L'indépendance belge

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s.n. 1916, 29 Septembre. L'indépendance belge. Accès à 14 juillet 2024, à https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/fr/pid/7h1dj59g3s/
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S'ème année.. No 931 L'INDÉPENDANCE ROYAUME-UNI: ONE PENNY BELGE. CONTINENT: 15 CENTIMES (HOLLANDE : 6 CENTS) I ADMINISTRATION ET REDACÎION : 1UDOR H( USE. TUDOR ST., LONDON. E.C. TELEPHONE : CITY 3960. 11. PLACE^DE^ iS^BcfuRSE. VENDREDI 29 SEPTEMBRE 1916. TEL EpH-: | 238-75. Gt En vente à Londres à 3 h. le jeudi 28 sept. (J MCLS. 9 SHILLINGS. 1 ABONNEMENTS A 6 MOIS. 17 SHILLINGS. \ CONSERVATION PAR LE PROGRÈS. 11 AN. 32 SHILLINGS. ) LA SITUATION. », M Jeudi, midi. '« H Chaque communiqué apporte des dé--j H 'tails complémentaires sur la victoire des I armées alliées sur la Somme, et signale ■ des progrès nouveaux de nos glorieux sol- ■ dats. Du côté britannique, l'avance-s'é-I 'tend dans la direction d'Eaucourt-l'Ab-I baye (au nord de Fiers), où des tranchées I ennemies ont été capturées sur une lon-I gueur de deux kilomètres, ainsi qu'au I nord-est de Thiepval, où une importante I redoute allemande, établie sur la crête I principale, à deux kilomètres du village, 1 a été enlevée d'assaut. Du côté français de nouveaux progrès * H ont été faits à l'est de Vermandovillers, ■ H à l'est et au sud-est de Rancourt, et du r H côté du Bois Saint-Pierre Vaast, dont £ H nos alliés ont pris possession en partie. H Le général Sir D. Haig ne parle pas r- de contre-attaques allemandes, mais le ïj communiqué français en mentionne une, très violente, contre les positions récem-I ment acquises, entre Bouchavesnes et la I ferme de Bois l'Abbé. i De ce côté, l'objectif français est la B position du Mont Saint-Quentin, trop ■ forte également pour être abordée de ■ H front et qu'il s'agit de prendre par dé- ■ bordement. Le total des prisonniers faits par les it H troupes britanniques seules est près de '■ H 4,000, et il en arrive encore tous les jours ,. H \b.t paquets. « ■ Depuis le début de l'offensive des P 1- ■ liés, soit depuis bientôt quatre-vingt-d'x ■ jours, les vaillantes armées franco-bri-I tanniques, fraternellement unies sur le H champ de bataille, ont fait 65,000 prison-] H uiers, ce qui représente une moyenne I journalière de plus de 700 hommes ! I Mesurées au chiffre des prisonniers, les V porte de l'ennemi en tués et blessés doi-I vent être énormes, si l'on considère que I 61 divisions ennemies ont, depuis le 1er H juillet, passé par " l'enfer de la H Somme," chacune y laissant approxima-I tivement la valeur d'un régiment. Six s H divisions y sont venues deux fois, et il I n'est pas exagéré, dans ces conditions, t ■ d'évaluer à un quart de million le total I des pertes allemandes en Picardie de- ■ puis trois mois. I Depuis le début de l'offensive, qui a H continué sans arrêt, 45 villages français I et 300 kilomètres carrés de territoire ■ français ont été repris à l'envahisseur,qui I a perdu en owtre des centaines de canons, ■ un millier de mitrailleuses et une grande I quantité de matériel dont il serait trop ■ long faire l'énumération. ■ La double victoire de Combles et de I Thiepval est venue couronner l'effort pa- I tient de trois mois de labeur et d'hé-a ■' roïsme. Les positions que le prince Rup-° I precht de Bavière a eu l'iniprudenoe, il , H y a quelques jours à peine, de déclarer I "imprenables," sont tombées sous la . I poussée irrésistible des armées franoo-bri- ■ tanniques et nous sommes curieux d'ap-I prendre comment le Reichstag, qui se I réunit aujourd'hui, accueillera la nou-I velle, qui n'est pas faite non plus pour I encourager les souscripteurs au cin-I quième emprunt allemand. Le