La Libre Belgique

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18 November 1918
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Lundi 18 Novembre 11)18 RÉDACTION ET ADMINISTRATION,: BRUXELLES 12, Monlagne-aux-IIcrbes-Potagères, ( 2 ~ TV 17*2. ANNONCES : Elles sont reçues exclusiTement m bureau du journal, rue Monlagne-aov Ilerbes-Polagères, 12, et à l'Agence Haros, Place des Martyrs, 8, à Bruxelles. « PATRIOTE > ET «LIBRE BELGIQUEj Le Patriote vient d'être cruellement frappé Victor Jourdain, son fondateur et rédacteur en chef, est mort au mornont où l'aurore de la victoire glorieuse so levait sur la Belgique. 11 se préparait à reprendre la place, qu'il avait su faire grande au cours d'une lutle quotidienne de plus de trente années, dans les rangs de la presse catholique, décidé à coopérer de tous ses efforts et au prix de tous les sacrifices, à établir l'union nécessaire à la restauration de notre chère Patrie. Dieu, qui lui a donné la fin sereine des justes, ne lui a pas accordé de voir ici-bas le jour que jamais, même aux heures les plus sombres, il n'a cessé d'attendre et d'annoncer avec une ler-meté antique. Comme Moïse, « il est mort sur la montagne en saluant de loin la terre heureuse où les enlants de son peuple s'appliqueront dans le travail et la paix à faire revivre les vertus des aieux ». Le voilà disparu sans qu'il ait pa accomplir l'œuvre qu'il avait conçue, qui devait rallier toutes les sympathies qui l'avaient soutenu jadis, et apaiser les rancunes qu'il pouvait avoir suscitées. Sa mort est pour le Patriote une perle irréparable, et déjà ses amis se demandaient comment ses successeurs allaient pouvoir mener à bien l'œuvre ainsi délaissée, lorsque toutes choses se sont providentieUement accommodées. En février MIS, au morhent A>ù' lu régime de l'occupation allemande commençait à s'organiser avec des méthodes où se trahissaient des visées d'annexion, un vétéran de la presse belge comprit la nécessité de travailler à soutenir le moral de la population si durement éprouvée. Il avait contribué à répandre certains écrits de circonstance, et l'accueil empressé qu'ils avaient reçu lui avait prouvé que ces publications de propagande répondaient à un besoin universellement senti. Il se demanda s'il n'y avait pas-lieu de leur donner la forme d'un petit journal qui serait distribué gratuitement, à des intervalles plus ou moins réguliers. Cette idée, qu'il avait eue simultanément avec un de ses jeunes amis, lut mise à exécution sans délai et tous deux ne tardèrent pas à group r autour de l'entreprise de nombreuses bonnes volomés. A peu de lempsde là paraissait lepremiernuméro. Nous révêlerons en son temps le nom du patriote dévoué et entreprenant qui assuma le premier la lâche périlleuse de mettre en train l'organisme qui devait assurer l'impression et régler, autant que faire se pouvait, la diffusion du nouvel organe. Si é evé que fût par l'intention, leur projet patriotique aucun de ses premiers auteurs ne se doutait des développements qu'il allait pren Ire. Immédiatement, le succès dépassa toutes les prévisions.On s'arrachait les numéros du petit journal clandestin, et des collaborations dévouées s'offrirent à lui de toutes parts. Les articles, recueillis par des intermédiaires sûrs, passaient des auteurs anonymes à la rédaction cachée,donl l'adresse n'était con-nue que d'un très petit nombre d'initiés. Pour la plupart, les collaborateurs s'ignonient et ne savaient pas mieux que la police allemande le chemin que prenait leur a copie ». On eût bien surpris plusieurs d'entre eux si on leur eûl révélé le nom de l'homme mystérieux dans les mains duquel aboutissait leur littérature de contrebande. Lu i-inème, en se reportant à quelques mois en arrière, aurait pu s'étonner de ce qu'il'écrivait