La nation

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s.n. 1914, 01 Avril. La nation. Accès à 21 juillet 2024, à https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/fr/pid/th8bg2j963/
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4='ANN'EE. — N° 9. — Le Numéro : 5 centime Affilié à l'Union de la presse périodique Belge Mercredi 1er Avril 1914 LA NATION « Pour la Culture Française. > tournai hebdomadaire paraissant le mercredi « Pour la Culture Française. » ABONNEMENTS : Belgique : 3.50 francs ; France : 5 franrs; Étranger : 7 francs. BUREAUX DU JOURNAL : 106B, Rue de l'Arbre-Bénit, Bruxelles Téléphone 8 1848. Les manuscrits non insérés ne seront pas rendus. Il sera rendu compte de tout ouvrage dont deux exemplaires seront envoyés à la rédaction. ANNONCES : On traite à forfait. LA MORT DE MISTRAL Hélas, constatons-le une fois de plus, la Vie n'est ni bonne ni clémente. Elle est toujours la puissance hostile et victorieuse qui abuse sournoisement de sa force pour gâcher nos plus chères espérances. Toujours il faut qu'elle surgisse en trouble fête pour rappeler, comme on siffle l'esclave, un de ceux que leur talent avait fait l'égal des dieux. La gloire leui tressait des couronnes de plus en plus honorifiques. Chaque jour de leur vie ajoutait à la magnificence et au retentissement de cette apothéose. El brusquement la nouvelle de leur mort stupéfie les foules apeurées des porteurs de palmes et des chanteurs d'hymnes. C'est la l'inexorable règle. Toujours nous avons vu s'écroulei comme des statues aux pieds fragiles, les immortels qui s'étaient crus semblables à Dieu pour avoir écouté les voix persuasives de l'inspiration. Hiei nous pleurions Massenet, aujourd'hu nous prenons le deuil de Mistral. La mort de Mistral affecte douloureusement non seulement les lettrés et le petit clan des fidèles du Bois Sacré, mais encore et surtout le trou peau anonyme, innombrable des tendres qui cherchent à entretenir par les Arts une chimère sans laquelle ils n'auraient plus le courage de vivre. Massenet et Mistral sont morts. Avec une émotion grave nous songeons à tous les déçus, les trahis, les méconnus, à tous les cœurs farou —q'uiVetarit aonnes a'jamais, sui-vivent à leur déception et bercen leur douleur en fredonnant tout bas un air de Manon ou en murmurant ur vers de Mireille. Avec l'aveuglemen déraisonnable, de la brute ivre de s; puissance la Camarde a emporté le: artistes sans leur laisser le loisii d'achever les autres Manon et le! nouvelles Mireille peut-être encore plus belles, qu'ils auraient pu nous laisse: pour leur plus grande gloire et auss pour la consolation des Prométhéi modernes qui gisent les ailes brisés le cœur rongé pour avoir tent< l'escalade des cimes et le rapt di bonheur à deux. Aussi cette mort de Mistral qu frustre des faibles nous indigne-t-ell( comme une mutilation sacrilège. C< trépas diminue l'Humanité dans c< qu'elle a de plus noble et de plus voisin de l'Idéal et de la Perfection : à savoir, l'essence même de son génii lyrique et émouvant, sa faculté créa trice de rêve et d'espoir. C'est po«r quoi devant la cruauté du geste di l'implacable Faucheuse nous éprouvons la rage instinctive et l'indigna tio.n spontanée que provoque tout act< de vandalisme qui s'attaquerait stupidement à la victoire de Samothraa ou a quelqu'autre des exemplaires rarissimes et inestimables de la statuaire antique. Mais à quoi bon s'indigner? Pourquoi s'en prendre ai vent capricieux qui brisa la maîtresse corde de la harpe éolienne dont les sons réjouissaient l'univers entier. Mistral, le bon Mistral s'en est aile vers les trônes et les délices que la Divinité réserve au serviteur de h première heure et de toujours, pleurons-le avec tendresse. Unissons nos pleurs aux larmes qui ce soir coulent, coulent désespérément dans tous les coins de la Provence ensoleillée, dans le manoir opulent aussi bien que dans le plus perdu et le plus infime des mas solitaires. Et demain, ce ne sera pas seulement la Provence, mais l'Univers entier qui sonnera le glas de Mistral. La fin du Maître des félibres