L'opinion wallonne: journal belge, indépendant

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s.n. 1918, 25 Avril. L'opinion wallonne: journal belge, indépendant. Accès à 02 decembre 2021, à https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/fr/pid/kp7tm73c1m/
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EST-CE LÀ LIBERTÉ ETHNIQUE ET CIVILE OUI TRIOMPHERA DAHS CETTE LUTTE OU BIEH LA DICTATURE IMPÉRIALISTE ? / Manifeste \ \ du Congrès des Nationalités à Rome / Le Numéro : ÎO centimes L'OPINION Quotidien ri« ln Rp]»inno ri.ar>«a :.=£ Hebdomadaire pendant les hostilités A.BO JVPTBMBKÎ TS : FRANCE : 6 mois 5 fr. — 1 an 8 fr. ETRANGER : — 7 fr. — 1 an 10 fr. Abonnement de propagande : — 20 fr. ECONOMIQUE - POLITIQUE - LITTERAIRE Kureaiix: > S», Rue «le Valois, » 1>ARI8 (1er) TÉLÉPHONE : CENTRAL 46-75 Raymond COLLEYE, Directeur C'ÉTAIT UN CHEF... Jules Destrée, député de Charleroi Jules Destrée ! le fin, l'élégant, le subtil Destrée, l'aristocrate socialiste, le tribun veriainien. Avant la guerre, il avait conquis toutes les sympathies wallonnes. Le peuple l'aimait pour le dévouement, l'énergie qu'il .apportait dans la défense de la cause des humbles et des miséreux. Les intellectuels le tenaient en très haute estime pour ses admirables critiques d art, son merveilleux talent de conférencier. Bril-lante intelligence, esprit toujours en éveil, toujours à la recherche d idées nouvelles, d imUatives à prendre, d'injustices à combattre de beautés à révéler, ses qualités en nvalent fait un des hommes en qui le peu pie wallon aivait placé les plus grandes es- P DeS s'était d'abord je^é dans tatatte m.litiaue • il était un des grands nommes, &u parti socialiste. Mais ses Sfeasarsfttaa^ s ssrsta isussps lité dont la nature l'avait doué^<^a^1 déterminé l'orientation de sa pensée vei ''Déans°"les déb" sa carrière, il s'était an £ « liï'A?aS — /e srss£ niait une ampleur formidable que Destrée S"ïï îsstfsssfsœ ar« dispersé : il manquait de cohésion d unité alors due les flamingants organises en ligues puissantes forçaient sans cesse - mDUitréegrTe^érite énorme de synthé- maître 11 ne s'arrêta pas la. 11 conçut e réalisa cette Assemblée Wallonne qui fut bien l'arme la plus puissante qui_se■ vît ja mais aux mains d un partii iéS>° H ; Elle rappelait ces assembla que les nu guenots de France avaient de par 1 Emv® Nantes le droit de tenir en différentesi vu les On' y discutait les questions ayant rapport à l'organisation de 1 Etat et de 1 ment remarquable qui fait le plus honneur à l'intelligence ar" fistp si raffiné qu est îff. Jules uesuee. La guerre éclata à l'instant même ou la lutte flamingo-wallonne atteignait son potat culminant. La questi, disation de l'Université de Gand venait en effet d'être soumise au Parlement. Oia sa t mip la thèse wallonne se posait sous cette ^orme ■ Si vous flamandisez l'Université de G™d, accordez-nous l'autonomie, la sépara t ion administrative.. , ,i*fon Nous comptions sur Destree pour ^Men. dre nos intérêts. Il était chargé de Plal(iei la crande cause. Nous ne 1 avons pas vu à INbuwiî, les événements ne l'ont pas per-mis hélas î car depuis lors bien des deboi-res nous sont advenus, bien des■ desiMu-sions et ce ne fut pas ta. moindre de v 011 no tre leader le grand maître du mouvement wallon d avant-guerre évoluer vers des théories qu'il avait, jadis, été si aident à ^Noùs en sommes d'autant plus attristés oue nous voyons les chefs du parti flamand relever bien haut leur bannière, affirmer de nouveau leur volonté de débarrasser la Flandre de toute entrave, de lui assur er un développement sans contrainte. Flandre au I ion 1 Van Cauwelaert, Hoste, Huysmam ont jeté le cri de ralliement. Et il n est pas faux d'affirmer que jamais, même avant la guerre, le parti flamingant ,n a eu une telle influence, jamais les énergies toirnit. n'ont été canalisées avec cette méthode et Ils n'ont pas lâché eux, les Flamands. Ils ont un idéal et ils le défendent jusquau k°C'est un exemple que nous soumettons à la méditation de Jules Destrée. Au lieu de rallier les Wallons, au lieu de fixer une fois pour toutes les données du problème linguistique ;en Belgique, au lier de prendre