L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam

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s.n. 1915, 11 Mars. L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam. Accès à 17 septembre 2019, à https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/fr/pid/rb6vx0770s/
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jère Année WTÏ39; S cents CIO Centimes) Jeudi ff mars iqir L'ECHO BELGE L'Union tait la Force. Journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam Beiue est notra tmm du Famille Toutes les lettres doivent être adressées au bureau de rédaction: N.Z. VOORBUHOWAL 234-240 Téléphone : 2797. Rédacteur en Chef; Gustave Jaspaers. ( Charles Bernard, Charles Herble>, Comité de Rédaction: I Gustave Peellaert, René Chamhry, ( Emile Painparé. Pour les annonces, abonnements et vente au numéro, s'adresser à l'Administration du journal: N.Z. VOORBUHGWAL 234-340. Téléphone: 177 S. Abonnement f En Hollande fl. 1.50 par mois, navable aar anticination I Etrannon n o nn Réponse à M. le Général Prins Depuis la création de l',,Ecbo Belge'', conscients des devoirs qu'impose Thospita lité que nous accorde si libéralement h Hollande fraternelle, nou3 nous sommet abstenus de toute discussion avec les personnalités hollandaises qui ont exposé leur façon de voir dans le conflit dont est victimc la Belgique. Nous avons éprouvé de la reconnaissance pour ceux qui, avec ce bon sens et ce scrupule qui font partie des plus belles qualités hollandaises, ont dissocié et réduit à néant le système par lequel l'Allemagne prétend compromettre la Belgique, parce qu'elle sent peser sur elle la lionte d'avoir odieusement attaqué et précipité dans un malheur immérité un pays dont elle avait la garde. Nous avons regretté — oh! sans en rien dire! — qu'entraînés par leurs sympathies, des hommes occupant une haute situation aient combattu notre cause, qui est celle de l'honneur et du bon droit. La Belgique ne demande les sympathies de personne. Elle réclame justice. Elle défend sa neutralité violée, elle la défendra jusqu'au bout, par les armes comme par la plume; elle 11e se rendra jamais, quelque pression qu'on puisse exercer sur 6a volonté. Et en même temps qu'elle défend le principe sacré des traités, elle souffre pour la cause de3 petits Etats, ces petits Etats à l'égard desquels la grande Allemagne n'éprouve que mépris et dont, victorieuse, elle ne ferait qu'une bouchée — amicalement, ainsi qu'elle vient encore de le proclamei devant le monde. Nous n'avons rien dit lorsque dans sa brochure ,,Qver den Volkerenkrijg'' qui fait date en Hollande, M. Colijn, ancien ministre de la guerre, attribue les documents Barnardiston au ministre belge de la guerre, tout simplement. Par cette erreur, qui est ,de qualité, sa thèse, qui est celle de la culpabilité probable de la Belgique, trouve un aliment sérieux, dont se sont re pus à suffisance nos ennemis. Nous avions espéré que dans sa seconde brochure, M. Colijn reprendrait son premier travail poui le trahir si nous nous taisions encore. M national, au niveau de sa pénétrante cri tique militaire. Il n'en a rien fait. Nous n'eussions rien dit non plus de la série de lettres qu'adresse M. le général Prins au journa] ,.Het Vaderland" si nous n'y avions découvert -des injustices telles à l'égard de notre pays, que ce serait le trahir si nous nous taisions encore, M. le général Prins a entrepris de justifier la déclaration du chancelier von Bethmann-Hollweg, à propos du chiffon de papier qu'à son sens représentait le traité de neutralité de la Belgique. Le chancelier von Be bh m an n - Iiol 1 weg a besoin de trouver des défenseurs. En Allemagne on lui en veut beaucoup, non pas parce qu'il a laissé commettre le crime de la violation d'un territoire neutre, mais parce qu'il l'a avoué dans son discours du 4 août. Aussi les journaux à sa dévotion sont-ils à l'affût du moindre témoignage en faveur de leur maître et la lettre que M. le général Prins a envoyée au ^VaderlancP