Journal de Gand: politique, industriel, commercial et littéraire

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s.n. 1915, 29 Août. Journal de Gand: politique, industriel, commercial et littéraire. Accès à 18 novembre 2019, à https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/fr/pid/4m91837b8c/
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Dimanche 2V) et lundi <>0 août tïHo ES centimes le numéro 59me année — N° 241-242 JOURNAL DE GAND ABONNEMENTS : REDACTION & ADMINISTRATION : ANNONCES : [ BELGIQUE : M fr. par an ; r* fr. pour six mois ; 2 fr. pour trois mois 3 RTTIE IDE .FLANDRE, 3, GAND j ri m », » - i ^ ^ Voir le tarif au bas de la dernière page du journal. Pour P étranger, le port en sus TÉLÉPHONE 665 Lftïnciels de l'autorité allemande ARRÊTÉ. | Les décrets émis ou mis en vigueur pour rayon des étapes de la 4' armée prennent fours en règle générale, à la date de la publication du « Bulletin officiel des arrêtés » I Gand Par l'Inspection de l'Etape, bulletin Lns lequel ces décrets sont publiés. Excep-ion est faite au cas où, dans le décret même, L autre date de mise en vigueur aurait dé-L été fixée. | r/iielt, le 22 juillet 1915. Der Oberbefehlhaber, Herzog Albrecht von Wûrttemberg. ARRÊTÉ ,]ncernanl la surveillance d établissements de crédit et de maisons de banque. 1. La gérance des agences belges des établissants de crédit et de maisons de banque L belges dont le siège social se trouve ans un pays actuellement en état de guerre Lee [ Empire Allemand, est soumise pendant la durée de la guerre aux restrictions Ko «tenues dans les paragr. 1 et 2, ceci tout L saUvegardant les droits de propriété et [es droits privés. Paragr. 1. A partir de la date de la publication de jet arrêté, ces banques peuvent entamer de nouvelles affaires uniquement, pour autant que celles-ci soient nécessaires pour la liqui-Kstion d'affaires anciennes ou pour autant qu'elles servent à rendre liquides des actifs levant leur permettre de remplir leurs obligions.Paragr. 2. Après avoir effectué les paiements résul-jnt de celles des obligations désignées ci-lessus, qui peuvent être remplies dans les îirconstances actuelles, les actifs restant en Iolde doivent être déposés pendant la durée e la guerre en un endroit à désigner ulté-ieurement.II. _h partir de ïî date de la publication de cet krrêt'é, les établissements de crédit et les Lisons de banques belges ne peuvent traiter, pendant la durée de la guerre, leurs affaires d'une façon opposée aux intérêts allemands; il leur est interdit spécialement de tirer ou de transmettre soit directement soit indirectement des fonds ou Ses objets de valeur ni à l'étranger ennemi, ni à des parties du territoire bege non occupées par les trou-jes allemandes. III. ;Pour l'exécution de cet arrêté tous les éta-fes.ments de crédit et les maisons de ban-pie, tout en sauvegardant les droits de pro-jriété et les droits privés, sont soumis au ontrôle du Gouverneur Général en Belgique, contrôle qui sera exercé par un Com-ni;saire général en la personne de M. von lumm, Geheimer Ober-Finanzrat. I Le Commissaire Général est autorisé à Déférer ses pouvoirs à des commissaires spéciaux.I Le Commissaire général est autorisé à jl eïdre toutes les mesures nécessaires à ■exécution de cet arrêté. Il peut aussi ac-jorder des exceptions. Les directeurs et employés des établissements de crédit et mai-lons de banque surveillés ont à donner suite I ses instructions et à ses ordres. I Le Commissaire Général est spécialement lutorisé : I a) à inspecter les livres et les écritures, à faire l'inventaire de la caisse, des titres, des lettres de change, etc., et à exiger des réalignements sur toutes les