L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam

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s.n. 1914, 28 Novembre. L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam. Accès à 12 novembre 2019, à https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/fr/pid/gq6qz23j2f/
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Icre Année N®. 36. S cents CIO Centimes) Samedi 28 Novembre 1914 L'ECHO BELGE L'Union fait la Force. Journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam Belge est notre nom de Famille. Toutes les lettres doivent être adressées au bureau de rédaction: N.Z. VOOSBURGWAL 234-240. Téléphone: 2797. Rédacteur en Chef: Gustave Jaspaers. ( Charles Bernard, Charles Herbiet, Comité de Rédaction: ! Gustave Peellaert, René Chambry, ( Emile Painparé. Pour les annonces, abonnements et vente au numéro, s'adresser à l'Administration du Journal: IV.Z. VOORBURGWAL 234-240. Téléphone: 1773. Abonnement I En Hollande fl. 1,50 par mois, payable par anticipation ( Etranger fl. 2.00 „ „ Beaucoup île satau perdu. En dépit d'un sage proverbp, les effrontés d'Unter den Linden poursuivent leurs efforts inouïs pour essayer de blanchir leur nègre. Et cela fait beaucoup de savon perdu. La propagande maladroite, indiscrète, encombrante que la balourdise germanique a menée jusqu'ici dans tous les pays neutres n'a servi à rien. Le monde entier est convaincu que l'invincible colosse teuton, préférant la ligne du moin-ces ,,chiffons de papier", nous montre ces ,,chiffons de papier" nous montre que la signature d'un roi de Prusse ne vaut pa6 un rouge liard. Il ne suffit pas en vérité que dans une séance du Reiclista-g ' le chancelier parle sur un petit ton dégagé, plein d'insouciance, de cette ,,atteinte au droit des gens" qui n'a pas autrement ému les bénêts de la Sozial Demokratie. Non, en vérité, cela serait très commode. Le monde civilisé ne peut accorder l'impunité à une telle effronterie. On s'est donc aperçu sur le tard, à Berlin, que l'on avait fait fausse route, qu'on avait trop mésestimé la conscience universelle qui, tout de même, existe encore un. peu. Et c'est pourquoi on essaie aujourd'hui de s'expliquer, de s'excuser. La ,,Norddeutsche Allgemeine Zeitung" fait grand état de documents prétendument sensationnels qui ont été découverts par les Allemands dans les archives du ministère des affaires étrangères. En voici un nouveau (quand nous serons à cent...). H s'agit, paraît-il, d'un rapport du général Ducerne (Ducarme sans doute?) envoyé au ministère de la guerre le 10 avril 1906. On y lit notamment ce qui suit: ,,L'entrée des Anglais en Belgique ne 6e ferait qu'après la; violation de notre neutralité 'par l'Allemagne." Eh bien! alors la cause est entendue. Si de telles conversations ont-eu lieu entre l'Angleterre et la Belgique, en ^ quoi étaient-elles répréhensible6,. en quoi pouvaient-elles attenter à la stricte neutralité de la Belgique? L'Angleterre comme les autres puissances était garante de la neutralité belge et la Belgique pouvait donc envisager avec elle,, comme une simple hypothèse, la nécessité d'une coopération militaire dans le- cas d'une violation de la neutralité par l'Allemagne. Mais, dit la ,,Norddeut6che Allgemeine Zeitung", le gouvernement belge n'a jamais entretenu notre attaché militaire à Bruxelles de ces démarches anglaises. ,,11 ne fit jamais le moindre effort auprès du gouvernement allemand pour envisager avec lui. la possibilité d'une marche des armées franco-anglaises à travers le territoire allemand?" Voyez-vous cela ! Nous savions en Belgique que le danger était à l'Est. Il est même fâcheux que nous nous en soyons rendus 1 compte si tard et même que nous ayons , bénévolement contribué à l'augmenter, i L'histoire de ce chemin de fer de Stavelot à Malmedy révèle à quel degré les Belges avaient poussé la candeur. Tout le long de | la frontière de la Belgique et du G-rand Duché de Luxembourg, dans des régions généralement pauvres et désertes, sans