Le peuple wallon: organe démocratique paraissant les dimanche et jeudi

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s.n. 1918, 31 March. Le peuple wallon: organe démocratique paraissant les dimanche et jeudi. Seen on 01 April 2023, on https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/en/pid/tq5r78746b/
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1" ANNÉE. - N* 16. 10 (Sentîmes le naméro 31 MARS 1918. LE PEUPLE WALLON 2;' ORGANE DÉMOCRATIQUE PARAISSANT LES DIMANCHE ET JEUDI « Le sentiment ! Voilà trente années que te mouvement wallon en fait. » L' « Opinion Wallonne ». (N° 8, 15/4/17). Tontes (es correspondances doivent être adressées à l'administrateur : 25, Rue de Belle<Vae, BRUXELLES ABONNEMENTS -( On s'abonne à tout les bureaux de poste) : Un an, 10 fr. — Six mois, 6 1p. — Trois mois, fr. 3.50 ANNONCES : fr. 0.75 la ligne. Secrétariat du journal a Charleroi : i. LAUSIER, 40, Rue Léon Bernua, î ■ SBSIBm— I Bgg OPPORTUNITÉ I. Le gros œuvre d'un premier déblai est ter-miné. • ■ Discutons un niot, grave et délicat : l'opportunité.L'opportunité implique deux circonstances : circonstance de lieu, circonstance de tejnps. 4 Paris, /'Opinion Wallonne est-elle opportune ? En Belgique le Peuple YVatlon Vest-il ? L'un et l'autre éveillent simultanément l'objection [de date ; l'un et l'autre isont des produits d* guerre. Démontrons, mais quelques réserves encore. —o— Les Wallons qui parlent, agissent, où en sont-ils, que comprometten/t-ils ? —o— Le pays de Belgique est composé de deux fractions presque égales. L'une des deux, pour des raisons hors de notre appréciation actuelle, crée une situation de fait. Elle a obtenu de l'occupant, reconnaissance de ses droits. Elle en a usé. Se déclarant autonome, elle organise son administration, elle constitue son assemblée délibé-rative. L'acte de séparation, chez elle., est consommé.La Flandre séparée, que reste-t-il des deux moitiés de Belgique ? La Wallonie. Quelle était, avant avant 1912, depuis 1897, 011 Albert Mockel écrivait dans le Mercure de France son étude sur le fédéralisme en Belgique, quelle était Vidée chère à la Wallonie? La séparation. Aujourd'hui, l'a-t-elle demandée ? A-t-elle fait un geste, esquissé une sollicitation ? Non. Et la séparation est là, signifiant libération administrative, salut politique. La séparation est là. On n'eut à dire ni oui. ni non. Elle est là. N'ayant rien fait, rien demandé, rien sollicité, nous avons en cette chance prcnridenlielle.. miraculeuse, bête, d'être la deuxième partie d'un tout, dont,' la_ première a pris sur elle, les risques et les responsabilités. L'objet de nos efforts passés, l'espoir de* nos luttes futures est réalisé, conquis par d'autres, mais conquis pour nous. Et encore une fois, qn'avons-nous dit, qu'avons-nous fait ? Ce qui aurait exigé des peines, des luttes, des défaites, des rancœurs, est venu, a surgi par le fait d'autres. Fait providentiel d'une chose, accordée à l'un des deux partenaires. Le premier est satisfait; l'autre peut-il ne pas être inévitablement placé devant sa propre satisfaction ? Impossible. C'est fa condamnation au contentement forcé ! —o— .4 moins, dites-vous, que toute cette séparation, que tout cela ne soit qu'une fantaisie, d'un jour, précaire et instable. Si la justesse d'une cause, si l'adhésion grandissante qu'elle trouve chez les Flamands ne vous suffisent pas, en garantie de l'avenir, c'est à vous, séparatistes wallons, si vous avez été sincères et si vous l'êtes encore, de sauver te principe de l'idée séparatiste, que vous pouvez enregistrer dès aujourd'hui. Certes, nous en voulons, dites-vous encore, mais pas de celle-là. D'abord de quelle parlez-vous? De ta définitive, de celle qui fixera l'étendue, le territoire de son action, le mode, gouvernemental ? Ni la territorialité, ni le système politique ne sont encore fixés. Votre raison est mauvaise. Un principe seul, et peut-être un commencement d'exécution administrative est intervenu. Mais rien encore n'est définitivement réglé. — CH Il faut d'abord liquider l'Etat centrait sateiir belge. Ceci fait, — et ce sont Fl-irnand et Wallons qui. ensemble, formeront l'orgaru de liquidation — vous délimiterez contradictoi renient votre domaine. Puis, rentrés chez vous vous organiserez à votre guise votre régime d'administration et de politique, pour Vintérieu et l'extérieur. Ne cherche: donc pas, dès aujourd'hui, l'ab solu, et n'y veuille: pas trouver