communiqué de Berlin, tout en I avouant la perte du " recoin de Thiep- ■ val," à soin de ne pas mentionner Com-I bles, et se borne à citer les noms des vil-I lages environnants, dans le but évident H de cacher l'occupation par nos troupes ■ de cette forteresse, Mais si les Allemands sont tenus dans le noir quant à la signification profonde du succès des Alliés, les neutres ne sont pas dupes de oe procédé. Aux Etats-Unis, on considère que la victoire franco-britannique mettra fin, une fois pour toutes, à la propagande pacifiste germanophile et, s'il faut en croire le correspondant du "Times," on oom-menoe à se demander dans certains milieux si les Allemands ne vont pas être obligés de procéder avant peu "à un réajustement de leurs lignes" sur le front occidental ! Nous n'aurons garde de suivre nos confrères américains dans le domaine de la spéculation, sévèrement contrôlé d'ailleurs par la censure, et nous nous rangeons volontiers du côté de la presse hollandaise, toujours très pondérée, qui constate que la prise de Combles et de Thiepval est un coup sérieux porté au prestige militaire allemand. Les succès des Alliés sur le front occidental ne manqueront pas d'avoir leur répercussion sur les autres neutres, et les dernières nouvelles qui parviennent d'Athènes 3ont significatives à ce sujet. Une dépêche Reuter annonce que le conseil des ministres, après une entrevue avec le roi Coa^tantin, aurait décidé en principe d'intervenir aux côtés des Puissances de l'Entente, mais oette information n'est pas confirmée officiellement. Il en est de même des nouvelles annonçant que trois cuirassés et quatre contre-torpilleurs grecs se seraient placés spontanément sous le commandement de l'amiral Fournier, commandant en chef de l'escadre française de l'Egée. Si la nouvelle se confirme, il faut évidemment y voir le résultat de l'effet produit dans les milieux navals par le passage de l'amiral Condouriotis aux nationalistes, qui désapprouvent, avec M. Vénizélos, la politique personnelle et anti-hellénique du Roi, dont le "No-voie Vremiaf dit qu'il est considéré par la presse allemande comme " le plus fidèle ami de l'Allemagne." Entreterrps, M. Yénizélos et l'amiral sont arrivés en Crète, où ils ont été l'objet d'une réception enthousiaste. On dit qu'un "Comité de Défense nationale " va être constitué et que l'amiral Condouriotis en sera nommé président, tandis que M. Vénizélos en dirigerait la politique tout en s'occupant du mouvement nationaliste dans les Iles et en Macédoine. Bref, la pression des événements devient telle qu'il faut s'attendre à des développements rapid«s. Les bruits les plus fantaisistes courent au sujet de l'attitude du roi Tino-, et la " Nouvelle Presse Libre,' de Vienne, a signalé hier, dit une dépêche des " Central News," le bruit du départ du roi Constantin et de sa famille pour Constantinople, sans cependant abdiquer ses droits au trône ! Nous ne nous faisons l'écho de cette rumeur qu'à titre d'information, mais nous pensons que si le Roi avait l'intention de quitter la Grèce, il irait plutôt rejoindre le corps d'armée grec "en villégiature" à Gœrlitz, plutôt que d'aller s'isoler sur les rives du Bosphore. Mais ne devançons pas les événements et attendons. L'action victorieuse des Alliés sur tous les champs de bataille se chargera de mettre toutes choses au point. L'ETAT ET LA BATELLERIE. La situation demain. Le redressement matériel de la Belgique sera chose ardue. C'est là un fait 'uquel il faut se préparer par l'étude de feus les facteurs de nature à ^nfluer sur 'a relèvement du pays. La Belgique aura à reconstituer complètement son outillage de production. Les machines de ses ateliers ont été déduites ou envoyées en Allemagne. Par-01 i ses usines qui n'on£ pas