La nation

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12 août 1914
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s.n. 1914, 12 Août. La nation. Accès à 13 juillet 2020, à https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/fr/pid/2v2c82532z/
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4e ANNEE. N° 28. — Ï.P ISJlimprn « C <>ontimoc Affilié à l'Union d* la presse périodique Belge. Mercredi 12 Aoât 1914 LA NATION « Pour la Culture Française. Journal hebdomadaire paraissant le mercredi. « Pour la Culture Française. ABONNEMENTS : Belgique: 3.50 francs ; France : 5 francs ; Étranger : 7 francs. BUREAUX DU JOURNAL : 106B, Rue de l'Arbre-Bénit, Bruxelles Téléphone B 1848. Les manuscrits non insérés ne seront pas rendus. Il sera rendu compte de tout ouvrage dont deux exemplaires seront envoyés à la rédaction. i -ii" m il -j - ii ni m ma m imii mm nmmim— mm »»■■■<■■ un— . «■■■■ n iiiTiT ANNONCES : On traite à forfait. AVIS A NOS ABONNÉ! & LECTEURS La nécessité dans laquelle nous noi trouvons de ménager nos provisions de papit nous force à ne paraître désormais etjusqu la fin de la guerre que sur deux pages. Non prions nos abonnés et lecteurs de nous e excuser. D'autre part en face du péril, nous von Ions faire trêve à toutes les querelles c races et de langues. Il n'y a plus qu'un seule Belgique, étroitement unie pour l défense de la civilisation contre les harhare, « La ÎN^ation » se bornera donc à publie, pendant la période tragique que nous traver sons des articles se rapportant directement au événements historiques dont notre chère patn va être le témoin. Nous sommes certains, en ce faisant, d l'approbation de tous nos lecteurs. LA CROISADE DU DROIT Nous.étiojis un petit pays, bien calme bien propret; bien sage ; un petit pays sé dentaire, aux habitudes régulières ; ui petit pays de silencieux fumeurs de pipe Au cabaret, le soir, nous sortions de notr mutisme pour discuter quelque questioi politique à l'ordre du jour. Notre patrie tisme ne s'étendait guère au-délà du clo cher de notre village. A peine, depui quelque temps, un patriotisme régions était-il né. Mais nous ne parvenions pa a "nous "hausser a ra Comprenerisîoii di l'entité « Belgique » et nous ne la con cevions que comme un prétexte à <■ Bra bançonnes » sonores, à discours officiel; et à banquets mortellement ennuyeux Nous avions des artistes, des penseurs des savants. L'élite seule les connaissait L'immense majorité de nos concitoyens enveloppée dans l'ouate du bien-être,som nolait, indifférente à tout ce qui n'étai pas de nature à assurer le confort de soi existence. Brusquement l'invasion a changé tou cela. Ce peuple s'est révélé à lui-même avec toutes les ressources latentes d'éner gie, de bravoure, de travail qui firent di lui, à certains moments de l'Histoire, l'm des plus nobles qui furent jamais. L'agression orgueilleuse des Teuton: nous a refait en quelques jours une âin< nouvelle. Et tout-à-coup nous est apparu< la vanité, la petitesse, la mesquinerie dt nos querelles villageoises. Nous avon: fait, en quelques heures, la découverte de notre patriotisme. Le mot « Belgique»: nous est apparu soudain dans la splendeu sonore d'un passé riche de gloire et d'hon neurs. Les antique vertus guerrières d'ur peuple vaillant et fort se sont subitemen réveillées. Les accents de notre hymns national ont fait vibrer en nous des senti ments que nous avions cru oubliés i jamais. La mitraille ennemie avait crevé la cuirasse d'indifférence dont nous étions en veloppés. Nous étions redevenus NOUS, enfin, et bientôt, nous allions retrouvei notre héroïsme d'antan. « Omnium Gallorum populum fortissi-mi sunt Belga- ». La parole de César allait trouver une nouvelle consécration. Cette fois nous n'allions pas combattre les légions romaines et la civilisation. Nous allions au contraire nous dresser, orgueilleux de tout