L'indépendance belge

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02 December 1915
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s.n. 1915, 02 December. L'indépendance belge. Seen on 09 February 2023, on https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/en/pid/4746q1tb63/
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L'INDEPENDANCE ROYAUME-UNI S ONE PENNY; BELGE. CONTINENT : 15 CENTIMES (HOLLANDE s 6 OENTS.) ADMINISTRATION ET REDACTION: TUDOR HOUSE, TUDOR ST., LONDON, E.O. TELEPHONE: CITY 3960. BUREAU A PARIS : 11, PLACE DE LA BOURSE. TELEPH.: {iaslfl.f* LONDRES, JEUDI 2 DECEMBRE 1915, (3 MOIS, 9 SHILLINGS.) ABONNEMENTS: •] 6 MOIS, 17 SHILLINGS, f CONSERVATION PAR LE PROGRÈS. 11 AN, 32 SHILLINGS. ' SOMMAIRE. LA SITUATION : Les pourparlers d'Athènes.— Déclarations de M. Denys Cochin.—Fin de la campagne de Serbie.—Craintes allemandes d'une offensive russe.—Le général Galliéni et la classe de 1917.— Pertes autrichiennes en Italie. Les racines profondes de la nationalité belge.—Henri Carton de Wiart. Lettre de l'Afrique du Sud.—Lydius. En Italie. Le gouverne» ment britannique et les réfugiés belges. Une lettre de M. Célestin Dem= blon. En Belgique. Un critique d'art. Echos. Nécrologie. Etc. LA SITUATION. Jeudi, midi. -La réponse définitive de la Grèce aux demandes précises des Puissances de l'Entente est attendue pour aujourd'hui. Le chef du cabinet grec, après une entrevue d'une heure avec le Roi, au cours de laquelle celui-ci s'est déclaré pleinement en accord avec les vues du gouvernement, a réuni les ministres et les a mis au courant de la situation. M. Skoulou-dis a fait pai't à ses collègues qu'il était d'accord avec le Roi sur la ligne de conduite à adopter, et le fait que le chef d'état-major a été invité à prendre part à la discussion indique que les questions d'ordre militaire ont pu être examinées sérieusement. M. Denys Cochin, interviewé à Rome., se déclare complètement satisfait de lu situation en Grèce. Le gouvernement hellénique a reconnu, dit le ministre, que les règles habituelles de la neutralité ne sauraient être appliquées aux troupes alliées, accourues au secours de la Serbie sur la demande même de la Grèce et pour remplir à l'égard de la première les obligations que la Grèce ne s'est pas trouvée à même de remplir pour des raisons qu'il est superflu de discuter. Enfin, M. Denys Cochin affirme avoir reçu du Roi sa parole de et d'hotinêf • Jvnâtaé que la Grèce n'entreprendra, jamais une action contraire à la cause des Alliés ! En présence d'affirmation* aussi nettes, on ne peut qu'attendre avec patience le développemnt des événements. Il y a lieu cependant de faire remarquer que la presse allemande laisse entendre (notamment la "Gazette de Francfort) que lors de son entrevue avec lord Kitchener, le roi Constantin aurait laissé parler son interlocuteur pendant une heure sans l'interrompre, après quoi il lui aurait déclaré simplement que l'intérêt de son pays exigeait la neutralité et que, par conséquent, tout soldat serbe passant en territoire grec serait désarmé ! S'il est vrai, comme l'affirment les dépêches de ce matin, que Monastir a ét-é abandonné sans combat par les Serbes et que le chemin de fer Monastir-Salonique est coupé par les Bulgares à hauteur de Plorina, il n'est guère probable que les contingents serbes qui ont combattu dans oette région aient le temps d'atteindre la frontière grecque et la question du désarmement ne se posera pas. Les Bulgares affirment avoir fait à Prizrend de 16,000 à 17,000 prisonniers, et leur butin en armes et matériel de guerre comprendrait entre autres 50 canons, 20,000 fusils et une colonne d'automobiles. De même que les Allemands, les Bulgares parlent de la fin de la campagne de Serbie, ce qui prouve que le projet de suivre en Albanie et au Monténégro les 80,000 Serbes qui s'y sont réfugiés est définitivement abandonné. Encore une campagne qui finit sans que l'armée adverse soit battue et hors de pombafc ! Le communiqué de Vienne parle avec Une visible satisfaction de 40,800 soldats et 26,600 civils aptes au service militaire, capturés en Serbie pendant le mois de novembre. Il aurait pu ajouter que cela représente à peine le total des prisonniers faits par les Serbes lors de la première campagne autrichienne. Un autre