L'indépendance belge

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s.n. 1918, 18 Decembre. L'indépendance belge. Accès à 09 decembre 2019, à https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/fr/pid/xg9f47hz5n/
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Mercredi 18 décembre ISIS 10 centimes 89e année. L'INDÉPENDANCE TÉLÉPHONE • Direction.. ..«««« A 2278 Administration — — m m B 73 Rédaction. M M t» M N B 75 Adreus télégraphique i L1NDEBEL-BRUXELLES Fondée en 1829 ADMINISTRATION ET RÉDACTION i RUE DES SABLES, 17 * ABONNEMENT t ÉKLGIQUK # Un an, 24 fr. | eue txxoïa, 12 ff, j trois moi*, 6 francs. ÉTRANGER t Un an, 40 fr.; six mois, 22 fr,) trois mois, 12 francs. Les Causes morales Pour que tant de souffrances, pour qu< tsnt de morts ne soient pas inutiles, il fau1 s'efforcer de pénétrer les causes de notri 1 victoire et de la défaite allemande. L'une de ces causes est dans le régirai bous lequel l'Allemagne avait accepté d> vivre, qu'elle subissait avec une vile do câlité, et qui avait annihilé les forces indi visuelles, diminuant ainsi, aux jours d crise, la force collective. Nous le consta tions ici dernièrement, aucune des nation; vivant encore sous le pouvoir autocrati que, n'a résisté aux premiers revers, tan dis que les autres surmontaient superbe ment l'adversité. Un peuple d'aujourd'hui n'est vraimen fort #que dans la démocratie. Et, d'autri parC dans le monde d'aujourd'hui, un al tentât contre la démocratie doit souleva contre lui des forces innombrables, irré sistibles; et ceux qui veulent le commette doivent être vaincus. C'est -ce qui est arrivé; et c'est une le: constatations qui doivent nous consoler. Il en est d'autre3 encore, de portée ai moins aussi haute. Si les Allemands ont été vaincus, c'es à cause des deux grandes infamies qu'il-! ont commises, des deux violations les plu: révoltantes des sentiments d'humanité e de civilisation. Il y a un an a paru à Munich, dans un< flollection de brochures consacrées au: grands problèmes soulevés par la guerre, un opuscule très curieux 6ur l'état d'espri aux Etats-Unis. L'auteur de cet opusculi est un professeur — naturellement — al lemand, qui, au commencement de 191 jusqu'au moment où les Etats-Unis se dé aidèrent à intervenir, a vécu en Améri jue, donnant des leçons dans les universi tés. Son travail est très objectif. Il étuJi dévolution de l'opinion publique en Amé tique; il la montre indifférente dans le premiers jours du conflit puis, soudain jassionnée en apprenant le traiteman niligé à, la Belgique. Sur d'aivtres points, explique-t-il, oi pouvait discuter paisiblement avec un ci oyen américain; sur la question belge, fêtait impossible : on n'écoutait pas; l'dn 'ignation était unanime et frémissante. Le point de départ de l'évolution dam 'esprit public, qui permit à M. Wilsoi a conduire le peuple à l'idée de la con icriptoon et de la guerre, c'est cela : l'in asion et le martyre de la Belgique, U Temière grande infamie allemande. C'était elle déjà qui avait déterminé l'in wvention rapide de la Grande-Bretagne itervention qui, sans elle, ne se serai ias produite ou se serait, produite plu; arfl. Or, ôè sont notre propre résistance e tîatervention anglaise qui ont renvers* îs premiers plans de l'état-major di iuii'.aume II, permis à la France de si ressaisir et de livrer victorieusement 1e bataille de la Maine. Mais, après la bataille de la Marne, le: Jlemands, grâce à leur longue prépara •on, étaiienit encore forts. Ils auraient pi ■aincra peut-être, du moins n'être pœ .ussi complètement vaincus qu'ils le sont S, après la défection des armées russes 'écroulement de la Russie, toutes leurs «■cas réunies ne s'étaient trouvée: ', l'ouest, qu'en présence des Français tes Anglais et des Belges, ils auraient pi '.ehapper au châtiment de leurs orimes. Mais, pendant qu'ils travaillaient à écar ter la Russie de la grande lutte, les ar mées américaines débarquaient en France Les Etats-Unis avaient déclaré la guern \ l'Allemagne au commencement de 1917 'opinion publique aux Etats-Unis, déjà s mervée par l'attentat contre la Belgique „vait été soulevée par ce second crimi ontre la civilisation : la guerre sous-ma p'ne sans restrictions. On peut l'affirmer sans une hésitation à les puissances centrales, malgré Is bree écrasante dont elles disposaient ai <ébut, malgré l'avance que leur valait li Irgue préméditation de leur méfait, on é' . vaincues, c'est parce que l'Allemagni . commis ces deux actions particulière lient en contradiction avec la conscienci ûîs hommes de notre temps : l'invasior <S la Belgique et la guerre sous-marine Il est des crimes que l'humanité d'2 srésent ne permet plus, des crimes qu: clivent, inévitablement, dans le monde ci ■ùlisé, être punis. Ceux de l'Allemagne l'ont été. Ils l'onl été, non parce que les adversaires des puissances centrales