notre passé retrouvé, contre les hordes barbares, adoratrices du dieu FORCE, que depuis près d'un demi-siècle, elles mettent au service des causes les plus exécrables. Nous eûmes d'emblée la conscience très nette du rôle que nous avions à jouer dahs l'effroyable drame que nous allions vivre. Si les victoires remportées par nos armes à Visé et à Liège furent si foudroyantes, ce n'est pas. seulement à la valeur de notre armée, aux connaissances stratégiques de nos chefs^ 'à la bravoure de tous que nous les devons. C'est surtout à l'enthousiasme de nos soldats pour la cause qu'ils défendaient.Notre jeunesse ardente et libre avait senti dès l'abord que sa mission n'était, pas seulement de défendre le sol natal contre un quelconque envahisseur, mais qu'il ne s'agissait de rien moins que d'arrêter les premiers chocs des barbates. Elle eut l'intuition soudaine qu'elle constituait le rempart avancé de Ja civilisation. Et Liège, par sa défense glorieuse, n'a pas seulement servi la cause de la patrie, mais encore et surtout celle de l'humanité tout entière. Sa bravoure fait l'admiration de l'univers , et le gouvernement de la République > Française, en conférant à l'héroïque capitale wallonne la croix des braves, n'a pas seulement voulu lui donner une preuve de sa gratitude personnelle, mais a surtout s voulu montrer au monde que la France, T gardienne de la civilisation et conductri-à ce des peuples libres, tenait à proclamer très haut que Liège avait bien mérité de s l'Humanité! n Qu'on ne s'y trompe pas : l'admirable défense de Liège es; plus qu'un beau fait d'arme». Elle aura des conséquences 'e plus considérables qu'un simple triomphe militaire. Elle a modifié de fond en comble notre mentalité. Quoi qu'il arrive,nous a allons voir plus grand, plus haut, plus '<■ loin. En écrasant un corps d'armée alle-r mand, nos soldats ont du même coup tué chez nous, l'esprit de clocher et l'indiffé-rence intellectuelle de nos concitoyens. C'est une nouvelle Belgique qui se lève, e une Belgique qui est lasse de jouer en Europe le rôle de Cendrillon, une Belgi-e que qui veut se faire respecter et surtout une Belgique qui veut se respecter. La Grande Belgique est née. ■ * Elle marche au combat aux côtés des | Latins, des Slaves et des Anglo-Saxons ; aux côtés de la libérale Angleterre, de la Russie qui, depuis quelques années, s'est elle aussi, refait un sang nouveau; et surtout aux côtés de la France, de cette France immortelle et féconde, cerveau du monde et cœur de la civilisation. La coalition russo-franco-anglo-bclge contre les deux Empires d'un autre-âge , qui, depuis un demi-siècle, entretiennent : le malaise en Europe et sont toujours 1 prêts à tirer l'épée et à faire parler la poudre pour les causes les moins défen-; dables, apparaît donc comme une nou-î velle croisade, une croisade pour le Droit, la Justice et la Liberté. ... Quelle joie ce sera pour nous, à 3 l'heure de la victoire, de cette victoire 1 dont nous n'avons pas le droit de douter, ' de nous dire que c'est à nous que revient l'impérissable honneur d'avoir repousse le premier choc des barbares, déjoué leur plan de guerre, rendu possible par là leur anéantissement et contribué par notre sang au triomphe des Idées sur la Force brutale et bête. Au soir de la bataille de Valmy, qui ne précéda que de quelques jours l'immor-( telle victoire de Jemappes. comme les Prussiens demandaient à Goëthe, à ce 1 Goëthe qui leur est devenu aujourd'hui totalement étranger, de dissiper avec sa ' verve accoutumée les noirs pressenti-■ ments qu'ils ressentaient, l'on dit que le poète d'une voix lente et grave laissa ; tomber ces mots : « En ce lieu et dans ce 1 jour, commence une nouvelle époque pour l'histoire du monde. » Demain, peut-être, en saluant la victoire des alliés, nous pourrons reprendre le mot de Goëthe. L'œuvre de la première République française se