chiffre que les Autrichiens se gardent bien de publier, c'est celui des prisonniers autrichiens tombés aux mains des Italiens depuis le début de la campagne et qui atteint 45,000, dont 15,000 faits au cours de la récente offensive. Au total, on évalue les pertes autrichiennes sur le front italien à 300,000, dont 60,000 tués ! La hâte que nos ennemis ont mise à proclamer close l'ère des opérations en Serbie s'explique par la force d'attraction qu'exerce sur eux l'armée russe concentrée en ce moment en Bessarabie. Ne sachant au juste si ces troupes sont destinées à une offensive contre la Bulgarie ou à des opérations nouvelles du côté de la Galicie, les Austro-Allemands ont rappelé en hâte une grande partie de 1' "armée d'Egypte," non pas pour l'envoyer en Syrie comme on pourrait le croire, mais sur les bords du Styr et de la Strypa où sa présence est reqdise d'urgence. En Courlande également la situation des damées ennemies est loin u'ôlra brillante, et la réoccupation de Mitau par les Russes devient de plus en plus probable. Le correspondant du "Petit Parisien," qui a pu suivre les opérations récentes des Russes en Courlande, déclare qu'il a l'impression que les Russes sont à même, aussitôt que le mot d'ordre leur ârrive, de passer à une vigoureuse offensive sur tout leur front. La monotonie des communiqués français a été interrompue hier par l'annonce de très violents duels d'artillerie sur la plus grande partie du front. En Belgique, c'est dans la région de Boesinghe que les artilleurs alliés ont "travaillé," faisant une brèche d'une trentaine de mètres dans une redoute allemande. Dans la région de Roye, un train blindé a été soumis à un feu en rafales, qtii l'obligea à battre précipitamment en retraite. Des convois ennemis ont également été arrosés copieusement. L'appel sous les drapeaux de la classe 1917 en France, qui avait soulevé certaines critiques, a été ratifié hier par la Chambre, après que le général Galliéni eut expliqué à ses collègues "qu'il avait besoin de cette classe le plus tôt possible, afin d'être prêt pour le printemps 1916 quand, d'accord avec nos Alliés, nos renforts et armements nous permettront de faire un effort décisif." Le voyage à Vienne de l'empereur Guillaume est vivement commenté dans tous les milieux. Cette visite est attribuée à la nécessité, entre les gouvernements de Vienne et de Berlin, de s'entendre sur différentes questions, principalement la question polonaise, l'union douanière et, "last not least," la paix dont le complice de l'Allemagne a besoin autant que de pain et de viande. LES RACINES PROFONDES DE LA NATIONALITÉ BELGE. .4 la dernière séance de la Société 'de Géographie de Parus, M. Henri Gabion de Wiart, ministre de la Justice, a prononcé un discours, d'une grande élévation de pensée, sur les racines profondes de la nationalité belge. Le style est digne de l'auteur de "La Cité Ardente." De cette allocution nou]s détctfihons ïa seconde partie, où l'orateur montre que notre nationalité se rhtttadhe à des racines qui dépassent singulièrement ses frontières intéressant le sort de l'humanité entière. Elles sont d'ordre politique et d'ordrt? moral. Ordre politique. D'ordre politique : les destinées de rEurç>g<> ont g té sutecessivemaat livrées t>-*——— au jeu de de'ux systèmes. L'un, qui est fou et précaire, c'est l'impérialisme, c'est-à-dire la tendance d'un© nation, grisée de sa force ou de son orgueil, à vouloir absorber les autres, à les soumettre à son hégémonie ou à sa tyrannie. L'autre, qui est sain et stable, c'est l'équilibre, c'est-à-dire le ménagement de tous les droits et le respect de toutes les nationalités. Le premier système a été tenté quelquefois. Il a toujours échoué. Et au lendemain de chacun de ses échecs, la loi d'équilibre a réagi en opposant un pivot plus solide et luti contrepoids pins fort aux convoitises déjouées. Ce fut le rôle traditionnel de la Belgique et plus généralement des Pays-Bas, placés an carre foui" des races et au point de rencontre des conflits, d'assu-IfMi dans te (région médiane qu'ils. oc cupent, le maintien, ou le rétablissement die cet équiîibr • nécessaire. Ce rôle de IViBat barrière;—on diiit aussi, Etat tampon—Richelieu l'ia compris et formulé un des premiers. Lorsque Lo is XIV et Napoléon le méconnurent, a