prétexte < rejeter un grand tout pour un petit rien. Faux prétexte d'ailleurs qui ne peut convenï, qu'à des hypocrites. Or vous étiez, et vous êtes encore, de. sincère, séparatistes. Oue vous commande alors fa sincérité ? Ou* vous commande l'intérêt supérieur de irotre peuple ? . ^ La séparation a été conquise, obtenue, créû en dehors de vous, par un partenaire dont von. êtes le seul associé. Elle fait ws affaires, mie m encore que les siennes. Votre devoir? Il est simple, honnête, et intel ligent : Enregistrer la séparation sons bénéfice d'in venta ire. —o— Une seulé raison peut valoir pour notre con science patriotique. L'acceptation d'un fait politique, ou ui commencement d'acceptation, contribue-t-il o l'affaiblissement actuel de la patrie, et ai renfort de ses ennemis ? Notre gouvernement est-il amoindri dans s> capacité de défense militaire, est-il énervé dan la conduite militaire, — et civique — d< l'Etat ? Est-ce soiitenable ? Il est là-bas, au Havre, en dehors du pays de la population. Le seul élément critiffue qui eut pu exerce son action, le questionner, le harceler, le gênei c'est le Parlement, entier ou en partie. Or depuis trois ans et demi, aucune réunio, parlementaire n'a eu. lieu. Donc pas de con trôle, pas de surveillance, pas d'énervemenU En dehors du Parlement, il y a la presse Or la presse est sa presse. Ijcs deux, troi feuilles qui pourraient le gêner sont écrasée par le nombre et la puissance des siennes. Il reste, enfin, la population, le mouvemen des masses, l'action de la rue. Elles n'existen pas ; elles n'existent plus. Prétendre alors que les séparatistes du pay occupé gênent, énervent les décisions d'un gou vernement. qui vit en dehors et dans l'éloigné ment d'eux, encore un coup, est-ce soiitenable ' Au contraire. Aucun gouvernement, aucun ne jouit d'autant de liberté d'allure, ne béné ficie d'autant d'irresponsabilité que le gouver nement belge. Il décide, agit, exécute, comm il le veut, selon ses caprices. L'heureuse pré caution qu'il a prise de s'associer quelque champions de l'opposition. le garantit mêm poui; l'avertir. —o— Quant à influencer, d nuire à l'action mi litaire ? Quant à renforcer celle de l'ennemi? Qu'on nous réponde sans rire. —o— Allons, la raison civique, le prétexte mili taire, ne doivent pas nous préoccuper. En. l'espèce, ils n'existent pas. La séparation est un principe politique d'or ganisation d'Etat, sans plus. On peut le pra tiquer, et nous avons le droit de le pratique en. pleine certitude de n'influencer en rien, n directement ni indirectement, le gouvernemen qui. a la charge de la défense du pays. - o— Ces réserms faites, revenons au mot d l'opportunité. Ceci sera pour la prochaine fois. D. De Pero* fi» L'Autooomle Flamande et la Wallonie (1> ni. La souveraineté est, disions-nous dans notre article précédent, une qualité, de l'Etat, qui ne reconnaît aucun pouvoir au-dessus de lui cl. qui n'est obligé que par sa propre et libre volonté : il résulte de là que la souveraineté est indivisible. Toutes les théories du partage de la souve-, raineté doivent être condamnées au point de , vue de la logique et do la science du droit. Ce dogme inventé aux Etats-Uni/5 par les auteurs du Federalkt (a), fut importé en Europe par Alex, de Tocqu e vi 11 e dans son ouvrage De la Démocratie en Amérique, et dé-I veloppé en un système complet par G. Waitz et ses adhérents. On distingue l'Etat unitaire ou simple et les unions d'Etats. L'Etat unitaire ou simple est celui qui, indivisé. et en possession de la souveraineté complète dans son intérieur, n'est lié, en dehors des rapports internationaux ordinaires, à aucun ; corps politique externe, d'une manière permanente.Les unions d'Etats comprennent : L'Etat composé est l'Etat mi-souverain soumis à la suzeraineté d'un autre Etat, qui est parfaitement souverain, c'est-à-dire l'union de droit constitutionnel où l'Etat central ou l'un des membres est seul souverain, les autres mejn-bres se trouvant par rapport à lui dans un état de subordination. La forme supérieure est l'Etat fédéral. Le système d'Etats, c'est-à-dire l'union de droit international, où tous les membres conservent leur souveraineté et leur caractère d'Etat, et où par conséquent, les rapports qui existent entre eux sont simplement des rapports de coordination. La forme supérieure en est la Confédération d'Etats, dont l'union réelle peut être considérée comme une variante. La théorie de la souveraineté