étaient les plus Jo'ts, mais parce que ces crimes, en les riultipliant, les ont faits plus forts. L'idée de la Justice commence à régnei sur la terre. ii i i lis n'ont pas compris ! «Aucun ennemi ne vous a vaincus. Sauvez l'unité allemande, après avoir épargné à ce pays les horreurs de la guerre!» Ainsi parla récemment Ebert, futur Président des Etats-Unis d'Allemagne» aux troupes faisant leur rentrée à Berlin. «Aucun ennemi ne vous a vaincus!» On croit rêver en lisant cette phrase plus que stupéfiante. Non, mais qu'est-ce qu'il leur faut? Ils veulent donc donner raison jusqu'au bout aux extrémistes que l'armistice désola et qui disaient : «On a eu tort d'accorder l'armistice aux Allemands. Ils ne croiront à leur défaite que s'ils voient la guerre transportée sur leur sol.» •Les extrémistes raisonnaient juste. L'Allemand est ainsi fait qu'il ne comprend les choses que peu à peu, au fur et à mesure qu'elles parviennent à affecter sa rude sensi? btfité. En attendant, si la situation paraît mauvaise, il construit à la hâte une théorie pour expliquer ces embarras du moment. Une théorie* explicative : tout est là! Pour l'Allemand, un malheur expliqué n'est plus un malheur. Les casuistes et ergoteurs d'Outre-Rhin exoellent à retourner les choses, à démontrer que le noir, c'est le blanc, que le moi et le non-moi, ô Hegel! son,1, identiques. Dès que l'explication est troi monde l'admet, tout le monde s pétant Elle sort de tant de boucl que ce concert fait impression e convaincre ceux qui douiaient e Ils ne sont donc pas vaincus! I après le Kaiser, après M g de Bac Journaux. Et tous les Allemands chorus : nos armées sont intact* 6ommes pas vaincus! Comment, s'il en est ainsi, expl cul, l'acceptation des dures condi sées par l'Entente/ la présence d à Cologne et à Coblence? Rien de ; et de plus naturel. C'est le résultat d'une opération d'arithmétique. Etant donné X, les !or-! ces fixes de l'Allemagne et Y, les forces en progression indéfinie de l'Entente, le rapport de deux valeurs s'éloigne de plus en plus de l'équilibre. Il s'agit donc de le rompre avant qu'il ne se rompe lui-même... «Nous aurions peut-être été battus un jour, disent les Allemands. Mais la guerre aurait encore duré deux ou trois ans. Nous avons voulu éviter au monde ce surcroit de pertes inutiles. Nous espérons bien qu'on nous en sera reconnaissant!» A cette thèse allemande, il faut opposer la réalité des choses. La vérité est que l'Allemagne est battue, battue à fond, battue comme jamais un peuple ne fut battu, battue sans espoir de salut. Elle est tout d'abord battue moralement, ! c'est-à-dire que, dans l'estime des peuples, elle est déchue du haut rang où tous l'avaient l placée. On la croyait le pays le plus évolué, J le plus cultivé, le plus scientifique. Et ses 5 soldats se sont conduits comme des bandits,ses ; savants comme des imbéciles. On le croyait le seul pays invincible : et ses armées se sont * fait battre, tandis que ses civils se montraient î incapables de supporter l'adversité. Elle est ensuite battue matériellement, en 5 ce sens qu'elle n'a réussi à mener jusqu'au bout aucune de ses entreprises guerrières. Sa 1 marche vers Paris est arrêtée sur la Marne; elle ne peut passer l'Yser; son offensive est ' bloquée à Verdun; ses attaques réitérées sur ; Ypres sont chaque fois enrayées; sa ruée sur ! Amiens est comprimée à temps; il en est de k même de ses tentatives de. percée à Bailleul et à Château-Thierry. Vingt fois, elle a été î sur le point de mettre la main sur la proie é convoitée : vingt fois celle-ci s'est dérobée à son emprise. t Mais ce ne sont là, dira-t-on, que des échecs, non des défaites. Soit. Les vraies défaites ont donc commencé le 18 juillet, jour où Foch déchaîna sa grande contre-offensive. A partir de ce moment, l'Allemagne recula. Et quand elle demanda l'armistice, à la prière même de Ludendoîijf, elle était sur le point de s'effondrer militairement. Sa retraite ordonnée allait se changer en une effroyable débâcle. Quinze jours de combat de plus et les armées , alliées repoussaient leurs ennemis sur le t Rhin en faisant des centaines de milliers de prisonniers. Soyez assurés que s'il n'en avait i pas été ainsi, le haut commandement alle-. mand n'eût eu garde de demander un armistice, ni surtout d'en accepter les conditions . draconiennes. Il est faux de dire que l'état de démobilisation de l'armée l'y obligeait. ; L'armée du front avait encore toute sa valeur t combattive. Les Belges ont fait prisonniers, sur le canal de la Lys, donc à la veille de . la suspension d'armes, de nombreux mitrail-L leurs allemands qui s'étalent" volontairement fait enchaîner à leurs pièces. Ce n'est pas là le fait de soldats découragés... Il est faux également de soutenir que la demande d'armis-[ tice a été justifiée par l'imminence de la ré-! volution. C'est, au