotius, évidemment, n'était qu'un infâme doctrinaire et on comprend qu'un Allemand élevé à l'école historique de M. de Savigny— pis, de Machiavel — en parle avec le mépris de Célestin Demblon pour feu M. Frcre-Orban. Bizarres admirations que nous ont inculquées nos maîtres ! Parmi ceux-ci il y avait aussi M. Rivier, l'auteur d'une traité qui fait autorité. M. Rivier était Suisse-Allemand et toutes ses empathies étaient pour l'Allemagne. Tout de même, quel doctrinaire! Il professait qu'à chaque étape, c'est-à-dire à chaque guerre, le droit des gens — qui contient un chapitre sur le droit de la guerre ! — s'affirmait avec plus de force comme un triomphe lent mais constant du progrès sur le passé, ta l'humanité sur la barbarie. Quelle différence entre aujourd'hui et jadis, quand tas peuples s'exterminaient l'un l'autre! Les anciens Juifs et les Romains massacraient jusqu'au dernier leurs ennemis vaincus. Ils s'appropriaient leurs biens et s'annexaient leur territoire. Abominables coutumes que les hommes du siècle de lumière où nous sommes ne rappellent qu'avec épouvante.... Le bon billet! Ce chez M. Rivier est mort en conservant ses illusions et sa foi dans le triomphe du droit dorft il avait, hélas ! raison de dire que, pour leur propre salut, les petites nations devaient s'en faire les champions infatigables.Cependant tous les étudiants qui ont eu l Heureuse veine d'être élevés à l'école de ce H'ûitre diront que M. Rivier n'était pas un lui non plus, n'est pas un sentimental Comme faisait M. Rivier, cet éminen juriste tient compte des faits et des réa lités. Soi enseignement n'est pas pris dan la lune mais puise ses sources dans l'histoir de la pauvre planète où nous avons le mal heur de vivre. Il tend à un idéal de justio et à l'avènement du règne du droit. A-t-il fait faillite? Attendant. Toujour les forces de ténèbres ont été en lutte ave< les forces de lumière et celles-ci ont ét souvent mais momentanément vaincues Nous assistons aujourd'hui à un épisodi terrible de cette lutte éternelle. Est-ce qu< les von Treitsch'ke peuvent avoir raison con tre les Rivier et les Nys? Hé, pas plus qu von Hindenburg n'aura raison contre Joffre Et ceci, encore une fois, précise l'enjeu d< cette formidable guerre. Par dessus mêm les intérêts vitaux des nations qui y parti cipent, il s'agit do saveir si c'est le droi qui triomphera ou bien la force qui ne con naît d'autre frein que sa limite elle-même et si le monde futur sera soumis à une fan taisie que légitiment d'avance les détesta bies sophismes des Von Treitsohke et cou sorts. Entre Grotius et Machiavel leur choi ne balance pas, car bien qu'il semble ai début tenir pour fausse la conception d fameux réaliste Italien, il s'y rallie absolu ment dans ses conclusions. Déjà Macliiave n'a pas porté bonheur à tous ceux qui s sont inspirés de lui. Voyez César Borgia Ils se sont parfois heurtés à des adversaire aussi dénués de scrupules mais plus malin et qui, ayant appris eux aussi la politiqu-dans le manuel du ,,Prince", ont mieu: profité do ces dangereux enseignements Les Allemands et Machiavel! Laissez donc M. von Treitschke, vos lourds compatriote n'y entendent rien et voici que les Italien subtils vont leur donner une petite leçon. Charles Bernard. . ■ Pour !a fête du Roi La Haye, le 8 mai 1915 LÉGATION DE BELGIQUE. Monsieur le Directeur, J'ai l'honneur d'accuser la réception d< votre lettre, du 6 de ce mois et de la caissi en bois contenant scjit mille six cent et deuû francs et deux mille sept cent trente sep\ florins. Cette somme importante est le montan\ de la souscription ouverte dans l',,Echc Belge" à l'occasion de l'anniversaire di S. M. le Roi des Belges afin d'offrir à Notr> Auguste Souverain une automobile-ambulance pour la vaillante armée belge. Conformément à votre désir je fais par venir cet argent à Sa Haute destination. Ei même temps je ferai signaler au Roi Alber. votre noble initiative, qui a été couronnéi d'un si beau succès. Malgré les difficulté; des temps présents, votre souscription c prouvé la générosité des Belges réfugies dan, cet hospitalier pays. En vous remerciant