L'indépendance belge

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14 February 1916
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s.n. 1916, 14 February. L'indépendance belge. Seen on 21 November 2019, on https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/en/pid/r49g44jr66/
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L'INDEPENDANGE "BU 1EP W |ft!Î lEf CONTINENT: 15 CENTIMES BOYAUME-UNf : ONE PENNY Jy| jQ MLâ %M (HOLLANDE ; 5 CENTS.) ABMIXISTBATIOÎÎ El' KEDACTIÔÀ • BtfKWflJ.k t [ 3 MOISv 9 shillings. î ' , sotOE HOUSB. ttjdoe st.. LOSDON', B.c. « ila.ce ije la wu«m,. LONDRES, LUNDI 14 FEVRIER 1916. abonnemenis: 1 6 MOIS, 17 shillings, f Conservation par le Progrès., telephone: city 3360. telefh.: •[ 238-75. 11 an, 32 shillings. SOMMAIRE. LA SITUATION: Activité sur le front occidental.—Importants succès russes dans les régions de Dvinsk et de Tarnoool.—La coopé= ration italienne dans les Balkans.—L'offensive dsi général Sarrail.— Croiseur français coulé,—Deux va peurs allemands s'échappent. La politique économique après la guerre.—Edouard Traus. Bil* let Parisien.—Jean-Bernard. En Belgique. Etc. LA SITUATION. Lundi, midi. Depuis quelques jours, les Allemands multiplient leurs efforts sur le front occidental, et ils tâtent un peu partout le pouls aux Alliés. Après le coup de sonde donné sur la Somme qui leur valut la satisfaction chèrement payée d'ailleurs de l'occupation de Frise, nos ennemis ont renouvelé leur tentative sur plusieurs points simultanément.Au nord d'Ypres, à Pilkem, ils assaillirent les lignes britanniques, réussirent à y prendre pied, mais furent expulsés presqu'aussitôt à coups de grenades. Dans le secteur adjacent, entre Het Sas et Steenstraate, ils essayèrent, à plusieurs reprises, de passer le canal de î'Yser, mais il purent constater que la route de Calais est à l'abri d'une surprise. Le feu combiné de l'artillerie et des mitrailleuses les obligea d'abandonner la partie. En Champagne, du côté de Souain, d'où les Français menacent le chemin de fer de Bazancourt à Chalierange, les Allemands passèrent également à l'attaque et réussirent, après une lutte acharnée, à prendre pied dans les tranchées françaises qui formaient saillant entre les routes de Navaiin et de Saint-Son-piet.Les Français répondirent à cette attaque par une contre-offensive dans le secteur voisiu de Massiges, où ils occupèrent à leur tour 300 mètres dp trachée? "allemandes situées au nord-est de la Batte dë Mesnil. Dans la région de Sqissons, aux environs de la routé de Crouy, l'ennemi, à h suite d'une soigneuse préparation d'artillerie, put s'installer momentanément dans les tranchées françaises, mais il ne tarda pas à en être expulsé à la suit» d'une contre-attaque. En Artois, également, la lutte a recommencé. Après trois attaques infructueuses, parties de la Colline 140, dans la direction de la roulé Neuville-La Polie, les Allemands, dans un quatrième assaut, atteignirent la tranchée française de première ligne, mais pour en être expulsés aussitôt. Les Allemands prétendent avoir capturé dans le secteur autour de Vimy, jusqu'au 9 février, 691 prisonniers, dont S officiers et 35 mitrailleuses. Mais ce que leur communiqué ne raconte pas, c'est que du 4 au 11 février leurs pertes, entre Lens et Arras, ont été de plus cîe 10,000 hommes tués et blessés ! En somme, les Allemands essayent, tant en Champagne qu'en Artois, à reprendre aux Français le terrain conquis par ceux-ci au cours de la grande offensive de septembre. Jusqu'à présent leurs gains sont hors de toute proportion avec les pertes qu'ils ont entraînées. Sur le front russe nos Alliés ont repris aux Allemands l'important village de Garbunowka, sur la route de Dvinsk, d'où les positions allemandes établies à -.'ukst peuvent être sérieusement, menaces. Une contre-offensive ennemie pour «prendre le village échoua et le général Hincîenburg doit s'apercevoir que ta situation n'est plus la même qu'en automne*.Des nouvelles tout aussi satisfaisantes parviennent de l'aile gauche russe. Les troupes du général Ivanofï, que rien ne semble désormais devoir retenir, ont chassé les Autrichiens d'une très importante position établie sur une hauteur dans la région de Tsebrolf, au nord-ouesl ' de Tarnopol, et qui se trouve à