contraire, la révolution qui a été déchaînée par l'aveu de la défaite. Au , . surplus, le haut commandement ne croyait j ■ pas à la révolution. ; Il reste donc que l'Allemagne a été battue j ; et qu'il est grotesque de sa part de prétendre ' le contraire. C'est comme si un condamné • aux travaux forcés soutenait, derrière les i barreaux, qu'il jouit de la liberté; comme si ; un guillotiné, parlant, affirmait que sa tête ' est toujours sur ses épaules. C'est grotesque et c'est dangereux : dange-' reux,' pour elle! Car un pays qui ne se croit pas vaincu, garde fatalement des idées de re-i vanefre. Que l'Allemagne ne s'en prenne qu'à 1 son outrecuidance et à sa sottise si les Alliés 1 sont obligés de la mettre hors d'état de re-. commencer ses sanglants exploits. i AU PALAIS DE LA NATION Emoiraîe réception ; (Ses diplomates protecteurs du Pays La salle de la Chambre, pour cette réception 1 de mardi après-midi, a repris l'allure de fête 1 qu'elle avait le jour de la rentrée du Roi. Les ! couleurs belges la décorent avec vivacité, et - les palmiers qui ornent la tribune où habituel-! lement siège le bureau mettent dans l'ensemble une note joyeuse. ! Toutes les tribunes sont bondées d'une fou- ■ le impatiente. Les diplomates, les anciens sénateurs, les dignitaires de la Cour, les dames, les invités occupent celles qui leur sont réservées au premier étage ; mais toutes les ■ galeries du second étage sont occupées par les représentants, hommes et femmes, des , condamnés politiques. Aux bancs généralement occupés par les députés, sont assis sénateurs et députés, pêle-mêle, sans distinction _d'opinions, en toute fraternité et union. On"remarque seulement quelques figures qui ne sont pas celles de parlementaires : le cardinal Mercier, M. Ernest Solvay, les généraux Biebuyck et Meiser, commandants la province de Brabant et la place de Bruxelles. Les ministres occupent, devant les travées réservées aux parlementaires, des fauteuils qui font face à ceux réservés aux diplomates qu'il s'agit de recevoir. Quatre heures et demie. M. le baron de Fa-vereau, président du Sénat, et M. Poullet, président de la Chambre, Introduisent, entourés des questeurs, le marquis de Villalobar, M. Brand Whitlock et M. Van Vollenhoven. Toute l'assistance est debout et bat des mains. Quand les diplomates se sont assis, M. de Favereau se lève. Le discours de M. de Favereau Le président du Sénat rappelle les souffrances de la Belgique, mais avant tout retrace le tableau de la situation qui nous était faite en 191i : l'hiver nous menaçait, la production des céréales était insuffisante, l'importation §tait arrêtée par le blocus, la famine nous guettait... Survint la création du Comité national, sous l'égide des Etats-Unis et de l'Espagne. Les Etats-Unis nous trouvèrent de quoi pourvoir & nos premières nécessités. Puis tout s'organisa. Et M. de Favereau retrace le sillon lamentable de nos malheurs, de nos misères, de nos humiliations. «La munificence des Etats-Unis ne s'est point arrêtée à l'envoi de céréales, à la souscription d'énormes sommes d'argent, ils ont veillé i satisfaire, dans uns proportion ines-à tous nos besoins. Sous l'insoiration ible Président Wilson et sous là direc-' le son si distingué et si dévoué Jlinis-Bruxelles, les compatissants et géné-îitoyens de la grande république, nous it parvenir des quantités incalculables emenis, qui ont permis d'habiller les luvres et de les soustraire aux rigueurs ver. » 3 Favereau n'a pu prononcer ces phra-s être interrompu Quand il a évoqué întion de M. Wilson, toute l'assemblée ;ée et a acclamé le nom du grand Pré- < le la grande république. Le rôle personnel de M. Brand Withlock fut ici esquissé avec bonheur par le Président du Sénat. De vifs applaudissements soulignent ces paroles, de même que lorsque M. de Favereau fait l'éloge de la Hollande, de la reine Wilhelmine et surtout de M. Van Vollenhoven.Toutes nos épreuves avaient leur répercussion dans le cœur du Ministre et l'incitaient à y apporter des adoucissements. L'hommage rendu à M. de Villalabor n'a pas été moins applaudi : « Diplomate de grande expérience, dit le Président du Sénat, d'une sagacité éprouvée, S. E. le Marquis de Villalobar s'est consacré dès la première heure et jusqu'à ce j'our à conjurer les maux qui fondaient de toutes paris sur notre malheureuse Patrie.» M. de Favereau termine : «Chers et grands amis, si le malheur no vous a pas détourné de nous, si, sur vos nobles âmes, nos épreuves ont exercé un sincère et profond attrait, l'ingratitude n'aura jamais de prise sur les nôtres. Le Parlement belge place parmi ses fastes les plus heureuses ce ftiur béni, cette manifestation nationale. au cours de laquelle il nous est donné d'exprimer enfin en toute liberté notre immense, notre infinie gratitude. L'assistance se lève et acclame pendant plusieurs secondes. L'émotion