affaires commerciales ; b) à interdire des mesures commerciales de toute nature, spécialement des dispositions concernant des objets de valeur, ainsi que des communications concernant des affaires commerciales; c) à fixer un endroit où les dépôts nécessaires seraient à effectuer. IV. Pour les prescriptions de cet arrêté ainsi que les mesures prises en vertu de son exécution soient exécutées, le Commissaire Général est autorisé à exiger des cautions des établissements de crédit et des maisons de banque. En cas de contravention ces cautions sont considérées comme confisquées soit en partie soit au total au profit de l'Empire Allemand. Des mesures ultérieures contre les personnalités responsables restent réservées. V. Les frais provenant du contrôle sont à la charge des établissements de crédit et des maisons de banque surveillés, chacun y intervenant pour sa quote-part respective. Bruxelles, le 18 septembre 1914. Der General-Gouverneur in Belgien, Freiherr von der Goltz, Generalfeldmarsehall. ARRÊTÉ concernant l'obligation d'accepter en paiement la monnaie allemande au cours d'au moins 1,25 Franc pour 1 Mark. La monnaie allemande (espèces et pa-pier-monnaie) doit être acceptée en paiement dans le territoire belge occupé, et ce jusqu'à nouvel ordre sur la base de: 1 mark valant au moins 1.25 franc. Bruxelles, le 3 octobre 1914. Der General-Gouverneur in Belgien, Freiherr von der Goltz, Generalfeldmarsehall. Les ordonnances susmentionnées restent en vigueur pour le rayon de l'étape de la 4e armée. Thielt, le 22 juillet 1915. Der Oberbefehlh'ber, Herzog Albrecht von Wuritemberg. LA GUERRE Sur le fronî occidental Communiqué officiel allemand Berlin, 27 août. — En Champagne et sur'les Hauts-de-Meuse des ouvrages retranchés français ont été détruits au moyen d'explosions. Dans les Vosges, une faible poussée en avant française a été facilement repoussée. Communiqués officiels français Paris, 26 août. — (après-midi). — En Artois, autour de Souciiez et de Neuville, canonnade et combats à coups de pétards et de grenades pendant une partie de la nuit. Dans la région de Roye, activité des deux artilleries comme d'habitude. En Argonne, dans le secteur de la Fille-Morte, lutte assez violente à coups de bombes et de grenades. Rien d'important à signaler sur le reste du front. Dans la journée du 24 août, un de nos avions a bombardé Offenburg, dans le grand-duché de Bade. Le 25 août une .escadre d'avions a survolé Dillingen, au nord de Saar-Iouis, sur lequel ont été jetés des obus. Paris, 26 août. — (soir). — Dans le secteur au nord d'Arras, canonnade assez vive, particulièrement autour de Souchez et au sud de Neuville, auprès de la route de Lille. On signale I aussi quelques actions d'artillerie dans la région de Roye et dans la vallée de l'Aisne. L'ennemi a assez violemment bombardé la ville de Reims; nous avons, de notre côté,exécuté un tir sur les tranchées ennemies devant Cerny-lez-Reims. En Argonne, lutte toujours très vive a coups de pétards et de grenades sur l'ensemble du front, avec intervention de notre artillerie. En Vv'œvre, au nord de Flirey, dans les Vosges, à la Fonte-nelle et dans la région de Lusse, ainsi qu'en Alsace, dans la vallée de i:i Do'ler, quelques duels d'artillerie. Au cours de la journée du 25, nos avions ont bombardé en Wœvre Pannes et Baussart. Grandpré, Chatel, Cernay et Fié-ville, en Argonne, Tergnier, Vitry-en-Artrois et Boileux ont été également bombardés par nos appareils. Une opération de bombardement faite de concert entre les avions des armées française, britannique et belge et des marines française et britannique, a été dirigée contre la forêt d'Houtlust ; tous les appareils sont