proximité de la ligne de chemin de fer Tarnopol Lemberg. Cette position a changé dé mains plusieurs fois, et l'ennemi y attache une importance capitale. De fait, nos Alliés, en s'y établissant, menacent le flanc gauche de l'une des armées austro-allemandes qui-opèrent dans cette région. Les opérations qui se développent dans toute cette partie du front et qui s'étendent jusqu'à Czernowitz sont considérées dans certains milieux militaires comme les phases préliminaires de la première grande bataille qui aura lieu sur le front oriental. On s'attend à voir les Allemands dé-clâucher une contre-offensive dans le secteur Lutsk-Rovno, dans l'espoir de diminuer la pression sur leur extrême aile droite, et On signale l'arrivée de renforts considérables dans ces parages, mais on peut être convaincu que l'é-tat-major russe ne sera pas pris au dépourvu et que rien ne l'empêchera de poursuivre des plans mûrement préparés et conçus vraisemblablement de commun accord avec les états-majors alliés. Il semble plus que probable que l'offensive du général Sarrail, qui a fait passer le Vardar à un de ses Corps de cavalerie, n'est pas étrangère aux opérations russes. Puisque les Allemands et les Bulgares ne se montrent pas disposés à attaquer les Alliés à Sâloùique, c'est qu'ils ne se sentent pas de taille à le faire, et le général Sarrail ayant reçu de nouveaux renforts à étêndu ses positions vérs- l'ôuést en occupant les hauteurs situées près de Topshin, dont la possession serait utile en cas d'une attaque allemand© partie de Monastir. En Arménie, les Russes ne laissent aucun repos aux Turcs. Nos Alliés bombardent Erzeroum, et ont fait plusieurs centaines de prisonniers. Le croiseur français "Amiral Cliar-ner" a été coulé, croit-on, sur la côte syrienne. On est sans nouvelles de l'équipage. D'autre part, le vapeur britannique " Springweîl " en route pour les Indes, a été torpillé én Méditerranée. L'équipage a débarqué à Malte. Le " Moeve," dont la présente dans l'Atlantique s'est si désagréablement manifestée, n'est plus seul à courir les mers. Deux vapeurs allemands détenus dans des ports neutres sont parvenus à s'échapper, l'un de Buenos-Ayres, l'autre de Punta Arenas. On dit que le gouvernement allemand a donné l'ordre à tous les navires internés cîe saisir la première' occasion qui s'offre pour s'échapper et on ne peut s'empêcher de faire un rapprochement entre ces instructions — si bien suivies — et la menace allemande d'une guerre sous-marine renforcée à partir du 1er mars. LA POLITIQUE ECONOMIQUE APRÈS LA GUERRE La politique économique après la guerre est, olus que jamais, à l'ordre du jour. Dans un article précédent (voir 1 Indépendance" du 15 janvier 1916) nous avons fait ressortir ' l'urgente nécessité pour les Alliés d'organiser l'a-pres-guerre de façon à contrecarrer les efforts de nos 'ennemis, toujours en éveil, et qui comptent, une fois de plus, nous surprendre dans le sommeil léthargique de notre insouciante imprévoyance.Mais, réveillés en sursaut par les cris a'anaé poussés par les représentants autorisés de l'industrie et du commerce, les Allies se sont rendus compte du dan-§er et, assagis par les fautes du passe, commencent à se préparer sérieusement en vue de la lutte nouvelle qui les Httend. " La Grande-Bretagne tout particulièrement fait de louables efforts pour rattraper le temps perdu et pour combattre les Allemands sur le terrain économique, le théâtre de la guerre de demain.Il y a quelques jours un grand meeting, organisé par un comité mixte de membres de la Chambre de Commerce de Londres, et de la National Patriotic Association, s'est tenu au Guildhâl! sous la présidence du Lord Maire de Londres " pour discuter la question du commerce après la guerre." Ce meeting fut, de l'aveu de la presse londonienne, le plus important du genre qui ait jamais eu lieu dans la métropole. Pas moins de 80 anciens lords maires, maires -et prévôts ; des représentants de 51 Chambres de Commerce; et de 89 Associations Complerciafes et Industrielles, ainsi que 11 agents généraux des Dominions y assistaient, sans compter plusieurs centaines de représentants des différentes branches du commerce et de l'industrie, venus de toutes les parties du Royaume-Uni. Au .milieu des applaudissements de l'auditoire, le