poursuit. Cette fois, nous combattons dans les rangs des armées de la Liberté et, dans les siècles à yenir, nos petits-fils, redressant le front à l'évocation des faits d'armes des héroïques défenseurs de Liège, pourront dire fièrement : « Nous aussi, nous y étions 1 » ARAMON. Lettre de Paris (') Paris, le 2 août. L'heure formidable semble avoir sonné! Le vieil empereur autrichien a voulu descendre dans la tombe, escorté par des milliers de fantômes. Son allié, Guillaume le Petit, n'a pas su, n'a pas voulu, faire le geste pacificateur que le monde civilisé attendait de lui. On nous a conviés au combat! Présents, tous présents! Et maintenant rien ne nous coûtera, rien, rien, rien! Les vies humaines seront fauchées comme des moissons; des flots .de larmes éclairciront des vagues de sang; l'or s'engloutira. Qu'importe! La Gaule, la vieille porteuse de flambeau, ne faiblira pas à sa mission, ne reculera pas — elle vaincra ou mourra. Elle va aux champs de bataille plus encore pour les autres que pour elle; elle y va au nom du droit des peuples faibles méconnu et foulé au pieds; elle y va au nom de la civilisation et du progrès. La Justice immanente — ce vocable moderne de Dieu — n'est pas du côté des vandales; elle est avec ceux qui ne menacent pas vainement, avec ceux qui ne se lancent pas, de leur propre aveu, ce (1) Avant de partir pour la frontière, notre excellent correspondant de Paris nous adresse cette lettre vibrante de patriotisme. Nous aussi nous croyons fermement à la victoire de notre cause. Et c'est le cœur frémissant d'espérance que nous adressons à notre éminent ami nos souhaits les plus ardents de succès. ' 1«K|IUUUC □ IOfO, que font nos ennemis, dans une»infâmi aventure de spoliation et de lucre; elli est avec ceux enfin qui depuis bientô un demi-siècle, ont tout accepté, tou souffert pour la paix du monde. On avait compté sur nos défaillances Regardez, regardez-nous donc ! Les dis sentiments politiques ne sont plus. L; France n'a plus qu'une seule âme ! Lasies, le député nationaliste et Gus tave Hervé, l'irréductible champion dt syndicalisme, ont, malgré leurs cheveu: grisonnants, demandé à partir aux pre miers rangs. Ils reviendront ensemble, couverts de: mêmes lauriers, victorieux ! Victorieux ! Et après la victoire, il y aura de: faibles qui ne souffriront plus, des oppri més qui se redresseront et des million: de voix pour acclamer la France qu saura dans le triomphe, rester souverai nement juste et souverainement magna nime. Demain, comme mes frères, je pars à 1, frontière! Combien d'entre nous n'ei reviendront pas. Mais qu'importe le: hommes qui tombent, si le pays resti debout. Bons ainis Belges, je serre vos main: loyales et je vous salue. Ch. MAGUÉ. EST-CE VRAI ? Décidément l'on avait déjà trop parlé de paix La guerre devait éclater et € comme nous somme en progrès, cette guerre devait être européenne : dira peut-être un philosophe railleur. Pourtant si l'on veut bien y songer, n'est-ce pa: un grand progrès que cette solidarité, cet altruisnn de nations généreuses et cela non seulement de h France, qui fut toujours un peu le paladin d l'Europe, toujours prête à défendre les opprimés mais encore de l'Angleterre, qui s'émeut et de 1; Russie qui veu't ajyir.^ -W—— Cette guerre formidable n'esTcepoïnti^^! vers l'entente idéale des nations, prêtes à faire 1; police, à protéger le bon droit. N'est-ce pas 1« réalisation du système philosophique, que Hobbe: expose dans son « Léviathan ». D'un bout à l'autre de l'Europe, les nerfs son crispés ; les yeux sont rouges. Des hommes pieu rent des malheurs causés par des hommes et, di jour au lendemain, nous voilà obligés de vivn cent ans en arrière. Que notre mentalité change soudain, devien plus historique, si je puis dire ainsî, plus simple et meilleure, plus impulsive et plus noble ! Nous sommes en plein dans le « passé vivant » et