L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam

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s.n. 1916, 02 May. L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam. Seen on 26 February 2020, on https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/en/pid/fn10p0xw5j/
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^£nie Année N°. 557 S cents fio Centimes) QMWHKBMnnHBHMaMHMHHWWWWnMBnVBMMHMDl Mardi 2 mai 19J6 L'ECHO BELGE L'Union fait la Forcer «Journal Quotidien du ifatin paraissant en Hollande Belge est notre nom de Famille, Toutes les lettres doivent être adressées au bureau de rédaction : N. Z. VOORBURGtVAL 234-240, AMSTERDAM. Téléphone: 2797. Rédacteur en Chel: Gustave Jaspaers. , , _ ( Charles Bernard, Charles Herbioî, Comi e R daction. ^ |jen^ Chatnbry, IJmile Painparé. Pour les annonces, abonnements et vente au numéro, s'adresser à l'Administration du Journal: N.Z. Voorburgwal 234-24S), Amsterdam Téléphone: 1775. Abonnements! Hollandefl. 1.50 par mois. Etranger fl. 2.00 par mois Annoncesi 15 cents la ligne* Réclames: 30 cents la ligne. Dn regiment belge en campagne. ,,Mon cher Piérard, j'expédie aujourd'hui à votre adresse un exemplaire du livre ,,Un régiment belge eu campagne. [Quelques faits du 2e chasseurs à pied]". Vous le lirez avec, joie et émotion. Plus tard j'espère le compléter en y inscrivant les noms de tous, les petits surtout, qui sont tombés pour la grande cause. C'est toujours en pensant à eux c^u'il faut vivre. Vous trouverez cd-iuclus une photo pas très bonne, j'ai l'air bien sévère, mais l'intention vaut mieux. Nos espoirs avec les beaux jours ne font que grandir. Ces dernières nuits, vous l'aurez lu au communiqué officiel, nos vis-à-vis sont venus nous rendre visite. Quelle réception les attendait! Nous avons eu l'honneur de recevoir le' témoignage de satisfaction de notre^ brave général, pourtant peu prodigue d'éloges. Nos hommes sont ,,fins prêts" ; ils se disputent pour être désignés pour les postes avancés et c'est pour eux une déception , quand la nuit se passe sans incident. Il faudrait les voir, l'oeil au créneau, guettant l'arrivée du boche exécré; quant à mes • mitrailleurs, il faut les'retenir, sinon, la j pièce sur l'épaule, ils se porteraient en avant, oubliant leur mission. Pas plus ici qu'à Verdun, ils ne passeront. ( Us ont beau bombarder, cela ne fait plus ( paur ; bon au début mais maintenant : on ne ] s'en fait plus. Des nouvelles venues du Borinage me i laissent penser que l'on y souffre beaucoup. < Pauvre peuple, si bon, si gai, si courageux. < Et dire que c'était chez eux (ils étaient si ; bons) que la solidarité humaine était_ la ( plus développée. Où es-tu rêve d'univer- . selle fraternité? _ . i Il faudra bien nous aimer après avoir ] tant souffert et refaire bien vite notre belle ; ut chère patrie avant de parler d'autre \ chose. Nous ne aérons pas de trop (qui sait ? ® que demain nous réserve), il'y aura place < pour tout le monde et répéter toujours : ^ ,,Paix» sur la terre aux hommes de bonne T volonté." . 1 J'ai comme brancardier un instituteur de <■ Wihéries. Je lui ai confié quatre illettrés et i quelques Flamands avides d'augmenter leurs t connaissances françaises et. tous oes braves 1 épèlent et écrivent gauchement sur un « tableau noir, pendant que les obus tombent ^ près d'ici sur Furnes la morte et que le t clairon annonce les sinistres ,,fokker' ç jeteur de bombes. t Le dimanche, dans la baraque en plan- q ches où chaque jour je fais faire des frites !. et des gauffres!!, un autre brancardier, r vicaire à Marcinelle-Haie, camarade de ^ Destrée, dit sa messe. f On joue à la balle, aux barres^ on va p aux tranchées et on vit surtout d espoir. De temps en temps un petit mot, une simple carte, apportent quelquès nouvelles, n on revit le passé, on se tait... on songe... p et puis, réconforté par la vision lointaine, on n reprend le dur collier. L'état physique est excellent, nos hommes, ^ bien nourris, bien vêtus, sont rarement ^ malades et, chose caractéristique du moral : c les conseils de guerre chôment! ^ c Bien cordialement à vous; je ne vous t ïeverrai pas ici, mais bientôt chez nous." n La noble, l'émouvante lettre et