est grande. Discours du premier ministre M. Delacroix fait à son tour l'histoire de notre détresse et de la création du Comité National qui, pendant toute la durée de l'occupation, fonctionna avec l'assentiment de l'occupant, qui, grâce à la diplomatie des ministres protecteurs, finit par reconnaître cet organisme d'utilité publique. L'orateur retrace les occasions diverses qui permirent aux ministres protecteurs d'exercer leur bienfaisante action en notre faveur, puis il rappelle l'odieux enlèvement des hommes et les efforts tentés par MM. de Villalobar et Van Vollenhoven, pour atténuer les rigueurs des mesures prisés. Au milieu des ovations, M. Delacroix termine : « Gloire à vous, Excellences, soyez bénis _ autant que le souhaitent les cœurs reconnaissants des Belges aujourd'hui libérésl » Discours de M. Poullet Le tour du président de la Chambre est arrivé. M. Poullet prononce un discours dans lequel 11 rappelle aussi les services rendus par les diplomates protecteurs et trace d'un geste sûr les qualités de chacun d'eux. Mais il faudra que de cette réception un souvenir fameux subsiste dans l'histoire du pays. M. Poullet indique comment on s'y prendra pour arriver à cette fin : « Les bureaux des deux assemblées, d'ac-oord avec le gouvernement, certains d'avance de fapprobation -des -Chambres et du pays, ont décidé de placer dans les salons de ce palais les bustes des ministres protecteurs intimement associés 4 nos destinées à 1 une de leurs heures les plus tragiques ; c'est à juste titre que vos Excellences prendront place dans cette galerie où les Chambres belges placent les hommes d'élite qui ont bien mérité de la patrie. » M, Poullet ajoute, s'aâlessant aux minis. très prolecteurs : « Une réplique du buste placé dans nos galeries sera offerte à chacun de vous comme souvenir de la réunion de ce jour. Notre vœu le plus cher est, quand, dans vos veilles, vous laisserez errer vos yeux sur cette réplique, qu'elle vous redise à jamais l'admiration et la reconnaissance de la Belgique! » Ainsi prend fin le petit discours très substantiel du président de la Chambre, applaudi avec une chaleureuse émotion par tous ses collègues. La réponse de MM. de Villalobar et Brand Whitlock Quand les acclamations cessèrent, M. de Villalobar remercia eu termes très élevés, puis M. Brand Whitlock prit la parole au nom des Etats-Unis : « Dès les premiers jours de la guerre, dit-il, les cœurs de ces 110 millions d'hommes libres se portèrent vers vous dans un même ,élan de sympathie et d'admiration. Et, depuis, cette grande âme qui, dans les chambres retirées de la Maison Blanche, portait le fardeau des agonies du monde, jusqu'au plus petit de nos enfants qui partageait son pain pour qu'un enfant belge ne se sentit pas oublié, un courant d'amour s'en alla vers vous. » (Vifs applaudissements.) Le ministre des Etats-Unis, qui parle lentement, posément, avec une grande sûreté, évo-. que en un langage imagé le jour où, partant de la Chambre, notre Roi s'en alla, « l'é-pée à la main avec son armée vers Liège », qui fut le « Thermopyles de la Démocratie », et veés l'Yser,-où il a dit ; « Tu n'iras pas plus loin. » « Dès lors, les yeux d'un monde ont été fixés sur cette figure héroïque, qui a trouvé son apothéose dans les sables des dunes et dans les boues des tranchées. Dans les siècles à venir, l'Art, cet acolyte de l'Histoire, célébrera dans les poèmes et dans les chants, sur la toile et dans le marbre, le Roi qui a fixé son royaume dans le cœur de chaque homme qui sait ce que veut dire le mot « Honneur. » Retraçant la grande tragédie, M. Brand Whitlock évoque, en un tableau saisissant, très littéraire, les sentiments d'espoir en la liberté que nous conservâmes to'ujours : " Si voire nation a dû supporter, dit-il, les souffrances les plus atroces, vous avez eu, ,oar la loi éternelle, des compensations" morales, l'insigne honneur de voir la Belgique devenir le symbôle de cette justice pour laquelle le monde éclairé a pris les armes. » M. Brand Whitlock termine en faisant un bel éloge des victimes et des héros de la guerre — et en disant : •< Pour nous qui, pendant la guerre avions une tâche moins dure que la leur, une autre tâche s'impose : le devoir d'entretenir le patrimoine qu'ils nous ont légué et de faire un monde digne d'eux et de leurs sacrifices, un monde plus doux parce qu'ils lui auront laissé le souvenir de leur amour et l'exemple de [eur abnégation, un monde meiCieur parce que les principes pour lesquels ils firent le sacri-Kce suprême y régneront: » Une indécibie émotion secoue l'assemblée. Une formidable ovation s'élève, qui retentit sous la voûte de la Chambre. Pendant Dlu-5ieur3 minutes on acclame le diplomate, qui a si bien oompris notre âme et dont le cœur est si près du nôtre. Les remercîmenis de M. Van Vollenhoven A son tour, M. Van Vollenhoven remercie. 