l'intrépidité et la franchise redeviennent les plu* belles qualités de l'homme. Ah ! que nous aimons tous ces lieux de notre vie, nos villes et nos gens. Sainte-Gudule devien la cathédrale et quand nous passons Grand'Plact nous nous disons : « Bon Dieu, pourvu que des obus ne viennen pas nous endommager tout cela. » Et soudain la véritable égalité, celle que noui dicte le cœur, nous a réunis tous. Bien de mauvais petits snobs se sont montrés meilleurs garçons que l'on ne pensait. Ils on secoué leur veulerie, leur air dégoûté, et la dou leur, la détermination ont anobli leurs traits. Advienne que pourra et ne devons-nous pas attendre l'incroyable. Les nouvelles circulent d'ailleurs alarmantes, grossies, démenties, mais réelles soudain. « Eh bien! quelle fausse nouvelle? disait tantôl en m'abordant un de mes amis ». Mais quand il apprit la certitude de l'invasion, il cessa de sourire. Pourtant, à côté de ces Infortunes réelles, que de vicissitudes imaginaires. L'autre soir, ainsi, n'est-on pas venu sonner à toutes les portes et nous dire : Ne buvez pas l'eau, elle est empoisonnée ; c'est la Croix-Rouge (sic) qui le fait dire. Ceux qui étaient sortis ont trouvé l'avertissement funèbre, écrit à la craie sur leurs volets. Ce qu'ils ont dû faire une grimace! M. le bourgmestre Frick même pour rassurer la foule a dû boire deux grands verres d'eau coram populo. On nous dit qu'il se porte bien. Il y a de petits et de grands héroïsmes. Toutes ces frayeurs pourtant finissent par harasser les plus patient et la colère contre l'Allemagne s'en va croissant, naturellement. Ei les innocents souffrent pour les coupables. Surveillés, maudits, se croyant traqués, j'ai vu ainsi deux pauvres hallucinés d'Allemands, qui avaient voulu s'asphyxier et que l'on vient de nous porter à l'hôpital. On a pu les faire revenir à eux. Alors ils ont sangloté, ils ont tout raconté, leur angoisse, leur tentative de mort, leurs craintes. Personne plus qu'eux ne déplorait ia « folie germanique ». Et les Belges ont souri légèrement.Jamais ils ne feraient du mal à des innocents n'est-ce pas et leur cause si belle n'inspire-t-elle pas des procédés magnanimes ? Car, il est bien certain que le malheur n'a pas de nationalité. Bientôt aussi les Français seront-ià. Et nous qui les aimons tant, ne devons-nous pas montrer que nous avons acquis un peu de cette culture française et su meltre en œuvre ses immortels principes.Car les Belges, Flamands et Wallons, aiment ucua. sérum enuuycs u " i (Ti î la France profondément. Un petit incident obsen » dernièrement encore à la gare du Nord est intére: t sant à ce propos. Un homme à la figure fraîche et grosse éta occupé à observer l'arrivée des trains. « Allez-donc voir qui est ce monsieur, suggère-on à l'inspecteur de police. Celui-ci s'avance. [ Vos papiers ? L'homme se trouble et ne pei répondre. Enfin il comprend, ce qu'on lui veu Epouvanté, il s'explique : « Je ne parle hélas qu le flamand. Que je voudrais connaître le frança également, nous dit-il, Moi au service de l'All< magne ? Que croyez-vous. Mais, ik ben franct phile, francophile, francophile. * Et la fou d'approuver et d'applaudir. 5 Ah ! cet enthousiasme, cette communion d'idé< et de sentiments que cela donne du courage et c la joie presque. i Mais que cela change bientôt quand on renti alors dans les hôpitaux et que l'on voit tous ci 5 lits qui attendent... i Aux Balkans aussi, il y avait la guerre et d< blessés. Mais cette fois-ci que les souffrances soi plus nôtres et combien cette insensibilité relativi qu'on demande aux médecins, sera difficile, bie j Ah ! que la réalité est mauvaise. Que l'on voi , drait pouvoir s'endormir et rêver doucement , partir au pays d'Utopie. Faire un beau rêve, où l'on verrait un gén merveilleux de douceur et de clémence (peut-êti quand même se présentera-t-il sous la forme d président Wilson) se dresser