Prusse et l'Angleterre ne manquèrent pas de le reprendre contre eux. En 1814, Wellington y insistait en termes sai issants. Au Congrès de Vienne, la formule ralliait toute l'Europe qui imagina à cette fin le royaume des Pays-Bas,—construction fragile que 1830 remit bientôt en question. L'Europe, en consentant, par les Conférences de Londres, à la dislocation de cette barrière qu'elle f.vait créée, considéra la neutralité perpétuelle et garantie qu'elle imposait à la Belgique comme une nouvelle évolution du principe auquel s'attachait sa sécurité. Il suffit de rappeler ces faits bien connus pour comprendre à quel point l'intérêt de la nationalité belge se confond avec celui des Puissances, à quel point cette nationalité est un élément indispensable, et si je puis dire l'axe même de l'équilibre européen. Ordre moral. Notre nationalité se rattache aussi à des raisons d'ordre moral. Pendant des siècles, à cause de sa situation géographique et de sa fonction politique, la Belgique a servi en quelque sorte de champ clos aux armées. Pour ne pas remonter bien haut dans le cours des âges, Seneffe et Fleurus, Neerwânden, Ram illies et Fantenoy, Je-mappes et Waterloo sont des noms de chez nous. Aussi Napoléon avait-il quelque motif de dire : "La Belgique est le champ de bataille de l'Europe." Mais depuis près d'un siècle, la Belgique avait cessé d'être ce champ de bataille pour devenir—et cette fois, le mot est d'Elysée Reclus—le champ d'expériences de l'Europe. Indépendante et maîtresse d'elle-même, - J sèva f-*- de bon vouloir, d'abord sous la direction de Léo-pold 1er qu'on appelle le Nestor des Rois, puis sous l'impulsion de Léopold II, qui stimula si intelligemment l'esprit d'entreprise et le sentiment national, elle eut, tant dans le domaine politique et social que' d'ans file cfamaine de l'industrie, de l'agriculture et des arts, maintes initiatives qui servirent d'exemples à d'autres peuples. Non Iseuiletm'en't, elle devint ïa mat ion la pïuis dense du monde entier, non seulement son essor économique lui assura le cinquième rang au point de vue absolu, auissitô't après l'Angleterre et lai France, les Etats-Unis et l'Allemagne, mais elle vécut dans l'ordre et l'honneur, développant à l'intérieur les institutions les plus libérales qui soient— et, au dehors, attentive à remplir jusqu'au scrupule — d'aucuns omit osé dire jusqu'à la naïveté, toutes ses obligations internationales. Le respect de la parole donnée. Aussi dans la nuit du dimanche 2 août 1914, en répondant à l'outrageant marché que lui proposait l'Allemagne, la Belgique avait peut-être le droit d'invoquer, comme elle l'a fait, la part de collaboration qu'elle a apportée depuis quatre-vingt-cinq ans à la Civilisation du ■monde. Si, dans cette nuit tragique, elle a accepté la guerre contre un formidable adversaire, oe ne fut certes pas poussée par quelque convoitise ou quelque jalousie, ce ne fut ni par crainte, ni par intérêt, ni dans l'espoir d'une revanche, mais simplement pour demeurer fidèle à ses engagements et ne pas forfaire à sa signature. Et c'est ainsi, qu'à côté des Alliés qui luttent aussi pour le Droit et pour la Paix, l'honneur lui est spécialement échu de représenter, contre une Puissance manifestement parjure et en aveu de l'être, le respect de la parole donnée, qui est la base même de la civilisation.Déjà, en 1870, l'illustre Gladstone proclamait à la Chambre des Communes : " L'absorption de la Belgique en vue de satisfaire des appétits voraces sonnerait en Belgique le glas funèbre du Droit public et des lois internationales." A cette parole, les voix les plus autorisées font aujourd'hui écho dans les pays alliés et aussi dans les pays neu- ' très, et, résumant en quelque sorte leur langage, M. Paul Deschanel disait naguère à la Sorbonne : "La Belgique n'est jpas iseufemdnt l'enjeu de la lutte entre lies belligérants, mais te gage du droit universel. ' ' Et n'avais-je donc pas quelque droit de dire que notre nationalité non seulement a des rais oints géographiques et •historiques profondes, qu'elle répond non seulement à des nécessités de politi-ique européenne, mais encore à des lois .morales qui sont le patrimoine commun des sociétés et des individus, et qui— i®!A S'ortir dju jFgu jo u rd' h ui—.au- , taont besoin plus qu'e jamais d'être mises 'en valeur? Une énigme psychologique. Il y a quelques semaines, déçu sans doute de voir échouer coup sur coup ses méthodes de lourde séduction ou dé 'terreur, le général von Bissing faisait une confidence .