fermé leurs P°rtes, beaucoup travaillent pour et sous 'a direction de l'occupant. Il est à pré-v°ir que l'ennemi aura tout loisir de briser les installations qu'il ne pourra er<iporter pendant que ses armées opéreront leur retraite. La peur des indemnités à payer ne les effrayera pas, car Jes Allemands feront oe calcul odieux— ■J'ais très Boche—qu'ils auront le temps " monder et de garder les marchés a^ant de rencontrer la concurrence des "jdemnisés occupés à rebâtir leurs étalements, à les réoutiller et à rem placer les marchandises qui leur lurent , volées. A la cessation des hostilités, la situation des industriels belges sera donc des plus pénibles; il faudra toute l'intelligence des chefs d'exploitation, toutes les qualités professionnelles de leur personnel pour replacer le pays au rang que patrons et ouvriers lui avaient conquis dans la classification mondiale. Néanmoins, malgré toutes les difficultés à surmonter, ce prodige s'accomplira à condition que l'Etat aide les efforts particuliers. En signant les résolutions de la Conférence Economique de Paris, le gou- , vernement belge a adhéré aux principes ! de direction et d'intervention gouverne- ( mentales qui sont la base de oet accord. D'ailleurs, notre gouvernement est déjà entré résolument dans cette voie le jour où il a placé cent millions dans le • Lloyd Royal Belge; il créa alors un précédent qui justifiera dans ^a suite des requêtes d'interventions similaires et relatives à l'intérêt public. • , S'il est indiscutable que l'existence < d'une marine marchande nationale constitue, pour tout pays industriel, un élément primordial, il n'est pas moins indiscutable que la possession de puissants moyens de transports intérieurs est aussi essentielle. Nous sommes piersuadés que le réseau ferré sera mis aussi rapidement que faire se pourra en bon état d'exploitation par le pouvoir central bénéficiaire de oe monopole. Reste le réseau fluvial, domaine public, dont nous nous proposons d'entretenir nos lecteurs. Pour activer nos échanges internationaux, activité dont dépend la prospérité de la batellerie, il est nécessaire d'ouvrir de bonnes routes d'eau entre nos ports, nos centres industriels et les nations voisines; c'est pourquoi il faudra qu'une artère hydraulique soit creusée vers le Rhin internationalisé, ou bien devenu frontière franoo-allemande, et que les liaisons fluviales franco-belges soient améliorées. Songeons de même à augmenter nos relations commerciales avec l'Angleterre. Les désidérata de la batellerie. Ce dernier problème est double. En effet, pour que les relations soient facilitées et amplifiées, il est désirable que les transports maritimes soient prolongés par des services réguliers de navigation intérieure. Une combinaison qui parviendrait, d'-une part, à drainer vers quelques ports britanniques les marchandises à destination de la Belgique confiées aux chemins de fer anglais, pour les diriger vers les .ports belges d'où elles seraient distribuées par bateaux dans tout le pays accessible à la navigation intérieure, et qui, d'autre part-, relierait par steamers le système fluvial belge au réseau ferroviaire anglais, cette combinaison contribuerait efficacement au développement des courants d'affaires existante er tre les deux pays intéressés. Les entreprises batelières qui participeraient à une organisation dé l'espèce, fonctionnant pour ainsi dire en service public, auraient droit aux enoouragements et à l'intervention financière de l'Etat. Le gouvernement belge s'est déjà rendu acquéreur d'un nombre relativement important de bateaux destinés à coopérer à l'alimentation accélérée des populations proportionnellement à la délivrance de nos provinces. Cependant, il est à espérer que l'Etat ne projette