et des articles auxquels il ouvrait la porte du journal. Mais les événements avaient dissipi ses illusions inspirées par une loi lro| confiante dans les traités garantissant notre indépendance. Pour lui, comme pour l'immense majorité du p upie belge, la nécessité de chasser l'envahisseur et d'abattre la puissance malfai-* santé qui avait déchaîné sur le monde la plus épouvantable catastrophe de l'histoire, se conlondait avec la cause du droit méconnu et de la justice oulragée. Cet homme, qui présidait aux destinées d'un journal belliqueux et cocardier où tous les articles sentaient la poudre, cet homme était Victor Jourdain. lie sa plume sortaient les articles signés Helbé. Le moment n'est pas venu de raconter dans toutes ses péripéties cette histoire mouvementée; e.le le s Ta à son heure, et pleine justice sera rendue à tous ses collaborateurs et propagandistes dont la tâche fut si difficile et qui, dans un rôle plutôt modeste ont poussé parfois le dévouement jusqu'à l'héroïsme. Un jour, après quatorze mois, à la suite d'une arrestation en masse, opérée par la police allemande, la chaîne qu assurait le contact des rédacteurs se trouva rompue : coup sur coup celui qui avait été, dès le premier moment, la cheville ouvrière de l'œuvre, et les principaux organisateurs disp.irurent dans la tourmente. Les survivants, déroutés eux-mêmes par leur secret trop bien gardé, se rallièrent autour d'un autre centre, d'où se continua la direction si vigoureusement imprimée, si le mot de direction peut convenir à désigner le rôle de coordonner des efforts qui lurent toujours entièrement libres et spontanés. a la longue, cependant, le mystère primitif s'était un peu dissipé. Les rédac-1 leurs habituels avaient, en partie, cessé d'être des inconnus les uns pour les jutr. s. Entre initiés, on avait à peu près débrouillé l'histoire des origines. Il se trouva que les hommes qui pendant plusieurs années avaient collaboré à leur insu, étaient venus de ic^iuiia Liés différentes du monde politique. Ayant • iinsi ung.fçùs déplus éprqu^é' la vérité' • de notre devise nationale, ils se demandèrent si rien de sérieux empêchait que l'union réalisée aujourd'hui survécût aux circonstances qui l'avaient créée. Pourquoi les mains qui s'étaient serrées dans les ténèbres à la hampe du même drapeau devraient-elles se séparer, main e-nant que les visages apparaissaient à la lumière ? A la t^Jie de libérer la Bel-giq ie devait succéder celle de la reconstruire : elle exigeait de tous la même unité de vues, le inênn oubli des ques-tiuLs personnelles, la même fusion de • toutes les âmes dans le grand effort collectif. Il (allait donc que l'union se continuât autour du litre qui l'avait faite comme par enchantement. Quand on fit à Victor Jourdain les premières ouvertures qui devaient aboutir à la réalisation de cet accord, avec un patriotisme dont on comprendra sans peine l'abnégation, il déclara qu'il sacrifiait le titre de Patriote pour adopter celui de la Libre Belgique, si c'était un moyen de réaliser l'union entre les catho-, liques, Ses héritiers épousèrent cette idée. Ils se rencontrèrent avec les représentants autorisés de l'autre groupe : un pro-' gramme commun fut élaboré et une ; ligne de conduite nouvelle lut fi ayée. Au seuil de l'ère de restauration qui ■ s'ouvre pour la Patrie, auréolée de gloire - et d'espérance, le Patriote se survit sous : le titre de Libre Belgique. ; On sait les idées détendues par la . leuille clandestine, l'héroïsme donl ont ■ lait preuve ses collaborateurs — doulplu- - sieurs ont été si cruellement frappes,, - son vibrant patriotisme, son ardent désir l d'une union sincère et loyale entre tous j les Belges de bon vouloir décidés à pour-l suivre généreusement l'œuvre de la res-; lauralion nationale, en