Le matin

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16 December 1918
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s.n. 1918, 16 December. Le matin. Seen on 02 October 2022, on https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/en/pid/p55db7wx31/
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Lundi 16 Décembre 1S13 DIX CKWTIMEa 25'"e Année N° 29 RÉDACTION 39, VIEILLE BOURSE ANVERS LE MATIN JOURNAL QUOTIDIEN ADMINISTRATION VIEILLE BOURSE, 39 ANVERS LA GRANDE MANIFESTATION PATRIOTIQUE La province d'Anvers fête la libération Les pË°sâŒi©ï»s rassemlBleaîaeaits. » ëerSies d© siÊi,ap®&&sjs. -h la triisiane ©ffieieiS®» - Un collecteus* à quatre pattes. - Le défilé. - Le pSus peiît y©l©aaiaipe du -cortège. - Les ^atioâis. - Hosnitsage à Léopold 1er. -La ©êrémonîe à la Bourse. formation du cortège Dès lie uf heures, la foule de6 curieux arrivait l'avenue du Commerce, tout le long de laquelle v liaient de s'échelonner les porteurs de petits ca tels numérotés et groupés, dont la présence oonst tuait les jalons nécessaires à une formation rapii de l'imposant cortège se préparant à défiler dai nos rues pavoisées afin de célébrer, dans une fê populaire toute la joie et tout l'orgueil patriot nues dont jusqu'au plus jeune de nos habitants e antmé. Le temps e6t gris., même menaçant. Crainte gén raie: la pluie viendrait-elle empêcher l'exubéran manifestation qui se prépare? Il n'en a rien ét même un pâle soleil de fin d'automne a daigné i montrer, alors que le défilé, à la place de Mei soulevait les applaudissements du public, tassé long des trottoirs et aux fenêtres déoorées aux oo leurs nationales de nos alliés. iNous circulons, de-ci de-là, en badaudant, le loi de i'avenu-a. Les sociétés arrivent une à une, la pl part précédées de fanfares joyeuses allumant pa tout des refrains répétés à demi-voix. Chacun r roit avec une émotion pleine de plaisir les drapeat de nos sociétés anversoises, claquant au vent, d ployant au-dessus de la foule leurs couleurs vive leurs motifs décoratifs, très souvent d'une bel allure artistique. Le tout constitue une forêt ci doyante d; fleurs de soie, de velours, animée, ch: toj ùiile. Luîitôt toute l'avenue semble une gigaj tesque ger. de floraisons mouvantes, mettant dai l'atmosp;-. ic automnale une gaieté pioturale évei lant a La. iiie minute l'attention des spectateur Le pla ,1 des yeux qui en. résulte s'accentue i plaisir de l'audition. Les oorps de musique lance dans ie.s airs les meilleurs morceaux de leur réps toire, les pius entraînants. La foule les accoun gne en fredonnant avec allégresse, heureuse de : réentendre, sans contrainte. L'élan est général à chaqi. r connu, tout le populaire accompagr les mu soutenant gaiement la grande vi du pu ; . ■ 'vibrant ainsi sa liberté reconquise. Les c ires passent, repassent affairés, ; 6aiUis I . itie pas de mille questions. Leur bon volonté a . ? bout le mondo et insensiblement le te seme t lies sociétés s'opère; chaque groupe se pla et chaque musique rompt la monotonie de l'atten en exécutant sur place un petit concert populai improvisé. Les trottoirs, l'espace entre les files d sociétés sont encombrés par les curieux, ma qu'importe : des parties dansantes s'organisen des couples tournent aux a-ccants d'une valse e: traîiisLte. C'est de la joie partout, parfois un p( exubérante, mais saine et réconfortante à conter pler. La réflexion vient d'elle-même: ce peuple qui ri chante, tourne, valse, après de longs mois de dem nation, de privation, a conservé sa foi dans la vi toire, son amour intégral de la patrie et il chant il parle, il danse la libération, enfin venue. L'heure liasse, trop vite. Onze heures viennent c sonner et malgré toutes les rcoomnu ndations i ponctualité nécessaire, le cortège est seulement demi formé. Les commissaires se dépensent, acc lèrent de leur mieux les groupements et malgi toute leur bonne volonté ,les trompettes