11 exprime l'espoir que les liens d'amitié ren-'orcés entre les Pays-Bas et la Belgique seront basés sur l'esprit de confiance et d'entente. 11 fait l'éloge de ia haule dignité du peuple belge et de sa foi inébranlable dans la ïictoire de sa cause. Il professe de sen atta-ihement à !a Belgique «spléndide et glorieuse». On applaudit, on acclame, on vibre. La cérémonie est finie. Elle fut réconfortant* et douce. Les invités, y compris les diplomates, pas sent dans les salles du Parlement, où un buf fet est servi et où un orchestre égaie discrète ment oette dernière phase de la réception. ECHOS M. Masson, ministre de la Guerre, va pren dre une excellents mesure. Dans quelque! Jours, la censure politique sera entièremen supprimée. Ne subsistera plus qu'une censu. re provisoire pour toutes les choses relevan de l'ordre militaire. Une proposition de loi a été déposée au Sé nat tendant à faire célébrer par le pays, cha que année, l'anniversaire de la rentrée di Roi, le 22 novembre, qui deviendra ainsi joui de fête nationale. Au cours de la réception d'hier à la léga. tion de France, le nouveau ministre a annon cé qu'il s'était ému de la situâticei dans la quelle se trouvent les Alsaciens de Bruxelles Français de cœur, heureux d'appartenir d( nouveau à la France, c'est avec chagrir qu'ils se voient traiter encore en Allemands leurs cartes d'identité les désignant toujours comme appartenant à cette nationalité. Le ministre a fait connaître qu'il a entre pris des démarches pour faire cesser cet éta: de choses, et que, si l'on tient compte de ses suggestions, dès à présent, avant que le trai té de paix leur rende la nationalité françal se le mot « Allemand » figurant sur leurs cartes sera barré par un cachet tricolore. Ainsi que nous l'avons dit, outre les Impôts existants en 1914, le gouvernement percevrE provisoirement les impôts nouveaux et sup plémentaires au profit de l'Etat, décrétés pai l'occupant, « pour autant que ces impôts soient légitimes dans leur essence, leurs ta. rifs, et de leur recouvrement, et pour autant que leur établissement ait été nécessité pal les besoins du pays ». D'importantes modifications sont réalisées, depuis le 16 courant, dans les services de la distribution des correspondances et des levées des boîtes à Bruxelles. Les facteurs eUstributeurs sortent à 7 heures, 8 h. 30, 14 h., et 18 h. 30, et les objets enregistrés sont remis au cours des deuxième et troisième distributions. Les heures de rentrée des leveurs de boîtes sont fixées comme suit : 7 heures, 10 h. 30, 112 li. 30, 15 heures, 17 heures et 20 heures. . Les plaques indicatrices des heures des le-(vées n'ont pu encore être placées en raison .des modifications apportées à l'organisation, jau fur et à mesure des besoins, mais elles le seront Incessamment; ce n'est, d'ailleurs, pas un mince travail, si l'on considère qu'il y a dans l'agglomération près de 500 boites. Uccle et Laeken auront également, à partir du 19 courant, trois distributions et trois le^. vées des boîtes. L'horaire officiel des chemins de fer belges vient de reparaître, sous la forme d'une grande affiche. On éprouve une certaine émotion en parcourant des yeux, après quatre ans, ces indications qui nous étaient autrefois familières. Elles sont encore bien incomplètes, évidemment. Mais il ne faut pas oublier que nous ne sommes délivrés que depuis un mois et que les Allemands nous ont laissés presque sans matériel, avec un réseau très endommagé, ponts et signalisation détruits. Déjà, le nouvel horaire renseigne 2fi lignes rétablies sur différents points du pays. L'administration des chemins de fer fait tout ce qu'elle peut. Encore un peu de patience et tout ira 'bien. Nous avons dit qu'un nouveau train était mis en marche journellement entre Termonde et Bruxelles et retour. En voici l'horaire officiel : Termonde, 5 h. 9; Saint-Gilles (Termonde), 5 h. 13; Lebbeke, 5 h. 22; Heyzyde, 5 h. 27; Opwyck, 5 h. 43; Dreeshout, 5 h. 54; Merch-tem, 5 h .59; Molhem, 6 h. 8; Assche, 6 h. 22; Walferghem, 6 h. 30; Zellick, 6 h. 38; Gans-horen, 6 h. 59; Jette 7 h. 1; Laeken, 7 h. 7; Bruxelles (Nord), 7 h. 20. Bruxelles (Nord), départ 18 h. 50; Laeken, 19 h. 1; Jette, 19 h. 7; Ganshoren, 19 îi. 10; Zallick, 19 h. 30; Walferghem, 19 h. 38; Assche, 19 h. 46; Molhem, 20 h.; Merchtem, 20 h. 9; Droeshout, 20 h. 14; Opwyck, 20 h. 25; Heyzyde, 20 h. 41 ; Lebbeke, 20 h. 46 ; Saint-Gilles (Termonde), 20 h. 55; Termonde, 21 h. 1. Sait-on combien do wagons chargés de munitions vagabondent encore sur notre réseau? 