éprouve non seulement la petite maison de Maillane; cette petite maison qui semble avec son décor d'églogue -Parva domus, magna quies - et son épouse éplorée la demeure de Philé-mon et Baucis; mais elle frappe aussi tous les hommes, Que nous soyons du Nord ou du midi, tous nous subissons en effet l'attirance invincible des pays du soleil et de la poésie latine. Par atavisme autant qu'à cause de nos études classiques nous connaissons à de certaines heures de découragement cette nostalgie, ce désir de clarté et de douceur qui jadis déclancha les hordes barbares pour les jeter sur Byzance et sur Rome et qui de nos jours assure le triomphe éclatant de notre civilisation méditerranéenne sur les brumeuses doctrines de la Germanie ou du Nord. Pour cette raison encore nous sommes tous plus ou moins atteints par la perte de Mistral. Mistral, je ne le connaissais pas et pourtant je le retrouve parmi les souvenirs de ma prime enfance. Je me revois tout enfant, écoutant avec passion le duo de Mireille que me chantait une parente dévouée et douée pai surcroît d'une bien jolie voix. Certes à cet âge je ne connaissais ni Magali, ni La Ramée, ni l'amour et pourtan d'instinct, je subissais déjà la caresse decettelangue ardenteet chatoyante, 1: magie de ce verbe naïvement ouvragé l'ascendant de cette fougue torren tueuse. C'était la Beauté qui m'étai révélée pour la première fois. Moi impression était celle que me caus; plus tard la découverte des grands Classiques grecs et latins. Pourtant i est encore un jour où j'ai mieux sent Mistral. C'était un soir d'hiver. Nous étions retenus au logis par la tempête Entre poètes et amis nous parlions di : Midi et de ses chantres. Et de Daude qui en avait raillé les ridicules ave* une bonhomie indulgente et de Mistral le narrateur de ses passions tragique: ' qui ne sont pas toujours des feux di paille ou des déjeuners de soleil. Tou à coup l'un dé nous, un compatriot' : de l'auteur des lies d'or nous redit ave' : une exaltation concentrée quelques ver 1 de Mirïo. 11 les disait dans leur dialec ' te. Nous ne comprenions guère le 1 protestations du pauvre Frédéric e ; pourtant nous étions émus jusqu'au: larmes et pleins d'enthousiasme; de ce 1 enthousiasme qui, lors des débuts di 1 poète, souleva de Lamartine et Sainte Beuve, puis les générations trépignan 1 tes. Le sens nous échappait,mais nou : étions séduits par le rythme de cett ' poésie chantante et cadencée, doue ' comme un vin sucré, musical aussi pa 1 ses inflexions variées et contrastantes Nous voyons ses paysages brûlés e 1 lumineux. Pour un peu, comme le croisés qu'entrainait Pierre l'Ermite nous nous serions rués sur ce pay merveilleux ou la vie débordante chan te et sanglote éperdftment. Et pou nous les épris de la culture latine pour nous qui sommes toujours plu ou moins en exil loin du soleil et de 1 grâce d'une langue de miel et de feu nous étions éblouis. Cette sensatioi était douce et inoubliable comme ceil que l'on doit éprouver là-bas, en Al sace au déclin du jour, alors que le cré puscule, image de la vieillesse et d la mort étreint bêtes et gens, lorsqu l'on regarde avec inquiétude le tendr ciel de France disparaître dans le ténèbres. » * ; Et maintenant Mistral est mort. D vieilles femmes qui ne connaissaien peut-être pas sa célébrité ni la beaut de son caractère mais susurraient se, vers pour endormir leurs petiots, 1 veillent au milieu d'un cliquetis d< rosaires remués. Pour cette funèbre veillée les aïeule: branlantes que plus rien ne touche on sans doute retrouvé quelques larme: — les dernières — qu'elles versen silencieuses et résignées sur le granc vieillard. Et dans ce décor antique qu semble par ses anachronismes, un fonc de primitif Mistral repose pacifié e magnifique comme dut reposer Dugues-clin, après l'ultime combat. Mistra dort... et ce soir dans la ramée 1< rossignol fera sans doute son chan plus plaintif de peur de troubler 1< silence auguste que causa la sinistri nouvelle. Mistral dort à jamais et tandis qui les cloches argentines de tous le: clochers éparpillés dans la régioi imploreront pour