L'indépendance belge

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s.n. 1915, 22 Avril. L'indépendance belge. Accès à 27 novembre 2022, à https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/fr/pid/9c6rx94b3w/
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Sfôtne année. Nd, 94 L'INDÉPENDANCE ROYAUME-UNI: ONE PENNY, BELGE. CONTINENT s 15 CENTIMES ADMINISTRATION ET REDACTION : BUREAU A PARIS : TUDOR HOUSE, TUDOR ST., LONDON, E.C. 11, PLACE DE LA BOUESE. TELEPHONE: CITY 3960. Téléph.: \ ,33181-7" LONDRES, JEUDI 22 AVRIL 1915. [REGISTERED AS a ^ nlwspaperj conservation par le progres. SOMMAIRE. LA SITUATION : Attaques allemandes en Flandre entre Meuse et Moselle et en Alsace.—Succès allemand en Afrique.—Défaite turque d.ans le Golfe Persique.—Incidents à la frontière des Indes. Dans le même sac.—Emile Royer. La nécessité d'un Parlement.— Camille Roussel. Un Prêtre.—Firmin Van Den Bosch. Bulgarie.— Lettre du Havre.—Pierre Nordrenge. Lettre de Hollande.—Dr Ter-wagne. Billet Parisien.—Jean-Bernard. Faits menus, menus propos. Bob. Les crimes allemands. La déclaration dite d'allégeance. — C. Smukiers. Le festival Beethoven.—Georges Verdavaine. LA SITUATION. Jeudi, midi. Les Allemands ont livré hier de nouvelles et très violentes attaques contre les positions anglaises au sud-est d'Ypres, en vue de reprendre le " Monticule 60," mais n'ont pu réussir dans aucune de leurs tentatives. Les troupes britanniques, bien que soumises nuit et jour à un très violent bombardement, ont pu fortifier les positions conquises, et s'y maintiennent avec cette opiniâtreté qui constitue une des grandes qualités de la race. Les bulletins allemands ont soin de cacher ce revers qui suit de si près l'échec qui leur a été infligé à Neuve-Chapelle par "la méprisable petite armée" du général French, laquelle, soit dit en passant, compte à l'heure actuelle 750,000 hommes " en carrpagne ! " Le communiqué berlinois se borne à parler " d'attaques anglaises infructueuses contre une de nos positions située sur une hauteur." Cette hauteur, la • "Colline 60," constitue en réalité la clé de toute cette région. C'est de là que les Allemands bombardèrent Ypres et menacèrent les lignes britanniques du côté de Saint-Eloi. Entre nos mains, elle ré-d it les inconv^-î^nts que présente le saillant formé ] .3s positions des Alliés à Ypres et fortifie leurs lignes vers le sud. D'ici les Alliés pourront,, à l'avenir, livrer de nouvelles attaques contre l'ennemi, car ils disposeront du terrain nécessaire pour se déployer en force. Pour compléter le succès de la Colline 60 il est nécessaire toutefois de chasser les Teutons de Zandvoorde, à cinq kilomètres environ plus à l'est de la route Ypres-Menin, où se trouve établie l'artillerie ennemie. Zandvoorde est, en vérité, à une altitude légèrement supérieure à celle de la Colline 60, qui lui servait en quelque sorte de voile. Dépourvues de ce voile, les positions allemandes de Zandvoorde vont bientôt devenir intenables. Les autres opérations sur territoire belge se bornent à un bombardement aérien des hangars d'aviation allemands à Gand et à Lissevegh, ainsi que de l'arsenal teuton établi à Bruges. Les Allemands ont également fait preuve, dans les autres secteurs du front occidental, d'une activité plus grande, attaquant violemment les positions françaises dans le district d'Arras, entre la Meuse et la Moselle, ainsi qu'en Alsace. Ces attaques furent toutes repoussées et près de Flirey, les Français purent même occuper une nouvelle tranchée allemande. ^ Les bulletins russes et autrichiens se contredisent, une fois de plus, sur différents points. Vienne proclame un succc'-des troupes austro-hongroises au sud de la passe de Rostok, alors que Pétrograd dit que les attaques de l'ennemi y ont été infructueuses ! La situation dans les Carpathes, telle qu'elle résulte de la comparaison des bulletins parfois contradictoires est la suivante. Les Austro-Allemands détiennent toujours la passe d'Uzsok, ainsi que Rozianka. L'offensive allemande dans la direction de Stry a été arrêtée, mais les combats y sont toujours aussi acharnés. *En Afrique et en Asie les opérations ne chôment pas non plus. On se bat dans le golfe Persique, dans l'Est Africain, dans le Nyassaland, au Cameroun et aux Indes. Dans le golfe Persique, le corps