encore une fois dt votre oeuvre vraiment patriotique, je vou. prie, Monsieur le Directeur, d'a-gréer les assurances de ma considération trèi distinguée. "Le Ministre de Belgique, (s.) Baron Fallon. mm Propos de Guerre. Les circonstances de la guerre ont porte à un degré de tension peu commun, les nerfs et la susceptibilité de nos compatriotes. Un rien lèse les croyanccs1 blesse les convictions. Plus que jamais on tient à connaître ceux qui vous entourent, à en sonder les coeurs et les reins. La méfiance est tout de suite éveillée par la moindre phrase ironique ou même souriante qui porterait une atteinte possible à notre fci. On nous a bien changé les Belges qui ne savaient rien prendre au sérieux, à qui rien n'était sacré. Mais il ne faut exagérer dam aucun sens. Il faut avoir le culte de ses idées sans en avoir le fétichisme. Au début de la guerre tcutc nouvelle autre qu'agréable blessait, froissait comme une injure personnelle. Aujourd'hui on a appris à supporter la vérité. La conviction de In victoire est si ancrée, à dans notre foi de si profondes racines, qu'on supporte sans fléchir les petites crises qui la peuvent faire moins proche, les ondes moins favorables de la grande tempête européenne. On ne reproche plus à personne de dire la vérité. De même la Foi dans les idées, en s'approfondissant toujours, déviendra plus intérieure et comme concentrée. Le malade peu à peu guérira, l'homme écorché ne sera plus à vif et ne recevra plus comme une blessure un raisonnement impartial, une idée sans passion. En, attendant nous comprenons toutes les nervosités, toutes les susce 'ibilitês mais nous voudrions les calmer. W. B. En Belgique. A Bruxelles. Fondée depuis un mois à peine, ,,La Caissette du Soldat belge", dont le siège est 67, rue, Royale, à Bruxelles, est en plein épanouissement. Les envois faits clans les camps de prisonniers belges eu Allemagne se chiffrent à ce jour par 5,350 caissettes et se continuent journellement. Le chargement se fait l'après-midi, vers 4 heures, au siège de l'oeuvre, où se trouvent les emballages que chaque souscripteur est invité à aller visiter, puis est ternis directement au chemin de fer, pour parvenir ensuite dans un délai maximum de dix jours dans les différents camps. Des dons destinés aux prisonniers affluent au Comité; chaque caissette devient ainsi une vraie boîte à surprises pour nos compatriotes auxquels les ressources font défaut soit par l'absence des secours de la famille soit pour toute autre cause. L'Union dés Patrons Pâtissiers (section bruxelloise) vient de verser 300 francs à l'oeuvre, permettant ainsi de distribuer 150 : caissettes auz oubliés — ils sont nombreux hélas! —r et les dons continuent.... 3 Les sous-comités de province commencent à donner beaucoup, tel celui de Liège, qui s marchera bientôt aussi fort que Bruxelles. s II a déjà produit 2,000 inscriptions. : Pour simplifier les payements entre l'Allemagne et la Belgique, un traité pour les > virements en comptes-courants a été conclu à entre la Deutsche Reichsbank et la Société s Générale de Belgique, dit ,,La Belgique" de Bruxelles. Par cette convention, tous les risques des règlements de comptes entre les commerçants allemands et belges sont écartés et en même temps les frais sont réduits à peu de chose, la commission n'étant fixée , qu'à 1 pour mille. Les paiements et les encaissements se font par les soins de la Société Générale à Bruxelles efc par ses succursales de province : la Banque d'Anvers; la Banque Générale de Liège ; la Banque Centrale de la Dendre, à Alost; la Banque de Gand : la Banque du Limbour^, à Hasselt; la Banque de Huy; la Banque Générale du Centre, à La Louvière; la Banque Centrale de la Dj'le, à Louvain : la Banque du Hainaut, à Mons; et les Banques Générales de Na-mur et de Verviers. Ces virements en comptes-courants, quoique admis depuis quelques jours seule-( ment, ont déjà pris un développement considérable.