L'indépendance belge

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s.n. 1916, 20 Mars. L'indépendance belge. Accès à 06 août 2020, à https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/fr/pid/w66930q012/
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BELGE BOYAUME-UNI: ONE PENNY CONTINENT: 15 CENTIMES CHOLLANDE; 6 GENTS.) atiMTNISTBATION ET REDACTION- BUREAU.A PAHI8: , ,™,, „ , CTDOB HOUSE. ÏUDOH ST.. LOMDON, E.C. U. PLAC3 DB Ot LONDRES, LUNDI 20 MARS 1916. ABONNEMEN1S: jg MOIS 17 SHILLINGS: [ CONSERVATION PAR LE PkOGRÈS. TELEPHONE: CITY 3960. i ELEPH.: j 238-75. *" i AK. 32 SHILLINGS. ' LA SITUATION. Lundi, midi. Demain, il y aura un mois qua les Al-iemands s'acharnent contre Verdun et, usqu'ici, tous leurs efforts n'onb fait que Sclémonfcrer leur impuissanoe a se rendre inaitres de la place-l'orba fran§aise. La grande offensive de 1'ennemi a irrémé-diablement échoué efc les attaques spas-inodiques livrées a intervalles plus ou moins réguliers sont les soubresauts de la bêfce morbellement blessée. Les tentatives a venir, qu'elles soient 'dirigées contre Vaux et Douaumont ou contre le Mort Homme, ne pêiivent que préciser, en 1'amplifiant, 1'éohec du Kronprinz et de san armee. Pour recom-mencer une offensive comme celle qui vient d'échouer, il faudrait a nos «nne-mis au moins deux mois de préparatifs iaborieux, '' A 1'heure qu'il est, les Aliemands, on peut en être ceitain, ne doivent guère se faire d'illusions sur la néce3«ité de se résoudre bientót a une défensive générale sur tous les fronts et I'état-major de nos ennemis se préoccupe certaine-ment plus en ce moment de la procbaine jffensive des Alliés que des possibilités l'une offensive nouvelle de la part des iirmées impériales. L'absence de contre-offensive doit les inquiéter sérieusement, car ils s'étaient préparés a cette éven-tualité et le calme serein dont témoi-gnent les Alliés en présence de 1'offensive teutonne trabit une force qui doit faire réfléchir 1'ennemi. Nous estimons, en effet, nous 1'avons dit déja il y a une dizaine de jours, que le fait qu'aucune diveraion sérieuse n'est tentée par les Alliés, ne doit pas être interprété ni comme un signe de faiblesse ni comme un manque d'initiative, au contraire. Uiie diversion constitue un gaspillage de . iorces qui peut se justifier dans certaines circonstances - lorscju'il s'agib de dé-congestionner 'a tout prix une région me-nacée — mais qui, généralement, fait le jeu de 1'adversaire paree que provoquée par lui, et par conséquent attendue. En Jie livrant pas uue coufcfê-attaque "au moment ou 1'ennemi 1'attend eb y est préparé," les Alliés déjouent une partie du programme allemand, et l'absence de toute offensive, en oe moment, prouve que I'état-major des Alliés entend ne pas se laisser distraire de ses jrojets. II attencl 'son' heure pour frap-per et 1'ennemi ne perdra rien pour at-tondre. II a accumulé de grandes forces sur notre front eb il voudrait, tant qu'elles ne sont pas requises ailleurs, en profifcer pour nous affaiblir et diminuer d autant la violence du cboc "qu'il saii devoir venir." Les Alliés, "sans bouger" (nous em-ployons ce terme dans le sens large de sa signification) "fixenb" des masses enne-mies qui peut-être seront indispensables, tres prochainemenb, par ailleurs, et que 1 adversaire comptait voir libérées rapi-demenfc, pour les utiliser dans quelque nouvelle attaque-surprise prépa-rée sur 2 un ou 1 autre front. La "passivité" re-iative des Alliés esb donc, en réalité, une tactique dictee par une vigilance extreme et une prudence que de nom-breuses raisons justifient. a L*"3 combats des dernières quarante-huit heures se résumenb, sur notre front, en une série d'attaques livrées par 1'ennemi dans le secteur de Vaux et a Thiau-rille (Lorraine), ainsi