en main la défense de nos inté. rêts comme Van Cauwelaert le faisait poui les Flamands, Destrée ^ ^ ^ gea d'aller en Italie et en Angleterre dé. peindre le martyre de la Belgique et solliciter un peu de pitié. Il accepta. Il relégua tous ses vieux idéals dans un coin perdt de son esprit CENSURE Il redevint le dilettante conférencier qu'il avait été long temps. Il alla même plus loin. CENSURE On ne dira jamais assez le tort que nou: a fait Destrée en lâchant la cause "wallonm au moment même où le flajningantisme s< faisait plus menaçant. Aujourd'hui, il es à Pétrograd. Il représente la Belgique au près du gouvernement révolutionnaire. CENSURE Tous les jours, on parle de la réorganisa tion de la Flandre-Wallonie et Destrée n'e= pas là pour présenter notre thèse. CENSURE que le peuples ne changent pas, du jour lui lendemain et qu'une déclaration de guerie n'est pas suiiisante pour étouffer des mouvements aussi enracinés que le flamingan-tisme et sa contre-partie wallonne. Espérons que ce dilettante reconnaîtra son erreur. Souhaitons qu'il reprenne la direction de l'Assemblée wallonne qu il avait abandonnée, dès avant la guerre, pour poursuivre la réalisation d'autres travaux. Jules Destrée nous trouvera toujours prêts à l'aider et à le défendre si, conscient des responsabilités qu'il assuma en se plaçant à notre tête, il se décide enfin à nous aider et à nous défendre. Son abstention a été remarquée. Nous avons un volumineux dossier de lettres où l'on nous demande pourquoi Destrée n'est pas, à l'Opinion wallonne, le chef et l'écrivain. Jules Destrée, répondîmes-nous, ne nous a jamais fixé avec netteté, lorsque nous nous étonnions de son abstention. Nous estimons qu'il est grand temps — au moment définitif de notre lutte — d'é-cLaiver nos amis sur l'évolution du chef qu'ils ont perdu, car il n'est pas possible que des journaux se servent aujourd'hui du silence et de déclarations tronquées de Destrée pour nous combattre- Il fallait donc que l'on sache ce què nous pensons du député de Charleroi, dont l'action à Pétrograd fut remarquée et que le bruit fâcheux d'un attentat a remis en vedette de l'actualité politique et gazet-tière.RAYMOND COLLEYE. L ENTENTE ANGLO-BELGE Les manifestations pour une entente anglo-belge se poursuivent activement à Londres : La commission commerciale anglo-belge va tenu le 19 avril 1918 sa première séance. Les ipoints qui ont été discutés sent les suivants : [reconstruction des industries belges atpi'ès! ta guerre, fournitures des matières premières à ces industries et libération du commerce belge des influences allemandes. Au cours d'un banquet offert par la Chambre de commerce britannique au comité du commerce anglo-belge, lord Incihçajpe, le grand armateur britannique, a prononcé un djiscours énergique qui montre exactement avec quelle résolution dans les sphères maritimes anglaises on est décidé à poursuivre la guerre. « Lorsque viendra la paix, a dit notamment lo/rd Inchcape, et que le concert des nations sera rétabli, il ne sera peut-être pas possible d'exclure complètement les navires allemands d'Anvers, car cela serait continuer éternellement la guerre, et les gens raisonnables ne peuvent pas demander l'impossible. Le lendemain au cours du dîner offert en l'honneur des délégués du gouvernement belge par le comité de commerce anglo-belge, M. Balfour a affirmé la résolution de la Grande-Bretagne de. réparer la grande injustice pour les immenses et cruels dommages subis par la Belgique au début de la guerre et depuis Voccupation allemande. Il à flétri la prévoyance destructive de nos ennemis qui se sont appliqués à ruiner méthodique ment l'industrie et le commerce futurs de la Belgique pour éviter la concurrence après la guerre ». Pendant ce temps là, que font les Français pour réaliser immédiatement l'entente fran cô-belge ? ? ? Deux Flarmngantismes FLAMINGANTISME DANGEREUX Aux vitrines des quelques rares librairies de Bruxelles, d'Anvers et cle Gand qui acceptent de mettre en vente les publications et les ouvrages de propagande fla-mingo-boche, on remarque depuis quelque temps un livre dû à la plume d'un écrivain flamingant, Josson, et qui s'intitule : La