La nation belge: journal quotidien d'union nationale

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s.n. 1918, 31 Octobre. La nation belge: journal quotidien d'union nationale. Accès à 17 août 2022, à https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/fr/pid/th8bg2j696/
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AjoP^ m PREMIERE ANNEE. N� 222 Le Num�ro : 10 Centimes JEUD� 31 OCTOBRE 1918, 3 BELC I p-o JOURNAL QUOTIDIEN D'UNION NATIONALE AND NEURAY R�daction et Administration : 28, Rue du Quatre-Septe T�l�phone : CENTRAI, S3 ce de l'Op�ra) PARIS (2*). TARIF DES ABONNEMENTS UN MOIS TROIS UOta France...... 3 fr. SO 1 fr. SO Angleterre.... 2 sh. e 7 sh. 6 Autres pays ... 3 fr. OO O Jr. M Publicit� mux Bureaux du Journal U"Nation Belie"\ et la question flamande Compatriotes des villes et des Tillages 3e la Flandre lib�r�e, on vous dira un de ces Jours, si on ne vous l'a d�j� dit, que la Nation Belge est hostile aux revendications du peuple flamand. Ce n'est pas vrai. Mais nous ne vous demandons pas de nous croire sur parole 1 Sur cette question comme sur toutes'les autres, vous nous ju- gerez, dans l'avenir, sur ce que nous �cri- rons. Quant au pass�, en attendant que vous puissiez vous faire une opinion per- sonnelle en lisant les articles consacr�s par le XX* Si�cle et par la Nation Belge a la question des langues, retenez le t�moi- gnage d'un journaliste flamand et flamin- gant, M. Auguste Monet, que nous n'a- vons pas l'honneur de conna�tre person, aellement. � Nous sommes un lecteur assidu du XX* Si�cle depuis sa r�surrection au Havre et nous n'y avons jamais trouv� une seule lettre qui nous bless�t comme Flamand ou comme flamingant �... �crivait M. Monet, avec urn� spontan�it� qui nous a profond�- ment �mu, dans le Telegraaf du 12 sep- tembre. N'insistons pas star ce qu'il y a de p�- nible dans la comparaison qu'on est oblig� de faire entre la loyaut� d'un adversaire politique � M. Monet appartient au parti lib�ral � et... mettons les exag�rations d'anciens � amis � que nous avons servis, aid�s, soutenus, avant la guerre, et pour qui nous avons eu pendant toute la dur�e des hostilit�s des m�nagements qu'on pour- rait qualifier d'excessifs sans offenser la v�rit� trop gravement � L� droit naturel et imprescriptible des Flamands est d'�tre instruits, administr�s et jug�s- dans leur langue. Le droit de la Patrie est qu'aucune revendication d'au- cun groupe de citoyens ne menace son unit�, ne diminue sa force, n'alt�re sa phy- sionomie s�culaire, ne compromette son avenir et sa s�curit�. Qui oserait nier, apr�s quatre ans ' d'oppression �trang�re, que celui-l�, comme tous les droits parti- culiers ou individuels, doive �tre subor- donn� � celui-ci ? Dans une nation vain- cue, envahie et opprim�e, il n'y a plus, sous le dur joug de l'ennemi, de droit ni de libert� pour personne, sinon pour les com- plices de l'oppresseur. Flamands et Wal. Ions, croyants et incroyants,.riches et pau- vres, bourgeois et ouvriers, .la. libert� des Belges de toute langue, de toute classe et de toute religion est exactement propor- tionnelle � la libert� de la Patrie, notre souverain bien terrestre, sauvegarde ot bouclier de tous nos droits, tr�sor � quoi la saison nous commande de sacrifier, le cas �ch�ant, tous nos autres biens, menac�s et pr�caires d�s qu'il est expos� sans d�fense � la cupidit� de l'ennemi. La libert� et la s�curit� de la Patrie sont dans l'ordre tem- porel ce que le salut �ternel est. dans l'or- dre spirituel, pour les chr�tiens : le but su- pr�me qui doit orienter et gouverner toute la vie. D�pourvue de fronti�res naturelles, pro- che voisine d'une Allemagne prussifl�e et militaris�e dont la d�faite ne d�truira pas, vous verriez, l'avidit� guerri�re, la Belgique est le pays le plus expos� de la terre � l'in- vasion et � la conqu�te. Il a besoin, pour se d�fendre et pour vivre libre, d'�tre plus uni qu'aucun autre. Qu'on s�pare les Fla- mands et les Wallons en deux peuples dis- tincts, destin�s � devenir bient�t presque �trangers l'un � l'autre, toutes les causes de faiblesse nationale, qui 'nous ont fait tant de mal dans 1� pass�, se remettront, pour notre malheur, � travailler de plus belle. On pensera � la Patrie, des deux c�- t�s de la barricade, moins encore qu'avant la guerre. On prendra peut-�tre l'�tranger pour arbitre et pour juge... C'est parce que la s�paration administrative nous est ap- parue comme le pr�lude ' du d�chirement de la Patrie que nous l'avons combattue. Elle a d'ailleurs contre elle une de .nos plus �videntes, une de nos plus vieilles traditions historiques. Avant que des guer- res malheureuses, soutenues a nos d�pens par les princes �trangers qui r�gnaient sur nos provinces aient amput� la Belgi- que, la Flandre �tait bilingue, comme le Brabant, le Limbourg. Li�ge et le Lu- xembourg le sont encore aujourd'hui. Wal- lons et Flamands ont toujours eu autant besoin les uns des autres, pour leur vie mat�rielle et pour leur vki spirituelle, pour le commerce, les sciences et les arts, que leur patrie commune de leur �troite union. Quelle aberration et quel crime de vou- loir d�faire, au nom d'un principe abs- trait, ce que dix si�cles d'histoire et de vie commune ont fait, entre l'Escaut et la Meuse, et desArden-nes � la mer, d'un pays o� la diff�rence des langues souligne et �end plus �clatante l'identit� des senti- ments et des mani�res de vivre ! Un Flamand n'a-t-il pas toujours �t� plus chez soi � Mens, � Tournai, � Namur ou � Li�ge qu'� Amsterdam ou � La Haye. ? Pourquoi des Wallons se sentent- ils exil�s dans cet adminable, dans cet �mouvant Paris, frissonnant au souffle de la Victoire et orn� de la d�pouille des Prussiens ? Pourquoi leur c�ur bat-il plus vite quand on �voque devant eux la Gnand'Place de Bruxelles, peupl�e de co- chers et de marchandes de fleiurs dont la langue leur est peut-�tre aussi �trang�re � malheureusement � que l'anglais ou le russe ?... Enferm�es dans le cadre national,'limi- t�es au point qu'elles ne pourraient d�- passer sans mettre en p�ril l'unit� et la s�curit� de la Patrie, purifi�es enfin de tous les �l�ments qui pourraient leur don- ner ne f�t-ce qu'une; apparence d'hostilit� � regard de la langue et de la civilisation fran�aises, les revendications flamandes n'auront pas d'avocat plus r�solu e/t plus ardent que la Nation Belge. Nous l'a- vons dit �n-t fois ; nous Je redisons au- jourd'hui avec la m�me sinc�rit� ; nous d�fions quiconque d'apporter une ligne- de nous, une seule, & Tappui de l'affirmation LES MENSONGES BOCHES � � � �� Un d�menti de Brogss au ministre Soit Comment l'arm�e allemande comprend les destructions pr�tendues "de n�cessit� militaire'1 -�?- On sail que le gouvernement allemand a affirm�' solennellement au Pape et au Pr�. sident W�san que l'arm�e allemande, dans sa retraite, se bornait � accomplir les des. tructions indispensables � sa s�curit�. Nous recevons � ce propos d'une personna- lit� brugeoise la lettre suivante aui montre que, battu et affubl� de son camouflage d�- mocratique, le gouvernement de Berlin ment avec autant d'impudence Qu'aux jours o� il se croyait pur de la victoire. Nous c�dons la parole � notre corres'pyn. dont qui donne sur les crimes commis � '.Bruges par les Allemands les derniers jours de l'occupation des pr�cisions im- pressionnantes : Bruges, 26 octobre 1918. Monsieur le Directeur, M. Soif, secr�taire d'Etat au minist�re des Affaires �trang�res � Bepiift, en. r�- ponse � la note du pr�sident Wilson, pro- teste contre .les accusations de cruaut� for- mul�es � charge det l'arm�e allemande et ajoute : Nous verrons comment