Journal de Gand: politique, industriel, commercial et littéraire

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10 October 1914
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s.n. 1914, 10 October. Journal de Gand: politique, industriel, commercial et littéraire. Seen on 23 January 2021, on https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/en/pid/4746q1tt6z/
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Samedi 10 octobre 1914 g centimes le numéro 58me année N° 283 JOURNAL DE GAND ABONNEMENTS î I gef AIQ01: 15 fnuio» par an ; 7-50 franc# pw rix mois ; 4 frwse» poar «rote rasit Pour F Oranger, le port en sus REDACTION & ADMINISTRATION : & RUE DE FLANDRE. 3, GAND TÉLÉPHONE «66 ANNONCES» Voir le tarif au ban de la dernière page dn journal. La Guerre Européenne I En France La grande bataille Communiqué officiel de mercredi, minuit Les attaques des allemands ■repousséessur les deux ailes I— La cavalerie allemande ■repoussée.—L'avance françaiseI Sauf sur les deux,ailes où les atta quos df,'Allemands ont été,'repoussées, le Bmu le plus complet continue de ré-gnor.Bur notreJgauche,la cavalerie allemande :i été en échec jusqu'au nord de Lille i elle a été repoussée. Ile terrain que nous avions dû céder Htre Chaulnes et Eoye a été repris. 1s centre, nous avons avancé sur ^Kains points. ^Kien à signaler sur notre aile droite ■ En Allemagne I Hécatombe de généraux Sri y a peu de jours, on annonçait que l'Université de Kant conférait le doctorat à von Hindenburg, qui avait sauvé la statue de ce philosophe. On annonce aujourd'hui sa destitution et son remplacement par le général von Mogen. Singulière manière de récompenser un vainqueur. jïe Daily Telegraph, annonce encore ■Bs/eure autres destitutions : la plus jsatiofmelle est celle de v.on Moltke. Oui, vraiment, la victoire prussienne i en marche 1 Mais elle ressemble un II à celle des Français en 1870, qui ■si changeaient journellement de gé-»ux devant l'ennemi. psqu'ici, on n'a pas encore appris s les Français aient destitué le géné-! .Foffre, ni que les Anglais aient rendu , fcénéral French à la vie privée, ni ne les Russes aient disgracié Rennen-■npf où l'un de leurs généraux vic- I La neutralité hollandaise ^ftondres, 7 octobre. — Une dépêche j de La Haye au Aaily Chrcmicle dit que i que, le Gouvernement hollandais prend (Ifs [mesures énergiques en vue d'empê-élwr toutes tentatives allemandes Btroduire en Allemagne la contrebande •uerre. [Sur le front russe «es Russes poursuivent l'armée allemande Iferograd, 7 octobre. — I/ivrant de Rmreux combats, les troupes russes approchent rapidementjde la frontière de «russe orientale et refoulent l'ennemi, lont la résistance faiblit à chaque heure. ® ans leur retraite, les Allemands perdent Brénorme quantité de leurs chevaux, qui ^Kombent en masse sur les routes maré-^fcses de laprovince de Souwalki; I sans force ^motrice, la lourde artil-| lent tombe aux mains des Russes, même sans combat. : Xes prisonniers^allemands reconnaissent lue la rapifdté delà défaite que les Russes leur infligent a jeté dans une prof on de Isternation les chefs allemands. L'Autriche n'est pas disposée à céder le Trentin à l'Italie ïe. 7 octobre. — Le correspondant à pue du Messaggero met en garde Non publique italienne contre l'idée ! l'Autriche serait prête à céder le itin. Non seulement le parti militaire topposé, mais encore le cour elle-même r®te, en effet, est actuellement la Sonja'plus forte de tout l'empire. Des '»K de défense considérables y ont été » du temps de l'archiduc héritier ®Çois-Ferdinand et la plus grosse laie de l'empire est dirigée contre ''ie. La cession du Trentin aurait une Mussion désastreuse dans les autres "uces italiennes de l'Autriche. Sur le front serbe ls Serbes passent la Save et anéantissent un détachement autrichien. ne dépêche officielle de Vienne, arrivée *ome mercredi, note que la veille les yes serbes ont passé la Save près de oatz, et sont tombées sur les pa trouil