La nation

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s.n. 1914, 20 Mai. La nation. Accès à 14 juillet 2024, à https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/fr/pid/sj19k46s88/
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4e ANNEE. N» 16. — Le Numéro : 5 centimes Affilié à l'Union de la presse périodique Belge. Mercredi 20 Mal 1914 LA NATION « Pour la Culture Française. Journal hebdomadaire paraissant le mercredi. « Four la Culture Française. » ABONNEMENTS : gique : 3.50 francs ; France : 5 francs Étranger : 7 franc». BUREAUX DU JOURNAL: | Les manuscrits non insérés ne seront pas rendus. 106B, Rue de l'Arbre-Bénit, Bruxelles II sera rendu compte de tout ouvrage dont Téléphone a 1848. j ' deux exemplaires seront envoyés à la rédaction. ANNONCES : On traite à forfait L'INCIDENT DES HUISSIERS Je constate à la lecture de l'article de mon excellent ami S. Sasserath, paru ici même sous le titre « L'Union nécessaire », que l'on n'a pas très bien compris, à Bruxelles, l'ordre du jour du Comité d'Action wallonne de Liège, relatif à la fameuse aventure des délégués de M. de Broqueville. Parce que nous n'avons pas accepté d'emblée l'institution par laquelle l'optimisme au jour le jour du Chef du Cabinet s'est promis de satisfaire le mouvement wallon, parce que nous avons, en termes d'ailleur» polis, protesté contre l'emploi de la qualité de « délégués des ligues wallonnes », qui fut bel et bien usurpée, au début de cette affaire, par MM. Braconnier et de Crawhez, parce que, enfin, nous avons renvoyé ces Messieurs et le Gouvernement lui-même à l'Assemblée wallonne, centre de notre discipline, nous nous attirons, fiers Liégeois qui refusons de faire bande à part, le reproche évidemment paradoxal de pratiquer une « politique de petites chapelles »... La vérité est que le Comité d'Action de Liège, composé, selon le vœu de l'Assemblée wallonne, des délégués liégeois à la dite Assemblée et des représentants de tontes les ligues de combat de l'arrondissement, a eu, vis-à-vis de MM. Braconnier et de Crawhez, l'attitude la plus sage, celle en tous cas qui répond le mieux, à l'heure actuelle, aux nécessités d'union que proclame si heureusement M. Sasserath. 11 y a, depuis 1912, un grand fait nouveau en Wallonie : c'est l'Assemblée wallonne. Jusque là le mouvement wallon s'avançait en ordre dispersé. Des ligues éparses luttaient isolément, se réunissant avec peine dans des congrès inégalement réussis. Nous avons, après plusieurs années d'efforts, réussi à mettre debout l'Assemblée wallonne, sévèrement recrutée, organisée avec méthode et qui, poursuivant un labeur continu, représente toute la Wallonie, de Liège à Tournai, dans ses aspirations diverses, dan» son vouloir multiple et énergique. Nous sommes fiers de cette œuvre, que peut-être aucune nationalité en éveil ne possède, et nous attachons le plus grand prix à son développement et à sa gloire. Libre à deux ou trois hommes de lettres, — pleins de talent d'ailleurs, — mais que leur hypocondrie a écarté de nos rangs, de se répandre en propos vinaigrés, dans des gazettes bruxelloises, sur le compte de l'Assemblée. Une hirondelle ne fait pas le printemps et ces deux — sont-ils vraiment trois? — mécontent» ne suffisent pas à créer une atmosphère d'opposition. Par deux fois déjà, sur ma proposition, des Congrès wallons — celui de Liège en 1913 et celui de Verviers récemment — ont renvoyé des questions essentielles qu'ils avaient à l'ordre du jour à l'Assemblée wallonne, témoignant ainsi de la haute estime dont celle-ci jouit dès à présent, parmi les militants de la Wallonie. Ce que voyant, bien qu'il semble l'ignorer, le délicieux fantaisiste qui préside aux destinées politiques de ce pays, imagina de donner à notre peuple, trop uni à son gré, une autre représentation. Deux gentilshommes qu'il découvrit dans l'arrondissement de Huy — on était, par hasard, en période électorale — lui parurent suffisants pour remplir cette noble tâche. Il les sacra délégués des ligues d'abord, puis délégués du Gouvernement. Il leur offrit même un local dans sa propre et officielle demeure. Après quoi, les ayant oints publiquement de sa prose luisante, il les envoya auprès des Wallons wallonisants. On se souvient des lettres exquises du jardinier-parfumeur de la rue de la Loi. Elles sont imprégnées, comme tout ce qui