qu'en Artois (Redoute de Hobenzóllern). L'artillerie ^ranjaise a eu rapidemeut raison des attaques contre Vaux et pas un Alle-1 mand n'a'pu atteindra les pesilions de! nos Alliés. A Thiauville, les Aliemands onfc fait quelques prisonniers du cóté du Pavillon cle Cliasse, mais n'ont pu occu-per les tranchées franyaises. En Artois, 1'ennemi, par suite de 1'explosion de mines, a pu occ-uper certains points des positions britanniques pres de la Redoute de Hobenzollern. L'artillerie a été tres active dans les régions de Dixmu ie et de Steenstraete (front beige), du cóté d'Arras, d'Ar-mentières eb de Wytscbaete (front britannique) eb, * au nord de R-einis, dans la région de Ville-au-Bois, au nord-ouest de Soissons et dans Ia Woevre. Quant aux aviateurs, leurs exploibs onb ébé plus nombreux que jamais. Les escadrilles fran§aises onb bombarde les gares de Metz, de Mulhouse et de Con-flans, tout en livrant 32 combats dans les airs, au cours desquels trois appareils aliemands eb quatre francais furent abat-tus. L'aérodrome allemand a Dieuze a été en partie détruit et la gare d'Arra-ville bombaraée. Un aéroplane en-nemi a été descendu sur te front britannique eb des aviateurs alliés sont aliés samedi soir bombarder Zeebrugge. La cöte sud-orientale britannique a re^-u, elle aussi, la visite de quatre bydro-planes aliemands qui, volant par paires, ont bombarde dimanche, vers 2 heures après-midi, Douvres, Deal, Margate, Ramsgate et Westgate. Ils Iancèrent un total de 48 bombes, qui firent quaranbe victimea, dont neuf tués. Un bydroplane, pourebassé par 1'aviateur Bone, fut des-cèndu en pleine mer eb son pilobe a péri. On signale différents engagemenbs sur le fronb russe, notammeub dans la région des lacs (au sud de Dvinsk) et sur la Sirypa (Galicie). Berlin parle d'une offensive eur une grande'écbelle dans la région de Vidzy (au sud de Dvinsk) et plus de neuf mille cadavres ennemis comptés devant les positions allemandes des deux cótés du lac Narotch. Pétro-grad ne mentionnant aucune action 'de cette envergure, il faut voir dans le rapport berlinois un nouveau mensonge des-tiné a calmer I'impatience des popula-tions allemandes et a activer les sous-criptioiis au quatrième emprunt de guerre, pour lecjuel on ne semble témoi-gner chez nos ennemis d'aucun enthousiasme.Sur Ie front italien, les Autricbiens onb réussi a prendre jiied dans les tran-cbées italiennes au Mout Santa Maria (secteur de Tolmino), oü ils disent avoir fait plus de quatre cents prisonniers. En fait d'opérations navales, on signale Ia perte du contre-torpilleur francais "Renat'.din," caulé par un sous-maiin dans 1'Adriatique. Quarante-qua-tre hommes et trois officiers manquent. Dans Ia Mer du Nord, les sous-marins aliemands continueub leur campagne destructive contre les trarisatlantiques hollandais, et ou commence sérieusement a se demander si les Aliemands ne cher-olient pas a provoquer Ia Iiollande dans I'espoir de 1'entrainer dans la guerre et cle la dépouiller. L'ut-ilité pour les Aliemands de la possession de Rotterdam et du littoral hollandais pour la poursuite de la guerre sous-marine pourrait expli-quer dans uue certaine mesure I'attitucle provocatrice des Aliemands et a la place • des Hollandais nous ne serions nullement tranquillisés sur les intentions d'un voi-sin pour qui Ia fin ïustifie les moyens. LE PACIFISME. Reproches A part les protestaiions assez embar-rasaées de quelques-uns de ses porte-paroles, au début de la guerre, Ie paci-feme reste coi. II a d'ailleurs une mau-^"lSe presse. On le charge un peu de lj'ts les péchés d'Israël. Ainsi, il y a quelques jours, dans l'"Echo Beige," a 1':0P°3 d'une étude sur le livre de ijinain Rolland, "Au-dessus de la * '! signée Jules de Gaultier et qu'a pubbee Ia "R6vue de Hollande," ^üaries Bernard, en parlant de I'idée paciüsbe, écrivait: "Quoiqu'elle aib en f ° i -t apprête des proies pour les bêbes ■ !0|e e*- ('}U on la peub tenir pour la U^if »> ^US c'"'eo';e guerre ac- '! es- vrai que notre excellent •'>1' eie complétait sa phrase en ajou-v1.11 f|ue nous n'en aimions pas moins ia 111 nous saurions ifeus prémunir les ravages de la guerre. xVIais jl - assurance n'enlève rien au sens des ln'lqui IJrêcbdent- el ClUr jusqu'a quel point mérité. 