lui, les rieuses filles d'Arles, un instant soucieuses et le cœur crispé, rediront encore son nom. Mistral dort de l'éternel sommeil et dans la terre entière tous les cœurs effrénés rejetèrent avec ferveur ses vers inspirés comme les versets d'un évangile, d'un évangile d'amour fidèle jusqu'à la mort. Mistral n'est plus. Mais ses œuvres nous restent ; tant qu'on lira on se passionnera pour La Princesse Jeanne, Calendal, Les Iles d'or, Nerto et surtout pour Mirïo. Lorsqu'on l'ensevelira on placera à son côté sa plume probe de même qu'on couchait l'épée des paladins dans leur bière. A défaut de destrier, ses trois chiens fidèles : Barbocho, > Jounglas et surtout le vieux Toutourle suivront sa dépouille. Ainsi Mistral le bon poète, doux et • humble de cœur, entrera dans l'immor-i talité comme un preux sans peur ni reproche. Toujours il fut fidèle à son pays, à son idéal, à son Art. t Nous lui devons des acclamations i de victoire. 11 faut saluer sa mémoire i qui sera éternelle, du triple cri de > Vive la poésie! Vive la Provence! 1 Vive la France!... Mais hélas ces cris i s'éteindront dans nos sanglots. > Georges de Maurages. ! La part du Rêve Ceci est une simple historiette c ' l'intention des braves gens qui m ' s'étonnent jamais de rien, qui accepten, ( avec sérénité toutes les prédictions det augureSy-Sfui-He- veulent à asîPR .«ri* " réfléchir à leur destinée. Dimanche dernier, je me suis rendi 5 à Anvers, dès le matin. A Bruxelles pour me rendre à la gare du Nord, j'a j pris un tram sur la plate-forme duque j'ai voyagé avec trois personnes... trou ( Allemands... En wagon, je me suis assis parmi.. cinq Allemands. A peine débarqué i Anvers, je me suis rendu au Salon d> l'Art contemporain, place de Meir avec au cœur, le désir de voir la peinture di " Vincent van Goghs... Hélas !... Il y avait dans la sali r réservée aux œuvres de cet artiste en j viron deux cents graves personnage assis sur des bancs et écoutant disser g ter... un conférencier allemand, u, ' vilain bonhomme en redingote noire 5 cravaté de blanc... Pouah... En sortant du Salon je suis entr r chez un opticien pour y acheter un cor ' don de lorgnon... l'opticien était aile 3 mandl.. Au restausant, le garçon était allt ' mand! L'après-midi je me suis rendu à l «Société Royale d'Harmonie» pour en tendre l'«Elie» de Mendelssolin. Le programmes étaient tout entiers impri " mes... en allemand ! Le soir, au moment de reprendr " le train, je suis entré dans un baza 3 pour y acheter des cartes postales... I vendeur était un allemand!... etc., etc Où est le temps où l'on parlait ai i moins le flamand à Anvers?.. t Bientôt cette belle ville sera la capi 't taie de la Belgique annexée... Et alor 5 il y aura des cris, des pleurs et de ; grincements de dents... Crispin de Passe. ÉCHOS Le Roi arbitre. Le Sénat uruguayen a approuvé la déci sion de soumettre à l'arbitrage du roi de Belge» l'incident italo-uruguayen relatif à 1; saisie du voilier italien 11 Maria Madré " * L'arbitrage gréco-bulgart confié à un officier belge Le gouvernement hellène aurait, paraît-il adhéré à la proposition bulgare tendant i faire arbitrer par un officier belge le litig. gréco-bulgare concernant la délimitation d la fiontière aux environs de la statio: ' d'Oktchilar. 1 « * * Une fête wallonne. Des sociétés wallonnes de l'agglomération organisent le 9 mai prochain, probablement au théâtre de la Monnaie, une fête de charité au profit des victimes de la catastrophe de Thieu. Un comité provisoire, composé de MM. Bossut, Robert et J. Ra-moux, s'occupe activement d'arrêter les détails de cette fête. Les mots et les laits. " L'Echo Commercial " qui poursuit à Anvers avec une rare énergie et un réel courage la lutte contre l'oppression flamingante et la pénétration économique teutonne fait ces très justes réflexions au sujet d'une affiche placardée par les flamingants Anver-sois et qui respire une haine farouche à l'égard de notre langue. Certains flamingants raisonnables, — il en est deux ou trois, — estiment qu'il est absolument maladroit de tomber sur la langue française. Jan