laisanl liiièrede t toutes les vaines querelles de jadis. i Ces idées continueront à être le pro-î gramme du journal : elles sont un sûr - garant qu'il conservera la sympathie . qu'il a su se créer pendant la guerre, > alors qu'aù~ïriilieu de toutes les tortures ; d'une occupation odieuse, il venail mys-5 téneusement apporter à ceux qui rongeai ml leur Irein dans l'impuissance, ■ les paroles qui exaltaient les énergies, ) redressaient les défaillances, crachaient l le mépris à la face des lyrans el des Irai ; 1res et versaient aux opprimés le baume ; de l'enthousiasme et de l'indéfectible es- - pérance. Le Patriote. I Vive le Roi! O est le cri qui j.a>.llifc de n ":3rs de poi ' truies belges dans la Belgique libérée. No I tre cœur débarrassé du poids de 1 oippres , sion se dilate. Nos lèvres décadenassées di lourd silence se déclosent. , Vive le .Koi ' Nous le saluons ici avec un : -si'&en profond de vénération, df reoooA^aisaaPCt st d'amour, ce Koi, ■qir r -a -v. ins iur heures les plus .<r>$u^ues de r<ttrt . histoire, la destinée, vl»>L*iD'ur, l'àjne de U Belgique, et qui sut g> rder de tout amoin ■ drissement oes précieux dép.Sts. Gloire ai Koi Albert, hier « roi sans roya**tme », ri aanaient ses ennemis furieux, aujourd'hui roi d'-uur royaume plus Aaste que sor royauro# m me, puisqu'il fut et restera h personnification de l'Honneur pour Ici générations fiutures ». Vive le Roii Vtive la Famille royale' Noius saluons d'un même élan du cœui notre héroïque Armée, nos troupes de Lié ge et de l'Yser, du commencement et de 1? fin, qui nous reviennent, après 1 ardentf e1 victorieuse bataille d-es Flandres re • d'une lumiêr-e oins merveille >-f a1"* -où vivent les héros des antiques épopées les Armées -alliées le terre e; de iner :i a niée fran^aise.modele de vaillance et d es prit chevaleiesoue .l'année an«lai«e.a l'in domptable ténacité dans la hutte gigantes •vue jl'armée américaine, la derniere ' enue s* aimable par sa jeunesse et par le be idéalisme de son effort. Toutes ont colla boré à l'œuvre de la délivrance de notn tf-ays. à L œuvre nlusi haute et pk.<s 4rnan de d'imposer à l'Europe les nobles et pu ves idées wilsonniennes de la paix univer ^elle. Gloire a/ux armées ' t fîloire aussi à netre Oou^ernewent qui clan? l'exil, pendant ces dures «Aînées, su1 maintenir l'union de tous leb cwurs et d« ; toutes les énergies en vue dn uaiu* et d< la prochaine rénovation du pa»-.®. et- en pir ticulier au Baron de Rroquoville, qui ou \ l'honneur insigne, nous l'avons dé-à dit ' d'être, en août >914, avec le Roi Albert, 1< ' gardien de notre honneur, et qui, dans 1< i tempête, guida la barque errante vers port où il retrouvera des sympathies en thousiastes ( , A ' Gloire aux grands Belges : au cardina , J|»OTCΫr, P-.;i e*—J- A' l ladis, défenseurs et avooats de leur peuple >- éleva constamment la voix pour proteste] >- contre toutes les iniquité.5 ■allemandes ; ai u Kourgmestre K.ax, r >terp~ei,e i'*m< bruxelloise, qui se cambra fièrement fie vant le vainqueur, revendiqua les droits d< ■t la cité, et qui nous revient, dans les ova e tions, après de longue* années de souf frances et de captivité 1 e a •% u Nous saluons avec reconnaissance les Mi i nisfcre* étrangers protecteurs du Comité NiTw-.al, qu- veillèrent, on sait parm. n quelles difficultés, au ravitaillement de la a population belge et française, et toutes les u Puissances qui on\ des •.représentants diplomatiques k Bruxelles et qui nous ont, d( quelque manière que ce soit, manifeste leurs sympathies. •% ;r "n-fin, notre pensée va, frémissante ei ohaleureuse, à notre peuple aimé qui i * subi courageusement toutes les privations toutes les souffrances imméritées, tous les s Jeuils cruels, et qui pourtant n -a jamais . >erdu l'cspérance -et la foi. De* heures