ces beaux prin- cipes ont �t� appliqu�s dans notre r�gion ; en attendant, voici des faits (je n'en cite que quelques-uns) qui se sont pass�s � Bruges et dans les environs il y a quel- ques jours � peine, que tout le monde a pu constater et qui contredisent �loquem- ment les assertions gratuites du secr�taire d'Etat. Les Allemands ont fait sauter des ponts sans int�r�t militaire L'autorit� allemande, au moment de sa retraite, a fait sauter tous les ponts, y compris ceux qui n'aboutissaient qu'� des sentiers ou � des voies de petite commu- nication et ne pr�sentaient par cons�quent aucune utilit� militaire ; leur destruction ne devait donc pas couvrir la retraite ; je cite) parmi ces derniers ponts, le joli pont en pierre de taille ouvrag�e au square MHne Edwards. L'autorit� alle- mande a fait sauter en m�me temps l'�- cluse du�canal non navigable de d�riva- tion ainsi que k� deux autres ponts au- dessus de ce m�me canal et gui ne desser- vent que de petites .voies de communica- tion qu'une arm�e doit �viter, loin de les utiliser: L'autorit� allemande a d�truit encore le magnifique pont de chemin de fetr avec d�- corations en pierre de taille sculpt�e, au- dessus du canal de Bruges � Ostqnde et qui dessert la voie ferr�e menant � Blan- kenberghe d'o� certainement les Alli�s ne pouvaient pas nous arriver ; il n'y avait donc pas de retraite � couvrir de Ce c�t�- l� !! Les Allemands ont fait sauter hors la Ju Havre au pays reconquis Le Havre, 30 octobre. Le premier train organis� par M. le mi- nistre Segers mettant en rapport direct Le Havre avec le pays reconquis, partira in- cessamment Il emportera des fonctionnai- res appartenant � divers cabinets minist�- riels. contraire. Si c'est un crime de soutenir qua Je peuple flamand 6'appauvrirait en se d�tournant de la culture fran�aise, des milliers de Flamands l'ont commis avec, nous, persuad�s comme nous qu'il est pos- sible, qu'il est facile d'accorder la n�ces- saire d�votion pour leur langue mater- nelle avec le culte d'une civilisation � laquellei la Flandre a fait, pour son bon- heur, pendant dix si�cles, tant de magni- fiques emprunts. porte Mar�chale un viaduc qui �tait die- tin� � la future voie ferr�e de Bruges � Ostende mais qui n'�tait raccord� � aucun remblai ; ce viaduc n'�tait donc qu'une simple porte qui en sautant a mis a mal toutes les maisons environnantes. Contre les usines, les ch�teaux et les �gli- ses. � Des mines derri�re les tableaux ! Continuant launs sinistres exploits, ils se sont attaqu�s aux grandes usines" de la Brugedise et de la Cophrah Oil, y faisant d'�normes d�g�ts. Eux qui se proclament des gens �clair�s n'ont trouv� rien de mieux que de faire sauter l'usine � gaz ; gr�ce au sang-froid et � l'intelligence du directeur M. Maurice de Brouwer, la � ma chine infernale � a rat� ent partie,' et au bout dei quelques heures Bruges �tait �clair� comme auparavant. ' Aux environs de Bruges, l'ennemi a for- tement endommag�, pour ne pas dire d�- truit, le ch�teau historique du comte de Flandre � Uynendaelp ; au ch�teau du, baron de M'aere, � Aertrycke, il avait dis- simul� derri�rq des portrait�. de famille des mines qui ne devaient exploser que plusiurs jours apr�s la fuite. Il avait min� �galement l'antique ch�teau de Tillegham, mais n'eut pas le temps d'achever son hor- rible besogne. Les � Braves � ont fait sau- ter la belle �glise de Thourout et toutes les autres �glises sises dans la p�riph�rie. Vols de b�tail et incendies de maisons Les � valeureux � ont utilis� les derni�- res heures de leur s�jour ici pour voler tous les chevaux, tout le b�tail de nos camipagnejs, tuant � coups de revolver les b�tes qu'ils ne pouvaint emmener. Oh ! les monstres 11 Le lundi 21 octobre, pendant la nuit, et avant que les Alli�s n'entrassent en ville, ces Barbares mettaient