sort de son établissement, de cette fadeur toute spéciale qui s'attache à l'eau bénite de Cour. On se souviendra de l'arrivée des délégués, de leurs premières démarches. Ils ont été modestes, ils n'avaient pas de programme ou, du moins, ils avaient la délicatesse infinie de n'en point montrer qui pût nous déplaire. Ils nous ont dit gentiment, à Liège, qu'ils n'avaient d'autre ambition que d'être, auprès de M. de Charmeuse, nos huissiers... Ainsi, tout s'arrange. Vous n'êtes pas content de notre politique? Vous fondez des ligues par dizaines, vous avez même une Assemblée wallonne qui porte à son programme l'étude de la Séparation, de la terrible et apocalyptique Séparation. Un petit moment s'il vous plaît! Moi, de Broqueville, par la grâce de Dieu, je vais vous donner des délégués officiels, authentiques enfin et véritables. Rejouissez-vous!... Nous avons appris, à Liège, depuis plus de vingt ans que s'y précise le Mouvement wallon, à nous montrer assez circonspects. Les difficultés du conflit des races nous sont connues et nous savons que la solution du grand problème qui pèse désormais sur notre vie nationale est de celle qu'on n'improvise pas en deux lettres et vingt promesses, à la veille des élections. A quoi rime l'institution de délégués auprès d'un ministre qui ne peut rien, alors que nous luttons contre un Parlement dont il est le serviteur? S'agit-il d'aller périodiquement contempler la face souriante de celui qui représente le Gouvernement? Nous avons déjà la Joconde... et c'est une femme 1 Un mois est à peine passé depuis l'investiture dont furent probablement victimes MM. Braconnier et de Crawhez, que nous n'avons, — je me hâte de le dire en toute sincérité, — aucune raison de croire complices de M. de Broqueville. Un mois, le coq n'a pas encore chanté victoire et déjà M. de Broqueville a renié les vagues promesses qu'il avait faites. Nous n'aurons pas la suppression de l'Indicateur bilingue, nous resterons dans l'incertitude concernant l'application linguistique de la loi scolaire. Seuls les « bras ouverts » de notre haut protecteur nous attendront, par l'entremise de MM. Braconnier et de Crawhez, et j'imagine qu'ils auront bientôt assez de l'emploi subalterne qui leur fut offert. Comprenez-vous que notre Comité d'Action ait refusé de se lancer à corps perdu dans l'aventure? Nous avons dit aux délégués que nous n'avions aucun pouvoir pour traiter avec eux et que nous étions sous l'obédience de l'Assemblée wallonne qui, sans doute, serait saisie prochainement de l'incident. Voilà, si je ne me trompe, de la vraie discipline. Si les Wallons de Bruxelles et de toute la Wallonie font comme nous, l'union tant rêvée sera réalisée et elle ne manquera pas d'impressionner nos adversaires. 11 restera alors à l'Assemblée wallonne à parler haut et ferme, comme il convient à un organisme qui est soutenu par toute la Wallonie. L'unification de nos efforts c'est bien, l'action c'est mieux. Qui donc peut se vanter d'avoir obtenu quoi que ce soit d'un gouvernement de la terre sans l'avoir exigé à très haute voix et souvent, voyez l'Ulster, les armes à la main? JENNISSEN. ÉCHOS Les Belges en France La section de Longwy de l'Alliance Industrielle, Association des Ingénieurs et Dessinateurs mécaniciens belges, a tenu une réunion sous la présidence de M. Mon-champs des Usines de la Chiers, assisté de • M. Thibaut, des usines de la Providence. Dix membres nouveaux ont été présentés et admis. M. Libotte, ingénieur à Rodange (Luxembourg), sous-directeur des usines d Ou-grée-Marihaye, qui devait donner une conférence sur " la réutilisation des poussières des hauts-fournaux 11, s'étant trouvé empêché, M. R. Henry, également ingénieur à Rodange, a fait une intéressante causerie sur ™ la Ferronnerie d'art depuis la Renaissance » * Guillaume est content! On mande de Metz aux journaux : " L'Empereur a envoyé de Wiesbaden, au président du district de la Lorraine, un télégramme où il déclare avoir été reçu et salué en tous lieux par les habitants d Alsace-Lorraine, de la manière la plus amicale. .. . .