France, ennemie séculaire de la Flandre et de la Wallonie. De tels bourreurs de crâne compromettent la cause flamande, la ridiculisent et le font haïr par les Wallons. Ce sont des flamingants dangereux que nos amis flamands, pour le succès de notre entente wallo-flamande, devraient exclure de leurs rangs. FLAMINGANTISME LOGIQUE A cette élucubr a tion il convient d'ailleurs d'opposer cette déclaration extraite de la protestation des associations flamandes de Belgique contre le séparatisme allemand : (c Les Flamands ne sont pas une nation conquise, ils possèdent le même droit électoral que les Wallons, ils ont tous les moyens de faire valoir leurs justes revendications. Aussi le mouvement flamand n'est-il pas dirige contre nos compatriotes wallons auxquels à aucun prix, nous ne voulons imposer notre langue. Jl n'est pas 1 non plus dirigé contre la langue française, que nous respectons comme le symbole d'une des plus grandes et des plus nobles nations de la terre. » Les Flamands qui ne rêvent point d'hégémonie et qui admirent notre mère La France sont nos amis. Notre Souscription Les cinq listes précédentes ..Fr 2.53110 Joseph Rouffln Armand Zénon 2 » Emile Frécinaux 0 50 Charles Guérin 10 » E. Delin 2 50 ; H. Husquin 0 50 Paul Ingebos 10 » i Félicien More&u l Jean Luîtes 2 * Valentin Modave 0 50 Ed. Soyer 1 » René L r 1.000 » Total 3.564 10 Abonnements spéciaux pour , militaires (sous-olllciers, caporaux et soldats) usa an 3 fr. lO. AU PROCHAIN NUMERO : La Vie des Nationalités : La question d'Irlande, par L. de Villers. L'Entente flamando wallonne : Distinguons, par Firmin Lorand. Un article de Maurice Wilmotte : L'Jnter-nationalisation de la question des races en 5 Belgique, par Raymond Colleye LA SITUATION La Lettre de Charles Ier Tandis que la folie furieuse de l'Allemagne continue à immoler d la déesse Victoire des dizaines de milliers dé bons Allemands, un débat s'institue à Paris, nouvelle Athènes, sur les propositions de paix de VAutriche. Le mensonge de Czemin avait été de prétendre que Clemenceau avait entamé des pourparlers de paix et que ceux-ci avaient échoué par la faute des revendica lions françaises sur l'Alsace-Lorraine. Il n en fallut pas davantage au Tigre,merveilleuse incarnation de l'esprit français,pour plaquer sa griffe irrémédiablement au visage du présomptueux ministre autrichien. Etincélante contre-attaque ! Mais voici que le groupe des pécheurs de lune et des éternels mécontents veut retenir du débat la iettre même de l'empereur Charles, qui servit si bien la polémique du Tigre. Pensez donc ! L'empereur Charles offrait, l'année dernière, d'appuyer les justes revendications de la France sur l'Alsace-Lorrai-ne ! De là à dire que si nous n'avons pas la paix, c'est à cause de l'Entente et plus spécialement à cause de M. Ribot, alors président du conseil et qui ne donna pas suite• aux suggestions autrichiennes, il n'y a qu'un pas et nos bons défaitistes le sautent avec sérénité. Quelle naïveté ne faut-il pas, quelle méconnaissance absolue des faits, pour imaginer que VAlsace-Lorraine pourra jamais être acquise autrement que par la défaite de l'Allemagne ! Il y a donc encore des gens qui croient d la malléabilité allemande ou. qui pensent qu'en Allemagne I Alsace-Lorraine est considérée comme une petite colonie pouvant servir d'échange au moment des tractations de paix ? Le « joyau de l'Empire », comme disait von Kiililmann il y a quelques mois, le symbole même de l'unité impériale, rendu, livré avant t'écraement des armées germaniques, quelle utopie ! Mais, dironlt les maniaques de l'opposition, la proposition de Charles I" aurait isolé l'Allemagne au Congrès de la Paix ? II fallait accepter dare-dare la conversation envisagée... Allons ! nous voilà de nouveau en pleine littérature- pacifiste. Les sots ne veulent pus voir que la velléité toute personnelle de Charles Ier ne présentait aucune garantie pour les Alliés, que ses ministres autrichiens et hongrois ignoraient ou . s'étaient abstenus de contresigner sa lettre, que celle-ci d'ailleurs ne résolvait qu'une ' série des problèmes posés par la guerre et que le régime futur de l'Adriatique, par exemple, et celui des Balkans étaient