rentrés. Dans la nuit du 25 au 26, une de nos escadrilles a lancé sur Noyon des obus. Sur 8a front orientai Communiqués officiels allemands Berlin, 27 août. — Le 25 août un de nos petits croiseurs a bombardé dans la soirée la station de signaux russe « Cap-Sud-Résina », située sur l'île Dagoe. La station fut détruite en partie. En .même temps un autre petit croiseur bombarda la station de signaux «Andreasberg», située sur la même île Dagoe. Des forces de combat ennemies ne furent pas aperçues. Berlin, 27 août. — Groupe d'armée du général feldmaréchal von Hindenburg. Les combats près ds Bausk, Schônberg, au 'sud-est de Mitau et dans la région de Kowno continuent. 2,450 Russes ont été faits prisonniers, 4 canons et 3 mitrailleuses capturés. Au sud-est de Kowno, l'ennemi a été culbuté. La forteresse d'Olita a été évacuée par les Russes et occupée par nous. Plus loin, au sud, les troupes allemandes avancent vers le Niémen. Le passage au delà du secteur Berozovvka, à l'est de Ossowice, a été forcé. La poursuite sur tout le front entre Suchowle à la Berezowka et au Bialowieska-Forst suit son cours. Les ^3-26 août, l'armée du général von Gallwitz a amené 3,500 prisonniers et 5 mitrailleuses. Groupe d'armée du général feldmaréchal prince Léopold de Bavière. Le groupe d'armée continue la poursuite. Son aile droite dispute le passage au delà du secteur de la Lesna-Prawa, au nord-est de Kamieniec-Litowsk. Groupe d'armée du général feldmaréchal von Mackensen. Au nord-est de Brest-Litowsk, nos troupes s'approchent de la route de Kamieniec-Litowsk-Myszczyce. Au sud-est de Brest-Litowsk, l'ennemi a été refoulé au delà du secteur Kyte. Communiqué officiel autrichien Vienne, 27 août. La forteresse Brest-Litowsk est tombée. La landwehr hongroise du général von Arz arracha hier à l'ennemi le village de Kobylany, situé au sud-est de la forteresse et déborda ainsi la ligne de ceinture extrême et en prit les ouvrages les plus rapprochés; l'infanterie de l'armée Ouest galicienne, silésienne et moravienne firent en même temps l'assaut du fort au sud de la localité de Koroszczyn.Des troupes allemandes s'emparèrent de trois ouvrages au front nord-ouest et occupèrent ce matin tôt la citadelle située au pont du chemin de fer. Entretemps les alliés refoulèrent également l'ennemi au delà de la Lesna, dans la forêt et dans le territoire marécageux au sud-est de Brest-Litowsk, et notre cavalerie, dans sa poursuite à parlir de Kowno vers le Nord, refoula les arrière-gardes russes près d'Ou-cin et ds Wyzwa. Rien de nouveau chez les armées de la Galicie orientale. Communiqué officiel russe W. T. B. — St-Pétersbourg, 25 août. — Dans la région de Riga, pas de changement. Dans la direction de Jacobstadt et Dwinsk, les combats continuent du coté ouest à peu près sur le même front. Dans la région de Wilno l'ennemi a entrepris, le 24 août, quelques attaques isolées sur le front au N. 0. de Jewje. Nous avons repoussé trois attaques. Au Njemen moyen, nos troupes qui opèrent à la rive gauche se son! concentrées graduellement contre le fleuve. Sur le front entre le Bobr et le secteur Brest-Litowsk l'ennemi continue sa pression contre le secteur principal de notre position, à l'ouest de la forêt de Bialowiesoka, entre la chaussée vers Bielsk, la station Gajowt Gajnow-ka, Wysoko-Litowsk et Prujany. Le 24 et le 25 août, nous avons repoussé ses attaques contre nos positions à l'ouest de Brest-Litowsk. A la rive droite du Bug, l'ennemi s'efforce d'avancer le long de la chaussée de Pischa vers Malaryto. Au sud de Wladimir-Wolynski combats insigniants d'avant-gardes. En Galicie, sur quelques points isolés du Iront, fusillades ou canonnades. Sur te froirat