les Uchiennes qu'elles ont massacré jus-* »u dernier homme. Sur Mer Quatre torpilleurs et deux contre-torpilleurs autrichiens coulés Rome, 7 octobre. — On mande d'An-eône au « Messagero » : Sur la côte dalmate quatre torpilleurs et deux contre-torpilleurs autrichiens furent victimes de mines flottantes posées par l'Autriche. Leurs équipages périrent presque entièrement. Torpilleur allemand coulé par un sous-marin Le sous-marin « E 9 » a torpillé un torpilleur allemand près de l'embouchure de l'Ems. Allemands et Japonais dans le Pacifique Les Japonais ont occupé l'île de Jap, du groupe des Carolines, siège de l'administration allemande de l'Archipel. Une dépêche de Washington dit que M. Bryan a été informé par Tokio que l'occupation japonaise des colonies allemandes n'est que temporaire, et motivée par un but stratégique. Au ministère de la guerre à Tokio on croit que le croiseur allemand « Cormoran ». (non cuirassé) et deux canonnières allemandes ont été coulées dans la baie de Kiao-Chou. L'investissement de Tsingtao est complet, télégraphie-t-on de Tokio au « Daily Mail ». En Belgique Autour d'Anvers On bombarde la métropole avec violence. Les Allemands ont continué leurs attaques contre les forts de la première ligne, au sud, à l'extrême-est et ouest de la place forte. Sur 23 forts, quatorze ou quinze sont absolument intacts. Les forts suivants, dit-on, sont détruits : Lierre, Konings-hocykt, Wavre-Ste-Catherine, Waelhem, Duffel, Dorpveld, Kessel et Broechem. Ce dernier fort est situé à plusieurs kilomètres au nord de Lierre; sa prise semble permettre de pronostiquer un investissement d'Anvers plus complet qu'il n'avait paru au début. C'est de la ligne sud, parallèle au cours de la ^Tèthe que l'ennemi a commencé le bombardement. Des personnes qui ont quitté Anvers la nuit dernière seulement donnent des détails Sur les premiers résultats. Les premiers obus semblaient venir surtout du côté de Lierre; plus tard aussi de la direction de Willebroeek et Boom. En force, les Allemands ont d'ailleurs réussi à traverser la Nèthe. Ils ont établi des pièces de siège dans les environs de Reeth, Waarloos et Duffel, d'où ils dirigent plus spécialement leur tir sur le Sud-Ouest d'Anvers. Les autorités ont fait écouler les tanks à pétrole dans la soirée; les bateaux réservoirs à naphte ont été mis en lieu sûr. D'aucuns ont rapporté qu'on avait mis hors d'usage les machines des navires allemands saisis dans le port, mais il semble que ce bruit ne mérite aucun crédit. Les premiers obus ont atteint notamment la gare d'Anvers-Sud; quelques maisons aux environs auraient pris fpu. Conformément aux instructions données, tous les habitants se sont immédiatement réfugiés dans les caves. Au premières lueurs du jour, à la gare de Waas, on pouvait se renseigner, auprès des chauffeurs qui y amenaient de toutes parts les blessés à diriger sur Gand, sur les dégâts déjà commis. On parlait de toits et-de cheminées démolies de quelques incendies relativement peu importants quoiqu'as-sez nombreux, dont le principal celui de la gare du Sud. De nombreux projectiles sont venus exploser avec un bruit infernal à proximité du Koelspolder, près du quai Ledeganck. Puis aussi, sans aucun résultat, dans le champ de manœuvres, sur le terrain des cimetières de Kiel et de Berchem, près de l'avenue Van Put. La section de Berchem a été assez atteinte et l'on signalait quelques dégâts du côté de la porte de Malines. Vendredi matin le bruit circulait à Gand que le quartier de la rue Nationale et celui de la Grand-Place avaient été plusieurs fois atteints au cours de la dernière nuit. On disait même que des obus avaient éclaté sur l'Hôtel de Ville et sur le Palais de Justice. Mais il a été impossible d'obtenir confirmation ou démenti de ces nouvelles. Ce qu'on affirme, c'est que les Aile-, mands, grâce à la supériorité écrasante, mais momentanée, croyons-nous, du nombre, grâce surtout à leur lourde artillerie, ont réussi à traverser la Nèthe. Pour