comme elle console de certaines déceptions, des nouvelles affreuses qui nous parviennent sur la misère au pays envahi et surtout de la politioaillerje haineuse et sterile à laquelle se livrent, dans tous les clans, des civils ,,qui ne tiennent pas". Celui qui l'a écrite, c'est un officiea* admirable dans la compagnie duquel j'ai vécu, au front, des heures inoubliables. Un rude homme qui comprend l'âme populaire, un conducteur d'hommes énergique et plein de bonté, comme il en faut à 1 armee d une démocratie. Avec quelle fierté il me montrait en octobre dernier ses cantonnements ! J y retrouvai de braves ouvriers, des paysans . de mon pays, des jeunes gardes socialistes qui ont aujourd'hui à leur actif quelques actions d'éclat, quelques prouesses en passe de devenir légendaires et qui se trouvent recueillies dans le petit livre si vivant que vient de publier le commandant Willy Breton, un des historiographes de notre armée. („Un régiment belge en campagne" Ed. Berger-Levrault, Paris.) *) Les mérites de ce petit ouvrage, documenté par le commandant Tasnier, à qui il est dédié ,sont multiples. Il joint à la précision des renseignements militaires, des qualités de description et de narration remarquables, une abondance d'guecdôtes et de mots héroïques ou drôles, une vibrante émotion qui, d'un bout à l'autre, anime le récit. C!est un modèle du genre. C'est la gorge serrée qu'on lit les récits âes combats d'Eppeghem et de Katte-Men-ter Bosch (les quatre menteurs boches, dit un loustic wallon du régiment), de — l'héroïque exploit du caporal Tréskjnies, marié et père de famille, au Pont-Brûlé, de l'horrible nuit de la Nèthe, des combats m épiques de Dixmude et d'Oud-Stuyvekens-kerke.Des visions à la Edgar Poe s'entremêlent à des scènes charmantes où l'on retrouve le q, meilleur de l'esprit wallon. j'; Plus .tard, il faudra que dans chaque Vl maison de Mous et du Borinage ce Livre f[ d'or des ,,P't.its chasseurs■ de 3a caserne ^ Guillaume" figure à la plaoe d'honneur. 3n le lisant, on lira l'histoire de tous nos régiments de piottes héroïques: lignards, carabiniers, grenadiers et chasseurs, l'histoire de l'infanterie ,,reine des batailles" lui, plus que jamais, dans cette guerre sffroyable, aura été à l'honneur dans le acrifice. A leur départ de Mons, le 3 août 1914, les îe et 5e chasseurs à pied comprenaient >nsemble 57 officiers et 4500 soldats. Trois nois plus tard, après }a. grande bataille de 'Yser, 19 officiers «t<un peu plus de 2000 îommes répondaient éncore à l'appel. Louis Piérard. *) ,, Un Régiment Belge en Campagne.1* Les. fastes du 2e chasseurs à -pied, avec 11 llustrations hors texte et 3 cartes, en vente i la ,,Librairie BelgeJacob Catskade, 52, tmsterdam. Prix 0.85 fl. ► Manoeuvres suspectes ,,Sous c© titre, le ,,Temps" du 12 avril i-gnale divers appels, circulaires et manifestes m faveur d'nn groupement des neutres, écrit 3 ,,Journal de Genève". Tel manifeste, daté e Lugano, semble vouloir placer les neutres la tête d'un mouvement qui tenterait — tel > grand roi frappant la mer à coups de corde - d'entraver le cours des événements. ,M. le conseiller fédéral Hoffmann a dit lairement à la tribune du Parlement suisso e quelle manière notre pays envisagerait son 51e en ce qui concerne la pais. Prendre, l'ini-iative d'une paix que l'on n'a pas contribué conquérir, c'est commettre un acte ,.inami-al". Et les puissances savent bien, par ailleurs, ue le jour où notre petite nation pourrait ervir la cause de l'humanité, mieux encoro que >ar des soins à des blessés ou à des réfugiés, Ile sera là, humble mais dévoilée. Il n'est <as sans intérêt de constater, et il est même nportant de relever, que les manoeuvres sus-ectes auxquelles le ,.Temps" fait allusion ne roviennent pas de l'Entente. Elles ne sont as le fait des nationaux do ces pays envahis, iccagés et que, de l'autre c«5té du Rhin, on ualifiait naguère, un peu trop tôt, de vaincus. ..Leurs origines sont, au contraire, nette-lent germaniques. De vagues personnages )dent autour des chancelleries, attrapant par i bouton celui-ci ou oelui-là, lui demandant ce u'il penserait de la restitution des départe-ien*s du nord, sans indemnité de part ni d'au- ' e, voire d'une