*£ _ à.! _ _ J» l-I,— frin _ tiques et de fidèle attachement lui a causé une vive satisfaction et il en exprime chaleureusement sa reconnaissance à la population. n Le fidèle attachement de la Lorraine ! Non le bon billet! Enfin, si Guillaume est content comme ça, tant mieux. Il est vrai que faute de grives, on mange des merles... Alors!... ♦ * Un goujat. Les journaux lorrains signalent un incident qui s'est produit à Metz, dans une brasserie, entre trois Lorrains et un officier allemand, le lieutenant-aviateur Weitzel, du 98e régiment d'infanterie. Les trois Lorrains ayant continué à parler à l'entrée de l'officier dans la brasserie, sans lui prêter attention, l'officier se mit à les injurier en termes grossiers, ajoutant que les Lorrains ne forment pas un peuple, mais la classe la plus basse de l'humanité, un peuple de "wackes" que l'Allemagne devrait être honteuse d'avoir pris en 1870. Comme les trois Lorrains, et particulièrement un d'eux, M. Er-mann, s'indignait des insultes de l'officier, celui-ci, tout en proférant de nouvelles grossièretés, se jeta sur M. Ermann, son sabre à demi tiré du fourreau. Le propriétaire de la brasserie dut s'interposer et entraîner le lieutenant dans une autre partie de l'établissement. Les journaux ajoutent que M. Ermann a invité par écrit le lieutenant Weitzel à lui faire des excuses sous peine de poursuites judiciaires. Oh! combien cette brute au casque pointu a dit vrai : certes l'Allemagne devrait être honteuse d'avoir pris la Lorraine en 1870. La trahison, la lâcheté et le vol, voilà en effet des moyens dont il y a lieu de ne pas être fier quand on les emploie. Décidément, cette brute a parlé d'or. Pour les blessés du Maroc C'est le 14 juin que l'Académie Culinaire, l'importante société bruxelloise, se rendra à Lille pour organiser une quête au profit des blessés du Maroc, dont la prise de Taza vient de renouveler l'héroïsme. Il s'agit là d'une fête donnée avec le concours de l'armée. On sait que le président de cette société éminemment philanthropique, M. Léon Lathouders, et son dévoué vice-président, M. Richard Stock-man, ont reçu les palmes d'officier d'Académie, que leur accorda le gouvernement français. Nous sommes heureux de voir cette vaillante phalange participer à une aussi belle fête, et la félicitons chaleureusement. Les conférences internationales La Belgique, de par sa neutralité politique, est le centre de toutes les réunions des grandes conférences internationales. C'est ainsi qu'à la fin du mois de mai, la conférence de la mer Baltique et de la mer Blanche tiendra son assemblée générale à Bruxelles. Cette importante association comprend la presque totalité des armements commerciaux allemands et scandinaves, ainsi que toutes les compagnies anglaises de navigation vers le sud de l'Europe. » * Simple oubli!! Nous avons constaté que notre confrère Le Soir s'est plu à reproduire un passage de l'article de notre collaborateur M. H. Frick : « Le Flamand à l'école. » Notre confrère Le Soir n'a commis qu'un simple oubli : celui de citer La Nation, en reproduisant l'article. Nous sommes au regret de devoir rappeler Le Soir aux respects des usages les plus élémentaires en matière de presse. Enfin passons, c'est un simple oubli ? ! ! involontaire, nous aimons à le croire. * * Mots d'entant. La famille est à table, et le père, qui trouve probablement que l'on n'enseigne pas assez à l'école, dit au petit Jimmy : — Tu vois ces sardines? Eh bien, les grands poissons les dévorent par millions. Jimmy réfléchit une minute, puis demande : — Et comment les grands poissons font-ils pour ouvrir la boîte? Pour l'expansion belge Il existe, principalement à Bruxelles, un certain nombre de sociétés et d'associations poursuivant le développement des relations économiques de la Belgique avec les pays étrangers; la plupart d'entre-elles ont fait leurs preuves et ont déjà rendu de réels serviras à nn« PMTmatrmtfis. Le Héla! Scolaire as Sénat Le Discours de M. Magnefie Nous avons annoncé dans notre dernier numéro la publication d'extraits du très beau discours que prononça à la tribune parlementaire du Sénat, l'honorable M. Magnette, sénateur de Liège. Sans passion, ni sans colère, avec calme et dignité, faisant abstraction de toute idée de parti et de caste, n'étant le porte parole d'aucun groupe déterminé, M, Magnette s'est contenté d'être le vigilant gardien de notre pacte constitutionnel. C'est pourquoi l'honorable sénateur a proclamé le principe de la liberté des langues consacré par la constitution, et a condamné celui de l'égalité des langues ! ^.ie l'on essaie sans cesse de lui substituer. Parlant