L'opinion wallonne: journal belge, indépendant

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s.n. 1918, 14 March. L'opinion wallonne: journal belge, indépendant. Seen on 10 July 2020, on https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/en/pid/mk6542kq8k/
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On demande que la réun* n des parlementaires s'occupe sérieusement de la question des langues ABONNEMENTS : Paris , Départements 6 mois i an etC«lonies lrançaises 5 fr. 8fr. Etraager Union postale 7 tr. 10 Tr. .Adresser le montant de l'abonnement en mandat-poste ou valeur sur Paris à M. 1« Directeur de l'Opinion Wallonne L'abonnement part du 15 de chaque mois. — Toute demande de changement d'adres-e doit être accompagnée di' 0 fr. iiOpour les frais. PUBLICITE aux bureaux du iournal. La publicité 'insérée dans le journal n'engage pas Y Opinion Wallonne. L'OPINION WALLONNE JEUDI 14 MARS 1918 N° 55 — 3< ANNÉE Direction-Rédaction 9, /?ue de Valois PARI* (l<) Téléph : Central 46-7-:> Admtn-istrathîjr : M. J. HULET, ingénieur boreaux a londres : 3. Geriard Place W. 1 QUOTIDIEN EC|NOMIQUE.POLITIQUE-LITTÉ3RAIRE HEBDOMADAIRE de la Belgique française lo Centimes Raymond COLLEVE, Directeur lo Centimes pendant les Hostilités EDITORIAL LA POLITIQUE FEDERALISTE Elle n'est pas née d'hier mais c'est A" /h seulement aujourd'hui, au cours de JfyW lâ guerre des nationalités, que nous l'avons vue peu à peu s'imposer aux jfjdzSy gouvernements européens. La plus , haute manifestation des progrès ac- comflis par les idées rég'ionalistes ' est incontestablement la Révolution I russe. Ce n'est pas ici le ;ieu de discuter l'oppor-9 tunité de l'acte. Nous ne l'examinons pas du $ point de vue international. Nous ny voyons que & l'expression, la réalisation d'un idéal vers 1 ac-£ complissement duquel tendaient, en Russie, tous ï les partisans de la liberté. C est sur la base du % fédéralisme que les hommes de la Révolution veulent réorganiser l'empire délabré des tsars cen-tralisateurs ; c'est sur le respect des consciences régionales qu'ils veulent fonder la liberté nou-S- velle. , Je dis Liberté nouvelle : car le fédéralisme nous : apporte une nouvelle conception de la liberté. Il £ ; est avéré aujourd'hui que, malgré les plus louables efforts, nous ne sommes pas arrivés à organiser un régime politique laissant à chacune des parties constitutives de l'Etat la jouissance p.eine et entière de ses droits. Nous commençons à comprendre que la souveraineté du peuple est presque un mythe et que c'est en vain que nous avons essavé d'accorder sur tous les problèmes de la vie sociale quarante millions d'opinions. Qui trop embrasse, mai ét.reint. On a voulu faire des décrets s'appliquait aussi bien au Nord qu'au Midi, à l'Irlande qu a l'Angletrre. 0.n a voulu synthétiser en un seul intérêt d^ centaines d'intérêts différents. On a voulu placer des contraires dans un même cadre pour leur donner une physionomie identique. On a fait erreur. Erreur énorme et presque incompréhensible en ces temps où Ces intelligences brillantes pullulent et où les hommes d'Etat de valeur ne manquent pas. Il fallait, en effet, que tous ceux qui s'occupent en quelque façon d'arranger la vie des peuples soient bien aveug-és par certaines passions pour ne pas s'apercevoir que, dans la politique comme dans la science, l'industrie, le commerce, etc., nous marchions vers la spécialisation. Et la spécialisation implique le fédéralisme. Si chaque pirovince devient de plus en plus elle-même, si de jour en jour elle se différencie des autres, si o'.le acquiert une âme à elle, originale et distincte, si sa physionomie acquiert des traits de plus en plus précis et particuliers, il devient évident qu'il sera de plus en plus difficile de gouverner suivant les mêmes principes et selon tes mêmes méthodes, des groupements aussi différenciés. Les hommes d'Etat d'hier ne semblent pas l'avoir compris. Ils n'ont pas poussé au fédéralisme, c'est-à-dire qu'i'.s n'ont pas cherché à mettre leurs méthodes en accord avec l'état de choses devant lequel ils se trouvaient. Il a fallu que l'idée C ' s'imposât. C'est assez naturel d'ailleurs. Carlyle n'écrivait-il pas que « loin des Sénats, des Chambres et des antichambres des Rois, le flux puissant de la pensée poursuit toujours son cours merveilleux » .? Même dans les pays où la théorie de i autonomie trouvait le pi.us de "sympathies — comme en Angleterre — nous avons pu voir combien furent lentes les décisions gouvernementales. Il semble que ces hésitations sont le résultat d'une fausse conception du fédéralisme. Dès qu'une province sollicite un peu plus de liberté, dès qu'elle prononce le mot d'autonomie, les gouvernements se croient à la veille de la dislocation du pays. CENSURE Les groupements sociaux se subdivisent à l'infini *, ils vont d'une fédération de nations jusqu'à l'individu en passant par l'Etat et :a province. Il est absurde de vouloir nier ces subdivisions et de n'en pas tenir compte dans l'organisation de l'Etat principalement. Ce n'est pas parce que les provinces jouiraient d'une large autonomie que la nation disparaîtrait. L'Allemagne manqu t-e.le d'unité ? Tous les Allemands n'ont-ils pas conscience de leur nationalité ? Un certain nombre de liens relient entre eux les hommes d'une même nation. Que ces liens se traduisent dans la pratique par une organisation étatiste, d'accord. Mais un autre groupe de liens unissent entre eux les hommes d'une même région. Pourquoi, à leur tour, ne se traduiraient-ils pas par une organisation autonome ? L'affirmation de l'existence des groupements régionaux impliquerait-elle la négation de la Nation ? Evidemment non. Autant dire alors que l'individualité empêche toute association, toute société. Ce n'est, donc pas parce que nous permettrons aux provinces de s'individualiser que nous briserons leur association qui constitue l'Etat on la Nation. Au contraire, en voulant forcer des groupes trop divers à rentrer dans le même cadre, nous ne pouvons qu'éveiller les mécontentements sans arriver à supprimer l'individualité régionale qui se rebiffera, s'affirmera plus violemment e>'.le-même (CENSURÉ) Les Etats qui s'obstineraient à vou'.oir maintenir l'unité absolue s'exposent aux pires déboires et peut-être au démembrement. Longtemps contenue, trop, longtemps refrénée, la volonté d'autonomie, une fois libre de s'exprimer, peut aller jusqu'à la vo'onté d'indépendance. A ce point de vue encore, la Révolution russe mériterait d'être étudiée de près. Elle est d'un grand enseignement.. Mais, pour en tirer les leçons qu'elle comporte, nous devrions pouvoir oublier un instant l'amertume qu'elle nous cause. Ce temps viendra. Bien-table de voir que, malgré tous ces enseignements, t<")t - espérons-le. (CENSURE) RAYMOND COLLEYE La Vie des Nationalités L'ESTHONIE PROCLAME SON INDEPENDANCE Stockholm, 4 mars. — Suivant un télégramme cle Reval à Berlin, le conseil de la ville de Reval a proclamé l'in dépendance et la neutralité de l'Esthonie. Un gouvernement provisoire a été constitué. Les soldats esthoniens enrôlés dans l'armée russe ont été rappelés. AVIS VOULEZ-VOUS ETRE UTILE A « l'Opinion Wal lonne » ? Communiquez-nous des listes de Wallons suscep tibles de devenir des abonnés. Nous leur enverrons des numéros spécimen du journal. LA SITUATION ! Petite secousse pacifiste. Lord Lansdowne, ancien ministre des affaires étrangères et l'un des promoteurs, avant la guerre, de l'Entente cordiale, estime que le dernier discours de von Hertling marque un progès notable des idées allemandes sur la paix. Il n'hésite pas à recommander tout de go des « entretiens intimes entre belligérants ». Bien plus, il laisse entrevoir que, dans les questions à résoudre, une différence doit être faite entre le rétablissement du statu quo territorial d'avant la guerre (reconstitution de la Belgique, par exemple) et nos vœux de libération des nationalités opprimées. (Pologne, Yougo-Slavie, Alsace-Lorraine, Trente et Tries te). Qu'est-ce à dire ? Sinon que Lord Lansdowne serait', dans les entretiens intimes qu'il préconise, un défenseur peu énergique des revendications éternelles de la France et de l'Italie... Lord Lansdowne n'a pas l'attitude d'un homme qui croit fermement au succès de notre guerre. C'est un découragé et tous les pacifistes — défaitistes de France, d'Angleterre et d'Italie — le portent aux nues comme un génie. Je demande à réfléchir. D'abord la méthode préconisée par Lord Lansdowne me paraît tout juste le contraire d'une conduite démocratique de la guerre et de la paix. Ces « entretiens intimes » qu'il vante aboutiraient bien vite à la formation de nouveaux