L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam

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s.n. 1917, 25 Octobre. L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam. Accès à 22 octobre 2020, à https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/fr/pid/s17sn0295j/
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4éme Annee i%°. io97 s cents -œtc-œ m^--v—' .M.—W U-/SW L'ECHO BELGE L'Union fait la Force. •Journal quotidien du matin paraissant en Hollande Heine est notre nom de t ami lie. Toutes les lettres doivent être adressées au bureau de rédaction: N. Z. VOORBURGWAL 234-240, AMSTERDAM. Téléphones: 2797 et 1775. Rédacteur en Chef : Gustave Jaspaers. RArfflotjn,,.! Charles Bernard, Louis Piérard. Rédaction. j René Chambry, Emile Painparé. Abonnements: Hollande fl. 1.50 par mois. Etranger fl. 2.00 par mois. Pour les militaires au front et les militaires internés en Hollande il. 0.75 par mois payable par anticipation. Annonces: 15 cents la ligne. Réclames: 30 cents la ligne. Le Ooeteur Procuste Médecin boche. Notre excellent compatriote, M. Terwagne, a dit, à cette même place, quel intérêt national avaient les Belges à la mise en valeur et au développement de nos richesses thermales. Nous sommes sous ce rapport, comme sous quelques autres, "une des contrées les mieux pai-tagées du monde, et nous n'avons pas grand' chose à envier à la grande Allemagne. Ce que Terwagne n'a pas dit, par modestie et peut-être parce qu'il est du métier, c'est que nous avons, en Belgique, un corps médical réputé par science et son honorabilité professionnelle, et, qu'après la guerre, nous pourrons très bien nous passer de franchir le Rhin pour boire des eaux minérales ou pour faire soigner nos reins, notre cœur, notre foie et le reste. Avant la guerre, c'était une manie, aussi bien à Bruxelles "qu'à Louvain, dans nos/meilleures universités, que de vanter la science médicale allemande. Quelques-unes de nos gloires nationales ne juraient que par Vienne on Berlin.. Nos étudiants allaient se perfectionner dans leur art aux laboratoires et dans les cliniques allemandes dans la proportion de neuf sur dix. Les noms des grands cliniciens français ou anglais étaient inconnus de la foule ec même de l'élite. Aussi, la grande clientèle belge allait-elle fréquemment se faire rançonner en Bochie. Il a fallu l'atroce aventure du mois d'août 1914 pour nous faire connaître l'Allemagne (et encore ne savons-nous qu'une partie de la vérité). Des yeux belges s'eruvrirent alors & d'inoubliables et terrifiantes visions! Je connais des catholiques, qui avaient foi dans le centre allemand, qui ne sont pas encore revenus de leur désillusion et qui se prennent la tête entre les mains,1 pour se sauver d'un cauchemar, lorsqu'un évêque, comme Mgr. Péchenard (de Sois-sons), leur affirme qu'on a vu des aumôniers allemands dynamiter eux-mêmes, de leurs propres mains, des églises dans lesquelles, quelques heures auparavant, ils avaient peut-être célébré la messe! Ijes médecins boches font oublier ces peccadilles! A côté d'eux, les aumôniers dynamiteurs ne sont que des petits saint-Jean bien innocents! et presque candides. On pajle beaucoup de la Kultur; c'est un sujet intarissable. Je ; conseille à l'un de nos patriciens belges, s'il s'en trouve, possédant le courage et le loisir de ce travail, de réunir en un faisceau tous les traits qu'on rapporte des médecins allemands, au cours de cette guerre-oi, et de les publier sous ce titre per exemple: ,,La Kultur médicale", et jamais plus un malade belge n'osera confier sa peau à un Esculape d'Outre-Rhin. Ceux de nos lecteurs-qui ont fait'leurs études classiques et mis leur nez dans les papiers grecs ou latins se- souviennent de Procuste, brigand fameux, plus célèbre dans l'Attique que Bakeîand dans la forêt d'Houthulst. Procuste arrêtait les voyageurs, tous, sans distinction, les couchait sur son lit, après les avoir dépouillés, allongeait ceux qui étaient trop courts et raccourcissait ceux qui étaient trop longs... Aujourd'hui Procuste a pris ses diplômes, il est pangerinaniste, docteur ( en chirurgie ou en médecine. Le lit est 'devenu une clinique. La Science en a fait un Herr Prof essor. Permettez que je vous présente, à l'œuvre, Son Excellence le Docteur Procuste, médecin boche. A Raon-sur-Plaine, après le recul français, le Dr. Schneider reste avec trente malades. Le lendemain arrive, avec une ambulance allemande. professeur Vulpius — un beau nom et hier orté comme on verra — savant allemand cor *abîe de l'université d'Heidelberg, qui a (!