Lord-Maire, tout en souhaitant la bienvenue à l'assemblée, déclara "qu'il était nécessaire d'améliorer, d'accroître et de fortifier les relations entre le Royaume-Uni et les Dominions et de conclure des arrangements amicaux entre l'Empire eL ses dévoués Alliés de" façon à ce que les relations commerciales fussent réciproquement cordiales, empressées et affranchies de tous obstacles inutiles et de toutes barrières artificielles. ' ' Sir George Pragnell, président de l'Association Patriotique Nationale, déclara que les commerçants et industriels britanniques étaient prêts à tous les sacrifices à condition que le gouvernement ne s'arrêtât pas à des demi-mesures ni pour la continuation de la guerre ni en ce qui concernait les conditions de. la paix. Sir Algernon Firth, président de l'Association des Chambrés de Commerce du Royaume-Uni, fit adopter une résolution "demandant avec les Chambres de Commerce et associations similaires, des mesures adéquates pour ladéfense et l'amélioration du commerce après la guerre ainsi que la création d'un Ministère du Commerce en vue d'inaugurer une politique commerciale et nationale. " M. Lionel A. Martin, président du Comité de la Chambre «de Commerce de Londres, suggéra l'idée d'un tarif douanier "temporaire" en attendant l'élaboration d'un tarif définitif. Lord Desfoorough, président du British Impérial Couïïeil of Commerce, fit adopter une résolution " demandant des -mesures en vue d'améliorer les relations commerciales entre f? Royaume-Lui, î&s Dominions et les "Alliés, et propres à-empêcher que l'Allemagne et ses alliés puissent, à l'avenir, acquérir une influence néfaste sur le commerce et la main-d'œuvre britanni-ques."I.ord HoHenden, président de la Wholesale Textile Association, appuya cette résolution et montra le dangêr d'accueillir trop facilerfient les jeunes Allemands venant en Angleterre pour apprendre Je commerce, alors qu'ils ne poursuivent d'autre but que de se substituer aux Anglais trop bénévoles. Il recommanda également une étroite coopération d'efforts avec les Dominions et les Alliés. Le Lord Prévôt de Glasgow, M. Thomas Durrlop, préconisa l'envoi d'une délégation auprès du Premier Ministre avec mission d'insister auprès du gouvernement pour qu'il adopte les vues des représentants autorisés du commerce et de il'industrie du pays. L'orateur exprima l'avis qu'on parlait trop, et qu'on n'agissait pas assez, et qu'après s'être tant occupé des intérêts des consommateurs al était temps de s'occuper des intérêts des producteurs. li mit rassemblée en garde contre îe danger de baisser les politiciens s'occuper des intérêts du commerce et de ^'industrie et proposa de charge r un comité spécial du soin de dire à 3a Chambre ce qu'on attendait d'elle. Le Lord-Maire de Birmingham, alder-man Ne vil le Chamberlain, approuva la motion' de M. Thomas Duniop, et proposa l'adjonction de représentants ouvriers à cette délégation ainsi qu'au comité organisateur. L'assemblée se sépara après avoir adopté toutes les résolutions présentées, qui ne laissent aucun doute sur les dési-derata des milieux industriels et commerciaux du Royaume. D'autre part, le sous-comité du Comité Consultatif du Board of Trade vient de publier, trois jours à peine après 1e meeting du Guildhall, un rapport sur les mesures à prendre en vue de protéger certaines branches de l'industrie britannique ; papier, imprimerie, orfèverie, coutellerie, cuir travaillé, verrerie, poterie, jouets, appareils d'électricité, brosses, quincaillerie, etc., pour lesquelles l'établissement de tarifs protecteurs est préconisé.Le sous-comité recommande la création d'an Ministère du Commerce, la nomination de Commissaires du Commerce et la création de droits d'entrée "ad valorem," variant de 5 à 33 1-3 pour cent pour protéger les industries sus-men-tionnées.Dans l'exposé des motifs, le comité fait remarquer que sur un total d'importations de £16,000,000, l'Allemagne figure à elle seule pour un chiffre de £7,700,000 sterling, et l'Autriche pour £500,000, auquel il convient d'ajouter £3,000,000 d'importations, allemandes aux Indes et dans les différents Dominions î Le comité suggère, en outre, différen-' tes mesures d'ordre général qu'il y aurait lieu d'adopter pour favoriser l'industrie nationale. Celles-ci