petite rectification en Lorrai- < e. Ils insinuent que la Belgique, enfant gâté i aujourd'hui châtié, pourra reprendre sa vie i toute sa place habituelles, à la oondition ' ^pendant qu'elle renonce définitivement à por_ ' tr les armes —- si dangereuses pour ceux qui irent à les affronter — et qu'elle consente un < rat petit brin de traité économique. Traité ii serait tenu, "bien entendu.... : „Ces vagues personnages se sont-ils crus des ] andataires autorisés? Et furent-ils déçus de 1 accueil reçu? Le fait est que le bruit court 1 i Allemagne et ailleurs que des propositions < irent adressées à la Belgique et qu'elle les 1 poussa. ( ,.C'est inexact. J ,,Nous sommes autorisés à déclarer que ja- ] ais le gouvernement belge n'a reçu de pro- c >sition de paix, et que, par conséquent, il ( eut ni à en examiner, ni à y répondre. J ,,Aussi bien se doute-t-on peut-être que lTié- ( lïsme d'Albert 1er et de son armée mérite de- c mt l'Histoire autre chose qu'une demande c ) désarmement! Mais il est difficile do re-•nnaître la gloire/ surtout lorsqu'on se rend s mpte qu'elle est étroitement solidaire d'au- c es gloires aussi farouches et aussi détermi- <-îes dans leur rayonnement." c —«8— : c En' avant! M. C c] Hardis les gas! r c'est po' l'drapia. N'euchiz nin peu' d'y pied' vos' pia. Ri tranchez-vos à conp d'pioche et tirez pa' les traus su' l'Boche. é Hardis les gas! ^ c'est po' l'drapia. Couroz à l'assaut d'ses tranchées. s, Çonpez-li net ses fils d'archal, n vos purdroz après vos pênées. p à On z'a sonné l'eharge, c'est vos' tour. a On z'êti-nd les clairons, les tambours; p et co' l'mitraille t sckettor l's entailles. n N'euchiz nin peu' s'i' t'ehait del' paille. v a Vos savoz bin qu' c'est po' vos' Roë, 1; Vos savoz bin qu' c'est po' l'Patrie ; mais c'es't ossi po' l'dieu del Droët, n po' sauver l'vie. G Vos savoz bin qu' c'est po' les vos' es: e' vos pârints, femme, éfants et frères.... n et vos savoz co' bin qu' c'est po' a vos' hoquet d' terre; é i' n' faut>nin braire... ]' d Xi manquez nin vos' conp d' coutia; p. foncez su' l'homm' ; si v'avoz V crampe, p ridressoz-vos'su' vos pauv's d jambes.... ei Hardis les gas! C Vos savoz hin qu' c'est po' 1' drapia! a 18 avril 1916. Nos' Dghislain. lj pênées = prise de tabac. si scketter=déchirer., s< e] LU ^ "" LL8i!g rnbbm, q AVIS. v Nous serions reconnaissants à nos abonnés j' i reçoivent leur journal par la poste et dont ' bonnement expire le 30 avril de bien f, uloir nous envoyer un mandat poste de r 1 50 en mentionnant sur le mandat poste : b Bnouvellemenf d'abonnement. d •i En Belgique. Velléités annexionnistes beiges. 11 est bon de se tenir au courant do ce que les journaux allemands écrivent. Le Julius Wertheimer, qui place sa copie dans de nombreuses feuilles boches, trouve moyen, dans le ,,"Hamburger Fremdenblatt", sous prétexte de parler des velléités annexionnistes belges, de vilipender notre gouvernement et de parler avec éloge — naturellement — de son ami Jean Bary quo la Kommandantur de Bruxelles, dont fait d'ailleurs partie Julius do Wertheimer, considère comme l'un des meilleurs pionniers de la Ivultur et <Jes Kultivés. Cet article, nous croyons utile de le reproduire. Il est bon que nos lecteurs sachent comment Wertheimer, qui a joui en Belgique d'une large hospitalité, se tourne à présent contre les Belges qui lui permirent de gagner sa vie et contre les membres du gouvernement qu'il allait harceler de questions indiscrètes. Il manie la perfidie en parfait Allemand. Dans un seul article il trouve moyen de mêler la question flamande à de prétendus projets annexionnistes belges qui viseraient surtout h amputer la Hollande.La question des annexions esb évidemment trop grave et trop sérieuse pour que nous la discutions sous cette rubrique. Mais nous avons voulu' montrer que le gouvernement allemand, dont W. est l'écrivaillon autorisé, tenait à jeter la suspicion contre les réfugiés belges parmi le peuple hollandais. Décidément, Machiavel devait être Berlinois. Le ,,XXème Siècle" écrit Wertheimer, or- i gane du gouvernement belgo au Havre, a récemment senti le besoin de déclarer dans un article de tête que le gouvernement belge, c'est-à-dire le ministre de Broqueville, a