La gazette

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s.n. 1914, 14 Août. La gazette. Accès à 20 octobre 2020, à https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/fr/pid/nv9959d99f/
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Vendredi 14 Août 1914 Le numéro : CIJSTQ, CJSHSTTIMES partout en Belgique. 44eannée — JS° 226(0 ABOWMEMEI\TT8 s BRUXELLES b. FAUBOURGS : Un an, 12 fr.— Six mois, 6 fr. 50.— Trois mois, 3 fr. 50 HORS BRUXELLES : Un an, 15 fr. — Six mois, 8 fr. — Trois mois, 4 fr. 50 A L'ÉTRANGER : Les prix de Bruxelles, le port en sus- Les abonnements se prennent dans nos bureaux et dans tous les bureaux de poste* AIVIVOIVCES s ANNONCES ORDINAIRESt 30 centimes la petite ligne. RECLAMES (Après les spectacles) : 1 franc la ligne. FAITS DIVERS (Corps du journal) : 3 francs la ligne. (Fin du journal) : 2 francs la ligne. NÉCROLOGIE: 2 francs la ligne. Pour les annonces, s'adresser au service de la publicitt RÉDACTION et ADMINISTRATION : 86, RUE DU MARAIS, BRUXELLES. — Téléphone RédactionA 162 Administration ♦ . . . B Î64-7 GUERRE Les succès de nos troupes LA SITUATION Jeudi. — Bulletin officiel Nouveau combat 11 heures matin. Bruxelles, 13 août. — Officiel. — La victoire remportée par nos troupes hier dans la journée a été confirmée officiellement. Nous n'avons engagé qu'une division de cavalerie et une brigade mixte. (Les pertes des Allemands sont très grandes. Ils auraient eu environ les trois cinquièmes de l'effectif engagé hors de combat. De notre côté, au contraire, elles sont relativement faibles : quelques tués à la division de cavalerie. Ce matin, on a signalé .une pointe offensive des trompes battues hier, vraisemibla/blement dans le but de ramener les blessés, les morts et Je 'matériel abandonnés. Aucune surprise n'est à craindre pour nous. Une nouvelle attaque serait repoussée victorieusement, si elle se proiit. Un nouveau combat a eu lieu également ce matin, au sud, contre les troupes allemandes qu'on avait signalée-s hier, en marche vers Eghezée. Elles ont été attaquées par nos troupes et repoussées avec de très fortes pertes. Nous leur avons pris des mitrailleuses sur auto. Il n'y a rien à craindre d'un -mouvement de cavalerie allemande sur Bruxelles paT le sud. Rien non plus d'un même mouvement par le nord n'est à craindre, après notre victoire d'hier. Au surplus, toutes les avenues sont gardées par l'arnée et la garde civique. Bruxelles, 10 heures. La situation est toujours aussi favorable. Engagement à, Geet-Betz Bruxelles, 13 août. — Un nouvel engagement a eu lieu jeudi, vers 5 h. 1/2, à Geet-Betz. Une colonne de 400 Allemands s'est avancée, mais Tallanme fut donnée par les sentinelles. Les troupes 'belges arrivèrent aussi et le combat s'engagea. Les Allemands prirent la fuite, laissant sur le terrain plusieurs morts. La circulation des trains serait rétablie jusqu'à Waremme. A Liège Depuis mercredi matin, Jes Allemands bornât avec de la grosse artillerie le fort de Pontisse qui Téj)ond coup sur coup. Le bTuit coiiTt que le général von Emmieh, -qui commandait les troupes allemandes, serait mort à l'hôpital militaire. On dit que le général se serait suicidé. LA VICTOIRE DE HAELEI Diest, 12 août. Ceft un très sérieux combat qui s'est livré mercredi, tout près d'ici, dans un triangle 'orme par les villages de Haelen, de Loxbergen at de Zeelhem. Haelen est située sur une des routes qui mènent de Diest à Hasselt : à six kilomètres de Diest et «à seize kilomètres de Hasselt. La région est couverte de ces rideaux d'arbres qui font le charme tendre de nos régions flamandes, mais qui se prêtent trop bien à la guerre d'embuscades et d'avant-postes. Vers 7 heures du matin, nos troupes furent attaquées-à l'entrée du village de Haelen par de la cavalerie et de l'artillerie qui arrivaient de la direction de Hasselt., On fit sauter le