entre les deux arinéi et leur dire : « Halte, vous avez assez versé c sang. N'en versez pas d'avantage. Retournez. » Mais il faut s'éveiller. Ce n'est pas le inomei de dormir et de rêver. Luttons ! Luttons ! Si tout se passe bien, si le bon droit l'empori et un jour il doit l'emporter, la Belgique sera un nation, nous sentirons en commun ; nos poète pourront vivre chez nous, nous n'aurons pas-set ' lement des savants, mais des écoles scientifiquei pas des lettrés seulement, mais une véritabl société, et l'étranger dira : « Allons donc voir 1; ' bas ce pays de savoir, de justice et d'énergie. » O. M. i è^FkM Bilan En ces heures tragiques d'angoissant ; incertitude, la Belgique toute entière unie dans une douleur et une indignatioi communes vit des fastes mémorables Elle les vit avec un mâle courage et uni dignité farouche qui lui valent d'inappré ciables sympathies étrangères en France en Angleterre, en Russie, et partout 01 se trouve un champion de la civilisatio: et de la liberté. Son attitude crâne et sur tout la concorde instantanée, qui fi taire tout les dissentiments passés, lu méritent réellement pour la première foi peut-être depuis la libération de 1831 les noms de peuple et de nation. Pour 1, première fois aussi en face des sentiment intenses de patriotisme vibrant qui ani mèrent, vivifièrent, et élevèrent tous le cœurs jusqu'aux cimes supérieures d l'enthousiasme et du sacrifice on s'inclin devant l'âme belge. Eu présence de l'enne mi barbare nous avons lous arborés 110 trois, couleurs et nous nous sommes grou pés autour de notre courageux souveraii Albert pour ne plus former qu'un seu bercoin soumis à un unique pasteu révéré et écouté. En ces moments d'effervescence patrio tique, le peuple belge fout entier a ét surprenant. Militaires et civils furen admirables au ntêine degré. Disons plu: les Belges lurent épatants. Leur conduit parfaite frappa les ennemis de terreur e remplit le monde entier d'allégresse para qu'elle ajoutait à son patrimoine d'hon neur en inscrivant le nom de l'héroïqut commandant Marchant et bien d'autre: noms plus obscurs et tout aussi glorieu) au martyrologe qui contient les premice: les victimes sacrifiées à la bonne cause Depuis, nos soldats qui quittèrent foye et famille, le cœur bien gros sans doute mais le visage stoïque pour aller vainert ou mourir sans forfanterie jusqu'au plu: jeunes d'entre-nous, les boy-scouts qu se multiplièrent avec zèle et discipline tous firent sérieusement tout leur devoir Tous restent dignes de leurs pères Dans l'histoire moderne, ils viennen + --d'acquérir une renommée de valeur ai moins égale à la réputation légendairi d'intrépidité qui depuis Jules César fit ui renom si terrible à nos indomptable: aïeux. Le parti socialiste, notamment, et apportant au gouvernement avec uni spontanéité si franche l'appui de sor concours absolu a bien mérité de 1; patrie. Ce beau geste, fait au momen opportun au dire même de ses plus irré ductibles adversaires a gagné plus de par tisans à sa cause que ne lui en auraien valus des années de polémique. Par ci réveil grandiose et émouvant de leu patriotisme les Belges ont donné une foi: de plus l'exemple à l'Europe et forcée sor respect. Jadis nos voisins, mêmes amis disaient les « Petits-Belges » lorsqu'il: parlaient de nous, aujourd'hui on citf déjà dans l'Univers entier la vaillanc( « des Belges ». Et demain après le: ta jcaacuun. é prouesses dont les exploits de 'nos ■- soldats furent le prélude plein de promesse. L'Histoire gardera le souvenir " des « Grands Belges » comme elle a perpétué la mémoire du « Grand Condé ». I Parce que notre loyalisme, toujours si chaleureux lorsqu'il s'agit de l'indépen- I' dance et de l'intégrité de notre sol, a su se hausser jusqu'à l'héroïsme voulu par un e déshonorant et lâche attentat, nous avons |S gagné des lettres de créances qui nous feront les bienvenus