passés sous silence, que, décidément, se présenter au Congrès de la Paix, en face d'une Allemagne toujours puissante, avec le seul billet de Charles c'était s'exposer à un désastre, d'autant plus que l'on aurait découragé à l'avance tout l'effort américain, notre suprême espoir alors en foi malion, N'est-ce pas assez ? Faut-il encore invoquer notre volonté de diplomatie publique, tout à fait opposée, comme de juste, à ces aventures où le sort des peuples se décide sur la production de billets confidentiels ? La Conférence de la Paix doit être réglée à l'avance, dans ses grandes lignes, -du haut des tribunes parlementaires. C'est ce que les défaitistes réclament et oublient tour à tour selon le cours de leur neurasthénie.Borguères. L'A. POLITIQUE Entente Flamando-Wallonne Le Dr Clément-Philippe, président des Amitiés françaises en Angleterre et fondateur du Comité International des Ligues antigermaniques, vient d'adresser à mor ami Raymond Colleye la lettre suivante . « C'est avec regret que mes amis et mot avons lu l'article de VOpinion Wallonne du 28 mars et intitulé « Un flamingant ». Cet article laudifie van Cauwelaert que je considère CENSURE Il y a trois mois, je vous avais envoyé un article concernant le jeune député d'Anvers, où je signalais celui qui faisait œuvre, en Hollande, Vous avez cru ne pas devoir l'imprimer alors que vous offrez vos colonnes à un entrefilet qui met sur le pavois ce parlementaire, CENSURE J'eus voulu voir le jeune Van Cauwelaert imiter l'exemple des Devèze et des Briffaut qui en première ligne combattent pour la Patrie au lieu d'organiser CENSURE Belge avant tout, je veux ignorer les hommes et les événements qui ébranlent l'union sacrée, si nécessaire surtout en ce moment angoissant ; c'est pourquoi je combats le séparatisme et le fédéralisme qui sont, d'après moi, la mort de la Patrie qui m'est chère avant tout. Sur le terrain du fédéralisme, je le sais, mon cher Directeur, un abîme infranchissable nous sépare , vous voudrez donc bien accepter ma démission de collaborateur à l'Opinion Wal-lone, en vous remerciant toutefois bien sincèrement de l'hospitalité que vous avez daigné parfois accorder à mes articles. » . Les avons-nous assez souvent entendus, ces mots creux, résonnant comme les tambours, de toute la résonance de leur vide., ces mots qui ne sont même pas, qui ne sont plus injurieux : défaitistes et diviseurs ! Mais qu'importe ! Si j'accorde à la lettre du Dr Clément-Philippe une publicité qu'on jugera peut-être exagérée, c'est que je m'en voudrais de manquer, cette fois encore, l'occasion de placer sous les yeux de mes lecteurs un document semblable à ceux que nous envoient parfois quelques autres fanatiques inguérissables. Je n'ai pas un mot à retrancher à ce que j'ai dit récemment de M. Van Cauwelaert. Je suis pleinement d'accord avec lui sur les points suivants : Nécessité d'une solution,aux questions de lailgues et de racea; création de régiments flamands et de régiments wallons ; droit des Flamands à être instruits dans la langue flamande. C'est tout. Je regrette vivement que le Dr Clément Philippe, qui fut des nôtres avant la guerre, brûle aujourd'hui ce qu'il adorait autrefois et s'agenouille devant cette idole, CENSURE L'attitude des Van Cauwelaert des Flandres, restés fidèles à leur programme et à leurs idées, m'apparaît incontestablement plus belle que celle de quelques Wallons repentis, rares heureusement, qui appel' lent traîtres ceux qui n'ont pas trahi. Garl O- Gœbel. I_a leçon, des nations martyres Le Congrès des Nationalités opprimées Un congrès des nationalités opprimées par l'Autriche-Hongrie s'est réuni à Rome pour entendre la lecture des délibérations qui ont eu lieu dans les différentes commissions, et qui ne sont pas destinées-à la publicité en raison de leur caractère technique. Elles regardent l'action qui doit être développée dans les pays alliés et ennemis, afin de réaliser les aspirations des nationalités et de maintenir vivante l'union aujourd'hui solennellement consacrée. . Le.