toujours en pour les Flamands une sympathie spéciale, qu'il a toujours défendu les intérêts légitimes des habitants de la Flandre et que les Flamands n'ont on, conséquence aucune raison de se plaindre de la favorisation des Wallons. Cet article a à coup. sûr déclanché de l'hilarité auprès des chefs des Flamands, car il a été écrit sous l'impression qu'ont fait naître les différentes mesures de l'administration allemande en faveur de l'égalité des droits de la. langue flamande dans le pays occupé. . Le coup do pied de l'âne cependant suivit: A la fin*de l'article l'organe officieux se vit obligé de déclarer que, malgré tous les soins accordés aux Flamands, sa conviction absolue était que la Flandre ne peut prospérer que si elle se jette dans les bras de la Culture française. La conclusion de cette remarque a naturellement été qu'après" la guerre on devrait s'orienter du côté de l'Entente et que, malgré toutes les sympathies pour les Flamands, il faudrait continuer l'idée de l'annexion. Et c'est ce qui se fait fortement. D'une manière des plus adroites le ministère a placé nombre de journalistes en Hollande, France at Angletterre qui, sur un mot d'ordre donné, représentent l'idée de la Belgique plus grande. l)n veut, ainsi que cela a déjà été dit, accaparer 1 embouchure do 1 Escaut, donc annexer une partie de la Hollande, empocher le grand-duché le Luxembourg et s'approprier du pays rhénan =<?s parties au moins qu'on a dû céder en 1815. D'n journaliste belge appelle ces parties l'Alsace 3t la Lorraine belges et un antre en est jus-pi à parler des provinces hollandaises brigan-iées en 1830 et reconquises maintenant. A 1 intérieur du ministère de Broqueville ;euls quatre ministres poursuivraient ces idées i expansion. Oe\jx<;i sont: le ministre-prési-lent lui-même, le ministre de la justice Carton lo Wiart, le ministre des colonies Renkin et e ministre sans portefeuille Hymans, qui en mtre! représente la Belgique en Angleterre. est co qu'au moins prétend le journaliste lean Bary, qui publie à Genève depuis deux nois le journal hebdomadaire ,.La Belgique ndépendante." Il a fondé son journal en vue 1e s opposer aux velléités d'annexion de M. le Broqueville, qu'il considère comme un nalheur national.. La manière dont il lutte ait conclure que le gouvernement au Havre out entier sympathise au moins avec 1,'idée de 'expansion, si même il ne la protège. Car >rosque tout ce qui s'écrit sur la situation •conomique future de la Belgique se base sur ine Belgique plus grande. • Il y a même déjà des écrivains qui tout érieusement méditent un boycottage de PAlle-nagne après la guerre. La Belgique a eu en 'Allemagne son meilleur client. Elle a vendu i l'Allemagne le double de ce que l'Allemagne t vendu à la Belgique, et toute l'existence du* >ort _ d'Anvers reposait sur le mouvement ransitaire allemand et la prospérité de ce'tte nétropole était due^ à l'initiative et au tra-•ail allemands. Si donc des fanatiques, sans .ucune considération de ces facteurs, prêchent a cessation complète des relations avec l'Al-emagne, ils • doivent être intéressés politiquement.Sous l'effet .de ces faits il s'est formé à ïoriève une ligue qci est encore trjs faible, lie compte à peine 200 membres, qui néan-aoins, dans une proclamation remise au Roi, -u ministère et aux députés, protestent très nergiquement contre les plans sans bornes de 'organe gouvernemental au Havre. Cette ligue e mande que les idées annexionnistes ne soient as^ poursuivies et qu'il soit surtout rendu im-tossible aux ministres ambitieux de se démener ncore à volonté sans le contrôle des députés. Jette union nouvelle déclare do plus qu'à son .vis la Belgique est neutre encore tant que les ieux compétents, c.