grande activité industrielle et commerciale, l'Allemagne avait au cours de ces dernières années construit des lignes de chemin de fer à double et quadruple voie, et des gares avec de formidables quais d'embarquement dans d'humbles bourgades voisines des camps d'Elsenborn et de Wasser-liech.La ,,Norddeutsche Allgemeine Zeitung" parle - à nouveau de la nécessité militaire dans laquelle l'Allemagne se trouvait de violer la neutralité belge; sans doute est-ce encore une allusion à la prétendue entrée de troupes françaises en Belgique dès les tous premiers jours d'août (officiers français en automobile, aviateurs allant jusqu'en Westphalie et autres histoires à dormir debout). Il faut qu'on en finisse avec cette sombre plaisanterie. C'est un malheur pour la Belgique que, dès l'ouverture des hostilités, la violation de notre neutralité par l'Allemagne étant acquise, cinq ou six corps d'armée français ne se soient pas trouvés à côté de nos troupes de Liège et de Namur, pour défendre la Meuse. Ah ! l'arrivée des troupes françaises, que nous savions devoir être triomphale, l'avons-nous espérée, attendue avidement pendant les quinze premiers jours de la guerre. Et nos soldats, donc! Pendant plusieurs jours j'ai parcouru en automobile le sud du Hainaut et une partie de la province de Namur à la recherche des Français tant désirés. J'ai fini, vers.le 15, par découvrir le long de la Meuse, entre Namur et Dinant un régiment d'infanterie venu de Givet et, du côte de Gembloux et Sombreffe, quelques patrouilles de cuirassiers. Dans les rues de Bruzelles se promenait un dragon, ordonnance de quelqu'officier français présent à Bruxelles. Ce brave garçon prenait la vertu d'un symbole. Il 1 était ,,le" soldat français. On l'acclamait, on le portait en triomphe; il n'osait plus < 0e montrer dans la rue. i Voilà donc cette fameuse ,,invasion" de ] la Belgique par les troupes françaises. Nous ne discutons pas, nous ne critiquons pas. San» doute l'état-major français, un peu i liante par l'idée fixe d'Alsace-Lorraine, de i 3a ligne de l'Est ou d-? la trouée de Stenay cru, jusqu'au 23 au% que l'attaque " par la Belgique n'était qu'une feinte.... Le batailles de Tournai, de Mons, de Char le roi, le siège de Namur devaient prouver contraire.... C'est le général Joffre, je crois, ou French dans son premier rapport, qu parle de ce mouvement à la fois ,,majestueux et terrible" des armées allemandes après l'entrée à Bruxelles. Quant au corps expéditionnaire anglais qui, au dire des Allemands, devait débarquer en Belgique dès le premier jour de la guerre, il pénétrait dans l'extrême sud du Hainaut les 22 et 23 août! Allons, la cause est entendue, et les avocats de la ,,Norddeutsche Allgemeine _Zei-Hung" peuvent nous faire grâce de leurs laborieuses démonstrations. LOUIS PIÉRAUD. * « — a ■ — Propos de Guerre. m Savez-vous, demanda un jour Na-poléon à Caulaincourt, ce que dira le monde quand j'aurai disparu? Et Caulaincourt, courtisan attentif, cherchait une réponse lyrique, quand Napoléon} amer, continua: — Ne cherchez pas.... Le monde dira: yyOuf!".... C'est aussi un soupir de soulagement que poussera l'Europe quand l'hydre du militarisme allemand aura, enfin, succombé. Je vous vois d'ici soidever des épaules ironiques: * — Vous parlez d'abattre le colosse allemand, mais entretemps vous gémissez sous sa botte rude et victorieuse. Pardqpi!, Examinons la situation sous son véritable angle, voulez-vous, et sachons discerner la valeur de ce que Bismarck appelait les ,,impondérables". Certes, l'Allemagne avec plus de 2 millions de soldats a, non sans efforts, submergé la Belgique qui en comptait bien, en tout et pour tout 200,000. Belle victoire, en vérité! Elit a même pénétré assez avant en France, s'étant préparée de longue main à une attaque brusquée et à Venvahissement foudroyant du territoire ennemi. Mais après.... Guillaume II avait coutume de parler de son armée ,,infléchissable". Elle a pourtant fléchi sur la Marne et sur