traités secrets et de nouvelles intrigues diplomatiques. Ce n 'est pas cela que veulent les peuples, ce n'est pas pour une réédition d'accords gerniano-ukraniens que l'Amérique est. entrée en guerre, apportant, avec les discours du président W il s on, une volonté définitive de clarté et de sincérité internationales. A la méthode des entretiens intimes s'oppose celle des discours publics, échangés du haut des tribunes parlementaires, sous la responsabilité des peuples eux-mêmes, hors de toute confusion et de toute réticence. C'est curieux que certains dém.ocrates de chez nous, si enclins à condamner la diplomatie secrète, puissent emboiter .le pas à Lord. Lansdowne dans sa renonciation à l'unique chance qui nous reste de voir triompher dans cette guerre, la di-plomatie publique ! L'Allemagne voudrait évidemment que l'offensive Lansdowne réussisse. Elle nous aurait à table. Son système féodal de contrainte militariste s'opposerait à notre idéalisme démocratique. Là, une violence nouée en faisceau, ici des énergies difficilement rassemblées et prêtes à la dispersion. La guerre ne recommencerait plus, mais c'est la loi du plus sauvage qui serait imposée au monde avec ses conséquences de renouvellement prochain, de l'horrible massacre. Deuxième motif pour se méfier d'une suggestion, qui ne se. base en définitive que sur les apparences conciliantes d'un discours allemand — moins encore qu'un chiffon de papier. lies te la croyance en notre guerre. Pourquoi pas ? La situation est loin d'être désespérée. Nous pouvons toujours battre les Centraux et il y va, non point seulement de l'avenir des nations qui nous sont chères mais du sort même de l'humanité. Cette guerre est avant tout révolutionnaire et antinationaliste. Elle a pour but d'extirper de l'Europe l'esprit, de tyrannie incarné par la Prusse des Hohenzollem, des hobereaux et des militaires. Nous poiivons la gagner. Tenir en Occident, avancer en Orient, agiter l'Autriche et la Turquie, exercer nos forces morales sur le peuple allemand en montrant à sa famine et à sa détresse l'issue unique de la révolution démocratique ,est-ce un programme irréalisable ? Non ! Mille fois non / Il n'est pour le prétendre que les renonciateurs' nés, gens oblique disposés à soutenir tous les arguments, même les plus contraire à leurs convictions, ou bien illuminés dont les haines sociales, compri mées par la guerre, voudraient s'assouvir en d'ir* réparables catastrophes. Borguères. « La Politique Ceux des sénateurs et des députés de Flandre et de Wallonie qui vivent de ce côté-ci des tranchées vont, prochainement, se réunir à Paris. Il y a quarante-trois mois que nous sommes en guerre. Il y a quarante-trois mois qu'on aurait dû prendre une telle initiative. Enfin, il n'est jamais trop tard, affirme-t-on, pour bien faire. Les événements qui se passent actuellement en Belgique occupée ne doivent pas être étrangers à cette heureuse décision. On peut prévoir, sans crainte de se tromper, que la question racique et linguistique fera les frais d'une bonne partie des discussions de l'assemblée. Le chef du gouvernement (car les ministres seront présents) rendra hommage à l'héroïsme de nos populations qxti résistent aux efforts diviseurs de l'ennemi. Et tout le monde applaudira. Et nous applaudirons aussi, de toutes nos forces, aux paroles qui glorifieront nos vaillants compatriotes. Ensuite, nous attendrons. Nous attendrons la déclaration officielle et solennelle qui pour mettre fin à l'agitation intérieuref CENSURE Je crains bien que nous n'attendions vainement. Car, malgré la terrible leçon de cette guerre, l'heure n'est pas encore venue ou les hommes comprendront que l'intérêt personnel ou l'intérêt de parti n'est rien quand l'intérêt supérieur du pays est en jeu. Il n'est pas encore trop tard. C'est pour cela, sans doute, que nous n'entendrons pas les paroles de- sagesse et de conciliation' que nous espérons. C. 0. G. ♦ CITATIONS Chez la plupart des hommes la réflexion engendre la timidité. L'àme vraiment forte est celle qui distingue clairement où -est la jouissance, où est la peine et qui néanmoins ne recule pas devant le danger.Thucydide. La parole virile ne doit être que l'ombre des actions fortes. Democrite. L'on ferait beaucoup de choses si l'on en croyait moins d'impossibles. Malherbe. Le génie latin