concordent avec le programme préconisé par les différentes chambres de commerce britanniques et qui fera l'objet d'une discussion approfondie lors du meeting de l'Association des Chambres de Commerce du Royaume-Uni convoqué à Londres -pour le 29 février. Cette conférence, qui réunira des délégués, des 108 Chambres de Commerce britanniques, lesquelles comptent un total de plus de 30,000 membres, s'occupera exclusivement des problèmes de l'après-guerre. La discussion sur les différents sujets sera poussée à fond, le comité n'ayant fixé aucune limite aux débats. Là conférence s'efforcera d'arriver à un accord sur la question d'une alliance commerciale offensive et défensive des Puissances de l'Entente, ce qui suppose la modification des lois .sur la navigation, la fixation de tarifs préféren-ciels, etc. Les-décisions qui y seront votées serviront certainement de base au gouvernement britannique en vue des projets à soumettre aux Alliés. Il nous revient d'ailleurs que les'gouvernements int -ro^sés ont engagé depuis quelque temp^ déjà des pourparlers à ce sujet et que des accords de principe sont dores et déjà amorcés. Il est probable cependant qu'avant de prendre -des décisions définitives les gouvernements alliés attendront le résultat de la réunion du comité de la Commission Interparlementaire du Commerce, qui siégera à Paris les 6, 7 et 8 mars etj éventuellement, celui de la conférence du Conseil Impérial Britannique pour le Commerce, qui se réunit au mois de juin. La question, évidemment est trop importante et trop complexe pour pouvoir être résolue précipitamment, niais il convient de ne pas oublier que nos ennemis sont en avance sur nous dans leurs pourparlers. La conférence commerciale 1 austro-allemande (Mitteleuropâische - AVirt-schafts" Vereinigung), qui s'est réunie à Dresde le 18 janvier, en vue du rapprochement commercial et politique des deux empires du Centre, s'est .séparée après trois jours de débats, et après avoir .nommé uns commission germano-austro-hongiroâse, chargée d'exécuter les décisions de cette conférence et des conférences précédentes tenues à Berlin et à Vienne. La commission a reçu pleins pouvoirs pour consulter tels spécialistes dont elle estime l'avis utile ou nécessaire. Entre autres résolutions, la conférence de Dresde en a adopté une reconnaissant la nécessité de voir la Bulgarie et la Turquie se joindre à l'union austro-allemande.Concurremment avec ces réunions officielles, nos ennemis ont. organisé une active propagande, afin d'éclairer le public sur l'importance et la portée du problème. Mieux que cela, nos adversaires ont créé une association pour la protection, des intérêts industriels allemands à l'étranger qui se charge entre autre de l'achat des matières premières nécessaires à l'industrie allemande.Cette association trouve un appui sérieux chez les Allemands établis dans les deux Amériques, et c'est avec leur aide patriotique, croit-on, qu'i's ont acheté les immenses stocks de coton, de jute etc. qu'on dit entreposés dans les ports sud et inord-américains,, voire espagnols et italiens, prêts à être dirigés sur l'Allemagne dès la signature de la paix, comme notre correspondant des Etats-Unis nous le confirmait tout récemment. On voit -par là que la plus grande diligence s'impose si -les Alliés ne. veu'ent pas, comme ce fut trop souvent îe cas jusqu'à présent, arriver trop tard. Avant six semaines les gouvernements alliés auront en main tous les éléments du problème, et ils pourront, en connaissance de cause, prendre les décisions que commande la situation. Souhaitons qu'elles soient prises. EDOUARD TR/ U.S. BILLET PARISIEN. — Nous ëLions ce matin douze bien comptés à la porte du cimetière Montparnasse pour l'enterrement de Joseph Fabre dont on avait ramené le corps de Cannes, où il est mort. Nous avons dit dans un "Billet" précédent ce qu'était cet homme de valeur. Ce républicain, quoique spiritualiste convaincu, avait tenu à mourir comme il avait vécu et à être enterré civilement. Avant que la lourde bière fût descendue dans le caveau de famille. M. Hild, un avocat réputé du barreau de Paris, prononça quelques paroles émues, résumant la vie du vieux républicain que la politique n'avait pas enrichi et qui était demeuré 1' "Apôtre " luttant