*? BÎÔho! ut ioiiM Les résolutions suivantes ont été votées à T unanimité : Les représentants des nationalités assujetties totalement, ou partiellement à la domination de l'Autriche-Hongrie : Italiens, Polonais, Tchèques et Jougo-Slaves, conviennent d'affirmer leurs principes pour une action commune comme suit : 1° Chacun de oes peuples proclame son droit à constituer sa nationalité et une unité nationale ou à la compléter et à atteindre sa pleine* indépendance politique et économique ; 2° Chacun de ces peuples reconnaît, dans la monarchie austro-hongroise, l'instrument de la domination allemande et un obstacle fondamental à la réalisation de ses aspirations et de ses droits ; 3° L'assemblée reconnaît ipar conséquent la nécessité d'une lutte commune contre les op- , presseur^- communs afin que chaque peuple atteigne sa libération totale et son unité nationale complète dans la libre unité' die culture.Le .>laiiil<k8tc A la fin de la séance de clôture, le message suivant a été lu : La guerre non provoquée, non voulue, et que toutefois ont dû subir les peuples qui, aujourd'hui, résistent dans tout le monde à la prépotence et à la violence de l'impérialisme agresseur, a mis en évidence plus que par le passé la profonde antithèse entre les desseins des hommes d'Etat exigeant l'assujettissement des nationalités à la politique de domination et de guerre et les besoins des peuples à se constituer en libre unité nationale pour être les arbitres pacifiques de leurs destinées. Est-ce la liberté ethnique et civile qui triomphera dans cette lutte, ou bien la dictature impérialiste? Est-ce le régime qui trouve dans la paix les garanties du droit ou le régime auquel est nécessaire, pour imposer ses desseins d'hégémonie, le dur système de prépotènee militaire et de politique constamment troublée à l'intérieur et de menace continuelle de guerre à l'extérieur ? Tout le monde est engagé dans ce duel et non seulement le sort des Etats, mais le sort de la civilisation dépend de l'issue du conflit. Les peuples ont le devoir de se défendre avec une claire conscience de la valeur de cette guerre et de ses conséquences; ils ont le devoir de se défendre pour sauvegarder leur patrimoine de culture et leurs idéaux de vie, pour assurer le droit de disposer de leur organisation. Ce n'est pas la nation qui doit servir à l'Etat, mais l'Etat doit -être l'instrument de la nation et seulement en tant que, comme tel, il justifie ses titres de droit. Aujourd'hui, le phénomène le plus grandiose qui se révèle au monde dans l'impérialisme allemand et magyar ce n'est pas le réveil dë la conscience et de chaque nationalité opprimée, car cette conscience fut toujours vive, même à travers les peines et les sacrifices que connaissent seulement ceux qui ont souffert, mais c'est l'activité qu'elles ont commencée hors et contre les Etats auxquels elles appartiennent et en collaboration avec les peuples et les Etats combattant contre la puissance politique qui les domine. — C'est cette révolte contre la prépotence impériale, c'est ce pacte de collaboration des peuples qui font cependant- partie d'Etats, en guerre entre eux qui constitue la raison et le but de la mission que nous proclamons et consacrons aujourd'hui à Rome dans le Capitole. L'Autriche-Hongrie a eu pour but fondamental de sa politique la division et les contrastes entre les nationalités comprises dans la monarchie et ainsi seulement a pu exister le système politique par lequel une minorité de plus de vingt millions d'Allemands et de Magyars gouverne et assujettit la majorité de trente millions de Slaves et de Latins. L'Allemagne a besoin de ce système politique afin de pouvoir faire de l'Autriche-Hongrie l'instrument de son programme d'impérialisme : les Allemands et les Magyars de la monarchie des Habsbourg savent que sans l'appui de l'Allemagne ils n'auraient pas sauvé dans la guerre l'existence de l'Etat leur assurant une injuste domination. Ils n'auraient, pas pu résister à la pression des majorités slaves et latines aspirant à s'émanciper et à se constituer en libres unités nationales. Seulement l'accord entre les peuples sujets et leur action commune peuvent créer une nouvelle situation en rétablissant contre l'empire de violence l'édifice du droit, de liberté et de justice pour les nations. Le procha in Cong rès «le l'a ris Au nom des parlementaires français, M. Franklin-Bouillon a constaté le grand succès du congrès et annoncé que la prochaine réunion sera tenue à Paris. Une interview de >>I. Albert Tlionias Interviewé à Rome par un rédacteur du Messaggero, M. Albert Thomas a répondu : « Ce congrès peut être considéré comme la pierre fondamentale d'un complet accord entre les peuples sujets de l'Autriche et les pays de l'Entente. Les décisions prises, auront une grande influence sur le gouvernement autrichien et dans un sens contraire sur les gouvernements alliés. Les démocraties européennes ont eu tort de ne pas prendre en considération lft politique des nationalités. » CHRONIQUE DU FRONT Le 5e de ligne sur l'Yser L'heureuse saison ennoblit d'une gloire vermeille un horizon rectiligne où les Flandres se revêtent pourpres, irissonnan-tes et lumineusement parées d'une grâce précieuse et légère. L'nomme participe à la joie des choses réveillées et le moral s'en ressent. Un double courage cingle les énergies ankylosées par la torpeur du dernier m ver. On rit généreusement ; on travaille mieux. 11 y aura beaucoup de poèmes de guerre, cet été... Des examens aussi : de dociles universitaires (dont on s'occupe enfin), entre deux j gardes aux tranchées, s'en viennent — de très loin souvent — écouter en un village bombardé l'enseignement des leçons res-suscitées. 11 -y a des études qui s'achèvent ainsi, au front, interrompues au début de la guerre, reprises pendant la veillée des armes, et ces diplômes conquis aux armées seront précieux assurément à beaucoup de jeunes gens pour lesquels la lourdeur splendide des lauriers n'était malheureusement .pas une assurance contre l'incertitude d un avenir inconnu et légèrement redoutable. . Est-ce l'effort de demain que l'on pressent, la douceur naissante d'un air tiède et murmurant ? — Il y a beaucoup de joie autour des maisons basses des hameaux de cantonnement. Les cabarets, aux minutes brèves du repos, s'encombrent. Un mauvais piano y scande des valses évidemment populaires et la romance y charme la sentimentalité obscure du soldat exilé. La bière est blonde et fraîche, on parle, on chante, on crie, et parfois des quadrilles, masculins uniquement, hélas ! déploient des grâces joyeuses et maladroites, tandis que vers l'ombre des ruelles, violente, cadencée et nasillarde, résonne la crispante musique des harmonicas. Et le canon tonne. Violemment. De larges explosions se répercutent sur un front où les attaques brutales et rapides se heurtent à une victorieuse résistance. On parle beaucoup de l'offensive et la rumeur prodigieuse des artilleries ne dément pas les propos belliqueux. La musique de tous les villages du demi-arrière n'est point l'indice d'une superbe indifférence. Elle clame et exalte une ivresse trop courte, la joie de vivre qui sera brèvfej peut-être. 1.11e se tait vite. Les khakis s'alignent par un beau crépuscule le long des routes et vont à leur tour vers Dixmude ou Merc-kem. Et ce sera pour eux peut-être la grande bataille. On la prévoit dure et magnifique comme la première de 14-15. Nous lui devrons certainement des gloires nouvelles et... de beaux livres. Souhaitons-les précis et véri-diques. Le soldat belge aime — peut-on lui en vouloir ? — la justice et la vérité sur ce qu'il a fait. Le livre de Ch. Le Goffic, Dixmude, mérita ses sévères critiques. Etude longue et détaillée, uniquement consacrée aux Français qui combattirent sous la victorieuse égide ,de l'amiral Ro-narch, on s'attrista de n'y point trouver les fastes immortels des régiments belges qui saignèrent et se décimèrent là aussi. M. Ch. Le Goffic, sans mauvaise intention peut-être y dédaignait un peu notre artillerie. On ne médit pas de l'une de nos armes sans blesser profondément les hommes ou les chefs qui ont l'honneur d'y servir. Une lettre du major Pontus, qui y fut et s'y illustra, claire, énergique et nécessaire, mit les choses au point. L'édition suivante contint la rectification du Aiâjor justement susceptible et ce jour-là ses hommes furent contents. Plus tard, ils eurent un bel hommage : L'Agonie de Dixmude, de L. Bocquet et L. Hosten, que j'eus, en cette feuille, le plaisir