est essentiellement l'ordre dans sa conception la plus élevée et le peu d'ordre qui a régné dans lo monde a été son œuvre. Guglieimo Ferre ro {« Le Génie latin », + Les Wallons en France et à l Etranqsr La cantatrice Fanny Heldy Fanny Heldy, l'exquise et très artiste cantatrice a fait une rentrée sensationnelle à l'Opéra-Comi-que dans le triple rôle féminin des contes d'Hoffmann : la poupée, la courtisane, la jeune fille. Fanny Heldy est une des meilleures artistes d'opéra du moment. Et c'est une Liégeoise. Le comédien Mathot La remarquable création du rôle écrasait et complexe du Comte de Monte-Cristo dans l'adaptation cinématographique du roman de Dumas a mis en vedette la personnalité d'un jeune comédien dont les qualités évidentes préparent une belle carrière artistique. M. Mathot aussi est Wallon. Comment l'étranger apprécie la politique de « l'OPINION WALLONNE » (Suite) LA PRESSE FRANÇAISE (A propos de l'Opinion Wallonne) de M. Alcide Ebray dans 1 Eclair. « L'Opinion Wallonne, journal belge qui parait à Paris, poursuit ime campagne en faveur de la réalisation d'un programme dont la portée est double . nationale et internationale (1). « Il ne nous appartient pas de donner des avis aux Belges sur les questions qui peuvent les diviser entre eux et qui touchent à l'organisation intérieure de leur pays. Mais il nous est permis, à cause de 1 intérêt même que nous portons à la Belgique, de mon. trer en quoi consiste la question du régionalisme et aussi d'indiquer de quelle manière, sa solution pourrait influer sur le rétablissement de la paix i^é. nérale » (2j « La guerre a réconcilié tous les Belges, Flamands et Wallons. Mais il n'est pas surprenant que Us Belges prévoyants s'occupent dès' maintenant de Vaprès-guerre (3). L'« union sacrée », dans quelque pays que ce soit, est un état d'esprit du temps de guerre ; il serait imprudent de compter sur sa persistance une fois la guerre terminée. Il est donc naturel que les journaux belges discutent la question entre eux, et naturel aussi que toute liberté leur soif laissée à cet égard par la censure des pays qui leui donnent l'hospitalité \3). 7 LIGNES J;CENSURÉES De M. J. Mesni* Journal du Peuple, 14 octobre 1917 : « Quant à l'idée de la séparation <le la Flandre et de la Wallonie, elle ne vient nullement des Aile, mands, comme on pourrait le troire, ni même d^s Flamands. Elle a été lancée, bien avant la. guerre par les Wallons. qui trouvaient que les Flamands abusaient des avantages qu'ils avaient obtenues tt empiétaient sur leurs droits à eux « Les Belges ont-ils besoin de constituer une unité ethnique pour repousser d'un commun accord la domination allemande ? Ii s'agit ici de conditions politiques actuelles et non de souvenirs remontant au delà de la conquête romaine. » (A Suivre.) Notre numei'O de téléphone : Central ^i(î-75 NOS ECHOS LA LORRAINE Notre collaborateur et ami Bauret Beuvillers donne en ce moment dans la banlieue de Paris une série de conférences sur la Lorraine bastion de France. Il donnera bientôt la même conférence en province. A LES CALOMNIATEURS L'Eclair nous attaque dans son,numéro de dimanche 10 mars. Nous en parlerons jeudi prochain.♦ * * DES WALLONS : VERLAINE, COPPEE On a découvert l'origine du non: de Verlaine. En remontant avant la famille directe de Henri Verlaine, grand-père du poète, on trouve une famille originaire du village de Verlaine, près de Liège. On a découvert également l'acte de naissance de Jean-Baptiste Coppée, fils de Jean et d'Anne-Marie Picaire, né à Mons, en février 1694, qui vint à Paris vers 1735 où il épousa une demoiselle Rouget ; il était l'arrière-grand-père de François Coppée et descendait, croit-on, du poète Denis Coppée, également né dans la province de Liège, à Huy, en 1570. # * * TRADUCTIONS. Quel compatriote acceptera de faire des traductions du flamand pour la documentation de l'Opinion Wallonne ? » ARILLE CARLIER. Nous venons de recevoir des nouvelles de Arille Carlier, un de nos braves militants wallons, avocat carolorégien et membre de l'Assemblée Wallonne. Arille Carlier après avoir combattu pendant une partie de la campagne de' Belgique fut fait prisonnier il est actuellement en Allemagne (Soltau Z. 1. Hanovre). Sans doute sera-t-il heureux de recevoir des nouvelles de ceux de ses amis qui liront ces lignes. Carlier nous