l'Aisne, sur la Vistule, sur l'Yser, cette armée redoutée, cauchemar de l'Europe en ces quarante dernières années. Son prèstige a subi de rudei accrocs, et l'Allemagne, la toute première, s'en rend bien compte. Le changement de ton de la presse germanique me paraîtf à cet égard, caractéristique. La culture pédante et féroce, l'espionnage forcené, la morgue allemande ont fini par indisposer les germanophiles les - plus convaincus. On dirait que ce peuple, jadis 'puissant et admiré, a ,,bu le vin terrible de la colère de Dieu", pour pa/rler comme les prophètes hébreux, tant son isolement et sa détresse, malgré tant d'apparences triomphales, semblent inéluctables. L'Allemagne, sapée, ruinée sourdement par le travail latent des ,,impondérables", n'est plus aussi enivrée de sa force — et de jour en jour, malgré les combats acharnés qu'elle livre, il faut le reconnaître, avec une vaillance désespérée, le moment semble plus proche où l'Europe, enfin délivrée, pourra pousser le „0uft" retentissant et sonore de la victoire G. P. ■ O . La campagne de 1114 en Belgique. Un livre d'une brûlante actualité vient de paraître, édité par l'Agence française \ d'Informations ,,Paris-Télégrammes", 156 rue Montmartre, à Paris. ,,La Campagne de 1914 en Belgique" est dû à la plume d'un journaliste belge. 1 M. Albert de Gobart. Le sous-titre de l'ouvrage, édité luxueusement, est: ,,La Belgique sous la botte allemande". ,,Notes et reportages d'un volontaire belge". C'est dire que l'auteur qui fit, avec l'armée belge, la campagne en Belgique, promène le lecteur, jour par jour, du commencement d'août à fin octobre 1914, dans toutes les villes belges, sur les champs de bataille, sur les grand'routes, dans les ambulances, chez les réfugiés et là où règne l'envahisseur. Une préface qui fera sensation, due à la plume autorisée du critique belge, M. Louis Dumont-Wilden, rehausse le livre :jue complète une collaboration de M? Charles Flor O'Squarr, journaliste averti, polémiste fameux qui donne sur Anvers et son ; iiége quelques pages remarquables. . Le dessinateur parisien, Lucien Guy, a ' Ilustré abondamment l'ouvrage qui est mis m vente au prix de deux francs. Pour recevoir un exemplaire par poste, jnvoyer un bon postal de deux francs, soit l M. le Directeur de l'Echo Belge soit à ! 'Agence ,,Paris-Telgrammes", 156 rue Montmartre à Paris. i Pour la vente en gros, s'adresser à l'édi- ' eur ou aux Messageries des Journaux, 5 ue du Croissant à Paris. En Belgique. A Bruxelles. Le gouvernement allemand qui présid< temporairement aux destinées de la Belgique en général et de Bruxelles en particuliei montre une ingéniosité admirable pour tarabuster nos pauvres compatriotes. Chaque joui amène sa petite vexation, chaque jour il y a du nouveau; les fidèles sujets de Guillaume II montrent dans ce sport une fertilité d'invention qui tient du prodige. L'une des mesures les plus blessantes poui notre amour-propre qu'ils aient imaginée, c'est certainement cet ukase qui oblige nos brave agents de police à rendre les honneurs à tous les officiers allemands. Aussi ils enra^ gent nos excellents ,,garde villes", ils vouent nos envahisseurs à tous les diables, seulement ils le font in petto, valeur en soi-même" comme disait Bazoef ; ils savent ce qu'il en coûte, les pauvres, de désobéir aux ordres teutons. Et cependant il en est qui trouvent moyen encore d'agir à leur guise, mais c'est au dépens de leur service. C'est ainsi qu'un de nos policiers, qui devait faire ses trois heures de surveillance rue de la Loi ou passent continuellement des masses d'officiers de toutes armes et de tous grades, n'a rien trouvé do mieux que d'aller se promener dans des rues voisines plus désertes, telles que la rue Zinner ou la rue Guimard. Un autre plus énergique encore nous disait avec ce savoureux accent rendu immortel par les héros de nos confrères Fon-son et Wicheler : ,,Moi, Meussieu, quans que je dois faire la rue de la Loi, espa, alorss je faiè mes trois heures dans