les empêcher d'atteindre la ligne gauche des forts, le génie belge a dynamité les ponts de Tamise et de Boom. Les Allemands semblent avoir pris position avec leur artillerie de siège à Boom, à Willebrouck et à Lierre. Les Anglais activent la mise au point de leur artillerie sur la ligne des forts devant la seconde enceinte : attendons à les voir à l'œuvre. DANS LE PAYS DE WAES Vendredi, dans la matinée, le bruit s'est peu à peu répandu à Gand que des Allemands avaient réussi à traverser l'Escaut à Wichelen. Des fugitifs des environs de Seveneecken, Beirvelde etc., arrivés dans notre ville, affirmaient qu'une bataille avait eu lieu sur la rive gauche du fleuve. Renseignements pris, le bruit a, en effet, un fond de vérité, encore que, comme toujours, il aurait été considérablement grossi. N'ayant pas réussi après de multiples tentatives à établir un pont de fortune qui aurait pu livrer passage à l'infanterie, l'ennemi fit passer, jeudi après-midi, une petite troupe à la nage, tandis que de la rive opposée une artillerie nombreuse, beaucoup plus nombreuse que la nôtre, empêchait nos soldats d'intervenir efficacement. Les soldats allemands étaient munis de ceintures ou d'outrés. Les premiers arrivés purent faciliter la traversée des autres; un pont fut construit hâtivement si bien que finalement une troupe assez nombreuse put occuper Zele, d'ailleurs abandonné par les habitants. Nos troupes, trop inférieures en nombre à cet endroit, durent se replier provisoirement.Une patrouille allemande s'avança même dans la direction de Lokeren mais revint à Zele peu après. Dans la soirée, tout à coup, des confins de cette commune, le canon se mit à tonner Les habitants de Lokeren, prévoyant un bombardement, évacuèrent la ville Hier matin, ils sont arrivés en nombre à Gand. D'aucuns affirment que durant la nuit, Lokeren a été bombardé Une usine aurait été incendiées. Quoiqu'il en soit, on a pu voir, de divers bâtiments élevés de notre ville d'immenses colonnes de fumée. Certains croient même que ce serait l'incendie du quartier Sud d'Anvers dont il s'agirait.On annonce qu'une petite patrouille de cyclistes belges aurait été surprise par des forces supérieures ennemies à Zeveneeeken, vendredi matin. Quelques soldats belges auraient été capturés. De Lokeren, depuis jeudi matin, les Allemands se seraient dirigés vers les forts, à l'ouest de la position d'Anvers A Gourtrai Un corps allemand de 500^ hommes avec artillerie est arrivé mardi soir à Courtrai où il a pris ses cantonnements. Les hommes étaient très fatigués. Un d'eux racontait qu'il avait fait 48 heures de marche sans nourriture. Ces hommes arrivaient de Metz via Liège. Un Taube descendu Nous avons dit qu'un Taube avait survolé Gand, jeudi après-midi, vers quatre heures. A certain moment, comme il était à hauteur relativem#it faible, on tira dans sa direction, sans toutefois l'atteindre. Il disparut dans la direction de Bruges. Aux environs d'Ostende, un biplan anglais, monté par un pilote et un officier, donna la chasse à l'avion ennemi. Le pilote du Taube, voyant qu'il lui était impossible de prendre le large, tira plusieurs fois dans la direction des Anglais et ceux-ci, pour n'être pas atteints, durent faire exécuter à leur appareil plusieurs cabrioles à la Pégoud, non sans un réel danger. Tout à coup, le biplan prit de la hauteur, et en moins de temps qu'il n'en* faut pour l'écrire, descendant presque verticalement vers le Taube, il déchargea sur celui-ci son canon-revolver. L'avion allemand, comme un oiseau blessé, flotta un moment, puis pirouetta et alla s'écraser lamentablement sur le sol. L'occupant, naturellement, avait été tué sur le coup.  