mixte turco-arabe, qui menaçait Basra, a été mis en déroute, et il n'y a plus de forces ennemies dans un rayon de 80 kilomètres de la ville. Dans l'Est Africain les Allemands ont remporté un succès assez sérieux en mettant hors de combat une colonne britannique, dont 700 hommes furent tués, blessés, ou faits prisonniers. Il s'agit du combat de Jassin, auquel les communiqués allemands avaient déjà fait allusion il y a quelque temps, mais que la censure anglaise avait cru bon de nous cacher. Dans le Cameroun, le corps franco-an-glais a repoussé les troupes allemandes, qui durent se retirer à Yaunde, un haut plateau situé au centre de la colonie. Les colonnes françaises venant du sud et de l'ouest avancent le long du chemin de fer d'Edea, pendant que les colonnes britanniques avancent du nord-ouest. Aux Indes, c'est une tribu, très belliqueuse en tous temps, qui s'est attaquée aux postes britanniques sur la frontière septentrionale de la vallée de Peshawar. Fort de 4,000 hommes, l'assaillant fut repoussé après un combat acharné, au cours duquel il perdit un nombre considérable d'hommes. Les nouvelles d'Italie montrent que les sentiments en faveur des Alliés sont toujours très vifs. Au cours d'une manifestation spontanée à l'adresse du couple royal, 50 000 personnes l'ont ovationné au milieu des cris "Guerre!" et "Vive Trente et Trieste !" En revanche à Trieste, un cortège de femmes et d'enfants a attaqué le club des officiers aux cris de "A bas la guerre!" "Vive l'Italie !" DANS LE MÊME SAC. Les socialistes français ont fait au Manifeste social-démocratique allemand, dont je me suis occupé la semaine dernière, le sort qu'il méritait. " L'Humanité," qui l'avait publié d'abord sans commentaires, a emboîté le pas à la "Guerre Sociale," et refusé de concourir à la fo mation d'une opinion publique qui réclamerait une paix ne reposant pas sur l'écrasement du militarisme allemand.Chose curieuse, à propos de ce document que le " Labour Leader " a publié le 1er avril comme émanant du " groupe pacifiste de la social-démocratie allemande, auquel Appartiennent Karl Liebknecht, Ledebour, Riihle, Mehring, Clara Zetkin et Rosa Luxembourg, " l'Humanité " a dit, la semaine dernière : D'après les derniers renseignements qui nous parlert. le ie*sip publié mercredi dernier dans nos colonnes n'émane pas, oomme notre correspondant hollandais le croyait, de la minorité de la social-démocratie allemande. Ce sont des ouvriers allemands qui, passant pardessus la tête des dirigeants de leurs organisations syndicales et politiques, ont cru qu'il était en ce moment de leur devoir de faire appel des premiers aux socialistes et aux ouvriers de l'Internationale pour mener en commun une campagne en faveur de la paix. C'est dire que l'importance et la valeur symptomatique de ce document ne sont pas diminuées par le fait qu'il ne porte pas les signa.-tures de Liebknecht, Rosa Luxembourg et autres. S'il s'agit en réalité d'un manifeste anonyme que l'on est parvenu à faire publier en bonne place, comme un document sensationnel, par les journaux socialistes d'Angleterre et de France, nous pouvons apercevoir là une manœuvre suspecte que les socialistes français, du moins, ont su immédiatement déjouer. Ce qui achève de donner à penser — sans déplaisir, puisque cet effort pour une prompte paix dénote le découragement et la désespérance qui ont saisi les Barbares sur le chemin de Paris — c'est une réplique de la manœuvre social-démocratique, à l'usage du monde catholique.Comme le savent les lecteurs de " l'Indépendance," le " New-York World '" a publié le 11 avril une " interview " obtenue du Pape par un journaliste allemand plus ou moins américanisé, M. Karl von Wiegand, où le Saint-Père convie le peuple américain et la presse américaine à travailler sans cesse pour la paix et à " rendre ainsi service à Dieu, au monde et à l'humanité," ajoutant que les Etats-Unis peuvent compter sur tout l'appui de la Papauté dans leurs efforts pour mettre fin à la guerre, ce qu'il a fait savoir d'ailleurs au Président Wilson par l'un des amis les plus considérables d° celui-ci. Et le chef spirituel du mord-1 catholique, qui semble point dédaigner le | matérialisme historique, croit pouvoir affirmer aux Américains qu'il serait de leur intérêt d'accomplir cle sérieux efforts en faveur de