-à-d. le parlement, ou un Congrès, ou une assemblée nationalë n'auront fcatué sur le sort du pays. C'est une voix qui era entendue et qui surtout sera considérée n Hollande; car c'est vraiment inimaginable u'il y a des Belges qui veulent annexer des irovinces hollandaises, cependant que lo gou-ernement hollandais s'efforce depuis 20 mois ['une façon modèle à accorder son hospita-ité aux réfugiés belges et cela dans une proportion qu'ils no ressentent mémo pas très ortement la perte de leur patrie. Mais cela l'arrête pas les fanatiques. Ils ne voient qu'un >ut: enchaîner leur Belgique dans le bien ou lans le mal à l'Entente, la pousser dans les >ras do la France et de l'Angleterre parce que, pour un motif quelconque, ils veulent faire c la politique mondiale. Personne de ces gen n'a compris pourquoi la Belgique a été entra née dans 1a guerre mondiale, nul d'entre eu: n'a appris par l'histoire que l'Angleterre toujours fait do la Belgique lo sujet de se tendances politiques. Le parti adverse est très actif, il jouit mêm do la protection militaire. Il a même le droi — dit Jean Bary — de distribuer au front u catécbismus qui explique tout ouvertement c do quoi- il s'agit pour M. do Broqueville. C catéchisme se compose d'uu jeu de questions c réponses pour faire comprendre, même au plu illettré des soldats, quelles aspirations politique on a. On y dem ânde la rive gauche de l'Escaul et en outre les provinces qui ont été ,,brigar dées" en 1815/16, et on dit dans un autr lieu que la Belgiqiie, en sus de ces limites, doi réclamer encore d'autres territoires pour pr: ver la Prusse de la rive gauche du Rhin. Tou les territoires entre ce fleuve et la Mosell devraient devenir belges, non seulement en rai son des plans futurs économiques du pays, mai aussi pour éviter que ne se répètent les éve ncments de 1-914. Comme conclusion on ajout que l'armée belge ne doit pas être la seule s'être battuo pour rien. On voit, là chose a un système; elle ne peu i donc être partie de personnes particulières ' elle est lo projet d'un puissant groupe poli : tique. Il n'est personne qui se laissera convaincr par la prose du Wertheimer boche qui n'apport à l'appui de ses' dires aucun argument eérieux Le but de tels articles est de créer une cer taine discorde entre les Belges et les Hollan dais. Mais ceux-ci, depuis Î9 mois, savent i quoi s'en tenir et le sous-Homais germain ai service de M. von Bissing en sera pour se fais. A Bruxelles (De notre correspondant particvlier.) On a bien ri, et l'on rit encore de l'aven ture survenue à un placide Commerçant hol landais, arrivé tout exprès des Pays-Bas pou: traiter quelques grosses affaires. La vérité nous est connue depuis quoique; jours seulement et il a fallu les recherche* patientes de ceux qui n'ont rien à faire poui trouver la clef de l'énigme. On avait pu lire dans un journal hol landais une lettre d'un ressortissant d< ce pays qui mettait en garde les lecteurs du journal, ses compatriotes, contre le: dangers d'un voyage en Belgique occupée. La lettre était véhémente, l'appel sincère lo cri de détresso désespéré. Les curieux — qui sont légion dans notre capitale — voulurent connaître la raison de ce cri d'alarme. Il fallut assez longtemps avant qu'on sut que l'honnête négociant avait été viotimo de,l'aventure la plus tragi-comique qu'on puisse imaginer.Un soir qu'il avait terminé les affaires importantes pour lesquelles il était venu dans notre pays -(lisez : qu'il avait gagné beaucoup d'argent!) notre homme songea à s'amuser et, tout naturellement, chercha à connaître sinon l'ange do ses rêves, du moins une compagnc aimablo et pleine d'esprit. Le hasard servit sea désirs. Il rencontra dans un restaurant, où l'on soupe généralement en cabinet particulier, une charmante jeune femme, danseuse fêtée du Théâtre royal de la Monnaie, et quo la galanterie la plus élémentaire ne nous permet pas do désigner plus clairement. Tout au plus pouvons-nous dire qu'elle a dansé avec beaucoup de talent un des ballets do notre concitoyen Lainroryns et qu'elle est considérée comme l'une des Bruxelloises les plus élégantes et les plus fêtées. Notro Hollandais l'invita donc à dîner. Au prix où est le pain blanc, la ballerine crut pouvoir accepter. Un dîner n'engage à rien... On mangea bien, on but mieux. On but même tant, qu'à l'heure où le maître d'hôtel 'apporta l'addition les deux coupeurs étaient fort émêchés. Je ne sais où ils eurent projet do finir une soirée si joyeusement commencée, mais, cri chantant, ils montèrent le boulevard du Jardin Botanique. Arrivés Rue Royale, ils attendirent le tram rouge qui va vers le Bois—le „bosch" comme nous disons à présent. Or, un boche était