pont qui se trouvait à l'entrée du village. L'opération ne s'accomplit malheureusement pas complètement. En même temps, une attaque se produisit du côté sud du village, par la gare du chemin de fer. Des troupes allemandes, en nombre assez considérable — on estime qu'il y avait sept mille cavaliers, artilleurs et fantassins — s'efforçaient d'enfoncer ou de tourner l'aile droite de notre armée, et de forcer le passage vers Anvers. nôtres avaient ordre de résister. Ils étaient environ. Disons tout de suite qu'ils résistèrent admirablement et si bien qu'à la fin de la journée Haelen,qui avait dû être abandonnée, fut reprise, et qu'hier nos troupes occupaient leurs positions de la veille. Il s'agit donc bien d'une victoire, et d'une victoire qui a son importance puisque le plan allemand semble avoir, une fois encore, échoué etque I'ie a dû se retirer en déroute. Achevons oe bulletin de victoire en notant que nos pertes ont été insignifiantes — sept ou huit morts et une centaine de blessés — tandis que les troupes adverses ont été terriblement éprouvées : nous avons pu nous en rendre compte personnellement. On croit que ces pertes ont dépassé un millier d'hommes. Nos soldats, les carabiniers cyclistes qui onttenu jusqu'à 3 heures de l'après-midi ; nos guides etnos lanciers — 4* régiment —, le 4* régiment d'infanterie d'autre part se sont conduits avec une vaillance intelligente, ne s'exposant pas inutilement, tenant bon, ne se laissantaller à aucune panique et visant parfaitement. A certain moment, vers midi et demi, la route de Diest paraissant libre, un escadron de uhlans est parti venire à terre. Mais mener dans des Tégions si paisibles, si enchanteresses naguère encore, dont l'accès est strictement défendu aujourd'hui et où toutes les habitations, tous les arbres, toutes les meules, tous les bois cachent des hommes armés, prêts à la grande bataille de demain; où des villas sont transformées en forteresses; où les routes sont éventrées,plantées de pieux de fer que relient des fils barbelés; où des camions et des chariots peuvent former, d'un instant à l'autre, des barricades, où tous les ouvrages d'art ont dans le flanc la charge de poudre qui peut-être les fera sauter et qui, en attendant, se bourrent de sacs, de gazon, dissimulent des 'bouches de canon; où les replis de terrain sont utilisés, repérés ; où, d'aimable, la nature s'est faite farouche, se hérissant ellemême contre le péril. Et puis nous étions revenus à Namur, avec l'intention d'aller, comme chaque jour au quartier général belge de X... J'étais avec mon confrère Donohoé, le célèbre correspondant de, guerre du « Daily Chronicle », qui publia le premier récit de la bataille de Luie-Bourgas, naguère; et avec M. Charles Saroléa, le distingué professeur belge — frère du député suppléant de Hasselt — à l'Université d'Edimbourg, directeur d'un grand hebdomadaire anglais. Inutile de dire que nous possédions de sauf-conduit de l'état-major général de l'armée. Je ne vous dirai ni où, ni comment, ni pourquoi, comme nous nous apprêtions à partir, nous fûmes arrêtés par un piquet d'infanterie qui nous posa un tas de questions, puis comment un officier déüant — auquel nous exhibâmes en vain les pièces d'identité les plus probantes, les cachets les plus rares, les « sésame » les plus merveilleux — donna simplement l'ordre de nous conduire à la « place »... à une heure de là. En auto? Non, à pied, s'il vous plaît et entre six fusils... Nous voulûmes protester. On commanda : — Gare aux mains... Si l'un d'eux bouge, tirez dessus... Les gaiillards qui nous conduisaient avaient parfaitement compris, et convaincus de notre culpabilité, n'attendaient à toute évidence qu'une occasion (l'essayer leur MauseT.H fallut filer doux. Que faire? Tout se termina bien, ayant rencontré à la place de Namur des officiers sévères, mais