du 5 mars n'a pas échappé à leur perspicacité. Ils la reproduisent avec ensemble. Jugez donc! l'avis d'un homme jouissant d'une grande aut-orité dans son pays, occupant une situation en vue, réunissant donc toutes les conditions de l'impartialité la plus absolue. Et quel est l'esprit de cette lettre. On dit vulgairement: pins royaliste que le roi, plus catholique que le Pape. N'est-ce pas Je défaut de cette lettre de dépasser dans ses théories tcuit ce que l'esprit ergoteur de non ennemis a imaginé pour excuser 1e crime des dirigeants de l'empire d'Allemagne.Je nr m'arrêterai pas à l'argument selon lequel l'Allemagne a eu raison de renier sa signature, l'Angleterre ayant refusé de rester neutre moyennant l'offre que lui faisait l'Allemagne de respecter la neutralité belge. Je prie M. le général Prins de lire le livre de M. Waxweiler: il y est démontré que l'Allemagne n'avait pas le droit de négocier le traité de 1839 pour en tirer avantage dans une guerre qu'elle cherchait à faire et que l'Angleterre voulait éviter à tout prix, fors celui de l'honneur. M. le général Prins affirme qu'il a toujours attribué à la neutralité belge la valeur d'un chiffon de papier, comme du reste tout le monde. Sans retourner jusqu'à 'Allemand Bluntschli qui est formel dans 1 opinion contraire, je me bornerai à faire remarquer à M. le général Prins que le professeur de droit international le plus considéré d'Allemagne: Frans von Liszt, dans son manuel, dont la dernière édition a paru il y a un an à peine, insiste à diverses reprises et. de la façon la plu6 précise sur le caractère de neutralité perpétuelle et absolue de la Belgique. Ah ! Je le sais bien ! Les^ Allemands font semblant d'ignorer 1 existence des traités, de ces traités qui les condamnent. Ils font fi de leurs engagements et de tout ce qui les embarrasse dans la discussion essentielle qui s'engage et ne s'arrêtera que lorsqu'avec le monde entier ils devront reconnaître l'évidence. Ils ont. nié la validité du traité de 1839. Ils sont allés chercher jusque dans l'Ancien Testament des excuses à leur méfait. Qu'ils remontent jusqu'à la création du monde, si •«■la Iaum «Aiia. «Ajia «jjrÂtâiia à .1007. à la Conférence de La Haye et aux Conventions qui sont nées de l'accord unanime des nations participantes. L'empereur d'Allemagne y a adhéré en la personne de ' Son Excellence le Baron Marschall von Bie. ' berstein, son ministre d'Etat, 6on ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire à Con6tantinople et en celle du Dr. Johân-nes Kriegcr, son envoyé en mission extraordinaire, son conseiller intime de légation ! et jurisconsulte au ministère impérial des affaires étrangères, membre de la cour permanente d'arbitrage. Il y avait à cette conférence les hommes les plus respectés de toutes les nations. Dois-je rappeler que la délégation des Pays-Bas se composait de ces personnalités de grande autorité morale et de haute sagesse qui sont: M. W. H. de Beaufort, Son Exc. M. T. M. C. Asser, Son Exc. le jônleheer den Beer Portugael, Son Exc. le jôn-khesr J. A. Roell, M. J. A. Loeff ? Et que disent ce6 conventions: Art. I: Le territoire des jouissances neutres est inviolable. Art. X: Ne peut être considéré comme un acte hostile le fait par une puissance neutre de rejwusser, même par la force, les atteintes à sa neutralité. Dans les débats qui précédèrent la signature do cette convention, un des délégués de la Belgique, M. le Ministre d'Etat Van-denheiuvel, déclara, sans que personne de l'assistance, pas même les représentants de' l'empereur d'Allemagne, n'émit de critique:„Les neutres n'ont pas seulement des devoirs, mais ils ont aussi des droits. Etrangers aux hostilités, ils ont- le droit, primordial d'exiger qu'on ne les y mêle ni directement, ni indirectement. ,,Leur territoire est inviolable et il est bon de le. dire en tête des dispositions qui règlent leur situation." ,,Plusieurs de leurs devoirs ont pour objet de leur défendre la tolérance sur leur territoire, d'agissements