0'aS ne le vovons pas trop. JSTous ne f'i- pienoiis t^as tiès bien non jolus le re- injustifiés. ■ proche fait aux pacifistes, traités le plus souvent d'utopistes et de... visionnaire?, de n'avoir pas su eropêcher la guerre. Ils pourraient toujours répondre qu'ils n'en auraient pas été ainsi si on les eüt écoutés au Keu de se moquer d'eux. Eb puis n'oublions pas la conférence de La ïïaye: seul vestige du droit des gens, subsistant comme une épave dans 1'immense et sang'anb cataclysme qui a submergé 1'Europe, c'est eneore elle, en présence des abu3 inouïs de la force, que I'on invoque en un suprème mais, belas! vain recours. Ör, si cette oon-férencs de La Haye ainsi que la cour permanente d'ai'bitrage qui en dépencl, mnontenb a 1'initiation dü Tsar actuel, l'une et i'autre sont cep&ndant contin-gentss du grand mouvement qui, vers le milieu du &ièele dernier, srest déclanché en faveur du desarriVément ei. de la paix universelle. L'esprit d'association. La vérité, c'est que pacifistes nous 1'avons tous été. Nous I'étions même dans un gens autrenient positif et agissaut que les philauthropes, les cloux rêveurs et les dames d'age cpii se réunissaient périodi-quement pour discourir entre eux du "fiéau de la guerre" et en dénoncer les horreurs. Et nous le devinmes surtout, grace a rimpulsiö-n de 1'un dés pl'ttfe grands facteurs du jorogrès moderne: l'esprit d'association. C'est sur 1'assoeiatiou que s'est greffé l'esprit d'entrepx-ise. Favorisés par le dé-veloppement d;s communications, la ra-pidité et le bas prix des moyens de transport, tous deux. dans le champ industrie! et commercial, par exemple, onb réalisé des miracles. Mais l'esprit d'association n'est pas resté en arrière dans le domaine nioral. II a donné lieu a. des groupements scien-tifiques et professionnels et contribué ainsi puissamment a la divulgatiou des lumières et des contiaissances utiles. Ces assises, congres et conférences de savants, cle légistesj. de lettrés, d'écrivains, d'ar-tistes, de moralistes, de représentant^ d'organismes créés par 1'industrie et le commerce, ue sortirent pas d'abord des pays oü elles s'étaient formées. Mais peu a peu, précisément paree que les nations sont solidaires eatre elles au même titre que les individus qui les composent, 1'as-sociation franchib les frontières. et 1'on put croiro un instanb qu'elle les aurait supprimées. II se créa ainsi un cosmopolisme dans lequel les uations étaient représentées par une élite cï'intellectusls et d'hommes d'aetion. Puis ces groupements et ces organismes finirent par établir entre eux des liens permanents, lis se fédérèrent. 11 en résulta une sorte d'Internationale infiniment plus militante que celle de Karl Marx et des Bakounine qui, en oe moment, essaie de réunir ses ti-onjons. Ceux qui la composaient, bien qu'ils eus-sent un idéal et un but différents, n'en restaient pas moins entre eux en pleine communion, sinon d'idées, pourtant de sentiments éminemment pacifistes eb liu-nütni'.aires.Les expositi >ns universelles. Mais depuis loi,gbemps un autre élément concourait a la paix. C'étaient les expositions universelles dont notre pays somblait avoir le brillanb monopole. Certes, mieux et plus qu'aucune autre, ces entreprises contribuèrent a rappro-olier les peuples. Aussi, dans les discours officiels auxquels