le stameneie ; salueie des Boches, non saie-vous, je saie pas la-conter." Certes, le service de la police n'est plus régulièrement assuré dans de telles conditions mais qui donc aurait le coeur de s'en plaindre, qui donc oserait blâmer cette forme peut-être un peu inattendue du patriotisme, mais qui n'est au fond pas sans grandeur? * * * Une façon de se procurer un peu d'argent pour lés pauvres hères qui voient fondre le petit pécule amassé souvent avec peine, c'est de se rendre au Mont-de-Piété, où l'on prête encore quelqu'argent sur les dépouilles hétéroclites qui viennent 4chouer, lamentables épaves, dans les bureaux. L'intérêï n'a pas augmenté, c'est toujours ce même 6 % que connaissent bien les clients de ma tante, mais* les sommes prêtées qui n'excédaient pas 6 fres, — quelque soit la valeur de l'objet engagé aux premiers jours de l'occupation allemande, ont augmenté depuis et se trouvent actuellement avoir atteint 30 fres., — progrès notable I A Anvers. D'un de nos correspondants particuliers: Des deux éléments ,,Boches" qui encombrent notre vieille cité, ce n'est pas l'élément militaire qui est le plus encombrant et le plus désagréable. Outre ceux expulsés avant l'occupation, il y a foison d'Allemands arrivés ici, et qu'on se désigne et que l'on craint car il est avéré que la majeure partie de ce nouvel élément fait partie du vaste réseau d'espions qui s'est abattu sur Anvers. Les maisons de commerce allemandes ont congédié leur ancien p rsonnel belge, et l'ont remplacé par des employés allemands.j Comme troupe d'occupation il ne reste plus guère que 2 à 3000 hommes de vieux soldats de la landsturm gauches et craintifs. Par contre les officiers sont pleins do morgue hargneuse et emplissent les cafés de leur tumultueuse présence. La population leur manifeste du reste une indifférence complète et cela les exaspère. — L'imposition de 50 millions a été décidée à l'encontre des stipulations du traité de capitulation. Ceux qui ont srigné celui-ci dans les circonstances quef l'on sait, pourraient bien avoir à repondre un jour de leur imprévoyance. Les grandes banques de la ville, avanceront à celle ci le montant nécessaire "au payement de l'imposition. Il parait certain qu'à partir du lé décembre la population sera rationnée en pain. Dans les pharmacies les Allemands ont fait main basse sur tous les produits aseptiques et sur les instruments de chirurgie. Le payement s'est fait en bons payables par la puissance vaincue. On vient d'afficher une proclamation réglementant la... prostitution. — Elle compte 36 articles du plus haut comique! Leur application est faite par la police anversoise avec une délicatesse digne des ,,Boches" ! On cite le cas de deux dames de la bonne bourgeoisie et d'une jeune fille arrêtées en pleine place de Meir par deux sous officiers allemands et priées d'exhiber... leurs cartes!! Après des protestations indignées, les deux Allemands s'excusèrent vivement. Nous avons pu questionner un de nos agents de police sur les raisons de leur attitude. ,,Crainte de représailles si nous ne suivons pas à la lettre les instructions que nous recevons." Autrement dit .,nous sommes les domestiques de ces messieurs." — Que voulez vous? Il faut manger. Mais combien plus digne l'attitude d'autres fonctionnaires refusant tout concours aux Allemands! Seuls les receveurs des tramways tiennent tête et font impitoyablement appliquer le règlement défendant à plus de 5 soldats d'occuper gratuitement une voiture. Sur la ligne 8 deux officiers montent solennellement dans une voiture. L'un deux fait basculer le dossier d'un banc de façon a se trouver vis à. vis de son copain. Le receveur poliment lui fait observer que c'est anti réglementaire. Refus de l'officier de s'astreindre au règlement. Le receveur arrête la voiture et malgré les inionctions de l'officier, refuse de continuer. Une, deux, trois voitures s'accumulent derrière la voiture arrêtée par l'entêtement du receveur. Finalement les officiers