en feu deux'mai- sons sises au boulevard Charles le T�m�- raire� mena�ant de leurs armes ceux qui essayaient d'�teindre le feu ou de sauver le mobilier ; aussi tout fut an�anti, meu-J bles compris. Ce qui pr�c�de n'est que la r�p�tition de ce qui s'est pass� dans des centaines d* localit�s ; M. Soif �r�tendra-t-il encore que tous ces actes de vandales se Justi- fiaient par � Ja n�cessit� de couvrir la re- traite � et qu'ils ne sont pas contraires au droit des gens ? Ces faits rappelant les proc�d�s des Huns conduits par Attila infligeront au nom allemand la r�proba- tion et le d�go�t universels. Je d�fie, en finissant, M. Soif dej con- tester l'exactitude des faits ci-dessus rap- pel�s. Agr�ez, etc.. X... l'�oglt�iw et la Belgique On grand journal de Londres souligne la n�cessit� de r�soudre la question de l'Escaut L'OFFENSIVE D'ITALIE Pourquoi nos intentions ont-elles �t� d�- natur�es, nos articles travestis, nos id�es d�figur�es avec cette esp�ce de fureur qui a arrach� � M. Monet la protestation nej- produite au commencement de cet arti- cle ? L'heure n'est pas venue de le dire. Contentons-nous de le laissser entendre. Nous ne voulons bleisser personne. Nous nous en voudrions de fermer ou de ren- dre difficile � qui que ce soit, par des pa- roles am�res, ie chemin de la r�concilia- tion. Jamais nous n'avons regrett� d'avoir adjur�, en 1915, les Flamands �tablis en Hollande d'ajourner leurs revendications jusqu'� la fin de la guerre;, ainsi que tous les partis avaient promis de le faire. Et d'avoir d�nonc�, des ses premiers vagis- sements, l'Aktivismie au berceau, quand des pusillanimes et des habiles nous pro- diguaient, l'�il tourn� vers leurs arron- dissements, les conseils de prudence et de mod�ration, nous sommes fiers comme d'une bataille gagn�e, non seulement pour la cause nationale, mais encore pour la cause flamande elle-m�me, qui aurait fini par �tre �clabouss�e s'il n'y avait eu que ces Messieurs pour faire, devant l'opinion publique, les distinctions n�cessaires. Aujourd'hui que les Aktivistes galopent, tremblants de peur, sur tous les chemins d'Allemagne, tout le monde veut avoir �t�, d�s le premier jour de oette peste, antiaktiviste fervent et impavide. C'est comme pour la neutralit�. A cause ga- gn�e, avocats ni soldats ne manquent gu�- re. Peu importe. Accourez tous, ouvriers de la onzi�me h�iure. Nous ne vous chica- nerons pas votre salaire. Passez devant nous si vous voulez. Nous oublierons vos erreurs plus vite qu'il n'est souhaitable que vous les oubliiez vous-m�me.. LA NATION BELGE. (Services particuliers de la Nation Belge) Londres, 27 octobre 1918. Les journaux quotidiens anglais ne pa- raissent pas le dimanche. Ils sont rem- plac�s par les publications sp�ciales ' qui vont du journal abondamment illustr�, avec quelques lignes de commentaire, � la feuille ae grande information ou d'�tude, se rapprochant un peu de la revue. Au dernier genre appartient ro&seroer. Son r�dacteur en chef, M. Garvin, a une renomm�e qui d�passe la Grande-Breta- Rne. Les �ditoriaux de l'Observer sont at- tendus et comment�s dans les cercles poli- tiques. Ses chroniques militaires sont sui- vies avec un vif int�r�t L'Observer est pour Lloyd George, et a �t� d�s le d�but de Cette ann�e pour le .g�n�ralissime. Ceci donne un int�r�t particulier eux li- gnes suivantes, publi�es �par l'O&seroer dimanche dernier, dans un article consa- cr� aux discussions du futur trait� de paix : � La Belgique ne doit pas seulement �tre replac�e dans l'ind�pendance absolue, en- tour�e de la gloire morale, qu'elle s'est ac quise : sen ancienne position doit �tre pra- tiquement et mat�riellement renforc�e. En ce qui concerne l'estuaire de l'Escaut, il existe un veto qui n'offre nul avantage � la Hollande et cause un tort profond � la Bel. gigue. Qu'on le supprime, et que les puis- sances ou les forces protectrices de la Bel- gique puissent � l'avenir avoir,'de la mer, acc�s � Anvers en toutes circonstances. � Nous nous bornons aujourd'hui � enre- gistrer, sans commentaires, cette int�res- sante d�claration. G. LA HOLLANDE PERMET AUX NAVIRES ALLEMANDS DE FRANCHIR L'ESCAUT Amsterdam. 