couttois, qui nous firent des excuses. Ma foi, c'est la guerre et le léger désagrément ne vaudrait pas deux lignes, si j'en avais été la seule victime. Mais de grands organes anglais, naguère hostiles à toute intervention, sont aujourd'hui représentés chez nous. Ce sont nos amis, nos alliés, les plus sûrs garants de notre indépendance. Il convient de montrer plus de calme et de clairvoyance, au moins devant des correspondants de guerre qui ont fait à notre armée et à notre peuple, depuis huit jours, une si flatteuse réputation... Ce n'est pas, malheureusement, le premier incident irritant qui se produit et qu'il eût été facile d'éviter avec un peu plus de sang-froid. N'en parions plus. Mais quelle est amère, après Te triomphe, la totale disgrâce d'être arrêté comme espion, de voir des fusils presque braqués sur soi, de sentir peser sur soi la réprobation universelle et d'entendre des expressions de mépris, de dégoût, de rencontrer des regards de défiance, de colère, de haine... BTrrr! Ah ! la roche Tarpeienne est bien près du Capitcle... L'armée fantôme Des combats se livrent un peu partout, sur la rive gauche de la Meuse, de Jcdoigne-à SaintTrond. Mais seules des troupes belges y prennent part. Où sont donc les armées alliées? Où sont les Français et les Anglais? Combien sont-ils? Si vous pouviez vous promener d'un hout là l'autre de là Belgique, en ce moment, c'est la question que vous entendriez poser. C'est celle que vous poseriez vousmême, en beaucoup d'endroits, et en vain. Car, heureusement, le secret complet a été admirablement gardé sut le mouvement des troupes alliées, leur importance, leur action. Où la jonction s'est opérée, dans quel sens s'opèrent les mouvements : c'est ce qu'on ignore. Nous savons bien où sont les troupes allemandes. Nous ne savons pas où sont les armées qui défendent notre territoire et quel est leur dispositif. Ne nous en alarmons pas, au conJiraire ! Félicitons-nous en^ car la première condition du succès, c'est le secret. Cependant, nous l'avons vue, l'armée fantôme des alliés. Elle est aussi fraîche, aussi vaillante «t résolue que la nôtre. Elle est parfaitement équipée, prête à la marche en avant, et bien commandée par des officiers qui font exécuter scrupuleusement les consignes, mais qui gantent la main de fer. L'un d'eux s'excusait auprès de nous des précautions prises et puis, en gentleman, engageait un bout de conversations : — Vous le voyez, nous sommes tous tres heureux : il fait très beau, dans ce pays. J'avais quant à moi, l'intention, depuis longtemps, d'y venir en villégiature. M'y voilà... Je n'ai plus qu'un désir, c'est, naturellement, de compléter anon voyage par une excursion sur le Rhin. Cela nous coûtera peut-être cher, mais nous sommes résolus à tout pour y aller... 'Les troupes alliées, rfaut-il le dire, ont été accueillies avec bonheur par nos populations. Il faudrait voir l'empressement que l'on met à faire bouillir la marmite, à préparer une sa'lade', à aider aux travaux de retranchement... Et le pioupiou français, continuant la tradition, ne perdait point de temps et, aux devoirs ,de la guerre, ajoutait le plaisir d'autres conquêtes. Que de savants travaux d'approche, autour des jeunes beautés de nos petites villes et de nos campagnes... Que d'assauts!... C'est toujours la manœuvre, ici. Demain, ce sera la grande tragédie. Et quelques doux regards de femmes peuvent faire des héros. Le Gouvernement anglais au Gouvernement belge M. de Broqueville a reçu la lettre suivante : Foreign Office10, Downing Str, Londres. Mardi 11 août 1914. A S. Exe. M. de Broqueville, ministre de la Guerre. Excellence, J'ai reçu avec le plus grand plaisir la communication que Votre Excellence m'a adressée. Je m'empresse de vous faire part de toute l'admiration que je Tessens pour le magnifique couorage et l'énergie dont font preuve la nation