se sentant ridicules, descendent, suivis du sourire ironique des voyageurs. Petite revanche en atendant de plus importantes victoires. Nous ne verrons plus à Anvers la figure imposante de Mr. y on (de) Bary. J1 a fait annoncer à son persounel qu'il s'établissait à Buenos-Ayres sachant ,,que son ancien prestige et la confiance qu'on avait en lui, étaient irrémédiablement perdus." En voici au moins un qui a de la dignité. La direction do sa maison ,,pendant l'occupation de la Belgique" sera assurée par 6on neveu Mr. W. G rote. Ce dernier est un Boche dont le fils se bat... dans les rangs belges ! ! Comment concilier tout cela? * -x- * La farine nous arrivée d'Amérique, par voie hollandaise, doit être vendue 33 fres les 100 K08. mais l'autorité allemande prélève 6 / 60 de droits d'entrée aux cent kilos. Nous croyons ne pas nous tromper en disant que cette élévation du prix des denrées est absolument en contradiction avec l'esprit des conventions proposées par l'Amérique. • * • Grâce à M. van den Abeele, les Moulins de Merxem ont été autorisés à garder 4000 sacs de froment pour le ravitaillement de la population. On sait que les Allemands ont mis la main sur tout le stock existant (à part une petite quantité cédée à la ville de Bruxelles), et l'ont expédié en Allemagne, par la voie la plus rapide. * * * Une délégation des banques anversoises est partie pour Londres aux fins de prier les autorités américaines de veiller dorénavant sur les transactions qu'elles pourraient entreprendre. Les Banques n'ouvriront leurs portes que si elles ont l'assurance formelle qu'il ne sera pas porté atteinte à leur liberté d'action. Or, avec les prétentions allemandes actuelles, il est impossible qu'elles se mettent à la disposition de leurs clients. L'intervention de l'Amérique se manifestant dans le domaine financier comme il s'est marqué si heureusement pour le ravitaillement de nos populations, permettra aux banques de rouvrir leurs portes au large, alors qu'aujourd'hui le public n'a accès que dans les salles de coffre-forts. Reste à voir si la proposition aura l'agréation des Etats-Unis. Et l'Allemagne sera-t-elle consentante? Tout le fait supposer, sans quoi elle n'eût pas autorisé le déplacement des représentants de nos principaux établissements financiers. * * * Comme suite à notre articulet du 24 courant sur le général Déguisé, nous sommes amenés à préciser un détail. La compagnie d'infanterie devant servir d'escorte au général, gouverneur de la position fortifiée, resté au fort Ste Marie à Calloo, était la 3e Comp. du 3e Bat. du 3e régiment des chasseurs à pied de forteresse, commandée par le lieutenant Henri. Voilà un point d'histoire complètement et définitivement établi. y * * * Il y a abondance de plaintes! Des gens trop aimables, sous prétexte de mettre en sûreté des liasses de fonds publics appartenant à des tiers qui n'osent ou ne peuvent quitter la ville, se sont empressés de décamper avec la bonne galette... sans plus donner signe de vie! * * * L'ancien entraîneur du petit stayer Charles Verbist, l'Allemand Wroncken, dont nos sportsmen se souviennent, a séjourné récemment en notre ville. Il fait partie d'un des régiments qui participèrent au siège de la ville. A Liège. Les prisonniers des armées alliées dont les soldats allemands se saisissaient parfois sur les champs de bataille de la Flandre occidentale défilaient jadis en pleine ville, — généralement à l'heure de midi. Au lieu d'abattre la population, cette inutile mesure de vexation renforçait l'ardeur patriotique de tous les Liégeois. Il y eut même ] parfois des grondements sourds et la foule fit bien voir aux envahisseurs qu'elle n'approuvait pas un procédé cruel autant qu'inu- ( bile. Ces mouvements populaires ont porté ] leurs fruits. Depuis plus d'une semaine, les prisonniers ne sont pas débarqués en ( trille pour y faire une petite promenade humiliante. On les laisse dans leurs trains, ] qui les amènent vers les camps d'Aile- A magne. * * * 1 