sans haine et sans passion le sénateur liégeois a su faire entendre le langage de la saine raison. C'est ainsi qu'il déclare : Il aurait fallu une entente organique réglant dans leur ensemble les difficultés de cette question des langues. On n'aurait pas dû parler du principe de l'égalité des langues; c'est une pure abstraction; mais on aurait dû proclamer et appliquer le principe de la liberté des langues, dire que nul ne peut, dans le pays, pâtir de sa non-con-naissance d'une des langues usitées dans le pays. fl n'en est rien. Il n'y a pas de principe directeur, pas de vue d'ensemble dans le règlement de la question des langues. Ce que l'on constate simplement, c'est qu à chaque occasion on réédite cette querelle linguistique qui menace notre entente et peut-être notre existence nationale ! (Très bien ! sur plusieurs hancs à gauche.) Et l'honorable M. Magnette après rapidement. exacoiné r incident de Crawhez, ajoute : Il était un moyen de donner satisfaction aux mandants de MM. Braconnier et de Crawhez et à tous les Wallons en général. C'était de s'opposer énergiquement à tout nouvel empiétement des F lamands dans le projet de loi scolaire. A l'origine, nous avons eu l'espoir qu'il en serait ainsi. La loi formulait ces deux principes : dans toutes les écoles communales, adoptées et adoptables, la langue maternelle est la langue véhiculaire; des dérogations partielles pourront être accordées en ce qui concerne l'agglomération bruxelloise. Cela voulait dire que, en Flandre en Wallonie, la langue maternelle serait la langue de la famille. On allait pouvoir créer en Flandre des écoles françaises subsidiées et inversement en Wallonie. La Chambre a rejeté le principe de la territorialité, plus toute disposition imposant l'emploi de la seconde langue dès l'école primaire. Cela nous donnait, en quelque mesure, satisfaction, le sage — et le Wallon est un sage — sachant se contenter de peu. Mais le Vlaamsche Leeuw — je ne sais si je prononce bien... M. Van de Waile. — Vous prononcez très bien. M. Magnette. — L'animal en question donc se mit à rugir (rires sur plusieurs hancs) et, dans une assemblée à Anvers, le ministre des sciences et arts en même temps que le primat de Belgique furent traités durement. Terrifié, le gouvernement fit passer au second vote uti texte qui enlevait aux Wallons toutes les concessions qui leur avaient été faites d'abord. C'est ce texte que je ne puis admettre. C'est pourquoi je demande au Sénat de remplacer l'article 15 par mon amendement.La disposition adoptée est-elle bien conforme à l'article 23 de la Constitution? Aux termes de celui-ci, l'emploi des langues ne peut être réglementé que par la loi et seulement par les actes de l'autorité publique et pour les affaires judiciaires. Est-ce que les matières scolaires rentrent dans le domaine des actes de l'autorité publique ou dans celui des affaires judiciaires? Et l'instituteur communal, auquel votre texte donne le droit de juger «i l'enfant sera instruit dans la langue que demandent les parents, est-il un agent de l'autorité publique? J'en doute. C'est un fonctionnaire public, évidemment, mais ce n'est pas pour cela un agent de l'autorité publique. En tout cas, il n'y a aucun doute en ce qui concerne l'instituteur des écoles adoptées ou adoptables. Celui-là n'est pas un fonctionnaire public. Et cependant votre texte lui donne, en ce qui concerne le choix de la langue dans laquelle l'enfant sera enseigné, le même pouvoir qu'à l'instituteur communal. D'autre part, le père de famille, en vertu de l'article 23 de la Constitution, confirmé par l'article 15 de la loi, a le droit de choisir la langue qu'il veut pour son enfant. Ce droit ne peut souffrir aucune entrave. Le père de famille sincère, normal, raisonnable, est ici seul maître, il n'a que faire de l'intervention du chef d'école et de l'inspecteur, qui sont d'ailleurs fort mal armés pour cela. L'éloquent défenseur de notre cause Critique ensuite le texte de l'article 15 voté par la Chambre, et prévoit de nombreuses difficultés dans son application impartiale et termine ainsi : Une question plus importante se pose. Comment va-t-on appliquer la règle qui donne au père de famille le droit de choisir la langue? L'instituteur devra-t-il à la fois donner un cours de français et un cours de flamand? Ce système serait inapplicable. Déjà