# * » • Sur les différents marchés, il y a abondance d'asperges. La grosse botte vaut quatre-vingt-dix centimes ! * * * L'on ne voit plus guère de pièces d'argent et moins encore de louis d'or, des Napoléons et des Albert 1er, vendus, ces derniers, à 45 francs pièce. Il n'y a plus que des bouts de papier de un à cent francs. Il y en a même de dix centimes dans certaines communes.* * * Le fils de leminent médecin Thiriar a été tué à Elverdinge. Il était au service des automobiles de l'armée. * * * : Le 15 mai aura lieu l'adjudication des derniers travaux à exécuter à la nouvelle maison communale de Schaerbeek. * * * Le jeudi 6 mai a été célébré en l'église des Dominicains de l'Avenue de la' Renaissance un magnifique concert d'orgue et de chant, religieux, organisé au profit du service de l'alimentation du quartier nord-est. Deux mille personnes y assistaient. Nous avons remarqué la présence de notabilités appartenant à' tous les mondes: M. Levie, ancien ministre, le sénateur Catteau, le député Buyl, etc. Des concerts de ce genre ont déjà été donnés en l'église de Laeken. Celui-ci pour le programme duquel le peintre Montald avait dessiné un moine... à la Montald, ne comprenait que des musiques de compositeurs français et belges. Le R. P. van Langenhove, qui tenait les grandes orgues, joua la symphonie en sol de Widor, la sonate de Tinel, la pastorale de Guilmant et la cantilène de Mailly. Le ténor Laurent Swolfs, qui se prodigue décidément pour toutes les oeuvres de bienfaisance, chanta avec style et ferveur l'Ave Marie de Benoit, l'admirable ,,Panis Angelicus" de Franck et,,Amour Divin" de Raway. Enfiu, M. Kuinps, dans l'allégro con fuoeo de D.eboeck, le choral deÎJ. Franck et la sonate pour orgue de R. Moulaert (couronnée . par 1 Académie de Belgique) se montra, comme au début du programme le père Van Langenhove, artiste compré- hensif et vibrant. Fort belle recette. * * # Le manque de chevaux se fait sensiblement sentir chez' les Allemands qui emploient actuellement des mulets pour tirer leurs pièces d'artillerie. Les Ketjes vous diront que ce sont des batteries de montagne puisqu'elles doivent escalader la rue de la Madeleine. Ces mulets sont harnachés à l'espagnole. Et les Bruxellois de rire, vous pensez bien, ! de voir que nos ennemis en sont réduits à utiliser les mulets de montagne pour les combats _de l'Yser, Beaucoup de fonctionnaires se sont lancés dans le commerce! Un chef de service du parlement est marchand de beurre; un autre s'est, souvenu qu'il avait été instituteur ; un -traducteur du compte rendu analytique de la Chambre est maître d'école. 11 y a beaucoup d'absent dans les services parlementaires. Il nei reste à Bruxelles que le directeur de la sténographie et les ceux comptables. Les Allemands ont eu la bonté, — avec notre argent — de payer les 2/3 des traitements à tous les employés restés au pays, ce qui est oonforme aux Conventions de la Haye, mais il paient aussi (voyez jusqu'où va leur munificence !), à ceux qui cumulent plusieurs emplois, — ce qui cet contraire à la Convention de La Haye! « # * Mardi, éclata un terrible orage, au moment où le concert boche commençait à la Monnaie. La foudre est tombée Avenue Michel-Ange chez le sculpteur Lagae. * * * L'école Allemande de la rue des Minimes est dirigée par des officiers de réserve. A Anvers, Le document suivant a été adressé au Collège échevinal: Le syndicat professionnel des petits commerçants de la province d'Anvers a chargé ^M. Bongers, conseiller communal, de régle-i menter en son nom la vente des vivres se trouvant dans les magasins communaux. En 'agissant ainsi, M. Bongers a tenu la promesse faite à l'échevin Cools lors de la discussion sur le ravitaillement, à la séance du Conseil Communal du lundi 26 avril. Ce document est signé par MM. H. Claes, D. Van Kerckhoven, C. Crasborn, Van den Bogaert, Van de Weyer, Cruloos, Somers, F. Mertens. * * * Parmi les donateurs du Comité National de secours et d'alimentation de la province -d'Anvers, figurent: MM. Bracht & Co. fr. 60,000, Agence Maritime Walford 100,000, J. Sarton 2,000, Bal & Co. 5,000, G. & C1. Kreglinger 100,000, P. J. Goet-bloet 1,000, Van der Stucken & Co. 2o;000, Eug. de Weerdt 4,000. Un groupe de Turnhoutois,' parmi lesquels MM. Ch. Wellens, J. Smolderen, L. Stroobants, Fr. Tilborg