>• osider maints congrès internationaux de clri iens. A peine installé, le Dr. Procuste, par ,.i Vulpius, déclare à ses confrères français qu'il va procéder à une petite formalité dont il a l'habitude. Il se fait remettre les porte-monnaies, contenant et contenu! Après avoir dépouillé ses confrères, il en fit de même des ble.vés. Ajoutons, pour compléter le portrait du personnage, que pas une fois il ne s'est occupé des blessés, 'ses compatriotes : il a commandé du vin, rapportent des témoignages officiels irrécusables, et pendant quinze jours il n'a pas ,(i-lé. Un joli type, n'est-ce pa£, et les durs adjectif. vous montent aux lèvres. Economisons no-tiv indignation pour ceux qui vont suivre. Le 26 juin 1916 l',,Echo belge" a rapporté cet aveu d'un praticien allemand: ..La rareté du chloroforme et de l'éther nous a. obligé à achever des'soldats grièvement blessés. Nous leur brûlions la cervelle.'' C'est à frémir! Non, mais les voyez-vous, ces guérisseurs, se promenant dans les ambulances le revolver au poing et distribuant, en guise de son sol a tion, et comme suprême viatique d'espoir. des balles mortelles. Et bien, ceux qui tiraient ainsi n'étaient pas es plus cruels parmi ces bandits diplômés. ,,Je me suis occupé à Stenay (déposition du ïoeteur Bender devant la Commission d'en- ' juste) d'un soldat français, qui avait reçu au ned une blessure peu grave et ne nécessitant ras une opération. Ma stupéfaction fut grande juand je constatai qu'un major allemand lui ivait coupé la cuisse. J'ai manifesté à celui-ci non indignation. Il s'est borné à me répondre: ,Ce "sera un homme de moins contre nous dans a guerre future." Des documents officiels rapportent, sans contestation possible, que des chirurgiens alle-nands ont amputé sans nécessité, par vengean-;e mauvaise de leurs ennemis* blessés, tous les nembres atteints-, comme s'il y avait eu ordre le couper ! N'est-ce pas à fîiire frémir? Convenons, hélas ! que ces Procuste, si abo-ninables envers les Français, n'étaient guère >lus humains pour leurs propres blessés. ,,Nous avons trouvé, dépose un praticien rançais, en rentrant dans Raone-l'étape, dans 'ambulance allemande, des opérations inache-ées datant de plusieurs jours, le tout suppu-ant et même une salle contenant empilés des :orps en putréfaction." Il y a plus atroce encore, mais je renonce , transcrire. Les boches diront, comme suprême excuse: î'é^it la guerre! Alors qu'ils expliquent ce qu'ils osaient [é'à. chez eux, vis-à-vis de leurs propres ma-a des. L',,Indépendance belge" nous a révélé, dans on numéro du 7 noV. 1916, l'existence d'un ivre du docteur allemand Paul Forster, infci-îU.lé: ,.Le meurtre au service de la-" science." En pleine paix (les premières constatations emontent en 1851) les praticiens bo&Fies n'hé-iitaient p.is à user largement du matériel hu-nain pour leurs .expériences médicales. Ntfus ■ saVons, par des documents allemands irrécusables, que leurs médecins et leurs savants injectaient le cancer, la tuberculose, l'avarie etc. etc. aux malades de leurs hôpitaux, à titre expérimental.Je ne citerai qu'un seul trait, voulant ménager les forces dû lecteur. Les professeurs von Bergmann et Halm, de Berlin, se flattent d'avoir prouvé la contagion du cancer en inoculant avec succès le virus de cette terrible maladie à des personnes absolument saines (Deutsche Medizinische Wochenschrift 1897, page 504). Procuste raffine dans l'horreur! J'inçiste sur cette constatation que ces faits se sont passés en Bochie, en plaine paix. La guerre", la ruée de la bête allemande enragée, excitée par la .vue du sang ou de l'incendie, n'était pour rien non plus dans la rédaction de ces mémoires d'un médecin, trouvés dans une tranchée reconquise, et dans lesquels on lisait ce coîTseil d'un père boche à son fils médecin : ,,Si l'occasion se présente pour toi d'empoi-stfnner un Français n'y manque pas: tu dois cela, mon fils, à ta patrie!" Il est vraisemblable que nous, pauvres Belges, nous sommes aujourd'hui placés sur le même rang que nos alliés et dignes