van Ryswyck la comparait à une très belle dame, qu'on peut aimer, tout en ajoutant qu'on doit aimer par dessus tout sa langue maternelle. M. Louis Franck a, bien souvent, fait l'éloge du français et de la culture française. Ces paroles qui reflètent la tolérance font que l'orateur est écouté et qu'il dispose ses auditeurs en faveur de la causé qu'il défend. La maladresse commise par les auteurs de certaine affiche placardée en ville en paraîtra d'autant plus grande. Sur cette affiche, le français est traité de n I^unstmatig en bespot-telijk taaltje n (un langage artificiel et grotesque.)Il ne sera pas nécessaire de dire que ceux qui avancent une bourde pareille sont des imbéciles. * * * Une nouvelle vexation flamingante. i L'administration des finances a fait imprimer des timbres pour la taxe sur les opérations financières. Or, ces timbres sont façon que la partie flamande, seule, reste sur les bordereaux des agents , de change et des banques ; quant à la partie française, elle figure à la souche. L'absurdité de pareille mesure est d'au-1 tant plus marquée que de nombreux borde- ' reauic vont à l'étranger. < * Une oeuvre méritoire Nous annonçons, d'autre part, sous notre rubrique " Bibliographie ", la parution de - Neutralité belge et Invasion allemande, œuvre de M. le Sénateur Maxime Lecomte ? et du lieutenant-colonel Lévi. Nous aurons l'occasion d'y revenir longuement.Qu'il nous suffise de signaler le volume à l'attention de nos lecteurs. Jamais, il n'a J paru, sous la plume d'un écrivain français, une étude aussi complète, aussi documen-7 tée, aussi claire et aussi sincère, sur notre pays. Le chapitre consacré à la question ' des langues en Belgique notamment est ur exposé exact, précis et parfait du problème î et l'on chercherait en vain, dans la littérature belge consacrée à la question, œuvre plus juste et plus sincère. Ce livre servira admirablement la cause du rapprochement franco-belge. Et c'es pourquoi nous en saluons la parution avec bonheur. 7 * * Le flamingantisme à l'armée S Un étudiant habitant Saint-Gilles, né l Jodoigne de parents wallons, vient de recevoir son ordre de rappel complètemen ^ rédigé en flamand. Il a été obligé d'avoi recours à un ami complaisant pour faire tra r duire ce document extraordinaire. Les pré £ noms du jeune milicien ont même été tra duits en flamand. I Edifiant!!! * Un événement littéraire. Le Masque, la grande revue d'art qu 5 groupe l'élite des écrivains d'expressior française: MM. Remy de Gourmont, Henr de Régnier, Stuart Merrill, Albert Mockel ■ Louis Dumont-Wilden, Eugène Demolder André Fontainas, Georges Marlow, Alber Giraud, Grégoire Le Roy, Emile Verhaeren Paul Fort, etc., etc., paraîtra désorrnai: mensuellement "sous la direction de deu? comités : l'un à Paris, composé de MM A îdré Fontainas, Paul Fort, Albert Mocke et Stuart Merrill ; l'autre à Bruxelles composé de MM. Georges Marlow, Dumont-Wilde.i et Grégoire Le Roy. —- Secrétaire de rédaction : M. Edouard Fonteyne. Le Masque sera luxueusement imprimé par le soins de l'éditeur Rémy Havermans. — Chaque numéro contiendra un frontispice d'un de nos meilleurs artistes. Le Masque, largement ouvert aux jeunes est appelé à rendre les plus grands service: i à l'Art. ; Secrétariat de la Revue : 42, rue Henr ; Van Zuylen, Uccle-Bruxelles. i Administration : 40, Galerie du Com merce. * * Les catholiques et le mouvement wallon L'article que nous avons publié sous ce titre dans notre avant-dernier numéro, a fait l'objet de commentaires qui nous forcent à y revenir et à dissiper l'interprétation inexacte qui en a été donnée. Nous disions dans ledit article qu'il fallait bien s'incliner devant la réalité mathématique de ces faits : les catholiques sont au pouvoir depuis 1884 et les lois de contrainte datent de 1908, 1910, 1913 et 1914. n La Lutte Wallonne " déclare que si c'est la mathématique qui fait écrire l'histoire de cette façon, elle demande la séparation administrative perpétuelle entre la mathématique et l'histoire ! " Notre confrère nous reproche d'ignorer les lois de 1869, celles de 1871, de 1873 et de 