Rechts gehen ! | Combien de fois n'avons-nous pas enten- a du ce commandement bref, impératif ! Il j règle la circulation sur les trottoirs. Rechts jehen, c'est à dire : tenir la droite sur les frottoirs. On ne peut circuler que dans le f même sens ! . # * * l' Le conservatoire de musique, sous la direction de Sylvain Dupuis, a suivi l'exemple des écoles liégeoises. Il a rouvert ses aortes. * * * Les usines, pour la plupart, chôment ou travaillent quelques jours par semaine, ifin de faire gagner un peu d'argent à eurs ouvriers, d'entretenir les machines et f l'écouler la matière première. d • * • c Nous avons parlé déjà de la Fabrique P STationale d'armes de guerre à Herstal. * Complétons nos informations : les Aile- ^ nands y ont trouvé près de 50,000 brow- ^ tings et ont emporté 350 vélos et moto- q yclettesj « A Louvain. Les employés communeux continuent à travailler. Ils sont payés en bons. # * * Les officiers ne se promènent jamais seuls. Us sont toujours (au moins) deux. * * * Des civils allemands ayant avec la policé un rapport très direçt se promènent toujours en ville. Us étaient arrivés dans les bagages do l'armée allemande quelque-s jours avant que le sac de la ville commençât. * * * Aux premiers jours do l'occupation, ils prenaient les paquets des particuliers, les faisaient ouvrir et s'en accaparaient s'ils jugeaient le conteun utile. Les soldats firent de mêane, suivant une consigne invariable. * * * Du 19 août au 25, date du sac de la ville, les réquisitions furent si nombreuses et parfois tellement impossibles que les autorités communales durent s'excuser, malgré leur évident bon vouloir. Aussitôt, les officiers s'écriaient: ,,A telle heure, si nous n'obtenons pas satisfaction, le feu sera mis à la ville. Mannteuffel a fréquemment exprimé cette phrase qui devait bientôt — comme de juste — se réaliser! La plupart des employés communaux en pourront témoigner. * * * Lorsque les soldats écrivaient chez eux (ceci 6'applique aux premières troupes traversant la ville, soit dans la seconde moitié du mois d'août) l'ordre était d'indiquer comme entête à leurs lettres à Héverlé (Paris). Certains hommes demandèrent, sans malice, si de l'enlroit où ils se trouvaient on ne pouvait pas apercevoir la tour Eiffel? A G a ra d3. Est-il trop tard pour raconter le sort que l'envahisseur réserva aux effigies des chefs d'Etat qui ornent (?) l'Hôtel des Postes, bâtiment assez ridicule et que les têtes de souverains — quelle que soit la majesté de leurs traits — n'embellissent guère. La ,,France de demain" relate l'exécution des têtes couronnées présidant aux destinées de la Triple Entente et des alliés de celle-ci. ,,La construction achevée, dit notre confrère, l'architecte eut l'idée bizarre de faire surgir des rosaces du second étage une série de têtes qui, penchées comme des gargouilles, regardent obstinément le trottoir du marché aux Herbes. Ces têtes, de pierre très blanche, représentent les traits des chefs d'Etat de tous les pays du monde qui étaient sur le trône ou en fonctions lors de l'achèvement de l'édifice. Le président Fallières y voisine avec le Mikado et l'empereur Guillaume avec le Shah de Perse. ,,Quand les Allemands arrivèrent à Gand, le mois dernier, leur premier 6oin fut de dresser un échafaudage le long de la façade de l'hôtel des Postes et de couper sans autre formalité les têtes de leurs adversaires.,,Et maintenant, les gargouilles de Guillaume et François-Joseph ont l'immense satisfaction d'admirer, sur le sol du marché aux Herbes, les têtes guillotinées de M. Fallières et du tsar, du roi d'Angleterre 3t du roi des Belges, du roi de Serbie et le l'empereur du Japon." ■&—--ckmi Union Belge» L'ordre du jour de l'assemblée qui aura ieu samedi prochain 28 novembre à 8| heures du soir, au local provisoire 22, Wete-ringschans, comportera les points suivants: 1) Lecture du prccès-verbal de i'assem-:>lée constitutive au 19 novembre dernier. 2) Communication par Me Deswarte concernant l'école belge d'Amsterdam. 