REMAIX. La petite ville est calme et tranquille alors qu'aux environs partout, on signale la présence de troupes ennemies. A Renaix, nous n'avons eu que le plaisir do voir des troupes belges. Un train blindé, des cavaliers et des cyclistes belges se sont retrouvés ici. Un accueil enthousiaste leur a été fâit : le train blindé regorgeait au départ des victuailles, de vêtements, de douceurs : cigares, chemises de flanelle, pâtes de foie gras, mottes de beurre, roastbeef froid, tout cela voisinait avec les rouleaux des mitrailleuses. L'accueil a été si chaleureux que je viens de recevoir ce matin une lettre des vibrants remerciements émanant des valeureux soldats du génie qui montaient le train blindé. Je me fais leur interprète auprès de la population renai-sienne : nulle part, disent-ils, ils n'ont rencontré pareil assaut de sympathie. — Une boucherie économique vient de s'ouvrir et le succès le plus grand a salué son apparition : on y vend des viandes de toute première qualité à des prix très bas. Le bénéfice éventuel de la vente sera versé à la caisse du comité de ravitaillement dont je vous ai parlé dernièrement. — La panique de la semaine dernière a chassé jusqu'ici pas mal d'exilés forcés. Ils ont été hébergés en ville. — On signale la présence d'Allemands à Amougies, Anserœuil, Avelghem, Swe-veghem :ce sont des patrouilles des uhlans qui jettent la terreur dans les campagnes. Peu d'activité en ville : de ci, de là une ou deux fabriques peuvent occuper leurs ouvriers trois.jours par semaine. D. Retour de la délégation belge en Amérique On mande de Londres que la Délégation belge, composée comme on sait de MM. les ministres d'Etat De Sadeleer, C. Hymans et Vandervelde, est attendue à Londres samedi. Appel aux volontaires Jeunes hommes de 18 à 30 ans ! Représentants de l'arrondissement de Gand-Eecloo nous venons appuyer l'appel que vous adresse le gouvernement. La Patrie a besoin de vous! Le concours des hommes valides, en grand nombre, lui est indispensable pour résister à l'envahisseur et pour hâter le moment où le sol de la Belgique sera libéré. Nous vous demandons de vous engager, pour la durée de la guerre, dans lçs conditions suivantes indiquées par le gouvernement : 1° Vous serez versés à l'armée active aussitôt que vous aurez reçu la formation militaire indispensable. 2e Vous serez pourvu d'un équipement militaire complet et de bonnes armes. Rendez-vous, sans perdre un instant, au bureau de la place, rue du pont des Moines; vous y recevrez la feuille de route nécessaire pour gagner de suite, et sans frais, la ville où vous sera donnée votre instruction militaire. Nous adressons un chaleureux appel à vos sentiments patriotiques. L'existence de la Belgique indépendante est menacée. La patrie e*t opprimée et déchirée par l'ennemi. Des régions entières sont dévastées. Des villes ont été bombardées et incendiées. Des pillages ont eu lieu. Des citoyens inoffensifs ont été maltraités, décimés, chassés. Venez au secours de votre pays en prenant immédiatement les armes pour-la défendre, vous qui êtes jeunes et forts. Engagez-vous. La vie économique est suspendue. Tout travail rémunérateur a presque disparu. Ne vaut-il pas mieux défendre son pays que de demeurer, faute de travail, les bras croisés? Engagez-vous. Si l'ennemi prenait possession des cités et des communes ouvertes ne vous embrigaderait-il pas lui-même pour vous envoyer travailler en Allemagne et même, qui sait, pour vous envoyer combattre les Russes, nos alliés? Engagez-vous et montrez, en défendant le sol national, que 1' « Union fait la Force. » Les sénateurs : De Bast, de Kerchove d'Ousselghem, Libbrecht, 't Kint de Roodenbeke, Vercruysse de Solart. > Les membres de la Chambre des représentants : Anseele, Begerom, Braun, Buysse, Huyshauwer, Lampens, Maen- hout, Mechelynck, Siffer, Van Cioem- n putte, Vergauwen, Verhaegen. s Gand, le 8 octobre 1914. P Dans le Luxembourg * Voici, d'après \Ami de l'Ordre, qui se d publie à Namur sous le contrôle de l'autorité militaire allemande, un ré-sumé des exploits commis par l'enva- ^ hisseur dans le Luxembourg : à La xég >i la plus éprouvée est la par- d tie sud-ouest de la province. Les grands combats entre Allemands " et Français se sont déroulés surtout à partir de Neufchâteau vers