auxquels les belligérants ne peuvent pas se livrer." ,,Il convri.ent dès lors de ne jxis se borner à dire que les neutres: sont tenus d'empêcher de pareils actes, il importe de déclarer que les obligations des neutres à Végard, de ces faits dérivent d'une interdiction générale qui en bonne logique concerne d'abord les belligérants avant de produire des conséquences pour les neutres." La Belgique a toujours eu le soin le plus jaloux de sa neutralité. A la conférence de La Haye de 1899. M. Beernaert n'exposait il pas lucidement les devoirs auxquels la Belgique obéissait avec l'assentiment de tous ses voisins, sans exception : ,,Lcs petits pe/i/s surtout ont besoin de pouvoir compléter les éléments de leur défense, en disposant de toutes leurs ressources, et vous me permettre: bien de dire encore quelques mots du mien." ,, Notre territoire est extrêmement restreint, mais sa situation géographique est d'une grande importance et c'est, ce qui fait que nous avons été si souvent le champ de bataille de VEurope." ,,T)e là, l'institution de notre neutralité qui ne vise pas seulement notre intérêt à nous-mêmes." ,,(Jette neutralité, nous en respectons scrupuleusement les conditions et nous faisons ce que nous pouvons pour être en mesure de la. faire respecter au besoin." ,,T)e là, les grandes dépenses que nous avons faites à Anvers et plus récemment sur les bords de la Meuse. Nous avons voulu écarter jusqu'à la tentation que pourraient avoir les belligérants d'user de notre territoire pour des fins stratégiques." Ainsi se confirmait le droit à la neutralité armée que M. Je général Prins refuse si catégoriquement à la Belgique et en quoi il voit l'aveu de la Belgique même qu'elle ne se considérait plus comme neutre. M. le général Prins enfin contestera-t-il l'autorité de Son Exc. le lieutenant général Jonklieer den Beer-Portugael lequel à ,1a 4e séance de la commission, en 1907, déclarait: ,,qu'il est déjà assez malheureux pour un Etat- neutre de se trouver dans l'obligation de recourir aux armes pour remplir ses droits et surtout ses devoirs, sans que leur accomplissement lui soit imputé comme un acte (Vhostilité. Un Etat neutre ne se résoudra jamais à cette nécessité sans qu'il s'g trouve absolument force par les belligérants. On ne peut donc pas lui imputer un acte hostile dont la responsabilité ne lui incombe pas." Et M. Vandenheuvel concluait' en disant: ..Il est clair que si un- Etat neutre a des droits et. des devoirs à remplir, il doit ,avoir les moyens de s'en acquitter. S'il etnjfloie ses moyens nul ne peut évidemment lui en faire un grief." Tout cela ue provoqua pas un mot de critique, pas une remarque de la part des délégués allemands. Leur signature engageait leur pays. C'est cette signature que l'Allemagne croit pouvoir laisser protester eu ayant l'air d'oublier qu'elle ait jamais signé quoi que ce soit. Le tribunal de l'univers civilisé le lui rappellera. Tels font les textes que je soumets aux méditations de M. le général Prins, avec le regret de lui avoir pris quelques-unes des m inutes qui lui sont précieuses et m'excusant de la liberté que j'ai prise. Et ma joie serait grande s'il constatait enfin que le parchemin qui garantissait la neutralité de la Belgique était couvert de trop d'illustres signatures et de trop nobles sceaux pour faire encore figure de ..chiffon de capwr"a ^ j ~~ Charles Herbiet. En Belgique. A Bruxelles. La statue de Ferrer n'est plus à la gare du Nord. Elle est tout simplement remisée à la ferme des Boues. * * * Les Allemands avaient ordonné la construction d'un formidable immeuble administratif dans un faubourg de Bruxelles. Les fondations vsont établies. Or, l'ordre est arrivé de cesser tout travail. * * * Les arrêtés allemands réglementant le police des moeurs ont paru. En voici la reproduction : Une police des moeurs centrale est instituée peur toute l'agglomération bruxelloise. Elle est placée sous la direction de M. îe Président du gouvernement civil de la province de