de louer. Cette fois, les palmes méritées y étaient distribuées — ce qui est bien — équitable- I ment — ce qui est mieux encore. Les hommes ont chez nous la vertu de conserver religieusement le souvenir héroïque des faits d'armes de leur régiment. Ils en sont jaloux„et c'est du meilleur esprit de corps. Témoins et acteurs, ce sont parfois pour les historiens (ou les candidats) de redoutables critiques. Il ne s'agit pas de broder en de confortables retraites civiles de piquants récits, de les assaisonner de descriptions à la manière noire et rouge, d'y apporter des conclusions patriotiques et faciles, et leur servir cela en disant : « Voici ce que vous avez fait ! » Ils répondront non, énergiquement encore, à M. Pierre Nothomb, lorsque, dans le calme de la ville du Havre, par exemple, il entreprendra de dire ce qu fut la bataille de l'Yser. M. P. Nothomb était alors parfaitement étranger à ce que Taine appelle la <( théorie du milieu o. Il ne connaissait de l'Yser que ce qu'on en disait dans les articles parus ou des publications inexactes parfois. Il n'hésite pas à comparer la mitrailleuse à « un orgue monotone » (1). Ce qui n'est pas vrai pour tous ceux qui entendirent l'horrible, alerte et trépidante chanson.Une publication officielle La Campagne de l'Armée Belge, se trompe grossièrement en déclarant que le 20 octobre 1914 « deux bataillons du 6e de ligne tenaient Lombaertzyde, la gauche à la mer, la droite à la ferme Bamburg. Le 3e bataillon du 6° raccordait cette position au 7° de ligne, qui occupait la digue de l'Yser ». (2). Ce n'est pas le 6°, mais le 5° de ligne qui tenait Lombaertzyde et surtout la ferme Groote-Bamburg, endroit fameux où devait se dérouler la plus tragique épopée de ces jours brumeux. Les lignes du 5°, parties des sables, s'arrêtaient au delà d'un monticule dans les fossés bordés de saules, à une cinquantaine de mètres. Sur la rive droite de la ferme, puis, se déroulait là un espace découvert et non occupé (qui facilita d'ailleurs l'avance ennemie). A la berge opposée du canal commençait seulement la ligne de l'autre régiment. Nous trouvons plus loin : « La ferme Bamburg, perdue au début de la journée fut reprise « vers neuf heures par un bataillon du 9° de ligne ». Elle le fut seulement plus tard. Naturellement, dans sa paisible retraite (3)M. P. Nothomb reprend l'erreur pour son compte et l'aggrave innocemment : « Jxi « 6e de liene échelonne ses compagnons de « la mer à Lombaertzyde et de Lonbaert- (1) VYser, par P. Nothomb. Perrin, éd., p. 97. (2) La Campagne de l'Armée Belge. Berger-Lev'rault, éd., p. 125 et suiv. (3) Je tiens à dire que depuis, M. P. Nothomb trouva sans doute l'occasion de se documenter moins légèrement. : Il appartient ! depuis quelques mois à l'artillerie lourde en campagne. î « zyde à Saint-Georges en passant par la i « ferme Groote-Bamnurg » (1) Pour varier - un peu, il «affirme ensuite que « le jour n est > « point encore Levé que, par une attaque l « violente la 4° division d'ersatz s'empare L « de Groote-Bamburg ». Autre erreur. M. ; P. Nothomb choisit mal ses sources. Le combat qui fut particulièrement âpre ce jour la (la compagnie qui tenait Groote-• Bamburg y perdit pius de la moitié de Sun effectif, plusieurs officiers dont son commandant, Je lor lieutenant De Droog grièvement blessé) ne commença que vers 4 heures du matin, aux premières lueurs du jour. L'auteur de l Y^r tient a ce que la position soit déjà prise. De grâce, laissez , aux hommes du 5e (et non du 6°) le temps de défendre les fossés boueux opmiàtre-, ment, de faire résonner leur fusillade rans , interruption jusque vers 8 ou \) heures du matin, heure à laquelle vous pourrez laisser investir la ferme par les Allemands. Mais, ne dites-vous point (Nous l'avons déjà lu dans l'autre ouvrage précité) : « A « y heures du matin un bataillon du 9° « franchit en courant les écluses de Nieu-« port, reprend la ferme » ? De moins en moins d'accord. C'est beaucoup plus lard encore une fois et à ce bataillon du. 9° se joignaient les éléments du 5° (éternel oublie !) (bataillon commandé par le major Bouhon), et notamment de la compagnie De Droog. La bataille de Lombaertzyde est tout aussi