30 octobre. Le Telegraaf annonce que le navire alle- mand Lipsos, de la Levant Linie, est arriv� � Flessinffue, venant d'Anvers. Les �lections g�n�rales britanniques Londres, 30 octobre. � La � Westmins- ter Gazette � croit savoir que la date des �lections g�n�rales du Boyaume a �t� pro- visoirement fix�e au 7 d�cembre.. (Radio). L'enr�lement au service de la patrie Un officier de passage � Paris �crit : � Je viens de lire dans la � Nation Bel- ge �les d�clarations �mues d'un de nos mi- nistres au sujet de l'empressement des jeu- nes gens flamands de toutes les classes � s'engager au service de la patrie. � Cet empressement nous a tous �mus, mais ne nous a pas surpris. Nous �tions s�rs que la jeunesse flamande voudrait prendre tout de suite sa part de l'effort qui doit assurer la lib�ration compl�te de la patrie. L'h�ro�sme dont ont fait preuve depuis quatre ans tant de jeunes Belges venus rejoindre, au risque de quels p�- rils, l'arm�e nationale, nous �tait garant du courage patriotique des gars de la West-Flandre. � Cependant, il ne faut pas perdre de vue que cet enthousiasme juv�nile ne peut suffire ; il faut tenir compte des r�alit�s. Faute de l'avoir su, on s'est content� au mois d'ao�t 1914 des engagements volon- taires et on a perdu l'appoint d'une grande partie de la' classe 1914, sans parler du reste. Il ne faut pas renouveler cette grave erreur. Notre arm�e a subi pendant les combats de septembre et d'octobre des per- tes qui doivent �tre combl�es. Qu'une loi d'enr�lement y pourvoie tout de suite. L'empressement m�me- qui se manifeste en Flandre rendra facile l'application de me- sures que justifie �ent fois la n�cessit� de reconqu�rir les 9/10 de notre territoire. Dette n�cessit�, la population des pays li- b�r�s la comprend %mieux que personne apr�s quatre ans pass�s sous le joug de l'ennemi. Ce qu'elle ne comprendrait pas en cette mati�re c'est une inertie ou une timidit� que rien n'excuserait. Nous comp- tons que le gouvernement saura faire son devoir. � Comment r�rjlera-t-on la question du mark ? H� � On se pr�occupe beaucoup et � juste ti- tre en pays reconquis, de � la question du mark �. Est-il vrai comme il a �t� annonc� -es jours-ci que le gouvernement a Tin- tention de r�gler cette question de cette fa�on �: le mark serait rembours� au cours du jour et les int�ress�s recevraient un r�- c�piss� du prix pay� devant leur permettre p-'- 'toucher plus lard la diff�rence ? Nul n'ignore que toutes les r�quisitions, tous les achats, ont �t� pay�s, en Belgique occup�e au moyen'de mark au cours forc� Je 1 fr. 25. L'ennemi seul doit subir le tort r�sultant d'une situation qu'il a vou- lue. Le cours forc� a �t� pour lui une m�- thode d'oppression et la question du mark devient l'une des nombreuses questions des dommages. La nouvelle de la mesure dont nous par- ions plu� haut a caus� une �motion l�gi- time, car elle aurait pour r�sultat imm�- diat de causer un grave dommage a beau- coup de gens, � commencer par nos sol- dats qui se voient rendre des mark en pa- pier en �change de billets fran�ais ou de monnaie d'argent. Le gouvernement se doit de r�soudre sans tarder cette question. Certes la solu- tion n'est pas facile, mais elle est urgente. -> Le gouvernement le reconna�t d'ailleurs lui-m�me dans un Rapport au Roi pr�c�- dant un Arr�t�-Loi publi� au dernier nu- m�ro du � Moniteur � : Le r�gime des exactions auquel notre pays a �t� sounus pendant l'occupation ennemie, a dit ce rapport au