3,163 exactement... Il y en a, notamment, 230 â Schaerbeek, 47 à l'Allée-Verte, 89 à Tour-et^Taxis, 150 à Etterbeek, 167 à Haeren, 55 à Bruxelles (Quartier-Léopold), 35 à Forest, etc. Ce sonî les chiffres fournis par M. Renkln, dans une interview au « Soir ». BrrI Cela ne fait-il pas frémir? Il faut espérer que l'on aiguillonne les services chargés de nous débarrasser de ces joujoux par trop dangereux. Un grand nombre de personnes s'adressent actuellement â l'Office des dommages de guerre, 6, rue Royale, pour demander des renseignements ou déposer des réclamations. Il est absolument inutile que les intéressés se présentent à l'Office. Les dommages de guerre seront constatés et évalués par des tribunaux spéciaux : les tribunaux et cours de dommages de guerre, créés par l'arrété-loi du 23 octobre 1918. M. le ministre do la Justice s'occupe activement de l'organisation de ces tribunaux. Dès que ces juridictions seront en état de fonctionner, un arrêté du gouverneur de cha^ que province préviendra les intéressés. Ils auront à rédiger leur demande sur des formules, mises à leur disposition par les administrations communales. Ces formules sont actuellement à l'impression. La preuve de la réalité et de l'importance des dommages pourra se faire par toutes voies de. droit, y compris le témoignage des parents et serviteurs, et même la simple présomption. Le département des Affaires économiques, d'accord avec le ministère de la Justice, prend, en ce moment, toutes les mesures d'exécution pour que les tribunaux puissent fonctionner dans un délai aussi court que possible. II est arrivé à Cherbourg un « ferry-boat » lui avait transporté à travers la Manche trois trains entiers composés de 18 voitures-salons. Ce convoi amenait des passagers se reniant â la réception du président Wilson, à Paris. Grâce à ce bâteau-transbordeur do luxe, les voyageurs ont pu se rendre de Londres à Paris sans changer da voitures. i Quand pourrons-nous en faire autant de. Bruxelles à Paris? Depuis quelques jours, de grandes affiches au texte multicolore attirent l'attention du public et des soldats sur la . Y. M. C. A. n. Il s'agit de la « Young men Christian Association », dont l'œuvre pendant la guerre mérite d'être signalée. Cette association, déployant une activité salutaire et remarquable, a organisé, au ■ front et à l'arrière de toutes les axmées de l'ouest, un grand nombre do « Foyers du sol- • dat », où les combattants, après les rigueurs i du service, trouvaient un lieu confortable de ; rendez-vous et de repos. Dos repas peu coûteux et des boissons non alcoolisées y étaient ; servis à toute heure et, en outre, les soldats y trouvaient des salles de lecture, de correspondance, de récréation comme aussi des conférences, des concerts, des représentations cinématographiques. On peut affirmer que cette œuvre, étran- • gère à toute couleur politique ou religieuse, a largement contribué au relèvement moral des soldats en créant à leur intention des foyers d'entr'aide dont l'atmosphère cordiale les réconfortait au milieu de leurs épreuves. Le secrétaire général de l'œuvre pour l'Europe, M. Sitters, de nationalité anglaise, de passage à Bruxelles, a fait, il y a quelques jours, au foyer provisoire, rue du Fossé-aux-Loups, une conférence sur l'activité do l'association pendant la guerre. Ce fut l'occasion, pour lui, de faire du soldat belge un éloge particulièrement flatteur. Une reconnaissance ineffaçable est due à ce soldat pour l'héroïsme avec leijuel il a enduré toutes les souffrances.Un comité de dames vient de se former à Bruxelles dans le but d'aménager, avec tout le confort souhaitable, un foyer analogue dans les locaux des magasins Tietz. Les fonds nécessaires seront fournis par l'Association anglaise, qui se propose d'organiser d'autres . foyers à Anvers et dans quelques villes belges ' encore. Les nouveaux volontaires, qui en feront la demande, seront renvoyés dans leurs foyers jusqu'au moment de l'appel de leur classe. Cette mesure a été prise pour permettre d'organiser les camps d'instruction, et par suite du manque de place dans les casernes. On annonce, pour le 26 décembre, un mou-' vement important de nominations et de promotions dans l'armée. LlIBHMJLIJIIf Réponse hollandaise On télégraphie de La Haye cette note, répondant t celle du gouvernement belge. - « En ce qui concerne la note du gouverne- ' ment belge, adressée à la presse, le départe, ment des Affaires élrangères néerlandais, dans une dép^feg de La Haye, en date du 15 dé- ' cembre, tau-,'iserver que la lettre du' 18' to-venlbre, .envoyéê au- gouvernement, belge, con- : tenait.',la réponse- '. là lettre du ministre de ' Belgique du 4 octobre, demandant au gouvernement néerlandais de libérer ies internés bel- 1 ges sous sa propre responsabilité, attendu, principalement, qu'une nourriture suffisante ne ■ pouvait) leur être donnée. Dans cette réponse,le ' gouvernement néerlandais expliquait pourquoi ; il n'avait pas ïe droit de procéder à cette li- ' bération pour cette raison, sans l'acquiessement ' de l'autre parti belligérant. -Le sujet traité dans la lettre du 12 novembre n'avait aucun ; rapport avec