Bra.bant en tant que Chef de la police des moeurs de l'agglomération bruxelloise. En vue do l'exécution, de cette mesure, jo décrète l'arrêté qui suit: Article premier. La police des moeuijs dans les communes qui composent l'agglomération bruxelloise • (Bruxelles, Ande^-leclit, Anderghem, EUerbeek, Forest, Ixel-ies, J et te- S aint-Pierre, Koekelberg, La<f-to&n, Moleubeek, Schaerbeek, Saint-Gilles, Saint- Josse-teii-N-oode, Uccle, Woluwé-Sai nt-Lambert, Waterm ael - B oits f or t) e$t centralisée et placée sous les ordres du Président du gouvernement civil de la province de Brabant en tant que Chef de la police oes moeurs do l'agglomération bruxelloise. Art. 2. Le Chef de la police des,moeurs dot l'agglomération bruxelloise est autorisé : lo. A décréter les ordonnances de police nécessaires à l'exercice de la. police des moeurs en comminant de9 amendes maxi-m a de 300 francs, des peines de détention d'une durée de six semaines au maximum ■et l'envoi dans une maison de correction pour les cao de récidive. La répression des contraventions incombe au Chef de la police des moeurs qui ordonnera également, mais non sans avoir au préalable entendu le Bourgmestre, les dispositions à l'envoi dans une maison de correction. Les pourvois qui seraient interjetés, devront être fermés endéans les cinq jours, et cela par une déclaration faite au Chef de la police des moeurs. Ils seront portés devant le Chef do l'Administration près le Gouverneur Général, lequel en connaîtra en j dernier ressort. 2o. A décréter et à exécuter, dans l'intérêt de la polica des moeurs, des moeures pour les cas spéciaux en comminant ou des amendes maxima de 300 francs, ou des peines d'emprissonnement d'une durée de rix semaines au maximum, ou l'exécution des mesures édictées par des tiers aux frais du contrevenant, ou bien la contrainte directe.Le Chef de l'Administration près 1e Gouverneur Général décide en dernier ressort des pourvois qui seraient interjetés contre ! de telles ordonnances et contre leur mise à exécution. Les pourvois doivent être interjetés endéans les cinq jours, et oela par une déclaration faite au Chef de la police des moeurs^ Les fixations de peines prononcées en vertu du présent article sont mises à exécution comme des décisions de justice. Art. 3. Les communes susnommées composant l'agglomération bruxelloise ont à mettre gratuitement à la disposition du Chef de la police des moeurs les fonctionnaires et le personnel de bureau qu'il exigera d'elles ainsi^ que les locaux et les installations nécessaires. Le Chef de la police des moeurs aura sous ses ordres les fonctionnaires et le personnel de bureau exigés par lui. L'utilisation d'hôpitaux ou d'outrés institutions publiques compiorte le paiement des taxes réglementaires. En cas de désaccord concernant le montant de ces taxes, le Chef de l'Administrât ion civile près le Gouverneur Général eu Belgique décide en dernier ressort. Art. 4. Les autorités et notamment les autorités policières, judiciaires et pénitentiaires ont à se conformer aux demandes que le. Chef de la police des moeurs formulera. Art. 5. Lès frais de la police des moeurs seront supportés par les diverses communes de l'agglomération bruxelloise au prorata de leurs habitants; toutefois, "la part incombant à la ville de Bruxelles par habitant sera calculée à raison d'une moitié en plus incombant, par habitant, aux autres communes. Le Chef de la police des moeUrs fait connaître, Tous les mois, aux Administrations communales le montant des sommes que chacune d'elle devra verser endéans une semaine. Les Administrations communales ont le droit de se pourvoir endéans une semaine, auprès du Chef de l'Administration près le Gouverneur Général, contre le montant des sommes dont elles ont été imposées. Ce pourvoi n'a pas d'effet) suspemsif. Le chef de l'Administration décide en dernier ressort. Art. 6. Le Chef de la, police des moeurs a l'obligation d'engager les personnes soumis ses au contrôla de son service à s'amender. Les