3) Discussion du projet de statuts et vote. 4) Constitution définitive du comité : a) élection du président et du vice-président ; b) élection des autres membres du comité. 5) Choix du local. Rapport de la com-msaion spéciale. 6) Divers. N.B. Les présentations de nouveaux can-îidata au comité devront être déposées sur e bureau avant l'ouverture de la séance. Pour gouverne le comité provisoire a été ônstitué comme suit : Présidents d'honneur, M. le baron Fal-on, ministre de Belgique à La Haye, M. ran der Aa, consul général de Belgique à Amsterdam; président M. L. Delhez; vice->résident M. l'avocat Deswarte; secrétaire il. V. Hendryckx; trésorier M. de Jong; nembreu MM. Dekkers, Lecourt, Vomberg, lanssens, Férir et Jaspaers. N.B. Nous appelons tout spécialement attention des Belges sur le fait que cette îunion aura lieu au W et eringschans 22 et non as à V American Hôtel. : ■ ifl 1 fr— La Vérité sur Louvain. VHI. J'ai raconté le calvaire sans fin d'une amille louvaniste, terminé par l'effondrement e toute une vie de labeur patient, obstiné, et exemple est pris entre des milliers d'autrés, lus pénibles encore sans doute. Il a suffi, artiellemerit au moins, d'indiquer l'angoisse b les tortures de quelques-uns. Peut-être a-t-il ermis àv ceux qui ont des amis louvanistes e se rendre compte des événements pémbles □i leur sont survenus sans aucune raison cceptable4 Ce récit — ie tiens à le répéter j , — est scrupuleusement fidèle; c'est l'expression de la vérité. » * * . I A présent, voici le résumé du ,,Journal'1 d'un ambulancier, plus heureux que mes amij puisqu'il a eu la chance de retrouver intacte sa maison. Mais dans quel étatl Je détache les lignes intéressantes du bloc-notes : 18 août. Départ du 1er régiment de chasseurs. A midi, l'alarme: la plupart de? soldats belges partent dans la direction de iirlemont. 19. — Entrée des Allemands à 2£ heures. Les derniers représentants do notre armée qui s obstinaient à mster dans le centre de la ville ont été tués ou fait prisonniers. ,,Parade marsch". Fifres, tambours, chants. 20. — Les troupes allemandes continuent de traverser la ville. 21. — A 4 heures du soir, 31 hommes, parmi lesquels- plusieurs sous-officiers, s'invitent à loger. ILs nous réclament des lits. Nous leur démontrons que nous-mêmes • couchons sur la paille. Us n'insistent pas. 22. — Notre maison est énorme. Des officiers ont donc décidé d'y loger dos artilleurs et de remiser dans notre cour quelques canons. Xî-ien que cela. Mais les arbres les gênent, ils renon-cent à leur idée. 23 et 24. On sent qu'il se prépare quelque chose. L'air a une vague odeur de poudre. Les bourgeois sont on ne peut plus calmes, mais les Allemands s'agitent beaucoup. 25. Fusillade. Maisons en feu : caserne de la Dame Blanche rue du Manège, Place de la Gare, rue de la Station, bibliothèque rue de Namur. Nous nous réfugions dans nos caves, mais la fuméo s'y engouffre, malgré tous nos efforts. Nous sommes obligés de demander asile à nos voisins jusqu'au lendemain. 26. C'est mon heure de service à l'ambulance de la rue de Namur. Je pars malgré tout. Incendies partout. Cadavres de civils et de chevaux. Impression atroce. Les soldats, comme enragés, courent de tous côtés, vocifèrent, tirant des coups de feu, sans rîme ni raison. Place de 1' Université : trente Allemands avancent sur moi. Je lève les bras. Us aperçoivent mon brassard de la Croix Rouge et me laissent passer. A peine ai-je fait dix pas, qu'un de ces hommes me lâche deux coups de fusil dans le^ dos. Visait-il? Croit-il me faire peur? Arrivé à l'ambulance, on me force à m'en retourner sous le prétexte qu'il n'y a plus d' hospitalisés! Second voyage. Un soldat m'accompagne. Nous entendons quelques coups de fusil. Alors il me pousse do force dans un magasin et, à son tour, brûle sa poudre, en pure perte. C'est à croire que ces gens sont ou peureux ou fous. Je sors do la bouti-que: plus de soldat! La Ste Frousse l'aura précipité vers d'autres