a été élaborée en vue des Etats unitaires, mais pendant le XIXe siècle, se sont constituées des formations politiques, auxquelles on a été dans l'impossibilité d'appliquer la fhéorie de la souveraineté unitaire. s Le désir de faire la construction juridique des Etats fédéraux et des Etats protégés a donné naissance à une théorie particulière de la souveraineté et à la doctrine d'après laquelle il existe des Etats non souverains. Toute collectivité subordonnée à une collectivité supérieure peut bien avoir la personnalité internationale, si elle possède une compétence internationale, mais comme elle n'est pas souveraine, elle n'a pas le caractère "ft'Etat. La forme fédérale a eu au XIXe siècle une i fortune singulière. La constitution fédérale des Etats-Unis rt'Amérique du Nord a servi 'de modèle à presque tous les pays améiicains, qui se sont formés par suite du soulèvement et de l'émancipation des colonies espagnoles et s portugaises et aujourd'hui le Mexique, le Brésil, le Vénézuéla, la République Argentine sont s constitués en la forme fédérale. Le Dominion du Canada et la Common-t wealth australienne ont également adopté la ^ forme fédérale : les uns les considèrent comme des Etats, les autres comme des provinces décentralisées de l'Empire britannique, tandis s qu'aux termes du Soutli African Constitution Act, approuvé par le Parlement anglais, le ai août 1909, les quatre colonies de l'Afrique australe, la Colonie du Cap, l'Orange, le Trans-1 vaal cl le Natal forment un groupement unitaire et. non fédéral. En Europe, la Suisse est une république fédérale et l'Allemagne un empire fédéral. Si, dans un avenir plus ou moins lointain, l'unité politique de l'Europe, déjà préconisée au Congrès de Berne en 1892, s'établit, ce sera très probablement en In forme fédérale et le mouvement qui s'est1 dessiné, il y a quelques années, en Angleterre, avait également pour but de transformer en un lien fédéral les rapports qui unissent la Grande-Bretagne et ses colonies. « Un régime fédéral plus ou moins étroit a dit E. de L a v e I eye dans son ouvrage: Le Gouvernement dans In Démocratie — sera généralement adopté dans l'avenir, parce que c'est le seul moyen d'assurer l'union des races, et plus tard, de l'espèce, sans briser les diversités locales et sans asservir les hommes à une étouffante uniformité. Les libertés locales sont les seules que la plupart des hommes comprennent et qu'ils peuvent exercer à tous les degrés de la civilisation. » Réduit à ses éléments simples, l'Etat fédéral est un Etat qui se compose d'un certain nombre d'Etats, un Etat. d'Etats suivant l'ex-' pression allemande (Staatenstaat). i De là il résulte que les manifestations poli-l tiques qui se produisent dans un Etat fédéral sont de deux ordres : les manifestations de 1 ' t a t fédéral lui-même et celles des Etats composants; et si l'on admet l'existence de la puissance publique, — de l'Etat fédéral et la puissance publique d# chacun des Etats membres. Dans un prochain arlicl* nous examinerons les deux formes d'unions, au double point de (1) Voir tes n°> 3 et 15. (2) The Federatlst 0/ the new Constitution written in the year 17S8 t'y Hawilton, Jay et Madtson-, c» journal > puissamment contribué 1 taire adopter la constitution fédérale de 1787. vue des rapports entre le pouvoir central et les membres, et des relations qui existent entre la Confédération d'Etats et l'Etat fédéral et les membres d'un côté, les Etats étrangers de l'autre. Notre Race et notre Langue Pour caractériser la nationalité d'un peuple, la race et la langue sont les bases d'apprécia lion que l'on adopte généralement. Mais il n'y a pas toujours entre elles concordance parfaite, au moins en apparence, et tel peuple qui semble se rattacher à un rameau ethnique déterminé, appartient à un autre groupe linguistique. On pourrait en déduire qu'à mie certaine époque de l'histoire, des nations entières ont pu changer radicalement de langage, on a usé et abusé de l'argument, et la plupart des gouvernants s'en sont prévalus pour tenter d'imposer leur langue à des peuples soumis à leur domination aux hasards des conquêtes ou des combinaisons équilibrâtes tle la diplomatie. Mais les changements brusques, tant dans les caractères physiques que dans l'expression de la pensée, sont moins considérables et moins fréquents qu'on 11e le croit, et les peuples sont restés sensiblement rapprochés de leurs origines, en dépit des invasions et