et le baron de Trannoy, a versé 35,000 francs. * * * La police bourgeoise est au complet. On l'a dit et redit. Malgré oela, les demandes d'admission affluent à l'hôtel de ville. * * * Le consul-général des Pays-Bas, M. Van den Berg, a reçu une longue lettre de remerciements des membres principaux du Comité des agriculteurs de la province d'Anvers. • * * A l'exemple des associations similaires créées à Bruxelles en vue de procurer aux propriétaires une garantie contre les risques de guerre et plus spécialement aux entrepreneurs la sécurité permettant de continuer les travaux en cours et d'en entamer de nouveaux, il a été fondé à Anvers ainsi que nous l'avons dit une association mutuelle contre les risques de guerre courus par les bâtiments en construction, les propriétés bâties et le mobilier, le propriétés et le mobilier, le matériel et les marchandises. Nous ajouterons quelques détails officiels pour ceux de nos lecteurs qui nous ont demandé des renseignements sur cet organisme. L'association a pour but d'indemniser ses membres de tout ou partie des dommages matériels, causés à leurs propriétés et contenu, résultant d' incendie et de destruction par faits de guerre. Elle est fondée sans aucun esprit de lucre ni de bénéfice; elle est établie sur la base de la mutualité avec responsabilité limitée et sans solidarité entre les membres. Le mandat des membres du comité général de l'association est entièrement gratuit. Les membres se soumettent aux conditions des statuts arrêtés par le comité général. L'engagement de chacun des membres est limité à 20 pour cent sur la valeur des bâtiments et 30 pour cent sur la valeur des mobilier, matériel et marchandise» La vingtième partie seulement de ce mentant est à payer lors de la souscription. En cas de nécessité l'association pourra appeler tout ou partie du solde de l'engagement. Cet appel de fonds éventuel ne pourra se faire qu'à l'ouverture de la liquidation, soit six mois après la conclusion de la paix. Le règlement des dommages se fera conformément aux statuts. Si aucun dommage par faits de guerre ne se produisait, les cotisations versées seraient remboursées sous déduction do frais encourus. L'association a un délégué en Angleterre et a établi un bureau, 20, High Holborn, Londres, W. C. A M.aliîîes. Le cardinal Mercier est très affecté par la nouvelle du décès de sa soeur, morte à Haute-Ittre à la fin de la semaine dernière. La défunte était religieuse. A Liéie. L'ex-agent de change Van Egeren qui avait fait jadis un krach que les Liégeois n'ont pas oublié, vient de 6e voir condamner, pour ce fait, à quatorze mois de prison. * * * On continue le travail dans les charbonnages du pays de Herve. Le»s ouvriers travaillent par équipes alternantes, six jours sur quinze. Mais les Allemands entrarent la be- nécestaire à transporter le charbon. A Namsir Les installations électriques des tramways namurois, détruites lors du bombardement du mois d'août dernier, ont été remises en état par les Allemands. Les trams circulent actuellement sur quelques lignes et sont desservis par des employés belges. A Châteîineau Tous les services créés depuis la guerre sont régis par un comité qu'on appelle le Comité central de guerre. 11 est présidé par M. Binard, bourgmestre, assisté des d'eux échevins Denisty et Bosmans. Vingt et un membres en font partie. Un magasin communal a été installé. On distribue 3 kilos de pomme9 de terre par semaine à chaque habitant do Châtelineau. La distribution de pain se fait dans aux différents locaux. Chaque mois, les habitants peuvent choisir do recévoir les pains du boulanger qui leur convient le mieux. Deux avis aux ménagères sont apposés à la porte du magasin de ravitaillement. Le premier leur dit: ,,N'oubliez pas que 100 kilos de pommes de terre pelées avant la cuisson no donnent que 70 kilos de produit, tandis que 100 kilos de pommes de terre cuites avec leur pelure en rendent 94. En pelant vos pommes de terre, vous en perdez donc près du quart". Le second est une recette de la façon de préparer les lentilles. Chaque personne dont le revenu