annonce qu'il suit avec sympathie les efforts du mouvement wallon à Paris. De pareils témoignages de ceux qui payent par une longue et douloureuse captivité leur dette de patriotisme nous sont précieux, infiniment. Que Carlier et ses amis wallons trouvent. ici notre amitié et notre gratitude. * NOS INSIGNES. Notre stock d'insignes est renouvelé. Le succès de la médaille du Coq hardy ayant été considérable, nous avons fait frapper une nouvelle édition de médailles. Les commandes sont reçues pour cette émission. Prix de l'insigne : cinquante centimes franco. Le Coq Hardy. PROSES I. — LE PREMIER En me retournant sur la route, j'ai un brusque mouvement de recul et un petit serrement à la gorge. Les balles sifflent, et je reste immobile, les yeux écarquillés. Un soldat est étendu sur le dos, les bras le long du corps, comme au « garde à vous ». Visage calme mais terreux. Yeux clos, cillés de rouge, lèvres blêmes et serrees. A un camarade, près de moi, je demande : — Il est mort ? — C'est D..., me répond-il. de la lr0 section. Je regarde longtemps. Il devait être grand debout. J'ai presque envie de présenter les armes. II. — L AUTRE PREMIER Je me rends parfaitement compte que les premières balles de ma première bataille sont per dues. Elles meurent, là-bas- sifflantes et inutiles, trop loin dans les sillons. Je tire moins vite le i veux fixés sur la cible mouvante qui déroule de vant moi l'alignement de sa masse grise et imper ceptible. Les balles doivent porter maintenant. J( suis calme et sans hâte. Soudain une silhouetU qui émerge, un casque qui se profile, noir et net un homme agenouillé. J'épaule lentement, métho-diquement. Le claquement bref de mon fusil mi surprend. Je reste immobile le sang battant am tempes. J'ai vu la silhouette osciller, deux bras fouetter l'air, l'homme s'abattre. Une excitatior étrange et soudaine m'agite. La fièvre me brûli les paumes. Je lire avec la rage de tuer, d'éven trer, de vaincre. (CENSURE) Théo Flelschman. 1, 2, 3, 4) Souligné par la rédaction. DES FAETS CONTRE LA SÉPARATION ALLEMANDE Les Informations belges signalent encore la protestation des membres du barreau d'Anvers, des conseils communaux d'Ostende ; de Lokeren et les émeutes anti-activistes de Saint-Trond et de Malines. Le cardinal Mercier a condamné l'activisme dans une lettre à son clergé. Les avocats et magistrats réfugiés en Hollande se sont associés aux protestations qui se sont élevées de toute part. Les représentants en France des démocrates chrétiens de Belgique ont protesté au nom de ce parti. Enfin, on signale que les Etudiants- hollandais ont désavoué les étudiants de l'Université de Gand. UN MEETING ACTIVISTE A GAND On sait que les«activistes avaient organisé à Gand quelques jours avant la manifestation d'Anvers, un cortège avec discours en plein air qui réunit à grand'peine 500 personnes y compris les étudiants de l'Université germano-flamande Les Informations Belges du Havre apprennent que la cérémonie ne s'est point déroulée sans incident. « Au « marché » du vendredi, au pied de la statue de Jacques van Artevelde, les « activistes » avaient fait dresser une tribune ; or, pendant la nuit, les ouvriers gantois vinrent en déboulonner les charpentes, de telle manière que, le lendemain, lorsque les meneurs de la manœuvre séparatiste s'installèrent sur l'estrade, celle-ci s'écwmia tout à coup. Un étudiant, dans sa chute, se brisa une jambe. » L'ACADEMIE ROYALE FLAMANDE En date du 9 février 1918, l'Académie royale flamande a joint sa protestation à celle des autres corps constitués t'e Belgique. Bien que l'Académie royale flamande soit empêché par les tristes circonstances du temps de rêiftiir ses membres, la direction croit de son devoir de déclarer hautement en son nom qu'elle ne pactise nullement avec, les faits et gestes du soi-disant « Conseil de Flandre », qui. sans avoir reçu aucun mandat du peuple fla/mand, prétend partout parler et agir au nom de ce même peuple fia mand. La protestation porte les signatures de. « Le directeur, chanoine Joos ; le sous-directeur, df Pauvv; le secrétaire perpétuel, Gaii.i.ard. » UNE MOTION DE LA LIGUE FLAMANDE BELGE DE LA HAYE Amsterdam, G mars. — La ligue flamande belge annonce qu'une longue série de résolutions ont été prises à sa première réunion à La Haye, le 4 mars Il a été déclaré que