rues... A oe moment — et je ne vous donne qu'un résumé très suc-cint, sans impressions personnelles, mais avec des faits patents, — à. -co moment brûlent la Grand' Plaoe4 le Vieux Marché, la Place du Peuple, rues Léopold, de la Station, de Diest, do Bruxelles, de Paris, rue aux Triples, Place Marguerite. L'après-midi, c'est au tour du Palais de Justice. Trois fois, les incendiaires y mettent h feu! 27. Je me tiens prêt à la fuite. Toutes les maisons voisines brûlent. C'est épouvantable : la fumée vous étouffe littéralement. A 10 heures, coup de clairon. Ordre est donné à la population do quitter la ville en toute hâte. Nous nous soumettons sans réplique. Rue des Chevaliers, sept corps sont étendus, sans vie, les bras encore levés, — preuve que ces victimes ont été frappées, alors qu'elles ne songeaient pas à se défendre. Sur la route de Tervueren, un^ curé est fusillé adossé à une charrette, en présence de quatre autres ecclésiastiques. Nous nous attendons à subir le même sort. Seuls, les prêtres sont hissés sur un camion après qu'on leur eût lié les ma'ins derrière le dos. 28. Restons à Tervueren dans un état d'esprit morbide. 29. Mon père s'est quand même rendu à Louvain. En route, il a dû trinquer de force avec des soldats ivres. Tout le monde doit aider à enterrer les morts. Les enfants de 9 à 12 ans les arrosent préalablement de créoline. Rien de saillant le 30 août. Le 31, à 11 heures du matin, mon père trouva sa maison intacte, mais occupée par sept officiers et leurs cinq ordonnances. Les officiers l'invitent à prendre un verre de ,,son" vin. car la cave a été pillée, ainsi qu'il est de règle partout où passent les troupes allemandes. Mon père ne se gêne pas et dit au plus vieil officier — c'était un capitaine-commandant du nom do Prang — ce qu'il pense du sac odieux de cette paisible ville. Le capitaine Prang — (il en pourra témoigner s'il vit encore) — remet à mon pèro la montre qu'un des ordonnances avait dérobée. A quatre heures, il lui rend les clés de la cave à vin, mais pendant son absence, les ordonnances, fieffés coquins, brisent la vitre d'une petite fenêtre et volent 250 bouteilles qu'ils distribuent à leurs camarades, dans tout le voisinage. Le capitaine Prang est furieux lorsqu'il apprend ce nouveau larcin. Il fait un cadenas pour son coffre parce que, dit-il. ses propres soldats le volent constamment! Dans la maison, tout est a>ns dessus-dessous : lits démoutés et transportés d'une chambre clans une autre, vélos et phonographe au grenier. A force d'avoir dansé (?) le plancher, ^ui est très vieux, est défoncé en plusieurs endroits. Le sol est jonché de fleurs et d'argenterie étrangère à notre maison, le bureau rem-pli de sceaux et de cuvelles dans lesquels on a :lû faire refraîchir les bouteilles de Champagne. Us ont tellement bu qu'ils ont omis de Fracturer les meubles. La salle à manger transformée en fumoir, assez artiste ment ma foi! [>n y fit aussi de la musique s'il faut en juger ?ar la collection d'accordéons, mandolines, ocarinas qui s'y trouvait. Il y avait do la paille partout, Bref, une grange! Pour comble, mon père ne pouvait pas dormir chez lui. Il fallait demander une autorisation expresse à la Kom-mandantur et, après d'interminables pourpar-ers, il fut conduit dans ses appartements entre leux soldats, baïonnette au canon! Lorsque jes Allemands quittèrent notre logis il felllut faire tout nettoyer et désinfecter. La dernière écurie était plus propre que nos chambres où des reliefs do festin et des morceaux de viande nourrissaient dans tous les coins parmi des ci' çares à moitié fumés, des bouts de bougies, des issiett»?6 brisées et du foin qu'ils avaient apporté je ne sais d'où, (A. suivre). R. 0,

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Cet article est une édition du titre L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam appartenant à la catégorie Oorlogspers, parue à Amsterdam du 1914 au 1918.

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