sonn.ei enfin le départ, une demi-heure après l'heure ofi ciellc-ment désignée. Place de Aieir Attente. Vis-à-vis de la tribune officielle se groi i>eiit les autorités militaires et civiles. L'allui générale n'est plus iigée comme autrefois. A clii que instant de cordiales poignées de mains s'échai gent. On retrouve avec plaisir de vieux camaradt d autrefois. On s'enquiert des mille aventures v-oues durant l'occupation ou durant l'exil. Les groupes 6e forment, se dispersent, s'assen blent à nouveau. Souvent, une douloureuse excli mation marque la connaissance d'un deuil, le ri gret et la tristesse d'avoir à ajouter un nom encoi îi la liste déjà si longue des disparus. Mais la tri< tesse, la douleur, se ponctuent de vaillance. 0 «mnaît le sacrifice nécessaire pour le salut de 1 Patrie et le souvenir ému qui s'envole vers l'intii ou dorment tant de victimes de l'horrible guern emporte avec lui une ample moisson de reoonnaii sauce générale. Nous notons, au fur et à mesure de leur arrivée M- L. Franck, ministre des Colonies; le généra Drubbel; le baron van de Werve et de Schild* gouverneur de la province; M. Devos, bourgmestre la plupart de nos conseillers communaux; les gé neraux Cabra, comte Greindl, de Guffroy, Dujai ow, Détaillé; le major écuyer de Calletay; le corn mandant des pompiers Schepens; M. Steinmann °°nsul de Suisse, et H. Jabra, oonsul d'Espagne. Proche la tribune principale, une place a été ré servée aux invalides de la guerre. La foule les rt f.r/ i' Pro^on<iément émue. Ils semblent avoir ou Ie cauchemar infernal dans lequel ils on vécu. Leurs causeries particulières éveillent su les lèvres des sourires. 116 échangent joyeusemen des remarques narquoises. Un Sénégalais réuni autour de lui quelques autres braves et leur confine histoire de folle gaieté, car les rires s'envolent en éclats joyeux. Charmante attention: un boy-scout circule 1 long du front de ces mutilés et leur offre des pa quets de cigarettes, acceptées avec une oordialit égale a celle accompagnant la présentation. »t, pl,?s loin> uue forte escouade de soldat E.Ï7 kakhi s'étend en vhH« •< - files de pr, de ij-JL 6,01:1 délégations dts 7, ISe et 17 leurs onln'nCiaSer0es en Vllle» induite d leurs colonels respectifs, - Un collecteur inattendu à Un mouvement de curiosité. Quelques exclama e- tions: «C'est gentil, cela... C'est original... » Nou r- approchons : un gros terre-neuve défile lentemen i- vis-à-vis des spectateurs, tenant à pleine gueul le | une corbeille enrubannée aux couleurs nationales ie ornées de deïix drapeaux belges. Sous la conduit :e de deux de nos concitoyennes, il quête pour le* i- mutilés de la guerre. it Les offrandes ne s'arrêtent pas, les sous pieu vent. é- — Hector, dites merci. :e La bonne grosse bête s'arrête et lève gentimen 5, une de ses grosses pattes de devant. C'est sa façoi se de remercier. r, — Vous êtes un bon ohien, Hector... et bien éle le vé, de plus. i- Les félicitations et les caresses n'émeuvent guèr le brave molosse, qui poursuit flegmatique, sa ron g de. i- Le monde officiel arrive toujours. On se tasse d f- son mieux, car la tribune réservée aux autorités es e- déjà bondée. L'organisateur du cortège, H. W x Schepmans, s'énerve visiblement. L'heure s'écoul 3- et le cortège n'arrive pas. Le temps demeure me s, naçant. Une estafette s'éloigne quérir des nou le velles. i- Mais au loin de la place, vers le rempart Sainte i- Catherine un mouvement se produit dans la foule i- Le vent nous apporte des appels de clairons, is Enfin, les voici. 