la fron- j tière du Sud. d A Neufchâteau, il y a eu 25 hom- s mes tués et 30 maisons brûlées. * A Bertrix, 20 fusillés. Les villages d'Anloy, Claireuse, Vil- c lance, Maissin, Porcheresse, Jéhon-ville c ont été fort éprouvés. De même les villages de Rulles, Houdemont, Ja-moigne, Izel, Les Bulles. c A Ethe, tout a été détruit, y com- c pris l'église. Plusieurs fusillés, parmi lesquels M. le vicaire. J Tintigny est anéanti. Il y a eu 33 fu-sillés, dont M. le curé. M. Lefèbvre, notaire, ancien président du Conseil provincial. M. le bourgmestre Lamotte c et son fils, M. Draime, instituteur. i A Etalle, 30 maisons brûlées et plusieurs personnes fusillées, parmi les- j quelles M. le vicaire et M. Lebrun, , brasseur. A Rossignol, 125 hommes fusillés. A Houdemont, le curé est tué. c A Musson, 110 maisons incendiées, | 5 hommes vivants. j A Baranzy, population décimée, 15 maisons brâlées. < A Signeulx, tout est détruit. 1 A Virton, pas de dégâts. Un seul 1 obus est tombé sur l'infirmerie du Collège St-Joseph où se trouvaient j 10 blessés allemands et français qui ont été tués. 1 Le R. P. Bernard Gillet, des bénédic- -tions de Maredsous, a été tué à Anloy. ^ C'est le 5e membre de cette famille s qui succombe au cours de cette épou- j vantable guerre. 1 A la frontière française, Montmédy qui s'est rendu, n'a pas souffert. , ^ Longwy et Longuyon qui ont résisté sont anéantis; ^ St-Hubert a peu ou point souffert, ainsi que le nord-est du Luxembourg. Puisque l'autorité militaire a autorisé la publication de cet inventaire de feu et de sang, on peut conclure que l'Ami de l'Ordre n'a pas exagéré. Notes de la journée i Vendredi, g octobre. ( Les [nouvelles se font chaque jour de . plus en plus rares. Je ne parle pas seulement des nouvelles officielles du théâtre de la guerre, dont nous sommes privés par l'interruption des communications avec Anvers — ou < bien l'on ne veut plus rien nous dire! La chose est regrettable, car, malgré leur laconisme et la censure, les communiqués des états-majors donnaient des renseignements sur lesquels il était permis de tabler avec plus ou moins de certitude et grâce auxquels on pouvait discuter, échafauder des plans... qui d'ailleurs ne se réalisaient presque jamais. Tandis que maintenant, le champ est ouvert librement aux hypothèses, et — ce qui est pis — aux racontars! Le public est ' anxieux de savoir ce qui se passe; chacun interroge son voisin avec l'espoir de con- , naître un lambeau de la vérité; chacun y va aussi de sa petite histoire; ce qu'un tel a donné comme une pure « supposition » est colporté par son interlocuteur comme une certitude : on surprend de-ci de-là des bribes de conversation auxquelles on se raccroche; on forge des histoires; des légendes se créent et vont leur petit bon- 1 homme de chemin. Fama est! Tel est le bilan des nouvelles officielles! * * * Et quant aux incidents de la vie quotidienne, de notre existence journalière, ils vont chaque jour se répétant. C'est une arrivée ou des départs de troupes, avec l'accompagnement des manifestations d'enthousiasme; c'est le cortège des réfugiés, qui racontent leurs misères à qui veut les entendre, et qui sont entourés de groupes compacts écoutant leurs récits d'une oreille bienveillante; c'est ces convois de blessés que l'on transporte vers une des multiples ambulances de notre ville — lesquelles sont absolument combles hélas! — c'est le vol des aéroplanes qui sillonnent le ciel avec un bruit de pétarade; c'est régulièrement depuis quelques jours le bruit sourd du canon, que l'on entend gronder à quelques kilomètres de notre cité... et qui se rapproche davantage! * * * Il semble qu'il y ait présentement dans otre ville trente mille réfugiés, venus irtout de la partie flamande de notre ays. On a beau les envoyer plus loin, d'autres iennent chaque jour prendre leurs places; en arrive à toutes les heures de la matinée e l'après-midi, et de la nuit. Et le flot monte, monte encore, monte jujours! L'exode de ces