on été dures L'endurance du peuple belge n 1 j aimais failli. La Barbarie le tenait a le :jorge; ses lèvres gardaient leur sourire ies yeux conservaient leur lumière, reflei de la ilamme intérieure. (>loire à touj ceux-là qui ont soufifert à nos ouvriers qu ont préféré la fakn à la félonie, à nos dé portés qui du travail pour l'ennemi ou de la mort lente ont choisi la mort lente, £ ;os prisonniers de tout genre et de toul •éroïsme ; gloire à eux ! gloire à nos morts, à tous nos morts : ceux des champs de ba taille, et ceux des camps d'Allemagne, e1 ceux des prisons, et ceux de la frontière tux fils électrrtsés, et ceux de nos foyers. Leur souvenir met une note de tristesse 'j émue dans notre immense joie. Mais, com I :ïie cet officie j fiançais dont Barres nous n p conté les exploits et qui criait dans la . tranchée: « Debout, les morts ! », nous peu [t sons nous aussi que nos morts, tous nos norts, tressaillent aujourd'hui dans leui „ tombe glorieuse. Notre frémissement eveille leur frémissement. « Debout, les morts l Fcoûtez-les ' Ils se lèvent, ils crient ave< nous, ils communient avec les vivants dam l'allégresse de la Patrie! Êt tout cela toute notre joie et toute la leur, tous noi vœux et tous les leurs, se synthétisent dam il notre cri « Vive le Roi ' > LE GRAND JOUR ( Enfin, nous pouvons paraître au grand 1 jour Nous pouvons, sans crainte du bagne, 1 quitter la cave automobile où, conjura teurs du Don combat, nous avons connu les 1 heures les plus pathétiques de notre vie, a coup sur les plus tuiwltueuses et les plus périlleuses, mais auss. i^s plus chargées ' d'émotion et de réconiort. Nous la quittons sans crainte, mais non sans le certain regret ^ue Ion éprouve ^ toujours, mémo dans la joie la plus vive, a quitter les lieux ^>u l'on a ùoaftert. Là, dans son ombre, nous avons souixert j-our notre Koi et notre Lays. c?on ombre ^ était .palpitante et vivante, comme en lace ; l'en.nen-., aux .premieres lignes, 1 ombre d'une tranchée avancée. n . >ivait dans une perpétuelle agitation. Tantôt le pa . pier manquait. Il fallait aller a la^recher 1 che des précieux feuillets, passer et repas sor à travers les mailles du i.iet tenau au-tjour de nous, éviter la cur.omê des i.idi» t orets, depister la vigilance des , Untôt la légerete d'un imprudent ami ou le nasard d'une perquisition pe^ettait la (■aiDturs d'il,' poste important de propa .^ande ïi fallait réorganiseï Iks services. 1 «couvrir de nouivaim dévouements, lever , de nouvelles recrues audacieuses. Tantôt on priait alertf.. Il fallait ramas ; ser se- eliiuo» et ses claques, plurres el «yiera •^raclères et presses, et démarrer 1 "X site Ce n'était ras aine Woce a. faire on l imig'me. heureusement la cave , sutoœoiiiîu Avec son chauffeur m , proîisé au liant elle -.^P^ïéna llo 1«. s en alla-ut d un ii etit train d-3 sena ( tour se réfugier du garago numéro i au ga^ rZe ïumérf 2 de la Kommanda.ntur. Les rage numéro l'erlaimont nous sui J aient de nrès! Mais la Centrale des Huilés leur 'fournissait du pétrole de t. mauvaise | Qualité que notro déménagement parve-Saftî leur echaptper. Ils ««»• ^artgt ; Sous allions être pM. ^ Soudain une panns. La r^;B :,, ux ' cassait le nez dans quelque mer/eUleux | ' aAih^rtes, l'histoire sera Me à. narrer les D["jd'eieuse8 aventures de notre cave SlSli: Il . faudra quelque muse^ s'«-ur Je celles qui d.stércnt P0' Primitifs les beaux contes tout .pleins de fabuleuses mac.nés des magne,ensi et des fée» Ma's le moment n est pas. ■et.-u d e ® Lh-v YÂII viendra, je les malgré le désir de quelques uns qui veulent re'ster ignorés de tous leurs aimi. jnooinnus. ,, t e ciu il faut dire pourtant des au:our d'hui, c'est que, si notre tsclie fut rude, parîois -jeinouse, toujours i leiae de ian ^er, nous lûmes largement soutenus dai.s notre effort. . Nous accomplissions un de™"- ^e® «/.