itaio-autrichien Communiqué officiel autrichien Vienne, 27 août. Dans le secteur de Doberdo, les Italiens attaquèrent de nouveau nier midi au Monte Dei Sei Busi. Ils furent refoulés, comme toujours. Le calme a régné devant la fête de pont de Gôrz. Sur le restant du front du territoire de la côte, il y a eu par endroits de violents combats d'artillerie, ainsi notamment dans la région de Flitsch, où l'infanterie ennemie avance prudemment. L'attaque contre le secteur nord du haut plateau de Lavarone, signalée déjl" hier comme ayant échoué, a été prononcée par des forces considérables ennemies. Après un violent bombardement de dix jours, ayant même persisté nuitamment, contre nts ouvrages, l'artillerie ennemie effectua son feu avec la plus grande rapidité avant-hier soir contre le front Cima Di Mezzona-Basson. Jusqu'après minuit, elle inonda nos positions avec des cbus de tous calibres. Alors plusieurs régiments d'infanterie et" bataillons alpins prononcèrent l'attaque. Nos courageuses troupes du Tyrol, les tirailleurs, puissamment appuyés par dés tirailleurs autrichiens du Nord et de l'artillerie, repoussèrent tous les assauts. Dans les heures mafinales, l'attaque ennemie avait définitivement échoué. Rien que devant nos obstacles gisent 200 Italiens tués. On peut donc s'imaginer quels sacrifices cette attaque a coûté.Nous n'avons que des pertes minimes. Un de nos aviateurs a jeté avec succès plusieurs bombes sur la fabrique de munitions de Brescia. Communiqué officie! italien W. T. B. Rome, 25 août 1915. — Dans le secteur de Tonala, nos troupes se sont emparées le 21 août, après une active préparation d'artillerie, de la partie avancée de la Vallée Strino (Noce) et en délogèrent les détachements ennemis qui l'occupaient. L'ennemi abandonna ses baraquements en nos mains. Tout à coup il ouvrit ensuite un feu vioient d'artillerie contre la position et y lança son infanterie avec mitrailleuses. Nous réussîmes à repousser l'attaque. Dans la vallée supérieure de Cordevole l'ennemi s'est évertué hier à endommager par son artillerie et des grenades à mains nos positions du Col di Lana jusque Salesi Agai. Notre feu l'obligea à renoncer à son entreprise. A l'Isonzo, surtout autour de Tolmein, à Plava et au Karsi l'ennemi a déployé une grande activité avec son artillerie contre nos ouvrages. Nos gardes vigilants réussirent à empêcher sa tentative de réparer le tronçon de voie ferrée, détruit par nous, sur la ligne de Nabresina à l'est de Monfalcone. Ce matin un avion ennemi a survolé Brescia. 11 réussit à esquiver le feu de nos batteries de défense et à jeter quatre bombes. Aux Dardanelles Communiqué officiel turc Constantinople, 2 7août. — Aux fronts d'Anaforta,d'Ari-Burnu et de Sedd-ul-Bahr, l'ennemi a entretenu un feu d'artillerie alternativement violent et faible et gaspilla une grande quantité de munitions. Dans la nuit du 24 au 25 août, l'ennemi prononça une attaque contre notre aile gauche avec des forces faibles. Les assaillants furent arrêtés. En France Conseil des ministres Le ministre des finances Ribot a exposé hier, au Conseil des ministres, l'accord conclu récemment avec le chancelier du Trésor anglais. Le Conseil des ministres a autorisé M. Ribot à introduire un projet de loi concernant la question de l'alcool et à le soumettre à la Chambre. Le Conseil des ministres a décidé ensuite qu'à partir du 1er septembre les pouvoirs en matière de police seront confiés, dans les territoires situés en dehors de la zone de combat, comme en temps de paix, aux préfets et aux maires. En HoSSande L'exportation des chevaux A partir du 30 courant, le gouvernement hollandais autorisera à nouveau l'exportation des poulains