partout où nous irons. Dorénavant, lorsque nous décline-e rons notre qualité de Belge on s'écriera comme jadis pour les grognards de la :s grande armée « saluons, c'est un brave ». e Et puisque La Victoire suit les audacieux, il n'est pas douteux qu'elle ne récompense e finalement la lutte surhumaine et sublime :s d'une poignée d'hommes, s'arc-boutant dans un pénible effort de tâcherons écras-:s sés par la grande œuvre trop lourde II comme le sont les travailleurs immorta-'' lisés. par Constantin Meunier, et prêts à n tout pour résister à un formidable et inique envahissement. I- jt Georges de MAURAGES. e u Où en sommes-nom ? e Guerre germano-belge L'investissement de Liège par les trou-,t pes allemandes est un fait accompli. Mais les forts tiennent bon. e D'autre part, la liaison des troupes e françaises et belges s'est opérée et une s grande partie du Luxembourg belge est i- expurgée des Allemands. Les troupes anglaises ont débarqué, e 11 semble qu'une grande bataille soit i. imminente. * Guerre franco-anglo-allemande Les troupes françaises se maintiennent - à Cernay.AltkirchetMulhouse.Ellesoccu-pent le passage-frontière sur la route Saint-Dié-ColmaretSaint-Dié-Schlestadt. 1 Des escarmouches sont engagées sur plusieurs points de la frontière. La garnison française de Grand-Popo 2 a pris possession, avec l'aide d'un navire , de guerre anglais, de la colonie alle-1 mande du Togo. \ » * Guerre austro-germano-russe La mobilisation russe avance rapide-ment. Des escarmouches ont eu lieu tant , à la frontière allemande qu'à la frontière austro-hongroise. Les troupes russes t auraient pénétré en Autriche par la vallée j dn Styr. ) Guerre austro-serbe i L'armée autrichienne est arrêtée en Serbie. Les troupes serbes ont envahi la Bosnie. La flotte austro-hongroise a bombardé le port monténégrin d'Antivari. La rupture entre Vienne et Paris est consommée.Les drapeaux Scncie, en soie, en laine, 1 nationaux, officiels wallons et pour touies ' sociétés. Projets sans engagements. Rue de Savoie, 4, Bruxelles. : t L'Heure de la Revanche > ; Comme une traînée de poudre, la nou-f velle se répandit dans Bruxelles samedi : soir que les troupes françaises, après avoir pris d'assaut la ville alsacienne ' d'Altkirch, au cours d'un combat dans • lequel l'armée allemande perdit 30,000 ; hommes,étaient entrées victorieuses à M ul-> house, au milieu d'un enthousiasme délirant, au son des cloches qui sonnaient à toute volée. Lorsque les journaux du soir vinrent confirmer cette victoire des armées de la : République, des acclamations sans fin retentirent sur nos boulevards. Aux ter-: rasses des cafés, des gens se serraient les mains avec effusion ; d'autres dansaient de joie. Tous avaient l'intuition t très nette que la Revanche du Droit sur i la Force était proche et que la prise de Mulhouse sonnait l'heure de la libération alsacienne. Ah 1 certes ! la France a fait preuve d'une longanimité sans pareille. Elle n'a rien fait pour hâter l'heure de cette Revan-1 che. Depuis quarante-quatre ans, les 1 malheureux annexés ont eu à supporter l les humiliations les plus douloureuses, les vexations les plus odieuses : les inci- 1 dents de Saverne et l'arrestation de l Hansi en sont les manifestations les plus ; récentes. La France a souffert en silence de cette plaie cuisante. Dans son désir de maintenir la paix du monde, elle a supporté tout cela avec un courage et une patience qui i font l'admiration de l'Uni vers. Mais aujour-: d'hui que l'Empire de proie l'accule à la : guerre, vaillamment, très vaillamment, elle marche à la conquête de l'Alsace. Et je songe, le cœur frémissant d'espérance, aux vieux de là-bas, à ceux qui furent jadis Français, qui quand même, attendaient l'heure présente. Je songe au bonheur immense qu'ils ont dû éprouver en entendant dans les vallons de leur Alsace sonner joyeusement les légers clairons