elles donnaienb lieu, les orateurs pour en parler n'avaient-ils, en fait de périphrases et de mét-aphores, que 1'embarras du choix. Elles devenaient les "rendez-vous des nations," les "concours pacifiques des peuples"; chacune était: "une étape nouvelle dans la voie du travail, de la civilisation et du pro-grès!" Et ainsi de suite; car, une fois sur ce tlième, on pouvait varier a I'in-fini,Et nous êcoutions cebte phraséologie sonore, qui n'était nullement celle d'idéo-logues, de rêveurs; ceux qui en faisaient usage: hauts fonetionnaires, hommes ]x>-litiques, techniciens, étaient des ■ gens pratiques. Nous 1'écoutions et nous v applaudfesions, le sourire aux lèvres, nar-quois, peut-être, mais heureux, conSants, ne doutant pas un instant que ces belles cboses que 1'ön exaltait devant nous: la paix, Ie labeur fécond, notre prospérité nationale ne dureraient toujours. La guerreTAllons donc! Qui pourrait y croire eucore?... Avec les moyens dont dispose la acience, n'est-ce pas, ce serait brop affreux... Nous rêvions ainsi a une ere de soli-darité humaine, d'apaisement, d'amélio-rations söcik-les. Nous nous sommes, i est vrai, un peu trop attardés dans ce rêve... Mais c'est la Terreur et non Ie crime. Le crime, e est de 1'avoir brisé, ce rêve, et brutalement, cyniquement. Guillaume II pacifiste. C'est une justic-c a lui rendre cepen-dant: Guillaume II a mis tout en osuvre pour ne pas nous en tirer avant 1 heure. Ce fut, par excellence, le souverain pacifiste— en surface. Au cours de son règne de vingt-six ans — mainbenant vingt-huit — il ne s est que trop souvent évertuc — car Dieu aait si la "parlotte' le bantaifc! a en donner des joreuves. II ïvy a qu a re.lire sa correspondance avec Ie tsar Nicolas, a la veille des hostilités, quand il savait, pour la bonne raison qu'il 1'avait dictee lui-même, que la décision de 1'Autriobe allait rendre la guerre inévitable, pour être édifié. On pe-'.b dire qu'il ne chercha jusqu'au boub qu a faire parade de ses intentions pacifiques, faisant naitre les occasions quand él'.es ne venai ut pas. Et pendant ce temps, dira-t-on, 1'A I-lemagne préparait ses plans de campagne, armait ses fort-eresses, fondait ses "42" 1 . C'ctait san droib, eb notre to'rb, a nous, c'est de ne pas avoir fait comme elle. Non, ce n'est pas cette préparation au vu et au su de tout Ie monde—excepté de ceux dont le devoir eüt été de ne pas fermer les yeux ni cle se boucher obstiné- menb les oreilles—qui indigne. Ce qui provoque le mépris jusqu'a 1'écoeure-menb, c'est ce long et patiënt travail caché, souterrain, travail' cle taujje au-quel s'est livrée 1'Allemagne en vue d'a-cbeter ames et couscienoes et d'organiser son espionnage. Attachés dynastiques avec les Cours étrangères, diplomatie, fmance, tout convergeait vers un même but. C'était comme une vaste toile d'a-raignée enveloppant la terre entière et dont eucore maintenanb nous retrouvons des fils ignorés. Mais c'est ainsi que, le moment veuu, elle, 1'Alleinagne,- put décbainer sur 'ie monde "sa" guerre, guerre infame, 'scélérate, 'guirfa da ströfzini, comme disent les Italiens guerre d'étrangleurs, avec la cercitude du moins le croyait-elle, de Ia victoire. Mais toub cela, ainsi que celui des cent-aiues de sociétés pour la paix qui se sont fondées aux Etats-Unis avec 1'or des ïeutons, conjointement aux sociétés se-crètes cbargées dö faire flamber les parle-ments et sauter les fabriques de muni-tions, tout cela, c'est une variété du pacifisme -. le pacifisme impérial allemand: Made in Germany.' Le pacifisme de demain. L'après-guerre, soit que 1'on se mette au point de vue poiitique et économique, soit qu'on I'envisage au point de vue social, est devenu depuis quelque temps un sujet assez fréquemment traité daus la presse. Le jeu est