à um journaliste d'Outre-Rhifn : "Le caractère dles Belges, lui idisait-ill, demeure pour moi une énigme psychologique." Enigme psychologique. En vérité, je ne sais si M. von Bissing a consulté les grois traités que certains des maîtres die lilia Kultur—et notamment Wundt, de iLeipzig, un autre d!es 93—ont consacrés à la psychologie des peuples. C'est pos-Lsible. Mais si, au lieu de s'inspirer de Icette science livresque, s'il pouvait con-maître, par l'un des innombrables espions qu'il entretient à nos frais dans m'otre pays, les propos que les citoyens belges tiennent entre euxetsurtout leurs Ipensées intimes, où je ne sais pas si le imépris pour l'envahisseur n'est pas plus Ifor't encore que la haine. Ah ! comme leïiie se résoudrait aisément pour lui, cet-ita 'énigme qui n'en, est pas. une. Du Coup, il comprendrait pourquoi îes Belges ont repoussé du pied te honteux miairché qui ((Devait leur assurer la rvie sauve, mais au prix d'e 3'honneur— pourquoi, lorsqu'elle a fondu sur nous comcn'e un oiseau die proie, l'armée allemande les a trouvés dressés contre, ele à Liège, à Haelen, à Waelhem, à l'Yser—pourquoi, dans le pays occupé, ils consentent à se laisser emprisonner, déporter, fusiller plutôt que de fléchir et qu'il peut couper leurs têtes, mais non les courber—pourquoi dans l'exil nos familles errantes et réunies n'ont jamais vécu d'une vie plus intense, plus rayonnante, plus unie, plus noble, tous leurs yeux fixés sur leur Roi et leur armée—pourquoi dans cette armée chaque jour nos petits soldats luttent vaillamment et tombent-en libres. face vers leur pays, et: pourquoi chaque jour des recrues nouvelles, venues ck*ce pays, à travers mille dangers, viennent remplir îes vides—pourquoi, malgré la jeunesse décimée, les campagnes saccagées, les villes incendiées, les ouvriers affamés, il ne s'élève de tout ce peuple ni un regret, ni un reproche, ni un soupir de dcouragement ; pourquoi, lorsqu'il entend les nobles déclarations de M. Asquith, de M, Orlando, attestant leur ferme volonté de tenir jusqu'au bout, tout ce peuple—encore que pour aucun autre sans doute la patience ne soit chose aussi méritoire—approuve ces déclarations de toutes ses énergies unanimement tendues vers la victoire. Ah ! je le sais, il arrive parfois qu'on se demande, — et je le comprends, — jusqu'à quand durera cette guerre avec ce qu'elle comporte d'efforts, de sacrifices, de deuils. La durée de la guerre. A cette question il n'est qu'une réponse, celle que faisait Abraham Lincoln à ceux qui l'interrogeaient de la même façon : " Vous me demandez combien de temps enoore durera cette guerre. Elle durera jusqu'à oe que notre tâche soit accomplie, jusqu'à ce que notre juste cause ait triomphé; car il faut que nos morts ne soient pas morts en vain ; :1 faut que le gouvernement des peuples par les peuples et pour les peuples ait conquis l'assurance de n'être pas chassé de oette terre. ' ' Alors seulement, quand la bête mauvaise sera maîtrisée et mise à la chaîne, alors seulement, rentrés dans nos foyers, fiers d'avoir lutté aux côtés de la France immortelle pour la plus noble des causes, grandis par ces souffrances éprouvées en commun et qui achèvent de donner à une nationalité toute son unité et sa force, nous pourrons reprendre le cours auguste et paisible du travail quotidien. Alors seulement, ainsi qu'il est écrit dans les Livres saints) le fer des lances et des épées pourra servir dé nouveau pour forger le soc des charrues et la faux des moissonneurs. HENRI CARTON DE WIART. LETTRE DE L'AFRIQUE DU SUD. » ' • ♦ » Les élections générales.