oeuvres de bienfaisance et les associations qui se vouent à cette tâche sont tenues à lui prêter tout leur concours. Art. 7. Toutes les dispositions législative? et policières en opposition avec -le présent arrêté son- abrogées. Ordonnance de police: M. Gerstein, président de police, chef de la police des moeurs, chef de l'administration civile d( la province de Bradant, en date du 13 fé vricr 1915 : Par application de l'arrêté de M. le. Gouverneur général en Belgique (ci-dessus) l'ordonnance de polico dont le texte suit i été décrété en ce qui concerne l'aggloméra tion bruxelloise (Bruxelles, Anderlecht. Anderghem, Etterbeek, Fcrest, Ixelles Jette-Saint-Pierro, Koekelberg, Laeken Mclenbeek, Schaerbeek, Saint-Gilles, Saint-Josse-ten-Noode, Uccle, Woluwe-Saint-Lambert, Waetermael, Boitsfort): Les femmes se livrant par profession à la prostitution sont placées sous le contrôle de la police. Les femmes qui contreviendront aux règlements de la police écïîctés pour la sécurité de la santé, de l'ordre et de la décence publiquçs, ou qui, sans être soumises au contrôle de la police, se livrent par profession à la prostitution, seront punies " d'une amende de 300 francs au plus qui pourra, en cas d'impossibilité de recouvrement, être convertie en un emprisonnement de six semaines au plus. s Lcu pourvois qui seraient interjetés devront. être formés endéans les cinq jours, et cela par une déclaration faite au Chef de la police des moeurs. Ils seront portés devant le chef de l'administration près le Gouverneur général, lequel en connaîtra en dernier ressort. A Anvers, Ceux qui veulent éviter, en rentrant, de payer une note pour la consommation d'eau, doivent prévenir la compagnie des Watervrorks, ru© Montebello, afin de faire arrêter le compteur.* * * Les Anv<?rsois purent, il y a quelques jours, assister à deux scènes dépeignant bien le militarisme prussien. La première était une revue. Toute l'artillerie de la garnison, en grande tenue, avait été rassemblée pies de la porte de Deurne et fit ensuite son entrée en ville, musique en tête, hommes, chevaux et voitures astiqués comme pour une fête. • Dans le quartier Sud, les spectateurs furent témoins de la seconde scène: C'était un soldat enchaîné, conduit par deux collègues devant le tribunal militaire. On avait déjà vu passer dans les rues d'Anvers des animaux enchaînés, mais jamais des hommes. Les bohémiens qui naguèro nous faisaient admirer leurs ours dressés n'employaient jamais, même pour leur bête la plus grande et la plus rétive, des cliai-nes aussi lourdes que portrait le pauvre bougre de landwehrien qui avait bien plus l'aspect d'un pensionnaire do l'hospice des vieillards que d'un militaire. * * * ,,1/Algemeen Handelsblad d'Amsterdam", le ..Vaderland" (édition expurgée) et le ..Nieuwe Rotterda msche Courant" sont librement vendus en ville. •x- * * Les guérites des factionnaires sont peintes aux couleurs allemandes. Les chefs de gare et employés, allemands, de l'administration des chemins de fer sont revêtus d'uniformes multicolores où le rouge domine généralement. C'est le propre des Allemands d'aimer l'uniforme. Dans ce doux pays, il est malaisé de reconnaître l'amiral du garde-forestier ou le ■ garde-barrière de l'employé qui, au bureau des postes, vend des timbres. Celui-là a, par surcroit, Fépée au côté les jous de fêtes! * * * La honne aubaine, pour le port d'Anvers, d'être sous la tutelle d'un contre-amiral allemand! Celui-ci, qui se nomme Lou-ran (un nom bien français!) nous vient, ainsi qu'on sait., de Hambourg. Et, comme il suffit amplement d'un von Tirpitz pour conduire les opérations de la flotte allemande dans le canal de Kiel, Louran (qui n'est même pas ,,vqii" !) a été dépêché sur Anvers au lendemain de la reddition. Aujourd'hui que le port est réorganisé, que les navives allemands le visitent en plus grand nombre qu'autrefois( !), que l'Allemagne possède enfin ce pistolet chargé, braqué sur le coeur de l'Angleterre, mais dont elle ne peut presser