des dominations étrangères. L'ethnologie, cependant, est une science encore trop peu exacte et les conclusions qu'elle amène sont trop incertaines pour qu'elle pût servir, seule, à distinguer les nationalités. Il importerait peu que les races de l'Occident fussent des races croisées, tous les métis ne se ressemblent pas. Mais il existe un rapport si étroit entre la race, la conformation des cerveaux, l'agencement des idées et l'expression de ces idées, que l'étude du langage doit apporter à celle de la race les compléments indispensables pour combler les lacunes, modifier ou confirmer des déductions trop absolues ou imprécises. Race et langue ne sont pas des éléments indépendants. Bien au contraire, 011 pourrait dire qu'ils s'entrecroisent, et poser la question des langues sans se soucier de ce qu'elles expriment des conceptions particulières à chaque race, serait ravaler le grand problème des nationalités au niveau d'une chicane d'administrations.—o— Pour ce qui concerne nos régions, nous avons exposé ailleurs la formation des races flamande et wallonne et nous avons montré que la première est graduellement ramenée vers le type germanique, que la seconde, dans laquelle l'élémént méridional est resté prédominant, présente au contraire une certaine stabilité. De par l'évolution de l'une et la fixité relative de l'autre, les deux races tendent donc de- plus en plus à accentuer l'opposition de leurs caractères. Leur fusion, que d'aucuns préconisent, serait par conséquent contraire aux lois <1# la ■nature, ef la race wallonne 11e pourrait qu'y perdre toute l'harmonie de ses caractères que vingt siècles ont produite. Concordance remarquable, l'antithèse des Flamands et des Wallons se retrouve également dans la langue qu'ils parlent. Tandis que les idiomes flamands appartiennent au groupe germanique, les peuples de fa Méditerranée, auxquels se rattachent les Wallons, sont de langue latine, et la communauté de l'origine et du langage (eur a fait donner le nom Latins. Disons en passant que oetle appellation est loin d'être entièrement justifiée et ne caractérise aucunement leur nationalité : il serait plus conforme à la vérité de dire que la Wallonie est galloromaine, ou si l'on préfère ce néologisme, Walloromaine. Les soldats, fonctionnaires et colons de Rome qui vinrent se fixer dans nos régions, n'étaient eux-mêmes que très partiellement latins par la race, car de nombreuses populations gauloises s'étaient établies, dans les temps anciens, en Italie septentrionale, qui prit d'elles le nom de Gaule cisalpine. Ces colons italiens n'auraient donc pu modifier sensiblement les caractères des peuples gaulois et wallons, qui appartenaient en quelque sorte à la même grande famille. « Mais la part des changements physiques de » race (1) due à l'influence romaine est peu ; de chose en comparaison des transformations » d'ordre intellectuel et moral dont il faut » attribuer le mérite aux civilisateurs de la Péninsule italienne. Ce sont eux qui portè-» rent dans l'Occident les sciences, Ie6 indus-. tries, les découvertes, les idées écloses dans la Grèce et les autres contrées de l'Orient » méditerranéen ; ce qu'ils nous portèrent, ils » l'avaient eux-mêmes puissamment modifié : tout ce qui nous vint de leurs devanciers avait reçu l'empreinte de leur fort fjénie » Mais le grand fait, l'événement décisif dans » l'histoire de la nation, est que la langue » populaire latine devint également celle des habitante des Gaules. » On a beaucoup disserté sur l'adoption par les Gaulois de la langue de Rome et c'est aux Flamands et aux Wallons que se sont adressés les plu6 beaux discours du genre. Déjà dès le début du régime actuel, des hommes politiques avaient senti la faiblesse d'un Etat aussi hétérogène que la Relgique et avaient reconnu la nécessité d'imprimer une unité au moins supei- (1) E. Reclus : Géographie universelle, t. II. ficielle à la vie de l'Etat, par l'unité de la langue officielle. Il s'agissait, pour les deux peuples, d'abandonner leur'js patois belges, pour adopter le français, langue étrangère, mais langue littéraire. Certes, aucun idiome régional 11e répond plus aux besoins de 110s sociétés- modernes, mais l'argument ainsi énoncé n'a que l'aspect du bon sens et se base 6ur des erreurs trop flagrantes et trop courantes pour n'être pas relevées. D'abord, il n'y a pas de patois belges, et les dialectes wallons n'ont jamais rien eu de commun avec les dialectes