-.frèros de la presse prohibée, nous ber vi-o-ns lit ledmne > Ce Urne °iiteja pM ivtude de son admcranle sens •> ous ser vions. Le « Tu ne ; asseras pas » que notre Roi i roronça en août i«14. que nos héros répétèrent de liège à 1 Vser, nous le re; ureniio,ns à notre manaere. loutes les îni -t ni tés de l'ennemi,nous les marpuu>ns d>n^ {amie. Toutes ses tentatives d abattement ou de corruption, nous nous efforcions de les déiouer. Tous les gu.z asphyxiants dont il empoisonnait notre atmosp.iere morale, nous tentions de les chasser en établissant dans la place des courants d air pur. Dans cette lutte, nous nous»sentions en communion d'idées et de sou£frances avec notre admirable vopalation qui sut tout endurer de la loDgue épreuve. O* voulut - i 1 l'accabler-'-sous un régime de terreur, on t voulait la déprimer par le moyen d une >resse vendue, on voulut la diviser en en- \eniimant d'anciennes querelles, on voulut mêar e la provoquer au a sursauts de colere f qui amènent les répressions sanglantes, f , hausses manœuvres, tentatives vaines.^on ^ Don sens et sa foi la gardèrent également. I; 11 o o enferma dans sa dignité comme dans un corset de fer. Klle resta calme, i cuirassée de la conscience de son mnocen s ce et de son droit Victime offerte au dieu j | Moloch, elle garda son rôle de victime et ( i souîtrit en silence Elle ne parlait pas.» Ile ne pouvait pas parler Nous a ons eu par fois l'iUonneur d'être la voix de cette gran t le. muette. Nous avons crié ,rour elle.Nous ( avons dit ses protestations et ses coleres, s se« mépris et ses haines. Nous avons crie pour elle, d'une xoix si haute et si claire, ' qu on entendit jusque -r^r delà les océans < ! la voix indignée de ce peuple qui se tai- ! sait. \ C'est bien po;ur cela, n'est ce P®f'- .c .est carce que nous étions la voix de 1 opairon publique étranglée sous le carcan, que :ious sont venues de tous les coins du pavs . et de toutes les classes de la société et de 1 toutes les nuances des païus politiques,ces . s-.mnatilnes ardentes et agissantes ou no- ( i tre flamme trouvait un aliment sans cesse ^ renouvelé. Quel réconfort c'était pour nous dans , l'ombre on nous étions ensevelis. Alors j " nous avons pensé -qu'il nous fallait durer. ] Durer pour mener le bon et rude combat , -atrioticiue. Lmrer pour tra ailler d une £ •une enthousiaste à la grandeur et à la ' beauté de notre pays. 4 Durabe, disait Enée à ses compagnons 1 accablés par une lo'nçue infortune, durate et vosmet refous servate seoundis. » i • ,Nou:i auaai.qai n'avons jamais désespéré, nous non.-, disions les unJ aux autres: t L).u- , rons et gardons-nous pour les jours heu 1 reux. > i lurons, pour atteindre ces jours . fortunés O') nous pourrons saluer notre lioi.bioJ-a'mé,notre Wucj gracieuse Heine, ) ' nos trouip«s 'uén-k-ubs, et via re, revmvre au " irrand air de la liber te, dans air épure, ' renouvelé, tonifié ,rar le -en*, de 1 épreuve. , Puis nous nous sommes dit que notre reu-' vre pourrait ne pas fin'.r a.voC 1 occupatwn « boche, qu'elle devrait durer plutôt durate — -vour travailler a la grande restau [ ration intellectuelle, morale et economi * que. pour apporter n.ot."3 ouille et notre i fleur à ce .nouveau printemps de notre li ^ bre l'elgïque s La difficulté était d'assurer cette durée. Kmpêc.iés comme nous l'étions dans mille embûches, il nous était diûèfi ;!le, presque i impossible de ^aire appol ju.c bonnes \o s lo-ntés et aux ressources de nos amis pour créer l'organisme compliqué où s'appuie un grand journal quotidien». La daïficulté est résolue aujourd'hui. Pour toutes les raisons exposées d'autre s part, le puissant organisme «-u i Patriote » a été amené s à jurer avec nous une sainte alliance. Désormais