Le soir

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s.n. 1918, 18 November. Le soir. Konsultiert 28 Mai 2022, https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/de/pid/fq9q23rr02/
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I,K SOJK h <kc p*rHrurièri mont frappé i>ar )»s AUcMMiBds, qui lui «ni enlevé la iu«siju»' totalité Ae son D«s 83 bons tto r^ffiiislilon qu'il a ou di-vrait avoir en sa |»os?es-•ion, unseul t oasiafe l*«*n èv®incnt de près de 50 moteurs tf.rctrlqu^; d'autres de 200,000 tetlos de papier, qui ont *»é pris pour être livrés, aux Jiîurivaux censuras. Non» paraîtrons donc Jusqu'à nour«"l ordrei - %*«!• di* imi3'éns'-dèlori*Hin. Nos lecteurs ntms excuseront. Des machin r ses im Qqtillage;ewnHUft dut i drwSand^k.U.y&.six moks aux Etats-VnigrÇ} nous perjiif-Uront de.paraître-^iei#tôVrtai>^ (les conditions meilleures .q^e celles) de 1914. _ ' Les abonnements sont jirovlsotromenl suspendus, l'ennemi nous ayant enlevé nos approvisionnements. Ils seront rétablis sous peu, notre papier arrivant à la sulie d*> l'armée. Nons déduirons du prl* de rayonnement nouveau 'a valeur «Uns mk>1h ugn servie en 10H LE SOIR Demandes d'emplois (tarif réduit) ;» petites ligiw-s. 1.00 Toute li{fne en plus . o.40 Toutes autres rubriques ou annonces commerciales . . . 0.68 Faits Divers (t*• partie) la ligne* 6.0« — (2™« partie) _ 5.0® — (3»« partie) _ a.qj Sport et Réparations Judiciaires .... â.00 Nécrolo^ès ........ — 2.59 Réclames avant les awaonces. .... 9.09 Théâtres et spectacles . —_ s.03 Téléph. : Auttenees : A 591 — A'.lmlnlst. : A 4738 — RM. : A 196 et A 3541 Rédaeti«u et Administration : 23, Place de Louvaln, Bruxelles. Etttiiv • A s» n 9 I» oi » À (. LA BELGIQUE RECONQUISE A nos lecteurs Le SOIR reparaît anjeurd'hni après plus de quatre ans de silence. Il a partagé les destinées du pays, pendant la longue-durée de l'occupation ; il s'est tii, lôr'sque, sur le tèrntetré envahi, une voix patriotique et libre ne pouvait plus se faire entendre. Jamais peuple rit souhaita plus ardemment que le nôtre de jouir des bienfaits de la paix; jamais peuple ne fut entraîné dans une guerre plus cruelle' et plus injuste. Quand l'Allemagne nous envoya son ultimatum du 2 août 1914, il y eut dans tout le pays une explosion d'indignation et de colère. Elle nous demandait le libre passage de ses armées sur notre territoire, au mépris des traités; elle voulait faire de nous les complices de son crime. Nous refusâmes. Notre honnêteté native se révolta. En ce moment la Belgique comprit qu'elle venait d'être investie d une mission très haute : celle de défendre le Droit. Si grande, si sacrée que soit l'idée de Patrie, l'idée du Droit lui est supérieure, s'il est possible. Et il se fit qu'avant de protéger ses foyers, le Bèlge combattit pour la cause du Droit outragé. La nation tout entière s'était groupée autour de son Roi. Elle n'avait qu'une ame et qu'une pensée. Elle n'hérita pas; elle n'envisagea ni la puissance formidable de l'ennemi, ni les risques de l'entreprise ; elle n'écouta que l'ordre impératif du Devoir. L'élan fut magnifique.La défense de Liège, à laquelle Flamands etWallons concoururent avec une égale bravoure, inscrivit une des pages les plus glorieuses de notre Histoire. Il y eut des succès, il y eut dès revers aussi. Et ceux-ci furent tellement subits, tellement imprévus qu'on refusa d'abord-<f y croire. Ils n'étaient que trop vrais pourtant : notre victoire dé Haelen était suivie de la retraite de notre armée. Nos troupes cédaient de- : vant le nombre, et bientôt Bruxelles était occupé sans combdt. Là date du 20 août 1914 laissera dans la mémoire des habitants de Bruxelles un soutenir dfuloureux et impérissable. Du jour au lendemain, sans que nous y fûmes préparés, notre ennemi devenait notre maître, et quel maître cruel et impitoyable, qui venait de massacrer les populations civiles de Visé, de Sichem et d'Aer-schotl Dès ce moment une obligation nouvelle s'imposait à la Presse: l'obligation de se taire. Elle ne cédait pas à la craintel elle n'abandonnait pas sa mission de renseigner le public, mais les moyens de la remplir honnêtement lui étaient désormais interdits. Elle avait vécu avec toute la nation, des heures inoubliables d'exaltation et de fierté, elle ne pouvait plus prononcer que des paroles de soumission et de faiblesse; elle avait haussé le ton pour exciter le patriotisme et l'esprit de sacrifice, elle eût été contrainte de le baisser