flamands. Ensuite, pour les Wallons, le français n'est pas langue étrangère et l'étroite parenté du Picard et du Liégeois ne peut être contestée que de parti-pris. En imposant, enfin, le français aux Flamands, 011 n'aurait pas pour cela changé leurs conceptions. L'exemple des Bruxellois est flagrant et leur prétendue culture française n'est rien moins, à la vérité, qu'une mauvaise traduction française de la culture germanique, imparfaitement assimilée par leurs cerveaux de métis. Il ne faut pas se payer de mots! 0 douce France, que tu serais à plaindre si tes sciences,, tes arts, ta littérature ne pouvaient vivre que par Bru6seI-outre-Soignes I Et vous, ô Bruxellois Belgo-Bilingues, que vous seriez donc de spirituels Flamands si vous parliez comme vous pensez II Si les Wallons 11e parlent pas toujours comme Flaubert écriSiit, au moins ont-ils le droit de disposer de leur bien à leur guise, mais s'ils se mettaient en tète de se poser en défenseurs d'une langue étrangère, ils auraient la dignité de 11e la rendre point ridicule. Les langues ne sont pas des instruments sur lesquels 011 peut jouer indifféremment tous les airs. En adoptant le latin, les Gaulois n'ont pas, à vrai dire, changé de langue et la volonté de Rome ne fut pour rien dans la disparition des vieux idiomes gaulois. « Les Gaulois (2), d'ailleurs, ne voyaient » pas de raisons très fortes pour tenir à leur vieille langue. Elle manquait des termes que » les arts et la civilisation rendaient nécessaires... Le latin devint forcément la langue » do la haute classe et de tout ce qui approchait d'elle, de tout ce qui était cultivé ou 1 voulait le paraître. La volonté de Rome ne fut pour rien dans ce changement; les Cau-lois prirent sa langue, parce qu'ils trouvèrent intérêt, profit, plaisir à l'adopter... Les po-» publiions de la Gaule devinrent romaines,. » non par le sang, mais par les institutions, » par les coutumes, par la langue, par les arts, par les croyances, par toutes les habitudes de l'esprit... Ce fut moins Rome que la civilisation elle-même qui les gagna à » elle. Etre Romain, à leurs yeux, ce n'était pas obéir à un maître étranger, c'était par-■> tager les mœurs, les arts, les travaux, les plaisirs de ce qu'on connaissait dejxlus cul- » livé et de plus noble dans l'humanité » Il ne faut pas oublier que les Gaulois appar-» tenaient à la même grande race dont les ;> Grecs et les Romains étaient deux autres branches. Ils avaient les mêmes goûts et les » mêmes aptitudes que ces peuples. La civilisation romaine n'était pas pour eue un-• civilisation étrangère : elle était celle de leur » race ; elle était la seule qui leur convint et vers laquelle ils dussent têndie. les forces de leur esprit. Us y marchaient inconsciemment ' depuis des siècles. Le but qu'ils 11'auraient atteint qu'après de longs efforts et un immense travail, fut instantanément mis à leur portée par la conquête romaine, lis le sai-■ sirenl. avidement, et comme d'heureux entants qui héritent du labeur d'autrui, ils » mirent la main sur ce beau fruit que vingt » générations de Grecs et d'Italiens avaient » travaillé à produire. » (A suivre.') Gu.i.us. (2) Fustel de Coulantes : La Qaute Romaine. L' 1NIERNATI0NALISATI0N des questions wallonne et flamande Le Gouvernement belge et la Flandre. En 1870 l'ancien ministre \ ancien Peereboom revient à la charge pour caractériser d'une manière objective le mouvement flamand et le dégager des inlerprétations tendancieuses des politiciens aveuglés par la doctrine de leur parti . « A toutes les époques, le peuple flamand a défendu avec énergie les démocratiques institutions nationalisées par ses ancêtres sur le rivage saxon des Gaules ; toujours il a fièrement revendiqué le droit de faire librement usage de sa langue maternelle ... et l'application sincère et complète du principe : In Vlann-deren Vlaamsch. » « La langue maternelle d'un peuple fut toujours la meilleure sauvegarde de sa nationalité. » Nolet de Brauwere van Steoland, membre de l'Académie royale de Belgique, écrit : « Quant à nous, soyons nous-mêmes, Néerlandais avant tout et en tout. . Il est plaisant d'entendre l'Echo du l'aile-ment (1) jeter des cris d'orfraie à propos d'un programme d'une société provinciale instituant un concours dramatique, programme inséré au Moniteur et dans lequel il est question des Paye-Bas du Sud et du Nord. (1} 14 juillet 1871. N» 19*.

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