actuel n'atteint pas fr. O.oO par jour peut, sur sa demande, recevoir des secours qui consistent .en 2 kilos de pain par semaine et une ration quotidienne de soupe confortable, contenant un peu de bonne viande hachée. La distribution s'en fait dans trois cantines. En vertu d'une entente avec le Bureau de bienfaisance, tous les indigents secourus et les malades obtiennent gratis les soins du médecin et du plyirmacieu. Pendant les grands froids, le Comité a fait une ou deux distributions de charbon aux pauvres. Les médecins 6e dévouent à l'Œuvre des Poupons, qui, comme son titre l'indique, veille sur l'enfance du premier âge. Et, pour compléter rénumération des bonnes oeuvres, un Comité de dames dévouées dirige l'Œuvre des Vieux Vêtements. Quelques chiffres : La population de Châtelineau était de 16,18C habitants au 31 décembre 1913. Environ 1.700 familles ont un dossier déposé au secrétariat du Comité dé Secours, co qui porte à près de 2,800 le nombre d'habitants, adultes et enfants, qui reçoivent aide et assistance. Cî &. rs si. On a fait do solennelles funérailles au frère Raymond, professeur à l'école St. Luc, tombé sur l'Yser. Tous les élèves de l'établissement avaient tenu à escorter le corps jusqu'au cimetière. * * * Comme nous l'avons dit, la ville a fait frapper des pièces en fer, qui ne sont pas trop laides et valent mieux que les papiers, très vite graisseux et sales. Sous les Romains on connaissait .la monnaie en cuir. Seulement, les Boches ont besoin de cette matière pour la confection de leurs bottes.... A Ypres Nul ne pourra jamais décrire ce qui s'est passé à Ypres. Il y avait beaucoup d'animation en ville, des troupes allaient et venaient et beaucoup de commerçants avaient réouvert leurs magasins. Or, furieux de la destruction de quelques-uns de leurs avions'et de leur défaite de Saint-Eloi, les Allem nds ont voulu détruire à Ypres tout ce qui n'était pas déjà anéanti. De trois côtés différents, ils recommencèrent à bombarder la ville et dans la seule journée de mercredi dernier, treize gros obus y furent lancés, dont chacun pesait plus de 900 kilos. Les maisons encore debout furent anéanties. Dans le sol fuient creusés des trous si grands que dix chevaux y auraient trouvé place. Le château de la Châtellenie fut balayé et les débris lancés jusqu'à l'autre côté de la Grand-place. Dix-huit personnes parmi celles qui gardaient les échoppes ouvertes en cet endroit, furent tuées net. Un peu partout dans la ville, gisent des débris de corps humains et des cadavres décapités d'hommes et d'animaux. Jamais encore la situation n'avait été aussi terrible. Ypres est devenue un véritable enfer; partout on voit du sang et des débris de chair.... le torpillage dy„Lusitania". 764 rescapés. — Queenstown une ville de morts. — Actes d'héroïsme. — Récits émouvants — L'attitude des Etats-Unis. — L'indignation en Italie. L'attitude des Etats-Unis. PHILADELPHIE, 11 mai. Dans un discours prononcé devant 4000 Allemands naturalisés, M. Wilson a fait comprendre l'attitude que les Etats-Unis prendront probablement en rapport avec le torpillage du ,,Lusitania". Les Etats-Unis maintiendront la paix, a dit M. Wilson, mais ils tâcheront de- persuader l'Allemagne de l'injustice de la catastrophe # * * PARIS, 11 mai. Les Allemands résidant aux Etats-Unis envoyent des télégrammes en Allemagne, demandant qu'on leur indique des arguments pour justifier la destruction du „Lusitania", Ils parlent aussi de la surexcitation qui a été causée par l'attentat. De tous les télégrammes, il résulte que les Allemands résidant aux Etats- Unis sont très ennuyés. * * * L'indignation en Italie. ROME, 11 mai. On s'occupe de l'orga* nisation d'une réunion publique dans la« quelle la nation italienne exprimera son indignation concernant le torpillage du „Lusitania". Le nombre des rescapés s'élève à 76Jf. D'après un télégramme, reçu-par l'agence de la ,,Cunard Line", on annonce de Queenstown que, jusqu'à présent, 764 personnes ont été sauvées : 462 passagers et 302 membres de l'équipage. On en a outre repêché 144 qui étaient morts, parmi lesquels 87 dont on a pu établir