là, comme ils sont partout et toujours où ils ne doivent pas être. La jeune femme, qui a des raisons très particulières do ne pas les aimer, laissa libre cours à ses sentiments germanophobes. El^o se moqua agréablement du boche en particulier et dès boches en général, depuis re plus impertinent des boys-sscouts jusqu'à la vieille culotte de peau qui s'imagine nous gouverner. Le Hollandais essaya, mais en vain, do calmer son amie. Rien n'y £it : ni les supplications, ni les menaces. Et le tramway ne venait toujours pas! Il voulut enfin entraîner la danseuse, qui ne prétendit pas céder la place à celui, qu'elle appelait „un de ces affreux crapuleux de Prussien". Celui-ci, furieux et cramoisi, attendit que lo tramway arriva. H héla alors deux landsturm qui se trouvaient sur la plate-forme et, en sa qualité d'officier (car ,,cet affreux crapuleux de Prussien" — c'est la danseuse qui parle — portait les galons do capitaine), intima l'ordre de conduire les deux fêtards â la Komlnandantur. Cris de la belle et protestations de l'étranger. Courte bousculade et promenade manu-mili-tari jusqu'aux environs du Treurenberg, où les deux ,,coupables" furent introduits devant une espèce de juge boche qui siège en permanence, avec l'espoir de prononcor des condamnations aussi nombreuses qu'injustes.. La jeune femme ne s'émut. guère, continua do rire et d'invectiver nos ennemis, mais le malheureux Hollandais était livide',, secoué d'un grand frisson do peur : — Pourvu, mon Dieu, qu'on ne sache rien chez moi, gémissait-il. Que ma femme n'apprenne pas la vérité ou je suis un homme perdu. Le juge ne se laissa ni émouvoir, ni attendrir. I)«s" injures à un représentant — en uniforme — de l'armée allemande', cela valait de la nrison pour le moins. — De la prison, .pleura le Hollandais effon dré? Ah, je vous en supplie, laissez-moi payer la somme que vous fixerez, mais épargnez-moi la honte d'être enfermé dans un cachot. Sans doute traça-t-il de sa vie familiale dans une paisible ville de Hollande un .tableau attendrissant, car le juge se laissa gagner par e ses larmes et, en dépit des rires moqueurs de la s jeune femme que la gravité grotesque du juge - allemand n'intimidait guère, lo bon Hollan-s: dais fut condamné à acquitter séance tenante i une amende de 3000 frs. pour lui ét de 2500 fr. s pour sa compagne. Une nuit pleine d'imprévus, comme on voit, e mais qui lui coûta plutôt cher. + l A Anvers e Le gouverneur de la position fortifiée a t prescrit de nouvelles mesures très sévères s concernant l'obligation du contrôle des s étrangers. Tous les étrangers qui descendent dans ~ des hôtels, maisons de logement ou auber- k ges et y passent au moins une nuit, doivent, _ sous la responsabilité des personnes donnant s le logement, remplir, immédiatement après e leur arrivée, un billet de contrôle. Les nom, - prénoms (pour hommes et femmes), profes-s sion, domicile.(rue et numéro), nationalité, jour et lieu de naissance, jour et heure ? d'arrivée, doivent être inscrits. Pour les personnes qui ne savent pas t écrire le tenancier du logement doit remplir ; le billet de contrôle. En outre, les propriétaires d'hôtel, de maisons de logement, d'auberges doivent 3 tenir des registres d'étrangers où seront 3 reproduits tous les détails prémentioniiés. Ensuite, il est ordonné qiie tous les par-. ticuliers qui logent des étrangers, que ce - soit gratuitement ou moyennant rétribution, i ou que ce soit par suite de leur profession 1 ou de l'affaire qu'ils traitent(?) sont obligés 3 de déclarer chaque personne logée avec les mêmes détails que ci-dessus savoir: pour le territoire de la ville et les deux faubourgs de Borgerhout et de Berchem, au ,,militar polizeimeister", 22, rue des Récollets, bureau Ilg, chambre 22: pour le territoire [ d'autres communes, à l',,ortscommandan-. tur" compétente ou, s'il n'en existe pas, à 1Jadministration de la police locale. ; Les infractions seront punies d'une i amende de 300 marks au plus ou d'une peine d'emprisonnement pouvant aller jusqu'à 3 mois, si d'autres prescriptions ne prévoient pas une peine plus sévère. Les tribunaux ! j et les administrations militaires sont compé-. tents pour se prononcer à cet égard. // y a