belge, son Roi, son gouvernement et son armée. Les souffrances qu'ils éprouvent leur valent ma plus profonde sympathie. La bravoure des Belges, l'intrépidité avec le ils se défendent, montrent combien vif berté ; c'est la meilleure preuve que l'Angleterre a eu raison de prendre parti pour la Belgique et de défendre le traité international. L'exemple que la Belgique a donné au début de cette guerre, sera, j'en sûr, un exemple pour les nations libres de l'Europe. Sincèrement à vous, H. Asqtjith. Cette lettre portait ce post-scriptum : Excellence, Je veux en toute cordialité m'associer à chaque mot de cette lettre du premier ministre, qui part aujourd'hui à l'adresse de Votre Ex-. Sincèrement à vous, Ed. Grey. HOMMAGES ANGLAIS Une grande baaique belge a reçu cette lettre qui montre l'unaniimité des sentiments anglais à l'égard de la Belgique : « Londres, le 10 août 1914. « Messieurs, c Ecrivant ce jour à Anvers, nous ne voulons pas laisser partir le courrier sans ajouter quelques lignes pour vous exprimer notre grande et sincère admiration pour la façon héroïque dont la Belgique a maintenu son honneur contre des hordes d'envahisseurs d'un nombre énorme. « Nous ne pourrions vous exprimer en paroles ce que nous éprouvons pour vous, mais nous tous sommes fiers d'être des alliés d'un peuple si courageux et portant si haut le sentiment de l'honneur: nous espérons être à même d'apporter, en oe qui concerne l'Angleterre, une part aussi éclatante que la vôtre dans la lutte. nos plus sincères félicitations et admiration, croyez nous t Vos dévoués « Commercial Bank of London, « (Signé) King. » •*>* LA HOLLANDE Un de nos confrères a reçu d'un échevin de Maastricht, ce télégramme : « Maestricht tressaille d'admiration pour l'armée belge! « Vive la Belgique libre de tout joug étranger! « Vive la brave armée belge! a Que Dieu protège la Belgique! » L'ESPAGNE L' « Imparcial » publie un article à l'éloge de la Belgique. Il dit : « L'Angleterre, dont la politique reste toujours subtile et perspicace, vient d'offrir à l'admiration du monde le plus beau geste en déclarant la guerre à l'empereur d'Allemagne, justement pour avoir violé la neutralité belge. Tout Londres vibre à l'indignation devant le spectacle d'une puissante armée qui s'apprête, avec- la brutalité de ses trains d'artillerie, à détruire le plus beau chemin de l'Europe. La Belgique et la Holbj.'vle méritaient de se reposer enfin de leurs travaux et de 'leurs douleurs historiques. La Belgique a cultivé ses campagnes avec un zèle si avisé que c'est commettre la plus grande des profanations que de les convertir en champs de bataille. La Belgique et la Hollande sont constituées pour la paix. "Elles sont,-do plus, la garantie la plus solide pour la liberté de la navigation sur la mer du NoH. L'attaque de l'Allemagne viöafc détruire une œuvre! n"i mérite d'être appelée une œuvre d'art parce qu'il y a nirable dans la constitution des nat;El quand elle unira cette guerre, la plus gi plus formidable responsabilité qui tombera sur l'emllemand, restera le bomiichar- mantes cités belges, que nul ne somgeaât à voir un jour considérées comme belli gérantes. L'exemple du triste sort fait S 3a Belgique, — première victime — fera réfléchir d'autres nations qui n'aepirent pas au titre de grande puissance, mais désirent vivre en paix. » LA ROUMANIE En présence des bruits répandus dans la presse allemande et reproduits par quelques journaux belges, le ministre de Roumanie à Bruxelles déclare qu'un télégramme officiel de son gouvernement l'a informé que la Roumanie entend gaTdeT la neutralité et défendre ses frontières. Un Avis du Gouvernement Le ministre de la Guerre nous prie de met= tre les populations en garde contre toute surexcitation à l'endroit des étrangers habi= tant la Belgique quels qu'ils soient. Il rappelle notamment que la Belgique