1- b. Le cortège it 11 est exactement 11 h. 45 lorsqu'apparait le dé r- tachement de la police à cheval, suivi à cinquante a- mètres par les membres du Comité organisateur e es ! précédé par un grand cartel avcc ces mots : « Hon et j neur au Hoi et à l'Armée ! » Le cartel est porté pa e ; j deux hommes ayant revêtus le costume des hé ,ix j rauts du Vieil-An vers, dont la silhouette nous es ; restée eu mémoire. j Immédiatement après, les « Ware Vrienden » au: ue | plumets blancs et bleu, ouvrent le défilé, dont leu s. i musique alerte et bien scandée guide et entrain Be la marche. Deux fillettes en blanc portent entr te elles une couronne aux couleurs tricolores belges r8 Derrière les W&re Vrienden », le groupement di ;s personnel du Comité National, section anversoise ls M. W. Schepmans, à ce moment, s'approche de 1; j- .tribune officielle et présente le cortège en ces ter j' mes : u — En nja qualité de président du comité d'orga 1_ j- nisatlon m'échoit la mission de vous présenter les so i ciétés qui y participent. Tous sont venus, vieux e t jeunes, riches et pauvres,Flamands et Wallons,san j' distinction d'opinion, mais éprouvant tous un me j_ me sentiment, celui du peupie belge. 8 » Ils sont venus de toutes les parties de la pro-vince afin d'apporter à l'armée le témoignage d: ie leur loyalisme et de leur amour de la patrie. e » Ils sont venus vous exprimer leur admiratioi à pour leur Roi héroïque et pour toute l'armée glo • rieuse. ^ » Ils apportent leur reconnaissance à tous ceu; j. qui ont aidé à la libération de la patrie, à l'affran j. chisseiment du monde enfin sauvé de l'hégémoni< des barbares. » Immédiatement après vibrent les accents aiméi de notre Brabançonne. D'un geste large, toute 1< foule se découvre. Les soldats et officiers s'immo-i- bilisent, la main au képi et les pauvres chers mu e tilés eux-mêmes, dans un effort vaillant, se redres i- sent et écoutent comme on écoute le chant d'un< i. mère adorée, lee fiers accents de notre hymne pa s triotique, célébrant notre Roi et notre Liberté. Mi-i- nute d'une expansion puissante, qui demeurera in. oubliable dans la mémoire de chacun, i- Le cortège, immobilisé quelques instants, se re u- met en marche, aux accents entraînant de la mar-s- che Entre-Sambre-et-Meuse, jouée par le « Broeder-e band ï. Un tableautin allégorique i Voici un joli groupe. Une fillette, symbolisant la ■, Belgique, s'avance tradieuss de sa vivante jeunesse, h Son corsage s'écussonne à nos armes aimées. Un gar. çonnet, son page, soulève derrière elle le manteau : de pourpre qui descend des épaules. D'autres fil-1 lettes, en blanc, partant en sautoir de larges ru= i, bans à nos couleurs, accompagnent. La foule ap-; plaudit, enthousiasmée. Voici s'enlevant glorieusement et lumineusement - dans l'atmosphère les drapeaux des nations alliées. - Chacun les salue, du même geste heureux et recon. , naissant. Comme des fleurs étranges et animées, les dra- - peaux se suivent, très heureusement rassemblés en - groupe. Lc-s uns développent leurs plis soyeux sous - la caresse du vent, les autres, incrustés de brode-t ries d'or et d'argent se dressent et suivent les mou-r vements de la marche de leurs porteurs. Tous,dans t un même élan, disent l'allégresse générale. t Le cortège défile, saluant chaque fois au passage 3 les groupes des délégations de l'armée, des mutilés , et des autorités. lies musiques sont inlassables et occasionnant des s surprise chez les dilettantl. L'une d'elle exécutait avec une belle maestria un pot-pourri marche dans S lequel la «Brabançonne», la «Marseillaise», le «God Save the King» et l'air de Grétry: «Où peut-on être -■ mieux...» se mariaient en otempo dl marcia» d'une - j façon originale, même heureuse, quoi que tout de i , même inattendue. e I Des salves d'applaudissements éclatent dans la xj_ tribune officielle au défilé des sociétés des anciens militaires. La foule y répond par des bravos nourris.De distance en distance les ga-oupes de sociétés sont coupés par un îlot de drapeaux de nos alliés et chaque fols le même geste se reproduit dans la foule qui se découvre et les acclame. La guerre aura au moins développé chez tous ce sentiment d'amour et de respect de la patrie, symbolisée par le drapeau, alors qu'autrefois nous demeurions trop indifférent. Les