toute sa vie pour ses idées. Le Sénat dont Joseph Fabre avait fait partie, la Chambre de Députés dont il avait été membre, n'avaient envoyé ni délégation, ni couronnes. Peut-être les deux Questures n'avaient-elles rien su, quoiqu'un grand journal du soir eût annoncé l'heure des obsèques dans quatre petites lignes insérées à la demande de la famille, une annonce qui d'ailleurs a été tacturée et payée soixante-quinze francs—je ne voulais pas le croire —quoi, nous en sommes arrivés là ? Ce sont des mœurs nouvelles! Chateaubriand n'aurait pas été surpris, lui, qui appréciait à leur valeur les hommes de son époque, et qui disait : " Un temps viendra où il faudra payer pour annoncer votre décès comme on paie à la quatrième page dès journaux pour annoncer un spectacle nouveau." Nous n'avons rien inventé, mais- nous avons des négociants qui ont singulièrement perfectionné l'art de faire grossir les additions. Chateaubriand était, au surplus, non seulement une sorte de voyant, mais un philosophe sans illusions, quand, en 1833, il écrivait dans ces " Mémoires d'Outre-Tombe," qui devaient être publiés seulement après sa mort : "Il faut savoir regarder d'un œil sec tout événement, avaler des couleuvres comme de la malvoisie, mettre au néant, à l'égard des autres, morale, justice, souffrance, pourvu qu'au milieu des révolutions on sache trouver sa fortune particulière." Ce conseil (fst aujourd'hui suivi par beaucoup, cette impassibilité est la règle de nombreux hommes qui dirigent et qui gouvernent. Ils avalent des "couleuvres," comme de îa malvoisie, mais certains rejimbent et tiennent à garder intacts leur dignité et leurs sentiments. Le public qui ignore et çroit les pre miers racontars venus se laisse aller à' accepter comme parole d'évangile les bruits les plus contradictoires, les plus invraisemblables, venus ou ne sait d'où. Ainsi en revenant diu cimetière Montparnasse assister à cette pénible cérémonie, j'ai rencontré un sénateur qui a des allures de doge de Venise, avec sa grande barbe flottante, mais qui a des habitudes de vieille concierge, ébruitant des commérages de droite et de gauche avec ce laisser-aller d'une Corneille qui abat des noix. Au cours de la conversation entre une appréciation de la dernière séance de la Chambre et le commentaire des divers articles de la semaine de M. Clemen^ ceau, notre sénateur qui est du Midi, et même du midi un quart, me dit comme s'il m'eût révélé un secret d'Etat : "Ah ! vous savez,on conspire dedivers côtés contre le ministère ; la conjuration est prête, M. Clemenceau mène le mouvement, il s'est réconcilié avec M. Ba-r-tou et celui-ci a .partie liée avec Caillaux." Comme j'opposais un mouvement de tête d'incrédulité : " Puisque je vous le d'rsî la preuve c'est que M. Caillaux et M. BarthOu ont déjeuné ensemble il y a trois jours. Je pourrais vous dire le nom du restaurant."Le burgrave du Luxembourg paraissait si sûr de lui qu'il fallait être bien certain qu'il se trompait du tout au tout pour lui assurer que décidément les couloirs du Sénat sont bien mal renseignés. M. Barthou. s'est en effet réconcilié avec M. Clemenceau,. par hasard, il y a longtemps, mais ils ne sont pas réellement en relations suivies et ne se sont pas rencontrés depuis plus de trois mois. Quand, au prétendu déjeuner avec Mj Caillaux, c'est une invention mise en circulation avec une persistance qui paraît suspecte. La dernière fois que ces deux hommes se sont " salués,"' se sont toisés, faudrait-il dire, ce fut à îa cour d'Assises en juillet 1914. Depuis, rien, ni pourparlers, ni saluts, ni déjeuners. Donc, s'il y a complot ministériel, et je crois bien qu'il y en a un, ce n'est pas de ce côté qu'il faut chercher. Quant à la sûreté de ces renseignements, qui ne craignent pas de démentis, j'en réponds. Cette petite observation n'est peut-être pas inutile, au moment où on parle, plus ou moins vaguement, d'une poussée intérieure, où on essaie d'étouffer celui-ci ou cet autre entre deux portes. JEAN-BERNARD. €7èuie année. No, 38

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This item is a publication of the title L'indépendance belge belonging to the category Oorlogspers, published in Londres from 1914 to 1918.

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