Roi, cause un trouble profond de la circulation mon�taire. Par suite du cours forc�- du mark et de la parit� impos�e avec la monnaie belge, nos concitoyens sont devenus d�tenteurs con- traints de monnaie allemande. � Afin qu'il soit possible au gouvernement d'assainir la circulation mon�taire, il est in- dispensable d'emp�cher tout_ apport nouveau de mark par des sp�culateurs ou des agents de l'ennemi. Tel est l'objet du pr�sent projet. D'autre^ dispositions r�gleront le retrait de la monnaie ennemie que d�tiennent nos con. oitoyens libres ! L'Arr�t�-Loi dont parle ce Rapport prend des mesures pour emp�cher .l'importation de mark en pays lib�r�. On en treuvera le texte � notre deuxi�me �page. Le danger de la sp�culation � laquelle on aurait pu se livrer en allant acheter en Hollande des mark � revendre en Belgique �tant ainsi conjur�, ne pourrait-on, com- me le sugg�re un de nos lecteurs du pays reconquis, rembourser les mark au prix de 1 fr. 25, quitte � faire payer la diff�- rence -par le gouvernement allemand au moment de la conclusion de la paix ? Cer- tes, nous ne nous dissimulons pas que cette solution offre des inconv�nients, mais elle a, du moins, le m�rite d'�viter � nos compatriotes de graves dommages qu'ils n'ont certes pas m�rit�s. Nous comptons sur le gouvernement pour prendre � ce propos des mesures �qui- tables et vraiment pratiques. ' ; 33.000 prisonniers en six jours Setts la pression des arm�es alli�es, l'ennemi l�che toute la rive gauche du Piave V Rome, 30 octobre. � On communique � midi le bulletin suivant, du front : TOUT LE LONG DE LA RIVE GAUCHE DU PIAVE, L'ENNEMI FLECHIT SOUS NOTBE PUISSANTE PRESSION. Nous avons atteint les abords sud de Quero ; nous, nous sommes empar�s i� S�gufino, du mont Cesen et du d�fil� de Follina-Vittorio. Nous avons pass� le Piave � San-Dona-di.Piave et � l'est de Zenson. Quatre avions et un .ballon captif ont �t� abattus. DEPUIS LE 24 OCTOBRE. NOUS AVONS CAPTURE 802 OFFICIERS, 32,198 HOMMES DE TROUPE, PLUSIEURS CENTAINES DE CANONS ET UN TRES GRAND NOMBRE DE MITRAILLEUSES, UN IMPORTANT MATERIEL. LES TROUPES AMERICAINES EN ITALIE Londres, 30 .octobre. � On t�l�graphie du front itaUen � YExchange Telegraph que les troupes am�ricaines de l'Ohio, sous le commandement du g�n�ral Streat, ont travers� le Piave en marche contre les Autrichiens. (Information.) Un communiqu� ult�rieur annonce ce qui suit : Notre offensive � pr�c�d�e par l'occupation de Grave di Papadopoli et par dei coups de main sur le plateau d'Asiago � commenc�e dans la nuit du 24, don� la r�gion du Grappa, s'est �tendue, dans la journ�e du 26, au front central du Piave et s'est amplifi�e, hier, vers le' sud. La glorieuse IIIe arm�e est entr�e aussi dans la lutte. De la Breuta � la mer, s'�tend un seul et vaste front sur lequel combattent avec t�nacit� les trois quarts de l'arm�e italienne fraternisant avec le XIV� corps d'ar- m�e britannique, une vaillante division fran�aise et avec le jeune et hardi 332e r�gi^ ment am�ricain d'infanterie. Entre la Brenta et le Piave. les actions d'artillerie d'intensit� et de dur�e excep* tionnelles, l'�lan des n�tres, l'acharnement de la r�sistance ennemie aliment�e pat, des r�serves fra�ches donnent � la lutte, depuis 6 jours, un caract�re sp�cial d'�pret�.