grands cartels se succèdent, honorant la vaillance du Roi, de nos Soldats, la bonté de notre Reine, le respect et l'amour de tous pour toute la Famille Royale. D'autres nous rappellent nos vaillants combattants de l'ïser. Us sont portés par des pseudo-combattants de 1810 ayant revêtus la blouse bleue classique, chaussé des guêtres blanches et coiffé de bonnet d'estrakan. Après les employés des tramways anevrsois, voici le défilé des cercles de gymnastique de la ville,précédés de clairons aux sonneries légères, sautillantes. Oe sont ensuite des sociétés dramatiques flamandes précédées d'un cartel: Vive la Flandre! Vive la Wallonie! Vive la Belgique! Les manifestants chantent allègrement: «ZiJ zullen hem nlet tem-men!»Nous regardons le défilé qui s'allonge, emporté par le plaisir de voir. Comment noter à la queue leu=leu les noms des sociétés qui forment le cortège. Il y en a près de 800f nous assure-t-on. Ce qu'il faut retenir, c'est le bel élan qui les groupe toutes pour célébrer la libération de la patrie et c'est aussi le bel entohusiasme de la foule qui demeure inlassable et acclame sans répit chaque groupe, chaque drapeau. Des enfants affiliés à nos sociétés de gymnastique, fillettes et garçons, sont acclamés, les uns portant en sautoir les couleurs anversoises, les autres coiffés de casquettes aux couleurs belgique. d'une allure très crâne. Voici la musique des employés de gaz, puis la Fédération belge de gymnastique. Puis encore les élèves de l'Athénée, avec le cartel: Honneur au Roi et à notre vaillante Armée. Le plus petit Un gros succès de gaîté est fait à un bambin n'ayant pas ut mètre de hau\ : vs p.-uei»ts l'ont revêtu d'un uniforme khaki, coiffé d'un képi militaire et le mioche, crânement, emboîte le pas aux grands en saluant, avec une maladresse charmante, de la main gauche. Encore une musique envoyant aux échos l'air connu: Flamands! Wallons! ce ne sont là que des prénoms, Belge est notre nom de famille. Un succès à une phalange de Joueurs d'harmonicas qui enlèvent, con maestria, la marche du Tribut de Zamorra. Le défilé continue... et le temps se maintient.Un timide rayon de soleil vient caresser les étages supérieurs de la place. Allons, oii n'aura pas la pluie comme fée méchante et toute la journée de fête patriotique s'écoulera joyeusement. | Depuis un bon bout do temps ce sont les sociétés j des villes de la province qui défilent, coupées de j corps de fanfares, jouant presque tous la marche j «Entre Sambre et Meuse». Le public les accueille par des applaudissements fréquemment renouvelés. Voici tout le commerce et le personnel du travail des grains, ensuite l'Association des nations anversoises.Une lourde cavalerie les suit: ce sont nos super» bes chevaux de nation, aux formes athlétiques. On les admire et on applaudit tout le groupe, d'un ensemble très pittoresque. Il est 1 heure l!>. Le cortège a exactement défilé pendant quatre-vingt-dix minutes. PADDY A la statue de Léopold 1er La tête du cortège a atteint depuis bien longtemps lar place Léopold que ie défilé devant la tribune des autorités à la place de Mieir continue ! toujours. Un petit incident se piroduit: A l'avenue des Arts, i par sufte du macadam très glissant, le cheval d'un j policier se dérobe sous son cavalier qui est lourdement abattu sur le sol. L'homme se relève heureusement sans blessures. A la place Léopold, la foule est énorme. L'apparition du cortège est saluée par une longue ovation. La musique «De Ware Vrienden» entonne la «Brabançonne», tandis que s'avancent quatre orphelins, portant la couronne des sociétés que l'on accroche à la tôte du cheval de Léopold 1er. La pucelle d'Anvers vient à son tour saluer la statue du fondateur de notre dynastie. Tout le monde se découvre, les mouchoirs s'agitent. Il y a là un moment d'intense émotion et 11 semble que le ciel se soit mis de la fête car un beau rayon de soleil vint éclairer la place juste au