par conséquent de tous les raffinements de la barbarie teutonne. Après tout ce' que je viens de rapporter, je crois que nous pouvons conclure sans exagération : Gardons-nous du médecin allemand, de ses eaux, de ses ordonnances, de ses potions, de son bistouri et du reste. Et puis enfin, et ceci doit être la conclusion suprême, celle de toutes nos pensées, celle de chaque jour, d'ici la victoire : tenons éner-giquement, tenons comme nos poilus; ne nous abandonnons pas un seul instant à la lassitude de ces jours d'exil et d'attente; tenons bon contre "les sauvages de l'Europe Centrale, dont Procuste n'est qu'un seul et hideux exemplaire. Auger de Busbeck. ! La violation de la neutralité de la Belgique était préméditée par l'Allemagne dès avant 1911. La ,,Kôlnische Zeitung" a publié sur deux grandes colonnes do longs «traits d'une conférence sur la neutralité belge faite à Genève, le 14 juillet 1917, par un sieur Van Steen-berghe et dont elle emprunte le texte à ,,La Nation", feuille notoirement connue comme organe de la propagande allemande en Suisse. On y trouve un remarquable aveu. ,,Jusqu'en 1911, y lit-on, l'Allemagne vécut dans la persuasion que le passage éventuel de ses armées à travers la Belgique ne* soulèverait aucune opposition do la part de celle-ci,"attendu que la Belgique avait réédifié les fortifications «'e la Meuse sur le désir exprimé par la Prusse. L'Allemagne construisit tout son réseau de voies ferrées conformément à cette conviction et ses écrivains i militaires ne firent aucun mystère de leurs pians à cet égard, sans que cela provoquât do la part de la Belgique aucune demande d'explication. C'est en 1911 seulement que l'Allemagne apprit que tout était changé depuis l'avènement du nouveau roi. Mais elle ne considéra pas comme opportun de modifier ses plans et elle resta même dans la persuasion qu'elle se heurterait, tout au plus, à- une résistance toute formelle." C'est assurément la première fois qu'un 1 grand organe ^gouvernemental allemand publie une- déclaration aussi'catégorique sur la préméditation ailemandb. Car, indépendamment du fait qu'il ne l'accompagne d'aucune réserve, -cette déclaration a une portée qui dépasse de beaucoup celle d'une opinion privée. Son auteur, que lo journal allemand appelle ,,un patriote belge", est, aux yeux des Belges, un person- ! uage suspect pour plusieurs raisons, entre aunes les suivantes : Il s'est rendu de Belgique, en Suisse, muni de 1 passeports allemands et avec le privilège, tout ] exceptionnel, de passer la frontière avec des ,, documents. Dès son arrivée en Suisse, des no- ( tabilités belges et suisses ont démasqué en lui ^ le complice de la propagande allemande. Elles , ont interrompu sa conférence de Genève pour lui demander explication de sa présence en 1 Suisse et compte de son attitude, et il est 1 resté sans réponse. Enfin, que peut-on souhai- c ter de plus révélateur que dé voir ,,La Na7 ( tion", de G^enève, reproduire le texte de son -y exposé, et les grands journaux allemands en publier de longs extraits en première page, et même en articles éditoriaux. Le doute n'est donc pas possible : "c'est la propagande allemande qui parle par la bouche de Van Steenberghe. C'est elle, par consé- = quent, qui reconnaît que, dès avant 1911, € l'état-major allemand avait arrêté et complè- c tement préparé sur le terrain le plan d'attaque c de la France à travers la Belgique. r S'il fallait, au surplus, mettre une fois de s plus eu lumière, à ce propos, la mauvaise foi du gouvernement impérial à l'égard du petit pays dont il avait garanti l'indépendance et la n neutralité, il suffirait de rappeler la déclara- ( tion qu'il fit en 1911 et que l'on trouvera, cou- " signée dans le premier ,,Livre Gris" belge sous bno. 12. $ a Le département des affaires- étrangères de n Belgique avait suggéré alors l'idée qu'une déclaration faite au parlement allemand à l'oc- p casion d'un débat sur la politique étrangère v serait de nature à apaiser l'opinion publique g belge et à calmer des défiances, éveillées par y les polémiques soulevées cette année-là même, j> autour du projet hollandais de fortifier Fies- „ singue. ,,M. de Bethmann-Hollweg fit répondre, = dit le Livre Gris, qu'il avait été très sensible aux sentiments qui avaient inspiré notre dé- n marche. ^ ,,11 déclarait que l'Allemagne n'avait pas l'intention de violer notre neutralité, mais il estimait^ qu'en * faisant publiquement une déclaration l'Allemagne affaiblirait sa situa-tion militaire vis-à-vis do la France qui, ras- cj surée du côté du Nord, porterait toutes ses forces du côté de l'Est"..Et cependant, on le lr reconnaît aujourd'hui publiquement, l'état- r major allemand était déterminé et prêt, dès n 2e moment, à conduire les armées impériales ,\ \ travers la Belgique. La duplicité vient ici, comme* en d'autres Dceasions, aggraver la préméditation. s, .