la question de la langue flamande est d'ordie purement intérieur. Toutes les réformes artificielles d'origine allemande ont été repoussées. On a condamné énergiquement la séparation politique et administrative proclamée par le prétendu Conseil des Flandres, dont on a dénoncé les objectifs comme constituant des prétextes inadmissibles pour permettre à l'impérialisme allemand d'étendire ses tentacules sur les Flandres. En même temps .la Ligue a adressé un certain nombre de propositions au gouvernement belge, parmi lesquelles une demande de promesse, solennelle de réalisation de l'égalité entre Flamands et Wallons dans 1 éducation flamande et l'administration en Flandre, et la nomination d'une commission officielle pour étudier et exécuter les réformes dans ce but. La Ligue demande aussi la réorganisation immédiate de l'armée sur la base d'unités séparées flamandes et wallonnes. (Havas). AU CONSEIL DES FLANDRES Voici aujourd'hui les noms des flamingants qui, dans la fameuse réunion de la Bourse d'Anvers, se sont fait élire au Conseil des Flandres. Pour la province d'Anvers : Charles Aiigermille, Jean Iî. Bellefroid, docteur Claus. Henri Decker s. Flo-rimond Heuvelmans, Laurent Jagenaux, Raymond Kimpe, Joseph de Keersemaeker, Félic Loquet, M. Mommaerts, Max Obousser, FI or, Peeters, Louis Fee-ters, Antoine Picard. L. Severeyns Walter Tamm, Al-ber van den Branc'ei Jean Vogels, Raf. Verhulst, Ch. Waternaux. Ont été élus au Conseil provincial d'Anvers : Emile Beeckman, vétérinaire à Contich ; Robert Boen négociant à Wilryck, Auguste Boen, brasseur à Linth; Alphonse Deckers commerçant ; Jules De Kinder, employé ; Constant Gillis, pharmacien ; Adrien Hee-ren employé, tous à Anvers ; Jean Hainaut, employé à Eekeren" ; Jules Hellemans, industriel à Contich ; Charles Mertens, à Berchem ; Hippolyte Manssens. commerçant ; Auguste Vermeeren, tailleur en diamants. tous deux î\ Borgerhout ; F. van de Yen, à Edegem; Jef van Oers,employé de tramway à Merxem Ffendrik van Praag, à Capellen ; Louis Verhees. à Heide-Calmpthout ; Jef Wattelet. compositeur (-) à Wommelgem ; Henri Loomans. employé ; J Mees, instituteur. Emile Pochât, sans profession (sic). Herr Quakkelaar, avocat, George P. M. Roose, littérateur (?). E Tervooren, employé. Benoit Van Exter-gem, tailleur, Edouard von Wetteren, magasinier, tous à Anvers. Voici les noms des " membres » du « Raad van Vlaanderen » pour la Flandre Orientale : Le docteur Borms, à Wetteren ; Arthur Bracke professeur à Lockeren ; Josué De Decker, professeur à Gand ; Guillaume De Vreese, membre de l'Académie flamande à Gand ; Charles de Vriese, professeur à Gand ; Rob. de Waele. ingénieur-agronome à SchellebelLe ; Fornier, ingénieur à Gand : God.ee Molsbergen. professeur à Gand ; Pol Goossens, commerçant à Gand ; Karel Heydndrickx, à Saint-Nicolas : A. Jonckx avocat à Gand ; A. Martens, médecin à Dynze ; Picard, médecin fi Gand ; Emile Pareil, directeur des ipostes et télégraphes à Gand ; Frans Primo, rédacteur en chef du Nievwe Gentsche Courant, journal créé depuis la guerre par les Alle-fessemr à Gand ; Vain Boxckstaele, médecin à Gee-mands ; Jules Raschaert. commerçant à Wetteren ; Evarisie Stocké, oculiste à Gand Antoine Thiry. pro-raardsbergen ; Van den Rmiele, imprimeur à Alost. Bosa Van Roy. avocat à Gamd et Jean Waninyn, directeur c.'e l'Institut de langue et de commercé à Gand. AU MINISTERE DE LA JUSTICE FLAMANDE Le ministre flamand de justice, le sieur Heuvel-innn vient, pour la première fois, de procéder au mouvement que voici dans le personnel judiciaire : L'a.vornt o<mkkel'>ar, ri'.-Vn/vers. est « nommé » juge au tribunal de cette ville, en remplacement dudit HeuvAimans ; l'avocat-nvoué Léo Van Dorpe, juge suppléant au tribunal de première instance de Cour-■ est « nommé » juge de paix du premier canton Courtrai. en remplacement de M. Peel, décédé ; l'avocat. Rohelus. de Gand. est. a nommé » juge de paix du canton de Nazareth. FLAMANDISATION A OUTRANCE DU BRABANT Nos activistes ont décidé de forcer le personnel de l'administration provinciale à apprendre le flamant'. Le recrutement du professeur chargé d'inculquer les notions de flamand ces écoliers d'âge rmOr a été il est vrai, quelque peu pénible ; plusieurs personnes pressenties, notamment M. Van Slype, directeur di: Teaching Club, se sont récusées sous