moment où le cortège se remet en marche. Le défilé continue, interminable, et le public ne cesse d'acclamer. Un groupe de boy scouts a pris place devant la statue pour recueillir les palmes et les couronnes qui s'accumulent devant le socle et forme bientôt un amoncellement énorme de fleurs et qui finit par cacher presqu'entièrement le monument.A la Bourse Il est une heure et demie lorsque le cortège arrive à la Bourse. Les ouvrières et ouvriers du comité de ravitaillement prenoeimt place sur l'estrade -et autour de celle-ci. La fanfare du « Broeder-band » se place au centre. Les autorités font leur entrée par la rue des Douze-Mois. Bientôt la vaste salle est comble et les n-inombrables drapeautx et bannières donnent de nouveau au^ local cet aspect féerique que nous étions habitués de voir jadis à nos fêtes nationales. Mais il semble que cette fois oe spectacle a une signification plue grande et l'on sent que plus -que jadis toute cette foule ''st émue. M. Jules Schrey monte au pupitre et la fanfare a'nsi que les ouvrières et ouvriers du Comité National entonnent « la Brabançonne ». Après quelques mesures quasi toute l'assis ta.nce chante et les voix ont ce'-te chal'ur particulière que donne l'émotion. Il en va de même pour « Vers l'Avenir » que l'orchestre et les chœurs nous firent entendre ensuite. P»_is M. Willem Schepmanis, président du Comité exécutif donne lecture de l'adresse ati Roi, rédigée en ces termes : L'adresse au Roi Sire, La population de la province d'Anvers a recherché une occasion d'eotprimer ses sentiments d'hoim mage reconnaissant et de gratitude éternelle envers Votre Majesté et sa glorieuse armée. A cet effel les sociétés sont accourues de toutes le; parties de notre province, de la grande métropole commerciale comme des humbles sapinières des Campines.de la vallée de la Nèthe comme de celle du Rupel.pour exprimer ces sentiments en une grande manifestation patriotique. Tous se rappellent encore, Sire, comment vou; vous êtes dressé pour stigmatiser l'odieuse traiison du puissant voisin, oublieux de l'honneur et du de< voir et que nous ne jugeons plus digne d'être appelé par son nom. Us se souviennent comment vous lui crlfez: «Avant de détruire mon armée, on devra me passer sur le corps.» Et Vous appeliez votre peuple au combat par ces mots: «Flamands, rappelez-vous la bataille des Eperons d'Or! Wallons, souvenez-vous des Franchimon tols!» Vous connaissiez votre peuple. Sire, et votre peuple vous comprenait! Le grand capitaine Jules César n'écrivait-il pas il y a des siècles: «De tous les Gaulois, les Belges sont les plus braves!» Et le poète n'a-t-il pas chanté: Als helden willen wij kampen, Als eiken zullen -wij staan. De Liège à Anvers, d'Anvors à l'Yser, vous avez Flamands et Wallons, combattu, côte à côte, commf des héros, et là-bas, à l'Yser, vous êtes restés deboul comme des chênes bravant toutes les tentatives du puissant ennemi. Vous avez là, avec les braves chefs et les intrépides soldats de la petite armée belge, arrêté le flot des barbares et sauvé l'humanité de l'esclavage. Nous le savions, nous qui, dans la Patrie subissions, sans toutefois nous soumettre, le joug étran ger. Oui nous savions comment là-bas, au front, er ce petit coin de la Flandre occidentale Vous vivie; avec vos soldats comme un frère, comme un ami comme un égal. Oui nous savions que là-bas com battait un Roi-Soldat. Nous le savions, nous, qui dans la Patrie, atten dions patiemment la délivrance, nous savions que làibas au littoral Notre Souveraine soignait les blés, sés et malades avec la tendresse et le dévouemeni d'une mère, d'une sœur, d'une promise. Oui, nous savions que là-bas une Reine Infirmière souffrait avec nos soldats. Nous le savions, nous qui dans la Patrie supportions vaillamment les avanies et les souffrances dues à la bassesse de l'ennemi, oui, nous savions que là-bas nos Souverains étaient tous deux auprès de