- A l'est du Piave, l'ennemi c�de sous la formidable pression des n�tres qui renversent les-tlignes successives sur lesquelles il tente de r�sister avec l'appui de Vartillerie et de nombreuses mitrailleuses. Sur le Grappa, dans la journ�e d'hier, les troupes de l� IVe arm�e ont oblenua�s avantages dans la r�gion du Pertica et du Col del Orso. La XIIe arm�e, op�rant � cheval sur le Piave, a atteint les premi�res maisons au sud de Quero, arrach� Sagu-< sino � Vennemi et conquis le mont Cesen. L� VIII" arm�e a occup� la gorge de Pol-1 Una, a atteint Vittorio et combat au nord de Conegliano. La X* arm�e, apr�s avoir} �tabli de solides t�tes de pont, a d�pass� la route Conegliano-Ordezo. La III* arm�e* apr�s avoir neutralis� le tir tr�s vif de l'artillerie ennemie, a pass� le fleuve d Sant Dona di Piave, � l'est de Zenson. LES CANONS PRIS SE CHIFFRENT PAR PLUSIEURS CENTAINES. IL EST*. IMPOSSIBLE DE CALCULER LE NOMBRE DES MITRAILLEUSES ET LA'� QUANTITE DE MATERIEL TRES ABONDANT TOMBES ENTRE NOS MAINS. Avis important aux commer�ants et industriels des r�gions lib�r�es Le � Comptoir national pour la r.-yrise de l'activit� �conomique en Belgique �, so- ci�t� coop�rative, fonctionnant avec le con- cours et sous l� contr�le de l'Etat belge, se- rait heureux d'entrer de toute urgence en relations avec les industriels et les com- mer�ants des r�gions lib�r�es, en vue de se renseigner sur les besoins de 1 indus- trie et du commerce. Le Comptoir national aura sous peu des d�l�gu�s dans ios r�- gions lib�r�es. Leur arriv�e -sera annonc�e par un nouvel avis publi� par ia presse. En attendant, le Comptoir national sera heureux de recevoir toutes communica- tions � son si�ge social, 15, rue lcuis-le- Grand, � Paris (2�)� L'Auiriche sa rendra-BUs? "Nous ferons la paix s�par�ment, raah nous ne ferons pas la .paix s�par�s ", dit un* note officieuse de Vienne La seconde note du comte Andrassy est un cri de d�tresse adress� aux Alli�s. En- core que les" termes de ce document pr�- tent peut-�tre � interpr�tation f�cheuse, il ne parait pas qu'il y ait utilit� � s'y arr�- ter. La conclusion subsiste : L'Autriche sol- licite l'armistice ; les conditions lui en se- ront notifi�es avant peu. Elle acceptera ou elle refusera. D�s lors l'Entente saura ce qui lui reste � faire. En Allemagne, c'est bien entendu une ex- plosion de col�re contre l'Alli�e d�fail- lante. Et l'impression confine au d�ses- poir. Qu'on en juge par l'article du � Vor- waerfcs � qu'on hra dans notre revue de presse de ce jour. Certains journaux ce- pendant montrent que l'Allemagne va cher- cher � tirer parti de la situation nou- velle, c'est-�-dire, annexer les Autrichiens de langue allemande : La Norddeutsche Allgemeine Zeitung �crit : *�S Une l�che r�signation et des pleurs sur le pass� ne sont maintenant pas a leur place. Que celui qui veut fl�chir se mette lui-m�me � l'�cart et se jette au rebut ; l'Allemagne, elle, a besom de toutes ses forces, de toutes ses ressources ; en avant vers de nouveaux buts / La presse conservatrice est presque sou- lag�e, all�g�e d'un reste du scrupule. La Deutsche Tageszeitung �crit : Nous voil�, d�sormais d�gag�s de toute obli- gation envers la monarchie du Danube. La Kreuzzeitung dit : La crainte' de voir notre vieil alli� nous abandonner s'est maintenant r�alis�e. Nous n'avons plus aucun m�nagement � garder. N�anmoins il n'est pas bien s�r que le gouvernement de Berlin n'ait pas �i� pr�-' venu d'avance de la d�marche autrichien- ne Une note officieuse publi�e � Vienne mardi le laisse entendre comme suit . � Si l'Autriche-Hongrie s'est d�clar�e pr�te, au cas ou l'Entente le demanderait, � enta- mer des pourparlers au sujet de l'armistice et de la "paix, sans attendre le r�sultat des n�gociations engag�es avec d'autres Etats, cela ne signifie pas n�cessairement une offre de .paix s�par�e. Cela veut dire qu'elle accepte d'agir s�par�ment dans l'int�r�t du r�tablis- sement de la paix. Bien entendu l'Entente s'arr�tera peu � ces distinctions* subtiles. Elle va sans doute faire conna�tre ses conditions d armistice. La question donc se ram�ne � savoir si l'Autriche acceptera de mettre bas les ar- mes dans les conditions r�clam�es par les Alli�s. Tout ce qu'on dira d'ici lors est pr�matur�. Et nous ne saurions tarder d'�tre fix�s. PERCY. Nous avons fa fourraa�re Le Havre. 