malheureuses opulations ne s'arrêtera donc jamais! A midi, l'on nous disait que l'on avait nouveau fait de la place pour cinq mille 'entre eux au Palais des Fêtes. Mais en restera-t-il demain? L'admi-istration communale qui, avec le concours e citoyens dévoués et d'âmes compatis-intes, pourvoit avec un esprit admirable e solidarité à l'entretien et aux besoins e tout ce monde, continuera à faire tous ;s efforts pour accomplir son devoir et sa îche, sans cesse renouvelée. Nous en avons reçu ce matin l'assu-ance formelle. Mais elle se permet aussi de ompter sur l'aide de tous et sur le con- ours de toutes les bonnes volontés. * * * On nous assure de bonne source que le loi et la Reine, après avoir été mercredi à !t-Nicolas, se trouvaient jeudi à Selzaete >ù ils ont visité des ambulances. Ils ont donné un bel exemple en demeu-ant à Anvers, parmi les soldats, aussi mgtemps que ceux-ci s'y battaient pour i patrie; et maintenant en restant jus-u'au bout au milieu de nos populations. A Selzaete, le Roi aurait reçu la visite ['un haut personnage français, qu'il ne lous est pas permis de désigner autrement. Iye pays sera reconnaissant à ses souve-ains de la manière dont ils ont compris eur devoir en ces douloureuses circon-itances!* * * Des piquets de troupes et de gendarmes irculaient hier en ville afin de ramener à eurs corps respectifs les militaires qui 'étaient égarés ou avaient perdu le con-act, et qui traînaient en ville. Il vaut mieux en effet qu'il en soit ainsi, :t que chacun puisse être renseigné exacte-nent sur l'endroit où il doit se rendre pour etrouver son régiment. * * * Un racontar, entre mille, pour montrer usqu'où va l'esprit d'invention des gens. Nous avons entendu soutenir sérieuse-nent que, pour forcer le passage de la sTèthe, dont tous les ponts .étaient coupés, lix mille (?) Allemands, faisant le sacri-ice de leur vie, se seraient jettés à l'eau, 'y seraient volontairement noyés, afin de >ermettre à leurs camarades de passer sur surs corps, et de franchir la Nèthe! Après celle-là, on peut tirer l'échelle... usqu'à la prochaine bourde. Roger Th. P. S. — Ce soir enfin, de bonnes nouilles. Attendons! ABONNEMENTS Le prix d'abonnement m Journal de Gand, pour le lernier trimestre de l'année ïourante, est RÉDUIT A DEUX FRANCS. Les abonnements doivent ître pris dans nos bureaux, rue de Flandre, 3. Chronique gantoise LES FUGITIFS. — Hier après-midi iont arrivés à Gand de très nombreux îabitants de Melle, affirmant qu'une jataille était engagée à Quatrecht. Les derniers habitants de Wetteren )nt évacué cette ÎOommùne etjse sont :éfugiés à Gand. Le Ohocolat Hardy, Vervlers, est ■Ycellent, Goûtez et comparez. AUX PROFESSEURS RÉFUGIÉS. — ^es professeurs d'athénées et d'écoles noyennes réfugiés dans la Flandre orien-;ale sont priés de se réunir à la Salle des Notaires, rue de Flandre, à Gand, dimanche prochain, il courant, à xo % heures. Ceux qui sont réfugiés dans la Flandre Dccidentale sont invités à se réunir à Bruges au local de l'Ecole moyenne, rue iu Verger, jeudi 15 courant à 2 l/2 heures. Les professeurs en activité sont priés l'assister à ces réunions; ils donneront linsi à leurs collègues malheureux un ;émoignage de solidarité et de sympathie :onfraternelle. A. Van Lede. L'nYYPÛTHDR guér't radicalement, par UAIrMIinun oxydation du sang,les cas es plus graves de rhumatismes,affection* nerveuses, paralysies, etc. Succès garanti.Appareils en ocation à valoir sur achat, 14, rue Kets, Anvers. AUX JEUNES PATRIOTES. —[f Comme suite à un avis du lieutenant-général gouverneur militaire des provinces non occupées, M. le baron de Kerchove, gouverneur de la Flandre Orientale, a informé MM. les bourgmestres

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This item is a publication of the title Journal de Gand: politique, industriel, commercial et littéraire belonging to the category Liberale pers, published in Gand from 1856 to 1923.

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