un an ; 2 mai 1915. Au nord d'Y près, les alliés arrêtent, une. offensive allemande. A Mau-court, Vennemi, armé de cisailles, de couteaux. de brownings et de grenades, cherche vainement, à s'emparer des tranchées françaises % . Dans la -vallée de VA isne et en Chamvpagnc, innovations barbaro-germa,niques: à Tracy-le-Mont, des tubes de verre se brisent avec dégagement d'éther; entre Reims et VArgpiwie, des banimés de matières enflammées et des1 gaz verdâtres suffocants; ces procédés n'arrêtent pas Vélan des Français, qui repoussent vigoureusement les attaques ennemies. Bombardement du front sud du camp retranché de Metz par leS canons de marine français. Quatre Taubes sur Epinal. Dans un combat naval, deux torpilleurs allemands et uru anglais co>ulês. En Courlande, offensive ennemie; des patrouilles allemandes apparaissent autour de Liban. En Galicie, les Austro-Allemands reprennent Voffensive. ^ 9 — Lettre d'Italie. Les dernières heures frévreuses de Coritz. ROME, fin mars. Par dessus la muraille do fer et de feu séparant des armées qui marchent à sa conquête et à > sa rédemption la prisonnière Goritz, bien souvent nos pensées et nos désirs volent vers elle, interrogeant son invisible et muet visage sur les angoisses qu'elle doit ressentir, les espoirs que ses goôliers ne doivent pas parvenir à étrouffer en elle. On sait que Goritz — Gorizia en italien et non Gori t z a, comme le dit trop souvent l',,Echo Belge" -— est à peu près évacuée aujourd'hui par ses habitants. l>a ville la plus puissamment menacée et la plus dangereusement défendue do tout lé front italien est, on le sait, à peu près évacuée maintenant. Elle est allée, se vidant lentement, comme des veines exsangues se vident de leur riche contenu. Quand un observateur plane en avion au-dessus de la ville, il a l'impression <Tuiie cité endormie où l'existence a ralenti ses battements. Sur presque tous les édifices publics, et surtout les casernes, s'étalent d'énormes croix rouges dont on doute s'il faut admirer lo cynismo ou la naïveté: Depuis des mois aucune voix ne parvient de Goritz où copcndant. : les soldats italiens des tranchées du Sabo- ' tinO distinguent le moindre piéton, le mouve- ' ment plus ou moins animé des rues et le fré- ' missement des arbres décharnés du boulevard. S'il est impossible de connaître l'âme actuelle 1 de Goritz, et si l'héroïque jubilation malgré 1 tout y emporte sur l'incertitude et le morne ' ennui, il est d'autant plus suggestif d'évoquer ' les derniers jours de Goritz avant la déclara- 5 tion de guerre de l'Italie. Un jeune exilé, qui 1 attend sur le front italien l'appel victorieux des cloches de Trieste et de Goritz, nous retrace ; les derniers moments d'angoisse et d'espoir. ,,C'était, dans toute sa juvénile splendeur et par toutes les prunelles ouvertes de ses rosçs couleur do sang pâle, le printemps. L'Isonzo limpide comme une grosse veine bleue réfléchissait les ruines de Saint-Valentin, auxquelles bientôt devaient être semblables tant de bâtiments sains et do maisons encore vivantes du voisinage. Par un beau soir d'avril un cortège mélancolique et résigné s'avance vers la gare J 1ESDENSM Hofweg 11 Slip LA HAYE. fil Costume Jjjk. sur mesure depuis f 27,50 sous les platanes touffues déjà. Le rythme do chanson populaire serre le coeur, car il dit: jJddio, fa fermar la guère Che'l niio ben torni al païs." Le cortège de femmes, de vieillards et d'en-nints accompagne vers le train vorace, vers le départ et le danger, les tous jeunes gens la dernière levée que l'Autriche, insatiable comme lo Molocli carthaginois, veut dévorer avant que pour jamais on no lui arrache toutes ses proies. Dans la ,foule une voix féminine et basse maudit. Goritz, depuis un an, n'a-t-ello pas été assez saignée a blanc ? Les frères aînés et les pères de ceux qui partent aujourd'hui n'ont-ils pas succombé dans les Carpaithes glacées et fertilisé de leur sang étranger les brunes plaines de Galicie? Ce dernier sacrifice est arraché avec plus de rancoeur encore, car on devine quo ce n'est pas contre les cosaques qu'iront ces jeunes gens, mais contre des- frères dont la-voix a les mêmes accents. Il faut à 1 aigle bicéphale de la chair fraîche toujours. Depuis