la paix " parce que leurs pertes commerciales pendant la guerre doivent être grandes ! " Les sujets de l'Empereur d'Allemagne ont fait de leur mieux pour tirer de cette interview le profit qu'ils en espéraient. La télégraphie sans fil a aussitôt répandu par le monde ce " communiqué" : L'interview de Karl von Wiegand avec le Pape publiée Lier soii a oroduit une profonde impression. Léo journaux s'abstiennent à son sujet de tous commentaires. Le désir qu'ont l'Allemagne et l'Autriche d'humaniser la guerre, de prendre des mesures pour en atténuer l'horreur et de conclure des armistices pour enterrer les morts, rencontre une approbation générale. La nouvelle donnée par le "Petit Parisien" que l'Autriche aurait sollicité la médiation du Pape peur la paix est officiellement démentie par 1' "Osservatore Romano." L'enthousiasme des télégraphistes germains se conçoit. Benoît XV prie et recommande à chacun de prier pour 'e rétablissement de !a paix. Fort bien. Il ne faut point vouloir empêcher Monsieur Josse d'être orfèvre. Mais ce qui doit remplir d'aise les Allemands et les Autrichiens, c'est d'être mis, à l'heure du règlement des comptés d'une opération qui n'a pas marché au gré de leurs désirs, sur le même pied que ceux dont ils pourraient craindre certaines réclamationsL'Allemagne et l'Autriche ont trahi leurs engagements internationaux ; elles ont commis l'injustice d'attaquer sans aucune raison un petit peuple inoffensif et de le martyriser; leurs soldats ont perpétré, des fois pour leur compte et d'autres fois par ordre, tous les crimes imaginables ; ils ont brû1 ' des églises, assassiné des prêtres, violé des religieuses ; ils se sont acharnés contre Louvain et son "aima mater." Mais Benoît XV ne veut rien savoir. Il prie pour les criminels aussi bien que pour leurs victimes. Et si les bandits qu'on aura laissés souffler, sont repris d'ici quelque temps d'un nouvel accès de fureur, le pape se remettra à prier, voilà tout ! Misère de l'infaillibilité! Etre le vicaire du Christ, avoir la prétention de parler au nom de Jésus, et proférer des propos aussi vagues et aussi nuls que ceux d'un quelconque "esprit frappeur " ! Recommander aux autres la justice et l'impartialité, et ne pas oser dire soi-même un seul mot pour la défense du Droit ! Misère de la Catholicité, dont les enfants s'entre-déchirent en invoquant une même divinité, et dont le chef, impuissant à rien diriger, demande à un peuple marchand, mais secourable aux malheureux Belges, de rendre service à Dieu en intervenant... parce que la guerre fait tort aux affaires commerciales ! Un journal qui a l'ambition de défendre une politique belge d'union nationale, et qui avait entouré de commentaires véhéments le manifeste des social-démocrates et repoussé leur tentative pacifiste avec une vigueur prête, pour un peu, à s'attaquer au socialisme lui-même, nous avertit que pour juger de l'attitude du Pape, il convient d'attendre une version plus authentique de ses déclarations. Voilà bien des manières ! Jean Prolo n'a pas besoin d'attendre. Dès avant l'interview que nous a servie Herr Karl von Wiegand, il savait parfaitement à quoi s'en tenir, et il avait mis dans le même sac les social-démocrates de Guillaume II et le pape de François-Joseph. Mais heureusement la Belgique et son Roi ont des amis qui parlent net. L'autre jour encore le premier ministre de la République française, M. Viviani, s'exprimait ainsi : Aussi longtemps qu'il faudra combattre, la France combattra. D'accord avec ses Alliés, elle ne s'arrêtera pas à l'idée de la paix avant qu'avec leur collaboration *,11© ait chassé l'envahisseur du sol de la Belgique, libéré complètement son propre territoire, et débarrassé l'Europe du militarisme prussien. Quand il lit cela, Jean Prolo ne regrette pas d'avoir ses enfants dans les tranchées. Il se dit qu'ils font la guerre à la guerre, et que pour le peuple demain vaudra mieux qu'hier. EMILE ROYER, Député d'Ath-Tournai. LA NÉCESSITÉ DUN PARLEMENT. L'utilité di Jeudi.