M. Destrée a fait remarquer à la Chambre que la langue véhiculaire de l'enseignement est la langue maternelle des " entants. Et il l'a fort bien démontré. Toute la question, en effet, tient dans un pluriel introduit entre le premier et le second vote. Lors du premier vote il avait été entendu que la langue véhiculaire serait la langue maternelle de l'enfant, de chaque enfant. Au second vote M. Poullet a déposé un texte disant que ce serait la langue maternelle des enfants. Et ainsi on est revenu au principe de la territorialité repoussé au premier tour. Ce que nous désirons, c'est pour tous les enfants, wallons ou flamands, des garanties en faveur des minorités. Nous demandons que, quand elles seront assez importantes, elles aient droit à un enseignement dans leur langue. On nous le refusera; mais on aura bien de la peine à justifier ce refus, même en invoquant la situation financière, — puisque l'on a bien trouvé de l'argent pour subsidier les écoles libres. C'est là une tare indélébile de votre loi. Vous savez combien il est difficile de créer des écoles libres wallonnes en Flandre et, réciproquement, des écoles libres flamandes en Wallonie. Ceux qui en auraient surtout besoin ne sont pas en état de réunir les ressources nécessaires. Voilà ce que j'avais le devoir impérieux de dire au Sénat. Je m'adresse surtout à mes collègues wallons de droite. La plupart ne peuvent pas ne pas partager mon sentiment, je le sens et je le sais. Hélas! je sais aussi qu'ils sont engagés. M. Braun l'a dit, on ne changera pas un iota à la loi. Eh bien, soit! Nous aurons, nous, en dénonçant les vices de cette loi, fait tout notre devoir. S'il se produit dans la suite des éventualités déplorables, ceux qui auront à juger ces événements sauront à qui en incombe la responsabilité. (Très bien! et applaudissements sur de nombreux bancs à gauche.) Tous les Wallons à quelque parti qu'ils appartiennent applaudiront à ces sages paroles; ce sont celles d'un wallon sincère et d'un ardent patriote. F. H. Au cours de la réception organisée, au mois d'août dernier, à la classe du commerce extérieur de l'Exposition de Gand, par les sociétés d'études sino-belge, belgo-japonaise et belgo-russe, le vœu a été émis de voir les principales sociétés belges d'expansion se constituer en fédération, à l'instar de l'Union coloniale belge. Ce projet a reçu le meilleur accueil, tant dans la presse qu'auprès des intéressés. Les avantages moraux et matériels d une pareille fédération seraient, en effet, multiples ; elle permettrait, notamment, d'envisager l'organisation, dans des locaux appropriés, de services communs aux différentes associations, tels que documentation, bibliothèque, conférences, etc. Ce groupement s'est constitué à Bru-xdlps. la semaine dernière, sous le titre de Fédération de sociétés belges d'expansion, et il a déjà reçu l'adhésion d'associations importantes. Le baron de Borchgrave, envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire, membre de l'Académie royale de Belgique, en a accepté la présidence. Les vice-présidents seront MM. Canon-Legrand président du conseil provincial du Hainaut; Devolder, ministre d'Etat, sénateur; Fran-cotte, ancien ministre de l'industrie et du travail ; le baron C. Goffinet. envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire; le baron Janssen, directeur à la Société Générale de Belgique; Warocqué, questeur de la Chambre des représentants. Le secrétariat général de la Fédération a été confié à M. Lauwick, professeur à l'Université de Gand, et au major Pontus. Une première réunion des associations fédérées aura lieu à la fin de ce mois. L'IMMIGRATION FLAMANDE EN FRANCE Notre éminent collaborateur M.Oérard Harry consacre dans la Revue des Français dans sa chronique la Vie en Belgique un passage à l'immigration flamande en France, et à la création d'un organe flamand antiflamingant. Nous publions ci-dessous cet article avec l'autorisation de notre très aimable et très dévoué collaborateur. C'est aux Français qu'il s'adresse. En marge des travaux défensifs des Belges francophiles, je vois un effort, de caractère plus spécial et plus direct, auquel la France pourrait utilement et systématiquement collaborer, d'autant qu'il aurait le rare mérite d'aider à résoudre à la fois plusieurs des problèmes qui troublent ou passionnent nos deux pays. Il