n'est pas en état de guerre avec l'Autriche= Hongrie. Il appartient à l'autorité militaire seule de prendre des mesures à l'endroit des personnes suspectes, quelle que soit la natio= nalité à Iaqulle elles appartiennent. Appuyées par la garde civique dont la con= duite patriotique est admirable et par toutes les forces de police dont le zèle est au=dessus de tout éloge, les autorités veillent avec un soin jaloux à la sécurité publique et privée. La population civile doit avoir la plus grande confiance et se bomer à signaler aux autorités responsables tout ce qui lui paraît suspect. Ce serait méconnaître les intérêts belges que d'agir autrement. ~^\^\f\s\*~ !T Les carabiniers cyclistes Nos carabiniers cyclistes, qui font partie de la division de cavalerie, ont opéré avec succès en Hesbaye contre les cavaliers allemands. Une section de vingt cyclistes ayant poussé de Hannut jusqu'aux environs de Tongres, dispersa un groupe de cinquante dragons allemands. Ils tuèrent six hommes, en blessèrent plusieurs et firent deux prisonniers, tandis que les autres fuyaient. La 3* compagnie cycliste, qui se trouvait àHollognesur-Geer avec un peloton de guides,fut prévenue de l'arrivée de deux escadrons dedragons. Deux cyclistes partirent en reconnaissance ; plusieurs balles sifflèrent à 'leurs oreilles,ils se replièrent, poursuivis par les dragons, etamenèrent ainsi ceux-ci sous le tir de leurs camarades qui s'étaient couchés en tirailleurs derrière une haie. Le combat fut de courte durée : les 150 Belge? eurent bientôt raison des 250 Allemands ,100 t ués et 70 blessés et prisonniers. Les survivants s'enfuirent vers Waremme où ils iurent attaquéspar un sergent cycliste et quatre lignards. Surpris en pleine fuite, 25 Allemands se réfugièrentdans un parc, où le brave sergent vint les faireprisonniers. Le soir, le caporal Artiges fut fait prisonnier par une patrouille de dragons ; ceux-ci s'empressèrent de dévorer les vivres que portait le soldat, puis ils s'endormirent, laissant leur prisonnier à la garde d'un cavalier. Celui-ci s'endormit à son tour et le cycliste en profita pouT enfourcher sa machine.Cependant,ii fit quelque bruit en passant sur une branche et les dragons, réveillés, se mirent à sa poursuite, tirant des coups de feu. Le brave caporal parvint néanmoins à rejoindre son détachement, où on lui fit un accueil enthousiaste. Les fortifications de la Meuse Il nous semble intéressant de rappeler que môme un écrivain français des plus éminents, le général Langlois, ancien membre du Conseil suX>érieur de la guerre, n'avait pas cru en l'efficacité des fortifications de la Meuse. Voici ce que l'on peut lire dans une brochure qu'il fit paraître en 1906 sous le titre de : « La Belgique et la Hollande devant le Pangermanisme » : « Une seconde hypothèse, bien que d'une réalisation douteuse, doit être cependant examinée : l'armée allemande étendrait son mouvement enveloppant en passant par la vallée de la Meuse. Dans ce cas, elle ne pourrait plus aussi facilement appuyer son aile droite à un gardeflanc de faible effectif ; elle devrait attaquer carrément l'armée belge de campagne avec des effectifs très supérieurs,trois corps d'armée,par exemple, la refouler immédiatement, l'envelopper si possible. L'opération ne serait ni bien longue, ni fort coûteuse. Il y aurait, en outre, à briser l'obstacle présenté par les places de Liège et de Namur. Celles-ci, d'un développement considérable, 50 et 39 kilomètres, sont défendues par des effectifs tout à fait insuffisants : 15,400 hommes pour la première (303 hommes par kilomètre du périmètre), et 13,400 pour la seconde (344 hommes par kilomètre). Si l'on a cru pouvoir réduire ainsi le chiffre des défenseurs, c'est que l'on considère ces deux places comme de simples têtes de pont, ainsi qu'en font foi les rapports de la Commission de 1900, ainsi