—" Eh oui! nous écrit-on, à propos de la réouverture du Parlement en Grande-Bretagne ; eh oui ! la nécessité d'un parlement se fait sentir pour les Belges..." C'est vrai. La situation morale, pour les Belges, est vraiment déplorable, et nous parlons de tous les Belges, tant ceux qui résident à l'étranger que ceux qui demeurent en Belgique... — Pourquoi déplorable ? disent les sceptiques, qui aiment à aller dans ia vie, les yeux fermés, pour n'avoir pas de responsabilités à prendre... Pourquoi ? Parce que, de plus en plus, la direction morale de la Belgique est sans guides, ou plutôt parce que les guides sont laissées entre les mains de certains groupes gouvernementaux que d'aucuns qualifient de sectaires... Cela est-il vrai ? Ce qui est certain, c'est qu'aucun contrôle n'existe plus, et que ceux qui se plaignent sont en droit de se plaindre, si les faits sont réels... Lorsque la guerre a fait souffrir la Belgique, chacun s'est écrié : — Plus de politique ! Et l'on s'est efforcé de rester neutre. C'était très bien. Mais les hommes sont les hommes. Abandonnez-leur un pouvoir sans contrôle et ils en abuseront. C'est une constatation, ce n'est pas une accusation. Et avec le temps, la nécessité du contrôle sur les actes gouver-mentaux se fait de plus en plus sentir... Est-ce à dire qu'il faudrait mettre en doute la correction d~s gouvernants? Eh non ! Nous ne pouvons croire, par exemple aux plaintes qui se font jour, relativement à des révocations ou à des nominations', à des faveurs, etc.... Mais précisément parce que l'atmosphère devient mauvaise, dans le public, à ce sujet, il serait bon qu'un contrôle intervînt... Pourquoi pas d'assemblée délibérante? Non pas pour voter, mais tf - i contrôle. pour faire valoir certaines opinions très utiles actuellement. Les pays en guerre ont leur parlement qui fonctionne... — Mais comment réaliser cela, pratiquement ? En somme, que faut-il? Un contrôle. Ce contrôle peut parfaitement être exercé par les députés, légalement chargés des pouvoirs qu'ils ont reçus en temps-de paix, et qui sont en état de se rendre à une convocation. Il ne s'agirait pas de voter, il s'agirait de discuter*.. Oui ou non les grandes questions qui vont se poser, tôt ou tard, relativement à la paix, nécessitent-elles des efforts d'idées et d'opinion? Va-t-on laisser les destinées de la Belgique s'accomplir sans que l'opinion publique pût faire entendre, par la voix de ceux qui sont à même de la représenter avec indépendance, ce qu'elle pense?... Va-t-on laisser la diplomatie agir dans le secret — la diplomatie qui, on le sait, est trop souvent soumise à des vues sectaires et à des vues politiques?... Va-t-on sous prétexte de ne pas faire de politique, laisser' s'accomplir les forces politiques secrètes, sans contrôle, sans que l'opinion publique soit à même de se rendre compte? N'entraîne,t-on oas le pays dans une voie dont, précisément, les préoccupations politiques ne sont pas exclues?... Il y a là, répétons-le, des questions dé principes trop importantes pour qu'elles ne soient pas élucidées au grand jour... Il ne faut pas, en effet, que les intérêts généraux et démocratiques du pays soient sacrifiés à cette idée: " Pas de politique!"... alors que d'aucuns pourraient profiter de cette absence de politique pour... en faire tout à leur aise, dans la coulisse, et sans contradiction possible... Dans l'intérêt de l'avenir moral du pays, nous croyons qu'ilserait bon de songer, imitant en cela les pavs alliés, à l'établissement du contrôle nécessaire. CAMILLE ROUSSEL. UN PRÊTRE. Dans la liste rouge des prêtres belges assassinés par les hordes alk".iand< s, je trouve !e nom: l'abbé Frans jansssn, curé d'Heure-le-Romain.s Et je me rappelle, aux derniers jours de juillet dernier, une randonnée automobile à travers le Limbourg, avec mon vieil et cher ami, le bon écrivain Georges Virrès; vers la fin de l'api es-midi, nous fîmes arrêt à Haelen... Haelen, petit village alors obscur et ignoré et qui un mois plus tard devait conquérir ane paire de choix daîfà 1'FFstoire de notre dé erisë'liàtiorîsle, par la dé.aite cuisante que la jeune armée bel^et v infliger! à la présomptueuse garde impériale allemande.Nous allâmes faire visite au curé: là, dans le grand salon aux rideaux déteints, se trouvaient réunis plusieurs prêtres. Le curé d'Heure-le-Romain était du nombre. Par une sympathie très ancienne (elle date des jours d'enfance et de jeunesse), j'allai m'asseoir à côté de l'abbé Janssen. Les rumeurs croissantes de guerre alimentaient la conversation et avaient induit les interlocuteurs à l'inévitable parallèle entre la 1 rance et