— ( « // y & un an t 25 octobre. 1916. — Les Français êten- b( ient leurs -progrès a l'est du bois de Fumin, P %iù nord de Chenôis. 3 e Près de Koritza Premedi la cavalerie ita- ^ Vienne ojjère la- jomctiorv avec la cavalerie p. ie. Varmée de Scdomque., En Belgique. A Bruxelles Le Conseil communal d'Etterbeek a été trop souvent le théâtre de. pénibles incidents pour qu'on ne se réjouisse aujourd'hui de la patriotique attitude qu'il vient de prendre, à la suite d'une proposition déposée en faveur de la paix par le conseiller Hanno-tiau.M. De Valckeneer annonce à Pou%rture de là séance que M. Hannotiau, son collègue du banc libéral, ne fait plus partie du groupe. Il en a été exclu. Le docteur catholique De Rdddêr fit alors la déclaration suivante: ,,L'opinion publique, dit-il, est préparée pour la paix; mais ce n'est pas à vous, M. Hannotiau, mandataire communal, à faire des voeux pour la paix. Vous n'avez pas le droit de vous ingérer dans les affaires diplomatiques. Vous êtes incompétent-! Lors de la déclaration de guerre, vous Rvous êtes* rendu solidaire du gouvernement. Que les diplomates s'occupent de la paix, qu'ils arrivent à une solution rapide ! C'est leur rôle, c'est leur devoir, -car la p*ix est possible en tout temps. ,,11 n'est pas digne d'un Belge de provoquer n'importe quel soulèvement soit en faveur de la paix, soit en faveur de la guerre. Vous avez commis l'acte d'un désespéré. Comme Belge et comme mandat-aire public, je ne puis que flétrir votre attitude, qui est en contradiction flagrante avec votre serment de fidélité au Roi, à la Constitution et aux lois du peuple belge". Immédiatement, le public de partir en applaudissements bruyants. M. Hannotiau se lève alors et dit qu'il s'attendait à l'hostilité de ses collègues. On l'a accusé d'être payé pour parler de paix. ,,Je proteste do toutes mes forces contre deà procédés aussi vils que criminels. Je ne suis qu'un pauvre diable et je le resterai. J'ai travaillé dès l'âge de treize ans et demi. A trente ans, j'étais conseiller communal. J'ai les mains nettes. Par ce temps de corruption, c'est quelque chose!" Personne n'applaudit. Le public est visiblement anti-pacifiste. Et il a raison. M. Kalm, conseiller libéral, traite la mo-tion de M. Hannotiau d'illégale* et d'inop- ' portune. Et ceci à l'oeil droit de la presse j embochée: ,,Elle fut surtout. inopportune, s'écrie-t-il. parce qu'une infime minorité de Belges peuvent exprimer leurs idées dans des journaux 3t que les autres ne peuvent peint les contredire.,,Sous le prétexte qu'il y a des bandits *t des accapareurs qui profitent de la guerre ît veulent sa continuation on nous traite de pateriotards. Il y a. des affamés parmi nous: 3e sont ceux-là qu'on appelle des patrio-:ards ! Un journal, vantant le ,,geste magnifique" de M. Hannotiau, a dit qu'il a été ïonspué par des Belges ,,dont les yeux ne iont pas encore ouverts à la réalité". Plutôt 'ester aveugles que de nous associer au geste ie M. Hannotiau!" Là-dessus les applaudissements partirent, îourris et répétés. Le pacifiste Hannotiau essaie de répliquer, mais la parole lui est fréquemment îoupée. Un conseiller lui crie: ,,Allez à Berlin!" Le Conseil, maintenant sa patriotique attitude, décide de jeter au bac à ordures la ettre .d'un certain Libbrecht, enfouie sous les tas de brochures aktivistes au ministère les sciences et des arts et qui exige la créa-ion de classes flamandes dans toutes les éco-es communales d'Etterbeek. Le collège 6'en ient aux lois existantes. Et le piètre Han-îotiau, flanqué à l'a porte du parti libéral —• omme un va.let dont on est mécontent — ontinue à s'abstenir. C'est un neutre. Pau-rre type ! A Anvers Les maisons allemandes établies en Bel-ique avant la