que le ministre de la Guerre l'a affirmé à la tribune. Et plus loin : En tout cas, ces deux places ne constituent pas des camps retranchés dans la véritable acception du mot ; elles présentent chacune une série de forts d'arrêt, sans 'liaison les uns avec les autres, sans -appui en arrière. La prise de deux ou trois de ces ouvrages ne coûterait ni beaucoup plus de temps ni beaucoup plus de peine que celle de forts isolés. Tout cela ne retarderait pas l'offensive allemande et n'exigerait pas un déploiement de forces considérables. » Ces prévisions .pessimistes ne se sont pas réalisées, fort heureusement. L'œuvre géniale de Brialmont a subi victorieusement les plus terribles assauts: Rappelons quelle était la destination des forts Meuse d'après notre grand ingénieur militaire : « Place d'arrêt », ils devaient mettre le pays à l'abri d'une invasion : « Têtes de pont », ils devaient permettre à l'armée de manœuvrer sur les deux rives et de se retirer sur Anvers ; c Points d'appui », ils devaient permettre d'attendre une armée de secours ; « Pivots de manœuvreœ », ils avaient pour but de combiner l'action de l'armée belge avec celle de l'armée de secours. Et c'est ce qui s'est accompli à la lettre. M, Vandervelde dans les cantonnements M. Vandervelde s'est rendu avant-hier dana les cantonnements, en automobile. A diverses reprises, le ministre d'Etat socialiste, pacifiste d'hier et pacifiste de demain, reconnu par les soldats, leur a crié : « Vive l'arVive la Belgique! » El l'on a vu les aumôniers militaires causer cordialement avec le député de Bruxelles. îLes comédiens sous les armes On cite de nombreux artistes des théâtres de Bruxelles qui servent à l'heure présente dans l'armée française et dans l'armée belge. De la Monnaie, MM. Demarsy et Goossena sont soldats belges ; M. Girod est soldat français. Du Parc, MM. Marey, Gournac, Bosc et Laumonnier servent dans l'armée française. Des Galeries, MM. Bernier, de Lersy et Canned — le peintre et écrivain humoriste qui jout sous le nom de Lenac — ont rejoint -leur régiment en Belgique ; MM. Berry et Richard ont rejoint en France. Dans la région de Ciney Du « Peuple » : Un habitant de Ciney vient d'arriver de cette ville 'à Bruxelles. Il a quitté le 12, a voyagé en train de Ciney là Yvoir, à pied jusqu'à Année où il a de nouveau pris le train vers Tamines, Namur et Bruxelles. Arrivé ici la nuit dernière, il nous raconte oe qu'il a vu et entendu dire au sujet de l'action de l'armée allemande dans cette partie des Ardennes belges. D'après ce qu'il nous dit, il semble que les Allemands ont choisi une deuxième voie -d'envahissement de la France par la Belgique et qui paraît être la vallée de l'Ourthe jusque vers Durbuy et, de là, Barvaux, Ciney, Yvoir et la vallée de la Meuse jusqu'à Givet. Us éviteraient ainsi la position fortifiée de Namur et la partie la plus boisée et la plus difficile à -franchir des Ardennes luxembourgeoises. D'après notre voyageur, de forts détachements de cavalerie allemande parcourent toute cette région. Le 11, six à sept cents hussards ont occupé les gares de Rochefort et Jemelle. Ces Allemands auraient fait sauter un pont à Assesse, sur la ligne iBruxelles-Arlon et un pont à Hamois, sur la ligne Ciney-Huy. Le 11, l'état-major allemand — toujours d'après le voyageur — occupait le château de Linden à Barvaux-sur-Ourthe. Mille cavaliers allemands ont passé par Ciney le 11 et, le même jour, un combat a eu lieu à Vincon où le 148' de ligne français a défait les éclaireurs allemands qui ont laissé sur le terrain une centaine de tués. Les uhlans, en éclaireurs, sont porteurs de perches pour établir la télégraphie 'sans fil et d'appareils récepteurs. Us ont tous des cartes militaires du TouringOlub belge. La plupart s'expriment en langue française. Il y a aussi, dans la région, de nombreux motocyclistes