l'armistice conclu le 11 novem- j bre. La lettre avait déjà été rédigée antérieu- ' rement. J » Il résulte de ceci que la corrélation établie , entre la réponse des Pays-Bas à la demande du gouvernement belge, en date du 4 octobre, et l'armistice conclu, repose sur un malenten- 1 du de la part du gouvernement belge. Lorsque, après l'armistice, il fut procédé à ùa libération '' des internés, communication en fut faite au ] ministre de Belgique par le chef de la section politique au département des Affaires étrangères, avec prière d'informer le gouvernement ' néerlandais aussitôt, que Sa situation de la Belgique permettrait le retour des internés. Cette communication a été laite le 13 novembre, 1 avant l'entrevue au cours de laquelle on com- ' muniqua et expliqua au ministre ies intentions * du gouvernement à l'égard des troupes allemandes.- ( » Le ministère des Affaires étrangères 'se ; réserve de revenir siur les autres observations , du gouvernement belge. » ^ Réplique belge j te gouvsmepienb belge répond immédiatement ; <: « H est exact que la lettre du ministre des Affaires étrangères au baron Fallon, eu Jato t du 12 novembre, était une réponse à une note c. belge diu 4 ootobre. Dans celle-ci do gouvernement belge demandait lia libération des inter- c né® belges aux Pays-Pas, ou du moins de * certaines catégories d'internés, en se basant t sur le fait que la Hollande ne parvenait pas <i à les nourrir ^îffisamment et) que, d'autre s part, les belligérants eux-mêmes avaient déci- c dé de libérer mutuellement les prisonniers de r guerre ayant plus de dix-huit mois de capti- r vité, les conventions réglant la matière n'ayant t jamais prévu de guerres d'aussi iongue du- d rée. b » A cette note le gouvernement néerlandais ti répondit), Je 12 novembre, qu'il devait s'assu- e rer, au préalable, aiuprès du gouvernement al- d lemand si celui-ci n'avait pas d'objection à la c libération des militaires belges internés aux n Pays-Bas, qui désireraient quitter ce pays. Or, c c'est le même jour que, sans consultation ni ï autorisation préalable des gouvernements al- d liés, le gouvernement des Pays-Bas permet- é tait le passage du Limbourg par les troupes i< allemandes en retraite. C'est cette différence é d'attitude qu'a mise en lumière le canimuni- J quê belge. La réponse hollandaise nq la jus- t( tifie nullement. r< » Au surplus, la libération des internés al- d liés qui se trouvaient aux Pays-Bas au mo- p ment de l'armistice, ne peut se comparer ô a l'autorisation de passage donnée à l'armée allemande en retraite. & » Pour les premiers, les conditions de l'ar- v mistice indiquaient suffisamment que les gou- a vernements belligérants étaient d'acoord m pour leur libération, puisqu'elles stipulaient r-même le renvoi des prisonniers aBiês d'Allemagne et d'Autriche-Hongrie. Mais les termes s' de l'armistice ne stipulaient pas la réciprocité, d' et disposaient (article 2) que les troupes aile- ti mandes qui n'auraient pas évacué les territoi- pi res occupés, dans les délais fixés, seraient fai- e: tes prisonnières de guerre. Il n'y a donc pas p de doute que le gouvernement néerlandais ne v pouvait donner aux Allemands des facilités d en vue de l'évacuation. Toute assimilation en- q tre le passage du Limbourg et les libérations n d'internés doit être écartée « à priori » comme 1 non recevable, » l'1 L'IMPOT sur les bensfices de guerre m En Belgique Comment conviendraim d'organisé l'impôt sur, les bénéfices de gu-erre en Bel» gique ? Pour répondre à cette question nous» nous inspirerons de l'avant-projet de 'oit élaboré par le groupé des finances publiques de l'Institut de Sociologie Solvay,, dont nous avons eu l'honneur d'être ter-rapporteur.Comme nous l'avons déjà vu en exami^ liant les législations étrangères, la princi-1 pale question qui se pose est oell-e de sa* voir quel sera le champ d'applioation - dtf l'impôt. Le lecteur se rappelle sans doute quei Les systèmes adoptés à l'étranger peuvent! être classés en trois groupes. Dans certains pays, on assujettit à l'im-' pôt toute augmentation de -revenu qui s'esô produite pendant la gu-erre. C'est, notamment, le principe adopté en Allemagne et en Autriche. Dans certains pays, on assujétit à Finîtes pays Scandinaves, sont imposés tous tes revenus augmentés, mais seulement sil 1 augmentation est due aux circonstances oçéée par ia guerre. Enfin, un troisième système consite à! n assujétir à l'impôt que des catégories! nettement déterminées de contribuables,, celles qui ont été spécialement en situation), le profiter des circonstances créées par la guerre. Par contre, en ce qui concerne lest lontribuables appartenant à ces catégories, on ne se demande pas dans chaquet nas particulier si l'augméntation du re-: venu est due ou non à la guerre; on con-, sidère que cette augmentation ne peut sa produire que comme