s'agirait d'encourager, par divers moyens, des paysans flamands qui, à chaque saison, franchissent la frontière pour aller aider aux travaux de la récolte dans le Nord de la France, dans la vallée de la Seine, dans la Beauce, parfois dans le Midi, avec une telle régularité qu'ils sont — au nombre de 300.000 en moyenne — désignés par le sobriquet populaire de « fransmans ». Faites en sorte que ce flot d'immigration saisonnière grossisse constamment, et vous ailez voir tout ce qui s'ensuivra d'heureux pour tout le monde. En même temps qu'il contribuera de plus en plus à combler le déficit de votre main-d'œuvre, son reflux nous ramènera, si vous faites pour cela ce qu'il faut, une foule de flamands plus ou moins « bilinguisés » et infiniment moins accessibles, désormais aux suggestions intéressées des hommes qui les veulent confiner à jamais dans leur patois et leur inculquer des tendances gallophobes. A la longue, ces paysans graduellement francisés, s'acclimateront complètement sous votre ciel et une notable fraction d'entre eux se fixera définitivement parmi vous, sans esprit de retour à la terre natale. La Belgique y gagnera puisqu'elle est déjà surpeuplée et menacée, dans un " "àveniV plus ou moins prochain, aes' plaies résultant de la pléthore d'hommes. Vous y gagnerez tout autant, pour la raison diamétralement opposée, car vous vous renforcerez numériquement d'éléments nouveaux d'ailleurs solides, très prolifiques et même facilement assimiables. J'en prends à témoin le sénateur belge Lambilliote, propriétaire d'une exploitation agricole dans la Nièvre où il emploie des flamands dont beaucoup, me disait-il l'autre jour, s'installent en permanence en France, s'y marient, y fondent des familles nombreuses, lesquelles deviennent, dès la seconde génération, françaises, au point d'être indiscernables des autochtones.Mais comment stimuler ce courant d'immigration flamande en France? D'abord, comme il fut dit il y a un an au Congrès international de Gand, pour l'extension et la culture de la langue française, en rendant le séjour de la France plus agréable aux paysans de Flandre qui y vont proprio motu travailler quelques semaines de chaque année. Actuellement, ces journaliers sont, en général, si pauvrement logés dans vos fermes qu'à l'instigation de quelques personnes influentes et vigilantes, le gouvernement belge a cru devoir récemment faire une démarche amicale auprès du vôtre pour que celui-ci s'employât à leur assurer des gîtes plus sains et plus riants. Puis, alors qu'il serait si aisé d'attirer ces auxiliaires de la culture de votre sol, à la culture française, par des leçons qui prendraient la forme de distractions instructives, on ne fait absolument rien en France, pour les tirer de leur ignorance native, en quoi l'on fait exactement, sans s'en douter, le jeudes flamingants. Car ceux-ci ont d'égoïstes raisons économiques bien plus que des sentiments. De propos délibéré, ils s'efforcent de priver les " fransmans „ du verbe français qui leur permettrait de traiter directement avec leurs employeurs de France et de toucher l'intégralité de leurs salaires, au lieu de passer par l'intermédiaire d'enrôleurs flamands bilingues qui prélèvent sur ces salaires une part léonine. Ensuite, de façon plus générale, nos chefs d'exploitations agricoles sèvrent les paysans de Flandre de la libératrice langue française, les empoisonnent même de préjugés contre elle, parce que la Flandre est le pays de la main-d'œuvre à bon marché et que cette main-d'œuvre exigerait une rénumération supérieure, sous peine d'émigrer définitivement au pays des salaires élevés, si les yeux du paysan flamand s'ouvraient, si ces ignorants savaient. En fait, nous voici au nœud de la question. L'intérêt bien compris des travailleurs flamands les pousserait en rangs toujours plus serrés vers vous, si l'effort de nos flamingants pour les priver d'éducation, de lumière, française ne rencontraient pas une inconsciente complicité chez les fermiers de la France elle-même. Une fois éclairés par l'acquisition de la langue de Jacques Bonhomme, leur émancipation et leur installation à demeure chez vous irait constamment crescendo, pour leur plus grand profit et pour le plus grand profit de nos deux nationalités tout ensemble. La France se repeuplerait à

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