guerre s'occupentide faire ncaisser leurs factures — par l'entremise .e l'autorité militaire — chez leurs an-iens clients. C'est ' l'encaissement manu îilitari, — preuve que les Boclies ont be->in d'argent. * * * ,,Le Courrier dé la Meuse" apprend à ses icteurs que la Kommandantur se trouve Ave> ue des Arts, dans l'habitation du général de i garde civique Mois. Le gouverneur habite renuQ Van Eyck. Un bureau de police alle-and est" établi chez lo baron Pollet. Lo nombre des employés allemands est assez msidérable. Ils sont forcés de souscrire à emprunt de guerre. La somme qu'ils doivent ïrser est calculée a'après leur traitement, 'ils refusaient de la payer, ils seraient en-Dyés au front. Ils ont dû également céder tout or qu'ils possédaient : chaînes, montres, baies, et jusqu'aux alliances. Aux usines Minerva il y a autant d'ouvriers l'en temps de paix, c'est-à-dire deux mille, n y répare les automobiles endommagés sur front. Dans les fabriques de munitions, aucun Bel-3 ne travaille. Les .ouvriers qui restent sont resque tous occupés dans les champs. Lo nombre deà déportés a été très grand ins la région. Quelques-uns sont revenus alades et se traînant à peine, beaucoup sont orts en Allemagne. Ceux qui sôpt revenus nt des récits terribles des mauvais traite-lents qiie nos malheureux compatriotes ont < supporter en Allemagne. Ceux qui ne con-ntaient' pas à travailler pour les Allemands aient frappés à coups do canne et de plat de • ,bre; plusieurs ont trouvé la mort sous les ' ups. D'autres furent soumis à des traite- 1 ents plus barbares encore. On raconte que rtains ont été plongés dans une baignoire eau tiède dans laquelle on ajoutait de l'eau : millante jusqu'à ce qu'ils cèdent. Ceux qui >fusaient étaient retirés brutalement et on ] tait) de l'eau glacée sur leurs brûlures. Après < roir supporté ce traitement barbare, un i nversois, aujourd'hui repatrié, a dû subir < imputation des deux jambes. A Anvers tout le cuivre a été enlevé. On j parle aussi de la réquisition des miroirs et des meubles en acajou. Pour éviter la saisie des couyertures, beaucoup de gens les avaient fait teindre et transformer en manteaux. • Les Allemands, l'ayant appris, ont pris lin arrêté menaçant do peineg sévères tous ceux qui dénaturent' un objet soumis à réquisition. En ville il est rare de voir un cheval. Toute la traction se fait au moyen de boeufs ou d'ânes. Voici le prix de quelques denrées alimentaires : pommes de terre : 150 fr. les 100 kgs ; choux blancs, 1 fr. ; graisse, 49 fr. le kg. ; lard, 30 fr. ; viande de 9 à 15 fr. ; os sans viande, 1.25 fr. ; pommes et'poires, 1 fr. 25; lait^ de 60 à 90 centimes le litre ; sel, 38 c. le kg. ; beurre, 29 fî*. ; café, 50 fr. ; chicorée, 20 francs. Les souliers d'hommes valent de 100 à 130 fr. ; les oeufs, 1 fr. 20; le fil, 5 fr. 25 la bobine. Le riz n'existe plus pour le peuple'. En bourse, il vaut 18 fr. le kg. Et les officiers allemands trouvent encore moyen d'acheter tout ce qu'ils rencontrent et de l'expédier en Allemagne. Cela console les Anversoisj car ils voient ainsi que chez l'ennemi on souffre encore davantage. * * ■* La nouvelle nous parvient de Londres de la mort de M. Carlo M att on- P ai n paré, l'artiste violoniste bien coniiu, professeur réputé, qui s'était créé en Angleterre — comme à Anvers — une belle ..situation. Il meurt à l'âge de 37 ans, des suites d'une maladie d'estomac qui devait l'emporter subitement. Physionomie que tous ceux qui s'intéressent aux choses d'art à Anvers connaissaient, élève du Conservatoire Royal de Bruxelles où il avait suivi les lqpons d'Isaye et de Thompson, ancien premier violon de la S'ociété des Nouveaux Concerts, soliste clés Concerts de l'Harmonie et de ; la Zoologie, • correspondant a/nversois du ,,Guide Musical", Carlo ^^itton était un pur artiste, ne vivant quv* pour cet art qu'il possédait à la perfection et qui était — vraiment — toute sa vie. 11 était également secrétaire de la Société de bienfaisance de secours aux artistes réfugiés, à Londres. La mort de Carlo Matton est une perte sérieuse pour notre école musicale anver-soise.Nous présentons à sa veuve éplorée à son fils Paul et à sa famille l'expression de nos sincères condoléances. A Ibotavaisi Dans sa dernière séante le Conseil communal a, une fois de plus', été appelé, à