l'Allemagne. Je ne fus pas surpris, dans ce milieu sacerdotal,d'entendre des appréciations très hautes de torj sur la France anticléricale, la France de la séparation, la France de l'expulsion des couvents. Mais je ne fus pas étonné non plus d'ouïr spudain l'abbé Janssen mettre délicatement et finement au point ces récriminations trop généralisées et réclamer la gratitude de ceux qui croient pour la nation qui donna au monde et à l'Idée religieuse Pascal, Bossuet, et Chateaubriand... Et dans la voix prenante, dans le geste élégant, dans le verbe harmonieux, je retrouvai—chez ce curé de campagne qui comptait vingt annéss de modeste et rude apostolat parmi les humbles et les simples—le séduisant compagnon d'adolescence, âme si pure et esprit si ardent, chez qui les grands principes directeurs se fleurissaient d'une vive curiosité intellectuelle. Ah ! en mettant au bout de leurs fusils ce fils de la Campine, fervent de la beauté latine, les soudards impériaux ne se sont pas trompés : ils ont tué un ennemi—né de leur brutale et insolente Kul-tur ! Comme le crépuscule tombait, le curé d'Heure-le-Romain prit congé. Dans l'encadrement de la porte, je vis pour la dernière fois sa haute silhouette, et, messagers d'un "au revoir" affectueux qui ne se réalisera pas ici-bas, ses grands yeux noirs qui auront regardé crânement la mort en face et qui durent servir de cibles aux balles prussiennes. Avec tant d'autres de ses frères en sacerdoce — car la funèbre et glorieuse liste s'allonge tous les jours — l'abbé Frans Janssen4 curé d'Heure-lé-Romain, est tombé pour son pays. Et devant les sépultures de hasard de ces prêtres martyrs, le croyant se sent une immense fierté et l'incroyant s'incline.Car, pasteurs donnant leur vie pour leurs troupeaux, ils eurent une mort en harmonie avec leur destinée ; à l'heure dé la tourmente ils demeurèrent au milieu de leurs ouailles et furent près d'elies la protection et le réconfort jusqu'au moment où les messagers homicides du vieux dieu des Hohenzollern les couchèrent pour la mort à l'ombre de leurs églises détruites ! Figurant désormais sur l'immortel triptyque de la Patrie, ils personnifient, à côté du Cardinal Mèrcier, la bravoure religieuse, comme d'autres, représentent près du Bourgmestre Max, le courage civique, et comme, derrière le Roi Albert, nos soldats incarnent l'héroïsme militaire..Et le sang de nos prêtres-martyrs, qui ne peut appeler la vengeance, intercède pour la libération et prie pour la victoire. FIRMIN VAN DEN BOSCH. BULGARIE. Le journal " Le Temps " donnait dernièrement une. série d'interviews d'hommes politiques importants de Bulgarie. Celle de M. Ghenadieff était ambiguë et elle donnait à l'histoire un accroc qu'il faut signaler. " Nous Bulgares," disait M. Ghenadieff, " nous avons été chassés de la famille de la Triple-Entente en 1913 à coups de pied." Or, chacun sait que la Triple-Entente, et la Russie tout spécialement, a fait tout le possible pour empêcher la seconde guerre balkanique. Tout le monde sait que les Bulgares en ce moment ont cru imposer aux Puissances leurs volontés et leur programme mégalomane en brusquant la situation. Il n'est pas un homme politique, aucune personne s'intéressant à la politique, qui ne sache que la Bulgarie a été brusquement le provocateur de ^agression dans la seconde guerre balkanique. N'y avait-il pas là en plus, de la part des Bulgares, avant la rupture avec leurs alliés, des tentatives secrètes d'en-® tente avec les Turcs? Et aujourd'hui encore n'y a-t-il pas eu des actes de favoritisme vis-à-vis des Turcs par des envois de vivres et de munitions?Ce seront 1J des Questions et dps responsabilités eue l'histoire établira. Tôt ou tard la vérité se fait jour. Nous aurons la vérité en 1915 comme nous l'avons eue en 1913, et les dénégations, si affirmatives fussent-elles, ne résisteront pas aux documents authentiques. Seulement il est bon de rafraîchir la mémoire de temps en temps. C'est ainsi qu'il devient aujourd'hui nécessaire de rappeler à M. Ghenadieff comment la Bulgarie sortit de la famille de la Triple

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Cet article est une édition du titre L'indépendance belge appartenant à la catégorie Liberale pers, parue à Bruxelles du 1843 au 1940.

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