honteusement pour conseiller la résignation et la lâcheté.Notre décision fut spontanée et irrévocable. Et cependant les sollicitations ne nous manquèrent pas. L'occupant eût souhaité la complicité des journaux et qu'ils employassent auprès du public l'autorité dont ils jouissaient pour le persuader d'accepter « le fait accompli ». C'eût été trahir nos lecteurs et la Patrie. Le refus de la Presse fut unanime. Nous avions bien pu nous soumettre à une censure nationale dont la nécessité était justifiée par des circonstances exceptionnelles, mais celle de l'ennemi, nous ne voulûmes pas la subir. Nous préférâmes briser notre plume. D'autres en ramassèrent les débris. On a pu juger de l'usage qu'ils en firent. On vit les journaux improvisésl nés de la guerre ou plutôt de la défaite, insérer des communiqués incomplets où les succès des alliés étaient diminués; on les vit présenter sous une lumière favorable la situation des ennemis, tandis que les opérations des nôtres étaient dépeintes sous les plus noires'couleurs; on en vit même qui allèrent jusqu'au bout de r infamie, qui ne craignirent pas d'excuser et de justifier les plus évidentes atteintes portées au Droit des gens : l'enlèvement des chômeurs, la déportation des ouvriers belges et leur emploi aux travaux de r ennemi. Il en fut qui s'instituèrent véritablement le moniteur du découragement, raillant nos plus légitimes espérances et cette belle confiance patriotique qui restera, dans ces jours troublés,r honneur du peuple belge.Cette presse se soumit au vainqueur, et par rorgane du gouverneur von Bissing, le vainqueur lui décerna ses éloges. On ne pouvait lai souhaiter une plus dure condamnation. Aujourd'hui le SOIR reprend la tradition interrompue il y a plus de quatre ans, mais il croit qu'après une si grande catastrophe il y a quelque chose de changé dans le pays. La Belgique sort de répreuve grandie et mûrie; elle a conscience des destinées nouvelles que lui réserve le rôle glorieux qu'elle a joué en Europe. Honneur oblige! Le devoir de la presse digne de ce nom, est de lui faciliter cette tâche en donnant à la nation des leçons de décision, d'énergie et de patriotisme. Le SOIR n'y faillira pas. LE SOIR. | Le SOIR, dont les ateller9 ont été pillés par Ie9 Allemands, ne peut provisoirement ; atteindre que le cinquième de son tirage ■ normal. Après avoir terminé la lecture de ce numéro, passez-le sans tarder à vos voisins et amis. 119 vous en seront reconnaissants, et vous aiderez ainsi à répandre les idées que le SOIR défend dans l'IntérSt du pays [»t_do sa reconstitution. AU PEUPLE BELGE >5 r_ Depuis plus de quatre-vingts ans, tu me <a Dais une existence paisible et laborieuse. Tu j avais réalisé le miracle de laire vivre lieux-cents-soixante habitants sur chaque kilo-.e mètre de ton sol. Tu avais eolonisé un des plus grands territoires de l'Afrique. Certains de tes poètes, de les inventeurs et de tes ?" savants jouissaient d'une réputation u»iver-. selle. Tu lais démentir le proverbe qui pré-,e tend que des petits pays ne possèdent que 7" do petits gens et ne nourrissent que de pc-,n tites idées. Tu vivais heureux et respecté, 7S. n'enviant personne et ne croyant rien avoir à craindre de personne, quand un de tes grands voisins t'adressa une demande infâme. Tu la repoussas du pied, et il te déclara la 's guerre. Comme tu étais le plus faible, tu eus es le dessous. Ton adversaire t'abreuva de s- vexations et se rassasia de cruautés. Pen-cf dant quatre ans, il fit peser sur toi un dur esclavage. Mais tu n'abdiquas pas. *sj- Les chaînes dont on te chargea ne bles-sèreiit que ta chair. Un coeur fler continua gf de battre dans ta poitrine. Jamais tu ne le songeas à demander grâce. C'est que tu jjf t'étais tout de suite rendu compte que, dans cette lutte où allait se jouer le destin de . l'humanité, tu représentais un grand prin-cipe. Tu étais l'incarnation du droit, le sym-bole d'une si noble idée que le monde entier s'était levé pour t'applaudir et te défendre. Ile Au lieu de t'anéantir comme il l'espérait, ir. ton agresseur t'avait placé sur un piédestal. re, Il avait fait de toi lin martyr. Il t'avait ceint 'nt d'une auréole. Tu as tenu ton rôle avec ies courage et dignité. re; Aux heures les plus sombres, quand tout sl- semblait l'abandonner, tu t'es raidi contre ;nt le désespoir. Si ton. cœur s'est parfois dé-re- chiré, tes lèvres sont toujours restées closes. 