divers pré textes. Enfin, on a pu mettre la main sur M. Cyrille Debare, professeui d'allemand à l'Athénée d'Ixelles qui a accepté les offres de De Decker, ministre fia mand de l'instruction publique et des beaux-arts. ! L'homme qui a accepté d'organiser ces cours ô-c i flamand est M. Do.'dtte, faisant fonctions de grefflei , provincial, ce même Decorte s'occupe d'instituer def cours identiques à l'usage les employés des services communaux de Bruxelles. A Paris, « WALLOIVXE » est en vente s Chez tous les dépositaires d'Hachette et Cie et principalement, dans les kiosques des Grands Bou levards intérieurs. Nos amis nous aideront à propager le journal En nous signalant les endroits où l'OPINION WALLONNE n'est pas en vente. En priant leurs marchands de journaux d'ex poser, en bonne place, l'OPINION WALLONNE. DIMERQUE_ ET ANVERS important article de M. L. J. Magnan publié par le grand journal quotidien Marseillais Le Sémaphore, nous sommes particulièrement satisfaits de pouvoir découper quelques passages qui démontrent que l'entenie franco belge ne laisse plus nos amis français indifférents et que la campagne de l'Opinion Wallonne n'est pas inutile : I La rivalité de ces deux ports n'est pas nouvelle. A là vérité, elle n'existe guère que du côte de Dun-kerque, et prend plutôt, à cet égard, la Jorme d'une prétention peut-être mal fondée. Car le grand port belge peut, à ce point de vue, regarder l'avenir s.a;ns inquiétude. L'avance qu'il a prise est si considérable, su, situation géographique lui assure une telle supériorité, que les efforts les plus méritoires ne parviendront sans doute pas à entamer une situation pour longtemps prépondérante. 11 s'en faut cependant que ia prospérité de, Dunkerque nous puisse laisser indifférents. Et nous devons, au contraire, veiller à son développement avec d'autant . plus de sollicitude que ce port est capable de prêter ' à notre région du Nord, dès la fin des hostilités, une aide que les circonstances rendront inestimable Anvers est le débouché normal de l'Europe occidentale vers la mer du Vord. Il est piquant de constater que, le genie de Napoléon en avant compris 1 immense valeur, ce soit la France qui, dans ime périoHe 11 occupaition lelativcment Jbirève, ait fait d Anvers 1 un des plus beaux ports du monde, suscitant de ses propres mains une redoutable rivale à ses cités maritimes. De fait, le rayonnement d'Anvers atteint jusqu'à la Méditerranée et affecte sen-siblement le trafic de Marseille et de Gênes. Mais H faut considérer en même temps que la force des enoses de/ait tôt ou tard amener ce résultat. Un port qin relie l'Escaut et le Rhin et assure, du côté de la mer, une large issue aux courants commerciaux que 1 Europe projette vers le Nord," ne peut manquer de s'attribuer une suprématie incontestée. Aussi, 1 importance du trafic d'Anvers s'est-elle développée dans des proportions gigantesques En 1850 des Centrée était au total de -"9n000 tonneaux. En 190?, il atteignait plus de 8 millions de tonneaux et. en 1913. près de 15 millions. II Nous l'avons dit, la position même de Dunkerque no,us interdit de trop vastes ambitions. Peu favorisé d ailleurs par les conditions physiques de ses abords, que des bancs de sable rendent difficiles, Dunkerque ne peut prétendre qu'à drainer ver ses quais les marchandises françaises dont le transit s'effectuait Par Anvers. Ce serait la un résultat déjà intéressant. Reliee aux régions industrielles du Nord par le canal de Bourbourg qui le rattache à l'Aa, et au réseau belge par les canaux de Furnes et de Ber-gues, Dunkerque peut voir, grâce aux giands chalands qui aujourd'hui circulent partout, son trafic s augmenter dans d'appréciables proportions. En 1913, près de 1.500 navires français et étrangers, jaugeant ensemble 1/0.000 tonneaux environ, sont entrés dans ses bassins. A la sortie, on a compté 841 navires jaugeant 1.2QO.OOO tonneaux. On voit que ce trafic est plutôt un trafic d'impor-tation, nécessité par les besoins des industries du Nord et de Paris en . produits exotiques et colo-ruaux (1). Or, Dunkerque ne doit pas seulement prétendre a assurer Falimentatio'n d'une Tégiôln, si importante soit-elle. Sa place doit être plus grande dans le commerce général du pays. Il faut que des tarifs de chemins de fer appropriés lui permettent de servir de débouché à