—Le généra! Botha reste au pouvoir avec un ministère composé d'hommes de son parti. (De notre correspondant.) Cape Town, 30 octobre 1915. C'est presque toujours l'imprévu qui arrive; On pensait généralement qu'au cas où le South African Party n'aurait qu'une majorité relative, le général Botha s'assurerait l'appui des Unionistes en leur offrant un ou deux portefeuilles. I' n'en est rien ou plutôt cette gracieuseté ne paraît pas nécessaire. Attitude patriotique de l'Unionist Party. On se rappelle que dès le début de 'a campagne électorale les candidats unionistes avaient déclaré qu'ils soutiendraient le gouvernement pendant toute la durée de la guerre, tant que le premier ministre continuerait à défendre les intérêts de l'empire et de l'Afrique du Sud. Personne, certes, ne doutait de la sincérité de ces promesses ; ce n'en est pas moins avec la plus grande satisfaction que, depuis la clôture des opérations électorales, la très grande majorité de la population sud-africaine a reçu des leaders unionistes l'assurance formelle qu'ils tiendraient parole. Il n'y avait plus qu'une question qui préoccupât les experts : quelles seraient les conditions de cette entente? A cela, un des membres les plus éminents de l'Unionist Party, sir Fitzpatrick, élu à Pretoria, a fait une réponse aussi nette que digne. a publiquement déclaré qu'il n'y avait pas et qu'il n'y avait jamais eu de marché passé entre son parti et le Gouvernement, que le général Botha pouvait compter sur eux — absolument et sans condition — pour l'œuvre : de défense nationale qu'il avait entreprise et conduite avec autant de patriotisme que d'habileté. " Notre loyauté, ' s'est-il écrié, ne s'achète pas au prix de i sièges dans le cabinet." Dépit des Nationalistes.—Leurs racontars. Bien entendu, il ne manque pas de : sceptiques pour voir dans ces paroles < aA.iitire chose que ce qu'elles veulent dlir'e, i mais ces sceptiques sont généralement : des Nationalistes, qui restent aigris par < l'amertume de leur défaite électorale, et ] cherchent à s'en consoler en expliquant < pas des motifs rien moins que patrio- : tiques et désintéressés l'accord entre les j Unionistes et le Souith. African Party. < "Les alliances politiques se paient, di- ] sent-ils, de bien d'autres manières que ! par des distributions de portefeuilles mi- i e§stéfie],§ "j ojals ils se «aateat bien, J d'êitirte plus explicites. Ils s'en tie'nncnt prudemment à dés formules vagues et générales ; elles ont le double avantage de ne pas les compromettre et d'ouvrir en même temps um champ ri Illimité à des suppositions désobligeantes pour leurs adversaires. La campagne électorale dernière a déjà prouvé que ce ne sont pais précisément tes scrupules qui sont capables d'arrêter ces messieurs dans la voie des insinuations, 'et, quoique l'un de leurs amis, te sénateur Muinmik, risque de payer un peu cher pour ces barras d'or du Transvaal, qui, à l'entendre, auraient été, pendant la guerre atnglo-boer, indûment appropriées pas le général Botha, il faut s'attendre à lui voir des émules, ,prêts à jeter à la tête des chefs du Soruth African Party d'autres pierres 'également ramassées dans les égoûits de la calomnie, et ,il pourra: se trouver 'longtemps encore, hélas ! des "Backvelders " fanatiques, ignorants et crédules, disposés à tes applaudir. Heureusement que ces misérables procédés n 'ont guère de portée qu 'en temps d'élection est vis-à-vis d'une certaine classe d'électeurs. En temps ordinaire ils soinit sans effet ou., tout au. moins, ne peuvent en aucune façon influencer l'opinion éclairée sud-africaine. Le salut de la nation rapproche les partis. Laissons donc les sceptiques, nationalistes ou autres, saisir l'occasion de l'entente entre tes deux principaux partis issus" des élections générales pour s'amuser encore une fois au petit jeu de la malveillance. Ils s'y adonnent maintenant en pure perte et ne font de tort qu'à eux-mêmes. Et quoique cela puisse paraître étrange à ces gens dont la perspicacité persiste à s'égarer hors des voies les plus simples et à chercher la vérité dans les sentiers détournés de l'intrigue, il existe tout de même des circonstances, rares, il est vrai, mais elles existent, où des partis, en temps ordinaire, divisés par des vues différentes sur la politique intérieure, sont capables de s'élever patriotiquement au-dessus de leurs querelles domestiques habituelles et de s'unir dans la défense d'un intérêt supérieur, le salut de la nation par exemple. Et quand de grands pays d'Europe donnent l'admirable exemple d'une union parlementaire, justement appelée par l'un d'eux "union sacrée," pourquoi refuser de croire que les deux grands paris, de. J'Afliflli.e du §u& le South African S6ème année* No. 285

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