de France! r -1111— r imir-mn—tir- -n rninmrii-i»a-iTrnri r 1870-1914 Les Premières Hostilités Il est intéressant, à l'heure où les troupes françaises, grâce à une vigoureuse offensive, ont pénétré en Alsace et sont entrées à Altkirch et à Mulhouse, de rappeler dans quelles conditions furent engagées les hostilités lors de la guerre de 1870. Le 1er août, au moment où la mobilisation était achevée en Allemagne et où les troupes allemandes se présentaient en masses imposantes à la frontière, la France avait à peine cinq corps en état d'aller au feu. Force lui fut donc de se tenir sur la défensive et d'attendre que sa mobilisation'fut achevée. Le 2 août le général Frossard, commandant le 2me corps, marcha sur Sarre-bruck, à une lieue de la frontière française. La ville était défendue par un régiment d'infanterie et trois escadrons de uhlans. Un combat s'engagea qui ne dura guère plus de deux heures et au cours duquel les Français et les Allemands perdirent un nombre sensiblement égal d'hommes (75 à peu près) et la ville fut occupée paf l'armée française. Le 4 août le premier corps d'armée français engagea avec l'armée allemande, à Wissembourg, un combat très violent qui, malgré l'héroïsme du 1er tirailleurs, se termina par l'occupation de la ville par les troupes ennemies. Alors commença la série de défaites françaises qui allait livrer l'Alsace à la Prusse. Donc, des l'abord et a part l'insignifiant succès de Sarrebruck, le succès se détourna des armes françaises. Aujourd'hui dès le premier choc, les Français occupent Altkirch et Mulhouse; l'ennemi s'est replié en désordre sur Neu Brisach. Il a perdu 30.000 hommes à la bataille d'Altkirch et les troupes françaises voient s'ouvrir devant elles la route de Strasbourg. Pendant ce temps, Liège brise l'élan des troupes allemandes destinées à envahir la France par le Nord. La valeureuse armée française a, cette fois, le vent en poupe. I&j Ne coupez jamais vos cor9 aux I pic^s-jCciU de perdrix ou duril- | L'ANTICORS DE SMETI1 j (lac. avec pinceau fr' 0.G0 \ ;||g3||^^pharroacie L-J. DE SMETK j . r et toutes pharmacie* i Expédié partout contre fr.0.65 H Un Livre à Relire NEUTRALITÉ BELGE et INVASION ALLEMANDE Je relisais il y a quelques jours l'ouvrage de M. Maxime Lecomte intitulé : « Neutralité belge et invasion allemande ». Il y a de très utiles enseignements à tirer de cette œuvre parue récemment.C'est ainsi que le regretté et éminent historien militaire étayait par les arguments suivants sa thèse que les Allemands passeraient par la Belgique : 1° Force réelle de la frontière française de l'Est. 2° Faiblesse apparente de la frontière du Nord. 3° Tentation d'empêcher l'intervention anglaise. 4° Attirance de l'objectif géographique. 5° Exploitation de la supériorité numérique. 6° Avantage pour la manœuvre. 7" Facilité des transports et des ravitaillements. 8° Puissance de la base formée par le Rhin. 9° Caractère des préparatifs faits en Alsace-Lorraine. Passant ensuite à l'examen de la question de savoir de quelle façon l'invasion allemande se produirait, M. Maxime Lecomte déclarait que pour réussir, le passage par la Belgique devait être imprévu, foudroyant. Et il examinait longuement, en s'appuyant sur l'opinion des plus réputés écrivains militaires, tant Allemands que Belges et Français, les causes pour lesquelles il fallait que l'action fut aussi rapide et foudroyante pour réussir. L'héroïque résistance de Liège a déjoué toutes les prévisions. L'élan des troupes allemandes a été dès l'abord brisé. Il parait donc bien que tout le plan stratégique des Allemands a été renversé comme un simple château de cartes.

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Cet article est une édition du titre La nation appartenant à la catégorie Katholieke pers, parue à Bruxelles du 1914 au indéterminé.

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