notre exportation, source de notre relèvement d'après-guerre. Le trafic doit s alimenter aussi par un rés'éau de c-inanx pte? d*-vèloppé. qui permettra le transport à bon compte de nos produits jusque sur les quais d'embarquement. III Dans la conception napoléonienne, la prospérité d Anvers était l'un des facteurs primordiaux du développement de la France, et l'idée était iuste, comme l'événement l'a prouvé. Mais l'organisation du port, que les Français du Consulat, et de l'Empire poussèrent au point de faire d'Anvers la place la plus puissante de la mer du Nord, devait rester l'apanage du vaillant et héroïque petit peuple dont nous nous faisons gloire aujourd'hui d'être les alliés. Mais la fermeture d'une frontière politique ne détruit pas la réalité des faits géographiques et des nécessités économiques. Après, comme avant 1815, la Belgique est restée le prolongement naturel de nos vallées et de nos routes, et Anvers n'a pas cessé d'être 1 aboutissement logique du système commercial de toute la région du Nord et de l'Est français vers la mer Ainsi donc, si les remaniements de la carte politique ont exclu Anvers de notre autorité, notre influence n'y devait pas rester moins active L'abandon presque complet de cette influence, que nous avorns négligée pour nou? attacher à un détournement de trafic aussi anormal cfu'irréalisable. fut à la fois une héresie et une faute économique. L'Allemagne ne laissa pas échapper une si belle ooeasion de nous sup-(ooAlter' -*,T°trc retraite, qui s'accentua à partir de 1*80, moment où les compagnies de navigation françaises, après avoir traité avec les compagnies aile mandes, cessèrent d'envoyer leurs navires à \nvers fut le signal de l'invasion germanique. Nous devons aller à Anvers après la guerre. El pour assurer le retour do notre influence, retour que nos amis belges, nous le savons, appellent de toute leur ame, comme nous !e souhaitons nous-mêmes l un de nos premiers actes sera de faire briller nos " fleurs dans le port d'Anvers. Notre marine marchande ne peut désormais se dispenser de ravonner par delà notre frontière du Nord. Rattacher Anvers à nos ports français, aider au développement simultané du grand r>ort belge et de nos propres ports du Nord, est un programme qui ne renferme niincornpa-tibuite, m difficulté insurmontable. . Les conversations qui auront lieu entre les deux gouvernements devront, croyons-nous s'inspiTer de cette nécessité. Et si l'on nous demande à cet égard quelques sacrifices, quelques modifications à ia lécris lation douanière d'avant-guerre, la grandeur du buv a atteindre exercera sur nos déterminations l'influence la plus décisive. ,, c, L*-J. Magnan. [Le Sémaphore du 20 février 1918.) — é Le Foyer de " L'Opinion Wallonne ' 9, rue de Valois. — 171, Galerie de Valois. Programme du mois de mars 1918. Jeudi 14 mars 1918 : A 3 h. de Faprès-midi. — Ouverture de l'Bxp,i-silion permanente d'œvvres des peintres wallons Exposants : !.. Dasselhorne, G. Lebaeq ; A. Mas-sonnet ; F. Verhaegen. Entrée libre. Samedi 16 mars 1918 : A 7 h. du soir. — G0 Dîner franco-wallon. Prix du couvert : vins et service compris : 8 francs. tous nos amis sont invités à. ce dîner et sont priés de s'inscrire dès maintenant auprès de M le secrétaire général de 1 Opinion Wallonne. Dimanche 17 mars 1918 : 5e Matinée wallonne. — Conférence du lieute-i nant Edouard de Keyser de l'armée belge sur les affinités de la Belgique et de la France Auditions artistiques. — Entrée libre. 1" partie : Conférence. — 2» partie : Auditions. — 3e partie : Réunion intime. - Dimanche 24 mars 1918 : Réunion wallonne sous la présidence de M. .1 HuJet, vice-président ce la Ligue wallonne du Probant pour la reconstitution de La Garde de Wallonie fondée à Bruxelles, le 1er mars 1914. Discours par MM. J. Hulet. Cari O. Goebel, secrétaire général de la Garde de Wallonie et Raymond Colleye, directeur de l'Opinion Wallonne. Entrée libre. Le Foyer de l'Opinion Wallonne est ouverte gratuitement à tous les Wallons chaque jour de 9 heures du matin à 6 heures du soir.

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This item is a publication of the title L'opinion wallonne: journal belge, indépendant belonging to the category Oorlogspers, published in Paris from 1916 to 1919.

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