le groupe de la * Libre Belgique », tout le groupe, c'est-à-dire tous e ceux qui ont collabore dans les heures iioj-s res à notre petit journal, trouvera ici l'ac-" cueil le plus large et le plus chaleureux. Rt voilà comment la « l ibre. Belgique » . peut enfin paraître au grand jour, qui est pour nous deux fois le grand jour, d'abord1 ? parce que nous avions quitté l'ombre et la ténèbre de notre cave automobile, en-j ' suite parce q-u il est le grand jour de la vie-1 to.ire et de la liberté, le grand jour de la Justice et du Droit. " dr z.., fidelK mastix, it blilga, ego, miles, etc... it A NOS LECTEURS Le» rêves d© vietoire qui ont «lé-passé notre attente ont aussi dérouté plus «l'un projet. Il y a quelques ' semaine», nous pourrions dire quel* 1 ques fours, tout donnait à penser 31 <)ue les armées des alliés rentreraient. dans Bruxelles sur les talon* 3 de l'occupant expulsé de force. - Personne alors ne pouvait prévoir que, dés le jour de la HbéralioH d«* la ville., la presse digne de ee serait en mesure de reprendre son rôle. Aussi les directeurs de lu ; LIBRE BELGIQUE clandestine ^ avaient-ils, au prix d'efl'orta quasi l surhumains, préparé un numéro s illustré, le numéro 171, qui, dans - leur pensée, devait paraître au 3 moment même de la rentrée des ' troupes. Les circonstances sont venues modifier ce dessein en couru d'exécution. Le dernier numéro clan-destin de la LIBRE BELGIQUE ser» 1 distribué comme à l'ordinaire le jour où le Boi fera son entrée dans Ici s capitale. Le public accueillera san» s aucun doute avec le même empres-t sentent que par le passé ce dernier 1 numéro, dont il renverra le mérite 1 aux dévoués et modestes organisa-^ teurs qui ont réalisé le prodige de s conserver vivante jusqu'à la dernière i minute la L1BBE BELGIQUE clan- - destine- Notre Prouramme 5 r En se présentant au publie,* LA LIBRE s i BELG LQU'K » tient a affirmer nettement ^ - quels seront ses principes directeurs s Nous affirmons tout d abord notre foi ca- ^ r tholique. i.a doctrine et la morale chré-~y tienne seront la base des idées et de la di- p c rection du ijournal. q 8 Pareille conception n'empêchera pas — 8 ' bien au. contraire — «que nous cherchions ^ g ardemment à- réaliser l'union de tous les q Eelges de bonne olonté. décidés à entreprendre, dans un imême amour patriotique, i r i.a resnauration oe ia nejj^ique meurtrie ex " ® à assurer sa marche progressive vers un. ^ avenir digne de ses vertus foncières.:loyiau-[f. 1 té- 1endfUt.ran,ce< bon ^éns', }eijpr$t(ïe irai aîï. n Semblable union n'est pas impossible si p t 1 on i eut y mettre de La générosité et de la c b francJiise. et déx>o«er — une bonne fois —j • toutes les rancunes qui, depuis trop lonig-1 temps, ont empoisonné la politique et l'ont 3 rendue (méprisable. j La masse est écœurée de ces polémiques stériles, devenues le seul aliment des dé- c * l*ats puolios,au point de frapper de discré-e dit notre régime parlementaire Kst-cë donc chose si difficile que de s'en tendre, en réglant une foas pour toutes les s questions qui divisent et qui renaissent ^ sans cesse 1 j Tous les Belges n'ont-ils pas les mêmes c s ambitions., les mêmes intérêts? j 'ont-ils pas tous les mêmes devoirs et partant les mêmes droits? j Des lors ne doivent 41s pas être traités e tous de la même façon 1 s Dans cet ordre d idées la question sco e laire grè^. e lamentablement notre vie puibli-s que : au fond, elle demeure le germe fatal e de toutes les polémiques et de toutes les divisions. s Klle subsistera tant que la liberté et l'é s galité absolues des pères de famille en ma- • matière d'instruction et d'éducation n'au-ront pas été proclamées et efficacement a sanctionnées. Comment est-il possible de méconnaître s la légitimité de pareille revendication 1 e En arrivera-t on à dissiper enfin ces malentendus pernicieux? , Nous j travaillerons, quant à nous, de " toutes nos forces. g Le développement du génie 'lliamand nous e tiendra à cœur. Nous le considéions com-i, me un fiacteur essentiel de -l'a\enir de la u Patrie Belge. 