pas de remplir définitivement le rôle de batelier. Il n'y a aucun mal à ce qu'il assume momentanément le soin de ravitailler l'industrie. Mais une concurrence persistante de l'Etat serait dommageable à la batellerie. La fin d'une compétition rationnelle entre le rail et l'eau serait également nuisible à l'industrie. Ce sont là des vérités proclamées, à maintes reprises, par nos associations industrielles, commerciales et professionnelles. Quel que soit le nombre des bateaux acquis par l'Etat, ceux-ci seront insuffisants pour répondre aux demandes des usines à ravitailler et du commerce à approvisionner. Plus que jamais le concours de la batellerie sera donc indispensable. Malheureusement, la plupart des bateaux d'intérieur sont perdus ou hors d'usage par manque d'entretlten. „ Primes proportionnelles. Les bateliers auront droit, il est vrai, à des indemnités de remplacement ou de restauration, mais il serait déplorable d'attendre que ces indemnités aient pu être fixées pour venir en aide à nos bateliers, l'intérêt public en pâtirait. ïl serait de beaucoup préférable que des avances, ou des primes proportionnelles, soient immédiatement versées par l'Etat, mettant nos mariniers à même de contribuer, le moment venu, à la rénovation économique du pays. Les sommes versées en vue de réparations ou d'achats seraient consenties d'après des conditions à déterminer, et à l'exclusion de bout privilège. Une fois que l'appui financier de l'Etat en faveur des bateliers serait admis en principe, oe concours devrait s'étendre à toute initiative individuelle, ainsi qu'à toute entreprise collective. L'intervention devra être assez rapide pour qu'elle produise ses effets dès le début de l'ère transitoire qui commencera à la fin de la guerre, période pendant laquelle nos chemins de fer fatigués, équipés par un matériel considérablement réduit, et ayant encore à satisfaire à des transports militaires encombrants, seront, plus qu'en temps normal, insuffisants au trafic des voyageurs et des marchandises ordinaires. L. TEUGELS-DE VOS. P.S.—Les propriétaires belges de bateaux d'intérieur sont invités à envoyer leurs nom et adresse à M. L. Teugels-De Vos, c.o. M. W. C. L. Lamot, Fins-bury Court, Finsbury Pavement, Lon-don, E.C. Us recevront une communication qui les intéresse. APRÈS LA BATAILLE . . . (De notre envoyé spécial.) Le glas funèbre. Curlu, septembre 1916. La brume froide enveloppe le champ de bataille dans un linceul gris. Un -silence poignant règne sur la terre abandonnée. .Jadis les cloches des village; annonçaient la journée du repos, jour dt recueillement et de saine vie familiale tout ensemble; maintenant, les église* sont éventrés, réduites à un tas de pier res informe et les cloches d'airain se sont tues. Mais tout au loin la voh sourde du canon sonne le glas funèbre-- Par la route, des soldats français, k fusil sur le dos, se rendent aux tranchées. De temps en temps des chariots militaires passent, puis des cornes d'autos mugissent des avertissements. Cer tes, c'est du mouvement, mais cette agi tation militaire n'est pas en état de donner de la vie aux groupes de maisons détruites avec leurs boiseries calcinée*. Toits ces mûrs béants semblent autant de bouches contractées dans le derniei hurlement de douleur. Le rare passant lui-même sent si bien que de oes foyer1 de bonheur la vie s'est envolée qu'impressionné par le silence des lieux i; ne parle qu'à voix basse, de peur d'offenser des âmes... Dans les ruines de C... gisent des cadavres allemands; deux sont étendus tout du long sur la route l'un sur le dos, l'autre face contre terre. Le premier est déjà tout raide et son corps gonflé fera bientôt craquer les coutures. Les soldats français passent apitoyés, ils continuent leur chemin silencieusement, tout pensifs. Un autre fixe longtemps le cadavre, me regarde et pui.