la détente, le contre-amiral Louran veut bien se livrer aux douceurs de l'énervante interview. C'est toujours le ,.Berliner Tageblatt" qui a le monopole de ces entrevues officielles. Après von Bissing, von Louran! Voilà qui est bien. D'autant que ce contre-amiral qui, dans le port d'Anvers, ne peut commander qu'à quelques steamers à la chaîne, est un pince sans-rire formé à l'école du ,,Ulk" ou du ,,Kladeradatch". Vous en jugerez par ces extraits de son interview: Pendant quelques temps (il est sérieux, Louran, quand il commence), le ,,Gneisenau" a bloqué l'Escaut. Ce navire, dont on avait fait sauter les machines, était couché en travers du fleuve. Mais, heureusement, le courant est venu à notre aide (Gott mit uns') et a placé le bateau de telle façon' que la navigation eu a été genée à un degré moindre. Il serait possible, au.surplus, de relever le ,,Gneise-nau", mais il nous manque le matériel indispensable (n'avait-on pas dit que des grues allemandes étaient arrivées à Anvers?). Or, continue l'interviewé," nous avons demandé à la Hollande de nous prêter ce matériel, mais ce pays invoqua que le ,,Gneisenau", ayant été volontairement coulé, ce fait constituait un acte de guerre de la part de l'Angleterre et que, d'autre part, le souci de sa neutralité l'obligeait à rejeter notre demande. Lorsque nos troupes entrèrent au port, elles trouvèrent un grand nombre de navi- F i res détruits ou ayant leurs machines hors d'usage. Il y avait 32 navires allemands et-2 autrichiens, qui partagèrent le même sort. Il n'y avait pas de navire de guerre étranger. Six navires allemands seulement ' n avaient pas été endommagés, Le ,,Gane-1011'' avait été atteint par un obus. A présent, tous ces navires sont réparés et le contre-amiral fait un vif éloge du port d'Anvers. Il eut la délicatesse d'insister < sur son importance commerciale et s'étendit longuement sur les progrès, carressés par le Gouvernement belge, d'agrandir le port. Il fait ensuite un parallèle entre Anvers, et Hambourg, — parallèle plein de tact. Car, dit-il, si grand que soit devenu Anvers sous j l'administration allemande (sic), H an?- i bourg restera le premier port de la mer ! du Nord. Aussi bien, se marin s'est-il ! montré favorable au projet consistant à réunir Anvers au Rhin par un nouveau canal (tu parles, comme eut dit irrévérencieusement le titi!) L'ordre règne au* port et', on pourra se rendre-compte, par une simple promenade, de la conscience, avec laquelle les Allemands gèrent ses intérêts» (Ceci est du dernier comique : il n'y a aucun trafic et on ne peut approcher des quais ni des navires immobilisés).Il n'y a plus de vols, dit le contre-amiral (le malheur, c'est que les numéros de journaux ,,dits" anversois que nous avons sous leus yeux, sont pleins de récits de vols en ville... et au port.) Les dockers belges s'acquittent bien de leur travail (mais il n'y pas de travail!) L'obligation d'avoir des passeports pour les bateaux est soumise à un contrôle serré. Aucun bateau ne peut entrer ou sortir sans passierschein (dont coût?...) Nous avons fait bien des choses et nous nous sommes efforcés de venir en aide à bien des gens. Je ne crois pas qu'il y ait personne, dans les milieux maritimes, qui se plaindra de nous, termina Louran. Allons, c'est encore nous qui devrons des remerciements aux Allemands, vous verrez! Non, mais à lire cet interview, n'a-t-on pas l'impression que le port est en pleine activité ? Ces passiemchèin pour les bateaux, ces dockers qui travaillent! Ne vous avais-je pas dit que von Louran était un aimable cultivateur d'humour? Retenons de tout ceci, cependant, la proposition faite par l'Allemagne à la Hollande et le refus de celle-ci.. Le gouvernement de Berlin semble oublier à qui il s'adresse, à la façon de ces parvenus qui manquent, encore de manières et dont l'orgueil ne comprend pas la noblesse... chez les autres! A Lierre. La ville de Lierre a subi le même sort que la ville d'Anvers ! Le gouvernement allemand lui a infligé une