et des hongres âgés de moins de 20 mois. Â IHiaïîi Londres, 26 août. — D'après une dépêche de l'agence Reuter reçue de New-York en date du 24 août, le gouvernement de Haïti a reçu du gouvernement des Etats-Unis une note qui demande que l'administration et les finances de Haïti soient mises sous le contrôle des Etats-Unis pendant dix ans. Le gouvernement de Haïti doit répondre à cette note pour demain midi. ECHOS Nouvelle monnaie en zinc Dans certaines parties du pays, la pénurie de • monnaies divisionnaires s'est encore aggravée bien qu'on ait essayé d'y remédier en.mettant en circulation les pièces du .Congo. Pour supprimer cet inconvénient, on émettra prochainement des monnaies divisionnaires en zinc. Ces pièces de zinc seront de 5, 10 et 25 centimes comme les pièces de nickel; elles porteront à l'avers l'inscription « Belgique-België », le millésime et l'indication de la valeur, par exemple 25 centimes. Au revers, se trouvera l'effigie du Lion de Flandre, que l'on connaît par d'autres pièces belges. Ce lion sera entouré d'une guirlande. Les pièces de zinc ne seront pas perforées, se distinguant sous ce rapport des pièces de nickel, qui resteront naturellement en circulation. L'émission des pièces de zinc doit servir uniquement à faire face aux besoins monétaires du petit commerce qui souffre du manque de monnaie divisionnaire. Il est arrivé, dans certaines localités, qu'à la suite de la pénurie des. pièces de nickel on a émis de la monnaie de papier pour de petites valeurs, inférieures, à un franc. De tels billets se détériorent et se ! salissent très rapidement, aussi doit-on s'efforcer de leur substituer la monnaie métallique. En outre, tandis que les petits billets n'ont cours qu'au lieu d'émission ou dans un district restreint, les monnaies métalliques de r feuilleton du tournai de (iand 79 Le Comte DE Monte-Cristo PAR ALEXANDRE DUMAS A ce nom de Monte-Cristo, Dantès tres-* de joie ; il se leva .pour cacher son motion et fit un tour dans la taverne enfu-"ee °ù tous les idiomes du monde connu enaient se fondre dans la langue franque. Lorsqu'il se rapprocha des deux interlocu-Jlrs. il était décidé que l'on relâcherait à TOnte-Cristo et que l'on partirait pour cette réédition dès. la nuit suivante. I Edmond, cousulté, fut d'avis que l'île offrait toutes les sécurités possibles, et que les jrandes entreprises pour réussir avaient be-P'n d'être menées vite. "ien ne fut donc changé au programme [rrfté- " fut convenu que l'on appareillerait e'Mdemain soir, et que l'on tâcherait, la cr étant belle et le vent favorable, de se trouver le surlendemain soir dans les eaux de l'île neutre. II L'ILE DE MONTE-CRISTO Enfin Dantès, par un de ces bonheurs inespérés qui arrivent parfois à ceux sur lesquels la rigueur du sort s'est longtemps lassée, Dantès allait arriver à son but par un moyen simple et naturel, et mettre le pied dans l'île sans inspirer à personne aucun soupçon. Une nuit le séparait seulement de ce départ tant attendu. Cette nuit fut uns des plus fiévreuses que passa Dantès. Pendant cette nuit, toutes les chances bonnes et mauvaises se présentèrent tour à tour à son esprit • s'il fermait les yeux, il voyait la lettre du cardinal Spada écrite en caractères flamboyants sur la muraille ; s'il s'endormait un instant, les rêves les plus insensés venaient tourbillonner dans son cerveau. Il descendait dans des grottes aux pavés d'émeraudes, aux parois de rubis, aux stalactites de diamants. Les perles tombaient goutte à goutte, comme filtre d'ordinaire l'eau souterraine. Edmond, ravi, émerveillé remplissait ses poches de pierreries ; puis il revenait au jour et ces pierreries s'étaient changées en simples