-me demande: "Monsieur, auriez-vou' l'obligeance de vous charger d'une lettre? Ma mère sera bien contente d'avoir de mes nouvelles... Et l'on ne sait jamais..." Hodie mihi, cras tïbi. Porter la bonne nouvelle à une mère, tout au moins Ta rassurer sur son fils, comment refuser une mission si touchante. Et voilà mon fantassin accroupi sur je seuil de la ruine d'en faoe, écrivant au crayon sur la feuille d'un petit calepin. Il avait l'air un p>eu pâle et je voyai-trembler sa main. Lorsqu'il eut fini sa lettre à "sa maman chérie," il y joignit quelques fleurs desséchées de sa tranchée. Il se leva, et le regard rassénéré me tendit la lettre avec un "merci, Monsieur," qui sortait droit du cœur. Trois kilomètres conquis. A la sortie du village une tranchée abandonnée court le long de la voie ferrée. Il y a eu lutte là car non seulement ce retranchement est bouleversé par les obus français, mais parmi les boîtes à conserves vidées, traînent des bonnets allemands, des débris de gibernes et des défroques militaires. Une auto militaire ayant pris feu, gît à l'état de mitraille au bord de la route. Un cheval mort est étendu sur le dos les quatre pattes en points d'exclamation. Aroici la ligne de feu des Allemands conquise hier. Faisant un bond de trois kilomètres les Françaîs ont renversé tous les obstacles. Dans une tranchée, aux trois quarts nivelée par l'artillerie lourde de nos alliés, recroquevillés sut eux-mêmes, d'autres étendus, gisent de; cadavres allemands. Il y en a dans ur autre élément de tranchée trois jetés l'un sur l'autre. Ou bien, un vivant aurait-il espéré pouvoir sauver sa vie en se couvrant des cadavres de ses frères d'armes ! Poignante énigme ! A un autre endroit sur quinze mètres de tranchée, je compte une dizaine de cadavres, tous foudroyé; par l'artillerie française. Je continue ma visite au champ de la mort, puis je suis heureux d'être exempté quelques minute; de cette vision macabre. Là tantôt de-rancœurs me montaient, maintenant je me hasarde à respirer plus librement el je fais une comparaison entre l'aspect du champ de bataille et le nombre de p>erte; donné par les coiimuniqués. Toujoun le spectateur est enclin à évaluer le nombre des morts bien plus bas que le chiffre officiel. A quoi cela tient-il ? Les morts. En voici l'explication. Au temps ou la guerre se passait en rase campagne l'infanterie était l'âme dominante. Le; armées se battaient en formations denses, sur une étendue de terrain restreinte Depuis la guerre de tranchées l'on se bat sur un front de plusieurs kilomètres; à la Somme on s'est battu de . l'Ancre s Chilly, soit plus de 30 kilomètres. Sui une étendue de cent mètres vous ne trouvez que quelques cadavres. Cela paraît p>eu, mais multipliez le nombre par 30,000 mètres et à l'évidenoe apparaîtra la fidélité du chiffre officiel. . Les blessés ont horreur de mourir à la belle étoile. Celui qui peut se traîner jusqu'à une habitation y voit une planche ffe salut. Combien ne sont pas allé mourir oontre un pan de mur, même à l'écart, comme un chien. Si, là où l'on vient de se battre, quelques ruines sont restées debout, vous êtes sûr d'y trouver des blessés, qu'à cause de la gravité de leur cas, l'ennemi n'a pu emporter. Pendant une de mes visites précédentes, j'ai vu ce spectacle atroce. Dans des restants de maisonnettes aux murs criblés d'obus, les blessés allemands étaient couchés les uns sur un matelas, les autres sur le carreau ruisselant de sang. Des p'amte-, des râles montaient; des dents grinçaient. Il y avait là des jambes brisées, des crânes enfoncés, des genoux écrabouillés et bien davantage que la plume se refuse à écrire. La douleur se tordait