amende de 1000 marks, comme punition d'actes de malveillance, commis par la population. Le gouvernement allemand a défendu auxjournaux belges de parler de cette affaire, A Oara d. Les juges de paix des cantons de Gand se sont réunis et ont rendu cette ordonnance : ,,Les juges des cantons de Gand, „Vu l'article 13 de la loi du 25 mars 1841 disposant ce qui suit: ..Dans toutes les causes autres que celles „où il y aurait péril eu la demeure, et celles „dans lesquelles lo défendeur serait domicilié ..hors du canton ou des cantons de la mémo „ville, le juge de paix pourra interdire aux ,,huissiers de sa résidence de donner aucune ^citation eu justice sans qu'au préalable il ait ,,appelé, sans frais, les parties devant lui." ,, Arrête: ,,1. Pendant la durée de la guerre, il est interdit, aux huissiers des cantons de Gand, en toutes matières,; et sauf autorisations spéciales en cas d'urgence, de donner aucune citation devant les tribunaux cantonnaux do Gand, et de poursuivre aucune des saisies visées à l'article 6 de la loi du 15 mars 1841, sans qu'au préalable les parties aient été appelées en conciliation sans frais. ,,2. Lo coût des procédures réalisées en contravention do* la présente interdiction restera à la charge personnelle des officiers ministériels.„A. Dutry, H. Callaert, V. Tibbaut." * * * Le tableau suivant donne, un aperçu fort incomplet des dépenses qu'a dû faire la ville au cours de ces 6 derniers mois : Caisse de bienfaisance, déficit, fr. 288,000 : Hôpitaux, id., fr. 382.000; Assistance par-le travail j au port, ir. 560,000; Œuvre d'alimentation, fr. 500,000 : Avances de fonds aux Banques fr. 2,500,000; Allocations aux familles des militaires, fr. 740,000 : Cotisations, Caisses de chômage, Syndicats, fr. 225,000; Travaux effectués aux ponts et canaux, fr. 60,000: Réquisitions, fr. 15,000,000; Amendes, fr. 125,000. Total au début de janvier, fr. 20,130,000. - Quand on se rappelle que la ville de Gand fut obligée, après la fermeture de l'Exposition de 1913, de contracter un emprunt de 17 millions de francs, l'on peut se faire une idée des énormes difficultés devant lesquelles se trouvent les autorités gantoises! D'autant qu'elles font encore métier de banquier et prêtent , à d'autres communes. * * * A la suite des nombreuses réquisitions faites par les Allemands dans les fabriques et usines gantoises, deux filatures de lin ont dû fermer leurs portes, augmentant ainsi de 300 nouvelles unités le- contingent des sans'-travail. A Gand. les Allemands ont réquisitionné pour 15 millions de fil de lin et l'ont expédié en Allemagne en 2 chargements. Les banques allemandes mettront probablement,. ~ »» u les fabricants gantois bientôt en état, par la liquidation des dettes ainsi provoquées, de paver leurs ouvriers : de cette façon les 11,000 ouvriers filateurs qui travaillent pendant 24 heures par semaine, pourront continuer leur travail. A Namur Un collaborateur d'un journal hollandais a eu une entrevue avec Mgr. Heylen, évêque de Namiir, qui lui a oonfirmé que la lecture de son mandement de carême avait été interdite par les autorités allemandes» Il a ajouté qu'un aumônier^ 1 Arlon avait copié ce mandement et que dès que les Allemands l'eurent appris, îls^ saisirent cette copie et condamnèrent l'aumônier* à mille francs d'amende. Celui-ci, but le conseil d'un de ses supérieurs, refusa de payer l'amende — et ne fut pas autrement inquiété. Mgr. Heylen raconta aussi un incident qui s est produjt entre lui et le gouverneur allemand de Namur à propos de l'arrestation du curé <1 Andov et dtîs ^ bruits .mis en circulation a co sujet. L'évêque avait demandé au gouverneur l'autorisation d'aller visiter le cure dans sa prison. Lo gouverneur accorda l'autorisation, mais à la condition qu'un soldat assisterait à l'entretien et que Mgr. Heylen n'interrogerait pas le curé au sujet dès motifs de son arrestation. L'évêque refusa d'accepter ces conditions et renvoya l'autorisation avec l'observation, faite en termes polis, qu