11 faut sur cette question brûlante que ~ l'on s'entende fraternellement,avec la pré n occupation de sauvegarder l'unité nationa-t le et la liberté de toi. 1 ! 11 faut que l'on abandonne toutes les Le mesquineries maladroites qui ont desservi ' [ la cause flamande, et que l'on punisse le? trahisons qui ont tenté de 1-a compromettre. En matière politique, nous sommes d'à e vis que la souveraineté populaire doit | o s'exercer sans restriction qui pourrait en j } fausser le fonctionnement r \ e problème est posé- Il faut le résoudre logiquement, intégralement, sans arrière-pensée et sans expédient Les courant? •e d'opinion sont à cet égnrd imnératifs dans * le monde entier.Ils tendent à lever les bar rières que des intérêts éuoist-es de partis , pourraient- tenter d opposer à la volonté de tous. i- Cela re\ient à dire qu'en matière électo-,s raie nous sommes partisans non d'un droit c de suffrage restreint aux hohimes seuls, mais du seul suffrage vraiment universel, > — celui des hommes et des femmes, st Instruits par l'expérience de ces derniè-'d ' res années, et songeant aux problèmes ne la ! demain, nous prêcherons l'alliance néees-! saire du travail et du, capital, les bienfaits la!de leur concours harmonisé, substitué a une lutte haineuse et néfaste. S,i nous sommes décidés à travailler lova lement à l'ascension des classes populaires et à l'évanouissement normal de chacun,en ( vue du bien général, nous voulons l'ordre sooial, convaincus que la haine des classes, l'anarchie, les tentatives extralégales que )ous venons de voir se réaliser par le déchaînement du bolchevisane, ne peuvent entra ner que la ruine et la déca ience des peuples, au milieu des plus affreuses souffrances et des pires catastrophes Ivnfin, conscients du danger que fait courir à un peuple la lèpre toujours grandissante de l'alcoolisme, nous favoriserons de .oute notre influence les mesures que prendront les pouvoirs /publics (pour remédier à oe mal. Nous sommes* coavaincus qu'en formu* lant le programme que nous venons d'exposer, nous sommes en communion d'idées avec tous ceux qui /eulent travailler à la grandeur de la Patrie dans la Justice et dans la Paix. « LA IJBKË BfcJ.UlQlîE ». La cHQue nés evéneoiits. Renan appelle l'histoire « une petite science oonjectiwàle » Définition un peu dedaigneuse, mais nullement inexacte si elle s applique à ces produits du subjeoti visinc, où les faits sont regardés à travers des lunettes derrière lesquelles il y a non des yeux qui discernent nettement, mais une imagination débridée. ■ »n démande a 1 histoire, même à celle qui s'écrit au jour le jour, de présenter les faits sans broderie ni conjecture, sans prévention d'aucune ! sorte, en subordonnant toutes autres oonsi- - dérations au culte de la vérité objective. Il convient d'exposer clairement les données, les facteurs, les dominantes et les caractéristiques. Le publie exige sowent des conjectures. Pour maintes raisons il voudrait savoir de quoi demain sera fait. (. ette curiosité, as-sez naturelle, est généralement difficile à satisfaire, i ombien de fois n'a t-on pas reconnu depuis bientôt cinq ans le danger 'qu'il y a à prévoir, à anticiper» -| Au mois de septembre 1P> 14, d'excellentes , , revues anglaises prédisaient le morcelle d *"vrrt, j0 l'oiuyirc ausi j'o-liongrols ; aucune d elles n'a songé à l'effondrement du c^a- • risme et du gigantesque Empire du N'ord. '4l~ Quand Brussilof rufla en quelques semai-. nés Gj à: 7n:> mille'iprisonniers, ne fut-on pas-i porté à augurer l'écrasement