30 octobre. (De notre correspondant particulier) Le ministre de la Guerre, voulant consai crer la valeur collective de nos soldats} vient de cr�er la fourrag�re. Un arr�t�, dans ce sens para�tra prochainement. I � En accordant sa sanction royale �f l'institution de la fourraqcre Votre Mai jest�, dit le ministre de la Guerre dans son{ rapport au Roi, donnera � son arm�e uni t�moignage solennel de la satisfaction dw comvvandant en chef gui Va conduite � lai victoire et � l'immortalit�. � ) La fourrag�re est destin�e � rappeler lei actions d'�clat accomplis au cours de la campagne par, les r�aiments. bataillon*! groupes et unit�s analoaues de l'arm�a belge. ,Elle sera port�e var les offeiers et, hommes de troupe et fera partie de l'unu forme. � \ Il y aura deux sortes de fourrag�res i l'une aux couleurs du ruban de la Croi�i de guerre, Vautre � la couleur du rubani de l'Ordre de Leopold. La premi�re sera attribu�e aux unit�s gui ont deux ouations*, � l'ordre de'l'arm�e; la seconde aux unij t�s dont le drapeau est d�cor� dit l'Ordrel de Leopold ou qui ont quatre citations at� moins � l'ordre de l'arm�e. Chaque inscrip-\ tion sur les drapeaux, �tendards ou bo%J cliers compte pour une citation. AU JOUR LE JOUR -�UM/VIr Un communiqu�... suisse Un avion allemand abattu pr�s de B�la Berne, 28 octobre. . (Qxmmuniqu� de l'�tat-major). � Le 28 octobre 1918, vers 11 h. 30 du matin, un avion allemand a survol� Otterbach et le Gr.enzacherhorn pr�s de B�le. Il a essuy� le feu de nos postes et a atterri peu apr�s aux en/virons du Wankenhof (entre Rie- hen et Bettingen). L'appareil est bris� ; l'aviateur, un sons-officier, n �t� trans- port� gri�vement bless� � l'h�pital bour- geois de Baie. A Sainte-H�l�ne ? � Et qu'en fera-t-on ensuite de ce Guil� laume ? ^ Nombreux sont ceux qui r�pondent : � On l'enverra � Sainte-H�l�ne. Et bien non, je proteste. Sainfce-.H�l�n� c'est l'exil slpendide dans l'Oc�an. L'exila de 1815 y parut plus grand qu'au tour duti Sacre. Ce n'�tait pas assez pour veiller sunj lui de la terreur et de la jalousie du mon-] de, il avait fallu aussi conjurer toutes leg' vagues de l'Oc�an. Vingt ans apr�s Sainte- H�l�ne, c'est le retour des Cendres, c'estf la fun�bre Apoth�ose et le mort dans sa* tombe de marbre rouge, ' sous l� d�me d'or� rayonne et vit. Son esprit s'�vade et subjugue son peuple. Il n'est mort d�fi- nitivement qu'� Sedan. Et utils tout de m�me ceux qui ne voient en Napol�on qu'un fl�au de la terre con- sentiront-ils � l'assimiler � oette carica- ture de N�ron que nous valut Berlin ? La C�sar au front de marbre vit flamber et saigner l'Europe, mais partout, en Rus- sie, en Hollande, en Italie, en Angleterre m�me il parut comme un dieu terrible,, mais un dieu. De pauvres chaumi�res lointaines ont gard� son image jusqu'� nas jours, et des palais aussi m�me chez ses ennemis ! Un de nos amis qui fr�quenta a Kiel un des fils de Guillaume, me racon- tait que co boebeteau vivait entour� de souvenirs napol�oniens. Napol�on marcha sur les* libert�s des peuples, mais d'An- vers � G�nes, du Rhin � l'Illyrie � jponts* routes, monuments, codes � 11 laissa des traces bienfaisantes. Que ne lui doit pas l'Allemagne dont il �crasa tant de mal- faisants f�odaux et o� ses grognards ap- port�rent des id�es de libert�. A Milan, l'arc de marbre du Simplon exalte encore son nom. Croyez-vous que jamais monuments triomphal, �lev� par ceux qui furent un moment les vaincus, perp�tuera le nom de? Guillaume � Louvain, � Ancienne, sJ( Reims ? L'encens d� � m m�jnoia� m �fg$I �M�*

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Cet article est une édition du titre La nation belge: journal quotidien d'union nationale appartenant à la catégorie Katholieke pers, parue à Bruxelles du 1918 au 1956.

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