l'identité. Parmi les morts qui ont été reconnus, il y a 65 passagers et 17 membres de l'équipage. * * * Queenstown, ville de morts. Queenstown est remplie de morts, de malades, de membres de familles des rescapés et des manquants. Les hôtels ont été transformés en hôpitaux, l'hôtel de ville, ainsi que beaucoup d'autres édifices publics, en maisons mortuaires. Beaucoup de cortèges funèbres traversent la ville. La plupart des civières sont couvertes de drapeaux, principalement de drapeaux américains. f Au pa.ssage de ces cortèges, le public se déocuvre respectueusement et les militaires se mettent en position et saluent. Une visite au cimetière de Queenstown, dit le correspondant particulier du „Times", rappelle plus que jamais, à présent, les horreurs de cette guerre. En même temps, tout le monde se demande en ricanant de quelle façon on pourra rendre les Allemands responsables de ce crime. * * • # Des héros. Il est certain que jamais le public n'apprendra grand' chose de la plupart des actes d'héroïsmes qui se sont, déroulés à bord du jjLusitxnia". Le moment était trop critique pour qu'on prêtât attention à ces faits. Pourtant, quelques victimes après leur mort, hélas ! donnent encore une preuve de leurs sacrifices. On a trouvé le corps d'un matelot ayant un enfant lié sur son des. Nul doute que ce fardeaa n'ait été la causo de sa perte. A bord du navire se trouvait également un garçon de 14 ans qui fut un des premiers à apercevoir la torpille. Au moment où presque tout le monde était plus mort que vif de peur, ce garçon s'occupa avec calme d'une femme et d'un petit enfant qu'il mit tous deux en sécurité dans une chaloupe. Lui-même disparut avec le ,,Lusitania" au fond de la mer. # * * L'attitude des passagers. Les journaux anglais publient de nombreux? récits faits par des rescapés. De ces récits, il résulte en général que la plupart des passagers conservèrent leur calme au moment du torpillage. Les officiers du ,,Lusitania" ont naturellement beaucoup contribué à cela. Sur un navire comme le ,,Lusitania", l'élite des courageux officiers de la flotte marchande anglaise est en service. Il est évident que parmi les passagers il y en avait aussi qui perdirent la tête, après que le navire eût été touché. M. Isaac Lehmann, de New-York, par exemple, raconte qu'au moment où les cordes d'une chaloupe qu'on voulait mettre à l'eau se rompaient, il courut jusqu'à sa cabine ; après quoi il revint sur le pont muni d'une ceinture de sauvetage et armé d'un revolver. Comme il arrivait près d'une autre chaloupe, qui, sur ordre du capitaine, ne pouvait être mise à la mer, il cria: ,,Je tuerai tous ceux qui refusent de descendre cette chaloupe!" Il s'ensuivit que la barque fut descendue et qu'arrivée à mi-chemin elle versa, projetant à l'eau les 60 occupants, dont plusieurs furent blessés. Le docteur Mécredy, de Dublin, déclara qu'après les deux explosions le ,,Lusita-nia" donna tellement de la bande que les chaloupes ne pouvaient être détachées. Une grande émotion s'empara alors des passagers, mais on put constater en même temps que tous conservaient une grando confiance dans la stabilité du navire. Il n'y eut pas de. panique. M. G. Ellason Meyers, d'Ontario, dit que le capitaine, peu avant que le navire ne commençât à s'enfoncer, cria au timonier: ,,Vous pouvez quitter votre poste à présent et tâcher de vous sauver. Vous n'avez plus rien à faire ici. Adieu!" M. L. B. Lines, de Toronto, déclara que, du premier coup, le navire donna tellement de la bande que lui et sa femme, qui venaient d'arriver sur le pont, glissèrent dans l'eau. Beaucoup d'enfants parmi les victimes. Les stewards du ,,Lusitania" déclarent qu'il y avait beaucoup d'enfants à bord, et qu'après le torpillage on en vit très peu sur le pont. Ils sont d'avis que 1« nombre d'onfants noyés est très élevé.

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Cet article est une édition du titre L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam appartenant à la catégorie Oorlogspers, parue à Amsterdam du 1914 au 1918.

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