allemands, vêtus de gris. Six autobus parisiens, pouvant contenir trente-trois voyageurs et servant au ravitaillement de l'aTmée française ont passé par un« localité que nous nous abstenons d'indiquer Nous gardons la même discrétion au sujet de» points occupés par l'armée française. Le sous-marin coulé Le « Scotsman » raconte comment fut coulé dimanche le sous-marin allemand « V. 15 ». Une escadre de croiseurs anglais fut attaquée par une flotte de sous-marins. Ceux-ci furent bientôt découverts, quoiqu'ils approchassent en plongée avec leurs périscopes seuls émergeant de la surface. Il paraît que la tactique suivie par les croi» seurs — et qui ne peut être révélée — dès qu'ils eurent vent du danger causa d'abord une grande déception aux sous-marins. Le plus rapproché de ceux-ci étant cependant arrivé à distance dangereuse pour les Anglais, le croiseur « Birmingham », lancé vers lui à toute vitesse, lui envoya un coup de canon, si bien dirigé qu'il lui démolit son périscope. Le sous-marin, aveuglé, se trouva menacé d'êtTe détruit paT le choc d'un des croiseurs qui arrivaient sur lui. Les autres, 6e voyant ■menacés par l'artillerie des croi-seurs, prirent la fuite et disparurent. Mais le sous-maTin aveuglé fut forcé de remonter à la surface pour se diriger. Aussitôt qu'il y apparut, les canons du a Birmingham » furent pointés vers lui. Du premier coup, la tourelle du sous-marin fut rasée : et le terrible engin coula comme une pierre. On ne sait ce qu'il faut le plus admirer : de l'adresse des pointeurs anglais qui, sur un bâtiment lancé à toute vitesse, réussirent à toucher de prime abord un but aussi réduit qu|un périscope ou de là bravoure avec laquelle l'escadre anglaise fonça sur les sous-marins qui' croyaient jeter l'épouvante dans ses rangs. Dans tous les cas, l'épisode dément la théorie de l'amiTal Percy Scott, qui fit tant de tapage il y a quelques semaines et qui prétenda?t que les bateaux qui vont sur l'eau ne pouvaient plus Tésister désormais à ceux qui vont sous l'eau. La navigation allemande étranglée L'un des résultats capitaux de l'intervention de l'Angleterre, c'est que, huit jours après le début de la guerre, toute la navigation commerciale allemande s'est trouvée « étranglée », dans toutes les mers du monde. C'est un fait sans précédent dans 1 histoire de la marine. L'effet a suivi immédiatement la declaration de guerre. Il y avait plus de 2,000 vapeurs allemands, représentant plus de 5 millions de tonnes, lorsques les hostilités éclatèrent. U y avait aussi 2,700 voiliers. Ces navires étaient éparpillés sur toutes les mers du monde. Un certain nombre d'entre eux — quelques vingtaines — ont été capturés ; d'autres se sont réfugiés dans les ports neutres ; d'autres encore ont dû renoncer à prendre la mer : et la navigation allemande a été soudain Téduite à néant. # La navigation anglaise, au contraire, ne subit guère d'entraves, surtout depuis que la Méditerranée a été purgée du « Breslau » et du « Gœben ». -%AA/NA Les Evénements LES FAITS "DE GUERRE France et Allemagno Ils bombardent, mais de très loia Paris, 13 août. — Communiqué du niinistèrv de la Guerre du 12 août, 23 h. 30 : Dans les pronostics sur les premières opéra«tions de l'armée allemande, le bombard de Pont-à-Moisèment de 3a région de Nancy étaient escomptés pour le premier ou le deuxième jour de la mobilisation. Le bombardement de Pont-à-Mousson s'est it le onzième jour, et n'aura pas l'influence démoralisante qu'on lui attribuait en Allemagne. Pontà-Mousson fut bombardée à 10 heures du matin par l'artillerie lourde mise en batterie à une assez longue distance. De/

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Cet article est une édition du titre La gazette appartenant à la catégorie Liberale pers, parue à Bruxelles du 1871 au 1940.

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