'fe Tu sais dévorer ton chagrin en silence et l!e conserver toute la foi. de- ait Même lorsqu'un méchant homme, irrité de ta résistance, te cria-, en levant un doigt de Croquemitaine : « Ce que nous tenons, nous le tenons bien ! » tu eus la force de sourire. C'est le méchant homûie d'ailleurs qui se trompait. La grille a dû lâcher prise. s y Le Droit a vaincu la force.L'avenir a triom-aif phé du passé. Tes chaînes sont tombées. Tu lPh la retrouves debout, ô grand petit peuple! Pu~ aves la conscience d'avoir été supérieur a er~ l'infortune. ou- de Dans la belle maison que l'humanité rêve ,[[e de construire demain, tu pourras entrer sans npr hésitation — l'âme • satisfaite et le front ^ haut... (/s. ' IIlIRRRT KliAINS. AUX MORTS 0 Morts de ces quatre ans, ô Morts aimés, j'accours sur vos tombes. Je me mets à genoux. J'enfonce les mains dans la terre qui vous garde. Morts, je viens lever la pierre de votre dernière angoisse, soulager votre âme du fardeau qui l'empêchait de monter dans l'éternelle harmonie. Soldats de Liège, d'Anvers et de l'Yser, quand sifflaient dans les tranchées, à travers les haies de l'affût, au long des vagues d'assaut, les balles qui vous trouaient la tête, un mot, après lo dernier cri de l'enfant qui souffre : « Mère 1 Maman ! » un mot sortait de vos bouches : « Belgique ! » Votre courage allait plus loin que mourir. Votre héroïsme allait jusqu'à espérer que votre Vie fût comptée sous l'avalanche des barbares ennemis ; que votre Sacrifice servît la Patrie, alors qu'aux lâches tout paraissait perdu. Femmes fusillées avec vos petits enfants dans les bras, bourgeois assassinés en bandes devant vos maisons en flamme, paysans mitraillés en las au pied du mur de l'église, vous avez en mourant crié : « Assassins 1 Honte à la terre ! » Comme dernière vision, vous avez eu celle do l'écrasement de la civilisation, de la justice et de l'honneur, sous la botte des démons gris. Vous, nos pères morts de chagrin et de misères ; joyeux colosses devenus si maigres ; brûlant do fièvre sur vos lits, quand vous comptiez les heures de la nuit et les coups de canon, vous parliez tout seul, vous disiez : « Verrai-je leur écrasement ?» Et les coqs chantaient, et le matin pâle se montrait aux fenêtres, et la lourde journée se traînait dans la chambre sentant les drogues, èt la petite lampe du soir se rallumait... des années, des années. « Verrai-je la vic-toiré?... » Sur votre esprit, s'appesantissait la charge .grandissante de la haine. Ënfln votre existence de douceur et de bonté sombrait avec un blasphème de vengeance. Et au lieu de la voix de toute votre vie, qui nous bénit à l'heure dernière, c'était un cri de rage qui montait de vos lèvres blanches, pour nous faire jurer de ne pardonner jamais.0 Morts sacrés, je viens m'agenouiller sur vos tombes. Ecoutez I Le repos vous ost rendu ! La patrie est libre I Morts, entendez-vous ? Vous êtes vengés, et le droit, et la justice et l'honneur des hommes ! Nos ennemis fuient ! Ils sont vaincus I Dans la débâcle, ils piétinent leurs chefs I 0 Morts, prenez votre part, dans la terre, de cette joie qui noustransporte aujourd'hui. C'est votre joie ! Dans la Patrie reconquise, vous et nous, à jamais, nous ne faisons qu'une. Ce sont vos cœurs qui bondissent dans nos poitriûes dilatées I... Ce sont vos âmes libérées qui flottent aux plis de nos drapeaux d'allégresse 1 Morts, morts, ils sont vaincus et en fuite ! La patrie les a rejetés ! Dans nos blés de Flandres; dans nos roses et nos chênes de Wallonie, vos fils seuls recueilleront les effluves de vos ombres apaisées 1 Loois DELATTRE. AU ROI ALBERT O Roi longtemps perdu sur une morne grèvel Nous verrons, au matin béni de ton retour, 1 Une aurore de paix, de concorde et d'amour Naître dans tes yeux bleus qu habiteuin noble rêva. Ainsi, quand le soleil sur le Brabant se lève, Avant d'illuminer ville et champs tour à tour, Il dore saint Michel eu sommet de sa tour, Et l'archange vainqueur fait flamboyer son glaive. Tes peuples confondront, ô soldat de l'honneurl. L'éclair de ton épée et l'aube <!u bonheur, Car tu fis en héros le geste qui libère; Et dans les jours de joie et de prospérité, Unis comme des fils autour d'un tendre père, Nous nous efforcerons de t'avoir mérité! FRANZ ANSEL VIVE LE ROI Par l'univers entier, s'il est un nom qui symlibiise l'héroïsme de la Belgique et la cause de l'Honneur et du Droit pour laquelle elle, combattit, c'est bien celui du Roi Albert' Daas les recoins les plus reculés de la terre — qu