autoriser le Bureau de bienfaisance, dont les charges ne font que croître de jour on jour, à vendre quelques parcelles de terre. Vu les circonstances particulièrement favorables, cette autorisation a été accordée à l'unanimité. D'ailleurs, ce n'est pas fini, et si la. guerre dure encore quelque temps la propriété collective aura passé tSut entière en des mains privées. Après avoir débarrassé l'ordre du jour des questions d'ordre administratif, le Conseil a abordé la demande d'une ouverture de crédit d'un million à la Banque Centrale de la Dyle dans le but de faire des achats en gros pour les besoins de la population par les soins du Comité local de secours et d'alimentation. La Ville se portait garante pour une somme de 750,000 francs et avait demandé au Bureau de bienfaisance et au Conseil des Hospices de garantir les 250,000 francs restants. Ces deux organismes y consentirent moyennant l'aval de la Ville. Outré de ce manque de confiance, le Collège décida de prendre toute la garantie à sa charge et le Conseil approuva sa conduite. Après quelques nominations dans la. personnel de l'administration, le nouveau receveur communal, M. Groenendael, prêta le serment requis et fut installé dans sa charge. Au Pays WaSIoa Dans la nuit du 5 au 6 aoiit:1914 une bataille sàengagea entre Belges et Allemands dans le bois de Boncelles e.t Sart-Tilman. A la suite de cettef rencontre, exactement le 6 août, à 3 h. 1/2 du matin, le premier Allemand pénétra dans Tilff. C'était un blessé. Il alla à l'ambulance du Patronage. Dans la matinée, 250 autres blessés arrivèrent, qu'il fallut répartir entre diverses ambulances: celle du Patronage, à l'Amirauté, chez Parmentier et' : chez Villers. Les tsoldats non blessés prirent quartier également' chez Parmentier, à l'Amirauté, chez Odekerken et dans quelques mai- i sons particulières, dans les villas principale- ] ment. ' , Un Français, appelé William, acteur dans " un théâtre ambulant, accusé d'avoir pris des instruments de chirurgie à l'ambulance du -, Patronage — ces instruments appartenant au Dr. Pollain, de Tilff — fut fusillé. Il est vrai ^ue ce William était aussi accuse d'avoir volé " les armes, épée et revolver, au major boche 3mith. ^ i Comme maison pillée et souillée, il faut citer la villa de M. l'avoué Fincoeur. En entrant à , rilff, les Allemands n'avaient pas maifqué de ( choisir leurs otages: MM. 'le bourgmestre^ le Duré, les éclievins et conseillers communaux, 1 Edgard Tliys, Joseph Osterrath, Joseph Bouhy, H Jean Renéry, etc.... Il n'en résulta heureuse- { ment pas plus de mal. Il reste à Tilff environ 150 Allemands cantonnés chez Parmentier, à l'hôtel de l'Ami- i rauté, à Méry, villa Claire-Gabrielle, et dans ■( juelques maison» particulières. La bureaucratie illemande s'est' distribuée un peu partout : au >afé du Pont, chez Auguste Thozet, à la villa c lu juge Verbruggen, avenue de la Grotte, à rilff, et à Méry, à la villa Claire-Gabrielle. 3'est dans ce dernier local qu'avai{ lieu l'appel r.ensuel (dans lés 3 premiers jours de chaque nois), lorsqu'on n'était pas -convoqué à la î naison communale. Longtemps les écoles ne donnèrent que deux ] îeures de cours par jour. Ces derniers temps l( >n faisait classe toute la journée. Les Alle-nanda ont, hélas! entrepris des travaux de roup'e dans les bois de Boncelles (bois Saint- s rean). Ils ont même fait couper les arbres de 'avenue Alphonso-ÎÇeef» c Les opérations militaires. Brillant succès français au nord de l'Aisne. « Les troupes du général Pétain s'emparent du fort de Malmaison et des villages d'Alternant, Vaudesson et Chavignon. — Elles font plus de 7500 prisonniers et s'emparent d'un énorme butin de guerre, dont 25 pièces lourdes. Les Anglais repoussent plusieurs attaques ennemies en Flandre. La situation à t'Est« Les Français enlèvent Se fort de Maimaison, les villages d'Allemant, de Vaudesson, de Chavignon et capturent plus do 7500 prisonniers et 25 canons de calibre lourd. (Communiqué officiel.) PARIS, 23 octobre. En dépit du brouillard et du temps pluvieux l'attaque déclàn-chée ce matin au nord de l'Aisne, sur les puissantes positions défendues par les meilleures troupes allemandes, s'est développée brillamment. La'ligne des carrières de Fruty à Bohery fut prise d'un bond. Le fort de Maimaison tomba ensuite en notre