leur armée» dédaigueux de tout luxe, vivant côte à côte et offrant le plus admirable exemple d'ab= négation. Nous le savions, comme si le grondement du ca^ non nous en avertissait, nous qui dans la Patrie at. tendions avec espoir et conffance le résultat de la lutte, nous le savions que là-bas vos généraux et leurs guerriers préparaient la bataille décisive qui vaut maintenant à l'ennemi l'amertume de la défaite.O Sire, nous sommes si fiers, si inexprimablement fiers de notre Roi, de notre Reine, de notre Armée, qui resteront durant les siècles, pour tous les peuples de la terre, comme le symbole de l'Honneur et dj Devoir. Quatre années de domination, y a-t-il pire supplice pour un peuple libre comme le nôtre. Savoir et sentir que les barbares nous épiaient, nous raillaient, nous insultaient, nous calomniaient; savoir et sentir que l'air était empesté par leur souffle, le sol souillé par leurs pas, le pays déshonoré par leurs actes. Nous vivions ici comme enveloppés d'une brume humide et froide. Mais maintenant que Vous êtes revenu, avec Votre glorieuse armée, il semble que nous sortons d'un affreux cauchemar ! Nous revoyons le soleil et les étoi-les, nous reconnaissons de nouveau sa douce chaleur et leur brillante clarté. L'air est de nouveau pur, maintenant qu'à la tête de vos héros Vous avez de nouveau piétiné ce sol. Et ce que l'on a souffert sur la Nèthe, ce que l'on a enduré sur le Rupel, et ce que l'on a supporté à l'Escaut, tout est oublié. SI l'on pouvait le demander aux glorieux héros tombés au champ d'honneur, ils le confirmeralenit : Nous avons donné la vie gaiement pour ce qui nous semblait le plus grand bien, pour la Patrie!» S'ils devaient parler, ceux qui ont combattu dans Votre armée et sont rentrés dans leur foyer impotents ou mutilés, sans nul dotute ils déclareraient: «Nous aurions donné davantage, et avec amour,pour ce qui nous paraissait le trésor le plus précieux, pour la Patrie.» S'ils devaient parler, ceux qui, comme prisonniers civils ou travailleurs déportés, ont connu sur la terre étrangère les tortures de l'oppresseur, Ils diraient: «Nos souffrances n'étaient guère trop fortes pour ce que nous avons de plus sacré: la Pa-trie.»Le drapeau tricolore flotte de nouveau sur notre tour. En notre imagination il nous semble voir là haut, autour de la hampe trois nymphes drapées de noir, de jaune, de rouge. La noire représente à l'ennemi sa défaite. La jaune symbolise l'avenir doré qui dans la victoire attendent Votre couronne. Votre dynastie et la Patrie. La rouge rappellera aux générations futures le sang que nos héros ont versé. Et en dessous nous distinguons les couleurs na tionales de nos alliés qui ont souffert et lutté avec nous et auxquels nous apportons ici du fond de notre cœur un hommage reconnaissant pour toutes les prouesses qu'ils ont accomplies, pour tout ce qu'ils ont fait en faveur de la petite mais glorieuse Belgique.Jamais le son du Carillon et de la cloohe Carolus ne fut plus Joyeux que lorsqu'on les entendit Vous souhaiter la bienvenue à Votre passage de l'Escaut et Votre Joyeuse Entrée dans la vieille cité de Seal dis. Avis à nos Abonnés Les abonnés qui ne recevraient pas régulièrement le journal sont priés d'en avertir sans re' tard l'administration. Mous prions les abonnés d'ex, cuser les erreurs qui pourraient se produire durant les quelques jours qui vont suivre.Nous nous efforcerons de les réparer aussi promptement qu'on nous les signalera. Mais comment exprimer la joie exubérante qui s'est manifestée dams notre province à l'occasion du retour die uotr© Roi bien-aimé iet de glorieuse armée. Quelle plume la décrira, quel peintre ia rendra, quel orateur, si éloquent fut-il, saurait la dire? Dans chaque baiser que le soldat donnait à son enfant, à sa femme, à «a fian-cée, il exprimait en même temps son amour et son admiration pour Vous-, pour notre chère Reine, pour nos Princes bien-aimés et