1878; l'arrêté du 30 juin 1881, la loi de 1883, dont plusieurs ont été proposés par des ministres libéraux. Eh ! que non, nous ne les ignorons pas. Bien plus nous estimons qu'il faut en poursuivre avec acharnement la revision, au même titre que nous poursuivons la revision des lois de 1908, 1910, 1913, 1914. Mais, ceci dit, qu'il nous soit permis de faire remarquer qu'à part la loi de 1878, due d'ailleurs à M. Malou, les autres dispositions législatives ne peuvent être considérées comme des lois de contrainte en elles-mêmes. Certes, elles sont néfastes car elles prêtent le flanc à l'arbitraire des arrêtés ministériels. Ainsi la loi de 1883 sur l'enseignement moyen ne consacrait pas un régime de contrainte, mais les arrêtés pris en exécution de cette loi l'ont peu à peu établi. C'est ce qu'a très bien démontré au congrès de la " Fédération des cercles de langue française " un homme dont on connaît les profondes convictions catholiques, M. Maurice de Miomandre. A ce titre donc, ces lois sont néfastes, frisent l'inconstitutionnalité et doivent être revisées. La n Lutte wallonne " nous reproche encore d'avoir dit que les lois de 1908, 1910, 1913 et 1914 furent des conceptions des catholiques exclusivement. La n Lutte wallonne n nous a bien mal compris: ce serait ignorer l'histoire élémentaire du flamingantisme que de soutenir pareille thèse. Nous avons tout simplement dit, et nou: le répétons, que la responsabilité dfe le proposition de ces lois incombe au gouvernement catholique ou à des représentant: de la majorité. M. Vanderlinden, promoteur de la loi de 1908 (flamandisation de la justice) était ur catholique. M. Coremans, père putatif de h loi de 1910 était un catholique. La loi de 1913 (flamandisation de l'armée) a été pro-posée par le Gouvernement. Il en a été de même de la loi de 1914 (flamandisation de l'enseignement primaire) qui fut présentée par le Gouvernement à la suite du chantage exercé sur lui par les flamingants catholique: d'Anvers. D'autre part, nous demandons à la " Lutte wallonne " qu'elle nous désigne un manda taire catholique, un seul, qui ne se soit pa associé au vote des lois de 1910 et d< 1914 notamment? Pour la loi de 1913 la n Lutte wallonne n le rappelle très judi cieusement, un seul député catholiqu< vota contre. Tout cela ne veut pas dir< qu'elles soient l'œuvre de catholiques exclu sivement. L'exemple de MM. Huysmans Demblon, Franck, Pécher, Persoons et d-tant d'autres démontre péremptoirement l contraire. Au surplus, toute cette discussion n'offr< qu'un intérêt rétrospectif. Ce qui importe, ce qui mérite qu'on s ; arrête, c'est le revirement qui se manifest aujourd'hui dans les sentiments des cathc liques à l'égard du mouv.ement wallon. Il semblent commencer à comprendre que 1 question wallonne dépasse les partis, comm l'a dit Jules Destrée. Bien plus! ils com mencent à distinguer le danger qu'il y a laisser aux anticléricaux seuls la directio du puissant mouvement wallon, qui grand: ; de jour en jour. { Ils commencent enfin à ressentir le fâcheux effets des lois flamingantes si l'avenir de leur parti et sur celui de 1 langue française qui n'est pas seulemer celle de Voltaire, mais encore celle de grands orateurs catholiques et celle que le Jésuites tiennent en si grand honneur. E cela doit réjouir tous les antiflaminganl sincères. i p- Le ilamingantîsme en Wallonie : Une nouvelle gendarmerie a été construit 5 à Paliseul; du côté gauche de la façade s trouve imprimé dans la pierre : " National : gendarmerie n et du côté droit : 11 Gendai merie nationale ". Donc la formule flamande occupe à Pal 1 seul la place prépondérante, et la formul française se trouve être au second plan. J 1 ne sache pas cependant qu'en pays wallo la prédominence de la moedertaal éta de règle. La voilà bien l'intervention lente ma sûre du virus flamingant. La jeunesse française Nos lecteurs connaissent l'enquête significative entreprise dans 1' «Opinion » par Agathon, pseudonyme qui cache deux lettrés délicats, MM. Alfred de Tarde et Henri Massis, sur la « Jeunesse française d'aujourd'hui ». Nous en