pouvoir. En dépit d'une résistance acharnée l'ennemi fut délogé des carrières de Montparnasse. # Sur l'aile gauche nous enlevâmes les villages d'Aliénant et de Vaudesson. Sur l'aile droite la ligne française ai- 1 teignit les hauteurs dominant Parguy et Filain. Au centre, où nous repoussâmes les réserves fraîches de l'ennemi, nous nous emparâmes de Chavignon, où notre avance a une profondeur de 3£ kilomètres. Les pertes de l'ennemi sont considérables. Le nombre des prisonniers dépasse 7500. Nous capturâmes un butin énorme, dont 25 canons de calibre lourd. Les premiers résultats de l'attaque française. PARIS, 23 octobre. (Reuter.) L'attaque déclanchée dans la matinée dans le secteur du moulin de Laffaux, au sud de Laon, se développe très heureusement pour nos armes.Les Français'se sont emparés des crêtes qu'ils dépassèrent et dont ils occupent les. contre-pentes. L'avance réalisée est de 3 kilomètres de profondeur sur un front d'attaque de S kilomètres. Nous possédons le fort de Malmaison, occAipé dès le début de l'attaque, ainsi que les villages d'Allemant les Vallons et de Chavignon que nous dépassâmes. Nous occupons le ravin de Chavignon. Nous nous trouvons devant la plaine de Laon. Nous capturâmes 3000 prisonniers et 19 canoii6. Le combat continue. La lutte sur le Chemin des Darnes. Le correspondant spécial de Reuter près de l'armée française annonce en date du 23 octobre, 10 heures du soir: Dans la vallée de l'Ailette de nombreuses réserves allemandes se trouvent concentrées qui sont décimées par les projectiles français sans quJelles parviennent à secourir leurs camarades sur 1© plateau ou à s'abriter elles-mêmes au delà de la rivière. De nombreuses troupes n'ont plus reçu de la" nourriture depuis 24 heures. ^ Au point de vue d'artillerie cette lutte est une des plus importantes de toute la guerre. Jamais, excepté peut-être quelquefois au cours de la bataille en Flandre, une masse d'artillerie aussi considérable ne fut concentrée. Le bombardement préparatoire des Français dura plusieurs jours. Le bombardement de nuit fut d'une violence sans égale. 'Ce fut une des rares fois qu'une attaque d'infanterie de grande envergure se produisit pendant l'obscurité. Une heure après, quand le soleil se leva, on ne distingua déjà plus les troupes d'assaut. On n'aperçut plus que les éclairs des grenades qui firent explosion. A Maimaison le résultat de la > lutte fut encore incertain. Le fort de Mal-maison était défendu par le célèbre, premier régiment de la garde prussienne. Le correspondant d'Havas annonce en-xire:Le fort de Malmaison, qui constituait le but 'principal de l'offensive, fut non seu- • ement occupé, mais nous nous y sommes in-•tallés définitivement. Pendant que nous dépassâmes cette position, qui constitue la clef de toute la chaîne lu Chemin des Dames, nous occupâmes la îauteur 179 dans la direction nord' et nous gagnâmes du terrain sur les versants de la ïrete jusqu'à la vallée de l'Ailette. De nombreux abris furent détruits par nos obus ourds tandis que les occupants furent ensevelis sous les ruines. La bataille d'aujour-l'hui fut peut-être une des luttes les plus mportantes depuis 1914. Les Allemands îux-mêmes avaient démontré quelle grande mportance ils attachaient à ces positions, lu&ls perdirent en une seule matinée, en v îonesutrant leurs meilleures troupes avec un natériel considérable. La bataille du Chemin les Dames, qui avait été préparée par les leux partis depuis de nombreux mois, est la utte entre la France et l'Allemagne. Les Allemands, au courant de ces projets, ont élevé le gant et l'Allemagne est sortie bat-ue du combat. Les Anglais repoussent de nombreuses ontre-attaques ennemies et Infligent de grosses pertes à l'adversaire. (Communiqué officiel.) { LONDRES, 23 octobre. (Reuter.) Le J naréchal Haig annonce : i Outre l'attaque signalée dans le com- J nuniqué de ce matin, l'ennemi fit encore 5 leux contre-attaques hier 6oir. A la pre- "I tiicre attaque les troupes allemandes es-ayèrent d'avancer par la ligne de la route s V est-Roosebeke—Pœloapelle. Cependant, -u moment où elles ne se trouvaient plus 3 qii'à 200 yards des nouvelles positions, elles furent reçues par notre feu de mousqueterie et de mitrailleuses et repoussées avec des pertes. Pendant la retraite les survivants furent