des Puissan i, ces centrales? . j Dans l'état des mœurs anglaises, vu le désarmement britannique sur terre et l'a-vance écrasante de l' Allëmagne, pouvait on donner tort à ceux qui doutaient que la | (Grande-Bretagne réussit à mettre sur r>ied, > en un nombre très bref de mo»is, «ne armée . de six millions d'hommes, avec des états majors et des ofiieiers improivsés, tenant brillamment tf'te en Europe, en Asie, en Afrique, aux forces les mieux exercées < Et après la faute énorme de l' Allemagne 3 violant le sol belge et les lois les plus sa tjcrées du dro.t des gens, qui aurait sup jposé qu'elle braverait l'Amérique, au point 3 de l'obliger à la guerre sans merci, toutes i ressources dehors "t — - o,mment pré\o».r i qu'après avoir mis l' Angleterre dans 1 al-^ ■ ternatiiive de bi-isser à jamais son pavillon I ou de renouveler un de ces efforts îïistori 5 ques qui aboutirent à l'anéantissement de la prépondérance de Louis Ai\ et de Napoléon, les dirigeants allemands, méprisant les av ertissements de gens experts, ferme- • raient les yeux sur les forces illimitées de 1 l'énergie et de l'industrie américaines, d.is-s posant du premier capital du monde? Brand VVittlock, ce sage et ce vaillant, le constatait dans une conversation avec M. Le vie, quelques ioUrs avant son départ de Bru- - xelles ; plusieurs Allemands d<* marque, parfaitement, instruits de la situation au-delà de l'AtlanUcçne, crièrent vainement casse-cou N'était il pas au moins aussi pé rilleux de braver les Etats-Unis que de ï traverser la Belgique? Autre sujet de surprise : la < Gazette ae s Oologne v> dit à l'époque o:» Ferdinand de Oobourg fit passer la Bulgarie dn côté de 3 1 Allemagne : « i a France est trahie, parce qu'elle s'est contentée de retenir la Bulgarie par des liens politiques; nous ne nous s exposerons pas à semblaible décept on : nous - nous l'attacherons par des intérêts écono i miiques. » Eut-on prévu alors que, oublieuse de ce bon propos, le gouvernement allemand épuiserait Ta Bulgarie, ^ s'àl.êne- e rait économiquement paysans, et /vîtadins et reietterait en pou de tomips les sujets du - car Ferdinand, malgré lui. aux genoux de l'Entente? s Lors de l'aclh- io . de la Roumanie à '• la cause des Allie Allemagne eut peur, 1 son principal org l'avoua dep-uos- Qui s 3Ût dit que l'armée roumaine, lO'bje-l pen . 1 \ .it plus de trente ans de Unis les soins de Maries de Hahcn-oIFern, ancien Officier al-, îemarid, soldat avant tout, en factvo.n entre l'Autriche et la Russie, n'aurait été qu'une :i force d'appoint, inférieure à son nom, à sa tache ? r En janvier 1»''8, le front Fst fut dégarni ; •- artillerie et effectifs sans# nombre furent j transportés à l'ouest. 11 était- urgent d aller de l'avant, sans cesse II fallait conju-s ver le péril américain. ..e méconnut-on ? Le fait eot " l'on tarda. Tandis que Luden- - dorf, plt empereur que le l^aiser, s'afnu-e sait à culbuter les chanceliers, l'oeh, dins les environs de Compile, orgairs-ut les grandes réserves de l'offensive finale. Le ?" plus formidable appareil d espionnage n'a-:t vai-t pas mis Ludendorf on çarde ni contre s. le péril américain, ni contre le. plan do 1, »<och. Même déception avec les Zeppelins et k- les sous marins. Ceux-ci devaient réduire l'ennemi, l'Angleterre surtout, par le tor-ie rorisme, et ils contribuèrent tort à d-éve-s" lopper jusqu'au paroxisme le sentiment de ts la résistance; ceux là devaient affaiblir 1® a blocus, détruire la flotte marchande des pays neutres et alliés, acculer l' iii© tde^ à l'impossibilité de se ravitailler, et il» a échouèrent et ils accrurent les phaUnget ?s, de l'Entente de sorte que, devant i- -u-îii | périorité invincible de leurs adversairoi» 10 Centi^^s le numéro.

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