cailloux. Alors il essayait de rentrer dans ces grottes merveilleuses, entrevues seulement ; mais le chemin se tordait en spirales infinies; l'entrée était redevenue invisible. Il cherchait inutilement dans sa mémoire fatiguée ce .mot magique et mystérieux qui ouvrait pour le pêcheur arabe les cavernes splendides d'Ali-Baba. Tout était inutile ; le trésor disparu était redevenu la propriété des génies de la terre, auxquels il avant eu un instant l'espoir de l'enlever. Le jour vint presque aussi fébrile que l'avait été la nuit; mais il amena la logique à l'aide de l'imagination, et Dantès put arrêter un plan jusqu'alors vague et flottant dans son cerveau. Le soir vint, et avec le soir les préparatifs du départ. Ces préparatifs étaient un moyen pour Dantès de cacher son agitation. Peu à peu il avait pris cette autorité sur ses compagnons de commander comme s'il était le maître clairs du bâtiment : et comme ses ordres étaient toujours précis et faciles à exécuter, ses compagnons lui obéissaient non-seulement avec promptitude, mais encore avec plaisir. Le vieux marin le laissait faire ; lui aussi avait reconnu la supériorité de Dantès sur j ses autres.matelois et sur lui-même. Il voyait dans le jeune nomme son successeur naturel, et il regrettait de n'avoir pas une fille pour enchaîner Edmond par cette haute alliance.A sept heures du soir tout fut prêt ; à sept heures dix minutes on doublait le phare juste au moment où le phare s'allumait. La mer était calme, avec un vent frais venant du sud-est ; on naviguait sous un ciel d'azur où Dieu allumait aussi tour à tour ses phares, dont chacun est un monde. Dantès déclara que tout le monde pouvait se coucher et qu'il se chargeait du gouvernail. Quand le Maltais (c'est ainsi que l'on appelait Dantès) avait fait une pareille déclaration, cela suffisait, et chacun s'en allait coucher tranquille. Cela arrivait quelquefois : Dantès, rejeté de la solitude dans le monde, éprouvait de temps en temps d'impérieux besoins de solitude. Or, quelle solitude à la fois plus immense et plus poétique que celle d'un bâtiment qui flotte isolé sur la mer, pendant l'obscurité de la nuit, dans le silence de l'immensité et sous le regard du Seigneur? Cette fois, la solitude fut peuplée de ses pensées, la nuit éclairée par ses illusions, le silence animé par ses promesses. Quand le patron se réveilla, le navire mar chait sous toutes voiles; il n'y avait pas un lambeau de toile qui ne fût gonflé par le vent ; on faisait plus de deux lieues et demie à l'heure. L'île de Monte-Cristo grandissait à l'horizon.Edmond rendit le bâtiment à son maître, et alla s'étendre à son tour dans son hamac; mais malgré sa nuit d'insomnie, il ne put fermer l'œil un instant. Deux heures après il remonta sur le pont ; le bâtiment était en train de doubler l'île d'Elbe. On était à la hauteur de Mareciana et au-dessus de l'île plate et verte de la Pia-nesa. On voyait s'élancer dans l'azur du ciel le sommet flamboyant de Monte-Cristo. Dantès ordonna au timonier de mettre la barre à bâbord, afin de laisser la Pianosa à droite ; il avait calculé que cette manœuvre devrait raccourcir la route de deux ou,trois nœuds. Vers cinq heures du soir, on eut la vue complète de l'île. On en apercevait les moindres détails, grâce à cette limpidité atmosphérique qui est particulière à la lumière que versent les rayons du soleil à son déclin. (A Fîf'vre).

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Cet article est une édition du titre Journal de Gand: politique, industriel, commercial et littéraire appartenant à la catégorie Liberale pers, parue à Gand du 1856 au 1923.

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