surpris par notre feu de barrage, de sorte que l'ennemi 6ubit de nouveau dea pertes élevées. La seconde attaque fut entreprise avec i une force importante immédiatement au nor.d du chemin de fer Ypres—Staden. Ici l'ennemi fut également repoussé par notre £eu. . Le matin, de bonne heure, une nouvelle attaque fut entreprise sur nos positions î dans le bois de Houthulst, au nord-est de ; Veldhoek. L'ennemi fut complètement repoussé et laissa des. prisonniers entre nos mains. Une attaque moins violente sur une dea fermes fortifiées au sud-est de Poelcapelle, enlevées par nous hier, échoua aussi. Au cours do la journée, malgré le mauvais temps, de part et d'autre l'artilleria resta en action sur le front* de combat. Grande activité dans les airs, (Communiqué officiel) LONDRES, 23 octobre. (Reuter.) La marédhal Haig annonce: Jusqu'à midi, hier, -le mauvais temps entrava presque toutes les opérations aériennes. Malgré cela nos avions appuyèrent l'action de notre infanterie sous tous les rapports. ' Ils bombardèrent en outre les emplacements pour mitrailleuses et les troupes ennemies dans les cratères, en marche et dans îes villages. Au cours de la journée un grand nombre de», bombes furent lancées sur les quartiers et les abris ennemis, sur l'infanterie allemande, dans -les cratères et dans les tranchées.' Los nuits précédentes l'ennemi lança un grand, nombre de bombes sur nos positions avancées mais la nuit dernière se« avions déployèrent moins .-d'activité, excepté aux environs de Dunkerque. Dans la soirée nos avions attaquèrent violemment sept champs d'aviation ennemis. Les bombes tombèrent tout près dea hangars et des aéroplanes. Plus tard dans la nuit la station de Courtrai fut attaquée. Un train fut atteint. Les derniers wagons prirent feu. Au cours de la journée peu de: combats aériens eurent lieu. Deux avions ennemis furent abattus. Deux de nos appareils entrèrent en collision au-dessus des ligne® •ennemies et un autre appareil manque. Sur !e front oriental. Actions diverses. (Communiqué officiel) PETROGRADE, 23 octobre. Dans la direction de Riga, pres.de Skoul, la?' férme de Hinzenberg, Allash et près de Lemberg no3 troupes avancèrent et occupèrent la position avancée de l'ennemi que celui-ci avait évacuée. Ensuite, après un combat, elles s'emparèrent aussi des tranchées au nord de la ferme Hinzenberg. Ensuite on signala des fusillades, principalement dans la direction de Focsany, près de Marescesci. Dans la Baltique aucune action ne se produisit. Près de Ivuivesty des bateaux ennemis, probablement 2 cuirassés, 3 croiseurs et des torpilleurs, furent signalés. Le 21 octobre des torpilleurs bombardèrent la côte près du village d'Iskoul, à 8 verstes au nord de Werder. Les tentatives de l'ennemi pour débarquer près du port de Mcisakoul, à 12 verstes au nord de Werder, furent enrayées par notre garde de irôte. Sur ie front roumain. Opérations locales. ( Comwvuni q u é. officicl. ) JASS5^,- 21 octobre. Il fait calme au front. Notre artillerie dispersa des, détachements ennemis qui essayèrent d'attaquer nos mvragos de défense près de Meonerhul. L'ennemi bombarda assez violemment la station de Manasita. L'artillerie russe dispersa des groupes ennemis qui essayèrent de fraterniser. Sur le Danube la caserne de Tulcea fut bombardée par l'artillerie lourde. Un poste ï'observation fut détruit, tandis que des détachements ennemis furent dispersés. Dans l'Adriatique. Une flottille ennemie mise en fuite. (Comwiuniqué officiel.) ROME, 24 octobre. (Agence Stefani.) Le xhef de l'amirauté italienne annonce: Le 19 on aperçut dans l'Adriatique in-érieure mie flottille ennemie de croiseurs égers. Immédiatement nos avions et nos îroiseurs se mirent en action pour attaquer 'adversaire. Nos avions entrèrent en oon-atab, avec l'ennemi mais nos croiseurs n'y éussirent pas la flottille autrichienne se auvant en toute hâte vers la base de Cat-aro.A l'ouest de Valona nos avions mirent un clis-marin en fuite. ' Tous nos appareils et rtos navires rcaivrè-'ent indemnes,.

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Cet article est une édition du titre L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam appartenant à la catégorie Oorlogspers, parue à Amsterdam du 1914 au 1918.

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