d'ailleurs intéressant et ne manque pas d'utilité. Nous pouvons nous y livrer d'aubant mieux que nous avons de moins eu moins 1'air, en éta-blissant nos prévisions, de vendre la peau de 1'ours avant de 1'avoir tué. II nous est donc permis de nous demander ce que sera le pacifisme de demain. Disons que nous ne sommes pa-s éloignés de croire, nous aussi, a la faillite du pacifisme proprement dit, que 1'on appalle- rait presque professionnel. II paraït inopérant et pas toujours désintéressé. Mais I'autre, celui que nous portons dans notre raison et dans notre coeur, que de-viendr^-t-il'!La poussée démocratique que 1'on pro-phétise après la guerre devra lui être favorable. Le peuple, par instinct, est pacifiste: ses deuils, les souffranoes qu'il a- endurées n'auront fait que fortifier en lui cette tendance. Seulement, Ia terrible expérience qu'il vient de faire lui aura appris une chose: ö'est que, comme le droit, la volonté de vivre en paix avec ses voisins est sans valeur ciuand la foi'ce n'esb pas la, pour la faire respecter. Mais, objectera-t-on, le militarisme prussien abattu, 1'Allema-gne mise dans 1'impossibilité de nuire, que craindre eneore'' — "Si tel peuple est 1'eimemi d'un autre, dit Romain Rolland dans -son livre si discuté, c'est, qu'on ne 1'oublie pas, pour des rapports politiques, et ces rapports changent souvent par suite de circonstances que nul ne peub prévoir, de sorte que les alliés d'aujourd'hui deviennent les ennemis de demain." Si pénible qu'elle soit, cette réflexion —qui au surplus se retourne contre la these de 1'auteur—est juste. II n'y a qu'a consulter 1'histoire de oes vingt-cinq dernières années pour s'en rendre compte. Qu'en conclure, si ce n'est que le "Si vis pacem para bellum," des anciens restera. pour bien longtemps eneore, le meilleur moyen d'assurer la paix—ce qui n'empêcberait pas les peuples, comme 1' "Iudépendanoe Beige" 1'a toujours préconisé, de mettre une limite aux ar-mements. Solution heureuse qui peut se cohcilier avec le vieil adage lat-in et le souhaib a faire aux générations futures de ne pas le perdre de vue dans leur marche vers 1'impénétrable avenir. E. HEINZMAN-SAVINO, LETTRE DU VATICAN. (De notre corrcs-pom.la.nt particulier.) Rome, mars 1916. Les catholiques italiens. La guerre a eu pour effet de rèveiller la oonscience patriotique des catholiques italiens. Je parlc surtout des cailioli-•ques militants, de ceux qui sous Is direc-tiora du Yatican organisent ''action catholique dans le pays. Le gros du, peuple italien était depuis longtemps gagné a la cause de 1'unité et ne &e sou-ciait plus des rovenclications de baut genre que le Vatiean, toujours i.itran-sig-eant essayait de maintenir en vers et contre tous. ' Les militants avaient recu le mot J'or-dre de prècher la neutralité ; ils Ie firent avec ardeur. I^or.sque 1'Italië se decida pour la guerre, les apótres du p acifi-cisme, accusés d'avoir cédé aux in-fluences allemandes, furent bien obligés de suivre le courant, car s'ils avaient persévéré dans leur attitude ils ris-quaient d'être qualifiés ennemis de la pa-trie. En tous les cas, la masse du peuple ne les aurait pas suivis, 1e Yatican risquait de devenir impopulaire en Italië. Entre le Pape chef religieux et le Pape prétendant poiitique, le peuple italien sait bien établir ces différences. Le chef de la religion, il Ie vénère et le respecte, 1! se montre même assez lier de !a primauté romain qui depuis des sièc'es est devenue un fief italien, car ceia donne a 1'Italie une note caractéris-tique spéciale de doniinatioti sur le monde et féalise, sous ur.e autre forme. le rêve antique du " primato." La religion, 1'Italien rentend a sa facon et :a pratique de même. parfois avec un supplément de superstitions, avec des aévotions naïves qui font