il était habitué de s'entretenir aveo ses prêtres sans (surveillance et sans prescription préalable sur les sujets qu'il croirait devoir traiter avec eux. A Fumes# On avait remarqué, depuis un mois environ que, pou après le passage ctes régiments, le chemin suivi.par ceux-ci était repéré et les obus commençaient a pleuvoir. Un projectile vint s abattre dans le cabinet de travail qu'avait occupe, peu de jours auparavant, à l'hôtel de ville, le Roi Albert. La chasse aux espions reprit de plus belle et ne tarda pas à donner des résultats. On démasqua d'abord deux officier» allemands, vêtus en médecins anglais, qui circulaient nuit et jour dans Furneset—pour dissimuler leur joîe—témoignaient du plus grand , e dans les soins à donner aux soldats alliés blessés. Deux prétendus colporteurs, cachés dans des roseaux, fui ent arrêtés ensuite. L'un d'eux—un officier allemand habitant-depuis de longues annees les bords de l'Escaut—se vanta, avant d'être passé par les armes, d'avoir trahi son pays d'adoption. Il mourut en criant: ..Vive le kaiser!" Enfin, ces jours derniers, deux gendarmes belges furent appréhendés à leur tour au moment où ils effectuaient une ronde près de Ramscapelle. Ils avaient sollicité de leurs chefs la surveillance^ des lignes aliées pendant la nuit, afin do dénicher les Suspects qui auraient P" s 7 introduire. Or, ces deux gendarmes n étaient autres que des Allemands avant réussi, on no sait, comment, à 6e faire incorporer dans la légion belge. La surveillance continue, écrit le ,,XXe Siècle", et les espions nouveaux que l'ennemi pourrait envoyer dans la région ne pourront plus s'y maintenir. ■ m —. Administrations des Chemins de fer, Postes, Télégraphes et Téléphones de l'Etat belgs. Le directeur du service des paiements nous prie de porter à la connaissance des intéressés que les paiements suivants auront lieu: A Bréda, jeudi 11 mars à 10 heures pour ceux ressortissant du comité de Bréda. A Almelo vendredi 12 mars de 10 h. à 12.30 pour ceux résidant à Almelo, Deven-ter, Raalte, Ommen, Mariënberg, Eiber-gen, Iîellendoorn, Rijssen, Olten, Markelo, Hengelo, Enschede, Wierden, Ruurlooi Oldeiizaal, Tubbergen, Haaksbergen, Bor-culo et communes limitrophes. AUtrecht, vendredi 12 mars à 15 heures pour ceux résidant dans la province d'Utrecht, Hilversum, Laren et les communes du nord de la province Sud-Hollande, compris. A Velp (GId.) samedi 13 mars'1915 à 10 heures pour ceux résidant à Velp, Arnhem, Zevenaar, Doetinchem, Zutphen, Dieren, Apeldoorn, Oosterbeek, Ede, Wageningen, Lunterén, Barneveld, Veenendaal, Ren-kum, Driebergen, Kesteren, Tiel, Nijmegen et communes limitrophes. A Leiden, lundi 15 mars 1915 de 9 heures à 12 heures au local ,,Zomerzorg" pour ceux résidant à Leiden, Katwijk et Noord-wijk a/Z. et les autres communes du nord de la province Sud-Hollande. A La Haye, lundi 15 mars 1915 à 13 heures au local. ,,Dë Kroon", Broeckhorst-straat 129, pour ceux résidant à La Haye, Vcorburg et environs. A Nunspeet, mardi 16 mars 1915 ? 10 h. au camp des réfugiés, pour ceux résidant a Nunspeet, Harderwijk, Karnpen, Zwolle, Oldebroek, Hattem et environs. On paiera : lo. Aux fonctionnaires, employés et ouvriers ainsi qu'aux épouses ou ayant-droit de militaires qui en civil appartenaient à l'un des services de l'adm. précitée, et qui résident dans les localités sus indiquées le mois de janvier et précédents s'il y a lieu. 2o. Lés pensions aux ouvriers ou veuves d'ouvriers pour les mois de janvier et précédents s'il y a lieu. Les paiements pour le mois de février ne peuvent pas encore être faits. Il zest rappelé aux intéressés ciu'ils doivent justifier de leur qualité et que çette particularité sera strictement observée. ***- •- T.-? a

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Cet article est une édition du titre L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam appartenant à la catégorie Oorlogspers, parue à Amsterdam du 1914 au 1918.

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