la fin mars 1915 un insolite mouvement do troupes se remarquait dans la ville. Des officiers d'état-major, raides, gourmés, arrivaient on auto, escaladaient les hauteurs entourant Goritz, prenaient des notes sur un carnet, hochaient la tête .Le chemin, de fer venant do Laybach déversait sans interruption du fil de fer barbelé, des instruments do jardinage.... guerrier et des fagots, par wagons bondés. Des équipes d'ouvriers passaient et repassaient constamment l'Ï6onzo. La promenade dominicale des bourgeois de Goritz vers Oslavia se trouvait interrompue par des éeri-teaux de ,,Streng verboten". Tout ce qu'on réussissait à voir c'étaient des montagnes de matériel et un travail acharné do préparation du secteur. La blonde chevelure du mônt du Calvaire coiffé de vignobles tomba sous les coups. Au bord de l'Isonzo la terre roussâtre était blessée par l'entaille des tranchées provisoires de première ligne. Do tous ces préparatifs les, habitants ne savaient que penser. Les fonctionnaires autrichiens pourtant se défendaient bien du spectre de la guérre italienne : ,,L'Italie a trop peur do nous". Mais c'était pour crâner, ils ne se faisaient plus illusion. Et lorsqu'on mai Goritz parut tout un, jardin, lorsquo lo lys_ jaune et le lys bleu y affirmèrent, subversifs entre les gerçures pierreuses du vieux château, les couleurs de la patrie ancienne, la décision se fit de plus en plus certaine. C'était dimanche, un groupe do paysans slaves descendaient- des collines'à la ville. Sans qu'on sut pourquoi ni comment, un cri s'éleva soudain de leur groupe: ,,Vive l'Italie".' Ce n'étaient pourtant pas des-irrédents qui poussaient ce beau cri de renouveau, mais des Slaves jusqu'à la veille encoro ennomis implacables de tout ce qui portait un nom italien. Une haine vengeresse contre l'ennemi tout puissant, et l'ordre impérieux du destin en passe do s'accomplir, l'avaient arraché à leurs lèvres incultes. Après le 1er mai la terreur aux ailes noires semblait avoir arrêté son vol sur Goritz. Un beau soir toute une pléiade do fonctionnaires impériaux et royaux, obligés d'abandonner leur poste dans les localités frontières, arrivèrent par train spécial qui n'avait été rien moins pour eux qu'un train de plaisir. Invisible la nouvelle so répandit dans la ville et fut bue, comme l'eau par la terre, par la confiance et la foi de Goritz : c'est la guerre. La calme promenade vespérale dont rentraient les bourgeois prit soudain un air de cortège en fête, de subversive manifestation. Les gendarmes poursuivirent chacun jusque chez lui. Mais la nuit personne no dormit. Les minutes .tombaient. dans le sablier * avec une lenteur et une pesanteur de siècles. Toutes les oreilles étaient tendues au bruit du dehors, cherchant la rumeur des événements dans la musique solennelle du silence, car la détonation du canon italien no parvenait point à Goritz. A l'aube du 26 mai le premier communiqué officiel fut le bruit d'un des ponts do l'Isonzo qui sautait. La population comprit que les Autrichiens évacuaient et vit tout proche d'elle la délivrance souhaitée depuis des lustres et elle so réjouit dans son coeur. Peu de jours après l'éclat des premiers combats do mousquoterie parvint aux oreilles de la ville. Les balles sifflaient par dcssus'les maisons sans les toucher. La nuit, sur les hauteurs du mont :lu Calvaire, de terrestres et dangereuses étoiles, chaudes du désir de tuer, et en même temps étincelles inextinguibles arrachées au oyor de îl'espoir humain, répliquèrent avec in-:ermittence l^s étoiles du cièl. Co fut l'explosion des obus trouant la nuit. Et le promet-ils de Goritz, volontaire dans l'armée qui al-ait délivrer sa ville, mourut sur son seuil. Sur :e seuil, les Italiens y sont toujours. La route «t longue qui mène à Tipperary et à Goritz, nais la délivrance est peut-être plus, proche jour _ la ville martyre que ne lo pensent les .acticiens _ qui évaluent toutes les difficultés l'y parvenir.' La foi patriotique qui transporte es montagnes, sans doute ébranlera les montres rocheux qui gardent comme des dragons •ébarbatifs la perle de l'Isonzo." Willy G. R. Benedtctus. ———^M————————|Wmsm

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