importante que celle de Dixmude. Ces détails ont leur valeur. D'ailleurs le 5° régiment de ligne a droit à la gloire née dans ce rouge et coûteux charnier, vers le village qu'il défendit et la ferme tragique ou il s'illustra. C'est l'un de ces plus riches org-ueils. M. P. Nothomb se faisant historien est coupable de s'être trompé — maladroitement — quitte à se l'entendre reprocher par ceux qui, en dehors des futiles fleurs de rhétorique aiment l'exactitude et sont 'parfois des critiques gênants, pouvant dire avec le moyenâgeux et fidèle Biaise de Montluc : « Et parce qu etous ces choses se sont passées par devant moy j'en puis parler sans mentir ». Théo Fleischman. (1) Op. cit. p. 84 et saiv. — DES FAITS LA PROTESTATION DU BARREAU DE LIEGE Le conseil de l'Ordre du barreau de la cour d'apjpel de Lrége, réuni le 15 février 1918 : Considérant que des magistrats de la cour de Bruxelles, pour avoir, en exécution des lois en vigueur, accompli des obligations de leur charge, ont été frappés par le pouvoir occupant ; Considérant que cette mesure atteint, en même temps que la magistrature de tout le pays, le barreau, intéressé comme elle au maintien de la complète indépendance du pouvoir judiciaire ; Constate que le barreau est mis dans l'impossibilité de continuer sa collaboration à l'œuvre de la justice dans des conditions de suffisante dignité ; En conséquence, décide à l'unanimité : Il est interdit jusqu'à nouvel ordre et à dater du 18 février 1918, aux membres du barreau de la cour de Liège de plaider ou de comparaître devant toute juridiction. ÉCHOS AFFAIRE MULS-SURETE Pour quel motif la sûreté belge de Paris a-t-elle refusé un laissez-passer à l'avocat Muls, du barreau d'Anvers, qui devait se rendre sur le front pour prendre devant la cour militaire la défense de trois jeunes soldats, que le conseil de guerre de la G. D. A. avait condamnés pour cause de propagande flamande ? Déjà, en première instance, deux avocats non militaires avaient été demandés : MM. Muls et Baels. Mais l'audience avait été fixée à une date où les avocats des prévenus ne pouvaient pas être à la barre. En dépit des protestations des accusés et des avocats qui avaient dû, à la dernière minute, accepter de remplacer les défenseurs absents, la remise fut obstinément refusée par le conseil de guerre. De même, la cour militaire, avisée par télégramme de l'em-pêcheanent survenu à M. Muls par le fait de la sûreté, refusa de remettre l'affaire. Or, M. Muls n'avait été averti que trois jours avant la date fixée pour l'audience (16 mars). Que deviennent dans tout ceci la liberté de la défense et les égards dus au barreau ? CENSURE * * *. FEDERALISME Un communiqué des syndicalistes belges annonce : « Un groupe de syndicalistes belges — Bruxellois, Flamands et Wallons ». C'est partait. Il y a des Bruxellois, des Flamands et des Wallons. Qu'on ne l'oublie jamais. Applaudissons à la logique des syndicalistes qui ne se payent ni de mots ni d'âme belge, mais qui se préoccupent des réalités. N.-R. — Nous avons lu dans le Journal de Genève du 21 avril, une grave accusation de M. William Martin contre <p les feuilles wallonnes et irrédentistes de Paris » Nous avons immédiatement adressé un droit de réponse au Journal de Genève, qui s'est probablement documenté aux sources du chroniqueur belge dm Mercure de Franco. Nous accusons le wallon Louis Piérard d'être l'auteur de cette manœuvre. L'abondance des matières nous oblige à remettre au prochain numéro le compte rendu de notre matinée wallonne et de notre déjeuner franco-wallon. Notre prochaine matinée wallonne aura lieu vers la fin du mois de mai M. et Mme Sylvain Bonmariaqe, de Cercy, viennent de perdre leur petite fille Nicole, âgée de 15 jours. A nos amis Ronmariage nos très vives condoléances. L'Argus de la Presse, malgré gothas et bom bardements, n'a pas arrêté sa vie un Instant i et, plus que jamais, continue son organisation.

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Cet article est une édition du titre L'opinion wallonne: journal belge, indépendant appartenant à la catégorie Oorlogspers, parue à Paris du 1916 au 1919.

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