dans tous les coins, aux rez-de-chaussée, dans les cours et jusque dans les caves. D'autres ne se plaignaient plus, c'étaient les plus heureux... Comme un rayon de soleil passait dans le Jardin des Supplices les ambulanciers, apportaient de nouveau blessés, lavant les plaies, bandant les fractures, abreuvant les infortunés brûlants de fièvre et remplissant leur mission de charité avec le plus noble des dévouements. Puis avec des soins de mère, ils hissaient leurs patients dans les autos de la Croix-Rouge vers les hôpitaux où les maîtres de la science les disputeraient à la mort et leur ouvraient un horizon de meilleur avenir... Une contre-attaque. C'est en avant de la ligne de tranchées dont j'ai déjà parlé que les Français ont brisé une violente contre-attaque à gros effectifs. A peine sortis de leurs abris les Allemands se sont vus pris sous un violent tir d'artillerie et de mitrailleuses. Us avaient reçu l'ordre de briser le front français à tout prix, ils ont avancé à coups de cadavres. Mais les plus intrépides n'avaient pas encore atteint la ligne française où les troupes du général F..., les refoulèrent dans un corps à corps terrible. Combien de tâches grises sur le tapis vert crevé d'obus. Morne est l'aspect du champ de bataille ! Mornes sont ces lointains horizons où le canon sonne le glas funèbre... Toutes ces tâches grises sont des Allemands qui ne verront plus jamais la Germanie. Us ont quitte leurs foyers heureux, pour venir mourir lamentablement, sans gloire, sur un sol uue la violence n'aurait- jamais dû violer. Plus une de ces formes indécises qui ne bouge. Il y en a de tous les âges, des jeunes gens imberbes, jusqu'aux aînés chargés de famille. La plupart tombèrent sous les balles des mitrailleuses et des fusils, car j'aperçois très peu de mutilés. Comme le Belge, le Français tire juste : presque toutes les balles ont porté au front ou dans la poitrine. La position des corps indique dans quelles circonstances ils ont trouvé la mort. Les uns sont couchés face oontre terre, ils tombèrent à l'assaut. Un autre est renversé sur le dos. un coup de baïonnette lui a traversé sa tunique; il a p>erdu la vie pendant la contre-attaque française. Un autre encore est resté les jambes empêtrées dans un cratère; c'est là qu'il s'était tapi. La Croix-Rouge. Les seuls vivants sur le champ de carnage sont des docteurs et des militaires de la Croix-Rouge. Bientôt les derniers honneurs seront rendus à ceux qui, tout en étant des ennemis, ont donné leur vie pour ce qu'ils considéraient être leur devoir; les médecins font les dernières constatations d'usage. D'abord, ils s'assurent si le corps ne -donne plus signe de vie. Si l'expérience est concluante, leurs auxiliaires procèdent à la reconstitution de l'identité du mort. Tout oe qu'on trouve sur lui est examiné, inscrit et réuni dans un paquet. Plus tard ces reliques seront pieusement remises à la famille du défunt. Après l'identification un linge recouvrira le visage des morts afin que leur vue n'impressionne pas les soldats qui vont au feu. Entretemps de grandes fosses sont creusées et si une ac- ' calmie dans les hostilités s'est produite, c'est devant un détachement de trounes que les dépouilles sont confiées à la terre. Aucune cloche ne tinte pour la prière des morts; au loin le canon sonne le glas funèbre. Et les yeux vitreux des centaines de disparus fixent l'infini comme s'ils cherchaient dans l'immensité à découvrir le secret néfaste qui pousse les hommes à s'entretuer. E. P.

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Cet article est une édition du titre L'indépendance belge appartenant à la catégorie Liberale pers, parue à Bruxelles du 1843 au 1940.

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