conséquence de la situation créée par la guerre. C'est, notamment le principe adopté en Angleterre,, en France et en Suisse. C'est ce dernier système que le projet, lont nous avons -parlé, propose d'appliquer en Belgique. Il propose de ne soumet tre à l'impôt quel les personnes ou les sociétés qui, pen-lant la guerre, se sont livrées à des opé-"ations commerciales, industrielles, iinan-àères, agricoles ou immobilières. Plusieurs raisons justifient ce point de ime. Avant tout il ne faut pas oublier que. impôt sur ies .bénéfices de guerre sup-î doso une comparaison entre -les bénéfices )u revenus des contribuables avant -et pen-' iant la guerre. Or, ohez nous, cet impôt ievra être prélevé rétrospectivement et,: ;omme nous n'avons pas d'impôt sur le revenu, l'administration ignore quels, îlaien-t les revenus des contribuables pen-lant les périodes en question. Si donc oni| /oulait donner à l'impôt une base très gé-; lérale, il faudrait que i1 adin in istr ati oru ïh-erche à établir cjuels étaient les revenus' le tous les contribuables pendant ioutëf me série d'années. Tâche vraiment ènôi met, D autre part, il ne faut pas perdre de! vue qu'il s'agit d'une loi réclamée par /opinion publique beaucoup moins pouri OLimi," des ressources du Trésor que pour»-aire œuvre de réparation en taxant les-lénéfices réalisés au préjudice de la popu-' lation pendant une période de calamité lationale. Il faut donc y soumettre les bénéfices qui froissent, c'est-à-dire ceux réaisés dans les branches de l'activité économique qui se rapportent ù. la satisfaction; le9 besoins fondamentaux de la popula-,ion. » Une autre considération importante,' c'est [ue les bénéfices extraordinaires réalisés >ar les opérations que nous venons de dé-iigner peuvent être présumés comme provenant tous des circonstances créées pan a guerre, tandis que pour les autres bénéfices il faudrait examiner chaque cas larticulier pour voir quelle cause leur a' donné naissance. La solution que nous venons d'exposen ïe rallie cependant pas toutes les opinions. V la commission de l'Institut de Sociolo-;ie, plusieurs membres trouvaient que :ette solution rétrécissait trop le ohainp I application de la loi. Ils estimaient que' jertaines autres catégories de contribua-îles devaient être soumises ù l'impôt,-tvant tout les personnes qui se sont" li-' Tées pendant la guerre à la vente ou i la ocation d'immeubles ou de biens et les personnes cfui ont réalisé des titres. D'autres proposaient aussi d'imposerlea! dministration-s des* sociétés et les notaires.i L'énumération de ces catégories de con-nbuables montre précisément la difficulté ;u al y aurait à s'engager dans cette voie.-Il serait, en effet, impossible d'imposer es actes séparés. Un propriétaire foncier , pu vendre, avec de gros bénéfices, ses srraans, mais, avant de l'imposer, il fau-y?Ir s'*' n'a lJas SL1 bi des pertes con-îdérables sur ses immeubles de la vilte ui ne lui ont peut-être rapporté aucuni evenu pendant toute la durée de la guer-e, tout en demandant des dépenses d'en-'et-ien. De même un capitaliste qui a ven-u certains titres avec bénéfices a pu suit' des pertes considérables sur d'autre» très. Il faudrait donc, dan-s chaque cas xaminer la situation de la fortune totale u contribuable avant et après la guerre s qui imposerait au fisc une tâche insur-lontable. D'autant plus que, dans ces oir-onstances, al n'y aurait plus de raison our n imposer que certaines catégories e contribuables. Pourquoi, par exemple, oargner les capitalistes qui, sans réaliser :urs titres, ont touché des revenus plus evés par suite de la prime sur le chan-;e? Il faudrait donc assujétir à l'impôt >us les contribuables. Or, voit-on le fisc :cheroher les revenus et l'état de fortune 3 tous les habitants du Royaume, et cela our une période remontant à dix ans en rrière ? La solution logique est donc de n'impo-;r que les contribuables qui se sont tirés pendant la guerre à des opérations îtives dans les branches de l'activité éco-' omique où des bénéfices élevés ont été balisés au détriment de la population, II conviendrait enfin do mentionner qu'ilf agit d'une loi de circonstances, if ne faut; >nc pas attacher ici une importance parolière aux questions de principe. (Test )ur cette raison que nous-mêmes, tout i penchant en principe vers les solutions reposées par la minorité, nous avons até dans un esprit transactionnel le textes e la majorité. Nous craignions, en effet,-u'en donnant trop d'extension à la loi ou e rende son application trop difficile. Par » on aurait compromis l'idée 'môme da mpôt, et même les bénéfices de guerre

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Cet article est une édition du titre L'indépendance belge appartenant à la catégorie Liberale pers, parue à Bruxelles du 1843 au 1940.

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