avons parlé ici même, en son temps. La conférence du Jeune Barreau de Bruxelles avait convié Agathon à venir exposer les résultats de cette enquête à sa tribune. M. de Tarde, seul, put tenir sa promesse. La jeunesse française d'aujourd'hui, exposa l'orateur, est traversée par un courant unanime qui est la confiance en la vie. La génération qui la précéda, celle de 1880, ne l'avait pas, cette confiance ; elle avait la morne perception de la vanité de l'effort. Il suffit pour s'en assurer de relire les « Essais de Psychologie » de Paul Bourget, parus à cette époque. Après la défaite et la guerre civile, la France se replia sur elle-même et fit un examen de conscience. C'est le résultat de cet examen de conscience qui opéra l'œuvre de régénérescence. Cette œuvre se manifeste tout d'abord au sein de la jeunesse française par une foi ardente dans les destinées de la patrie. L'on ne trouve plus dans les lycées ni dans les universités d'élèves qui professent l'antipatriotisme. Lesdoctrines huma-nitaristes ne font plus d'adeptes. Certes les événements de Tanger, de Casablanca et d'Agadir ne furent pas étrangers à ce réveil du patriotisme français. Ce furent des secousses fécondes qui précipitèrent la renaissance de la foi dans les destinées du pays, et l'on a pu dire à cet égard de Guillaume II qu'il fut le grand rénovateur de l'énergie française.La jeunesse française envisagea sans effroi, lors de la tension franco-allemande en 1911, la possibilité d'une guerre. Au moment de la cession d'une partie du Congo français, la jeunesse des écoles, d'un élan unanime, protesta contre le marché qu'on proposait à la France. Plus récemment, lorsque les ministères Briand et Barthou proposèrent aux chambres la prolongation du service militaire, la jeunesse française supplia U Chambre de ne pas l'épargner et renonça spontanément à jouir des exemptions que la loi de deux ans lui accordait. Au lendemain de la mort de Déroulède, 1 l'opinion publique comprit qu'il était le symbole vivant des aspirations nationales et du caractère français, et ses funérailles se déroulèrent au milieu du respect, delà vénération et de la douleur de ce peuple de Paris qui comprenait qu'il avait accordé à Déroulède une sorte de délégation de parler en son nom. « Tant que je vivrai, semblait-il dire, j'espérerai ». La jeunesse française, unie dans un élan magnifique pour la défense du sol français, l'est aussi pour la défense de la culture française. Bien plus I les deux patriotismes se confondent. Un jeune officier est tué au Maroc dans un combat. L'on trouve dans son sac une paire de gants blancs et un exemplaire de « Servitude et grandeur militaires ». Des intellectuels s'échappent vers l'action, vers les armes. Le goût des sports, caractéristique < i la jeunesse d'aujourd'hui, s'allie à 1 ; défense des humanités. Et ce sont e t mêmes jeunes troupes qui défendent ' l'étude des langues anciennes et prennent ; part aux matchs de football. L'ordre, la clarté, la logique, président s aux diverses manifestations des tendances I actuelles de la jeunesse. Le renouveau de la métaphysique avec Bergson ; le goût de la vie qui incite la 3 jeunesse à chercher un appui solide pour II la vie ; le dégoût de l'anarchie et le besoin ' d'une discipline ont amené un retour à la foi. 5 L'éloquent orateur, le lettré dise r l'historien consciencieux qu'est M. de a Tarde termina son exposé en proclamant 1 que l'énergie de la race française n'est s pas affaiblie ; que la jeunesse française s contredit, par son héroïsme, son courage 1 et sa foi, le sophisme, si souvent démenti s par l'histoire, de la-décadence des races latines. Un peuple qui possède une jeunesse comme celle-là n'est pas près de la déchéance. Faut-il dire que l'orateur fut acclamé et que d'enthousiastes applaudissements e interrompirent M. Thomas Braun, lors-e qu'il remercia et félicita en des termes heureux M. de Tarde? P. e Lire en deuxième page : „ Une étude de M. Beuvillers " sur " Çeorges T^ency ". is La lettre de 'Paris. " Le Vote des femmes "

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