souri e. ( 'est pour lui aussi un moyen de poiitique nationale, aussi, le gouvernement qui comprend 1'ame du 'peuple a toujours évité le sectarisme anti-religieux et n'a jamais cberché querelle au Pape sur ce terrain. Mais lorsque les droits »a-tionaux so,nt en jeu et que le Yatican montre certaines velléltés d'empiéter sur le terrain poiitique, Ie gouvernement est sur d'avoir de son cóté la masse de la nation cjui l'approuvera sans réserve s'il agi-t et s'il prévient même afin d'évi-ter la mainmise du Vatican et d'em.pê-cher son ingérence dans les affaires strictement politiques et nationales. Le Pape et la poiitique. Le Pape peut se mêier d'électioas, il est italien ei peut se constituer le ci.ef d'un parti, on 1'a vu entrer en lice sous le pontiticat de Pie X, lorsque ce Pape autorisa le> catholiques italiens k prendre part ofüeiellernent aux élections politiques et donner leur vote aux candi-dats désigués par Ie Yatican. Pour farc ï'éussir ces cand'dats, il a fallu effacatl soigneusement dans les programme3 toute revendieation poiitique et territoriale en faveur du Pape et ne parler que de questions sociales et écomomiques. Si en ce moment Benoit XV se per-mettait de soulever directement des questions de poiitique intérieure ou extérieure, il risquerait fort d'être désa-voué par la plupart des catholiques italiens qui se détourneraient de lui, 1'ac-cusant d'antipatriotisme. Mais ce n'est pas en vain que le Pape actuel a passé ia plus grande partie de sa vie dans les bureaux de la diplomatie pontificale oü 1'on est trés expert en subtilités. Aussi, pendant que tout le monde en Italië n'est préoccupé que de Ia guerre et de ses conséquences, au Vatican on a choisi précisément ce moment pour réorganiser 1'action catholique italienne. De nouveaux statuts ont été élaborés et imposés par le Vatican a 1'Union populaire des Catholiques italiens, et. une circulaire reccrnmande la création d'as-sociations catholiques dans chaque pa-roissp. " Les catholiques militants de n'importe quel age, dit ce document, ont a accomplir un devoir sacré qui consiste en la défense, la sauvegarde et la propa-gande de leur propre foi et de leur pro-pre idéal. Toutefois, dans une action catholique moderne, en face des nombreux problèmes de la vie sociale et des camps divers oü 1'on organise les forces adversaires, on ne peut faire abstraction des organisations partieulières oü 1'on déploie une action précise comme, par exemple, les organisations économiq.ues sociales, celles pour ia préparation electorale ou eneore pour la préparation et Ia sauvegarde de la femme et de la jeu-nesse."On doit donc s'organiser partout pour être prét au moment oü, après la guerre, on jouira de la paix victorïeuse et pour préparer la conscience catholique dans tout le pays. Les principes de la religion. La circulaire termine en disant que chacun doit faire son devoir de citoycn, mais ne doit pas oublier "les principes sacrés et immuables de cette religion, qui prêche sur cette terre 1'amour entre tous les hommes et dont doivent toujours s'inspirer tous, dans leurs ac-tes, leurs paroles et dans toutes leurs ceuvres. Quels sont les "nouveaux et graves problèmes " dont la solution iijcombe aux catholiques italiens, la circulaire ne le précise pas, et pour cause, pour les indiquer en temps opportun elle s'en re-met a une plus haute autorité. Cette préparation politico-relig.ieuse des catholiques italiens afin qu'au moment donné, après la paix, ils puissent entrer en lutte contre leurs adversaires, S7ëme aanée* Na m

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Cet article est une édition du titre L'indépendance belge appartenant à la catégorie Oorlogspers, parue à Londres du 1914 au 1918.

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