pour la giracieuise petite princesse qui, eux aussi, ont été privés pendant si longtemps "de leur père et mère. Dans les drapeaux qui flottent, dans les draperies qui ornent les maisons, dans les façades -mêmee, dans les pavés de la rue, < dams tout ceJa ila joie s'étale dans un sourire heureux. C'est comme si elle avait pénétré partout pour se manifester: chaque oiseau dans l'air, chaque brin d'he'rbe dans la prairie, les fleurs dans les champs, les rares roses d'automne dans les jardins, c'est comme si tous et toutes voulaient le crier. C'est comme si ce bonheur s'exhalait du. zéphyr qui caresse les feuilles accrochées aux arbres, du bruissement des aiguilles vertes des sapins des bruyères, du vent qui fait courber les roseaux le long des bords de l'Escaut. Le peuple entier, Sire, est un dans ses souffrances comme il est un dans sa joie: les pauvres «et les riches, jeunes et vieux, Wallons et lFamands. Un seul cœur bat dans leur poitrine: un cœur belge! Aussi, nous avons été touchés. Sire, lorsque, reparaissant pour la première fois au Parlement, Votre parole royale a hautement proclamé que de toutes les souffrances portées en commun, sont nés des droits égaux pour tous les hommes qui lorsqu'ils auront atteint l'âge voulu, pourront exercer leurs droits de citoyen. Et nous avons été bien heureux d'apprendre que Votre Majesté est d'avis que dans la question linguistique, la plus sévère égalité, la plus entière justice doit être le fil conducteur du gouvernement du pays et qu'il faut donner à chaque peuple la Certitude d'être compris dans sa langue propre, et de pouvoir atteindre son plein développement intellectuel dans sa langue, donc aussi par l'enseignement supérieur. Nous Vous remercions, Sire, et nous avons confiance en VotTe royale parole. Maintenant le petit coin de terre qiui ne fut jamais foulé par l'envahisseur grâce au courage de notre armée héroïque, est de nouveau réuni à la mère-patrie. 'L'Aigle étrangère est abattue, les ailes pa-raflysées, la poitrine trouée par la lance belge et là-bas, au Rhin, le Lion monte la garde! De toutes les ruines accumulées par les barbares, nous verrons bientôt renaître les villes et les villages; le commerce et 1 indus-'tirie vont prendre un nouvel essor et du sol abreuvé du sang généreux des nôtres, sortiront les récoltes futures et les fleurs. Et nous vous le jurons, Sire, solennellement: «Dans une pensée d'union, nous voulons à l'avenir, sous Votre sage direction et celle du gouvernement national, dépenser nos meilleures forces à reconstruire notre sainte Patrie! Gette lettre a été fréquemment interrompue par des applaudissements. M. &chepmans remet l'adresse au lieute-nan-général Drubbel, en le priant de bien vouloir la transmettre au Roi. Il profite de l'occasion pour rappeler que ce fut la. deuxième division d'année qui quitta Anvers la dernière et y fit la première son entrée. La Pucelle d'Anver»s vient ensuite remettre au généra! Drubbel une magnifique gerbe de fleurs. Des fleurs sont également distribuées aux militaires présents dans l'assistance et aux autorités. Le général Drubbel est visiblement ému et tandis qu'il embrasse l'orpheline qui représente la Pucelle, on lui fait une ovation indescriptible. Après quelques minutes, dominant son émotion, le commandant de la 2e D. A., général Drubbel, prononce d'une voix bientôt devenue ferme, le discours suivant, fréquemment interrompu par des applaudissements nourris: Discours du général Drubbel C'est d'un cœur profondément ému que je m'associe à votre manifestation qui fait ressortir d'une façon puissante l'union de tous dains un même sentiment de patriotisme et d.1 finélité à notre Maison Royal®.

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This item is a publication of the title Le matin belonging to the category Liberale pers, published in Anvers from 1894 to 1974.

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